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Full text of "Bibliothèque de l'École des chartes"

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BIBLIOTHEQUE 

DE L'ÉCOLE 

DES CHABTES 

LV. 



IMPRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR, A NOOENT-LE-ROTROU. 



BIBLIOTHÈQUE 



DE L'ÉCOLE 



DES CHARTES 



REVUE D'ÉRUDITION 



CONSACREE SPECIALEMENT A L'ÉTUDE DU MOYEN AGE. 



LV. 

ANNÉE 1894. 



-* — -gafea > 



^iP 




PARIS 

LIBRAIRIE D'ALPHONSE PICARD ET FILS 

RUE BONAPARTE, 82 

-1894 




'35 
t. 5D" 



QUESTIONS MÉROVINGIENNES 



VII. 

LES ACTES DES ÉVÊQUES DU MANS. 

(Suite K) 



5. — Les chm^tes des « Actus pontificum » relatives aux 
monastères du diocèse. 



Les chartes (royales, épiscopales, ou autres), dont le texte est 
rapporté dans les Actus pontificum Cenomannis in U7^he 
degentium, sont au nombre de 49, — 43 mérovingiennes, 
6 carolingiennes, — 30 relatives aux monastères du diocèse, 
4 aux privilèges de l'évêché, 15 (dont deux testaments d evêques) 
à ses domaines, — savoir : 





Chartes 


Chartes 






mérovingiennes 


carolingiennes 


Total 


Monastères : Saint-Calais 


il 


\ 


>I3 


Notre-Dame 


7 


\ 


8 


Saint-Longis 


3 


» 


3 


Saint- Vincent 


2 


» 


2 


Saint-Martin 


i 


1» 


\ 


Saint-Ouen 


\ 


» 


\ 


Tuffé? 


\ 


» 


\ 


Ghàlons 


\ 


» 


\ 



28 2 30 



1. Voyez le volume précédent, p. 597. 



6 QUESTIONS MEROVINGIENNES. 

Privilèges : Immunité 2 

Choix des ducs ou comtes i 
Monnayage 4 



2 
4 



Domaines 



Testaments 
Ardin et Gauriac 
Clievrenolle 
Confirmations générales 



2 

8 

» 



» 
i 

» 
3 



2 
9 
i 
3 



U 



-15 



Total 



A3 



6 



49 



L'examen successif de ces séries va montrer que, dans l'en- 
semble, les pièces fausses et les pièces authentiques (un certain 
nombre de celles-ci plus ou moins gravement interpolées) se pré- 
sentent en nombre à peu près égal ; mais elles sont inégalement 
réparties. Les chartes relatives aux monastères sont en majorité 
fausses, les autres en majorité authentiques. Les chiffres suivants 
peuvent d'ailleurs donner à l'avance une idée résumée des con- 
clusions de l'étude qui va suivre : 



CHARTES 


ENTIÈREMENT FAUSSES 


CHARTES AUTHENTIQUES OU 
INTERPOLÉES 

mérovin- carolin- 


TOTAL 




mérovin- carolin- 






g'iennes giennes Total 


giennes giennes 


Total 




Monastères 


5 n 1 18 


U i 


12 


30 


Privilèges 


i » i 


3 » 


3 


4 


Domaines 


» 2 2 


U 2 


13 


15 



18 



21 



25 



28 



49 



Il a déjà été question des deux chartes de l'évêque Domnole, 
en date du 6 mars 572 et du 4 septembre 581 , relatives au monas- 
tère de Saint-Vincent. On a vu : 

1° Qu'elles sont authentiques ; 

2" Qu'elles se trouvaient, au temps d'Aldric, dans les archives 
de l'abbaye de Saint- Vincent , où l'évêque les découvrit quand 
une concession de Louis le Pieux lui eut donné autorité sur ce 
monastère ; 

3" Que les Actus i^ontificum en ont emprunté le texte aux 
Gesta Aldrici; 



VII. — r LES ACTES DES EVEQUES DU MANS, 7 

4" Qu'en même temps qu'il copiait ce texte, l'auteur des Actus 
l'a falsifié, en interpolant dans l'une des deux chartes une clause 
favorable aux prétentions de révêché : « et sub jure memoratç 
Cenomannensi çcclesiae juste et légitime esse debere censeo*. » 

Cette dernière remarque est importante ; elle précise l'objet du 
travail critique à faire sur les documents conservés dans les 
Actus. Il n'y a pas seulement à distinguer des chartes authen- 
tiques et des chartes fausses; il faudra aussi, dans les chartes 
authentiques, distinguer les parties originales et les parties inter- 
polées. 

Les chartes relatives au monastère d'Anisola ou de Saint- 
Calais, au nombre de treize (dont douze mérovingiennes et une 
attribuée à Cliarlemagne) , ont été condamnées en bloc comme 
fausses par le jugement de la cour du roi Charles le Chauve, 
rendu à Verberie le vendredi 29 octobre 8632. l^ condamnation 
a été confirmée par le jugement unanime des diplomatistes. Mais 
il ne convient pas d'examiner cette série isolément. Il faut rap- 
procher les chartes de Saint- Calais de quelques autres, qui 
offrent avec elles une ressemblance marquée, notamment de celles 
qui concernent le monastère de femmes de Notre-Dame, « intra 
fluvium Sartae et murum civitatis, » au Mans (monastère dont 
il a déjà été question ci-dessus, § 3 [1893, p. 624]), et le monas- 
tère d'hommes de Saint-Pierre, plus tard Saint-Longis. 

Nous trouvons dans les Actus, pour chacune de ces trois mai- 
sons rehgieuses et pour une quatrième moins importante, l'ora- 
toire de Saint-Martin dans la ville du Mans, quatre diplômes 
royaux du vi® et du vii^ siècle. L'un, celui de Saint-Martin, est 
attribué à un Théodebert ^ ; deux autres, concernant Notre-Dame 
et Saint-Calais, à Childebert P""^ ; le quatrième, celui qui concerne 
Saint-Longis, à Clotaire IP. Tous quatre ont pour objet de con- 
firmer les fondations monastiques en question, fondations faites 
par des particuliers et placées, dit-on, par les fondateurs eux- 
mêmes sous l'autorité directe des évêques du Mans. 

Les éditeurs des diplômes mérovingiens, Bréquigny, Pardessus, 

1. Ci-dessus, g 3, 1893, p. 645. 

2. Ci-dessus, g t, 1893, p. 599. 

3. K. Pertz, p. 122, n° 6; Appendice I, n» 00. 

4. K. Pertz, p. 123, n° 7, et p. 124, n" 8; Appendice II, n»' 00 et 00. 

5. K. Pertz, p. 134, n» 17; Appendice II, n» 00. 



8 QUESTIONS MÉROVINGIENNES. 

K. Pertz, s'accordent à considérer ces quatre chartes comme 
également apocryphes. Cette opinion est-elle fondée? 

Considérées isolément, elles n'offrent, à première vue, aucun 
motif grave de suspicion. Le style et les formules conviennent à 
l'époque mérovingienne. Les banalités mises en guise d'exorde 
(ce que les diplomatistes allemands appellent arenga) sont bien 
dans le goût du temps : « Si petitionibus ancillarum Dei vel sacer- 
dotibus », ou « servorum Dei vel bonorum hominum, in quod », 
ou « quae, nostris auribus fuerint prolata, ad effectum perduci- 
mus, hoc nobis ad aeternae sainte », ou « aeternç salutis prç- 
mium, vel stabilitate regni nostri in Dei nomen pertinere confi- 
dimus. » Les donateurs sont qualifiés, selon les cas, d' « inluster 
vir » ou de « deo devota » ; leurs pétitions sont dites adressées 
« clementiae regni nostri », et l'on ajoute qu'ils ont supplié la 
majesté royale, « petierunt celsitudini nostrae », de confirmer 
leurs donations par un acte écrit de sa volonté souveraine, « ut 
hoc per nostram auctoritatem plenius confirmare deberemus. » 
Le roi confirme aux donataires la possession des biens donnés, 
avec toutes leurs dépendances, « una cum terris, domibus, aedi- 
ficiis, mancipiis, vineis, silvis, pratis, pascuis, aquis aquarumve 
decursibus, farinariis, pecuhis... » Pour assurer la validité de 
la charte, « ut haec preceptio firmior habeatur et in omnibus 
conservetur, » le roi la signe de son nom, qu'il écrit de sa propre 
main, « manus nostrae subscriptionibus eam subter decrevimus 
roborare. » Sa souscription est suivie de celle du référendaire, 
avec les mots « jussus obtolus, » faute de copiste facile à corriger 
en « jussus obtolit (obtulit), » puis de la date, exprimée par l'an 
du règne et le quantième du mois, avec la formule quod fecit, 
« dies octo quod facit mensis junius. » Toutes ces tournures sont 
familières aux personnes qui ont étudié les diplômes mérovin- 
giens. Ajoutons qu'un certain nombre, au moins, des fins de 
phrases sont conformes aux lois métriques de la prose latine des 
bas siècles' : perlinëre cônfJdïmus, confirmasse cd(j7idscXte, ratio- 
nahilïier dêUyâssent , in Dei nomine côJiflrmâtiim, profidant âd- 
aûcjmëntum ou proficiat Tn-aïïgmëntum , in omnibus conservëtur, 
decrevXmus rôbôrâre. 

Chaque pièce, prise à part, n'offre donc rien de bien choquant. 
Mais, si on les rapproche, on est étonné de leur parfaite simili- 

1. Ci-dessus, g 3, 1893, p. 641. 



vu. — LES ACTES DES EVEQUES DU MANS. 9 

tude. Ce sont quatre exemplaires d'un même texte : quatre fois 
on retrouve les mêmes banalités, les mêmes transitions, les mêmes 
formules et les mêmes clauses, exprimées dans les mêmes termes; 
les noms propres seuls et quelques détails du dispositif ont été 
changés. Ainsi toutes les citations qui précèdent ont pu être 
empruntées indifféremment aux quatre diplômes, car les expres- 
sions et les passages cités se retrouvent dans tous. Le fait serait 
explicable s'il s'agissait des diverses pièces d'un même dossier, 
de ces actes successifs par lesquels plusieurs rois, les uns après 
les autres, accordaient à une même église des confirmations réi- 
térées d'une même concession primitive. Mais nos chartes con- 
cernent des monastères différents et se donnent comme rendues à 
la requête de différents pétitionnaires. D'ailleurs, la similitude du 
texte, si étroite qu'elle soit, n'est pas la circonstance la plus frap- 
pante ; plus étrange encore est la similitude des mentions finales, 
souscriptions et dates : 

Saint -M art in : Theodebertus rex Francorum subs. — Adalgrimus 
jussus obtolus [sic] scripsit et subscripsit. — Data dies octo quod 
facit presens raense junii anno VII regni noslri Gaptiniaco in Xpisti 
nomine féliciter amen. 

Notre-Dame : Ghildebertus rex Francorum subscripsit. — Ado- 
grimus jussus obtolus [sic^] subscripsit. — Datum dies viii quod 
facit presens mensis junius anno VII regni noslri Opatinaco in Xpisti 
nomine féliciter amen. 

Saint-Calais : Ghildebertus rex Francorum subscripsit. — Ado- 
grimus obetoilus {sic) scripsi et subscripsi. —Datum dies octo quod 
facit mensis junius anno XV regni nostri Opatinaco in Xpisti nomine 
féliciter amen. 

Sainf-Longis : Ghlotharius rex Francorum subscripsi. — Xadogri- 
mus jussus optuU et subscripsi. — Datum diesviii quod fecit mens, 
jan. anno LUI regni nostri Gompendio palatio nostro in Dei nomen 
féliciter amen. 

Ainsi, les quatre pièces sont censées de trois règnes et de 
quatre années différentes; non seulement différentes, mais sépa- 
rées par de longs intervalles, car, des premières années de Chil- 

1. [Le raanuscril de M. Julien Havet porte obtolus avec un point sur le pre- 
mier jambage de Vu; il est difficile de dire s'il a voulu écrire obtolus, qui serait 
conforme à la leçon de la charte de Saint-Martin, ou obtolius, qui marciuerait 
un acheminement à la leçon obetoilus de la charte de Saint-Calais.] 



^0 QUESTIONS MÉROVIXGIENXES. 

debert P"" (511-558) aux dernières de Clotaire II (584-629), il y 
a plus d'un siècle ; et, sous ces trois rois et à ces quatre dates, le 
hasard aurait ramené quatre fois, dans les chartes destinées au 
même diocèse, trois noms de référendaires presque semblables, 
Adalgrimus, Adogrimus et Xadogrimus. Le même hasard 
aurait voulu qu'à des intervalles qui vont jusqu'à un siècle, les 
chartes royales pour le Mans fussent données quatre fois le même 
jour du mois, le 8, et, trois fois sur quatre, le même jour du 
même mois, le 8 juin (la quatrième fois, c'est le 8 janvier, ce qui 
ne fait qu'une différence d'une lettre, jan. au lieu de jun.). 
Enfin, toujours par hasard, dans trois actes donnés le même jour 
du même mois de trois années différentes, la date de lieu aurait 
été exprimée trois fois par des corruptions diverses du nom d'une 
même villa royale, Captunacum : ici Captiniaco, là Opati- 
naco. De pareilles rencontres dépassent la limite des possibilités 
fortuites. Elles ne peuvent s'expliquer que par l'imitation répétée 
d'un même type, et cette imitation ne peut être que le fait d'un 
faussaire. Nos chartes, en dépit de la couleur mérovingienne 
qu'elles présentent dans le style et dans les formules, ne sont 
donc pas quatre chartes authentiques : elles sont seulement 
copiées sur un même modèle authentique. De deux choses l'une : 
ou ce modèle ne nous a pas été conservé, et nos quatre chartes en 
sont quatre imitations, c'est-à-dire quatre faux; ou l'une d'entre 
elles est le modèle, et par conséquent est authentique, et les trois 
autres en sont les imitations, et par conséquent sont fausses. En 
d'autres termes, il y en a, ou quatre fausses, ou trois fausses et 
une authentique. Il n'y a de choix qu'entre ces deux hj^pothèses. 
Il faut choisir la seconde. Il y a une des quatre chartes sur 
laquelle les trois autres ont été copiées : c'est celle par laquelle 
le roi Théodebert confirme la donation des biens composant la 
dotation de l'oratoire de Saint-Martin, au Mans, biens donnés, 
dit-on, avec l'oratoire lui-même, à la cathédrale du Mans, par 
ses deux fondateurs, « vir inluster Eoladius presbiter et Bau- 
domalla Deo devota. » Dans les quelques détails où les textes 
diffèrent, les leçons de la charte de Saint- Martin sont an- 
ciennes et primitives, celles des trois autres en sont des cor- 
ruptions ou des imitations maladroites. Le référendaire de 
Théodebert, Adalgrimus, nom germanique autlientique*, de- 
vient sous le pseudo-Childebert Adogrimus , sous le pseudo- 

1. Forstemann [AKdeutsches Namenbucli, I, j). 1471. 



VII. — LES iCTES DES EVEQUES DU MANS. 



u 



Clotaire Xadogrimus. Captiniaco, forme à peine altérée du 
nom bien connu Capiunaco^, devient, dans les prétendues 
chartes de Childebert, un ridicule et inintelligible Opatinaco. 
Au point de vue du style diplomatique, les variantes suivantes 
sont toutes à l'avantage de la charte de Tliéodebert : 

Childebert /" et Clotaire H : 
si petitionis ancillarum {ou ser- 



Théodebert : si petitionibus an- 
cillarum Dei vel sacerdotibus in 
quod nostris auribus fuerintpro- 
lata 



clementiae regni nostri detule- 
runt in notitia 



locella noncupantes sitas in pa- 
ge Caenomannico [suivent les 
notns] 



confîrmare deberemus 

cujuspetiLione gratanter anime 
prestitisse et in omnibus confir- 
masse cognoscit[e] 

sicut constat. . . delegassent 
(pour delegasse) 

per hoc preceplum plenius in 
Dei nomine confirmatum 



vorum) Dei vel bonorum homi- 
num quae nostris auribus fue- 
rant relata ou fuerit relatum ou 
fuerunt relate 

clementia regni nostri asseren- 
tes nobis per eorum missos inti- 
maverunt ou clementiam regni 
nostri asserens nobis intimavit 

locella proprietatis eorum tam 
in pago Caenomannico quam et 
in aliis pagis ou res atque man- 
cipia... tam in pago Caenoman- 
nico quam et in aliis pagis atque 
terratoriis 

conflrmare fecissemus 

quorum petitionibus gratanter 
adsensum praestavimus et in om- 
nibus confîrmavimus 

sicut... delegassent [sans con- 
stat) ou sicut... tradidit et dele- 
gavit 

per hoc preceptum plenius in 
Dei nomine confirmamus 



1. Dom Germain, dans le De re diplomatica de Mabillon, p. 257. Plusieurs 
des documents cités par ce bénédictin sont faux ou interpolés. Les documents 
mérovingiens authentiques, datés de Captunaco, Captannaco, Captunnaco ou 
Captonaco, sont au nombre de quatre : 1° la présente charte de Théodebert; 
2° charte de Berthéfrid, évêque d'Amiens, pour Corbie, vendredi 6 septembre 
664 (Bibl. royale de Berlin, ms. Phillipps 1776, fol. 97 v); 3° jugement de 
Clovis III, samedi 12 août 691 (K. Pertz, p. 53, n" 59; Letronne, n° XXIV); 
4° charte d'Agérad, évêque de Chartres, lundi 6 mars 696 ou mardi 6 mars 697 
(Tardif, p. 30, n° 36; Letronne, n» XXXI). On ne sait comment doit être tra- 
duit ce nom. Contre les mauvaises identiûcations proposées jadis, Chatou 
(Seine-et-Oise) ou Sannois (ibid.), voyez Longnon, Examen géographique du 
tome I" des Diplomata imperii (1873, extrait de la Revue critique d'histoire 
et de littérature), p. 16. 



42 QUESTIO\S MEROVINGIENNES. 

Dans la charte de l'oratoire de Saint-Martin, il est dit que les 
fondateurs ont construit cet oratoire sur un terrain qui leur 
appartenait, « in area ipsorum : » dans les actes relatifs à Notre- 
Dame, à Saint-Calais, à Saint-Longis, on assure qu'ils ont bâti 
sur un terrain appartenant à la cathédrale, « in area » ou « in 
terra sanctae Mariae vel sanctorum martyrum Gervasii et Pro- 
thasii matris et Cenomannis civitatis senioris aecclesiç. » La 
première clause pouvait constituer une présomption favorable à 
l'indépendance de la fondation, peu favorable, par conséquent, à 
l'autorité de l'évêque : l'auteur des Actus, qui travaillait dans 
l'intérêt de l'évêché, ne l'aurait pas inventée; s'il la donne, c'est 
qu'il l'a trouvée telle quelle. La seconde au contraire est bien 
imaginée pour appuyer les prétentions de l'évêché sur les trois 
monastères. Pour donner à ces prétentions plus de poids encore, 
on ajoute que les fondations ont été faites avec le consentement 
de l'évêque et, qui plus est, avec son aide, « una cum consensu 
Innocenti » ou « Haduindi Cenomannice urbis episcopi... pre- 
dicto episcopo consentiente seu adjutorium non modicum prç- 
stante. » Dans la charte de Théodebert, les domaines donnés par 
les fondateurs pour constituer la dotation de l'oratoire sont énu- 
mérés nominativement : « locella noncupantes sitas in pago 
Caenomannico Moliniaco, Villa, Levaste, Popiliaco, Aciaco, Ver- 
riciaco, Potius, Cipidus. » C'est la donation de ces biens qui est 
surtout et principalement confirmée par le roi; l'oratoire lui- 
même, « vel ipso Oratorio, » n'est mentionné qu'accessoirement. 
La charte de Notre-Dame confirme, elle aussi, non la donation 
du monastère, mais celle des biens qui en forment la dotation ; 
mais déjà ces biens ne sont plus nommés ; les phrases qui les 
désignent sont vagues, de manière à être plus compréhensives et 
à pouvoir être interprétées dans le sens le plus avantageux pour 
l'évêché : « locella proprietatis eorum tam in pago Caenoman- 
nico quam et in aliis pagis, » et plus loin « ipsa loca hereditatis 
eorum. » Dans les titres de Saint-Calais et de Saint-Longis, un 
pas de plus est franchi ; c'est le monastère qui fait l'objet princi- 
pal de la donation et de la confirmation, et ses biens sont l'acces- 
soire : « jubemus ut sicut jaradictus domnus Carileffus » ou 
« Lonegisilus... ipsum monasteriolum... una cum terris, domi- 
bus, » etc., « ad ipsa casa Dei per sua strumenta tradidit et dele- 
gavit... ita et inantea... monasteriolum superius nominatum cum 
omni integritate ad ipsa predicta casa sanctae Mari»;' et sancti 
Gervasii et Protliasii martyris... proficiat in augmentum. j> C'est 



VII. — LES ACTES DES e'vÈQUES DU MANS. -13 

l'affirmation précise de la sujétion de l'abbaye à l'évêché, c'est- 
à-dire du point que notre auteur tenait le plus à établir. 

Enfin, les chartes relatives à Notre-Dame, à Saint-Galais, à 
Saint-Longis, sont attribuées, ai-je dit, à Childebert I" et à Clo- 
taire II, celle de Saint-Martin à un Tliéodebert. Or, les deux 
premiers rois sont très connus dans l'histoire mérovingienne, et 
leurs noms devaient se présenter d'eux-mêmes à l'esprit d'un 
faussaire ; notre auteur les nomme, dans les titres de deux cha- 
pitres des Actus^, comme ayant régné, l'un au temps de l'évêque 
Innocent, l'autre au temps de l'évêque Haduind. Théodebert, au 
contraire, que ce soit Tliéodebert P"" ou Théodebert II, jouit d'une 
notoriété beaucoup moindre. Aucune charte de l'un ou l'autre ne 
nous a été conservée. Aucun des deux n'est mentionné, ni dans 
les titres des chapitres, ni dans le récit des Actus pontiflcum^. 
Or, les faussaires se plaisent ordinairement à accréditer leurs pro- 
ductions en les attribuant à des princes connus ; c'est ainsi que 
nous avons plus de trente chartes fausses sous le nom du seul 
Dagobert l"^. Il serait tout à fait improbable que l'auteur des 
Actus, fabriquant une pièce apocryphe, eût imaginé de l'attribuer 
à un Théodebert. S'il a reproduit ce nom, c'est que son modèle 
le lui donnait. 

Conclusion : les trois chartes attribuées à Childebert P"" et à 
Clotaire II, relatives aux monastères de Notre-Dame, de Saint- 
Calais et de Saint-Longis, sont fausses ; la charte de Théodebert, 
pour l'oratoire de Saint-Martin, est seule authentique et a servi 
de modèle pour fabriquer les trois autres. 

Elle n'a pas servi de modèle directement pour toutes les trois ; 
les faux ont été fabriqués successivement et copiés l'un sur l'autre. 
La charte de Saint-Martin a été imitée dans celle de Notre-Dame ; 
celle de Notre-Dame a été imitée dans celle de Saint-Calais ; celle 
de Saint-Galais a été imitée dans celle de Saint-Longis. Cette 

1. VIII. « Gesta domni Innocentis Cenomannicae urbis episcopi, qui fuit tem- 
poribus Anastasii imperatoris et Chlodovei prirai Francorum régis christiani et 
Chiideberti filii ejus. » Vet. Anal., in-S", III, p. 74. — XII. « Gesta domni 
Hadoindi Cenomannicae urbis episcopi, qui fuit ultimo terapore Clotharii filii 
Hilperici et tempore Dagoberti... et... Chlodovei... » Jbid.^ p. 146. 

2. Il est question de Tliéodebert II dans le testament de saint Bertrand, 
rapporté à la suite du chapitre de cet évêque, mais non dans ce chapitre 
même; notre auteur n'a pas relevé et probablement pas compris la mention 
assez peu claire que le testament fait de ce roi. 



^4 



QUESTIONS MÉROVINGIENNES. 



filiation résultera suffisamment du relevé de quelques variantes, 
qui permettent de suivre, d'une pièce à l'autre, l'altération pro- 
gressive des leçons premières : 

Saint-Martin: Notre-Dame: Saint - Calais : Saint -Longis : 



m area ipso- 
rum 

oratorio. . . 
conslruxerunt 



locellas non- 
cupantes... 

si tas in pago 
Gaenomannico 



in area san- 
ctae Mariae 

monasterio - 
lum quoddam 
...construere 
coeperunt 

locella pro- 
prieLalis eorum 

tam in pago 
Gaenomannico 
quam et in aliis 
pagis 



precipientes enim ut 

sicut constat sicut... dele- 
... delegassent gassent [sans 
(^owrdelegasse) constat) 

ipsa loca {5Wî- ipsa loca he- 
vent les noms) reditatis eorum 

ipsa loca superius nominata 
cum omni integritale earum 

ad ipsa casa sancli Gervasii et 
Prothasii 



in terra sanctae Mariae 

monasterio - monasterio - 

lum quoddam lum quoddam 

. . . construxit . . . construxit 

vel aedificavit vel reaediflcavit 

res atque mancipia quae ad 
ipsum monasteriolum... tradilae 
sunt 



tam in pago Gaenomannico 
quam et in aliis pagis atque ter- 
raloriis 

precipientes enim jubemus ut 

sicut. . . tradi- sicut. . . tradi- 
dit et delegavit dit atque dele- 
gavit 

ipsum monasteriolum quod... 
aedificavit 

monasteriolum superius nomi- 
natum cum omni integritate 

ad ipsa casa ad ipsa prae- 

sanctae Mariae dicta casa san- 

et sancti Gerva- ctae Mariae et 

sii et Protliasii sancti Gervasii 

et Prothasii 



eam subter decrevimus roborare 



Adalgrimus 



Adogrimus 



subter eum 
decrevimus ro- 
borare et nostro 
sigillé sigillare 

Xadogrimus 



VII. — LES ACTES DES ÉVÉQUES DO MANS. ^5 

dies octo diesvmquod dies octo diesvirrquod 

quod facit pre- facit presens quod facit men- fecit mens. jan. 

sens mense ju- mensis junius sisjunius 
nii 

anno vu regni nostri anno xv regni annoLiirregni 

nostri nostri 

Gaptiniaco Opalinaco Compendio 

■ — -^ — ^-ii^ — — palatio nostro 

In Xpisti nomine In Dei nomen 

La traduction de la date d'une pièce fausse en années de notre 
ère, en mois et en quantièmes, ne peut avoir ni valeur ni signifi- 
cation précise; ce n'est qu'un expédient commode pour classer 
les pièces dans un catalogue. A ce point de vue seulement, disons 
que la date de la fausse charte de Childebert P"", relative au 
monastère de Notre-Dame, répond au 8 juin 518 et celle de la 
fausse charte du même roi, relative à Saint-Calais, au 8 juin 526. 
Il est bien difficile, même sous le bénéfice de la réserve précé- 
dente, d'attribuer une date à la fausse charte de Saint-Longis : 
elle est dite de la 53® année de Clotaire II, qui n'a régné que qua- 
rante-cinq ans et quelques jours ! Dans un catalogue chronolo- 
gique, il faudrait lui donner place au 8 janvier de la dernière 
année complète de ce roi (la 45*), c'est-à-dire au 8 janvier 629. 

Laissons ces enfantillages et revenons à la seule charte authen- 
tique de nos quatre, celle de Théodebert pour Saint-Martin du 
Mans. Elle a jusqu'ici passé pour apocryphe, non sans apparence 
de raison, car elle offre une grosse difficulté chronologique. EUe 
porte en tête et à la fin le nom du roi Théodebert, et dans le corps 
de l'acte est mentionné l'évêque du Mans, Domnole : « ad çccle- 
siam sancti Gervasii et Prothasii martyris vel domno Domnolo 
episcopo qui ibidem ad presens custos preesse videtur. » Or Théo- 
debert ?■■ a régné de 534^ à 548 2, Théodebert II d'août 589 ^ à 
612'*, et Domnole a été évêque du Mans de 559 à 581 ^ Aucun 

1. Grégoire de Tours, Hist. Franc, III, 23; édit. Arndt et Krusch, p. 131. 

2. Ibid., III, 36, p. 138, et IV, 51, p. 187; Marius d'Avenches, dans les Monu- 
menta Germaniae, in^", Auct. antiquiss., XI, p. 236. 

3. Grégoire, IX, 36, p. 391. 

4. Chronique dite de Frédégaire, IV, 38; édit. Krusch, p. 139. 

5. Ci-dessus, 1893, p. 635. 



^6 QUESTIONS MÉROVINGIENNES. 

moment de son épiscopat n'a donc coïncidé avec aucun moment 
du règne de l'un ou l'autre Théodebert. Comment expliquer cette 
anomalie? 

On pourrait être tenté de penser à un autre Théodebert, au fils 
de Chilpéric F", qui, en 573, par ordre de son père, occupa et 
envahit la Touraine, le Poitou et autres territoires de cités « citra 
Légère sitas, » c'est-à-dire sur la rive gauche de la Loire, jusques 
et y compris le Limousin et le Quercy ^ Suivant un texte hagio- 
graphique, la Vita Aredii, les habitants du territoire envahi 
donnaient à ce prince le titre de roi^ Mais cette royauté, d'après 
ces récits même, ne s'exerça que sur les territoires d'Aquitaine, 
qui appartenaient à Sigebert, roi d'Austrasie, et que Théodebert 
avait conquis sur celui-ci. Le Maine appartenait à Chilpéric, et 
rien n'autorise à supposer qu'il ait cédé son autorité sur cette 
cité. Les deux chartes de l'évêque Domnole pour Saint-Vincent, 
l'une de 572 (avant l'expédition de Théodebert), l'autre de 581 
(après la même expédition), sont datées l'une comme l'autre du 
règne de Chilpéric. La sujétion du Maine au même prince est 
attestée, par Grégoire de Tours, à diverses autres reprises, en 
576 et en 5783. 

Pour trouver le vrai remède, il faut voir s'il n'y a pas dans la 
pièce d'autres difficultés que celle de la date. Il y en a au moins 
deux : l'incohérence dans la désignation des objets de la donation 
confirmée, et l'octroi de la confirmation à la requête des dona- 
teurs. Dans la première partie de la charte, la donation comprend 
une série de villages attribués à l'église du Mans, en même temps 
que l'oratoire même de Saint-Martin, dont ils forment la dota- 
tion : « locella noncupantes (tels et tels), cum omnes adjacen- 
tias... cum omni re inexquisita vel ipso oratorio; » dans la 
seconde partie, il n'est question que des villages : « ipsa loca 



1. Grégoire, IV, 47, p. 183. 

2. « Quamquani sciam vos regein meluere Theodobertum : » Ruinarl, Grego- 
rii Turonensis opéra, col. 1299; Acta sanctorum augusii, V, p. 189-190; de 
Foncemagne, dans l'Histoire de l'Académie des inscriptions, VII, 278-280 : 
Rome, biblioliièquc Villorio-Einaïuiele, ras. Farf. 29 (341), fol. 32-52. J'ai coanu 
ce manuscrit par une collation qu'a bien voulu nie communiquer M. le D' Mruno 
Krusch, qui prtq)are une édition de cette Vita. — Cf. aussi Mabillon, Acta 
sanctorum ordinis saiicti Benedicti, I, p. 289, 291. 

3. Grégoire, V, 1, i, li, 26, p. 192, 195, 201, 221; Longnon, Géographie de 
la Gaule au VI' siècle, p. 295, 296. 



vu. — LES ACTES DES ÉVÈQUES DU MANS. 47 

superius nominata cum omni integritate earura... proficiant ad 
augmentum. » D'autre part, dans toutes les confirmations méro- 
vingiennes qui nous sont parvenues, c'est le donataire, intéressé 
à la validité du don, qui en sollicite et en obtient la confirmation, 
et rien n'est plus naturel ; ici, contrairement à l'usage et contrai- 
rement au sens commun, la confirmation du don est accordée aux 
supplications des donateurs, Eoladius et Baudomalla. Est-ce 
croyable ? 

Ces diverses difficultés résident, non dans l'ensemble de la 
charte, mais dans un seul passage, qui les renferme à la fois 
toutes les trois. Je veux parler de ces deux lignes, qui suivent la 
désignation des villages donnés « cum omnes adjacentias, cum 
omni re inexquisita, » etc. : 

...vel ipso oratorio, ad çcclesiam saneti Gervasii et Prothasii mar- 
tyris vel domno Domnolo episcopo qui ibidem ad presens custos 
preesse videtur... 

Qu'on supprime par la pensée ces deux lignes : la difficulté de 
date disparaît, avec le nom de l'évêque Domnole; l'incohérence 
dans la désignation des objets donnés disparaît, avec la mention 
de l'oratoire comme l'un de ces objets; l'anomalie de la confirma- 
tion accordée à la requête des donateurs disparaît aussi. En efiet, 
s'il n'est plus question du don de l'oratoire à l'évêché, le dona- 
taire des biens dont il s'agit ne peut plus être que cet oratoire 
lui-même, oratoire dont les requérants sont les fondateurs et par 
conséquent les administrateurs. Ce n'est plus à titre de donateurs 
qu'ils ont sollicité cette confirmation, c'est à titre de représen- 
tants juridiques de l'établissement religieux qui leur doit son 
existence. On s'explique mieux alors la nécessité de la confirma- 
tion royale : ils ont créé ce qu'on appelle en droit une personne 
morale, ils veulent maintenant lui attribuer des biens ; cela ne 
peut se faire, dans la plupart des législations, anciennes ou 
modernes, sans le consentement de l'autorité pubhque. — Or, 
cette courte clause, dont l'élimination suffirait à faire disparaître 
toutes les pierres d'achoppement, est aussi la seule qui intéresse 
le temporel de l'évêché, la seule, par conséquent, que l'auteur 
des Actus ait eu intérêt à introduire dans la pièce. Tout alors 
devient clair : nous avons affaire à une interpolation semblable à 
celle qui se trouve dans la seconde charte de saint Domnole pour 
l'abbaye de Saint-Vincent. La vraie charte de Théodebert ne 
1894 2 



\S QUESTIONS MÉROVINGIENNES. 

contenait que la confirmation, à l'oratoire même de Saint-Mar- 
tin, de la dotation qui lui avait été constituée par ses fondateurs. 
Le faussaire des Actus, en y ajoutant deux lignes de son cru, en 
a fait un titre pour l'évêché, titre qui devait rendre celui-ci 
maître à la fois de l'oratoire et de ses biens. 

Pour supprimer l'interpolation et restituer le texte authen- 
tique de l'acte, il n'y a que deux raccords à faire. Dans le pas- 
sage qui vient d'être cité, il faut remplacer « vel ipso oratorio » 
par « ad ipso oratorio » et supprimer les mots suivants, depuis 
« ad çcclesiam » jusqu'à « custos preesse videtur. » Plus loin, à 
la fin de la pièce, où l'on lit à deux lignes de distance deux 
expressions qui font disparate entre elles, « ipsa casa Dei » et 
« ipsa casa sanctiGervasii et Prothasii matris (jcclesiaeS » il faut 
lire, les deux fois, « ipsa casa Dei » tout court, c'est-à-dire 
l'oratoire de Saint-Martin ; les noms des saints Gervais et Pro- 
tais ont été, ici encore, ajoutés par l'interpolateur. 

Théodebert 1^^ n'a jamais régné sur le Maine 2. Théodebert II, 
au contraire, a possédé cette cité : cela résulte, non du témoi- 
gnage des historiens, mais d'une pièce qui sera examinée dans la 
suite de ce travail, le testament de l'évêque Bertrand s. D'après 
Grégoire de Tours, il fut proclamé roi, du vivant de son père, 
Childebert II, en août 589^. La charte datée du 8 juin de sa 
7« année serait donc, si les chiffres ont été transcrits exacte- 
ment (ce qui n'est nullement certain), du vendredi 8 juin 596. 
C'est, en tout cas, la plus ancienne charte royale connue. 

Le même testament de Bertrand, écrit en 616, mentionne un 
abbé Eoladius, de qui ce prélat (évêque depuis 586 ou 587) avait 
acheté des vignes, prés et terres situés sur le côté droit de la 
route du Mans à Pontlieue : « vineolas, pradela vel terra turium 
quod in dextera parte de strada est qui vadit ad Ponteleugua, 

1. Ou plulùt ad ipsa casa sancli GervasH et Prothasii martijris, leçon que 
donnent les trois chartes fausses de Notre-Dame, de Saint-Calais et de Sainl-Lon- 
gis, et qui par conséquent devait se trouver dans celle de Saint-Martin, quand, 
sortant des mains de l'interpolateur, elle a été reprise par lui et lui a servi 
de modèle pour fabriquer celle de Notre-Dame. La substitution de matris à 
martyris et l'addition d'^cc/esiae (seconde faute qui est la conséquence de la 
première) sont imputables au copiste du xiii" siècle (toute cette fin de l'acte 
manque dans le ms. Baluze 45). 

2. Longnon, Géographie de la Gaule au VI' siècle, p. 295. 

3. Ci-après, p. 000. [L'examen de ce testament n'a pas été écrit.] 

4. Grégoire de Tours, IX, 3G, p. 391. 



VII. — LES ACTES DES e'vÊQCES DD MANS. •19 

quem de renerabili fratre meo Eoladi abbati comparavi'. » C'est 
évidemment celui à qui est accordée notre charte. Le mot abbati 
prouve que, par le terme d'oratoire, « oratorio in honore sancti 
Martini, » il faut entendre une sorte de monastère. C'est peut- 
être du même établissement qu'il s'agit aussi dans un passage où 
Grégoire de Tours parle d'une basilique de Saint-Martin, consa- 
crée par l'évèque du Mans Badégisil : « Invitatus autem Bade- 
gyselus Cenomannorum episcopus quodam loco diocesis suae ad 
basilicam beati viri et nomiue et reliquiis consecrandam^ » Il n'y 
a pas contradiction entre ce « quodam loco diocesis suae » et le 
« infra mui'ania Cenomaunis » de la charte : Grégoire, répétant 
un récit qu'il devait tenir d'autrui, pouvait n'avoir pas la notion 
précise du lieu dont il parlait. Badégisil fut évèque du Mans de la 
fin de 581 à la fin de 586. La fondation de l'oratoire de Saint- 
Martin serait donc antérieure de plus de dix ans à la confirma- 
tion de biens qui lui fut accordée par Théodebert. 

Cette fondation, quelle qu'en soit la date précise, fut assez 
durable. En 616, Bertrand, dans un autre article de son testa- 
ment, la désigne toujours sous le nom d'oratoire de Saint-Martin, 
au nombre des églises auxquelles il lègue une somme ou une 
valeur de 5 sous d'or^. Auix"^ siècle, au temps d'Aldric, la « cella 
sancti Martini infra murum civitatis » possédait un certain 
nombre de domaines ruraux, villae ; un acte du 31 décembre 832, 
de l'empereur Louis le Pieux, nomme ces villae parmi celles 
dont les dîmes et nones doivent appartenir à la cathédrale du 
Mans^. Avant ses biens à elle, la cella devait avoir aussi ses 
archives : c'est là que l'auteur des Actus aura vu et copié (pour 
la dénaturer) la charte du roi Théodebert IL 

C'était le seul titre ancien qui subsistât alors dans ces archives, 
car c'est le seul que le compilateur des Actus pontificum en ait 
tiré. Il n'y a pas trouvé l'acte même de la donation d'Eoladius et 
de Baudomalla au monastère fondé par eux, acte qui fait l'objet 

1. Ci-après, Appendice I. n» 000. g 32. 

2. De virtutibus S. Martini, III, 35; édit. Arndt et Krusch, p. 641. —Cf. 
Longnon, Géographie de la Gaule au VI' siècle, p. 298. 

3. a Ad oratoria domni Martini, domni Victorii vel sancti Pétri infra moros 
dabis in aururn ia caballo» sol. v. s Appendice I, n° 00, g 107. 

4. « Et de omnibus Yillis quç ad cellam sancti Martini infra murum civitatis 
pertinent. » Gesta Aldrici, XI, p. 40 (Miihlbacher, n° 883). 



20 QDESTrONS MÉROVINGI£\.\ES. 

de la confirmation de Théodebert. Au contraire, pour chacun des 
trois monastères de Notre-Dame, de Saint-Galais, de Saint-Lon- 
gis, il donne deux actes privés émanés des fondateurs, actes qui 
avaient, dit-il, précédé chacune des chartes royales et que 
celles-ci avaient pour but de confirmer. Ces actes sont trois dona- 
tions et trois précaires, consenties toutes les six à l'évêque et à 
l'église du Mans. La donation de Notre-Dame émane de deux 
époux, Hareyarius et Truda, et de leur fille Tenestina, qua- 
lifiée Deo sacrala^; la précaire, postérieure de quelques années, 
porte le nom de Ténestine seules Les donations et les précaires 
de Saiut-Calais3 et de Saint-Longis'' sont présentées comme 
l'œuvre des deux saints dont ces monastères ont pris les noms, 
Carileffus et Lonegisilus. 

Ces quatre derniers actes, mis sous les noms de saint Calais et 
de saint Longis, sont des faux dont la grossièreté, touchant au 
ridicules dispense de toute discussion. Il n'en est pas de même 
des deux titres du monastère de Notre-Dame : la donation d'Ha- 
régaire et la précaire de Ténestine. Ici le faux se mêle au vrai 
d'une façon déconcertante, et on est assez embarrassé, à pre- 
mière vue, pour former un jugement. La seule solution à laquelle 
on puisse s'arrêter est qu'ici encore nous avons afiaire à des 
documents authentiques, mais viciés par des interpolations con- 
sidérables. 

L'authenticité est attestée par l'emploi de tournures ou de 
formules qui appartiennent au style des actes mérovingiens et 
qui ont cessé d'être en usage après la première race. Ainsi 
l'exorde de la donation d'Harégaire, « Dum fragilitas humani 
generis pertimescit, » etc., se rencontre plusieurs fois dans les 

1. Mabillon, Vel. Anal., in-8% III, p. 88; Pardessus, I, p. 72; Appendice, 
n» 000. 

2. Vet. Anal., III, p. 92; Pardessus, I, p. 94; Appendice, n» 000. 

3. Vet. Anal., III, p. 80, 84; Pardessus, I, p. 96, 98; Appendice, n" 000. 

4. Vel. Anal., 111, p. 151, 155; Pardessus, I, p. 222, 224; Appendice, n»' 00. 

5. Les deux saints, oubliant complètement la différence qui doit séparer et 
qui a séparé toujours le genre narratif du genre juridique, racontent en grand 
détail, dans ces jtrétcndus contrats, l'histoire de leur vie, de leurs pérégrina- 
tions, des commencements de leurs fondations religieuses. Ces récits sont natu- 
rellement d'une conformité rigoureuse avec les traditions adoptées par l'auteur 
des Actus ponlificum. — Entre autres redevances stipulées au profit de l'évé- 
clié, Longis promet chaque année duo modia vini, Calais butliculas d^ias 
paratas, plenas de opiimo vino, l'un et l'autre ad opus canonicorum! 



Vir. — LES ACTES DES EVÊQUES DU MANS. 2-1 

formules 1 et dans les actes ^ ; il présente des jBns de membres de 
phrases conformes aux lois de la prose métrique des bas siècles ^. 
Mais, dira-t-on, le faussaire a pu le copier sur une pièce authen- 
tique. Sans doute; mais, s'il avait eu entre les mains une autre 
pièce mérovingienne, aurait-il résisté à la tentation d'en grossir 
son recueil? Je ne le pense pas. Après s'être servi de la charte de 
Théodebert II en faveur de Saint-Martin pour fabriquer sur ce 
modèle trois fausses chartes de Childebert P"" et de Clotaire II, il 
a tenu à utiliser le modèle lui-même et lui a donné place dans son 
livre, à côté des copies qu'il en aA^ait faites. Il nous aurait conservé 
de même le modèle de l'exorde de la donation d'Harégaire, s'il 
en avait eu un. Et, s'il n'en a pas eu, il faut que la pièce soit 
authentique, car ce n'est pas lui qui aurait su, au ix* siècle, 
écrire en bonne prose mérovingienne. — Plus loin, « pro reme- 
dium animae nostrae et remissionem peccatorum nostrorum, ut 
çternam in futurum apud Dominum consequi mereamur, » est 
également conforme a une formule mérovingienne conservée par 
le recueil de Marculfe^. Seulement, au lieu de l'adjectif aeter- 
nam, qui, isolé, ne signifie rien^, Marculfe donne le substantif 
veniam : aeterna^n dans notre texte ne peut donc être qu'une 
faute de copie, faute facilitée par la forme de I'm, qui, en cursive 
mérovingienne, ressemble à un a minuscule carolingien. La 
même formule nous offre le modèle textuel des dix ou douze der- 
nières lignes de notre acte, contenant la clause pénale, depuis 
« Licet in cessionibus » jusqu'à « cum stipula tione subnixa. » — 
Les noms des donateurs, Haregarius, Truda, Tenestina, sont 



1 . Formulae Arvei'nenses, n" 3 ; Marculfe, II, 2 et 4 ; Formulae Turonenses, 
Addit. 1 ; Formulae Merkelianae, i (E. de Rozière, n" 64, 175, 345, 195, 194; 
Zeumer, p. 30, 74, 76, 159, 241). 

2. Brandi, Die Reichenauer Urkundenfalschungen (1890, 111-4°), p. 89, 91. 

3. Dura fragilitatis (lisez fragilitas) humant generis pertimescit ultimum 
vitae tempore [lisez ultima vilae tempora) subitanea transposiliône vèntûra, 

oportet ut non inveniat unumquemque honiinem împàrâtum, ne sine ali- 
quo boni operis respectura vïigrât de-[k5c]-sëcïilo, nisi dura suo jure el 
polestâtë cônsistit, preparet sibi viam salutis per quani ad Çternam valeat 
healUudinem përvënlre. » Pour la correction de de seculo en de hoc seculo, 
voyez Brandi, ibid. 

4. Marculfe, II, 4 (E. de Rozière, n» 345; Zeumer, p. 76). 

5. Mabillon et les éditeurs qui l'ont suivi donnent xiernam mercedem, mais 
ce dernier mot a été ajouté par conjecture; il n'est dans aucun des deux manus- 
crits. 



22 



QUESTIONS MEROVINGIENNES. 



rares, mais n'ont rien d'invraisemblable. On ne s'étonne pas de 
les rencontrer dans un texte authentique, et on s'étonnerait qu'un 
faussaire les eût inventés. Dira-t-on qu'il les a pris dans la tra- 
dition? Ce n'est pas probable, car rien n'indique l'existence d'une 
tradition à ce sujet. Les Gesta Aldrici prononcent une seule 
fois le nom de Ténestine et ne font aucune mention de son père et 
de sa mère*; les Acius pontifîcum ne leur consacrent à tous 
trois que quelques lignes fort sèches, dont toute la substance 
paraît tirée de la donation même^ Le nom de la mère de Ténes- 
tine, écrit au commencement de l'acte, au nominatif, Truda, 
devient, à la fin du même acte, au génitif, Trudane : « Signum 
Trudane uxore ipsius. » C'est la déclinaison régulière des noms 
de cette forme en latin mérovingien : un faussaire carolingien 
n'aurait pas su décliner ainsi. — Enfin, l'avant-dernier para- 
graphe de la donation, la clause qui précède immédiatement la 
clause pénale, est encore la reproduction textuelle d'un passage 
de Marculfe. Et l'on ne saurait imputer à l'auteur des Actus 
d'être allé chercher ce passage, dans Marculfe ou ailleurs, pour 
l'insérer ici : car, d'une part, il y a fait quelques fautes de copie, 
dont l'une, rem data pour remota, rend toute la phrase inin- 
telligible 3; et, d'autre part, cette clause, si l'on en rétablit le vrai 
texte, a pour but d'interdire toute entreprise de l'évêque sur les 
biens du monastère, c'est-à-dire de repousser à l'avance les pré- 
tentions que notre écrivain s'attache précisément à soutenir. Il 
est donc clair qu'il n'y a rien compris, et qu'il n'a fait que la 
copier de son mieux telle qu'il l'a lue ou qu'il a cru la lire dans 
le document original : 

Marculfe : Ea scilicet ratione Harégaire : Ea scilicet ralione 

alquc pretexto ul remota ponti- atquc prétexte ut rem data pon- 

ficum simulque ecclesiasticoruni tificis simulque çcclesiasticorum 

omnium offîcialium seu publico- om\\\\\m ponti ficalium seu publi- 



1. « SanctÇ TencstinÇ precipue virginis quÇ et raonasteriolum sanctç Mariç 
in rcbiis senioris '.'cclesiç una cum adjiilorio sancti Innocentis prefixÇ urbis 
episcopi conslruxit » [Gesta Aldrici, XLIV, p. 124). 

2. Vel. Anal., in-S-, 111, p. 78. — La Vie de saint Rigomer, publiée par 
l'abbé Lebeuf, Dissertations sur l'hist. de Paris, I, p. 211, est évidemment 
l)ostérieurc aux Actus et inspirée de leur récit. Si notre auteur avait pu la 
connaître, il n'eût j)as manqué d'orner son ouvrage des détails merveilleux 
qu'elle renferme. 

3. 11, 4 (E. de llozière, n° 345; Zeumer, p. 76). 



Vri. — LES ACTES DES EVEQUES DU MANS. 



23 



rum omnium potestale, nuUas 
functiones vel exaclionis neque 
exquesita et lauda convivia, neque 
gratiosa vel insidiosa munu- 
scola, neque etiam caballorum 
pastus aut paraverida vel carra- 
rum angaria, aut quodcuraque 
functiones titulum dici potest de 
ipsa facultate paenitus non requi- 
ratur, sed sub intégra emuni- 
tate facultaticola ipsa sicut a me 
hucusque possessa est, in jure 
oraturio sanctae Mariae et pre- 
dictorum pauperum debeat Deo 
protegente et opitulante persi- 
sterez 



corum omnium potestatc privan- 
das nullas functiones vel exa- 
ctiones neque exquisita et lauda 
convivia, neque gratiosa vel in- 
sidiosa munuscula, neque etiam 
caballorum pastus atque parave- 
reda vel angaria aut in quod- 
cumque functiones lilulnmjudi- 
ciaria potestate dici potest de 
ipsa facultate paenitus non re- 
quiratur, sed sub intégra emu- 
nitate facultaticula sicut a nobis 
hucusque possessa est, in jure 
oratorio sanctae Mariae et pre- 
dictorum sanctorum apostolorum 
... debeat Deo protegente et opi- 
tulante consistere. 

L'interpolation est attestée par la contradiction qui existe entre 
les diverses parties de la pièce. Au commencement d'une phrase, 
les auteurs de l'acte font donation de tous leurs biens au monas- 
tère qu'ils ont fondé, et, dans la suite de la même phrase, ils ins- 
tituent héritiers l'évêque et la cathédrale du Mans; ainsi ils 
donnent leurs biens à l'un et les lèguent à l'autre : 

Et omnes res nostras atque mancipia quem ex légitima succes- 
sione nobis obvenerint totum et ad integrum ad jamdictum mona- 
sterium per hoc testamentum conditîonis tradidimus atque conflrma- 
vimus, et post nostrum discessum jamdicta aecclesia sanctae Mariae 
et sancti Gervasii et Prothasii Cçnomannis civitate constructa vel 
ejusdem pontificis heredes instituimus et eos appellare volumus. 

Ici il ne s'agit que des biens des fondateurs, donnés d'abord au 
monastère, puis à l'évêché; plus loin, c'est le monastère lui-même 
qui est donné à la cathédrale : 

Ad partibus sanctae Mariae et sanctorum martyrum Gervasii et 
Prothasii Cenomannis civitate vel ejusdem pontificis ipsum mona- 

l. Marculfe, II, 1 (E. de Rozière, n" 571; Zeumer, p. 71). — Remarquer les 
fins des membres de phrases, toutes correctes au point de vue de la métrique : 
omnium potêstâte, laûdà convivia, insidiôsd mûnûscola, carrârum 
âagària, paenitus nôn-rëquirâiur, hucusque pôssèssa-est , opilulântë 
pêrslstêre. 



24 QUESTIONS MÉROVINGIENNES. 

steriolum cum omnes res ad se pertinentes... in vestram faciatis revo- 
care polesLaLem vei dominalionem. 

Il a été dit que le monastère posséderait ses biens en dehors de 
tout pouvoir et de toute ingérence de l'évêque et de ses agents, 
« rem[o]ta pontiâcis simulque çcclesiasticorura omnium ponti- 
ficalium [pour officialium] seu publicorum omnium potestate, » 
et avant la fin de la même phrase on trouve une incise qui subor- 
donne la propriété du monastère à l'évêché : 

sed sub intégra emunilate faculLaticula sicut a nobis hucusque 
possessa est, in jure oratorio sanctae Mariae et predictorum sancto- 
rum apostolorum, sub jure et potestate et dominatione sanctae 
Mariae matris Domini nostri Ihesu Xpisti vel sanctorum martyrum 
Gervasii et Prothasii et eorum rectoribus atque pontificis, debeat 
Deo protegente et opitulante consistere. 

La contradiction est dans la forme autant que dans le fond. 
Tantôt la cathédrale et l'évêque sont nommés à la troisième per- 
sonne : 

apud domno ac venerabile sede apostolico Innocenti Cçnoman- 
nicQ çcclesiae presule deprecavimus una cum sancta congregatione 
in ipsa urbe consistentes ut per beneficium nobis concederet... 

tantôt ils sont apostrophés à la seconde personne, comme si l'acte 
leur était adressé : 

et post nostrum Deo jubente de hac luce discessum, sicut superius 
insertum est, vos aut rectores, presules, successoresque vestros in 
vestram faciatis revocare potestatem vel dominationem... 

Dans un des passages précédemment cités, les deux tournures 
incompatibles sont réunies en une même phrase : 

ad partibus sanctae Mariae et sanctorum martyrum Gervasii et 
Prothasii Genomannis civitatevel ejusdem pontificis... quae de rébus 
vcstris pcr vcstrum beneficium a vobis accepimus... in vestram 
faciatis revocare potestatem... 

Bien plus, dans une phrase du milieu de l'acte, les rôles sont 
intervertis, et c'est l'évêque qui, à son tour, parle à la première 
personne : 

(iUjus petitionis libenter animo susccpimus et concessimus eis per 



Vir. — LES ACTES DES e'vÊQUES DU MANS. 25 

nostrum beneficium ipsam aream ad ipsum monasterium facien- 
dum... 

Tout cela est incohérent et trahit la main d'un interpolateur 
maladroit. Cet interpolateur travaillant, nous le savons, dans 
l'intérêt de l'évêché, on est autorisé à lui attribuer les clauses 
favorables à l'évêché et à considérer comme des restes de l'acte 
authentique celles qui consacrent la propriété indépendante du 
monastère. Il faut mettre aussi sur son compte, tout au moins, 
les passages où l'évêque est mal à propos nommé soit à la seconde, 
soit à la troisième personne. Tout cela est à éliminer du texte 
authentique. Malheureusement le faussaire, pour faire place à 
ces diverses additions, a dû supprimer quelques-unes des clauses 
primitives, en sorte qu'après l'éhmination des parties apocryphes, 
il ne reste qu'un acte tronqué et imparfait. Il en reste assez, 
cependant, pour juger que cet acte était une donation des époux 
Harégaire et Trude et de leur fille Ténestine, religieuse, en faveur 
du monastère fondé par eux sous le vocable de Notre-Dame et 
des saints Pierre et Paul, et que cette donation avait été dressée 
suivant une formule apparentée à celles que Marculfe a recueil- 
lies sous les numéros 1 et 4 de son livre II. 

Dans la précaire de Ténestine, la formule du début, rappelant 
celles d'un grand nombre d'actes analogues du même temps, est 
sans doute authentique : 

Domino [lisez Domno] sancto ac venerabile sede apostolico Inno- 
cente Genomannicç aecclesiç presule, una cum sancta congregatione 
ex ipsa urbe consistentes, ego in Dei nomine Tenestina Deo sacrata 
filia quondam Haregario et Trudanç peccatrix [lisez precatrix] a 
vobis accède. Dum et mea fuitpetitioet veslradecrevit voluntas, ut... 

L'interpolateur de la charte précédente paraît s'être inspiré de 
ce début, quand il a écrit : 

... quem apud domno ac venerabile sede apostolico Innocenti 
Gçnomannicç çcclesiae presule deprecavimus, una cum sancta con- 
gregatione in ipsa urbç consistentes, ut... 

En effet, « domno ac venerabile sede apostolico » était un titre 
qu'on plaçait volontiers devant le nom d'un évêque, au début 
d'un acte, dans la formule de suscription destinée à indiquer que 



26 



QUESTIONS MEROVINGIENNES. 



l'acte lui était adressés mais on ne l'employait guère dans le 
corps d'une phrase, où l'évêque était nommé à la troisième per- 
sonne. — Une autre phrase paraît avoir passé de la charte de 
Ténestine à celle d'Harégaire : 

Harégaire : Et censivimus an- Ténestine : Et censivimus vo- 
nis singulis ad festivilatem sancti bis annis singulis ad feslivilatem 
Gervasii et Prothasii , quod est sancti Gervasii et Prothasii, quod 
XIII kl. julias, de argento libra i est xiii kl. juhas, vestitos duos 
transsolvere faciamus. et cappas duas episcopales et de 

argento libra i transsolvere facias 

[sic] . 

Le fond et la forme de cette clause sont mérovingiens. On la 
trouve ordinairement, à l'époque mérovingienne, dans les actes 
de précaire^ adressés par des particuliers, àdesévêques ou à des 
abbés. Ces actes commencent régulièrement par l'adresse à 
l'évêque ou à l'abbé en faveur de qui ils sont consentis : « Dorano 
sancto ac venerabili... episcopo » ou « abbati... » Telle est la 
forme sous laquelle se présente la charte de Ténestine, fille d'Ha- 
régaire ; telle n'est pas celle de l'acte d'Harégaire lui-même, qui 
n'est pas une précaire, mais une donation. C'est donc dans la 



1. Marculfe, I, 6, 26; II, 5 (E. de Rozière, n" 518, 431, 345; Zeuraer, p. 46, 
59, 77). 

2. Form. Turon., 7 : « Unde censivi me annis singulis ad feslivilatem ipsius 
sancli partibus veslris reddere argentum lantum » (E. de Rozière, n" 319 ; Zeu- 
mer, p. 139). — Additamenla e codicibus formularum Turonensium, 3 : « Unde 
censisli le a nobis annis singulis ad feslivilatem sancli illius in luminaribus 
ipsius sancli vcl pro mercedis luae augmenlum argentum soledos tanlos » 
(E. de Rozière, n' 327; Zeumer, p. 160). — Form. Lindenbrog., 3 : « Et pro 
ipso usu censivi vobis annis singulis denarios seu solidos tanlos, ut ipsos ad 
festivilatem sancti illius, diem illum mensis illius, exsolvcre faciam » (E. de 
Rozière, n° 331 ; Zeumer, p. 269). — Addit. colledionis Flaviniacensis, 3 : 
« Et censislis me annis singulis pro ipsis rébus festa sancti ill. argenlo vel 
quodlibct solvere faciam » (E. de Rozière, n" 341 ; Zeumer, p. 490). — Ibid., 
4 : « El censivimus te annis singulis pro ipsis rébus festa sancti illi cera aut 
argentum tantum partibus ipsius monaslerii solvere facias » (E. de Rozière, 
n" 320: Zeumer, p. 491). — Cf. E. de Rozière, n" 321 et suivants. — Précaire 
de Wademer et Ercamberle pour Sainl-Germain-dcs-Prés, du jeudi 20 août 683 
ou du dimanche 20 août 730, aux Archives nationales, K 4, n* 5 : « Et cinso 
annis singulis de feslivilate in fcstivitaiew s«nc/i Germani quod evenil ii kl. 
junias solidus in argenlo xxx dare et adimplere sludeamus » (Tardif, Monu- 
ments historiques, p. 19; Letronne, planche XLIV). 



VII. — LES ACTES DES ÉVÊQOES DU MANS. 27 

charte de la fille seulement, et non dans celle du père, que cette 
disposition a pu figurer et qu'on doit la tenir pour authentique. 
L'interpolateur, voulant modifier la donation d'Harégaire, pour 
transformer ses dispositions au profit du monastère en disposi- 
tions au profit de l'évêque, a emprunté et transporté dans cet 
acte la clause en ce sens qu'il rencontrait dans l'acte voisin. — 
Quant à l'objet de cette clause, il n'est pas formulé exactement 
de même : d'un côté il est question seulement d'une livre d'ar- 
gent, de l'autre on ajoute à cette somme des redevances en nature, 
demandées au travail manuel des religieuses de Notre-Dame, 
deux « vêtements (?) » et deux chapes épiscopales. Ce détail ne 
semble pas ancien, et il est probable qu'on en trouverait difficile- 
ment l'analogue dans les textes de la première race. C'est donc 
une addition de l'interpolateur ; comme elle n'a pas passé avec le 
reste de la clause dans la donation d'Harégaire, il faut qu'elle 
ait été opérée dans la charte de Ténestine postérieurement aux 
emprunts faits d'une pièce à l'autre. Ainsi la place authentique 
de cette clause est dans l'acte de Ténestine, et son texte authen- 
tique est dans l'acte d'Harégaire. 

S'il est choquant, dans la donation d'Harégaire, de voir au 
milieu de l'acte le discours du donateur s'interrompre et l'évêque 
donataire prendre la parole « cujus petitionem libenter animo 
suscepimus, et concessimus... » pour la rendre ensuite à l'auteur 
de la charte et reparaître lui-même à la seconde personne « res. . . 
quae de rébus vestris per vestrum beneficium a vobis accepimus, » 
que dira-t-on de la précaire de Ténestine, où l'interlocuteur 
change plusieurs fois de suite, tantôt d'une phrase à l'autre, tan- 
tôt dans une même phrase? 

Domino... Innocente Cenomannicç aecclesiç presule... ego in Dei 
noniine Tcnesiina Deo sacrata fîlia quondam Haregario et Trudanç 
p[re]catrix a vobis accedo... Genitor meus apud vos et vestram con- 
f/regationern deprecalus fuit ut ipsis licentiam dédissent... Et pro 
hac causa ego jamdictus pontifex... tibi ipsum inceptum monaste- 
riolum una cum ipsas res... tam illas quem nos de rébus sanctae 
Mariae vel saneti Gervasii et Prothasii in augmentum ad présent! 
loco construendum per beneficium condonavimus, que et illas quem 
genitor vel genitrix mea per strumenta cartarum ibidem legibus tra- 
didero atque confirmavero , tempore vitae meae ad usufructuario 
ordine per vestrum beneficium tenere permit tiinus , et censivimus 



28 QDESTIOXS MÉROVIXGIENXES. 

vobis annis slngulis... libra i transsolvere facias... Et posl tuu7n 
quoque Deo jubente de hac luce discessum, absque [u]llius judicis 
consignatione aut heredum nostrorum contradictione... in vestram 
faciatis revocare poteslatem. Et ut haec precariç... una que in the- 
sauro sancti Gervasii et Prothasii recondita sit et alia quam ego 
Tenestina Deo sacrata a vobis accepero, firmam obtineant vigorem, 
manus nostras... decrevimus roborare... Ego Innocens episcopus 
hanc precariam a me faclam subscripsi. 

Il est impossible d'imaginer un mélange plus incohérent de 
tournures contradictoires. On ne peut l'expliquer que par le tra- 
vail d'un rédacteur qui, voulant retoucher son oeuvre, aura 
raturé et surchargé sa copie, sans prendre un soin suffisant de 
mettre partout la première rédaction d'accord avec ses correc- 
tions. Mais se livrer à un pareil travail sur un ancien document, 
qu'on prétend publier à titre de pièce justificative, c'est faire 
œuvre de faussaire. Toutes les phrases où s'observe ce mélange 
sont donc des phrases falsifiées. Le début, qui paraît authentique, 
indique un acte de Ténestine et non un acte de l'évêque : les 
formes primitives et authentiques sont donc, en général, celles 
où la sainte fille parle à la première personne ; les endroits du 
texte où l'évêque prend la parole sont ou interpolés ou altérés. 
Comme le faussaire voulait établir la sujétion ancienne du monas- 
tère à l'évêché, il aura pensé qu'il imprimerait plus fortement 
cette idée dans l'esprit de ses lecteurs, s'il leur montrait, à côté 
de la donatrice disposant de son bien, l'évêque parlant en maître 
et réglant à sa convenance le régime de la nouvelle fondation. 
Seulement il a travaillé trop vite; comment s'en étonner, si l'on 
considère le labeur considérable que représente l'ensemble de son 
œuvre? 

La donation d'Harégaire paraît, ai-je dit, avoir été consentie 
en faveur du monastère seul, et il semble que tout ce qui y est 
stipulé en faveur de l'évêque soit interpolé. Cette solution ne sau- 
rait être étendue à l'acte de Ténestine. Ici, la mention de l'évêque 
se rencontre dès la première ligne, dans l'adresse, qui a une cou- 
leur bien mérovingienne. D'ailleurs, si l'on prétendait éhminer 
toutes les clauses qui tendent à établir, entre la fondatrice de 
Notre-Dame et l'évêque du Mans, le rapport de précariste à pro- 
priétaire, on ne voit pas ce qui resterait. L'acte était donc déjà, 
sous sa forme originale, une reconnaissance de précaire souscrite 



VII. — LES ACTES DES EVEQCES DU MANS. 29 

par Ténestine en faveur de levêque, c'est-à-dire l'aveu d'un 
rapport de subordination du monastère à révêché. Le tort de 
l'auteur des Actus a été de vouloir faire remonter aux parents 
de Ténestine une situation qu'elle avait établie après eux. C'est 
pourquoi il a transporté du second acte au premier la clause rela- 
tive aux cens dus à la catliédrale, et il a introduit dans celui-ci 
la phrase où l'évêque, parlant à la première personne, énonce 
les concessions dont les fondateurs lui sont redevables. C'est 
aussi la seule explication qu'on puisse donner d'une des incohé- 
rences grammaticales les plus choquantes de la précaire de 
Ténestine : 

monasteriolum una cum ipsas res ad se pertinentes vel aspicien- 
tes... illas quem genitor vel genitrix mea per strumenta cartarum 
ibidem legibus tradidero atque confirmavero. 

Ces deux derniers verbes au singulier prouvent que les mots 
genit07' vel genitrix mea sont étrangers à la phrase. L'inter- 
polateur les a ajoutés, afin de faire remonter au premier jour de 
la fondation du monastère le contrat de précaire et le rapport de 
subordination qui en résulte ; mais il a oublié de changer, pour 
la mettre d'accord avec cette addition, la désinence des deux 
verbes. — C'est là un exemple, remarquons-le en passant, qui 
montre une fois de plus avec quelle rigueur un éditeur doit s'in- 
terdire de faire aucune correction aux leçons d'un manuscrit, 
sans en avertir ses lecteurs. Au lieu de « tradidero atque confir- 
mavero, » Mabillon (dont le texte a été nécessairement suivi par 
les autres éditeurs) a imprimé « tradiderunt atque confirmave- 
runt. » Nulle correction ne pouvait sembler plus certaine et par- 
tant plus inoffensive. En l'opérant, cependant, il a failli priver 
la critique d'un indice précieux, qui contribue à préciser la vraie 
portée et la valeur de deux des plus anciennes chartes publiées 
par lui. Ténestine désigne ainsi le monastère de Notre-Dame : 

illud raonasteriolum quod aedificare coeperat pater meus et mater 
mea in honore sanctae Del genitricis Mariae et sanctorum aposlolo- 
rum, et imperfectum dimiserunt, quod est situm in terralurio san- 
ctae Mariae vel sanctorum marlyrum Gervasii et Prothasii, juxta 
murum Genomannis civitate, supra fluvium Sartae. 

Le « quod aedificare coeperat, » le « imperfectum dimise- 
runt » sont des traits qui sentent plus la narration historique que 



30 QUESTIONS MEROVINGIENNES. 

le style notarial ; je ne serais pas disposé à les croire authen- 
tiques, non plus que les mots « pater meus et mater mea, » non 
accompagnés de quelque formule pieuse, bonae memoriae ou 
autre. Au contraire, on reconnaît le style des actes mérovingiens 
dans les deux incises qui désignent, l'une les patrons du monas- 
tère, « in honore sanctae... Mariae et sanctorura apostolorum » 
(c'est-à-dire saint Pierre et saint Paul), l'autre le droit supérieur 
de la cathédrale, « in terraturio sanctae Mariae vel sanctorum 
martyrum Gervasiiet Prothasii. » Dans une province voisine, en 
Anjou, le recueil dit des Formulae Andecaveyises montre plu- 
sieurs exemples de terrains situés « in terraturio sancti illius » 
et vendus ou cédés par des particuliers à d'autres particuliers ^ 
Certaines églises avaient donc sur l'ensemble d'un territoire une 
sorte de droit général de seigneurie, qui n'excluait pas, sur telle 
ou telle parcelle du même territoire, l'existence du droit de pro- 
priété privée : par conséquent, l'hypothèse qu'Harégaire avait pu 
librement disposer, en faveur de sa fondation, du terrain où il 
l'avait établi, n'empêcherait pas d'admettre que ce terrain fût 
situé sur le territorium de la cathédrale. Cette dernière circons- 
tance peut d'ailleurs aider à comprendre comment Ténestine aura 
été amenée à resserrer le lien qui attachait son couvent à la 
cathédrale et à transformer en tout ou en partie (sans doute en 
échange de quelque concession d'une utilité plus immédiate) la 
propriété de celui-ci en tenure précaire. — Les mêmes mots in 
terraturium se retrouvent dans un passage de la donation d'Ha- 
régaire, mais ici il semble impossible de leur attacher une signi- 
fication raisonnable : 

... ut aliqua cellula ac monasterium in terraturium sanctae Mariae 

1. Formulae Andecavenses, 4 : « Constat me Tindedisse et ita vindedi ad 
venerabile fratri illa viniola, plus menus jectus tantus, et residit in terratu- 
rium sancti illius, in fimdo illa villa... ut de ab odiernum die, memoratus 
emlor, quicquid de ipsa vinia facere volueris, liberam in omnibus babeas 
polestatem facicndi » (E. de Uozière, III, p. 331 ; Zeumer, p. 6). — 8 : « Inci- 
pit concamius... Hoc dedil illi ad racione illo campo ferente raodius tantus, et 
est super terreturio sancti illius, et subjungat de unus latus campus illius; 
similiter in alio loco dédit illi super ipso terreturio ad racione illo campello 
ferente modius tantus, et subjungat de uno latere campus illius; ut quicquid 
exinde facere voluerit, absque praejudicium sancti illius cujus terra esse vide- 
tur, lii)eram in omnibus habeas potestatem » (E. de Rozière, n- 308; Zeumer, 
p. 7). — Cf. ibld., n- 21, 22, 37, 40, 54; E. de Rozière, n"' 280, 375, 171, 227, 
22G; Zeumer, p. 11, IG, 17, 23. 



VII. — LES ACTES DES e'VÈQUES DU MANS. 3< 

Dei genitricis et Domini nostri Ihesu Xpisti vel sanctorum apostolo- 
rum Pétri et Pauli construere ac çdifîcare deberemus... 

Peut-être faut-il lire « cellula ac monasteriura [vel ojraturium 
[in lionorem] sanctae Mariae... » Il faut aussi supprimer, avant 
et après genitricis, les deux mots Deiei et, car, si Jésus-Christ 
avait été l'un des patrons du monastère, il aurait été nommé 
avant sa mère et non après ; il faut donc lire : « sanctae Mariae 
genitricis Domini nostri Ihesu Xpisti. » 

Des emprunts de l'une des deux pièces à l'autre sont aussi à 
signaler dans les clauses finales et dans les souscriptions. L'an- 
nonce des signatures, dans les deux actes, est ainsi conçue : 

Haréyaire : Et ut haec cessio Tènestine : Et ut haec prçca- 

firmior habeatur et inviolabihter riç uno tenore conscripta... fîr- 

conservetur, manus nostras sub- mam obtineant vigorem, manus 

terfirmavimus et aliorum bono- nostras proprias subterfirmavi- 

rum virorum decrevimus robo- mus et bonorum virorum decre- 

rari. - vimus roborare. 

« Subterfirmavimus » d'abord et « decrevimus roborari » 
ensuite, cela fait deux verbes, là où un seul suffirait. En 
revanche, il manque un substantif auquel puisse se rapporter le 
génitif « bonorum virorum » . Il est donc probable que subterfir- 
mavimus est une faute de copie pour suhscriptionibus : « manus 
nostra[e] sub[scriptionib]us et aliorum bonorum virorum decre- 
vimus roborari. » Comme une même faute de copie ne se produit 
pas, en général, deux fois séparément, il faut en conclure qu'ici 
le compilateur a transporté d'une pièce à l'autre la clause qu'il 
avait, une première fois, mal copiée dans l'une ou l'autre : mais 
il serait bien difficile de dire ici de quel côté est l'original, de quel 
côté la copie. 

Quant aux souscriptions, elles paraissent plus authentiques 
dans la charte de Tènestine que dans celle d'Harégaire. L'une 
des premières est celle de l'évêque du Mans : 

Tènestine : Ego Innocens epi- Harégaire : Ego Innocens acsi 

scopus banc precariam a me fa- indignus peccator episcopus a 
ctam subs. me facta subscripsi. 

L'évêque du Mans devait signer la précaire, dans laquelle il 
était l'une des parties contractantes, et pouvait en dire : « hanc 
precariam a me factam. » Il n'avait pas à signer la donation 



32 



QUESTIO.VS MEROVINGIENNES. 



d'Harégaire au monastère, qui était pour lui, comme on dit en 
droit, res inter alios acta, ni surtout à la donner pour son fait, 
« a me facta. » L'interpolateur a donc emprunté cette souscrip- 
tion au second acte pour l'incorporer au premier, sans en chan- 
ger suffisamment la rédaction. — Les autres signataires sont, 
dans la précaire, des prêtres, des diacres, des abbés, personnes 
que leur rang appelait naturellement à entourer l'évêque et à 
confirmer ses actes de leur signature; dans la donation, des 
évêques, des comtes, dignitaires élevés, dont l'intervention dans 
un acte privé est beaucoup moins vraisemblable. En outre, il n'est 
pas un de ces prétendus évêques dont le nom se retrouve sur les 
listes épiscopales des diocèses voisins du Mans , mais plusieurs 
d'entre eux et des prétendus comtes ont des noms semblables à 
ceux des clercs inférieurs qui ont signé la précaire de Ténestine : 



Ténestine : Winitmundus le- 
vita subs. 
Hildemannus abbas subs. 



Rolfredus archipresbiter subs. 

Oslremundus presbiter subs. 
Signum Winelmarco. 
Signum Bernardo vicecomite. 



Signum Oslruini. 



Harégaire : Winimundus licet 
indignus episcopus subscripsi. 

In nomine Domini Hildeman- 
nus indignus episcopus subscri- 
psi. 

FroLfridus indignus episcopus 
subscripsi. 

Signum Ostremundi comité. 

Signum Winitmarci comité. 

In Xpisli nomine Berhardus 
indignus episcopus subscripsi. 

Signum Ostrevini. 



Il est clair que les noms de la seconde liste ont été copiés sur 
ceux de la première. Il est inutile de chercher pour cette falsifi- 
cation un motif compliqué. Sur les actes mérovingiens originaux 
qui nous sont parvenus, les souscriptions sont quelquefois très 
difficiles à lire ; c'est un travail qui demande beaucoup de soin et 
de temps, et qui, pour le but poursuivi par l'auteur des Actus, 
était à peu près inutile. Il était plus simple de composer une liste 
de fantaisie, en empruntant des noms à une autre pièce. Pour 
allonger cette liste, en outre, on a fait servir certains noms deux 
fois : après «Winimundus licet indignus episcopus, » on trouve, 
vingt lignes plus bas, « Ego Winitmundus scripsi et subscripsi, » 
et, après le « Signum Winitmarci comité, » un « Signum Winit- 
mari » sans qualification. 



♦ 



vu. — LES ACTES DES ÉVÊQDES DU MANS. 33 

La date des deux actes échappe à tout contrôle. Celle de la 
donation d'Harégaire est : « v non. mai. anno II régnante 
Childeberto rege; » celle de la précaire de Ténestine : « v kl. 
mai. anno XIII régnante Childeberto rege. » Il est impossible 
de dire si ces formules ont été fidèlement copiées ou falsifiées. Si 
ce n'est pas aussi par l'effet d'une falsification que le nom de 
l'évêque Innocent figure dans le second acte (dans le premier la 
falsification ne me paraît pas douteuse), elles ne sauraient être rap- 
portées qu'au règne de Childebert T'' et répondraient , la pre- 
mière au vendredi 3 mai 513, la seconde au samedi 27 avril 524. 
Ce n'est pas un résultat très vraisemblable, car ce seraient les 
seules chartes aussi anciennes qui nous fussent parvenues. Mais, 
sur un terrain aussi incertain, on ne peut rien affirmer : il faut 
se borner à émettre des conjectures, à faire ressortir des vraisem- 
blances et, en fin de compte, à exprimer des doutes. 

Le seul point qui paraît assuré, c'est que les deux plus anciennes 
chartes du monastère de Notre-Dame contiennent chacune un 
fond véritable, mêlé avec des additions dues à l'industrie d'un 
faussaire. En établissant le texte de l'une et de l'autre pour les 
imprimer dans l'Appendice, j'ai essayé de distinguer, par l'em- 
ploi de deux caractères différents, les parties qui m'ont paru 
authentiques et celles qui m'ont paru fausses. J'ai à peine besoin 
de dire que je présente le résultat de ce travail comme une hypo- 
thèse provisoire et sous toutes réserves. 

Les deux chartes, une fois interpolées et arrangées au gré du 
faussaire, lui ont servi à leur tour de modèle pour la fabrication 
de quatre pièces entièrement fausses, les deux prétendues dona- 
tions et les deux prétendues précaires de saint Calais et de saint 
Longis. L'opinion que je soutiens sur la fausseté de ces pièces ne 
difierant pas de celle de tous les diplomatistes, on me dispensera 
d'en donner une démonstration aussi facile que superflue. Disons 
seulement : 1° que l'imitation des chartes de Notre-Dame se tra- 
hit par l'emprunt de certaines fautes (comme rem data au lieu 
de remota, qui se lit dans la donation de saint Calais et dans 
celle de saint Longis comme dans celle d'Harégaire), par l'iden- 
tité de certaines listes de témoins, etc.; 2° que la précaire de 
Ténestine, au moment où elle a servi de modèle pour fabriquer 
celle de saint Calais (d'où dérive à son tour celle de saint Lon- 
gis), n'avait pas encore subi toutes les altérations signalées 
4894 3 



34 QUESTIONS MÉROVINGIENNES. 

ci-dessus : témoin, par exemple, les phrases suivantes, où l'acte 
attribué à Calais paraît nous avoir conservé, plus fidèlement que 
l'acte de Ténestine, les leçons primitives de ce dernier : 

Ténestine : Lempore vilae meae Calais : per vestrum benefi- 

ad usufrucluario ordine per ve- cium sub usufructuario ordine 

strum beneficium tenere ^jenmï- tempore vitç meç... tenere per- 

ti7nus. misistis. 

Et censivimus vobis annis sin- Et censivi annis singulis... 
gulis... 

Et si negllgens aut tarda de Et si negligens aut tardus de 

ipso censu apparueris, fidem ipso censu apparuero, fidera 

exinde facias et... monasterio- exinde faciam et... monasterio- 

lum tempore vitae luae perdere lum lempore vitç me§ non per- 

non debeas. dam. 

Et alicubi nec vendere nec do- Et alicubi nec vendere nec do- 

nare nec alienare pontificium non nare nec alienare pontificium non 

habeas... habeam... 

Et post tuum quoque Deo ju- Et post meum quoquc Deo ju- 

bente de bac luce discessum... bente de bac luce discessum... 

in vestram facialis revocare po- in vestram facialis revocare po- 

lestatem... testa Lem... 

La fausse donation de saint Calais est datée « viii id. janr., 
anno XIIII régnante Childeberto rege; » sa fausse précaire 
« XV kl. febr., anno XIIII régnante Childeberto rege, » dates 
qui répondraient au 6 et au 18 janvier 525. Les fausses chartes 
de saint Longis portent des dates non moins absurdes que celle 
de la fausse charte de Clotaire II qui est censée les confirmer : 
« VIII kl. decembris anno LU régnante Chlothario rege » et 
« kl. decembris anno LU™" régnante Chlothario rege; » Clotaire 
ayant à peine commencé (vers septembre 629) sa 46* année de 
règne, on ne pourrait leur assigner de place, dans un catalogue 
chronologique, qu'à la dernière année complète de ce prince, la 
45% c'est-à-dire au 24 novembre et au l^"" décembre 628. 

Les autres chartes relatives à Saint-Calais sont également 
fausses. 11 y en a dix : quatre précaires, sous les noms des abbés 
Gall, Sigran, Ibbolen et Sichald; cinq cliartes royales mérovin- 
giennes, et une prétendue cliarte de Charlemagne. Les premières 



vit. — LES ACTES DES ÉVÊQUES DU MANS. 35 

sont quatre copies de la fausse précaire de saint Calais : on n'a 
changé, dans chacune, que le nom de l'abbé, celui de l'êvêque et 
la date. — Trois des chartes royales, attribuées respectivement à 
Chilpéric I", à Dagobert P"" et à Dagobert III, ont pour objet de 
confirmer les fausses précaires de Gall , de Sigran et d'Ibbolen (ce 
dernier appelé, dans la prétendue confirmation royale, Gundo- 
lenus au lieu d' Ibbolenus) . Ce sont des faux exécutés avec peu 
d'art ; on y a laissé passer, par exemple, un trait exclusivement 
caractéristique des chartes postérieures à l'avènement de la 
dynastie carolingienne, la notification de la volonté royale à 
l'universalité des sujets ou à l'universalité des chrétiens : 

Chilpericus. .. Omnibus fldelibus sanctae Del çcclesiae et nostris 
presenLibus et futuris nolum esse volumus... 

Dagobertus... Igitur compertum sit omnibus fîdelibus nostris pre- 
sentibus et futuris. . . 

Dagobertus... Igitur omnibus fidelibus sanctç Del aecclesiç et no- 
stris presentlbus et futuris notum esse volumus... 

Les deux autres chartes royales mérovingiennes portent le nom 
de Chilpéric, qui est sûrement, d'après les autres indices chrono- 
logiques, une faute pour celui de Childéric III. La première est à 
la fois une confirmation d'immunité accordée à l'êvêque, pour 
son monastère de Saint-Calais, et la confirmation d'une préten- 
due précaire faite par un abbé Didonus; l'autre est la confirma- 
tion de la précaire attribuée à l'abbé Sichald. La première offre, 
du moins dans une bonne moitié de sa teneur, une rédaction 
d'apparence bien mérovingienne; on serait tenté de la croire 
authentique, si l'on ne s'apercevait qu'elle a été copiée à peu près 
mot pour mot sur une autre pièce, la confirmation de l'immunité 
du domaine d'Ardin en Poitou, dont il sera parlé ci-après*. La 
seconde est une imitation abrégée de la première. La première 
est sans date ; la seconde porte la mention de la douzième année 
du roi, qui ne régna que huit ans. Ces neuf prétendues chartes 
mérovingiennes ont en commun entre elles et avec la précaire 
attribuée à saint Calais un trait qui suffirait à en faire sauter aux 
yeux la fausseté, l'énumération des redevances en nature qui 

1. [La partie du mémoire où il devait être question d'Ardin n'a pas été 
rédigée.] 



â6 QUESTIONS MEROVINGIENNES. 

doivent, dit-on, constituer le cens annuel payé par l'abbaye de 
Saint-Calais à l'évêché du Mans : 

Et censivi annis singulis ad matrem civitatis aecclesiam persol- 
vere ejusque pontificibus atque rectoribus, id est ad lumen çcclesiç 
de cera lib. un, et ad opus episcopi cambutta i et subtalares ii, et 
ad opus canonicorum inibi Deo degentium butticulas duas paratas 
plenas de oplimo vino et in cçna Domini plénum modium de ovis. 

La charte attribuée à Charlemagne est un acte par lequel 
l'empereur, après enquête, reconnaît et attribue à l'évêque du 
Mans, Francon, la possession de l'abbaye de Saint-Calais. M. de 
Sickel, si bon connaisseur en ces matières, y a reconnu un style 
et des tournures qui ne peuvent appartenir qu'à l'époque de Louis 
le Pieux ^ Elle paraît avoir servi de modèle à la charte authen- 
tique de Louis, rendue pour le même objet, le 7 septembre 838, à 
la suite d'une enquête dirigée par l'archevêque Drogon, frère de 
l'empereur 2. Elle a donc probablement été fabriquée en vue de 
cette enquête. 

Tout le dossier de Saint-Calais dans les Actus pontificum est 
donc apocryphe, et les diplomatistes modernes, comme les juges 
de 863, l'ont condamné à bon droit. 

Le dossier du monastère des religieuses de Notre-Dame du 
Mans, « intra raurum civitatis et fluvium Sartae, » dans les 
Actus, comprend encore, — avec la fausse charte de Childebert 
et les chartes interpolées d'Harégaire et de ïénestine, — cinq 
pièces : quatre mérovingiennes (trois actes de l'évêque Aiglibert 
et un attribué au roi Thierry III) et une carolingienne (précaire 
de l'évêque Mérolus sous Charlemagne). 

L'une des chartes de l'évêque Aiglibert ^ n'offre ni motif de 
suspicion ni difficulté d'aucune sorte. Elle est courte, mais inté- 
ressante, car elle appartient à une catégorie d'écrits dont nous 
n'avons, surtout pour une époque aussi reculée, que bien peu 
d'exemples : les correspondances échangées entre les chefs de 
grandes propriétés (tels que les évêques) et les intendants, agen- 

1. Acta Karolinorum, II, p. 399. 

2. Gesta Aldrici, XXXIX, p. 112; Miihlbacher, n' 951. 

3. Appendice, n° 000. 



vu. — LES ACTES DES EVEQUES DU MANS. 37 

tes, missi discurrentes, chargés de gérer leurs biens. Celle-ci 
est une lettre de l'évêque aux agentes ou missi préposés à l'ex- 
ploitation de dix villages ou grands domaines ruraux de la 
cathédrale, villae sanctç aecclesi<;, la Quinte, Tresson, Launay, 
Detas (?), Longuève, Loudon, Gennes ouGesnes (?), Trans, Vil- 
laines et Thorigné. Il leur notifie qu'il a concédé au monastère 
de Notre-Dame les dîmes de tous les produits agricoles de ces 
domaines et qu'ils aient à livrer régulièrement ces dîmes, à l'ave- 
nir, aux missi de l'abbesse. La lettre que l'évêque avait signée 
de sa main est datée du 9 juillet de l'an 2 de Clovis III (mardi 
9 juillet 692) ^ L'abbesse qui gouvernait alors le monastère est 
appelée Ade, « Deo sacrata Ada abbatissa. » 

Une des meilleures raisons pour affirmer que cette pièce est 
authentique, c'est qu'elle n'établit aucun droit ou prérogative de 
l'évêché du Mans, en faveur duquel seul ont été fabriqués tous les 
faux des Actus. C'est donc simplement pour orner et amplifier 
son ouvrage que l'écrivain nous en a conservé la copie. 

Les deux autres pièces au nom d' Aiglibert ^ sont moins deux 
actes distincts que deux expéditions du même acte, sous deux 
dates et avec des signatures différentes. Ils débutent l'un et l'autre 
par une adresse à l'abbesse de Notre-Dame, appelée Adrehilde et 
qualifiée de parente de l'évêque, « dilectissime propinqu»? nostr§ 
Adrehilde abbatisse. » Le texte, qui se répète textuellement 
d'une pièce à l'autre, est très verbeux, ce qui est la faute de 
l'auteur, et aussi très incorrect et difficile à entendre, ce qui est 
peut-être seulement la faute des copistes. Il y est dit que l'évêque 
a institué sa parente , Adrehilde , abbesse du monastère ; qu'il 
désire lui laisser toute liberté, à elle et aux religieuses qu'elle 
gouverne, pour se consacrer uniquement à la vie monastique, 
sous l'autorité de l'évêque du Mans ; que celui-ci aurait le droit, 
aux termes des constitutions de ses prédécesseurs, de leur impo- 
ser des redevances et des cens onéreux, « reddibitiones et censa 
onerosa, » mais qu'il n'en veut rien faire ; qu'il entend au con- 
traire les en dispenser, « ut non. . . onerosa censa aut aliqua gravia 
injuncta... requirantur, sed opéra vestimentorum atque alia 

1. Sur l'avènement de Thierry III, voyez Krusch, dans Neues Archiv, XVI, 
p. 579, note. 

2. Appendice, n<" 000. 



38 QUESTIONS MÉROVINGIENNES. 

quç ad sanctimoniales pertinet facieûdum vel vestimenta aeccle- 
siastica sive pontificalia lavanda vel restauranda libenter facere 
studeant ; » enfin, qu'il leur accorde pour l'avenir le droit d'élire 
leurs abbesses. Il adjure ses successeurs, les rois et tous les dépo- 
sitaires de l'autorité, de ne porter aucune atteinte à ces privilèges. 
Le style diffus dans lequel ces idées sont exposées rappelle assez 
bien celui des actes analogues du même temps'. On remarque 
même, çà et là, telle formule dont on trouverait l'équivalent 
exact dans d'autres chartes mérovingiennes". Rien ne s'oppose 
donc à ce que chacune des deux chartes, prise en elle-même, soit 
considérée comme authentique. 

Le seul motif de suspicion qu'on ait fait valoir, c'est la bizar- 
rerie qui nous a conservé cet acte en deux expéditions pareilles, 
sauf la date et les souscriptions. L'un des exemplaires, daté du 
mois de juin, l'an 11 de Thierry III (683), porte, avec la signa- 
ture d'Aiglibert, celles de trente et un évêques et de quatre autres 
personnes. L'autre, daté aussi de juin, mais de l'an 6 de Childe- 
bert III (700), a été signé seulement par l'évêque Aiglibert et 
par deux abbés, un prêtre, un archidiacre, un diacre et trois 
personnes non qualifiées, en tout huit signataires autres que 
l'évêque. Selon Bréquign}' et La Porte du Theil, cette seconde 
forme de la pièce serait seule authentique, l'autre apocryphe : 

Hanc autem discrepanliam indè manasse conjicimus, quôd ciim in 
aliquo exemplari veleri deficerenl subscripliones el nolœ chronicae, 
cas suc marie exscriplor supplevit, quod sœpiùs (?) accidisse norunl, 
qui vêlera evolverunt inslrumenla. Prier Gharla dicilur emissa 
anno xi Theodoricl Régis III (neque enim sub Theodorico IV vixit 
Aigliberlus) -, poslerior, anno vi Ghildeberli III. Mabillonius, qui neu- 
tram ignoravil, siquidem ulramquc edidil in aclis Cenomanensium 
Episcoporum, unicam lamen in annalibus (t. I, p. 560) memoravil, 
priorem sciiiccl-, de posleriorl vcrô sihiil, sanc quôd camdem esse 
ulramquc arbilrabalur, mulalis lanlùm subscriplionibus et chro- 



1. Pardessus, II, p. 123, 12G, 138, 23i, etc. 

2. « Rogaiiius ergo ac conleslaimis coram Deo el augelis ejus...; » cf. la 
tliaric de Tliéodéliude, 20 avril 627 (Queslions mérovingiennes, V, ou Bibl. 
de l'Ecole des chartes, LI, p. 50) : « Proplerea rogo et coiilestor coram Dco et 
angelis ejus... » Sur la clause : « Unde donmuruin episcoporum el nietropoli- 
tanorum... », voir plus loin, p. 39-40. 



Vir. — LES ACTES DES ÉVÊQUES DU MANS. 39 

nicis notis, quas sinceriores in priori judicavil. Nos conlrà, quod 
pace tanli viri dixerimus, priori temerè bas fuisse addilas conjici- 
mus, et genuinas esse quse posteriori subjectœ sunt. Quorsùm enim 
lîsec repetita concessio jàm ante annos quindecim concessse immu- 
nitatis? An ut confirmaretur ? Sed tune prioris Gliartœ aliqua in 
posteriori fuisset injecta mentio. Et quam confirmationem Gharta 
posterior, paucis lantùmmodô Abbatum subscriptionibus munita, 
importasse! priori privilégie plusquàm triginta Episcoporum sub- 
scriptionibus vallato? Quin et tôt Episcoporum coacervata nomina 
interpolationis suspicionem non lèvera afferunt. Adde hos plerosque 
Episcopos, fatente Mabillonio, esse ignotos; adde quosdam cognitos 
quidem, sed tune temporis non extitisse : sic Berarius ipsius Aigli- 
berti decessor, Vindicianus Gameracensis Episcopus, Adalbertus 
Suessionensis , Blideramnus Viennensis, Protasius Aquensis, dé- 
mens Bellovacensis, Abbo seu Metensem volueris, seu Virdunensem 
Episcopum. Deniquè subscriptio ipsius Aigliberti, qui Ghartam con- 
didit, promiscuè intruditur inter testes ^... 

« Pace tanti viri » était de mise, sous la plume de Bréquigny 
et de La Porte du Theil, attaquant l'opinion d'un savant tel que 
Mabillon ; il n'est sans doute pas besoin de la même précaution 
oratoire pour combattre la leur. Celle des deux rédactions de 
notre acte, qui porte la date de l'an 11 de Thierry III et les sous- 
criptions d'un grand nombre d'évêques, offre plusieurs marques 
d'authenticité. 

Le texte de l'acte, pareil dans les deux rédactions, offre seule- 
ment une clause en plus dans celle-ci ; elle est ajoutée tout à la 
fin et ainsi conçue : 

Unde domnorum episcoporum et metropohtanorum artium sedes 
tenentiura suffragia possimus [pour poscimus], ut adhibeant merce- 
dem et hoc sanctum privilegium cum societate beatitudinis et con- 
sentire atque adfirmare una nobiscum non dedignentur. 

Cette phrase est toute mérovingienne. Dans un fragment d'acte 
du 6 mars 696 ou 697, qui est conservé en original aux Archives 
nationales et qui est, comme celui-ci, un privilège accordé par 
un évêque (celui de Chartres) à un monastère, on lit : 

1. Bréquigny, p. 359, note; Pardessus, II, p. 253, note. 



40 QUESTIONS MÉROVINGIENNES. 

Unde domnis... [mjetropolitanis arcium sedes divinitatis suft'ragia 
poscimus, ut adhibenda mercidem hoc sanclum privilegium societate 
beatitudinis veslre adsentirealque... reuna nobiscum almeLas vestra 
dignetur*. 

La périphrase « metropolitanorum artium sedes tenentium » a 
dû être imaginée en un temps où le mot archiepiscopus n'était 
pas encore entré dans l'usage courant, c'est-à-dire avant l'époque 
carolingienne. 

En 683, l'évêque du Mans était bien Aiglibert : des actes dont 
l'authenticité ne fait aucun doute le montrent revêtu de cette 
dignité en 673 2, en 675 ^ et en 692^. En 700, au contraire, son 
épiscopat avait pris fin (probablement par sa mort) : à la date du 
3 mars 698 ou 699, on rencontre son successeur Herlemond^. 
Ainsi, des deux rédactions de cette charte, celle que Bréquigny 
rejette offre seule une date régulière, et celle qu'il accepte une 
date suspecte. 

Enfin, les souscriptions des évêques, loin de condamner la 
pièce, témoignent en sa faveur. Sur trente et un évêques, nom- 
més sans désignation de siège, on peut en identifier au moins 
seize, résultat considérable, si l'on songe combien la chronologie 
épiscopale de la Gaule mérovingienne est imparfaitement connue. 
Hilbertus, qui a signé le premier après l'évêque du Mans, n'est 
autre que son métropolitain, Bertus, qui fut évêque de Tours 
de 674 à 690 environ^, et qui, par conséquent, occupait ce siège 
à la date de notre acte, juin 683. Viennent ensuite Landehertus 
de Lyon (680-690)', Landobertus de Sens (677-691), BU- 
dramnus de Vienne, qui, quoi qu'en dise Bréquigny, pouvait 
vivre en 683, puisqu'on le trouve mentionné vers 678, et son 
successeur Agraius seulement en 691, enfin un Gosenus en qui 
il est aisé de reconnaître Agolenus ou Agosenus de Bourges 
(682-696). Plus loin on trouve Herliiigus, évêque de Meaux à 

1. Pardessus, II, p. 235 ; Tardif, p. 30, n" 36; Lctronne, n° XXXI. 

2. Ci-après, p. ... [Paragrapiie qui n'a pas été rédigé.] 

3. Ci-aprùs, p. 44, 51. 

4. Ci-dessus, p. 37. 

5. Ci-après, p. 55. 

G. Ducbesnc, les Anciens Catalogues, p. 28. 

7. Pour cet évêque et les suivants, j'emprunte les noms et les dates, sous 
toutes réserves, à Gams, Séries episcnponim. 



VIT. — LES ACTES DES EVÊQUES DU MANS. 4i 

partir de 680, Aigliberius, sans doute l'évêque d'Angers* (et 
non celui du Mans, nommé une seconde fois, selon la supposition 
ridicule de Bréquigny) ; puis des noms légèrement altérés, mais 
faciles à rétablir, Aclaldus pour Ageradus ou Aidradus de 
Chartres (682-696), Rigobertus pour Sigohertus d'Orléans 
(670-693?); puis Adalbertus de Soissons (680-684)2, Herme- 
7iarius d'Autun (678-690), Vindicianus pour Vindilianus^ de 
Cambrai (669-693), Aquilinus d'Évreux (663-690), Theode- 
fredus d'Amiens (dont la mort n'est fixée à 681, chez les auteurs 
modernes, que par conjecture), Beyndfus pour S end fus de 
Laon (dont le successeur Omotarius devint évêque vers 688) ^ 
enfin Clemens de Beauvais, que les modernes considèrent comme 
ayant été évêque de cette ville depuis 666 et au moins jusque 
« vers » 680. Les évêchés auxquels appartenaient les quinze 
autres sont sans doute de ceux, — beaucoup plus nombreux que 
nous ne le voudrions, — pour lesquels nos listes épiscopales sont 
incomplètes. Il y a un ou deux de ces prélats dont l'existence, 
sinon le siège, est connu d'ailleurs : par exemple Prothasius, 
appelé Pî'otadius dans un jugement de Childebert III, du 28 fé- 
vrier 694^, et Berarius (confondu à tort par Bréquigny avec 
l'évêque du Mans du même nom), dont la signature, sous la 
forme Beracha?nus, figure sur le privilège de l'évêque de 
Chartres, de 696 ou 697^, et est placée, là comme ici, à côté de 
celle d'Aiglibert d'Angers. 

Parmi ceux dont le siège est connu, on remarquera que tous 
les métropolitains figurent au commencement de la liste, aussitôt 
après l'évêque Aiglibert, auteur de l'acte. C'est un usage cons- 
tamment suivi à l'époque mérovingienne '^, et l'observation en est 
ici d'autant plus remarquable qu'elle est latente, puisque les 

1. On n'a pas sa date exacte, mais il est le troisième d'une série de neuf 
évoques qui siégèrent de 627 à 756 (Duchesne, les Anciens Catalogues, p. 55). 

2. [Entre Adalbertus et Hermenarius figure Abbo. M. Julien Havet, en marge 
de sa copie du document, avait écrit au crayon Mettensis.] 

3. [Le texte du document, tel que l'a noté M. Julien Havet, porte effective- 
ment Vindilianus . Il a inscrit en marge, au crayon, Canieracensis.] 

4. [Après Berulfus vient, dans le document, Hadegarius. En marge, au 
crayon, avec un signe de doute : ? Autgarius Noviomensis.] 

b. K. Pertz, p. 58, n" 66. 

6. Ci-dessus, p. 40, note 1. 

7. Maassen, Concilia aevi Merovingici, etc. 



42 QUESTIONS MÉROVINGIENNES. 

noms des évoques ne sont pas accompagnés de ceux de leurs dio- 
cèses et qu'il faut un travail d'érudition pour les découvrir. Un 
faussaire du ix® siècle n'aurait sûrement pas fait ce travail ; ce 
trait suffit donc à garantir l'authenticité de la liste. Ajoutons qu'il 
peut servir de point de départ à des conjectures complémentaires; . 
ainsi Py^othasius ou Protadius, ici comme dans le jugement de 
Childebert III, est nommé l'un des premiers ; c'était donc un 
métropolitain, peut-être celui de Bordeaux? 

Parmi les signataires ne figure aucun évêque de Rouen ; en 
effet, M. Kruscli a montré^ que la mort de saint Ouen et l'élec- 
tion de son successeur Ansbert eurent lieu en l'an 11 ou 12 de 
Thierry III, 683-685 ; il est donc possible qu'à la date du privi- 
lège d'Aiglibert, juin 683, le siège de Rouen fût déjà vacant. 

Pour que trente et un évêques de toutes les parties de la 
France aient signé un acte expédié au Mans, il faut qu'ils aient 
eu une raison de se trouver réunis en cette ville ; cette raison n'a 
pu être que la tenue d'un concile national. Ce concile du Mans 
ne nous est connu par aucun autre indice ; mais rien non plus ne 
nous dissuade d'y croire. Un autre concile, qui a laissé aussi peu 
de traces, fut tenu à Rouen cinq ans plus tard, en 688 ou 689 ^ 
Nous l'ignorerions, sans une mention unique conservée dans un 
texte hagiographique, la vie de saint Ansbert^. 

La seconde expédition du privilège d'Aiglibert, datée de l'an 6 
de Childebert et signée de huit abbés ou autres clercs, ne peut 
pas plus être suspectée que celle de l'an 11 de Thierry III. Quel 
intérêt un faussaire aurait-il eu à la fabriquer? Elle n'en dit pas 
plus que la première, et elle est ou paraît moins vénérable, soit 
par l'âge soit par la qualité des signataires. C'est le cas de répé- 
ter les paroles de Bréquigny : « et quara confirmationem charta 
posterior, paucis tantummodo abbatum subscriptionibus munita, 
importasset priori privilegio plus quam triginta episcoporum 
subscriptionibus vallato? » La date seule, qui répondrait, si on 
la prenait telle quelle, au mois de juin 700, est sans doute alté- 
rée. En effet : 

1. Monntnenta Germaniae, in-k' \ Scriptores [rerum Merovingicarum, II; 
Fredegarii et aliorum cronica, p. 322, noie 2. 

2. Monumenta Germaniae, ibid. 

3. Ni le concile (présumé) du Mans ni celui de Rouen ne sont mentionnés 
dans le volume de M. Maassen, Concilia aevi Merovingici. 



VII. — LES ACTES DES ÉVÊQDES DU MANS. 43 

1° Il n'y aurait eu, comme le dit fort bien Bréquigny, aucune 
utilité à faire confirmer par huit abbés et diacres du Mans un 
décret de plus de trente évêques de France ; mais il pouvait y en 
avoir beaucoup à faire approuver par trente évêques ce qui avait 
été délibéré par huit abbés ou diacres. A priori, l'ordre chrono- 
logique des deux actes est donc inverse de ce qu'il paraît être; la 
prétendue seconde expédition est en réalité la première ; 

2° Gomme je l'ai déjà fait remarquer, en 700, l'évêque du 
Mans n'était plus Aiglibert, mais Herlemond; 

3'' L'abbesse de Notre-Dame est appelée Adrehilde dans l'acte 
de 683, Ada dans celui de 692, cité un peu plus haut. L'auteur 
des G est a Aldrici, qui paraît avoir connu ces diverses pièces, 
soit directement soit par ouï-dire, suppose que ce sont deux 
variantes du même nom : « Sanctç Adç quç et Adrehildis alio 
nomine nominatur'. » Mais l'hypothèse est gratuite. Cet auteur 
se montre d'ailleurs bien mal informé, car il fait vivre sous 
répiscopat de saint Innocent (après 511 et avant 559) cette con- 
temporaine d' Aiglibert (vers 673-692). Pourquoi une même 
abbesse dans les actes d'un même évêque aurait-elle été appelée 
tantôt d'un nom et tantôt d'un autre? Pourquoi aurait-on tantôt 
mentionné sa parenté av3c le prélat et tantôt l'aurait-on passée 
sous silence? Or, si Adrehilde et Ada ne sont pas la même per- 
sonne, et si celle-ci avait pris la place de celle-là dès 692, Adre- 
hilde ne saurait être mentionnée dans un acte de l'an 700. 

La seule hypothèse qui permette de résoudre ces difficultés, 
c'est que la date est corrompue par l'effet d'une faute de copie. 
Cette forme du privilège est celle sous laquelle il a dû être expé- 
dié d'abord, à une époque comprise entre le début de l'épiscopat 
d' Aiglibert (vers 673?) et 683. Plus tard, en juin 683, un concile 
national ayant été réuni au Mans, Aiglibert en aura profité pour 
faire ratifier son privilège par tous les évêques du royaume, en 
soumettant à leur signature un second exemplaire de l'acte expé- 
dié antérieurement. 

En la forme, les deux expéditions de l'acte sont donc l'une et 
l'autre autlientiques. Il est plus difficile de se prononcer sur le 
fond, c'est-à-dire sur les dispositions qu'elles renferment et 
qu'elles donnent toutes deux dans les mêmes termes. Notre auteur 

1. Gesta Aldrici, XLIV, p. 124. 



44 QUESTIONS MEROVINGIENNES. 

nous a habitués à soupçonner facilement des interpolations, et ici 
les clauses où l'évêque insiste sur la soumission du monastère à 
la cathédrale peuvent paraître bien accentuées. Il y a donc peut- 
être des altérations volontaires, mais il est à présumer qu'elles 
ne portent pas sur l'acte tout entier, et celui-ci, dans l'ensemble, 
paraît pouvoir être accepté. 

La charte de Thierry III, pour le même monastère de Notre- 
Dame, est encore une de ces pièces qui embarrassent la critique, 
par le mélange intime du faux et du vrai. Bréquigny et La Porte 
du Theil, dont le jugement a été suivi par Pardessus, puis par 
K. Pertz, l'ont déclarée fausse, ainsi qu'une autre du même prince 
pour Tuffé (voir ci-après [p. 51]), par une mauvaise raison. Leur 
motif pour les condamner, c'est qu'elles sont datées, l'une et 
l'autre, de l'an 3 du roi (675-676) et qu'elles nomment Aiglibert, 
lequel, selon le bénédictin manceau dom Jean Bondonnet, ne 
serait devenu évêque du Mans qu'en 680. Pour se tirer de cette 
difficulté chronologique, il faudrait, disent-ils, corriger la date et 
lire anno XIII au lieu d'anno III, mais ce serait une hypo- 
thèse arbitraire; et, comme l'autorité des Actus pontificum, 
seule source par laquelle nous connaissions ces deux actes, est 
« très légère, » cum levissima fides deberi videatur Actis 
episcoporum Cenomanensium, il est plus simple de les tenir 
pour faux. Si légère que soit l'autorité des Actus pontificum, 
voilà une argumentation plus légère encore. Elle constitue un 
véritable cercle vicieux, car elle consiste à opposer l'autorité de 
Bondonnet à celle des Actus; or, Bondonnet, qui écrivait en 
1651 *, n'a eu d'autre source d'information que ces mêmes Actus, 
et c'est sur leurs indications que reposent directement ou indi- 
rectement ses calculs. Dans les Actus, il semble avoir consulté 
surtout ce qui est proprement l'œuvre de l'auteur, la partie nar- 
rative plutôt que les copies de chartes. Or, c'est précisément 
parmi ces copies de chartes que se trouvent les seuls renseigne- 
ments utiles de l'ouvrage, tandis que les évaluations chronolo- 

1. [Ici se trouve, dans le manuscrit de M. Julien Havet, l'appel d'une note qui 
n'a pas été écrite. Peut-être voulait-il faire remarquer que Bondonnet connaît 
les Actus, encore inédits en 1651, par le manuscrit du Mans. Bondonnet {les 
Vies des evesques du Mans, p. 341) cite à l'appui de ses vues chronologiques, 
en l'arrangeant un peu, l'en-têle du chapitre des Aclits sur Aiglibert (Mabillon, 
Vetera Analecta, in-8*, III, p. 188).] 



Vir. — LES ACTES DES ÉVÈQDES DD MANS. 45 

giques propres à l'écrivain sont (M. l'abbé Duchesne l'a démontré 
péremptoirement*) dénuées de toute valeur. Le procédé critique 
de Bréquigny revient donc à contrôler la partie des Actus dont 
l'autorité est douteuse par celle dont l'autorité est sûrement nulle. 
Ajoutons, pour faire juger d'un mot la valeur des théories chro- 
nologiques de Bondonnet, que cet auteur trop justement oublié 
met en 678 l'avènement de Thierry III, au lieu de 673, et sa 
mort en 694, au lieu de 690 ou 691 . On voit ce qui reste du rai- 
sonnement de Bréquigny. Il fallait noter ce point, car ces deux 
chartes ne sont pas les seules qui aient été condamnées et qui 
passent encore aujourd'hui pour fausses, sur la foi d'une argu- 
mentation aussi futile. 

C'est par les caractères internes du texte qu'il faut en faire la 
critique. Ces caractères sont différents, selon qu'on examine, 
d'une part, la forme, l'enveloppe extérieure de l'acte (protocole, 
suscription , exorde , souscriptions , date) , de l'autre , le fond 
même de la pièce, c'est-à-dire le dispositif. 

Après la suscription, « Theodericus rex Francorum vir illu- 
ster » (où les deux derniers mots doivent être, comme toujours, 
corrigés en « viris inlustribus »), vient un exorde, arenga, qui 
n'exprime que des idées courantes dans les formulaires mérovin- 
giens, et qui les exprime en un langage assez exactement réglé 
sur les lois de la prose métrique : 

Si peticionlÔMs sàcêrdotum^ quod et ad eorum oportunitatem 
pertinet llbenter prestâmûs aûgmentum, regi[am] in hoc exerce- 
mus consuetudinem et hoc nobis ad laudem vel ad salutem aeter- 
nam et stabilitatem regni nostri in Dei nomine pertiwêrê confîdî- 
mus. Igitur apostolicus vir domnus Aigliberlus Genomannice urbis 
episcopus missa peticione démentie regni nostri credîdit sUbgerën- 
dum^ ut... 

La souscription royale est ainsi conçue : « In Xpisti nomine 
Theodericus rex féliciter. » Ce dernier mot est une faute de copie 
pour subscripsi, faute facile à faire en transcrivant les origi- 
naux mérovingiens, où ce mot, toujours abrégé et embarrassé de 

1. [L. Duchesne, les Anciens Catalogues épiscopaux de la province de 
Tours, p. 49.] 



46 QUESTIONS MÉROVINGIENNES. 

parafes, doit être deviné plutôt que lu. Cette correction faite, la 
forme de la souscription est exactement celle que Thierry III 
avait adoptée et que nous trouvons au bas de ses actes originaux : 
« In Xpi nomene Theudericus rex subs.'. » 

La souscription du référendaire n'offre également qu'une faute 
facile à corriger : « Audofredus jussu subscripsi ; » il faut lire : 
« Audofredus jussus optolit. » L'usage de mettre le mot jussus 
à côté du mot optolit dans cette formule n'a pas été suivi d'une 
manière constante à l'époque mérovingienne ; mais les deux seuls 
actes de Thierry III qui nous soient parvenus complets, et où se 
trouve le second de ces mots, nous l'offrent précisément accom- 
pagné du premier^. 

Enfin, dans la date, « datura quod fecit mensis mr. V ann. 
regni nostri III in Conpendii palacio nostro liu nomine féliciter » 
(mercredi 5 mars 676) , hu nomine n'est encore qu'une faute de 
copie pour in Dei no^nine. Ces diverses fautes sont, il me semble, 
autant de présomptions d'authenticité. Elles sont l'œuvre d'un 
scribe qui a l'original même sous les yeux et qui le transcrit de 
son mieux et sans malice 3. Un faussaire instruit, comme il fau- 
drait le supposer d'après la correction du reste des formules^, ne 
serait pas tombé dans de pareilles erreurs. 

On ne saurait juger aussi favorablement du dispositif. Voici 
une clause qui, telle qu'elle se présente à nous, n'offre guère 
de sens : 

Hoc preceptum fier! jussimus... ut... sanctemonialibus inibi degen- 
tibus et pauperibus ac peregrniis stipendiarie disponente atquc ordi- 
nante prefate urbis episcopo... sub régula existant... 

1. Letronne, n" XVI, XVII, XX, et K. Pertz, p. 48, n» 53. 

2. Letronne, n" XVI, XX. 

3. Les raisons que j'ai alléguées, au paragraphe précédent, pour attribuer au 
chorévêque David la rédaction des Acius et des fausses chartes qu'ils con- 
tiennent, n'obligent pas à croire qu'il ail tout écrit et copié de sa main. Des 
fautes comme celle qui a consisté à mêler, à l'intérieur d'une même phrase, des 
tournures contradictoires (précaire de Ténestine, ci-dessus, p. 24), témoignent 
plutôt de l'emploi d'un copiste qui aura mal compris les ratures et les sur- 
charges de son modèle. 

4. Et comme n'était pas le chorévêque David : car les faux dont il paraît 
être l'auteur témoignent de sa facilité et de son audace plus que de sa science 
diplomatique. 



VII. — LES ACTES DES EVHQUES DU MANS. 47 

Le mot stipendiarie est particulièrement embarrassant. Est-ce 
un adjectif? est-ce un adverbe? et que veut-il dire? L'excellente 
édition des formules, publiée par M. Zeumer dans les Monu- 
menta Germaniae historica, étant pourvue d'un index com- 
plet, il est tout indiqué d'y chercher s'il existe des exemples 
analogues : on en trouve un seul, et le document qui le donne 
n'est pas mérovingien. C'est une de ces formules dont le texte, 
conservé en notes tironiennes dans un manuscrit de Paris, a été 
révélé par dom Carpentier et revisé, il y a quelques années, par 
M. W. Schmitz ; on les a connues longtemps sous le nom de 
Formulae C arpenter ianae , auquel M. Zeuraer a substitué 
celui de Formulae impériales. On sait que ces formules appar- 
tiennent toutes au temps de Louis le Pieux et ont été copiées sur 
des actes authentiques de ce prince. Celle-ci^ est un modèle de 
charte par laquelle l'empereur confirme une constitution d'un 
évêque, qui avait concédé à ses chanoines, pour la mense capi- 
tulaire, certains domaines de l'évêché, ainsi que des dîmes et 
noues à percevoir sur d'autres domaines. La plupart des clauses 
actuellement incorporées à notre charte de Thierry III sont visi- 
blement copiées sur celles de cette charte carolingienne : 



Fonn. imp. 25 : Postulavit 
etiam nobis ut haec constitutio, 
quam propter amorem Dei el elee- 
mosynam domni et genitoris no- 
stri ac noslram constituerai, ob 
firmitatis causam nostra impé- 
rial! confirmaretur censura 2. 

Gujus petitioni, quia justa et 
ratione plena est, nobis adsen- 
sum praebere et eandem consti- 
tutionem nostra auctoritate pla- 
cuit conflrmare. 

Idcirco volumus et per hanc 



Thierry III : ... Constitutio- 
nem, quam propter amorem Dei 
et elemosinam nostram consti- 
tuerat. .. postulavit ut firmitatis 
causa nostra regali confirmetur 
censura. 

Gujus peticioni nos assensum 
prebentes et eandem suam con- 
stitutionem nostra auctoritate 
confirmantes. 

hoc preceptum fieri jussimus 



1. Carpentier, n» 7; E. de Rozière, n" 566; Formulae impériales, n° 25; 
Zeumer, p. 304 ; Schmitz, Monumenta tachygraphica, I, p. 17. 

2. Tous les éditeurs ont imprimé clementia, mais le manuscrit porte nette- 
ment la note tironienne qui signifie censura; voyez les planches de M. Schmitz, 
fol. 75 r% ligne 17. 



48 



QUESTIO\S MEROVINGIENNES. 



nostram aucLoritatem praecipi- 
mus ut ville et nonae ac décime, 
sicut ab eodem illo episcopo con- 
stiLutae sunt, ita deinceps nostris 
et futuris temporibus eisdem ca- 
nonicis stipendiarie, disponente 
atque perordinante episcopo qui 
praefatae sedis praefuerit, exi- 
stant... 



... Etnullusquibuslibetex suc- 
cessoribus ejus easdem villas... 
penitus auferre praesumat, sed 
sicut in eadem constitutione, si- 
cut ab illo constitutae et a nobis 
confirmatae sunt, per diuluraa 
tempora inviolabililer et incon- 
vulse persistere sinat. Si vero 
alicui successorum ejus animo 
sederit ut et numerum canonico- 
rum multiplicare et alias res illis 
superaddere volueril, in suo jure 
et poteslate, salva discretionis 
ratione, id faciendi permaneat. 



et per banc auctoritatis nostre 
inscriptionem percipiraus ut, si- 
cut a predicto venerabili et apo- 
slolico viro Aigliberto Cenoman- 
nice urbis episcopo est constitu- 
tum vel sicut in ejus continetur 
script[o, ita] deinceps nostris et 
futuris temporibus . . . sancte- 
monialibus inibi degentibus et 
pauperibus ac peregrinis stipen- 
diarie, disponenteatqueordinante 
prefate urbis episcopo ac deces- 
soribus suis et abbatisse quam 
ipse sive successores sui in eodem 
monasterio constituerunt, sub 
régula existant... 

Neque aliquo modo quicquam 
auferre vel preterire présumât, 
sed prefati episcopi constitutio- 
nem sicut ab illo constitutum et 
a nobis confirmatura est per diu- 
turna tempora inviolabililer in 
augmentum sancte Dei aecclesie 
et inconvulse omnes reges et prin- 
cipes vel exactores regni persi- 
stere aut permanaere sive perdu- 
rare omni tempore permaneat. 



Entre ces deux textes, il n'y a pas simplement une parenté 
plus ou moins éloignée ; il y a imitation, et imitation maladroite, 
car certaines clauses, qui avaient un sens dans la charte caro- 
lingienne, l'ont perdu en passant incomplètement dans la charte 
mérovingienne. Chez Louis le Pieux, « propter... eleemosynam 
donmi et genitoris nostri et nostram, » faisait allusion aux 
libéralités impériales par lesquelles l'évêque avait été mis à 
même de se montrer à son tour libéral envers son chapitre ; chez 
Thierry III, qui ne confirme qu'un privilège général de constitu- 



VII. — LES ACTES DES e'vÈQDES DU MANS. 49 

tion du monastère et où aucune libéralité royale ni épiscopale 
n'est relatée, les mots « propter... elemosinam nostrara » sont 
vides de sens. Le mot qui nous embarrassait tout à l'heure, 
« stipendiarie, » est dans la charte de Louis le Pieux un nomi- 
natif pluriel {stipendiari[à\e) qui s'accorde avec « vill[a]e et 
nonae ac decim[a]e; » dans la charte mérovingienne, on l'a 
laissé subsister par mégarde, tout en supprimant les m.ots qui le 
gouvernaient, et il en est résulté une confusion inextricable. 
Enfin, le ridicule « persistere aut permanaere sive perdurare 
omni tempore per7naneat , » qui termine une des dernières 
clauses de notre charte, a été sans doute obtenu en amalgamant 
inintelligemment les fins de deux phrases de la charte carolin- 
gienne, « persistere siuat » et « id faciendi permaneat. » 

On ignore à quelle église était accordée la charte de Louis le 
Pieux, dont la copie (moins les noms propres et la date) nous a 
été conservée parle recueil des Formulae impériales. Ce n'était 
pas celle du Mans, car au Mans la réforme du chapitre et la 
création de la mense canonicale furent l'œuvre d'Aldric'; or, 
Aldric ne devint évêque qu'en 832, et le prélat visé dans la for- 
mule était évêque dès le temps de Charlemagne. D'ailleurs nous 
avons la charte par laquelle Louis le Pieux confirma les disposi- 
tions d' Aldric en faveur de ses chanoines, le 18 juin 837, et elle 
est rédigée selon un formulaire différente Mais il n'est guère 
probable que notre faussaire soit ailé chercher son modèle en 
dehors des archives qu'il avait sous les yeux. Il y eut donc pro- 
1;; bablement une autre charte impériale rédigée à peu près sur le 
'" même modèle que celle des Formulae i?7iperiales et adressée à 
l'évêché du Mans. Peut-être était-ce celle qu Aldric, au rapport 
de ses Gesta, obtint de Louis le Pieux pour confirmer la res- 
tauration du monastère même qui nous occupe, celui de Notre- 
Dame^; elle devait contenir aussi la confirmation des concessions 
de domaines ecclésiastiques faites par Aldric à ce même monas- 
tère ^ et, par conséquent, elle pouvait être conçue en termes 
analogues à ceux de notre formule carolingienne. 

1. Gesta Âldrici, II, IV, XXXIII; édition Charles et Froger, p. xi, 11, 17,86. 

2. Gesta Aldrici, XXXIII, p. 86; Muhlbacher, n» 937. 

3. « Auclorilate predicti irnperatoris Hludovici. » Gesta Aldrici, XXVI, p. 69. 

4. « Ipsis quoque sanctimonialibus et monachis villas dédit, ut inde eorura 
stipenditru [sic] et vestimenta atque cèlera supleraenta per singulos annos ple- 
niter haberent... » Ibid. 

^894 4 



50 QCESTIOIVS MÉROVINGIENNES. 

Les parties de la charte de Thierry III citées ci-dessus sont 
donc clairement interpolées. Le reste est-il plus authentique ? Je 
crains que non, et que tout n'ait été emprunté à la charte que je 
suppose donnée par Louis le Pieux en fav^eur d'Aldric. On y 
trouve, en effet, des dispositions réitérées, destinées à assurer la 
sujétion du monastère à la cathédrale, qui avaient dû être faciles 
à obtenir au temps d'Aldric et auxquelles le faussaire pouvait 
trouver utile d'attribuer une origine plus ancienne : 

in monasterio... quod ad matrem aecclesiç sanctç Mariç et sancti 
Gervasii et Prothasii, cul preesse videtur, jure ecclesiastico pertinet, 
et per scriptionis firmitatem predecessorum suorum temporibus sub 
censu fîrmiler et le^aliter delegatum esse cognoscitur... 

sub jure et dorainatione prefate Cenomannice senioris urbis 
aecclesiç... 

... ut neque... auferreaut alienare a jure et dominatione jamdicte 
raatris Cenomannice urbis aecclesie... aut quan[bel] caliditate vel 
malo injenio machinetur ut a juga prefate aecclesie ex hac nostra 
benivolentia ipsum monasteriolum auferatur vel alienatur sive ali- 
quo modo subtrabatur, sed in jure et potestate sepedicte matris 
aecclesiç aut ponlificum inibi Deo degentium... perraaneat... 

« Mater. ecclesia », « pontifices... degentes » sont des tour- 
nures particulièrement familières à l'évêque Aldric et aux écri- 
vains de son entourage. Enfin, la clause qui ordonne que les 
religieuses 

sub régula existant ac regulariter vivant et plena eis régula con- 
servetur 

rappelle les termes dans lesquels Aldric mentionne son décret 
épiscopal, confirmé par l'empereur : 

Et hoc decrevit atque sanxit pariter cum suo metropolitano et suis 
conprovincialibus et aliis mullis episcopis, auctoritate predicti impe- 
ratoris Hludowici, ut futurls temporibus semper monachas regula- 
riter viventes et secuadum regulam sancti Benedicli degentes inibi 
permanerent^ 

Conclusion : la prétendue charte de Thierry III pour Notre- 
Dame du Mans est un composé factice, obtenu par la combinai- 

l. Gesta Aldriciy ibid. 



VII. — LES ACTES DES ÉVÈQUES DU MANS. 5-1 

son d'un fragment plus ou moins altéré* du texte d'une charte 
perdue et authentique de Louis le Pieux, avec le début, les sous- 
criptions et la date d'une charte perdue et authentique de Thier- 
ry III. — De cette dernière charte, ces parties seules nous ont 
été conservées, et ni le texte ni même l'objet ne nous en sont 
connus. 

La dernière pièce du dossier de Notre- Dame^ est un contrat 
de précaire, passé entre l'évêque Merolus et l'abbesse Arvina le 
jour des calendes de mai, l'an 10 du roi Gharlemagne [778, 
l®"" mai]. Il n'y a aucune raison d'en suspecter l'authenticité. 

Quatre monastères du Maine font, dans les pièces conservées 
par les Actus pontiflcum, chacun l'objet d'une seule charte : 
Saint-Martin et Saint-Ouen au Mans, Tuffé et Châlons. On a vu 
déjà la charte, authentique (sauf une légère interpolation), de 
Théodebert II pour l'oratoire de Saint-Martin^. Les trois chartes 
qui concernent respectivement Tuffé, Châlons et Saint-Ouen 
paraissent également authentiques, au moins quant à la majeure 
partie de leur texte. 

Celle de Tuffé est un acte royal, de Thierry III, « datum 
quod fecit mense decbr. d. vi ann. III regni nostri Compendio » 
(jeudi 6 décembre 675). Bréquigny et La Porte du Theil l'ont 
déclaré faux, pour la même mauvaise raison chronologique que 
la charte de Notre-Dame. Ils n'ont indiqué aucun autre motif de 
le rejeter. 

Le monastère, dans la copie qui nous est parvenue, est appelé 
Chusphiaco, mais, comme cette forme ne répond à aucun nom 
de heu connu, il est probable qu'on a eu raison de restituer 
Thusphiaco et de reconnaître dans ce nom celui de Tuffé 
(Sarthe), appelé « monasterium Tufiaco » dans un acte de Louis 
le Pieux du 31 décembre 832''. Ce fut plus tard le siège d'un 
monastère d'hommes, puis d'un prieuré dépendant de l'abbaye 
de Saint -Vincent du Mans^ D'après notre charte, c'était, à 

1. Voici une incise tellement corrompue qu'il faut, semble-t-il, renoncer à 
y chercher un sens : « aut propter benivolentiam vel leviorationem seu servi- 
cii prefratres domini et apostolici viri Aiglibertus episcopus aliqua succédât 
occasionem... » 

2. Ci-après, p. ... [Paragraphe non rédigé.] 

3. Ci-dessus, p. 10 et suivantes; appendice, n° 000. 

4. Gesta Aldrici, XI, p. 36 ; Miihlbacher, n" 883. 

5. Cauvin, p. 522. 



52 QUESTIONS MEROVINGIENNES. 

l'époque mérovingienne, un monastère de femmes, consacré en 
l'honneur de Notre-Dame et de plusieurs saints : « in monasterio 
puellarum, quod in honore sanct^ Marie vel ceterorum domno- 
rum in loco nuncupante [Tjhusphiaco constructum. » Il avait 
pour abbesse une femme de haut rang, illustris, Adidola ou 
Odila; la mère de l'abbesse, Inga, était religieuse dans la même 
maison. 

Le texte expose que deux grands personnages, « Ulphaldus 
et Ingobertus obtimates nostri, » avaient contraint l'abbesse, sa 
mère et les autres religieuses à souscrire un acte par lequel 
elles se mettaient sous les ordres de ces deux hommes et se 
reconnaissaient obligées de se soumettre à tout ce qu'ils leur 
commanderaient : 

taie testamenfum facere coegisset, ut quodcumque predictl 
viri ad ipsas ancillas Dei facere ordinabant, aliud nuUatenus pon- 
tificium faclendi haberent, nisi presentaliter in perpetuum ut orani 
tempore jussionem de qualibet causa facere et adimplere debe- 
rent... 

C'était un abus d'autorité ; Ulphald et Ingobert n'avaient 
aucun droit sur Tuffé. Sur la réclamation de l'évêque Aiglibert, 
qui prétend que le monastère dépend de lui seul, le roi déclare 
que la charte souscrite en faveur de ces deux optimales est 
nulle et assure contre leurs prétentions l'indépendance du monas- 
tère et le droit de l'évêque. 

Il n'y a rien là que de vraisemblable. Les grands personnages 
de l'empire franc cherchaient volontiers à intervenir dans les 
affaires des monastères et à les soumettre à leur pouvoir. Nous 
verrons dans un moment, en étudiant l'acte relatif à Chàlons 
(Mayenne), un duc exiger du fondateur d'un monastère, en 
échange de ses services administratifs, une promesse de survi- 
vance de la charge d'abbesse pour sa fille. Les rois, de leur côté, 
ne se gênaient pas pour annuler, par acte d'autorité souveraine, 
les conventions faites entre les particuliers. Un jugement origi- 
nal de Clotaire 111 conservé aux Archives nationales, et relatif 
précisément au Maine, nous en offre un exemple ^ Béraire, évêque 
du Mans, était en procès avec l'abbé de Saint-Denis pour la pro- 
priété de certaines terres ; il les tenait, disait-il, de son père 

1. K. Pertz, p. 33, n" 35; Lelroniie, ii" XII. 



Vri. — LES ACTES DES ÉVÊQDES DU MANS. 53 

Béroald, qui lui-même les avait reçues en don du propriétaire, 
Ermélénus. Le représentant de Saint-Denis répondit en produi- 
sant une praeceptio de Clovis II, qui avait annulé d'une façon 
générale les donations d' Ermélénus envers Béroald et avait 
rendu au donateur le droit de disposer des biens donnés : 

Qui Beracharius... dicebat eo quod ab ipso Ermeleno in geniture 
suc exinde epistola donationis fuisse conscripta, et ob hoc ipsa 
heredetas ad eodem pervenissit. Sed in presenti anlefati agentis 
domni Dionense precepcione incliti recordationis domni et genituris 
nostri Ghlodovici quondam régis protullerunt rec[ens]enda, ubi... 
contenibat ut, ubi et ubi... Ermélénus in Beroaldo beredebusque 
suis ficerat invinibantur, vacuas et inanis permanirent et nullum 
sortirentur effeclum, sed ubicumque antedictus Ermélénus vel 
filius suos Goddo eorum facultatem dare aut derelinquere vellibant, 
liberum ex permisse praedicto princepe habirent arbitrium... 

Ce texte permet de compléter par conjecture une phrase de la 
charte de Tuffé, où se trouve un bourdon évidemment dû à la 
négligence du copiste. Il faut lire sans doute cette phrase ainsi, 
ou à peu près : 

Ideoque presenti preceptione decernimus, et omnino jubemus, 
ut si ullo umquam tempore ipsa carta aut alius qualiscunque 
strumentus de nomine predictorum virorum, contra predictum 
pontificem vel ejus abbatissa nomine Odilane vel génitrice sua Ingane 
vel [ipsam congregationem predicti monasterii proferebanlur, 
vacuas et inanis permanirent et nullum sortirentur effectum, sed 
predicta abbatissa vel] ipsa congregatio omni tempore absque cujus- 
libet impedimento vel supradictorum virorum , quietas in ipso 
monasterio sito in pago Cenomannico [Tjhusphiaco constructo debeant 
rësidere, vel sub sancta régula ibidem conversare, et pro statu 
aecclesiç et salute patrie seu pro stabilitate regni nostri perhenniter 
ibidem debeant exorare... 

L'authenticité de l'ensemble de la pièce est attestée par la 
régularité presque constante avec laquelle y sont observées les 
lois de la prose métrique. Mais il y a, là aussi, quelques passages 
interpolés. Certaines phrases renferment des expressions fami- 
lières à l'entourage d'Aldric, d'autres peu usitées dans la langue 
des chartes mérovingiennes : «préfixe monache », pour « prae- 



54 QUESTIONS MÉROVINGIENNES. 

dictae monachae^ » ; « quod et a nobis enucleatum est perscru- 
tandum », qu'il faut lire, sans doute, « quod et a nobis enu- 
cleat[i]m^ est perscruta[t]um >•> ; « suç sedis aecclesiç » , 
« memorata Cenomannica mater aecclesia », « sepedictwn 
monasterium », etc. La phrase où se lisent les premières de ces 
expressions est aussi celle où la sujétion du monastère envers 
l'évêque est exprimée dans les termes les plus forts : « sub 
ditione et regimine predicti pontiflcis », « sub potestate et domi- 
na tione antedicti pontificis ». Celle où se lisent les dernières con- 
tient un renseignement d'archéologie rehgieuse sur la cathédrale 
du Mans, évidem^ment déplacé dans cet acte destiné à régler la 
condition juridique d'un couvent du diocèse : « memorata Ceno- 
mannica mater aecclesia, quç est constructa et dedicata in honore 
sancte Marie et postea inmajorata in sanctorum martirum Ger- 
vasii et Prothasii ». Il faut donc les marquer l'une et l'autre 
comme apocryphes, et le reste de l'acte comme authentique. 

La signature du référendaire est ainsi conçue : « Gundinus 
jussus obtuht et subscripsit ». Les deux derniers mots sont à 
supprimer ; c'est une lecture arbitraire de la masse de parafes 
indistincts qui suivait cette signature dans l'original. Jussus 
ohtulit est bon. Le référendaire Gundinus n'est pas connu; peut- 
être est-ce le même que le Gundoinus duœ mentionné dans un 
acte de Childéric II, du jeudi 6 septembre 669 3, ou le Gundui- 
nus opthnas d'un jugement de Clovis III, du samedi 28 février 
694^. L'un des deux optùncdes dont le roi réprime la tentative 
d'usurpation sur le monastère, Ingobert, est peut-être le même 
personnage dont la veuve, Angantrude, fille d'Ebrulfe, le l*"" no- 
vembre 692, reconnut avoir donné le lieu de Noisy-sur-Oise à 
l'abbaye de Saint-Denis^. 

La pièce relative au monastère de femmes de Châlons (Mayenne) 
est datée de « Marogilo villa, » probablement Mareil-en-Cham- 
pagne(Sarthe), « in annoXVI régnante domino Childeberto rege 
nostro, XII kl. novb. » (mardi 21 octobre 710). C'est un acte 



1. Simson, die Enistehung der pseudo-lsidorischen Falscfmngen in Le Mans, 
p. 65-67. 

2. Ibid., p. 68, 69. 

3. K. Pcrlz, p. 28, n" 29. 

4. Ibid., p. 58, n' 66. 

5. Ibid., p. 57, n" 64. 



VII. — LES ACTES DES ÉVÉQUES DU MANS. 55 

d'un évêque, qui se désigne en tête par ces mots : « Cum divi- 
nitate propicia dono Dei acsi indignus ego Berarius vocor epi- 
scopus..., » et qui a signé à la fin : « In Xpisti nomine Berarius 
episcopus hanc epistolam a me factam subscripsi. » L'auteur des 
Actus 2Jontiflcu7n a pensé qu'il s'agissait d'un évêque du Mans : 
« Exeraplar testament! quod Berarius nobilis Cenomannice urbis 
episcopus de monasterio Caledon... fecit...*, » et, comme l'évêque 
de ce nom, connu par d'autres documents, a exercé ses fonctions 
environ quarante ans plus tôt, sous Clotaire III et Chilpéric II, 
il en a conclu à l'existence d'un évêque Béraire II, qui figure 
dans son catalogue épiscopal? et dans un passage de son livret 
mais auquel il a renoncé plus tard^. Plusieurs modernes sont 
tombés dans la même erreur. En réalité, le Béraire auteur de la 
charte de Châlons ne peut pas avoir été évêque du Mans, par la 
raison qu'à la date de cette charte l'évêque du Mans s'appe- 
lait Herlemond. Non seulement Herleraond est mentionné dans 
diverses chartes authentiques de 698 ou 699 ^ de 713*^ et de 721 ', 
mais, dans celle-ci même, il figure en qualité d'évêque du Mans : 
« dum cognitum est quod domnus Herlemundus abbatias vel 
beneficialia aecclesiastica superius nominate (Jublains, Saint- 
Victur au Mans, etc.)... nobis concessit, » — « illa bénéficia 
superius nominata quae pro beneficio domno Herlemundo vel 
aecclesiç suç.. . tenemus, » — « et convenit nobis ut post nostrum 
discessum domnus Herlemundus aut alius pontifex Cenoman- 
nice... » D'ailleurs, l'auteur de la charte parle des abbayes et 
autres biens qu'il tient en bénéfice de l'église du Mans : « abba- 
tias vel bénéficia quç de ratione sancti Gervasii in beneficio 
habeamus. » Il est clair que celui qui s'exprime ainsi n'est pas 
lui-même le chef de cette église. Il faut donc chercher ailleurs le 
siège épiscopal de notre Béraire. 

1. Vetera Analecta, in-S", III, p. 213. 

2. Gesta Aldrici, édit. Charles et Froger, p. xxi; Duchesne, les Anciens 
Catalogues épiscopaux, p. 36. 

3. Vetera Analecta, in-S", III, p. 211. 

4. Ci-dessus, 1893, p. 673, 

5. [Voir ci-dessus, Bibl. de l'École des chartes, 1893, p. 597, la liste des 
textes préparés par M. Julien Havet, 4° et 5°.] 

6. [Même liste, 6' et 7°. En outre, la charte relative à Saint-Ouen, ci-des- 
sous, p. 57.] 

7. [Liste susdite, 8°.] 



56 QUESTIONS MÉROVI\GIE\NES. 

Serait-ce un chorévêque manceau? J'ai dit plus haut* les rai- 
sons pour lesquelles je ne crois pas qu'il ait existé un seul choré- 
vêque sous les Mérovingiens, D'ailleurs ici Béraire se dit évêque, 
« vocor episcopus, » et non chorévêque. C'était donc plus pro- 
bablement le titulaire de quelque diocèse voisin. Reste à savoir 
quel était ce diocèse et pourquoi, au lieu d'y résider, il était 
venu chercher, à ce qu'il semble, un asile dans le Maine. 

J'ai déjà eu l'occasion de signaler deux actes un peu antérieurs 
à celui-ci, l'un de 683, l'autre de 696 ou 697, où, dans une série 
de souscriptions épiscopales, le nom d'un évêque Berarius ou 
Beracharius figure à côté de celui de l'évêque d'Angers, Aigli- 
bert^. Cette circonstance donne lieu de présumer que son diocèse 
était voisin de celui d'Angers ; ses possessions dans le Maine font 
présumer qu'il était également voisin de celui du Mans. Or, deux 
territoires diocésains seuls étaient à la fois contigus au Maine et 
à l'Anjou, celui de Tours, au sud-est, et celui de Rennes, au 
nord-ouest. Mais la série des évêques de Tours est parfaitement 
connue, ei SMC\m Berarius ou Berachariusn y f^gwre. A Rennes, 
au contraire, non seulement la série épiscopale offre ici une 
lacune^, mais le peu que nous savons de l'histoire de ce siège 
permet d'expliquer comment son titulaire put se trouver obligé 
de vivre ailleurs. Un texte hagiographique nous apprend que le 
pouvoir épiscopal fut usurpé dans les cités de Rennes et de Nantes 
à la fois par un comte nommé Agathéus^ L'époque de cette 
usurpation est approximativement fixée par les anciens cata- 
logues des évêques de Nantes, où le nom de Salapius, évêque en 
650, est suivi de deux mentions ainsi conçues : 

Agatheus vocatus sed non episcopus. 
Amito vocatus sed non episcopus^. 

Si, comme le suppose avec vraisemblance M. l'abbé Duchesne^, 
le second usurpateur, Amito, se maintint dans la même situation 
qu' Agatheus, c'est-à-dire s'il exerça, lui aussi, son pouvoir 
sur les deux sièges, la durée de la double usurpation put s'étendre 

1. Ci-dessus, 1893, p. 665. 

2. Ci-dessus, p. -il. 

3. Ducliesiie, les Anciens Catalogues, p. 85, 80. 

4. Vita S. Ilermelandi [cap. iv, g V (Acta sanctorummartii,lU, p. 582 b)j. 

5. Duciiesne, les Anciens Catalogues, p. 66. 

6. Ibid., p. 73. 



Vir. — LES ACTES DES ÉVÊQUES DU MANS. 57 

sur toute la fin du vii^ siècle et le commencement du viif ; le pre- 
mier évêque légitime de Nantes mentionné après Amito est Déor- 
raar, qui siégeait en 757. En 683, en 696, en 710, la cité de 
Rennes était donc sans évêque légitime : mais était-ce parce 
qu'aucun évêque légitime n'avait été consacré, ou parce que 
l'évêque légitime était chassé de son siège et empêché d'exer- 
cer ses fonctions? C'est ce que les auteurs ne disent pas, et la 
seconde hypothèse est aussi vraisemblable que la première*. 
On est donc en droit de faire cette hypothèse et de la compléter 
par une autre, en supposant que cet évêque dépossédé s'appelait 
Beracharius, que c'est lui qui a signé les actes épiscopaux de 683 
et de 696, et de qui émane notre charte de 710 relative au monas- 
tère de Châlons. Ce monastère qu'il avait fondé, et celui de 
Jublains, dont l'évêque du Mans lui avait concédé la jouissance, 
sont situés dans la partie du Maine la plus voisine du diocèse de 
Rennes. Les bénéfices dont il jouissait au Maine lui auraient été 
accordés par la charité de l'évêque du Mans pour le dédommager 
dans une faible mesure de son diocèse perdu. Quant aux termes 
assez insolites de sa suscription, « cum... dono Dei acsi indignus 
ego Berarius vocor episcopus, » ils feraient allusion à la situation 
particulière du prélat dépossédé, évêque de droit et non de fait. 

Deux ans plus tard, vers 712 (?), un acte de l'évêque Herle- 
mond^ pourvoyant à la dotation de l'oratoire de Saint-Ouen au 
Mans, lui attrilDue un domaine possédé jusque-là par Béraire : 
« vico ahquo qui vocatur Artinis... in pago Cenomannico, 
quem Bertocarius sacerdos usque nunc tempore per nostrum 
beneficium tenuit. » Faut-il en conclure que le bénéfice était 
devenu vacant depuis peu par la mort du possesseur, et que par 
conséquent la mort de Béraire, évêque de Rennes (?), doive être 
fixée approximativement à l'an 712? 

Quoi qu'il en soit, l'acte du 21 octobre 710 a pour but de 
régler le gouvernement du monastère de femmes de Châlons, au 
pays de Jublains, que Béraire avait fondé et doté. Il commence 
par confirmer la donation qu'il a faite de ses biens personnels à 

1. On peut citer à l'appui de l'une et de l'autre des faits analogues dans le 
diocèse du Mans : à la fin du vi' siècle, l'évêque Bertrand fut chassé de son 
siège par l'usurpateur Berthégisil ; au vm' siècle, entre l'épiscopat de Herle- 
raond et celui de Gauziolen, se place l'usurpation de Charivius (voir ci-après). 
[La discussion de ce fait n'a pas été rédigée.] 

2. Ci-après, p. 58, et appendice. 



58 QUESTIOXS MÉROVINGIENNES. 

ce monastère, mais il prend soin d'en excepter* les domaines de 
l'église du Mans, qui lui ont été concédés à titre de bénéfice tem- 
poraire et dont il donne une énumération plus ou moins complète. 
Puis il déclare qu'en raison des services qui lui ont été rendus 
par un duc nommé Crodégaire, « dum cognitum est quod vir 
illuster Grodegario (plus loin : Crodegarius) dux de inferendis 
vel undicunque juvamen nobis prestare non cessât, vel adjuto- 
rium tam nobis quam ipsi case facit et in antea facere disponit, » 
il lui a promis de donner à sa fille Chrodéilde la succession de 
l'abbesse actuelle, Cagliberte. Enfin, quand Cagliberte, Chro- 
déilde et Béraire lui-même seront morts, il veut que le monas- 
tère revienne sous la domination de l'évêque du Mans, qui le 
gouvernera comme tous les monastères de son diocèse. Cet arran- 
gement constitue entre Béraire, Chrodégaire et Herlemond un 
contrat synallagmatique, dressé en trois expéditions semblables 
pour les trois parties, et que celles-ci s'engagent réciproquement 
à observer. — Voilà un ensemble de dispositions assez rares et 
assez compliquées, qu'un faussaire n'aurait ni su inventer ni eu 
intérêt à inventer. Je ne crois pas qu'on doive songer à émettre 
le moindre soupçon sur l'authenticité de la pièce. Ce n'est ni le 
moins curieux ni le moins instructif des textes dont nous devons 
la conservation à l'auteur des Actus pontificum. 

La charte relative à Saint-Ouen du Mans est celle que je viens 
de citer comme fournissant peut-être la date approximative de 
la mort de Béraire. C'est un acte par lequel l'évêque Herlemond 
concède divers domaines de la cathédrale à un oratoire fondé par 
lui en l'honneur de saint Ouen, évêque de Rouen et confesseur 
(mort vers 683^), et construit à la porte de la ville du Mans, près 
du mur d'enceinte, « oratorium in honore sancti Audoeni epi- 
scopi et confessoris prope de muro Cenomannis civitate. » Il offre 
tous les caractères de l'authenticité : entièrement libellé (sauf 
une seule incise à suspecter d'interpolation 3) en faveur de l'ora- 



1. C'est ainsi qu'à la différence de la plupart des modernes, je crois devoir 
comprendre les clauses du début de l'acte : là où le texte porte prope, pro- 
pter (« prope illas abbatias », « propter ista loca »), je pense qu'il l'aut entendre 
praeter. 

2. Ci-dessus, p. 42. 

3. « Nisi parlibus predicti oralorii sancli Audoeni ejusque mona[colisJ seu 
rectoribus ibidem consistentibus, sub jure acpoteslate sanctorum martirum 
Gervasii et Prothasii, diu[tu]rno tempore valeat perdurarc. » 



VII. — LES iCTES DES e'vÊQUES DU MANS. 59 

toire, il n'assure aucun droit ni privilège à l'église du Mans, et 
l'auteur des A dus n'aurait pas eu d'intérêt à le fabriquer. Il ne l'a 
sans doute copié que pour en orner son recueil. On y remarque 
un terme particulier à l'époque mérovingienne, evis [i^onr aevis) 
te^nporibus, que le copiste postérieur, ainsi qu'il arrive presque 
toujours, a mal compris et transformé en ejus^ : « ut haec volun- 
tas et facta nostra ab ipsis inviolabiliter e[vi]s temporibus con- 
servetur. » Les deux seuls passages qui puissent faire difficulté 
sont le début (suscription) et la date finale, ainsi conçus : 

Dagobertus rex Francorum vir illuster. Pipinus major domus. In 
Dei nomine Herlemundus acsi peccator episcopus dominum ut precor 
et supplico graliam vestram. Dum ego oratorium, etc. 

Data die jovis kl. januarias anno II regni nostri Lupila in Dei 
nomen. 

C'est l'évêque seul qui parle d'un bout à l'autre de la pièce. Il 
n'y est question de Pépin qu'à la troisième personne (« annuente 
domino et seniore nostro Pipino majore domus, » « precces quam 
pro me quam principe nostro Pipino »), de Dagobert en aucune 
façon. Les mots « Dagobertus », etc., « Pipinus », etc., 
paraissent donc avoir été ajoutés à tort, peut-être d'après quelque 
annotation mise en haut de l'acte par un archiviste qui aura 
voulu noter les princes sous le gouvernement desquels il avait 
été rendu 2 : il faut les supprimer. Quant à la date, avec les mots 
« anno II regni nostri, » de deux choses l'une : ou elle est muti- 
lée, et il faut restituer « anno II regni [domni] nostri [N. régis], » 
ou elle a été empruntée à quelque acte royal et transportée mal à 
propos à la fin de celui-ci. Dans un cas comme dans l'autre, elle 
n'offre aucune certitude, le nom même du roi dont il s'agit 
n'étant pas attesté. S'il était vrai que ce fCit Dagobert III, la 



1. Questions mérovingiennes, VI (Bibl. de l'École des chartes, LI, 1890), 
appendice I, n° 1, note e, et n° 2, note j. 

2. Les mots « supplico gratiam vestram, » qui semblent s'adresser à un per- 
sonnage puissant, pourraient suggérer l'idée de conserver une partie de ces 
mots, en les mettant au datif au lieu du nominatif : « Viro illustri Pipino 
majori domus. » Mais, outre que cette correction serait tout arbitraire, la for- 
mule serait bien sèche; on attendrait plutôt quelque chose comme : « Domno 
et seniori meo viro illustri, » etc. D'ailleurs « in Dei nomine » serait bien mal 
placé entre « Pipino majore domus » et « Herlemundus acsi peccator epi- 
scopus. » 



60 QUESTIONS MEROVINGIENÎVES. 

seconde année du règne répondrait à 712-713. « Die jovis » ne 
peut être qu'une faute de copie, car les actes mérovingiens ne 
sont jamais datés par les jours de la semaine ; le nwt jovis cache 
donc un nombre mal lu se rapportant à « kl. januarias, ». et 
l'acte est de la seconde moitié de décembre (712?). Le nom de 
lieu Lupila avait été lu par Mabillon Jupila, et l'on avait pu 
croire qu'il s'agissait du palais de [Jupilles, au pays de Liège], 
résidence de Pépin* ; cette conjecture n'a plus de raison d'être 2. 

§ 6. — Les chartes des « Actus pontiflcum » relatives aux 
privilèges et aux domaines de Vévêchè. 

[Le manuscrit de M. Julien Havet s'arrête à ce titre.] 

1. Bréquigny, édit. Pardessus, II, p. 292, note. 

2. C'est ce qu'a déjà reconnu Cauvin, qui, ayant restitué la vraie leçon Lupila, 
s'est sagement abstenu de proposer aucune traduction de ce nom (p. 382). 

( L Appendice au prochain numéro.) 






NOUVELLES ACQUISITIONS 

DU 

DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS 



DE 



LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 

PENDANT LES ANNÉES 1892-1893. 



Les notices suivantes offriront un aperçu des accroissements 
des fonds latin et français du Département des manuscrits de la 
Bibliothèque nationale pendant les vingt et un mois qui viennent 
de s'écouler, depuis le 1'''' avril 1892 jusqu'au 31 décembre 1893^ 

Au premier rang de ces nouvelles acquisitions doivent figurer les 
manuscrits originaux et autographes des œuvresde Victor Hugo, 
légués à la Bibliothèque nationale par son testament du 31 août 
1881 . Ces volumes, au nombre de trente-quatre, déposés à la Biblio- 
thèque au commencement de l'année 1889, n'ont été remis au 
Département des manuscrits que le 12 octobre 1892, en vertu 
d'un décret de M. le Président de la République, du 29 septembre 
précédent, autorisant l'acceptation du legs^ 

Mais ils ne forment point l'ensemble des manuscrits de Victor 
Hugo ; d'autres volumes, momentanément confiés par la volonté 

1. Ces notices font suite à celles qui ont été publiées il y a deux ans dans 
la Bibliothèque de l'École des chartes (1892), t. LUI, p. 333-382. 

2. Ces volumes ont déjà été sommairement mentionnés dans les Manuscrits 
latins et français ajoutés aux fonds des nouvelles acquisitions, de M. L. De- 
lisle (Paris, Champion, 1891, 2 vol. in-8^), t. II, p. 695-696. —Plusieurs de ces 
manuscrits ont aussi ligure à l'exposition faite dans le vestibule de la Biblio- 
thèque nationale en mai 1889; voy. la Notice d'un choix de manuscrits, etc. 
(Paris, 1889, in-16), p. 15-16. 



62 XODVELLES ACQUISITIONS 

du testateur aux éditeurs de ses œuvres, seront remis plus tard 
à la Bibliothèque nationale. Aussi en a-t-on constitué provisoire- 
ment une collection particulière (n°' 1-34), dont on trouvera plus 
loin la liste à la suite des notices des manuscrits français des nou- 
velles acquisitions. 

On pourra juger des autres principaux accroissements des fonds 
latin et français pendant les années 1892-1893 par la liste sui- 
vante : 

Adélard, Monita ad Astralahium filium^ iiv*^ s.-, n. a. lat. 564. 

Académie des Inscriptions (Papiers de G. de Boze relatifs à 1'), 
XVIII* s.-, n. a. fr. 6463. 

Albi (Tableau des tailles du diocèse d'), 1537-, n. a. fr. 4704. 

Aleandro (Notes autobiographiques du cardinal Girolamo), xvi* s.; 
n. a. lat. 563. 

Amérique (Matériaux de V Histoire de la participation de la France 
à V établissement des États-Unis d') ; n. a. fr. 6464-6497. (Don de 
M. H. Doniol, directeur de l'Imprimerie nationale.) 

Athèives (Acte de l'un des premiers archevêques latins d'), V^ moi- 
tié du XIII* s.; n. a. lat. 2357. 

Autdn (Missel d'), xiv* s.; n. a. lat. 4689. 

Avignon (Statuts des boulangers d'), xvi^-xviii" s.-, n. a. fr. 6544. 

Baudot (Souvenirs du conventionnel); n. a. fr. 6526. 

Bellevaux, en Franche-Gomté (Charles de l'abbaye de), xii«-xiii* s.-, 
n. a. lat. 2363. 

Bertin (Lettres adressées au contrôleur général) par différents 
princes et grands personnages de la cour de Louis XV; n. a. fr. 6498. 

Besançon, Gesta Chrysopolitanae ecclesiae^ auctore Guidone, mo- 
nacho S. Pauli, xvi* s.; n. a. lat. 4404. 

BÉZIERS (Missel de), xv* s.; n. a. lat. 4690. 

Boufflers (Documents sur le maréchal de) ; n. a. fr. 5392, (Don 
de M. le vicomte de Grouchy.) 

Bourgogne (Suite de la Collection de). Dix-huit volumes (n°' 442- 
429) de pièces originales et copies, xrv«-xix* s. (Don de M. Bernard 
Prost.) — Voy. Dijon. 

Bretagne (Lettres originales de rois, princes et princesses, prove- 
nant de l'ancienne Chambre des comptes de), xv«-xvi* s.; n. a. 
fr. 6525. 

Brie (Nécrologc de Saint-Maurice-dc-Blandy, en), xvi^-xvii* s.; 
n. a. fr. 6507. 



DO DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 63 

Brienne (Mémoires autographes de H.-L. de Loménie de) ; n. a. 
fr. 6450-6454 et 4698. 

Bdchon, Voj'age en Grèce (^840-^84^), ms. autographe; n. a. fr. 
4692-4693. (Don de M. le baron 0. de Wattcville.) 

Calvados : Compte d'un receveur de la vicomte d'Auge pour la 
duchesse d'Orléans (1 472-'! 480) ; n. a. fr. 5275-5276. — Dossier sur 
la famille Le Valois d'Escoville (1568-^9^), contenant des lettres 
de Henri IV, Henriette-Marie d'Angleterre, Louis XHl, le grand 
Condé, Anne d'Autriche, Louis XIV, Gaston d'Orléans, Mazarin, 
Louis XV, Louis XVI, etc.; n. a. fr. 5393. — Généalogie de la 
famille Le Gentil, avec portraits peints à Lisieux, en < 588-1 594 et 
iGi6, par Marin Le Bourgeoys, peintre de Henri IV; n. a. fr. 5400. 

Celse, Traité de médecine, xv« s.; n. a. lat. -1706. 

César, Guerre des Gaules^ xv' s.; n. a. lat. -1702. 

Clermont-Ferrand (Missel de), xv« s.; n. a. lat. 2356. 

Collège de France (Pièces relatives au), n'IO-'l757; n. a. fr. 5395. 

Colonies : Projet d'expédition coloniale en Afrique sous Henri II; 
n. a. fr. 5394. — Mémoires divers, n. a. fr. 5398. — Voy. aussi 
Marine. 

Dijon (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Bénigne de), xiii' s.; n. a. 

lat. 562. 

DoNAT (Grammaire de), en français, 4483-, n. a. fr. 4690. 

Duclos (Mss. autographes de Ch. Pineau-) ; n. a. fr. 6449. 

DupiN (Jean), livre de Mandevie, xv^ s.; n. a. fr. 6368. 

Espagne (Histoire d'), par R. Sanchez de Arevalo, xv« s.; n. a. 
lat. n04. 

FouRMONT (Documents relatifs aux voyages en Orient et en Grèce 
de Sevin et), -1728-1730; n. a. fr. 5384. 

Franche-Comté. — Voy. Bourgogne. 

Gilbert (Notes de recettes et dépenses du poète) ; n. a. fr. 4696. 

Hugo (Manuscrits originaux et autographes des œuvres de Victor) , 
34 volumes. 

Jacquemont (Lettres de Victor) au capitaine de vaisseau de Mélay ; 
n. a. fr. 6459. 

Kreutzer (Papiers du compositeur Léon); n. a. fr. 5372-5381. 
(Don de M. Arthur Rhône.) 

La Luzerne (Cardinal de), Lettres à la comtesse de Brèves, -1814- 
1820; n. a. fr. 4706-4707. 

Louis VI (Charte de) en faveur de N.-D.-des-Ghamps (1132) ; n. a. 
lat. 2372. 



64 XOCVELLES ACQUISITIONS 

Mandevie (Livre de), par Jean Dupin, xv^ s.; n. a. fr. (3368. 

Marine (Pièces concernant la) et les Colonies, ^ 763- 1769; n. a. 
fr. 3399. 

Naude' (Lettres de G.) à M. de Grémonville, ambassadeur de France 
à Venise, -1646-^647 5 n. a. fr. 6500. 

Normandie. — Voy. Calvados. 

Otter (Papiers et correspondance de Jean) relatifs au commerce 
de la Perse, n39-n44; n. a. fr. 3383. 

Ovide, Métamorphoses^ xiip s.; n. a. lat. 336. 

Rethel (Cartulaire du comté de), xiv® s.; n. a. fr. 6366. 

Roland (Mémoires de M'"''), fragments autographes : portraits de 
Brissot, Gazaiès et Danton; n. a. fr. 4697. 

RoMORANTiN (Charte des franchises de), 1249; n. a. lat. 2363. 

RooERGDE (Chartes de Tabbaye de Belloc, en), ^^6^-^42^; n. a. 
lat. -1698. 

Servius, Commentaire sur Virgile, -1462; n. a. lat. -1703. 

Sevin (Documents relatifs au voyage en Grèce et en Orient de 
FouRMONT et), -1728-^730; n. a. fr. 3384. 

Talleïrand (Mémoires de) ; n. a. fr. 6360-6363. (Don des exécu- 
teurs testamentaires du prince, MM. le duc de Broglie et Châtelain.) 

A ces différentes acquisitions, on doit joindre une collection de 
cent quatre-vingt-deux volumes de Catalogues de bibliothèques 
publiques de France^, rédigés par ordre de l'administration 
centrale, la plupart pendant la Révolution ou sous le premier 
Empire, et envoyés à Paris à l'époque de la Restauration. Il faut 
rapprocher cette collection, qui provient d'un don de l'Institut de 
France, d'une autre série de près de trois cents volumes (nouv. 
acq. fr. 3705-4000)Me Catalogues de diverses bibliothèques des 
départements, envoyés pour la plupart au ministère de l'Instruc- 
tion publique sous les gouvernements de Louis-Philippe et de 
Napoléon III. 

On mentionnera enfin quatre cent quinze volumes, provenant 
de l'ancien fonds des Catalogues, et insérés dans le fonds fran- 

1. Ces volumes n'ont point été conservés en collection, mais ont été répartis, 
suivant leur format, dans les diflérenles séries du fonds des nouvelles acquisi- 
tions françaises sous les n- 5934-5940, 5277-5370, 6369-6446 et 4691, auxquels 
il faut joindre le ms. nouv. acq. lat. 2353. 

2. Voy. L. Delisle, Manuscrits latins et français ajoutés aux fonds des noU' 
velles acquisitions, t. I, p. 109-113. 



DD DÉPARTEMElVT DES MANUSCRITS. 6o 

çais (n°^ 5401-5815), mais qui ne constituent pas à vrai dire de 
nouvelles acquisitions. Ce sont d'anciens catalogues des différentes 
collections qui sont venues successivement accroître, aux xvu", 
xv!!!*" et xix*^ siècles, le Département des manuscrits de la Biblio- 
thèque nationale. 

Tous ces articles réunis forment un total de 860 manuscrits 
ajoutés aux fonds latin et français des nouvelles acquisitions 
pendant les années 1892-1893. 



Liste des manuscrits de'crits. 



Mss. latins nouv. acq. 


549-564, 


46 mss. 


— 


^689-^7^^, 


23 — 


— 


2353-2364, 


\2 — 




2570-2572, 


3 — 


Mss. français nouv. acq. 


4689-4722, 


34 — 


— 


5274-58^5, 


542 — 


— 


5934-5942, 


9 — 




6360-6528, 


169 — 


OEuvres de Victor Hugo, mss. \ 


-34, 


34 — 


Collection de Bourgogne, n°' ^^S 


5-^29, 

Total : 


18 — 




860 mss. 



Manuscrits latins. 

Petit format. 

549. « Oratio Pétri Bosca,... rev™' D. D. CardinalisS. Marciaudi- 
toris, Romœ habita, xi kal. novembris, ad sacrum cardinalium sena- 
tum apostolicum, in celebritate victoriee Malachitanse, per serenis- 
simos Ferdinandum et Helisabeth, Hyspaniarum principes cathoUcos 
féliciter partse, anno Ghristi 4487. » 

xv^ s. Pap. 6 feuillets. 

550. Reconnaissances féodales pour la terre de Maymac, diocèse 
de Rodez (1443-1623). Extraits collationnés. 

xvii° s. Pap. 40 feuillets. 

4894 3 



66 NOUVELLES ACQUISITIONS 

551. Anonymi « aréole medicinarum simplicium. » Incomplet du 
premier feuillet. Début du texte : « Absintium quid est?... » 

XI v^ s. Parch. 243 feuillets. 

552. M. T. Cieeronis de Amicitia (fol. 3); — Prudentii Ditto- 
chœon, vel Amœni enchiridion Veteds et Novi Testament!, seu « Eva 
columba, » cum coramentario; à la fin (fol. 50), on lit : « Georgius, 
filius Jacobi Isolini Francini de Meno de Ripparia, diocesis Nova- 
riensis, grammatice professer in Rodobio, diocesis Vercellensis, hoc 
totum finivit ac scripsit... M GCGG LKIIIP"- » (fol. 24); — Theodoli 
Ecloga, cum commentario, scripto « per Georgium natum Jacobi de 
Raspinis de Meno, districtus Ripparie, diocesis Novariensis, . . . -1 8 aug. 
4469 » (fol. 35); — Accedunt : Versus : « Parce, precor, o care mio 
thesari... » (fol. 2); — Precatio ad S. Bernardinum : « Barnardine 
pater, qui Jesu nomen in omnes... » (fol. 2 v°) -, — « Ad faciendum 
bonum atramentum » (fol. 2 -v"); — Precatio ad Virginem : « Ave, 
regina cellorum..., » et versus de signo crucis : « Per crucis hoc 
signum expelitur orane malignum... » (fol. 22 v°) ; — « Modo lo quale 
fece papa Bonifatio. . . al uso de la cosse che tu voy saper » 
(fol. 22 bis); — Salutationis angelicae paraphrasis : « Ave, Maria, de 
li superni celi... » (fol. 22 bis v**) ; — De significationibus verbi facio 
(fol. 23) : — Versus de creatione : « Qui manet eternus hic simul 
omnia solus... » (fol. 23) ; — Versus de Manfredo, Sicilise rege (Dante, 
Purgatoire, III, U2-i2B) (fol. 23 v°) ; — Gomputi tabula (fol. 50 v); 

— Mundanse vitœ imprecatio : « Heu, heu, mondi vita, quare me 
délectas ita?... » (fol. 52) ; — « Prophetia AnibaUs de Montorpheno » 
(fol. 34) ; — Prophetia adversus Gallos : « Gallorum levitas Germa- 
nos justificabit... » (fol. 54); — Versus de planetis et paradiso : 
a Luna stat in primo, stat Mercuriusque secundo... » (fol. 54 v°) 5 

— Qusestiones e « libro commentato Aristotilis de sensu et sensato, » 
etc. (fol. i 37 v°) ; — De signis pluviœ et de tonitru (fol. •( 38) ; — 
Expositio doclrinse Ghristi : « In nome de Dio et de la santa Trini- 
tade... » (fol. -138 v"); — De communione peccalorum : « Dum com- 
municaret sancLus Bernardus quadam vice suos monachos. . . » 
(fol. i 39) ; — Notae généalogie» familiarum Isolini et Georgii de 
Raspinis (fol. •139 \°). 

XY" S. Pap. -140 feuillets. (Provient du « Gomes Donatus Silva. ») 

553. Sermonum themata; initium et finis desiderantur. 
xiv« s. Parch. Feuillets 20 à 295. 

554. a Mémorial dels danys donats per lo comte de Foyx y bes- 



DU DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 67 

comte de Gastelbo a la iglesia de Urgell, y a homens de aqueila y a 
moites altres Iglesias de la dita diœ[ce]si de Urgell. » — Reproduc- 
tion photographique d'un ms. latin des xrii^ et xiv« siècles, conservé 
aux archives capitulaires d'Urgel. 
XIX* s. Pap. \7 feuillets. (Don de M. Gh. Baudon de Mony.) 

555. « Terrier de la baronnie d'Aurelle, diocèse de Riom, » « de 
feudo domini de Ganilhiaco. » 

xiii" s. Parch. 9 feuillets. 

556. P. Ovidii Nasonis Metamorphoseon libri XV, cum glossis. 
xiii'^ s. Parch. ^123 feuillets. 

557. Manuale missarum, etc., ad usum Einensem (?). 
xii« s. Parch. 6^ feuillets. 

558. Bedse librorum de tabernaculo (II, 6-III, 5) et de templo 
Salomonis (c. 8-^9) fragmenta. 

xii** s. Parch. 26 feuillets. 

559. « Spéculum peccatoris editum a beato Augustino » (<)-, — 
« Liber de officio sacerdotum, » vel « summa sacerdotum, a beato 
Thoma de Aquino » (4 v°) ; — « Liber de miseria hominis, compo- 
situs a Lothario diacono cardinah » [Innocentio III] (^4) ; — « Regi- 
men bonum et utile ad salvandas animas, per d. f. Vincentium 
Ferrarii » (39) ; — Tractatus de confessione : « Gonvertimini ad 
me in toto corde vestro... » (40) ; — « Sermo beati Augustin! contra 
vitia, et specialiter contra miserabilem et detestabilem cohabitalio- 
nem clericorum et muliercularum » (53) ; — Ejusdem sermo « ad 
episcopos, presbiteros et clericos, et de eorum conditionibus » (55 v») -, 

— Ejusdem sermo « ad sacerdotes, cujus vite debent esse » (57 v°) ; 

— Ejusdem sermo « de pace » (58 v°) ; — « Liber beati Augustini 
de miseria hominis » (60 v") ; — .« Gapitulum de honoribus, ex soli- 
loquio beati Ysidori » (66 v°l ; — « Liber beati Johannis Grisostomi 
quod nemo possit ledi ab alio nisi a se ipso » (68) \— « ] 2*=™ gradus 
patientie » (78 v°) -, — « Feria 6« in Parasceve sermo 2"^ [Jacobi] de 
Voragine » (79) ; — « Sermo beati Augustini de assumptione glo- 
riose virginis Marie » (80 v°) ; — Isidori Hispalensis in libros veteris 
ac novi Testament! proemia (83 v») ; — Ejusdem allegorise queedam 
sacrae Scripturse (90 v»); — « Sermo 3"^ dominica i [2i] post Pen- 
thecosten [Jacobi] de Voragine » (99) ; — « Ad Jo[annem] de G[ersono], 
cancellarium Parisiensera, contra prelatos symoniacos... epistola. 
Multa mihi in presulibus... » (^02) ; — Ejusdem « ad quosdam sco- 



68 NOUVELLES ACQUISITIONS 

lasticos, tlieologos, etc. , quod veram ac solidam pacem nisi emendatis 
moribus assequi non possumus... » (^0D v); — «Dominica ^8. post 
Trinitalem, sermo 3*^^ Jacobi de Voragine » (i08) ; — « Tractalus de 
corpore Chrisli. Ad honorem gloriose etindividue... » (HO) ; — « Ser- 
mo 3"s dominica in Quinquagesima [Jacobi] de Voragine » (J^3); — 
« Dominica prima post Trinitatem » sermones i-iir ejusdem {^-le v°) ; 
— « Sermo factus per mag. Johannem Parvi contra notorios forni- 
catores presbileros » (^2^ v°) ; — Ejusdem sermo « de Eucharistie 
sacramento » (^ 29) . 

xve s. Pap. encarté de parch. 4 35 feuillets. (Provient du Collège 
du Trésorier, puis des Récollets de Paris.) 

560. Liber precum, cum figuris. 
xiv^ s. Parch. 264 feuillets. 

561. Joannis de Sacro Bosco tractatus de spheera (^) ; — Joannis 
de Garlandia synonyma (^8); — Pétri Abaelardi monita ad Astrala- 
bium filium (35 v°) ; — Anonymi collectanea de Deo, angelis, dé- 
mentis, metallis, lapidibus, plantis, avibus, piscibus, animalibus et 
homine : « In principio creavit Deus celum, etc. Videamus igitur 
quid est Deus?... » (55). [Cf. le ms. Libri -1068 à la Laurentienne de 
Florence; Notices et extraits des mss.^ t. XXXII, p. 35.] 

xive s. Parch. ^05 feuillets. 

562. Cartularium S. Benigni Divionensis. 
xiii^ s. Parch. -HT feuillets. 

563. Notes autobiographiques autographes du cardinal Girolamo 
Aleandro, écrites en marge d' Ephemerides imprimées de Johann 
Mùller, de Kœnigsberg (U92-45n), in-4o. 

xvi" s. Pap. 377 feuillets. 

564. Inscriptions latines antiques et du moyen âge, copiées par 
P. Mérimée à Orléans, Saint-Benoit-sur-Loire, Blois, Tours, Poitiers, 
Saintes, Bordeaux, Lectoure, Auch, Bagnères-de-Bigorre, Saint- 
Bertrand-de-Comminges, Toulouse, Luchon, Périgueux et Amiens. 

xrx^ s. Pap. 3i feuillets. 

Moyen format. 

1689. « Missale secundum usum Eduensem, » cum calendario. 
XIV' s. Parch. 306 feuillets. Peintures. 



DU DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 69 

1690. « Missale secundum usum Byterii ecclesie, » cum calen- 
dario. 

xv^ s. Parch. 362 feuillets. Peintures. (Provient du « CoUeg. Biter. 
S. Ludovici, dono... D. D. de Bausset de Roquefort, épis. Biter. ») 

1691. Roberti de Tumbalena, S. Vigoris abbatis, commentario- 
rum in Canlica canticorum fragmentum (fol. -1). — Acte de « Hum- 
bertus, dominus Morestelli, » en faveur de l'abbaye de Hautecombe, 
1239, a in crastino oet. Epiphanie » (fol. 9). — « Ancienne déclara- 
tion des livres appartenans au monastère de Saint-Estienne » : « Hii 
sunt Sancti Stephani. II. Istorie,... » (fol. iO). 

xii«-xiii^ s. Parch. ^0 feuillets. 

1692-1693. Recueil de pièces relatives aux familles Audifred, 
Moyssard, Charrier, de Bargeton et d'Espèrandieu, demeurant à Uzès 
et à Bagnols-sur-Gèze (U65-1630). — On y a joint dix fragments de 
registres de notaires des villes de Bollêne, Marnas, Piolenc et 
Bagnols-sur-Gèze, concernant différents membres de la famille Char- 
rier (U80-'I633). 

xv«-xvii« s. Parch. et pap. 50 et 216 feuillets. 

1694. Photographies de la charte de fondation et de cinq autres 
documents relatifs à la chartreuse de Lugny. (xii« siècle.) 

XIX" s. Pap. 6 feuillets. (Don de M. A. de Barthélémy.) 

1695. « Recognitiones castri et mandamenti de Aurella facte 
magnifico... domino Ludovico de Belloforti, comiti Alesti, dominoque 
marquetiatus de Canilhaco... 1425. » 

xv^ s. Parch. Feuillets i-lxxv et ciiii-vP^iiii. 

1696. « Gesta Crisopolitanse ecclesise Bisuntinœ, » auctore Gui- 
done, monacho S. Pauli Bisuntini, usque ad a. 1404. 

xvi« s. Pap. 28 feuillets. 

1697. Abrégé de la Bible, en vers latins : « Genesis. Astripotens 
celum, terram, speram, mare, germen... Scriptum Hasnonii per 
quendam religiosum ejusdem monasterii » (fol. 1); — Autre abrégé 
de la Bible, en vers : « Verbum a principio procedens eterno... » 
(fol. i 1 9) ; — Poème sur le Missus est anyelus Gabriel. « iMissus est de 
celesUbus nuncius régis omnium... » (fol. 151) ; — « Epilogus fra- 
tiis Mathie et religiosi Sancti Martini Tornacensis super quibusdam 
punctis principalibus in régula sancti Benedicti contentis, « seu 
« Medulla régule beati Benedicti » (fol. 172) ; — Vers mnémoniques 



70 NOUVELLES ACQUISITIONS 

sur la Bible : « Sex prohibet, peccant, Abel, Enoch, archa fit, 
intrant... » 
xv« s. Parch. 243 feuillets. (Provient du marquis d'Astorga.) 

1698. Recueil de chartes originales, latines et provençales, en 
faveur de l'abbaye de Belloc, en Rouergue. (•1161-1421.) 

xii«-xve s, Parch. 25 pièces. 

1699. a Extrait du Nécrologe de Pontlevoy, manuscrit de la 
bibliothèque de Blois, » n° 2; copie de M. Tabbé Métais. 

xix« s. Pap. 22 feuillets. (Don de M. l'abbé Métais.) 

1700. Gonsilia jurisconsultorum : Bartholomœi de Sarciano (2), 

— Baldi et Pétri de Perusio (40 v°), — Gasparis de Castello (43 v), 

— Floriani de S. Petro de Bononia (45 v°), — Laurentii de Ridolfis 
(47 v°), — Raphaelis Fulgosii (49 v°), — Pétri de Ancharano (50 v°), 

— Dionysii de Bangianis (53), — Joannis de Imola (54), — Joannis 
de Lignano (55 v"), — Francisci de Ramponibus (55 v»); — « Dicta 
notabilissima... collecta per Matthseum de Matasclanis de Bononia... » 
etc. (57) -, — Epistola « Salustii domini Guilielmi de Perusio » 
(87 v") ; — Glossœ in Godicem et Digestum, auctore (?) Angelo de 
Ubaldis (88). 

xiv«-xv^ s. Pap. 364 feuillets. 

1701. Constantini Africani Viaticum peregrinantium, cum glossis 
Guiraudi. 

xiv« s. Parch. iS\ feuillets. 

1702. G. J. Csesaris commentariorum de bello Gallico libri VIII. 
xv^ s. Parch. viii et -102 feuillets. (Provient de M. de Saint-Simon, 

évêque d'Agde.) 

1703. Pauli Orosii historiarum adversus Paganos libri Vil; copie 
de l'édition de Vicence, Herm. Lichtcnstein, s. d. [Hain, n° 12099] 
(14) ; — « Magni Basilii liber, per Leonardum Arelinum e greco in 
latinum translatus, ad juvenes religiosos quibus studiis opéra danda 
sit » (183); — S. Dionysii Areopagitse epistolae, « e greco in lati- 
num translate per fratrem Ambrosium [Traversari ?] , eximium 
sacre théologie magislrum » (191); — précmittuntur : « Homonea 
ad preetereuntes » [Anlh. lut., éd. Burmann, IV, 142] (1 v**) -, — 
Défense par le consul P. Valerius de traverser le Rubicon (2) ; — 
a Anno Ghristi 1468-, ad papam Paulum » II, six vers de dédicace 
d'une église : « Hecdelubra, pater... » (2) ; — a Hecuba reginadicit : 



DU DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 7^ 

Quicunque regno fidit... », 7 vers (2); — accedunl : xii abusiones 
sœculi, VII humanitatis gradus, vu curialitales, etc. (194 v°)-, — 
« Ypolite, illustrissimi Mediolani ducis filie pulcherrime, coram... 
papa Pio II et sacro cardinalium collegio oratio Mantue habita » 
(^95] • — pii II responsum, et « versus in Turcum » (195 v°). 

xv^ s. Pap. encarté de parch. 202 feuillets. (Provient de Salva, 
puis de Heredia.) 

1704. « Brevis istoria Hispanie,.-- edicta a Roderico Sancii [de 
Arevalo], episcopi Calagurrilani, S. D. N. Pauli II in Castro suo 
S. Angeli prefecto. » — Aux armes « Pétri Ferrici, episcopi Tiraso- 
nensis » (1464-'I468). 

xv^ s. Pap. 130 feuillets. (Provient de « Gregorio de Miranda, col- 
légial de S. Salvador de Ubiedo, » puis de Heredia.) 

1705. Servii grammatici in Virgilium commentariorum libri 
omnes. 

Copié en 1462. Pap. 317 feuillets. 

1706. A. G. Celsi artium liber VI, seu de medicina libri VIIÏ. 
xv« s. Parch. 183 feuillets. 

1707. Pontificale Romanum Augustini Patricii de Piccolominibus 
(1488). — Cf. Hain, Repertorium, n° 13283. 

xv^ s. Pap. 1 73 feuillets. 

1708. « Magni Pompeii vita per Jacobum Angeli ex Plutarcho e 
greco in latinum traducta » (1 ) ^ — « Jannozii Manetti laudatio Januen- 
sium, ad... D. Thomam de Gampofregoso, Janue ducem » (41). — 
Aux armes des Ruccellai de Florence. 

xv^ s, Parch. 63 feuillets. 

1709-1710. Catalogue des manuscrits latins de la Bibliothèque 
du Roi, par Mabillon et autres Bénédictins. (N°^ 3361-4669 et 
4671-6681.) 

XVIII' s. Pap. 624 et 695 feuillets. 

1711. Recueil d'inscriptions latines d'Italie. La plupart ont été 
copiées à Rome, Vérone, etc.; il y a cinq inscriptions grecques de 
Pantocrator au Mont-Athos, de Thasos, etc. 

xvi« s. Pap. 100 feuillets. (Ex libris « di D. Benedetto Bissi Pia- 
centino, 1794. ») 



72 NOUVELLES ACQUISITIONS 

Grand format. 

2353. a Bibliotheca Sammiellana ad Mosam. » 
xix« s. Pap. 235 pages. 

2354. a Recensio manuscriplorum codicum, qui, ex universa 
Bibliolheca Vaticana selecti, jussu domiiii nostri Pii VI, Pont. Max., 
prid. id. jul., procuratoribus Gallorum, jure belli, seu pactarum 
induciarum ergo et initse pacis, traditi fuere. — A Rome, le 23 mes- 
sidor an 5« (n97). » 

xviii" s. Pap. 49 feuillets. (Provient de la bibliothèque de l'École 
polytechnique). 

2355. Recueil de pièces originales, copies et fragments divers, 
(ix^-xviri* siècle.) 

Bulle de Pascal II en faveur de l'abbaye de Vézelay, nov. \ \ 03 
(copie) (fol. i)-, — Pièces relatives au prieuré de Notre-Dame de 
Nonenque, diocèse de Lodève (^'l()2-J27C) (fol. 3, 4 et -13); — Pièces 
relatives à Laçy, ou Lassy (Calvados), copies du xvi* siècle (fol. 5); 
— Bulle de Clément IV et pièces diverses relatives à la commune de 
Sarlat (xiir-xiv* siècles) (fol. -12, -14 et 4 5) ; — Gonflrmation par Jean 
d'Armagnac de dons faits par son père à son conseiller Bérenger, dit 
Mène, seigneur de Gaslel Pers, à Villeneuve-lez- Avignon, 6 mai 4 384 
(fol. 4 7)-, — Pièces relatives à l'église collégiale de Saint-Nicolas- 
dii-Louvrc (xvi*-xvii° siècles) (fol. 4 8, 49, 24, 23 et 24)-, —Lettre de 
LamJjcrt Vossius à Henri Dupuy, 4 639 (fol. 20) ; — Lettre de Henri 
de Valois à Isaac Vossius, 4 654 (fol. 25) ; — Acte d'association aux 
prières des membres de la Compagnie de Jésus, en faveur de Etienne 
de Silbouette (28 août 4 754) (fol. 27); — Fragments de manuscrits 
(ix'=-xv'' siècle), parmi lesquels on citera des fragments des Pro- 
phètes, des Évangiles, de la Cité de Dieu de saint Augustin, de plu- 
sieurs Bréviaires et Missel, des Insiitutes de Justinien (fol. 281 ; — 
Vidimiis d'une dispense accordée par le pape Urbain VIII pour le 
mariage de Silvestre Cuxxino et de Porlia Gozza, du diocèse d'Avel- 
lino, 4 639 (fol. 57)5 — Compte de la Cour des appels de Toulouse 
(xive siècle) (fol. 59) ; — Obituaire du monastère de Montsalvy (Cantal) 
(fol. 62) ; — Compte de dépenses d'un voyageur italien du xiv« siècle 
(fol. 64). 

ix^-xvii* s. Parch. et pap. 65 feuillets. 



DU DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 73 

2356. Missale monaslicum « secundum usum ecclesise Claromon- 
tensis, » cum calendario. 

xv" s. Parch. 368 feuillets. 

2357. Vidimus par G[onrad?], archevêque d'Athènes : -1° d'un 
mandement de Pelage, évêque d'Albano (21 juin i2U)\ 2° d'une 
bulle d'Innocent III (12 janvier 12^6); 3° d'une bulle d'Honorius III 
(26 août -(223), relatifs à Livadie et à l'hommage prêté au saint-siège 
pour le château de cette ville, par Othon de la Roche, sire de Ray, en 
Franche-Comté. 

xiiie s. Parch., avec fragment de sceau sur double queue. 

2358. Manuale precum ad usum S. Gornelii Gompendiensis. 

La couverture de ce volume, qui a été détachée, est déposée au 
Cabinet des médailles et antiques ; elle se compose de deux plaques 
d'ivoire sculpté formant le diptyque du consul Flavius Theodorus 
Philoxenus Sotericus (525). Cf. Ghabouillet, Catalogue des camées, 
etc. (^1858), n" 3266. 

XHi** s. Parch. 54 feuillets oblongs. 

2359-2362. Recueil de pièces originales relatives à lUe-sur-la- 
Têt et autres lieux des diocèses d'Elne et de Perpignan. 

I (2359). N°^ -1-55; années ^35'I-U6i. — II (2360). N°^ 56-4^5^ 
années -1463-^530. — III (2361). N"H^6-^^33; années I53f-'I599. 

— IV (2362). N°' ^ 54-1 95; années 1600-1782. 
xiv^-xviii^ s. Parch. et pap. -195 pièces. 

2363. Recueil de chartes originales (1128-1563) : Charte de Manas- 
ses, doyen de Saint- Jean de Besançon, en faveur de l'abbaye de Bel- 
levaux, 1128 (1) ; — Charte de Thibaut, évêque d'Amiens, 1169 (2); 

— Bulle de Grégoire VIII en faveur de l'abbaye de Bellevaux, 1188 
(3); — Charte d'Amédée de Dramelay, archevêque de Besançon, en 
jfaveur de la même abbaye, 1195 (4) ; — Charte de « Guifridus, dic- 
tus Rabos de Verton, » en faveur du prieuré de Beaurain, 1231 (5); 

— Charte des franchises de Romorantin , accordée par Mathilde, 
comtesse de Chartres, en 1249 (6); — Charte de l'officialité d'Amiens 
relative au prieuré de Buiencourt, 1288 (7) ; — Bail d'une vigne par 
« Hugo Rogerii, dominus Balmetarum, » au diocèse de Vaison, à 
« Guillelmus Desiderii de Falcone, » 1389 (8) ; — Donation par J.-F. 
Summaripa à Etienne Gattalusio, évêque de Milet, de maisons sises 
àNaxos, 1563 (9). 

xii*-xvi* s. Parch. 9 pièces. 



74 NOUVELLES ACQUISITIONS 

2364. a Catalogus librorum Glaudii Gros de Boze. » 
xviiie s. Pap. V et 'l 74 feuillets. 

Très grand format. 

2570. « Gomputus viri nobilis Hugonini Doyena, castellani Mon- 
tis Diderii, de reddilibus et exitibus dicte castellanie, a die septima 
inclusive mensis febmarii, anno Domini millesimo quatercentesimo 
trigesimo primo usque ad diem septimam exclusive dicti mensis 
februarii anno Domini millesimo quatercentesimo trigesimo secundo, 
videlicet de uiio anno integro, receptus apud Ghamberiacum. » 

XV* s. Parch. -JS feuillets. 

2571. Charte de Henri IV, roi d'Angleterre, confirmant la dona- 
tion faite du manoir de Ghesthunt (Herford) à John Norbury par Ralph 
Nevill (^"juin U^2); avec sceau brisé. — Gharte de Henri YIII, roi 
d'Angleterre, accordant à Robert Bocher et à Elisabeth, sa femme, 
« Cruelfelde Grange, » qui appartenait précédemment au monastère 
de Stoneley (U avril ^545) -, avec sceau. 

xv«-xvi« s. Parch. 2 pièces. (Don de sir George Duckett.) 

2572. Recueil de chartes et pièces originales (^05l•^547). 

\ . « Noticia domni Ayrardi de molendino, quod in aquam Sancli 
Martini jussit fieri » (Tours, 27 juillet 4 051). — 2. Gharte de 
Louis VI, roi de France, accordant vingt sous de rente à l'église de 
N.-D.-des-Ghamps (M 32). — 3. Cession par Arnould de « Weinse- 
male, » aux religieuses de Maeghdendale (Vallis virginum), de diffé- 
rentes terres et moulins, avec le consentement du duc de Lorraine et 
Brabant (mars -1245). — 4. Bulle du pape Eugène IV déléguant à 
l'abbé d'Aniane le pouvoir de conférer un bénéfice à Bertrand de 
Brison, moine de la même abbaye (24 avril -1431). — 5. Mandement 
de François de Rochechouart relatif aux moulins et papeteries de la 
sénéchaussée de Toulouse (^4 févr. -1503). — 6. Consentement du 
curé de Souzay à l'érection en cure de la chapelle de Glatigné, à la 
demande de Martin du Bellay (27 oct. -1547). — 7. Acte de Jean 
Brouillier, archidiacre de Passai et chanoine du .Mans, relatif à la 
même érection (^2 nov. 1547). 

xi*-xvi* s. Parch. 10 feuillets. 



3 



DD DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 75 



Manuscrits français. 



Petit format. 

4689. Copies de pièces relatives au mariage et à la séparation de 
« ]\P Alexandre-François-Marie, vicomte de Beauharnais, » et à 
« Marie-Josèphe-Rose de Tascher La Pagerie, son épouse » (1 779- 
n94). 

xix« s. Pap. 22 feuillets. (Don de M. le vicomte de Grouchy.) 

4690. Donat, en français. — On lit à la fin : « Expliciunt acci- 
dentia, Deo gratias, per me Michaellem Glareti, anno Domini U8S, 
die ^3 mensis martii. » 

xv^ s. Pap. -10 feuillets. 

4691. « Copie du catalogue de la bibliothèque de Pontoise. — 
KSI 7. » 

XIX® s. Pap. 65 feuillets. 

4692-4695. « 3Ianuscrit autographe du voyage en Grèce (^840- 
iSU), par J. Alex. Buchon. » (Publié en 1843, in-12.) 

XIX® s. Pap. 356, 356, 294 et 211 pages. (Don de M. le baron 0. de 
Watteville). 

4696. Notes de recettes et dépenses du poète Gilbert et de quelques 
membres de sa famille (1779-1804). 

xviii®-xix®s. Pap. 49 feuillets. (Don de M. Salmon, conseiller hono- 
raire à la Cour de cassation.) 

4697. Mémoires de Madame Roland. 

Manuscrit autographe contenant le texte des portraits de Brissot, 
Cazalès et Danton, et une lettre ou discours adressé à Jarry. 
xviii« s. Pap. 13 feuillets. 

4698. Mémoires de Henri-Louis de Loménie, comte de Brienne, 
sur le règne de Louis XIV. (Copie.) — Cf. le n° 6450. 

xviii® s. Pap. 453 pages. 

4699. Notice du ms. grec 2108 (Nie-Alex. Maurocordato, Philo- 
thei Parerga), par Jean Boivin (1719). 

xviii® s. Pap. 10 feuillets. 

4700. « Problème : Diviser un angle rectiligne en trois parties 



76 NOUVELLES ACQUISITIONS 

égales. Anallse de la solution de ce problème par une nouvelle mé- 
thode. — n34. » 
xviii^ s. Pap. \7 feuillets et figures. 

4701. ce Traité sommaire des différentes espèces de droits qui se 
perçoivent dans le royaume, avec la description topographique des 
provinces sujettes aux tarifs de ^G64, 1667 et ^672, aux droits uni- 
formes et aux droits locaux, comme provinces réputées étrangères. » 
— On y a joint une « Carte des traités » et une « Carie des gabelles. » 

xviii'^ s. Pap. i 09 pages et 2 cartes. 

4702. « Catalogue des livres de M. de Villeneuve, conseiller au 
Grand Conseil. — nss. » 

xviii^ s. Pap. 87 et 40 pages. 

4703. Inventaire du mobilier du château de M. de Villeneuve, à 
Villoiseau (174^-^52). 

xviii^ s. Pap. 88 pages. 

4704. « Table des tailles royaulx au diocèse d'Alby, faict pour la 
cité et ville dudit Alby, pour partir et distribuer à chacun dudit dio- 
cèse sa quote porcion, le tout en suyvant l'ordonnance du roy nostre 
sire au pays de Languedoc,... faicte... audit Alby, le vi«de décembre 
l'an mil cinq cens trente sept. » 

xvie s. Parch. -109 feuillets. 

4705. « Explication des peintures, sculptures et gravures de mes- 
sieurs de l'Académie royale.., » (n75.) 

xviii'' s. Pap. 67 pages. 

4706-4707. Lettres du cardinal de la Luzerne, évêque de Langres, 
à la comtesse de Brèves (-I8i4-i820). 
xix" s. Pap. 478 et 309 feuillets. 

4708. Généalogies de différentes familles parlementaires pari- 
siennes. 

xviii^ s. Pap. <45 feuillets. (Provient deTurgot; ex-libris gravés 
de a Charles de Baschi, marquis d'Aubais, » et de Ph.-L. de Jou- 
bert.) 

4709. Recueil de copies de pièces pour servir à l'histoire des xvii^ 
et xviii'= siècles. (« Mal-entendu d'Anvers, -JdSS, ms. \06. ») « Rela- 
tion du voyage du duc d'Anjou aux Pays-Bas, » par « M. de La 
Châtre » (p. -!)•, — « Recueil de plusieurs lettres concernant le pro- 
jet du siège de Tbionville en -1639... » (p. 97); — « Mémoire sur la 



DD DÉPiIlTEMEi\T DES MANCSCRITS. 77 

généalogie de la famille de Boulainviller, ensemble des familles qui 
y sont alliées » (p. 393); — « Généalogie de la maison des Rabots » 
(p. 465); — Généalogie de la famille d'Ourches (p. 52i) ; — « Offi- 
ciers de la maison de Rohan » (p. 523) -, — Généalogies des familles 
Douglas, Desbarre, Brunot, Dubourg, Gavaignes, de Glermont-Ton- 
nerre, Mesgrigny, Saumaize, de Mercy, Mallet de Cramenil (p. 543) ; 
— a Relazione dell' origine e parentela délie p[r]imarie famiglie 
nobili di Roma... ^734 » (p. 573); — « Table généalogique de la 
maison de Grivel de Grossouve d'Auroy, » par Clairambauit, -1736 
(p. 669) ; — Généalogies de différentes familles italiennes et de pays 
d'Empire (p. 692) ; — « Réflexions historiques sur la mort du roi 
Henry le Grand, extraites d'un ms. écrit de la main de M. Augustin 
Le Petit, escuier, sieur de Canon, avocat au Parlement de Norman- 
die » (p. 74^). 

xviii^ s. Pap. 769 pages. (Ex-libris du marquis d'Aubaïs et de Ph.-L. 
de Joubert.) 

4710-4711. « Recherches généalogiques » sur différentes familles 
françaises et étrangères (-1750 et -1758). — Il y aune table des généa- 
logies à la fin de chaque volume. 

xviii^ s. Pap. 81-1 et 820 pages. (Ex-hbris de Ph.-L. de Joubert.) 

4712. Généalogies des maisons de Thibault et de Thibout. 
xviii^ s. Pap. -10 feuillets. 

4713. Recueil de diverses lettres historiques relatives au règne de 
Louis XIII; copie partielle du ms. 28 de la bibliothèque de Salins. 

xix^ s. Pap. -192 pages. (Don de M. B. Prost.) 

4714. « Voyage des Indes orientalles par le vaisseau du roy le 
Maurepas,... commandé par M. le chevalier de Fontenay... » (-1703- 
d704). 

xviiF s. Pap. 30 feuillets. 

4715. « Eloge funèbre de Louis XV, prononcé dans l'église parois- 
sialle de Saint-Germain par M. Thomas, recteur de l'hôpital de Vit- 
teaux, à Vitteaux, le 21 juin 4 774. » 

xviii^ s. Pap. 15 feuillets. (Don de M. le chanoine Haigneré.) 

4716-4718. a La Pucelle d'Orléans, par M. de Voltaire. » 
Trois exemplaires, provenant de la collection Beuchot. 
xviii« s. Pap. 363, 289 pages et ^124 feuillets. 

4719. Recueil de copies de lettres pour servir à l'histoire politique 
et littéraire du xviii* siècle. 



78 NOUVELLES ACQUISITIONS 

Lettres de et à Voltaire, de Frédéric II, roi de Prusse, deM"'^ Geof- 
frin, de M"« Clairon, de M"" Lecouvreur, de Grimm, de Catherine, 
impératrice de Russie, de J.-J. Rousseau, etc. 

xviiies. Pap. 255 pages. (Ex-libris de « M"« la comtesse de Bois- 
gelin, dame de Remiremont. » — Provient de la collection Beuchot.) 

4720. « Gaquire, parodie de Zayre, » de Voltaire. 

xviri'' s. Pap. 32 feuillets. (Provient de la collection Beuchot.) 

4721. a Table du Catalogue Méon,... rédigée par Auguste Vei- 
nant. » 

xix^ s. Pap. IX et 376 pages. (Provient de la collection Jullien.) 

4722. Cahier de notes autographes de Charles Lenormant, parmi 
lesquelles on remarque quelques croquis de monuments et des copies 
d'inscriptions antiques, chrétiennes et du moyen âge de Lieusaint, 
près Valognes, Tours, Angers, Falaise et Guibray. 

xix« s. Pap. 63 feuillets. 

Grand format. 

5274. « Exercices d'une armée campée en temps de paix, conte- 
nant ce qu'on y doit observer pour entretenir les troupes dans l'habi- 
tude de leurs fonctions en temps de guerre, dédié au Roy par M. de 
Guignard,. chevalier de Tordre militaire de Saint-Louis, lieutenant- 
colonei du régiment d'infanterie du Thil réformé. — -1 732. » 

xviii'' s. Pap. 64 pages. 

5275-5276. Comptes de « Chariot Gasteliain, receveur en la 
viconté d'Auge, pour... Madame Marie, ducesse d'Orléans,... aiant la 
garde de Mons. Loys, son fiiz, » pour les années ^472-^48^. 

Le ms. 5275 contient les comptes 43^-59° pour le terme de Saint- 
Michel 1472-^480; le ms. 5276, les comptes 44«-60'= pour le terme de 
Pâques ^473-^48'^. Ces comptes concernent différentes localités du 
département actuel du Calvados. 

xv« s. Parch. 388 et 323 feuillets. 

5277-5278. « Catalogue général de la bibliothèque de la ville 
d'Aix, département des Bouches-du-Rhône, au ^" décembre -18^9. » 
xix"^ s. Pap. 236, 2^0 et 244 pages, et 352 feuillets. 

5279. « Ville d'Alais. Bibliothèque publique. Catalogue par ordre 
de matières. — ^8^6. » 
xix" s. Pap. •15 feuillets. 



DD DEPAHTtJIEJST DES MA.MSCRITS. 79 

5280. « Catalogue supplémentaire des livres et ouvrages dont la 
bibliothèque publique d'Albi a fait l'acquisition... depuis l'an XII 
(1804). — Albi, S juillet 1813. » 

xrx^ s. Pap. i I feuillets. 

5281. « Catalogue de la bibliothèque d'Angoulème. — -1844. » 
xix^ s. Pap. U6 feuillets. 

5282. « Catalogue général des ouvrages et volumes composant la 
bibliothèque près TÉcole centrale du département de la Creuse, » à 
Aubusson, et transportés à Guéret. « An IX. » — Fol. 61. « État des 
livres tirés de la bibliothèque dWubusson pour le lycée de Limoges. 
An XIII. )) — Fol. 67. « État des livres de nouvelle acquisition par 
dons » à la bibliothèque de la ville d'Aubusson (^816). 

XIX® s. Pap. 67 feuillets. 

5283. « Catalogue des livres de la bibliothèque de l'École centrale 
du département du Gers, )) à Auch. 

xix^ s. Pap. IH feuillets. 

5284. « Catalogue méthodique des livres et ouvrages de la biblio- 
thèque publique de la ville d'Auxonne,... par M. Cl. -Xavier Girault. 

— 1806. » 

XIX® s. Pap. ^45 pages. 

5285-5288. « Catalogue de la bibliothèque publique de la ville 
d'Avignon, par ordre de matières. » 

Tome l (3283), Théologie; — tome II (3286), Jurisprudence, 
Sciences et Arts, Belles-Lettres; — tome III (3287), Histoire et 
xManuscrits; — tome IV (3288), Catalogue des livres achetés ou 
donnés à la bibliothèque publique de la ville d'Avignon depuis 1806, 
époque de l'ouverture de la bibliothèque, jusqu'au i " novembre 1 813. 

xix« s. Pap. 396, 300, 296 et 43, et -18 pages. 

5289. a Catalogue des livres de la bibliothèque de Bar-Ie-Duc. — 
^82^. » 

xix= s. Pap. ^9 feuillets. 

5290. « Catalogue des ouvrages contenus dans la bibliothèque de 
la ville de Bastia (isle de Corse). — ^8^7. » 

XIX® s. Pap. 20 feuillets. 

5291. « Catalogue des livres composant la bibliothèque de Baume. 

— 1807. » 

XIX® s. Pap. ^ 6 feuillets. 



80 NOUVELLES ACQUISITIONS 

5292. « Département du Doubs. Ville de Besançon. Catalogue des 
livres remis à la disposition du maire de Besançon en exécution de 
l'arrêté du gouvernement du 8 pluviôse an XL » 

XIX* s. Pap. 871 feuillets. 

5293. « Duplicata du catalogue des livres de la bibliothèque de la 
ville de Blois. -1817. — Histoire, Mémoires et Voyages. » 

xix« s. Pap. ^87 feuillets. 

5294. a Catalogue général de la bibliothèque de la ville de Bou- 
logne-sur-Mer. » 

XIX* s. Pap. 147 feuillets. 

5295. « Catalogue des ouvrages qui composent la bibliothèque 
publique du département de l'Ain, » à Bourg. 

XIX* s. Pap. 73 feuillets. 

5296. « Catalogue ou état des livres de la bibliothèque publique 
près l'École centrale du département du Cher, à Bourges, -1 brumaire 
an XI. » 

XIX* s. Pap. 258 feuillets. 

5297. « Catalogue des livres de la bibliothèque publique de la ville 
de Bruxelles, département de la Dyle. » 

XIX* s. Pap. 378 feuillets. 

5298-5299. « Livres et manuscrits qui se trouvent à la biblio- 
thèque de Cambrai. — Mars 1821. » 
xixe s. Pap. 436 et 338 feuillets. 

5300. «■ Bibliothèque de Carcassonne. Catalogue divisé en [cinq] 
classes... — 1820. « 
XIX* s. Pap. 547 pages. 

5301-5302. « Cathalogue des livres de la bibliothèque de la ville 
de Castres. — 1807. » — « Cathalogue des livres de la bibliothèque 
de la mairie de la ville de Castres. » 

XIX* s. Pap. 42 et 32 feuillets. 

5303. « Catalogue des livres composant la bibliothèque de la ville 
de Charleville. — 1814. » 
XIX* s. Pap. XVI et 928 pages. 

5304-5305. Catalogue de la bibliothèque de la ville de Chartres. 
20 brumaire an XIIL — Catalogue des livres réunis à la bibliothèque 



DU DÉPiRTEMENT DES MANUSCRITS. i8^ 

de la ville de Chartres depuis l'arrêté du 29 brumaire an XIII [i 805) 
jusqu'au V janvier -18-i3. 

XIX* s. Pap. 8-17 pages et 6 feuillets. 

5306. « Catalogue de la bibliothèque de la ville de Châtillon-sur- 
Seine (Côte-d'Or). — 'i82^. » 

XIX* s. Pap. 42 feuillets. 

5307. « Bibliothèque de l'École centrale du département de la 
Haute-Marne, à Chaumont. — -1809. » 

xix* s. Pap. A6i feuillets. 

5308. Catalogue de la bibliothèque de Clermont-Ferrand. — 4818- 
^ 82 f . 

XIX* s. Pap. 399 feuillets. 

5309. « Catalogue des livres composant la bibliothèque de la ville 
de Compiègne. — ■18'I9. » 

XIX* s. Pap. U feuillets. 

5310. Catalogue de la bibliothèque publique de la ville de Dijon, 
xix^ s. Pap. 93^ pages. 

5311. « Catalogue de la bibliothèque de la ville de Dunkerque. 
— 18^8. » 

XIX* s. Pap. 42 feuillets. 

5312-5313. « Département de l'Ariège. Cathalogue de la biblio- 
thèque départementale. » — « Catalogue de la bibliothèque de Foix, 
département de l'Ariège, rétablie en iS\ 7 par les soins de M. de Ghas- 
sepot, baron de Chaplaine,... dressé le 4*'' janvier 4818. » 

xix^ s. Pap. \3 et 58 feuillets. 

5314. a Catalogue des livres composant la bibliothèque de la 
ville de Gray. — 1820. » 

XIX* s. Pap. \0 feuillets. 

5315. « Catalogue des livres composant la bibliothèque du dépar- 
tement de la Creuse, établie à Guéret. — \S'2i. » ~ Cf. le n" 6397. 

XIX* s. Pap. 27 feuillets. 

5316. « Catalogue des livres de la bibliothèque d'Ivrée. — 1 806. » 
XIX* s. Pap. 56 feuillets. 

5317. « Catalogue des livres composant la bibliothèque du Havre 
et venus des abbayes de Fécamp et du Vallasse, et des Capucins 
d'Harfleur. — 1799. » 

xviii« s. Pap. 64 feuillets. 

1894 6 



82 NOUVELLES ACQUISITIONS 

5318-5319. « Catalogue des livres qui composent la bibliothèque 
du département de la Sarthe. Tome I. UV2. — Catalogue des livres 
qui sont classés dans la seconde salle de la bibliothèque du Mans. 
Tome II. ^8U. » Suivi du Catalogue des manuscrits, par M. Re- 
nouard. 

xixe s. Pap. Tome I, 638, 20, xiv et 26 pages; tome II, 436, v, xi 
et -158 pages. 

5320-5323. Bibliothèque de Lille. Catalogue général. Tome IV, 
Belles-lettres-, — tome V, Histoire, tomel; — tome VI, Histoire, 
tome II; — tome VII, Table des auteurs. 

XIX* s. Pap. -168, 2^2, 22^ et U6 feuillets. 

5324. « Catalogue par ordre de matières de la bibliothèque de 
Limoges. — 2-1 mai 4820. » 

XIX* s. Pap. -158 pages. 

5325. « Catalogue des livres existant dans la bibliothèque de 
Lous-le-Saulnier, établie au collège. — -18-18. » 

XIX* s. Pap. -1 feuillets. 

5326. « Département de la Meuse-Inférieure. Catalogue des livres 
composant la bibliothèque de la ville de Maestricht, chef-lieu. » 

XIX* s. Pap. VIII et -183 pages. 

5327. « État des hvres provenant de l'ancien dépôt du ci-devant 
district de Marmande, mis à la disposition et sous la sauvegarde de 
M. Ducomet, principal du collège de la même ville... — 4812. » 

xrx^ s. Pap. 2 feuillets. 

5328. « Catalogue de la bibliothèque publique communale de la 
bonne ville de Montauban. — -1813. » 

XIX* s. Pap. 70 feuillets. 

5329. « État du catalogue des livres formant la bibliothèque du 
collège de Montbéliard. » 

XIX* s. Pap. -10 feuillets. 

5330-5331. « Catalogue de la bibliothèque de la ville de Mou- 
lins. — -1823. » 
xix« s. Pap. 503 et 722 pages. 

5332. « Catalogue des livres de la bibliothèque publique de la 
ville de Neufchàtel. — -1819. » — Cf. le n° 6424. 
XIX* s. Pap. -10 feuillets. 



DU DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 83 

5333. « Catalogue de la bibliothèque de Nevers. — -J 8-1 0. » 
XIX* s. Pap. i 32 pages. 

5334. « Catalogue des livres de la bibliothèque de Nîmes, par 
J.-E. de Thomas-Lavernède, » — et « Catalogue des médailles » 
(fol. 203). 

xixe s. Pap. 217 feuillets. 

5335. « Catalogue des livres de la bibliothèque de la commune 
de Niort (Ueux-Sèvres), disposé et mis en ordre par F.-J. Frigart. — 
Niort, 4813. » 

xix* s. Pap. -102 feuillets. 

5336. « Catalogue de la bibliothèque de la ville d'Orléans, par 
M. Fabbé Septier. — -18-18. » 

xixe s. Pap. 839 feuillets. 

5337. « Catalogue de la bibUothèque de Pamiers (rétablie en -1 8-1 8), 
annexe de celle de Foix, département de l' Ariège, au -1 " janvier 4 8-1 9. » 

XIX* s. Pap. 65 pages. 

5338. « Catalogue de livres trouvés existants à la bibliothèque 
de Périgueux, le -1" février -1 8-1-1 [jusqu'en -1816]. » 

XIX* s. Pap. 78 feuillets. 

5339. « Catalogue des livres de FÉcole centrale du département 
des Pyrénées- Orientales, » à Perpignan. 

XIX* s. Pap. 324 feuillets. 

5340. « État général des livres qui composent la bibliothèque 
publique de la commune de Poitiers (alias de l'École centrale), extrait 
des catalogues des Dépôts littéraires. — -1806-1 8-1 6, » 

xixe s. Pap, 265 pages. 

5341. « Inventaire des livres composant la bibliothèque de l'École 
secondaire de la ville de Pontaiiier. — -1-1 vendémiaire an XII. » 

XIX* s. Pap. 52 feuillets. 

5342. « Bibliothèque communale de la ville de Provins, départe- 
ment de Seine-et-Marne. — -18-13. » 

XIX* s. Pap. -100 feuillets. 

5343. « État des livres extraits de la bibliothèque du Prytanée, 
pendant le mois de messidor an X, par le citoyen Ripaull, bibliothé- 
caire du Premier Consul, lesquels lui ont été remis en vertu d'un 
ordre du Ministre de Fintérieur, déposé au secrétariat de l'adminis- 
tration. » 

XIX* s. Pap. 33 feuillets. 



84 iNOCVELLES ACQUISITIONS 

5344. a Manuscrits de la bibliothèque de la ville de Reims, » et 
Catalogue des livres imprimés. 

xix^ s. Pap. 38 et -1494 pages, 

5345. « Bibliothèque publique de la ville de Rennes. » Catalogue 
des manuscrits et imprimés. — •1843. 

xix^ s. Pap. 433 feuillets. 

5346. « Catalogue des livres composant la bibliothèque du col- 
lège de la ville de Riom. — 4822. » 

xixe s. Pap. 38 feuillets. 

5347. « Catalogue de la bibliothèque de la commune de Roche- 
fort. — 4 820. » 

XIX® s. Pap. 24 feuillets. 

5348. a Catalogue de la bibliothèque de la ville de Rodez. — 
4848. » 

xix^ s. Pap. 375 pages. 

5349. « Copie du catalogue des livres de la bibliothèque publique 
de la ville de Rouen. — 4 806-484 7. » 

xixe s. Pap. 404, 88, 94 et 450 pages. 

5350. « Copie du catalogue de la bibliothèque de la ville de Saint- 
Quentin (Aisne). — 4 84 8. » 

XIX® s. Pap. 342 pages. 

5351. « Catalogue des livres de la bibliothèque de Senlis. — 
4 84 9. » 

xixe S. Pap. 50 feuillets. 

5352. « Catalogue de la bibliothèque de Soissons. » 
XIX® s. Pap. 544 pages. 

5353. a Bibliothèque publique de Toulon. — 4 807. » Catalogue. 
XIX® s. Pap. 89 feuillets. 

5354-5367. Catalogue de la bibliothèque de Toulouse. 

5354. tt Catalogue des mss. sur vélin et sur papier de la grande 
bibliothèque de Toulouse. » 00 pages. — 5355-5357. « Catalogue 
de la grande bibliothèque de la ville de Toulouse, » selon Tordre des 
salles. 484 6. Dauza biljliolliécaire. 325, 362 feuillets et 544 pages. 
— 5358-5367. <c Catalogue des livres de la bibliothèque publique, 
dite du Clergé de Toulouse. » (4 volumes.) 370, 4 94, 323, 448, 463, 
430, 405, 426, 245 et 324 pages. 

XIX® s. Pap. 44 volumes. 



DD DEPiRTEME'VT DES MANUSCRITS. 85 

5368. Catalogue des livres de la bibliothèque publique de la ville 
de Valenciennes. 
XIX* s. Pap. 202 pages. 

5369-5370. « Manuscrits de la bibliothèque de l'École centrale 
du département de Loir-et-Cher, à Vendôme, l'an V®. « (-1797.) — 
5370. « Catalogue des livres » imprimés de la même bibhothèque. 
(Double exemplaire des deux catalogues.) 

xviii^ s. Pap. -17 et -105 pages, et 47 feuillets. 

5371. Recueil de pièces diverses, rangées chronologiquement; 
originaux et copies (i 408-1 845). — Généalogie de « Jean de Greiliy 
de Foix, vicomte de Castelbon » (fol. -I). — « La première intelli- 
gence des cantons des ligues de Suisse avec Charles VII«, roy de 
France, faite l'an U52 pour durer à perpétuité, » -1452-1453 (fol. 2). 
— Lettres des « consuls de Perpignan [et du vicomte de Rode] à 
Madame de Bourbon, luy mandent qu'ils veulent demeurer sujets 
du Roy et ne se point rendre au roy d'Espagne, » 4 juin -1 493 ; copies 
(fol. 6). — Lettre de Charles YIII à Pierre, duc de Bourbon, lui 
ordonnant de remettre à Louis d'Amboise, évêque d'Albi, « le chas- 
tel et place de Perpignan, pour après en faire la délivrance » au roi 
d'Espagne (7 juillet -1493) ; copie (fol. 8). — Lettre de don Juan d'Au- 
triche à Philippe, comte d'Egmont (30 oct. -1578); copie inachevée 
(fol. 9). — Acte d'accusation de Louis de Marillac, maréchal de 
France; original, signé : « Morel, de La Rochefoucaut » (fol. \0). — 
a Extraict des registres de la Chambre souveraine establie par le 
Roy à Rueil-en-Parisis, » relatif au procès et à l'exécution du maré- 
chal de Marillac, en ^632 (fol. 32). — Érection par Louis XIV de la 
ferme de « la Potterie, » près Évreux, en demi-fief noble de haubert, 
en faveur de Mathurin Le Gousturier, lieutenant général au bailliage 
d'Évreux (octobre -1647) ; photographies (fol. 34). — Deux lettres de 
saint Vincent de Paul à M, Horcholle, curé de Neufchâtel (i" avril 
et 2 sept. -1650); calques (fol. 36). — Lettre de Christine, reine de 
Suède, à M. Ghanut, relative à son abdication (28 février -1654); 
copie (fol. 40). — Contrat entre Matthieu Selle, maître tapissier de 
haute-hsse, demeurant à Paris, rue Neuve-Saint-Merry, et Elisabeth 
de Vendôme, duchesse de Nemours, pour la réparation de huit pièces 
de tapisserie de Bruxelles; avec caution et acquit (1656 --1657) 
(fol. 42). — Lettre de M'"^ de Sévigné au président de Moulceau 
(7 janvier -1687); fac-similé (fol. 44). ~ Discours adressé au roi 
Guillaume III, Tan I70^ , à propos de la reconnaissance par Louis XIV 



86 NOUVELLES ACQUISITIONS 

du prince de Galles, fils de Jacques II, comme roi d'Angleterre, sous 
le nom de Jacques III; copie (fol. 46). — Harangue des seigneurs 
anglais à Guillaume III, en janvier -1702, et réponse du roi; copie 
(fol. 47). — Lettre de Louis XIV à Philippe V, roi d'Espagne (23 jan^ 
vier 'f702)-, « Décret du roy d'Espagne, du 2 février n02, sur son 
voyage de Naples; » Lettre de Philippe V au marquis de Bedmar 
(5 février 1702) sur le même sujet; copies (fol. 48). — « Chiffres 
communs entre M. le prince de Monaco, ambassadeur extraordinaire 
de S. M. à Rome, et M. le comte de Tallard, ambassadeur extraordi- 
naire de S. M. en Angleterre, et M. de Bonrepaux, aussy ambassa- 
deur extraordinaire de S. U. à la Haye; » copie (fol. 49). — Note 
sur la manière dont les peintres chinois préparent le bleu et le vert 
(fol. 53). — « Deux desseins du frère Attiret, » esquisses au crayon 
destinées à être présentées à l'empereur de Chine (fol. 56). — « Copie 
de la lettre que S. A. E. de Cologne a écrite au chapitre de Stras- 
bourg [et de la résignation de la prébende du chapitre de Strasbourg] ; 
Valenciennes, ce 2^ d'octobre '17'I7 » (fol. 58). — « Paritez réci- 
proques de la livre numéraire ou de compte, instituée par l'empereur 
Charlemagne, proportionnément à l'augmentation arrivée sur le prix 
du marc d'argent depuis son règne jusqu'à celuy de Louis XV » 
(fol. 62). — « État des tuez et blessez de la maison du Roy à l'affaire 
de Detlingen, » 27 juin -1743 (fol. 63). — Lettre de « P. Saumaise- 
Chasans » (^745); copie (fol. 64). — Lettre de Trudaine au sujet 
d'un traité de commerce avec la Hollande (6 déc. -1754) (fol. 65). — 
Lettre de Ph. de Changy à M. Truitat, notaire à Paris (3 févr. <756) 
(fol. 67). — Déclarations de Tabbé d'Aydie, au sujet de ses ressources 
(Périgueux, 28 février -1790); copies (fol. 69). — Liste de livres 
composant la « bibliothèque d'un magistrat » (fol. 7^). — Lettre de 
Genet-Campan à M'"= Joséphine Rogé, à Cambray (Écouen, -15 nov. 
■18-13) (fol. 73). — Lettre de L. Aimé-Martin à Barbier, bibliothécaire 
du Roi et du Conseil d'État (\2 mars -1813) (fol. 73). — Brouillon 
de l'abdication de Napoléon I" à Fontainebleau ; photographie d'un 
calque (fol. 76). — Lettre de Ed. Bignon au duc d'Otrante (13 juil- 
let -18^3) (fol. 78); suivie d'une note relative à rechange de vues 
entre Wellington, Bliicher et les commissaires français au sujet de 
la garantie des propriétés publiques, musées, bibliothèques, etc. 
(fol. 79). — Lettre du général Daumesnil à sa femme (fol. 83). — 
Seize vers d'Alfred de Vigny : « Eloa. Son beau sein, comme un Ilot 
qui sur la rive expire... » (avril -1834) (fol. 84). — Lettre de Guizot 
à Jean Kolettis, ministre de Grèce (-17 avril -1843) (fol. 85). 
xvi''-xix° s. Pap. 86 feuillets. 



DU DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 87 

5372-5381. Papiers et notes du compositeur Léon Kreutzer 

(^8^-^868). 

xrxe s. Pap. ^64 feuillets, 375 pages, ^52, -150, 457, 156, 96, iSi, 
48 et 539 feuillets. (Don de M. Arthur Rhône.) 

5382. Recueil de pièces et fragments de pièces (xiiie-xviii^ siècles), 
parmi lesquelles on remarque : Inventaire des biens de « Jehan de 
Lelambe » (xiii^ s.) (fol. 2); — Quittance de « Jehans Escos, cha- 
pelains monseigneur Mahieu de Roye » [i 8 sept, i 288) (fol. 3) ; — 
Don par Charles V de droits de garde dus au vicomte de Caen pour 
le fief d'Anisy (•14 août 1366) (fol. 5); — « Amendes et exploiz du 
bailliage de Constantin, du siège de Coustances » {iA0i-HQ2) (fol. 7) ; 

— État de réparations à faire au château de Pezenas (1455) (fol. U); 

— Quittance d' « Ambroys Perret, maistre menuisier, demeurant à 
Paris, » pour des « ouvraiges de menuiserie par luy faictz de neuf 
pour le Roy... en son chasteau de Fontainebleau » (30 juillet -1559) 
(fol. 16) ; — Trois pièces relatives à la bourse et chapelle fondées 
par Martial Galichier, docteur régent en l'Université de Paris, dans 
l'église collégiale de Saint-Nicolas-du-Louvre (1577-1650) (fol. 18); 

— Arrêt relatif aux aliénations faites de « places et édifices sis sur 
les remparts, fossés et contrescarpes » de Paris (7 avril 1 682) (fol. 21) ; 

— Inventaire d'une église (fragment du xvi^-xvii^ s.) (fol. 25) ; 

— « Déclaration des héritages appartenans à Martin Sinet, vigne- 
ron, demeurant à Chenevières, paroisse de Conflans » (xvi^-xvii'' s.) 
(fol. 27). 

xiii^-xviii^ s. Parch. 31 feuillets. 

5383. Recueil de pièces concernant le Mesnil-en-Vimeu, Saint- 
André de Clarbec, Notre-Dame de Goustranville, Saint-Gabriel de 
Valsemé, Saint-Clair en la vicomte de Pont-FÉvêque, le duché de 
Gisors, le marquisat de Bizy, la forêt de Vernon, les Andelys et 
Pacy-sur-Eure (1407-1762). 

xv*-xviii« s. Parch. 20 feuillets. 

5384. Recueil de pièces relatives à la mission des abbés Sevin et 
Fourmont en Orient (1728-1730). — Correspondance, mémoires, 
instructions, catalogues de manuscrits grecs et orientaux acquis pour 
la Bibliothèque du roi. — Projet de voyage en Orient des Bénédic- 
tins. — Lettres de M. de Bonnac, du marquis de Villcneufvc, de 
Zaïd-Aga, Péleran (d'Alep), Guérin (de Srayrne), etc. (1719-1739). 

xviii^ s. Pap. 296 feuillets. 



88 NOUVELLES ACQUISITIONS 

5385. Papiers et correspondance de Jean Otter, relatifs au com- 
merce avec la Perse (-l 739-'! 744). 

xviri^ s. Pap. ^3^ feuillets. 

5386. Recueil de fragments de manuscrits (xiii^-xv^ siècles). — 
Fragments d'une traduction française de la Bible (livre IV des Rois 
et livre II des Macchabées), ayant appartenu à Nie. Bloussart, rec- 
teur de Saint-Leonoc, au diocèse de Dol (xiv^ s.) (fol. -1) -, — Épitre 
de saint Paul aux Romains, ch. v-ix (xiii« s.) (fol. ^12) ^ — Fragments 
de la traduction des Éthiques d'Aristote par Nicole Oresme (xiv* s.) 
(fol. -15); — Histoire universelle depuis Adam jusqu'à Louis XI, 
dauphin (fol. -16); — Méraugis [Romania, XIX, 459-462] (xiii" s.) 
(fol. 24) ; — Évangiles selon saint Matthieu (xxvi-xxviii) et saint 
Marc (i) [Bomania, XVIII, 430-438] (xiv' s.), en provençal (fol. 31). 

xiii'^-xv^ s. Parch. 3^ feuillets. 

5387-5390. Notes généalogiques et historiques relatives aux 
commissaires-examinateurs au Ghâtelet de Paris et à différents con- 
seillers au Parlement et à la Chambre des comptes, etc. 

xviii« s. Pap. 367, 309, 435 et 388 feuillets. 

5391. Relation de la visite de la grotte de l'île d'Antiparos par le 
marquis de Nointel (^673). 

xvii^ s. Pap. 36 feuillets. 

5392. Documents sur le maréchal de Boufflers et sur sa famille, 
xviii^ s. Pap. 412 feuillets. (Don de M. le vicomte de Grouchy.) 

5393. Recueil de pièces concernant la famille Le Valois d'Esco- 
ville [Calvados] (4568-1791). 

Originaux et copies; on y remarque des lettres de François de 
Montmorency; Henri de Bourbon, duc de Montpensier; Henri IV; le 
maréchal d'xVncre; Henri d'Orléans, marquis de Rothelin; Henriette- 
Marie, reine d'Angleterre; Henri d'Orléans, duc de Longueville; 
Louis XIII; Louis de Bourbon, prince de Condé; Anne d'Autriche; 
Louis XIV; Gaston d'Orléans-, le cardinal Mazarin; César de Bour- 
bon, duc de Vendôme ; le marquis de Montauzier ; Louis XV ; le duc 
de Ghoiseul ; le duc de La Vallière ; le prince Camille de Rohan ; 
Louis XVI, etc. 

xvi''-xviii'' s. Pap. et parch. 250 feuillets. 

5394. Recueil de pièces des xirr-xvi^ siècles. 

On y remarque deux actes de vente de bourgeois de Salins, 1251 
(fol. 1); — Enquête faite par Tordre de Mahaul, comtesse d'Artois, 



DU DÉPiRTEMEM DES MANUSCRITS. 89 

en la terre de Langle, près Saint-Omer, -1329 (fol. 3) ; — Compte de 
serrurerie faite au château de Vie, pour Jean le Bon, comte d'Au- 
vergne, vers ^350 (fol. 7); — Mémoire de André d'Albaigne, Luc- 
quois, adressé au roi Henri II, lui proposant la conquête de « grand 
estendue de terres et royaulmes abondans et riches en or, argent, 
pierres, drogueries et espiceries, » en Afrique (fol. ■H); — enfin 
trois pièces concernant des musiciens et orfèvres (1.569-^650). 
xrii*-xvi^ s. Parch. et pap. ^o feuillets. 

5395. Recueil de mémoires, lettres, règlements, etc., relatifs au 
Collège de France (ITIO-nsT) ; et projet d'union du Collège avec la 
Bibliothèque du roi. 

xviii® s. Pap. •ITS feuillets. 

5396. Recueil de chartes, en provençal, relatives à différentes 
localités de l'arrondissement de A'^illefranche-de-Rouergue (•1264- 
1370). 

xiii«-xv^ s. Parch. 47 pièces. 

5397. Correspondance, états, devis, papiers divers relatifs aux 
marbres destinés aux constructions du château de Versailles sous 
Louis XIV (J 683-4 698). 

XVII® s. Pap. 424 feuillets. 

5398. Recueil de pièces sur les Colonies françaises au xviri* siècle. 

On y remarque différentes pièces sur les îles de France et Bour- 
bon (4 772-1773) (fol. 4); — sur les Colonies françaises de l'Amé- 
rique (fol. 24) ; — Canada (fol. 40) ; — Louisiane (fol. 48) ; — Saint- 
Domingue (fol. 53) ; — La Martinique (fol. 66) ; — La Guyane, avec 
plusieurs pièces relatives au chevaUer Turgot (fol. 404). 

xFiii* s. Pap. 4 99 feuillets. 

5399. Ordonnances, édits, lettres patentes, déclarations, arrêts 
et règlements concernant la marine et les colonies françaises, sous 
les règnes de Louis XIV et de Louis XV (4 663-4 769). 

A la fin (fol. 306) : « Matériaux pour servir à l'histoire des finances 
de la marine depuis l'année 4 678 jusqu'en 4 844. » 
xvii^-xix« s. Pap. 349 feuillets. 

5400. tt Chartrier pour Constant Le Gentil, écuyer, sieur de Pien- 
court,... » avec... portraits de divers membres de la famille Le 
Gentil, peints « par M^ Marin Le Bourgeoys,... painctre ordinaire du 
roy Henry IV^.. » Lisieux, 4588-4594 et 4646. 

xvi«-xvii« s. Parch. 44 feuillets. Peintures. 



90 NOUVELLES ACQUISITIONS 

5401-5815, Anciens catalogues de la Bibliothèque du Roi et de 
différentes collections qui sont venues l'accroître aux xvii^, xvm^ et 
xrx^ siècles. 

4^5 volumes, sur papier, la plupart de format in-folio, provenant 
de l'ancien fonds des Catalogues. 

5401. « Godices manuscripti latini, gallici, italici, hispanici. » — Cata- 
logue, de la main de Clément, de 721 manuscrits de la bibliothèque 
du Roi, qui ne figuraient pas au catalogue de Dupuy. — 106 feuillets. 

5402. « Catalogus librorum manuscriptorum hebraicorum, syriacorum, 
arabicorum, turcicorum, persicorum, graecorum, latinorum, italico- 
rum, gallicorum, etc., Bibliothecas Regiae, » par Clément (1680). — 
Fol. 761. Concordances des anciens numéros des catalogues de 1645, 
de Dupuy et de Mazarin, avec ceux du catalogue de Clément. — 
803 feuillets. 

5403. Catalogue des manuscrits arabes de la Bibliothèque du Roi, par 
Pierre Dipy, d'Alep. (N°s 368-1228.) — Imprimé, en abrégé, par 
Moutfaucon dans sa Bibliotheca bibliothecarum tnss. nova (II, 714 et 
suiv.). —301 feuillets. (Ane. f. des Traductions, n- 121. — Arabe 4484.) 

5404. Catalogue des manuscrits arabes et persans de la Bibliothèque du 
Roi, par Pierre Dipy, d'Alep, et Pétis de la Croix. (N"' 368-1228 et 
1472-1609.) — Copie abrégée, par François Barout, datée de 1718, 
des mss. 5403 et 5405, ayant appartenu à Eusèbe Renaudot et léguée 
par lui en 1720 à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. — 56 et 86 feuil- 
lets. (Ane. f. des Traductions, n° 122. — Arabe 4485.) 

5405. Catalogue des manuscrits turcs et persans de la Bibliothèque du 
Roi, par Pierre Dipy, d'Alep, et Pétis de la Croix. (N°^ 1229-1471 et 
1472-1610.) — 255 feuillets. (Ancien fonds des Traductions, n" 121 bis.) 

5406. a Turcici [et Persici] Bibliothecae Regiee codices manuscripti, in 
catalogum latina versione a Francisco La Croix Petis, Régis inter- 
prète, redacti. » (N»» 1229-1471 et 1472-1610.) — 122 feuillets. 

5407. « Catalogus manuscriptorum arabicorum, turcicorum et persico- 
rum Bibliothecae Regipe,... opéra Fra. Barout, Bibliothecœ Regiœ 
interprctis. » (N^^ 368-492 seulement des mss. arabes.) — 41 feuillets. 

5408. Catalogue des manuscrits syriaques et arabes de la Bibliothèque 
du Roi, par E. Renaudot. (N^^ 283-309 et 368-1228.) — 369 feuillets. 

5409. « Catalogue par matières des manuscrits françois, italiens, espa- 
gnols, allemans, etc., de la Bibliothèque du Roy, fait en l'année 1714 
[par J. Boivin]. — Catalogue alphabétique des mêmes manuscrits. » 
Copie de Buvat. — 178 feuillets. 

5410. « Catalogus librorum manuscriptorum hebraicorum, syriacorum, 
arabicorum, turcicorum, persicorum, graecorum, latinorum, italico- 
rum, gallicorum, etc. Bibliothecœ Regiœ. » — (1729.) 



DU DEPARTEMENT DES MANUSCRITS. 94 

Les notices de plusieurs manuscrits entrés postérieurement à la 
rédaction du catalogue ont été ajoutées au verso de différents feuillets, 
suivant l'ordre méthodique. 

Page 1120. « Manuscrits de Secousse et de Sainte-Palaye. » (Avec 
une concordance des numéros de ces mss. aujourd'hui dans la collec- 
tion Moreau.) 
Page 1121. « Manuscrits de Brienne. j 

Page 1135. « Mémoire des manuscrits et papiers trouvez dans le 
cabinet de feu M. de Mézeray, et remis par ordre du Roy dans la 
Bibliothèque de Sa Majesté entre les mains de M. l'abbé Galloys, par 
M. Girardin, lieutenant civil, le 18 novembre 1683. » — 1137 pages. 

5411. « Catalogue des manuscrits français, italiens, espagnols et en 
autres langues modernes de la Bibliothèque royale. Ancien fonds. 
Copié en 1835 et 1836... sur le Catalogue général dressé en 1729 et 
1730. » — 234 feuillets. 

5412. Concordances des anciens numéros des manuscrits grecs du cata- 
logue de 1682 (Regii), et des fonds de Gaignières, Delamare, Baluze, 
Colbert, de Mesmes, de Boze, de Targny et des Nouvelles acquisitions, 
avec les numéros du catalogue imprimé de 1740 (et vice versa). — 
58 feuillets. 

5413-5414. Concordances des anciens numéros des manuscrits latins 
du catalogue de 1682 {Regii) et des fonds de Gaignières, Delamare, 
Baluze, Colbert, de Mesmes, Lancelot, Saint-Martial, de Boze, Cangé, 
Drouin, de Targny, de Noailles et des Nouvelles acquisitions, avec 
les numéros du catalogue imprimé de 1740. — Le second volume 
contient la contre-partie des concordances précédentes. — 59 et 
49 feuillets. 

5415. Catalogue de manuscrits français et en langues modernes, qui 
semblent avoir formé le noyau du Supplément français des manus- 
crits de la Bibliothèque du Roi. Il est intitulé : « Manuscrits de dif- 
férentes acquisitions et en différentes langues. Aoust 1756. » — 
232 pages. 

5416. Catalogue de manuscrits latins [et français] provenant des biblio- 
thèques des Augustins déchaussés. Capucins de Saint-Honoré, Feuil- 
lants, Jacobins de Saint-Honoré et de Saint-Jacques, Récollets. — 
Les notices de ces mss. formant deux séries (latins et français) ont 
été rédigées en latin par C.-B. Hase. — 399 feuillets. 

5417. « Index alphabeticus codicum manuscriptorum ex monasteriis 
PP. Fuliensium S. Bernardi, Jacobi ad S. Jacobi, Jacobi ad S. Hono- 
rati, Augustinurum discalceatorum, RecoUectorum, Capucinorum in 
vico Divi Honorati, in Bibliothecam Caesaream illatorum, [auctore 
G.-B. Hase]. — Index double pour les mss. latins et français; on a 
ajouté les numéros des mss. du Supplément français. — 35 feuillets. 



92 NOUVELLES ACQUISITIONS 

5418-5419. Catalogue des manuscrits de la bibliothèque des princes de 
Gondé, transportés à la Bibliothèque nationale, rendus au prince de 
Condé et aujourd'hui à Chantilly. — Tome I, n»» 1-363; tome II, 
nos 364-731. — 182 et 206 feuillets. 

5420. « Catalogue des manuscrits de la Belgique, du Dépôt national 
littéraire aux ci-devant Cordeliers, par le cit. Poirier, membre du 
Conseil de conservation des objets d'arts et de sciences, l'an IV de la 
République. 

Hébreux, arabes, chinois imprimés et mss. concernant la Chine, 
slavon, grecs, latins [et français]. — Ces mss. ont été transportés 
à la Bibliothèque nationale, le 2 floréal an IV de la République, 
21 avril 1796, vieux style. » 

Avec deux suppléments (fiches montées), l'un par La Porte du Theil, 
Mouchet et Méon, l'autre de Parquoy. — 272 feuillets. 

5421-5424. Catalogues de « manuscrits de la Belgique, » par Méon. 
I. Notices de 353 mss. latins de la Belgique, du dépôt des Corde- 
liers (357 fiches). — II-III. Notices de 366 et 352 mss. latins de la 
Belgique, du dépôt de la rue Saint-Marc (162 et 359 fiches). — 
IV. Notices de 608 mss. français et en langues modernes de la Bel- 
gique (643 fiches). 

5425. « Codices latini Vaticani. » Notes de Mouchet. — 56 feuillets. 

5426. Catalogue de manuscrits des Suppléments grec, latin, français et 
langues modernes de la Bibliothèque nationale. (1,063 numéros.) — 
39 feuillets. 

5427-5431. Catalogue des manuscrits de l'ancien Supplément de la 
Bibliothèque nationale. 

La plus grande partie des notices sont de La Porte du Theil ; il y 
en a quelques-unes de Hase et de l'abbé Lespine. 

I (5427). Nos 1.364. 302 feuillets. — II (5428). Nos 365-579. 392 feuil- 
lets. — III (5429). Nos 580-899. 321 feuillets. — IV (5430). Nos 900- 
1217. 354 feuillets. — V (5431). Nos 1218-1374. 335 feuillets. 

5432, Tables alphabétiques du catalogue précédent, par C.-B. Hase. 
Index rerum. I. Auctores latini. — IL Auctores linguarum recentio- 
rum. — Pars II. — 282 feuillets. 

5433. Catalogues de divers fonds orientaux, par M. Reinaud : « Manus- 
crits orientaux provenant de feu M. Schultz (p. 1); — Livres et 
manuscrits orientaux venus d'Alger (p. 5); — Manuscrits arabes, 
persans et turcs de Du Caurroy (p. 13) ; — Manuscrits orientaux du 
fonds Anquetil (p. 21 et 35); — Manuscrits persans du fonds Brueys 
(p, 37); — Manuscrits persans du fonds Gentil (p. 43); — Manuscrits 
du supplément arménien (p. 51 et 135); — Manuscrits géorgiens 
(p. 59) ; — Manuscrits éthiopiens (p. 63) ; — Manuscrits coptes (p. 85) ; 



DO DEPARTIÎMENT DES MANUSCaiTS. 93 

— Manuscrits malays et javanais, par M. Éd. Dulaurier (p. 91) ; — 
Manuscrits slaves, par le D"- Ritstich, de Belgrade » (p. 183). — 
194 pages. 

5434. « Catalogue des manuscrits hébreux, syriaques, arabes, persans, 
turcs, coptes, éthiopiens et autres manuscrits orientaux, provenant 
de la bibliothèque de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, par Sil- 
vestre de Sacy. » 

P. 113. « Catalogue des manuscrits orientaux provenant de l'an- 
cienne maison de Sorbonne, par M. Reinaud. » — P. 157. « Cata- 
logue des manuscrits orientaux provenant de l'ancien couvent de 
l'Oratoire, par M. Reinaud. » — 214 pages. 

5435. « Cathalogus librorum qui arabice manuscripti in bibliotheca 
illustrissimi domini D. Pétri Seguier, supremi régis regnique Gal- 
liae cancellarii, asservantur, » auctore Fr. Elzeario Sanxiensi, reli- 
gioso ordinis Gapucinorum et missionario apostolico in Oriente. (1657.) 

L'auteur a ajouté à la fin (fol. 98) un « Ordo librorum turcicè per- 
sicèque mss. », et (fol. 102) un autre « Ordo librorum copticè, arabi- 
copticèque mss. » 

xvii« s. Pap. 103 feuillets, in-fol. Rel. mar. rouge, aux armes de 
Séguier. (Prov. de Saint-Germain-des-Prés. — Ancien fonds des 
Traductions, n" 124. ~ Arabe 4483.) 

5436. « Catalogus manuseriptorum orientalium bibliothecae S. Germani 
a Pratis, ab illustrissimis DD. Petro Seguier et Eusebio Renaudot 
legatorum, in quo pro codicibus Seguierianis indicatur catalogus 
alter specialis, rubra pelle compactus, necnon Seguierianis insigniis 
distinctus. » — Cf. le ms. précédent. 

(680 articles.) — A la fin : « Voir le Supplément dans le catalogue 
du citoyen Sylvestre-Sacy. » — 18 feuillets. (Ancien fonds des Tra- 
ductions, n» 125.) 

5437. « Catalogue des manuscrits orientaux de la bibliothèque de Saint- 
Germain-des-Prés, fait après l'incendie de la bibliothèque des impri- 
més (au mois d'août 1794, v. st.), par le citoyen Sylvestre-Sacy... 
1795. ,) _ 46 feuillets. (Ancien fonds des Traductions, n"^ 126.) 

5438. Abrégé du précédent catalogue. — 14 feuillets. 

5439. Minute du catalogue de Silvestre de Sacy. — 33 feuillets. 

5440. « Catalogue of Books in the Sanscrita Language and Devanagari 
Charactcr in the National Library of France, » par Alexandre Hamil- 
ton. (Complété et publié en français par Langlès. Paris, 1807, in-8°.) 
— Suivi des notices des mss. de l'Extrême-Orient entrés à la Biblio- 
thèque de 1808 à 1816. 

Fol. 13. « Manuscrits orientaux de feu M. Anquetil Du Perron, 
acquis au mois de prairial an 13«. » 



94 NOUVELLES ACQUISITIONS 

Fol. 18. « Note des mss. orientaux achetés à M. Brueys, résident 
francois à Surate, au mois de... » 

Fol. 21. « Manuscrits envoyés de Faizabad, au nord du Bengale, 
par M. Gentil, chevalier de Saint-Louis, chargé des affaires du Roy 
auprès du Nabab de Oud, et déposés à la Bibliothèque du Roi 
en 1777. » 

Fol. 26. « Manuscrits de missionnaires en Chine, acquis par la 
Bibliothèque du Roi en juillet 1820. » 

Fol. 28. « Supplément au catalogue des mss. samskrits d'Hamil- 
ton. Fonds Polier, » — et (fol. 28 V) « Fonds Anquetil. » 

Fol. 28 v°. « Catalogue des manuscrits samskrits en caractères 
telingas. » 

Fol. 35. « Pièces relatives à l'histoire et à la littérature de l'Orient 
faisant partie du Supplément placé dans la salle des Titres, » ou dans 
le fonds de Saint-Germain et les divers petits fonds. — 49 feuillets. 
(Ancien fonds des Traductions, n" 129.) 
5441. Catalogues de divers fonds orientaux. « Notices sur quelques 
manuscrits arabes, par M. Woepke (fol. 1) ; — Notices sur quelques 
mss. sanscrits, par M. Fauriel (fol. 6); — Notices sur quelques mss. 
sanscrits (fol. 40); — Notices sur quelques mss. sanscrits en carac- 
tère bengali, par M. Loiseleur Deslongchamps (fol. 58); — Notices 
sur quelques mss. arabes, par M. Hassler (fol. 94) ; — Notices sur 
quelques mss. arabes, par M. Reinaud (fol. 99); — Catalogue des 
mss. orientaux de l'ancienne maison de la Sorbonne, par M. Rei- 
naud (fol. 126); — Catalogue des mss. orientaux de l'ancien couvent 
de l'Oratoire, par M. Reinaud (fol. 136) ; — Catalogue des mss. orien- 
taux des différentes bibliothèques publiques de Paris (fol. 146); — 
Liste des livres et des mss. orientaux venus d'Alger et adressés à la 
Bibliothèque royale, le 30 nov. 1832 (fol. 152); — Note de quelques 
mss. orientaux appartenant à M. Wahl (fol. 156) ; — Mss. orientaux 
provenant de feu M. Schultz (fol. 157 et 159); — Mss., papiers et 
autres objets provenant de feu M. Schultz (fol. 163); — Collection 
Asselin (fol. 165 et 270) ; — Lettres et pièces relatives au fonds Asse- 
lin (fol. 263) ; — Mss. arabes, persans, samskrits et hindous tanys, 
cédés à la Bibliothèque du Roi par M. de Polier (fol. 291 et 293) ; — 
Évaluation de 47 mss. arabes, persans, maures, bengalis, etc., pro- 
venant de feu Ouessant, interprète de la compagnie de Pondichéry 
(fol. 295) ; — Mss. arabes, turcs et persans de M. Ducaurroy (fol. 298) ; 

— Collection des mss. orientaux appartenant à la succession de feu 
M. le baron Rousseau, consul général à Tripoly de Barbarie (fol. 303) ; 

— Liste des mss. tamouls cédés à la Bibliothèque du Roi par M. Ducler 
(fol. 309) ; — Liste des mss. tamouls donnés à la Bibliothèque du Roi 
par M. Reydelet (fol. 311); — Mss. arabes et berbères de M. Dela- 
porte père, 1848 (fol. 314); — État sommaire de quelques mss. repu- 



DD DÉPARTEMENT DES MANDSCRITS. 95 

tés venir de feu M. Huet,... trouvés dans la maison Kerbœuf (fol. 323); 

— Mss. orientaux distraits du fonds Renaudot (fol. 324) ; — Mss. 
arabes rapportés d'Egypte par le citoyen Raiye (fol. 325) ; — Cinq 
volumes arabes mss. offerts à la Bibliothèque royale par S. A. R. 
Mgr le duc de Nemours (fol. 326) ; — Liste des livres qu'on a envoyés 
à M's de la Compagnie, en tamoul, 14 déc. 1729 (fol. 327); — Cata- 
logue des mss. indiens de la Bibliothèque du Roi (fol. 328) ; — 
Mémoire concernant l'acquisition des mss. persiens qu'il convien- 
droit de faire aux Indes pour la Bibliothèque du Roy » (fol. 362) ; 

— Mémoire de livres à rechercher dans le Levant pour la Biblio- 
thèque du Roy (fol. 366) ; — État des mss. à rechercher à Constanti- 
nople pour la Bibliothèque impériale (fol. 384) ; — Catalogue des 
mss. orientaux appartenant à M. R. Johnson, 1806 (fol. 386); — 
Liste des mss. orientaux de la bibliothèque de sir Thomas Phillipps 
à Middlehill, 1829 (fol. 396); — Indication des mss. arabes les plus 
importants de la bibliothèque d'Alger (fol. 398) ; — Liste des livres 
et mss. venus d'Alger (fol. 402) ; — Liste des bibliothèques turques de 
Gonstantinople, 1854 (fol. 404); — Bibliothèque du sultan AhmetlII, 
au vieux sérail : catalogue des livres d'histoire, 1854 (fol. 408); — 
Note des mss. orientaux extraits de la bibliothèque de Vienne, que 
le conservatoire de la Bibliothèque impériale juge entièrement inu- 
tiles (fol. 416); — Notice par Ascari de l'ancien ms. syriaque 13 
(fol. 418); — Manuscrits persans historiques de l'Indoustan, et livres 
en langue samscretam, apportés à la Bibliothèque du Roi en 1778 » 
(fol. 420). — 422 feuillets. 

5442. Mémoires de livres et mss. envoyés par les Jésuites de l'Inde pour 
la Bibliothèque du Roi, en 1729-1735. — 13 feuillets. 

5443. « Catalogue analytique des manuscrits tamouls de la Bibliothèque 
royale rédigé par M. Velanguani Arokium, de Pondichéry. — Février 
1845. » — 11 feuillets. 

5444. « Notices sur des mss. cingalais, tamouls, palis, etc., ou relatifs 
à ces langues (fonds Tolfrey), par M. Fauriel. » — 13 feuillets. 

5445. « Notices sur des manuscrits en langue européenne, relatifs à 
l'Inde : grammaires, dictionnaires, relations, etc., par M. Fauriel. » 

— 48 feuillets. 

5446. Catalogue des livres chinois et mantchoux de la Bibliothèque 
royale, par Stanislas Julien. — 79 feuillets. 

5447-5530. Catalogues des manuscrits de la Bibliothèque royale, in-4°. 
Tome I (5447). Augustins (Grands-). N^^ 1-83. 

— Barnabites. Nos i_24. 

— Blancs-Manteaux. N»' 1-88. 
Tome II (5448). Bouhier (président). No^ 1-183, 



96 

Tome II (5448). 



Tome m (5449). 



Tome lU bis (5450). 

— IV (5451). 

— V (5452). 

— VI (5453). 

— VII (5454). 

— VIII (5455). 

— IX (5456). 

— X(5457). 

— XI (5458). 

— XII(5459). 

— XIII (5460). 

— XIV (5461). 

— XV (5462). 

— XVI (5463). 

— XVII (5464). 

— XVIII (5465). 

— XIX (5466). 

— XX (5467). 

— XXI (5468). 

— XXII (5469). 

— XXIII (5470). 

— XXIV (5471). 

— XXV (5472). 

— XXVI (5473). 



XXVII (5474). 



XXVIII (5475). 

XXIX (5476). 

XXX (5477). 

XXXI (5478). 



NOUVELLES ACQUISITIONS 

Capucins de Saint-Honoré. N"» 1-4. (Cf. 

t. XXXIV bis.) 
Carmes déchaussés. N^^ 1-16. 
Carmes de la place Maubert. N°» 1-15. 
Célestins. N^^ 1-57. 
Chapelle (Sainte-). N°s 1-3. 
Compiègne. No^ 1-187. 
Corbie. N^^ 1-403. 

Feuillants. No= 1-9. (Cf. t. XXXIV èw.) 
Cordeliers. N^^ 1-151. 
St-Germain fr., t. I. N»^ 1-200. 

— t. II. No^ 201-400. 

— t. m. Nos 401-600. 

— t. IV. Nos 601-800. 

— t. V. Nos 801-1000. 

— t. VI. Nos 1001-1200. 

— t. VII. Nos 1201-1400. 

— t. VIII. Nos 1401-1600. 

— t. IX. Nos 1601-1800. 

— t. X. Nos 1801-2048. 

— t. XI, Gesvres. Nos 1.200. 

— t. XII, Harlay, i. Nos 1.200. 

— t. Xm, — II. Nos 201-400. 

— t. XIV, — m. Nos 401-519. 
St-Gcrmainlat.,t. I. N°s 1-200. 

-- t. II. Nos 201-400. 

— t. m. Nos 401-600. 

— t. IV. Nos 601-800. 

— t. V. Nos 801-1000. 

— t. VI. Nos 1001-1200. 

— t. VII. Nos 1201-1402. 

— t. Vm. Nos 1403-1645. 
Jacobins de Saint-Jacques. Nos 1.7. ^Qf, 

t. XXXIV èw.) 
Jacobins de St-Honoré. Nos 1.35. (Cf. ibid.) 
St-Magloire. Nos 1-186. 
St-Martin. Nos 1.1 is. 
Merci. Nos 1.3, 
Minimes. Nos 1.83. 
Missions-Étrangères, t. I. Nos 1-200. 

— t. II. Nos 201-380. 

Mortemart. Nos 1.113 ; et Suite, n°s 1-44. 
Mouchet. Nos 1.26. 
Navarre. N»' 1-112. 



i 



DU DEPARTEMENT DES MANDSCRITS. 



97 



Tome XXXII (5479). 

- XXXIII (5480). 

— XXXIV (5481). 



Notre-Dame. N^^ 1-284. 

Oratoire. Nos 1.286. 

Petits-Pères. N»^ 1-26. (Cf. t. XXXIV 6û.) 

— Récollets. Nos 1.3. (Cf. iMd.) 

— Sérilly. Nos 1429. 

— XXXIV 6i5 (5482). Supplément aux mss. des Capucins de Saint- 

Honoré, Feuillants, Jacobins de Saint-Ho- 
noré et de Saint-Jacques, Petits-Pères et 
Récollets. — 180 feuillets. 



XXXV (5483). 

XXXVI (5484). 

XXXVII (5485). 
XXXVm (5486). 
XXXIX (5487). 
XL (5488). 

XLI (5489). 
XLII(5490). 
Xmi (5491). 
XLIV (5492). 
XLV (5493). 
XLVI (5494). 
XLVU (5495). 
XL VIII (5496). 
XLIX (5497). 
L (5498). 
LI (5499). 
LU (5500). 
LUI (5501). 
LIV (5502). 
LV (5503). 
LVI (5504). 
LVII (5505). 
LVIII (5506). 
LIX (5507). 
LX (5508). 
LXI (5509). 
LXII (5510). 
LXIII (5511). 
LXIV (5512). 
LXV (5513). 
LXVI(5514). 
LXVII (5515). 
LXVIII(5516). 
LXIX (5517). 
4894 



Sorbonne, t. I. Nos 1400. 

— t. IL Nos 401-800. 

— t. m. Nos 801-1100. 

— t. IV. Nos 1101-1400. 

— t. V. Nos 1401-1848. 
St -Victor, t. I. Nos i_200. 

— t. IL Nos 201-400. 

— t. m. Nos 401-600. 

— t. IV. Nos 601-800. 

— t. V. Nos 801-1121. 
Suppl. fr., t. I. Nos 1-200. 

— t. IL Nos 201-400. 

— t. III. Nos 401-600. 

— t. IV. Nos 601-800. 

— t. V. Nos 801-1000. 

— t. VI. Nos 1001-1200. 

— t. VIL Nos 1201-1400. 

— t. VIII. Nos 1401-1600. 

— t. IX. Nos 1601-1800. 

— t. X. Nos 1801-2000. 

— t. XL Nos 2001-2100. 

— t. XII. Nos 2101-2300. 

— t. XIII. Nos 2301-2500. 
.— t. XIV. Nos 2501-2700. 

— t. XV. Nos 2701-2900. 

— t. XVI. Nos 2901-3100. 

— t. XVII. Nos 3101-3300. 

— t. XVIII. Nos 3301-3500. 

— t. XIX. Nos 3501-3700. 

— t. XX. Nos 3701-3900. 

— t. XXL Nos 3901-4100. 

— t. XXII. Nos 4101-4300. 
-- t. XXm. Nos 4301-4500. 

— t. XXIV. Nos 4501-4700. 

— t. XXV. Nos 4701-4900. 



98 

Tome LXX (5518). 

— LXXI (5519). 

— LXXII(5520). 

— LXXIII (5521). 

— LXXIV (5522). 

— LXXV(5523). 

— LXXVI(5524). 

— LXXVII (5525). 

— LXXVIU (5526). 

— LXXIX (5527). 

— LXXX (5528). 

— LXXXI (5529). 

— LXXXU(5530). 



NOUVELLES ACQUISITIONS 

— t. XXVI. N05 4901-5100. 

— t. XXVII. Nos 5101-5300. 

— t. XXVIII. Nos 5301-5500. 

— t. XXIX. Nos 5501-6260. 
Suppl. lat., t. I. Nos 1.200. 

— t. IL Nos 201-400. 

— t. m. Nos 401-600. 

— t. IV. Nos 601-800. 

— t. V. Nos 801-1000. 

— t. VI. Nos 1001-1200. 

— t. VII. Nos 1201-1400. 

— t. Vm. Nos 1401-1600. 
Cartulaires. N»' 1-200. 



5531-5534. « Manuscrits de la Bibliothèque royale. Petits catalogues, » 
par GhampoUion-Figeac. 

Tome I (5531). Acquisitions diverses (fol. 1) ; — Collections Baluze 
(fol. 13); — Berthereau (fol. 78); — Bouhier (fol. 83); — Bréquigny 
(fol. 102) ; — De Camps (fol. 201) ; — Colbert (fol. 221); — De Cotte 
(fol. 291). —294 feuillets. 

Tome II (5532). Collections Doat (fol. 1); — Ohiénart (fol. 19); — 
Duchesne (fol. 47); — La Porte du Theil (fol. 197); — Galland 
(fol. 211). — 244 feuillets. 

Tome III (5533). Collections de La Mare (fol. 1); — Lancelot 
(fol. 37) ; — La Vallière (fol. 65) ; — Le Grand (fol. 85) ; — Le Tel- 
lier-Louvois (fol. 117) ; — Chambre syndicale de la librairie (fol. 133); 

— Saint-Martial de Limoges (fol. 137); — Vieux Louvre (fol. 175). 

— 179 feuillets. 

Tome IV (5534). Collections Dom Malherbe (Languedoc) (fol. 1) ; 

— De Mesmes (fol. 6); — Mézeray (fol. 29); — Millin (fol. 33); — 
Notre-Dame de Paris (fol. 52) ; — Prunis (fol. 86) ; — Renaudot 
(fol. 106); — Tersan (fol. 115); — Université de Paris (fol. 119); — 
Versailles (fol. 124); — Dom Villevieille (fol. 164); — Villoison 
(fol. 171). — 181 feuillets. 

5535-5538. « Catalogue des manuscrits latins du nouveau fonds du Roi. » 
10 Matières. Tome I (5535). Théologie, Droit. — Tome II (5536). 

Géographie, Histoire, Sciences et arts. — 865 feuillets. 
2o Auteurs. Tome I (5537), A-II. — Tome II (5538), I-Z. — 335 et 

281 feuillets. 

5539-5553. « Catalogue [méthodique] des manuscrits français et en 
langues étrangères de la Bibliothèque royale. » 
Tome I (5539). Théologie. — v-184 feuillets. 

— II (5540). Jurisprudence. — 184 feuillets. 

— III (5541). Sciences et arts. — 185 feuillets. 



DD DEPARTEMENT DES MANDSCRITS. 99 

Tome IV-VI (5542-5544). Belles-lettres. —191, 124 et 140 feuillets. 

— VII-XIV (5545-5552). Histoire. — 169, 140, 163, 194, 228, 

134, 170 et 93 feuillets. 

5553. Table alphabétique des manuscrits des fonds français. — 160 feuil- 
lets. 

5554-5559. Catalogue méthodique des manuscrits français de la Biblio- 
thèque royale. (Minute.) 
Tome I (5554). Théologie, Jurisprudence. — 179 feuillets. 

— II (5555). Sciences et arts, Belles-lettres. — 204 feuillets. 

— III (5556). Belles-lettres (suite), Histoire. — 251 feuillets. 

— IV (5557). Histoire de France (hist. générale). — 182 feuillets. 

— V (5558). Histoire de France (généalogies, provinces). — 

202 feuillets. 

— VI (5559). Histoire étrangère. — 177 feuillets. 

5560-5593. Catalogue des manuscrits français et en langues modernes 
de la Bibliothèque royale. {Catalogue vert.) Table alphabétique des 

auteurs et des matières. 
Tome I (5560). A-AN. — 210 feuillets. 

— II (5561). AP-AZ. — 168 feuillets. 

— III (5562). BA-BEN. — 209 feuillets. 

— IV (5563). BER-BOR. — 204 feuillets. 

— V (5564). BOS-BY. — 234 feuillets. 

— VI (5565). CA. — 188 feuillets. 

— VII (5566). CE-CI. — 232 feuillets. 

— VIII (5567). CL-CY. — 248 feuillets. 

— IX (5568). DA-DR. — 185 feuillets. 

— X (5569). DU-E. — 131 feuillets. 

— XI (5570). F-FL. — 147 feuillets. 

— XII (5571). FO-FY. — 125 feuillets. 

— XIII (5572). G-GL. — 193 feuillets. 

— XIV (5573). GO-GY. — 249 feuillets. 

— XV (5574). H. — 189 feuillets. 

— XVI (5575). I-JEF. — 123 feuillets. 

— XVII (5576). JEH-K. — 134 feuillets. 

— XVm (5577). L-LE. — 203 feuillets. 

— XIX (5578). LH-LY. — 147 feuillets. 

— XX (5579). M-MAR. — 231 feuillets. 

— XXI (5580). MAS-MN. — 188 feuillets. 

— XXII (5581). MO-MY. — 170 feuillets. 

— XXm (5582). N. — 118 feuillets. 

— XXIV (5583). O. — 95 feuillets. 

— XXV (5584). P-PEN. — 148 feuillets. 

— XXVI (5585). PEP-PI. — 173 feuillets. 



iOO NODVELLES ACQUISITIONS 

Tome XXVIl (5586). PL-PY. — 154 feuillets. 

— XXVm (5587). Q-RH. — 168 feuillets. 

— XXIX (5588). RH-RY. — 174 feuillets. 

— XXX (5589). S-SEG. — 203 feuillets. 

— XXXI (5590). SEI-SY. — 159 feuillets. 

— XXXII (5591). T. — 237 feuillets. 

— XXXIII (5592). U-VE. — 179 feuillets. 

— XXXIV (5593). VI-Z. — 145 feuillets. 

5594-5615. « Dépouillement chronologique des collections historiques 
manuscrites de la Bibliothèque royale. » 

Copie partielle des fiches de dépouillement des collections de Bré- 
quigny, Brienne, Golbert (Flandre, Cinq-cents, Mélanges), Doat, Dela- 
marre, Duchesne, Dupuy, Fontette, Saint-Germain-Harlay et Dom 
Housseau (Touraine). 

l>-e série. Tome I (5594). 200(?)-1000. — 149 feuillets. 

— II (5595). 1001-1100. — 210 feuillets. 

— III (5596). 1101-1150. — 203 feuillets. 

— IV (5597). 1150-1200. — Feuillets 204-486. 

— V (5598). 1201-1225. — 299 feuillets. 

— VI (5599). 1226-1261. — Feuillets 300-624. 
2« série. — I (5600). 1570-1572. — 173 feuillets. 

— II (5601). 1573-1575. — 269 feuillets. 

— m (5602). 1576-1578. — 156 feuillets. 

— IV (5603). 1578-1582. — 275 feuillets. 

— V (5604). 1583-1585. — 296 feuillets. 

— VI (5605). 1586-1589. — 324 feuillets. 

— VU (5606). 1590-1595. — 278 feuillets. 

— VIII (5607). 1596-1600. — 239 feuillets. 

— IX (5608). 1601-1603. — 258 feuillets. 

— X (5609). 1604-1606. — 235 feuillets. 

— XI (5610). 1607-1608. — 242 feuillets. 

— XII (5611). 1609-1610. — 265 feuillets. 

— XIII (5612). 1611-1612. — 265 feuillets. 

— XIV (5613). 1613-1614. — 293 feuillets. 

— XV (5614). 1615-1617. — 291 feuillets. 

— XVI (5615). 1618-1620. — 327 feuillets. 

5616. Recueil de concordances, notes, etc., sur différents fonds des 
manuscrits de la Bibliothèque royale. 

Ancien fonds français (fol. ii) ; — Grands-Augustins (fol. 142); — 
Baluze (loi. 19, 138 v», 184); — Barnabitcs (fol. 143); — Béthune 
(fol. 97, 192 bis) ; — Bigot (fol. 189) ; — Blancs-Manteaux (fol. 144) ; 

— De Boze (fol. i, 18); — Brienne (fol. 180); — Cangé (fol. 86 V); 

— Capucins de Saint -Honoré (fol. i v°); — Carmes déchaussés 



I 



DU DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. ^0^ 

(fol. 145); — Carmes de la place Maubert (fol. 146); — Célestins 
(fol. 147); - Chambre haute (fol. 194); — Golbert (fol. 31, \93Ms)', 

— Déficit (fol. 184) ; — Delamarre /fol. 75) ; — De Mesmes (fol. 185) ; 

— Drouin (fol. i, 18, 83, 86 v, 184); — Duchesne (fol. 83, 87); — 
Émigrés (fol. 1); — Haudiquier(fol.84, 87 v); — Lancelot(fol. 136 6w, 
137); — La Vallière (fol. 4); — Le Tellier (fol. 84 v, 86); — Louvre 
(fol. 91 v°) ; — Maugérard (fol. 1) ; — Minimes (fol. 150) ; - Missions- 
Étrangères (fol. 151); — Oratoire (fol. 153); — Manuscrits précieux 
(fol. 157) ; — Récolements (fol. 184) ; — Ripaud (fol. ii) ; — Romans 
mss. (fol. 175); — Saint- Germain (fol. 183); — Saint -Magloire 
(fol. 148); — Saint-Martial (fol. 84, 88); — Saint-Martin (fol. 149); 

— Sorbonne (fol. 154); — Supplément ancien (fol. m, 2); — Sup- 
plément français (fol. i, ii) ; — Tersan (fol. ii) ; — Thévenot (fol. ii, 
91, 184) ; — Mss. des Troubadours (fol. 167) ; —Versailles (fol. 8, 12, 
91 V, 184); — Morel de Vindé (fol. n). — v et 215 feuillets. 

5617. Inventaire de la Collection Anisson-Duperron, sur l'imprimerie 
et la librairie (mss. français 22061-22193). — 118 fiches montées in-4". 

5618. « Catalogue des manuscrits de feu M. l'abbé Baluze, acquis par 
le Roy et transportés en sa bibliothèque au mois de septembre de 
l'année mil sept cens dix-neuf. » (957 n°^) — Fol. 305. « Catalogus 
diplomatum manuscriptorum. » — Fol. 529. « Catalogus collecta- 
neorum v. c. Stephani Baluzii... » Armoires 1-7. — 555 feuillets. 
Rel. parchemin, aux armes du Roi. 

5619. « Catalogus codicum manuscriptorum bibliothecae Baluzianœ. » 
Ire partie, Manuscrits; avec la concordance des numéros du Cata- 
logue de la Bibliothèque du Roi. — 183 pages. 

5620. Copie de la seconde partie du Catalogue des manuscrits de Baluze. 
« Catalogus diplomatum et manuscriptorum. » — Page 169. Armoires 
de Baluze. — 183 pages. 

5621. « Catalogue des volumes, portefeuilles et autres manuscrits con- 
tenus dans les Armoires du feu s"" Baluze, dressé par M. Boivin, en 
l'année 1721 et 1722. » — 96 et 67 feuillets. 

5622. « Bibliotheca Baluziana, sive catalogus bibliothecœ Stephani 
Baluzii Tutelensis, » — Catalogues des Armoires : 1° dans l'ordre du 
catalogue imprimé ; 2° dans l'ordre établi par Boivin. — 78 feuillets. 

5623. « Dénombrement et description des papiers de M. Baluze, conte- 
nus en sept armoires d'oii ils ont été tirés. » Avec notes de Mou- 
chet. — Page 77. « Dénombrement des manuscrits de M. Baluze sui- 
vant l'ordre et les numéros qui leur ont été donnés parmy les mss. 
de la Bibliothèque du Roy. » — 89 pages. 

5624-5627. Catalogue de la Collection Baluze (Armoires), par Mouchet 



-102 NOUVELLES ACQUISITIONS 

et Lalande. — 379 feuillets, in-S». — Table alphabétique, t. I, A-D ; 
t. II, E-M ; t. III, N-Y. — 297, 335 et 345 feuillets. 

5628. « Liste générale des titres de la table alphabétique des matières 
contenues dans les Armoires de Baluze. » — 20 feuillets. 

5629. Catalogue des manuscrits de Béthune. — En regard de chaque 
article on a ajouté le numéro qu'il a reçu dans le Catalogue de 1682 
(et le numéro actuel du fonds français). — 836 feuillets. 

5630. « Catalogue des manuscrits de M. le comte de Béthune. Tome I. » 
— Provient de la bibliothèque de Le Pelletier [Rosanbo]. — En tête 
une table de la main de Boivin. — 270 feuillets. 

5631-5632. « Catalogue des lettres originales contenues dans les manus- 
crits de Béthune, » par J. Boivin (1717). — Copie de Buvat. 

Tome I (5631). Listes chronologiques des lettres écrites par des 
rois et reines de France. — Fol. 91. Catalogue alphabétique des 
auteurs des lettres (A-K). — 332 feuillets. 

Tome II (5632). Catalogue alphabétique (L-Z). —Fol. 279. « Lettres 
écrites par des corps ou compagnies, villes, républiques, etc. » — 
Fol. 315. « Lettres écrites par des anonymes, » par ordre alphabé- 
tique des destinataires ; lettres anonymes « indiquées par la matière, » 
etc. — 335 feuillets. 

5633. Table alphabétique des pièces sans nom d'auteur contenues dans 
les manuscrits de Béthune {Abbrégé-Certificat). — 30 feuillets. 

5634-5635. Table alphabétique des pièces sans nom d'auteur contenues 
dans les manuscrits de Béthune. Tome I, A-D; tome II, E-L. — 
Copie de Buvat, avec notes et additions de J. Boivin. — 252 et 
172 feuillets. 

5636. « Notices des mss. de Béthune, faites et copiées par M. Maudon- 
net, depuis le no 8427 jusqu'au n° 8639. » — 438 feuillets. 

5637. « État des manuscrits de Béthune, classés dans l'ancien fonds 
français, » par J. Quicherat (1843). — 25 feuillets. 

5638. « Inventaire du cabinet du chevalier Blondeau » (1754). — Fol. 12. 
« Inventaire du second cabinet du chevalier Blondeau. » Double 
exemplaire (1758). — 23 feuillets. 

5639. « Table générale alphabétique des surnoms, qualités des personnes 
et dattes des titres pour les vingt premiers volumes des titres origi- 
naux du cabinet du chevalier Blondeau de Charnage. » — 152 feuillets. 

5640. « Table alphabétique des noms de familles pour la partie des 
titres du cabinet du chevalier Blondeau de Charnage, intitulée : 
Originaux et contracts... » (A-F). — 48 l'euillels. 

5641. « Table alphabétique des noms de familles et des noms des sei- 



DU DEPARTEMEM DES MANUSCRITS. -103 

gneuries et autres titres concernans des droits de diverses commu- 
nautés religieuses, pour servir à la partie des titres du cabinet du che- 
valier Blondeau, intitulée : Originaux et contracts... » — 149 feuillets. 

5642. « Table alphabétique des noms des familles de la partie des titres 
[du cabinet du chevalier Blondeau], intitulée : Quittances... » — 
107 feuillets. 

5643. Minute de la table précédente. — 56 feuillets. 

5644. « Table des 24 volumes des Meslanges du chevalier Blondeau de 
Gharnage. » — 267 feuillets. 

5645. « Table des seigneuries pour lesquels {sic) il y a des homages et 
autres titres dans la partie distribuée en 24 portefeuilles, intitulés : 
Contrats... » — 284 feuillets. 

5646. a Table alphabétique des noms des familles pour servir à la par- 
tie des titres, cottée Originaux et distribuée en neuf portefeuilles. » 
— 55 feuillets. 

5647. « Table des noms de familles contenus dans les quatre porte- 
feuils {sic), cottes : Contrats de mariages, 1234... » — 14 feuillets. 

5648. « Table alphabétique des noms de familles pour la partie des 
titres distribuée en trois portefeuilles et intitulée : Montres. » — 
40 feuillets. 

5649. « Table alphabétique des noms des familles pour servir aux 
cinq portefeuils, intitulés : Homages et dénombremens de plusieurs 
seigneuries, avec des arrêts qui en confirment des droits. » — 
24 feuillets. 

5650. « Table de la partie des titres intitulée : Suplément d'homages, 
et distribuée en 3 portefeuils... » — 13 feuillets. 

5651. « Table pour les deux portefeuils cottes : Supplément à la partie 
des Meslanges. » — 10 feuillets. 

5652. « Table alphabétique des noms des familles pour servir à la par- 
tie des Meslanges distribués en 23 portefeuils... de 1362 jusqu'en 
1684. » — 61 feuillets. 

5653. « Table de la quatrième partie des titres du second cabinet du 
chevalier Blondeau de Charnage. Cette partie est intitulée : Qui- 
tances... » — 25 feuillets. 

5654. « Inventaire de la septième partie des titres originaux du second 
cabinet... distribuée en 73 portefeuils... » — 107 feuillets. 

5655. « Table des matières contenues dans la neuvième partie du second 
cabinet... intitulée : Titres originaux pour servir à la généalogie et 
à l'histoire... » — 87 feuillets. 



^04 NOUVELLES ACQUISITIONS 

5656. « Table des noms de familles contenus dans les quatre portefeuils 
cottes : Contrats de mariages, 1, 2, 3, 4... » — 21 feuillets. 

5657. « Table [alphabétique], 3e volume, depuis 1 jusqu'à 242. » — A 
la fin : « Généalogie de la maison d'Ancenis. » — 154 feuillets. 

5658. « Table alphabétique des noms de familles contenus dans la par- 
tie du cabinet du chevalier Blondeau de Charnage... distribuée en 
61 boëtes... » — 146 feuillets. 

5659. « Table alphabétique des noms de familles contenus dans la par- 
tie de la grande collection du chevalier Blondeau de Charnage, inti- 
tulée : Meslanges pour l'histoire et la généalogie... » — 474 feuillets. 

5660. « Table alphabétique des matières, » pour la même partie de la 
collection. — 217 feuillets. 

5661. « Suplément de table alphabétique des noms de familles, » pour 
la même collection. — 5 feuillets. 

5662. « Table alphabétique des noms des seigneuries et des noms des 
familles contenus dans la partie des fiefs... » — 211 feuillets. 

5663. « Inventaire général sommaire des titres concernans les fiefs qui 
sont dans le cabinet du chevalier Blondeau de Charnage... » — 
255 pages. 

5664. « Inventaire de la colection {sic) de titres, tant originaux que 
copies cûllationnées... de la province de Languedoc..., par le cheva- 
lier Blondeau de Charnage. » — 88 feuillets. 

5665. « Religionaires du royaume de France. Recueil d'arrêts du 
Conseil d'État,... lettres patentes,... » (1674-1690), par Blondeau de 
Charnage. — 5 feuillets. 

5666. Inventaire alphabétique de la correspondance du président Bou- 
hier, par N. de Wailly. (Mss. français 24409-24420.) — 44 feuillets. 

5667. Catalogue des mss. et portefeuilles de M. de Boze donnés par lui 
à la Bibliothèque du Roi en échange de livres imprimés. (Double 
copie.) — 35 feuillets. 

5668. Inventaire des cartons de la collection de Bréquigny, par Lalande. 
— 376 feuillets. 

5669. Catalogue sommaire des manuscrits de Brienne, intitulé : « Inven- 
taire des mémoires de M. de Loménie. » — Sur le feuillet de garde, 
en tête, cette note de Boivin : « Je croy que cet inventaire est celuy 
dont se servoit M. de Loménie, avant que P. Du Puy luy eust dressé 
celuy qui fait partie des 359 volumes couverts de maroquin, reliez 
aux armes de Brienne. » — 51 feuillets. 

5670. Catalogue détaillé des manuscrits de Brienne. (N^^ 1-340.) — 



DU DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 105 

489 feuillets. (Provient de Foucquet ; aux armes de Leragois de Bre- 
tonvilliers.) 
5671-5673. « Table des livres manuscrits de la bibliothèque de M. le 
comte de B[rienne], dans laquelle se voit sommairement tout ce qui 
est contenu dans chasque livre. » Même catalogue que le précédent. 
Tome I, n°s 1-124. 438 feuillets. — Tome II, no= 125-243. 167 feuil- 
lets. — Tome III, nos 243-340. 173 feuillets. (Aux armes de Béthune.) 

5674-5675. Catalogue des manuscrits de Brienne. Tome I, n°^ 1-198. 
1041 pages. — Tome II, no^ 199-340. 1017 pages. (Provient de Lan- 
celot, 1741.) 

5676. Le même, intitulé : « Table des mss. de Brienne. » — 557 pages. 
(Provient de Secousse.) 

5677. « Copie de la table des mss. de Brienne, faite sur celle de Mon- 
sieur Secousse » [pour Sainte-Palaye (?)]. — 297 feuillets et 639 pages. 

5678. « Inventaire des manuscriptz de M. de Brienne, vol. II. [N^^ 102- 
170.] — Ce ms. vient de feu M. de la Maugrie, conseiller d'Estat; 
achepté le 11^ septembre 1696. Fr. Léonard de Sainte-Catherine de 
Sienne, Augustin deschaussé... » — 292 feuillets. 

5679. Répertoire alphabétique des mss. de Brienne. — 570 feuillets. 
(Provient des Archives nationales, MM 955.) 

5680. Autre répertoire alphabétique des mss. de Brienne. — 419 feuil- 
lets. (Provient des Archives nationales, MM 956.) 

5681. Tables de différents volumes de la collection de Brienne, intitu- 
lée : « Tables de négociations et procès criminels qui se trouvent 
dans la suitte des manuscriptz de Brienne... » — 123 feuillets. 

5681 bis. Catalogue détaillé des manuscrits de Brienne (n^^ 1-358), par 
l'abbé Gonidec, — 333 feuillets. 

5682. « Catalogue des mss. provenant de la bibliothèque de M. de Gange, 
remis par M. l'abbé Sallier à M. l'abbé de Targny, le 17 février 1736. » 
Avec notes de l'abbé de Targny. — 158 feuillets. 

5683. « Notice des mss. provenant de Gange. » Dans l'ordre des numé- 
ros de l'ancien fonds français. — 37 feuillets. 

5684. « Catalogue des manuscrits de J. B. P. G. Châtre de Cangé. 
'; ÛGCXXX. » — 26 feuillets. 

5685. Inventaire du fonds des Gartulaires, par M. L. Delisle. 

Fol. 13. « Concordance entre les numéros du fonds des Gartulaires 
et les numéros du fonds latin et du fonds français (nouvelles séries). » 
— 21 feuillets. 

5686. « Jurisdiction et jurisprudence de la Chambre des comptes, ou 
Collection des ordonnances, édits, déclarations, arrêts et règlemens 



'lOe NOUVELLES ACQUISITIONS 

tant sur sa juridiction que sur chacune des matières de sa compé- 
tence, à l'égard : 1° des droits honorifiques dus au Roi; 2° des enre- 
gistremens de ses volontés; 3° de la manutention des finances dud. 
sgr. Roy. » — Tables de la collection Clément de Boissy, mss. fran- 
çais 10991-11082. — 73 feuillets. 

5687. « Archives du Clergé. — Inventaires. — Inventaire général des 
titres et papiers estans aux archives du Clergé de France au grand 
couvent des Augustins de cette ville de Paris... » 1695. — Copie 
moderne. — 31 pages. 

5688. « Troisième armoire des assemblées du Clergé. Chapitre i^"". Des 
procès-verbaux des assemblées générales du Clergé de France. » — 
27 feuillets. 

5689. Récolement des archives du Clergé de France (8 août 1730). — 
38 feuillets. 

5690-5691. « Catalogue des manuscrits de Mgr. de Coislin, évêque de 
Metz, » par D. Bouquet. — 223 et 628 feuillets. 

5692. « Catalogus librorum mss. bibliothecse Colbertinag, » par Baluze. 
(Nos 1-6648.) Autogr. — 484 feuillets. 

5693. Inventaire de la Collection des Cinq cents de Colbert. « Recueil 
de cinq cens volumes concernans l'histoire de France depuis 1278 
jusqu'en 1665. » — 139 feuillets. 

5694. Notice de mss. sur les finances, provenant de Colbert, entrés à la 
Bibliothèque en 1734, maintenant insérés au fonds des nouvelles 
acquisitions françaises, nos 163-210. — 3 feuillets. 

5695. Inventaire de la collection Doat; « notices et copies collationnées 
de titres, etc., des provinces de Guyenne, Languedoc et pays de 
Foix, » faites par ordre de Colbert. (N^s 7-258.) — 158 feuillets. 

5696. Inventaire de la Collection des 182 de Colbert, « formée de pièces 
copiées dans les archives de Flandres et collationnées par Denis 
Godefroy. » (N»» 1-195.) — 130 feuillets. 

5697. Mélanges de Colbert. — « Description sommaire de 41 paquets 
aportés à la Bibliothèque du Roy, avec les mss. de M. Colbert, les- 
quels paquetz contiennent des mémoires, traités..., dont plusieurs se 
trouvent dans le recueil des 500 volumes de l'histoire de France des 
mss. de M. Colbert. » (Double exemplaire.) — 87 feuillets. 

5698. « Catalogue des Mélamjcs de Colbert, » par A. Giry. 

Fol. 52. <( Recueil de 84 volumes in-folio, concernant les tailles et 
taillon, les gabelles et autres impositions, depuis l'année 1661 jus- 
qu'en 1668. » {Nos 177-260 des Mélanges de Colbert.) 

Fol. 70. Suite des Mélanges de Colbert : Exécution du traité de 1659 
dans les Flandres (nos 261-263) ; Trésor royal (nos 264-310); Bâtiments 



DU DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. ^07 

du Roi (nos 311-317) ; Maison du Roi (nos 318-328) ; Marc d'or (n»' 329- 

343). 
Fol. 88. « Dernier fonds de Golbert. » (Ane. suite de Mortemart.) 

— 93 feuillets. 

5699. Catalogue (incomplet) de la Collection Dangeau, — 106 feuillets. 

5700. « Catalogue raisonné des manuscrits ou cartulaires historiques 
du cabinet de feu M. l'abbé de Camps, abbé de Signy. » — Remis à 
la Bibliothèque impériale (1810-1811). — 66 feuillets. 

5701. « Notice des portefeuilles, boîtes et cartons, qui, lors de la Révo- 
lution, ont été transportés du cabinet du citoyen Delacroix, généalo- 
giste de l'ordre de Malte, à la Bibliothèque nationale, » par Mouchet. 
(Cette collection a été rendue au possesseur.) — 12 feuillets. 

5702. Catalogue des manuscrits de Philibert de La Mare (1719) ; avec 
l'indication des numéros qu'ils ont reçus dans l'ancien fonds des mss. 
de la Bibliothèque du Roi. — 26 feuillets. 

5703. « Manuscrits de M. de La Mare, conseiller au parlement de Dijon.» 

— 57 pages. 

5704. Concordance des numéros du catalogue des mss. de Philibert de 
La Mare et de ceux qu'ils ont reçus dans l'ancien fonds des mss. de la 
Bibliothèque du Roi. — 23 feuillets. 

5705. Concordance des numéros des manuscrits grecs, latins, français, 
etc., de de Mesmes et des anciens numéros de la Bibliothèque du Roi. 

— 29 feuillets. 

5706. « Concordance des anciens numéros des manuscrits français, 
italiens, etc., du président de Mesmes, avec les nouveaux numéros 
assignés à ces mêmes manuscrits dans le catalogue de la Bibliothèque 
nationale rédigé en 1729 et 1730. » — 8 feuillets. 

5707. Liste des manuscrits anciens et modernes de M. l'abbé Drouin 
(1734). Double exemplaire. — 5 feuillets. 

5708. « Catalogue des manuscrits de feu M. l'abbé Drouïn,... mort au 
mois de mars 1733, » par l'abbé de Targny. — 49 feuillets. 

5709. « Recueils et papiers de feu M. l'abbé Drouin et de M. de Fan- 
nière, contenus en seize paquets... » — 4 feuillets. 

5710. Catalogue de la collection Droz, sur la Franche-Comté. 

Fol. 60. « Notice sommaire du recueil de titres et papiers envoyés 
par M. Droz au dépôt des chartes et de là transférés à la Bibliothèque 
nationale, » par Mouchet. 

Fol. 64. « Table des pièces contenues dans la collection de Franche- 
Comté,... » par Champollion-Figeac. — 65 feuillets. 



^08 NOUVELLES ACQUISITIONS 

5711. Inventaire des « cinquante-neuf volumes du s^Duchesne » et des 
« vingt volumes du nommé Haudicquer. » — 14 pages. 

5712. « Catalogue des cinquante-neuf volumes du s"- Du Chesne et des 
vingt volumes du nommé Haudiquer, remis à la Bibliothèque du Roi. » 

Fol. 10. Catalogue des lettres de la collection Duchesne, par Boi- 
vin. — 21 feuillets. 

5713. Catalogue alphabétique des vies de saints contenues dans la col- 
lection Duchesne. — 551 fiches reliées en 1 vol. 

5714. Catalogue des mss. de la collection Dupuy. — Exemplaire origi- 
nal, contenant le détail des mss. 1-798. — 901 pages. (Provient des 
Archives nationales, MM 938.) 

5715. « Catalogue des manuscrits de Monsieur Dupuy. » — Exemplaire 
ayant servi aux ventes de 1720 et 1754, et donnant le détail des 
mss. 1-958. — vu et 923 pages. 

5716. Catalogue des manuscrits de Monsieur Dupuy. » Volume 1-958. 

— 1483 et 73 pages. 

5717. a Catalogue des manuscrits de Monsieur Dupuy. » (Nos 1-777.) 

— 826 feuillets. 

5718-5719. « Inventaire des tiltres, Chartres, mémoires, discours et 
autres pièces, soit originaux ou copies, contenues en 600 volumes 
mss. appartenant à Monsieur Dupuy. » (Nos 1-606.) Avec tables. — 
2 vol. de 381 et 397 feuillets. 

5720. Autre exemplaire. — 716 feuillets. 

5721. Catalogue des mss. de la collection Dupuy. (Nos 1-531.) 
Fol. 262. Tables diverses. 

Fol. 316. « Table des matières plus notables contenues ez registres 
du Conseil du Parlement de Paris, depuis l'an 1378 jusques en 
l'an 1627. » 

Fol. 376. « Le cérémonial de la cour de Parlement. » Tables de 
quatre volumes. 

Fol. 384. « Catalogue des livres de M. Stella. » — 385 feuillets. 

5722. Catalogue de la Suite de la collection Dupuy, tomes I à L ; avec 
la concordance des numéros (6367-6416) attribués à ces mss. dans le 
fonds français. — 3 feuillets. 

5723. « Inventaire des quatorze volumes contenants divers recueils et 
mémoires que M. Luillier, conseiller du Roy au parlement de Metz, 
m'a laissés par son testament, avec la table des principales matières. » 
(A la suite do la collection Dupuy.) Original de la main de J. Dupuy. 

— 58 et 13 pages. 

5724-5727. Catalogue détaillé d'une partie des volumes de la collection 
Dupuy. — 376, 373, 373 et 301 feuillets. 



DD DÉPARTEMENT DES MANDSCBITS. ^09 

5728. « Table alphabétique des manuscrits de M''^ Dupuy. » — 436 feuil- 
lets. 

5729. « Table alphabétique des manuscrits de M" Dupuy. » — 604 feuil- 
lets. 

5730. Autre exemplaire. — 615 feuillets. 

5731. « Catalogue des manuscrits et des cartes de Falconnet. » — 8 pages. 

5732. « Inventaire de la bibliothèque de M. de Fontanieu, acquise par 
le Roy, par contract du 27 aoust 1765. » (1766.) — 509 pages. 

5733. « Inventaire fait par nous Jean Gapperonnier, garde de la Biblio- 
thèque du Roi, de la bibliothèque de M. de Fontanieu, vendue au 
Roi,... le 27 août 1765. » — 18 feuillets. 

5734. « Etat des manuscrits de la bibliothèque de M. de Fontanieu,... 
divisé en quatre parties. » — 54 feuillets. 

5735. Acte de vente et inventaire de la bibliothèque de M. de Fonta- 
nieu, vendue au Roi le 27 août 1765. — 51 feuillets. 

5736. « Table générale du recueil de titres concernant l'histoire de 
France tirés tant des anciens manuscrits que des mémoires originaux 
et pièces fugitives du temps, par M. de Fontanieu, conseiller d'État. » 
(Nos 1-881.) — 18 feuillets. 

5737. Manuscrits et portefeuilles de Gaignières ; cabinet de d'Hozier. 

— Inventaires, récolements, correspondance et pièces diverses rela- 
tives à leur acquisition pour la Bibliothèque du Roi (1716-179..). — 
311 feuillets. 

5738. « Extrait de l'inventaire du cabinet de M. de Gaignières, donné 
au Roi par acte du 19 février 1711, contenant ce qui a été remis à la 
Bibliothèque de Sa Majesté, en exécution de l'arrest du Conseil d'État 
du 6 mars 1717. » (I^os 1-2896.) — 14 et 237 pages. 

5739. « Extrait de l'inventaire du cabinet de M. de Gaignières, donné 
au Roy par acte du 19 février 1711, contenant les mss. et titres qui 
regardent la noblesse, les armoriaux, et plusieurs mss. qui y ont 
rapport. » — 43 feuillets. 

5740. « Catalogue des manuscrits de Gaignières, qui ont été ou étoient 
destinés à être placés dans le Cabinet des titres. » — 170 feuillets. 

5741. « Notices des manuscrits de Gagnières, faites par l'abbé Gonidec. » 

— Notices des nos 303 à 559, 13. — 957 pages. 

5742. « Inventaire et analyse de la collection sur les finances, » formée 
par Gênée de Brochot. — vni et 86 pages. (Rel. mar. r., aux armes.) 

5743. « Registres du Parlement vendus au Roi par les maîtres des 
requêtes. — Manuscrits vendus au Roi par feu M. Gênée de Brochot. 
1789. » — Correspondance relative à la vente des mss. de Gênée de 



^^0 NOUVELLES ACQUISITIONS 

Brochot et à la copie des Registres du Parlement, provenant des 
maîtres des requêtes, qui était entre les mains de Bertrand de Molle- 
ville (1783-1789). — 22 feuillets. 

5744. « Catalogue des manuscrits de Monsieur ** [Ghauvelin], » précé- 
demment de Harlay. — Page 169. « Supplementum catalogi mss. 
codicum. » — 174 et 47 pages. 

5745. « Supplementum catalogi mss. codicum... domini Germani- 
Ludovici Ghauvelin, régis administri... » — vm et 178 pages. 

5746. « Catalogue des mss. de la bibliothèque de feu M^e Achilles de 
Harlay, premier président du Parlement de Paris, passés depuis dans 
la bibliothèque de feu messire Louis-Germain Ghauvelin, ancien 
garde des sceaux, et actuellement dans la bibliothèque de l'abbaye 
de Saint-Germain-des-Prés, à Paris. 1762. » — 394 pages. 

5747. « Catalogue des manuscrits qui ont esté envoyez de Grosbois. » 
— Catalogue de quelques mss. du président de Harlay. — 63 pages. 

5748. Table alphabétique, par noms de personnes, de lieux et de matières, 
d'une partie des manuscrits du président de Harlay. — 254 feuillets. 

5749. a Dictionnaire historique et généalogique, ou inventaire général 
par ordre alphabétique des noms des familles de la collection de titres 
originaux du s"" Jault, généalogiste, demeurant rue Montmartre, 
prèz celle du Mail, maison du s. Geoffroy Chandelier. » — 470 et 
26 feuillets. 

5750. « Suplément de l'inventaire général de la collection de titres ori- 
ginaux du S"" Jault, généalogiste. » — 101 feuillets. 

5751. « Catalogue des manuscrits que Lancelot a donnez à la Biblio- 
thèque du Roi. » (1732.) 

Fol. 29. « Concordances des anciens numéros des mss. de Lance- 
lot avec ceux de la Bibliothèque du Roi. » — 39 feuillets. 

5752. « Catalogue des manuscrits que le s'' Lancelot a donnez à la 
Bibliothèque du Roy. » (Nos 1-187.) — 11 feuillets. 

5753. Inventaire des « manuscrits de M. Laporte Du Theil, acquis au 
mois de juillet 1815. » — 18 feuillets. 

5754. « Manuscrits acquis à la vente de M. le duc de La Vallière, en 
1784. j — 12 feuillets. 

5755. « Relevé des manuscrits du duc de La "Vallière, acquis pour la 
Bibliothèque du Roi, en 1783,.., » par Muuchet. — 19 feuillets. 

5756. « Catalogue des manuscrits de la collection de M. Léchaudé 
d'Anisy. — Normandie. (1859.) » — 4 feuillets et 211 pages. 

5757. « Inventaire abrégé des manuscrits de M. l'abbé Le Grand, dont 
les principaux sont sur l'histoire du roi Louis XI. (Mss. français 6960- 
6990.) — 18 feuillets. 



DU DÉPARTEMEIVT DES MANUSCRITS. iU 

5758. Inventaire des « recueils de l'abbé Léonard. » (Mss. franc. 6309- 
6336.) - 19 feuillets. 

5759. « Inventaire des manuscrits, papiers et portefeuilles de feu 
M. l'abbé de Louvois, bibliothécaire du Roy. » 

Page 49. Double du précédent. 

Page 109. « Inventaire abrégé et sommaire des manuscrits, papiers 
et portefeuilles trouvés dans le cabinet de feu M. l'abbé de Louvois, 
bibliothécaire du Roy, 1719, » par l'abbé de Targny. — 143 pages. 

5760. Double du premier des inventaires du volume précédent. — 
79 feuillets. 

5761. « Catalogue des volumes, registres et cartons remis aux conser- 
vateurs des mss, de la Bibliothèque nationale, par le citoyen Camus, 
garde des Archives nationales, le 12 germinal an IX de la Répu- 
blique. » — Archives de la chambre syndicale de la Librairie et 
Imprimerie de Paris; catalogue rédigé par Mouchet; avec une con- 
cordance des anciens et nouveaux numéros. — ii et 21 feuillets. 

5762. Catalogue des « volumes manuscrits apportés du Cabinet du vieux 
Louvre en la Bibliothèque du Roy, en l'année 1726. » (Double exem- 
plaire.) — 21 feuillets. 

5763. « Catalogue des livres doubles donnez et eschangéz par le Roy 
avec d'autres de la bibliothèque de feu Mgr le cardinal Mazarin, fait 
par nous M<= Pierre de Garcavy et M'' François de la Poterie, en con- 
séquence de l'arrest du Conseil d'Estat du 12* janvier 1668... » 

Fol. 142. « Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de feu 
Mgr. le cardinal Mazarin..., » par les mêmes. — 241 feuillets. 

5764. 1. « Premier volume de despence, ou registre tant de la recepte 
que de la despence faicte pour la bibliothèque de Mgr. l'Éminentis- 
sime cardinal Mazarin, depuis le xv aoust 1643. » (1643-1646.) — 
36 feuillets. 

2. « Inventaire des livres mis en la bibliothèque de Mgr. l'Emi- 
nentissime cardinal Mazarini, depuis le v aoust M DG XLIII, qu'il 
achepta celle de M* De Cordes, pour le prix de xxii"^ livres. » (1643- 
1644.) — 62 feuillets. 

3. « Estât des relieures depuis l'an 1643. » — Ces trois parties sont 
tout entières de la main de G. Naudé. — 38 feuillets. 

4. « Extraict du testament de M»" Naudé » (fol. 39). 

5765. « Continuation des livres acheptez pour la bibliothèque » du 
cardinal Mazarin, par G. Naudé. 

Fol. 32. « Livres doubles... changez contre d'autres. » 
Fol. 38. « Livres donnez depuis le commencement de l'année 1648. » 
— Ces trois parties sont de la main de Naudé. 

Fol. 41 et 57. « Livres rendus par Annet » Morlon (1654), etc. 



U2 NOUVELLES ACQUISITIONS 

Fol. 53. « Mémoire des livres les plus curieux que peut avoir 
M"" Naudé de la bibliothèque de Son Éminence. » (Double ex.) 

Fol. 58. « Pour le restablissement de la bibliothèque de Son Émi- 
nence, » etc. 

Fol. 62. « Rolle des manuscrits arabes et syriaques; » suivi de plu- 
sieurs listes de livres imprimés et manuscrits de la bibliothèque du 
cardinal Mazarin, dont la dernière est de la main de G. Naudé. — 
81 feuillets. 

5766. Catalogue d'une partie des chartes de la collection Maugérard. — 
347 analyses de chartes rédigées par G.-B. Hase. 

5767. Catalogue des mss. de la collection Meinières, aujourd'hui nos 7557. 
7574 du fonds français. — 18 feuillets. 

5768. « Collection de manuscrits précieux d'environ 2,000 volumes 
provenant de la bibliothèque de M. le président de Meinières. » — 
9 feuillets. 

5769. « Catalogue des manuscrits des sieurs Mezeray et Le Fèvre de 
Chantereau, avec lesquels se sont trouvé meslées plusieurs pièces 
venues d'ailleurs. » — 36 feuillets. 

5770. Catalogue de manuscrits de Morel de Vindé. — 29 feuillets. 

5771. Catalogue des « manuscrits acquis de M. le duc de Mortemart, 
en 1819, » et de la Suite de Mortemart. — 14 feuillets. 

5772. Catalogue des n manuscrits du collège de Navarre, qui n'ont pas 
été transportés à la Bibliothèque impériale, » par Parquoy. — 
27 feuillets. 

5773. « Catalogue des manuscrits de l'église [Notre-Dame] de Paris. 
M DCC LI. » — 85 pages. 

5774. Inventaire alphabétique de la correspondance d'Oberlin. (Mss. 
allemands 192-204.) — 20 feuillets. 

5775. Inventaire des cartons contenant les papiers et mss. théologiques 
de Louis, duc d'Orléans, fils du Régent. (Mss. français 6278-6308.) — 
49 feuillets. 

5776. « Notice de la collection de Registres du Parlement provenant de 
Lamoignon et acquise du libraire Magimel, en 1801, » par Mouchet. 
— 32 feuillets. 

5777. « Notes de Mouchet sur différentes collections d'extraits de 
Registres du Parlement et de Registres des Conseils, transportées à 
la Bibhothèque nationale. » — 53 feuillets. 

5778. Catalogue analytique d'une partie de la correspondance de Peiresc, 
par Lalande. (Mss. français 9535 et suiv.) — 294 feuillets. 

5779-5786. Catalogue des manuscrits du Résidu Saint-Germain. Cata- 
logue, tome I. Paquets 1-35. — II. 36-93. — III. 94-120. —IV. 121- 
170. — 36G, 341, 367 et 366 feuillets. 



DU DÉPARTEMENT DES MAXUSCRITS. -US 

Table alphabétique, tome I. A-G. — II. D-J. — III. L-P. — IV. 
Q-Z. — 359, 286, 313 et 310 feuillets. 

5787. « Liste par ordre alphabétique des titres sous lesquels peuvent se 
trouver les pièces contenues dans les manuscrits Résidu de Saint- 
Germain. » — 24 feuillets. 

5788. « Gatalogues du Résidu des manuscrits de l'abbaye de Saint- 
Germain-des-Prés, rédigé d'après les feuilles détachées qui ont 
accompagné l'envoi, » par Mouchet. — 48 feuillets. 

5789. 1. « Gatalogue des livres reliés du Résidu de Saint-Germain. » — 
16 feuillets. — 2. « Résidu de Saint- Germain. Concordance des 
paquets avec les cartons. » — 12 feuillets, 

5790. Catalogue des manuscrits grecs du Résidu de Saint-Germain. — 
. 42 feuillets. 

5791. « Concordance des numéros de Ripaut avec les numéros du Sup- 
plément. » — 9 feuillets. 

5792. « Catalogi manuscriptorum codicum qui in bibliotheca monasterii 
S. Germani a Pratis anno Domini 1677 reperti sunt. — Primus mss. 
codicum ordinem et omnia in eis contenta exhibet. Secundus eodem 
omnia ordine alphabetico digesta représentât. Tertius mss. codicum 
quantitatem seu amplitudinem, et scripturœ setatem indicat. » — 
468 pages. 

5793. « Saint-Germain-des-Prés. — Notice de plusieurs mss. du grand 
fonds, par Lémerault, bibliothécaire, mort en 1756. » — 21 feuillets. 

5794. Bordereau des manuscrits de Saint-Germain-des-Prés, transpor- 
tés à la Bibliothèque nationale en l'an IV (1795-1796). — 51 feuillets. 

5795-5796. « Gatalogue des manuscrits de la ci-devant abbaye de Saint- 
Germain-des-Prés, » par Dom Poirier. 

I. Mss. latins. (N^^ 1-1643.) — II. Mss. français. (N<>^ 1-2799.) — 
100 et 165 feuillets. 

5797. Catalogue des manuscrits du fonds français de Saint-Germain, dit 
Découpures. — 143 feuillets. 

5798. Gatalogues des « manuscrits de Saint-Germain-des-Prés, fonds 
de Harlay, » et « fonds dit de Gesvres, » par Dom Poirier. — 
69 feuillets. 

5799. Concordances des numéros des trois catalogues des mss. de Saint- 
Germain-des-Prés. (Incomplètes.) — 28 feuillets. 

5800. « Inventaire des Portefeuilles de Secousse. » — 19 feuillets. 

5801. Table alphabétique de la « Correspondance du chancelier Séguier. » 
(Mss. français 17367-17412.) — 45 feuillets. 

5802. « Catalogue des manuscripts vendus au Roy par M. Mégret de 
Sérilly, au mois d'avril 1748. » — 154 feuillets. 

^894 8 



UÂ NOUVELLES ACQDISITIONS DES MANUSCRITS. 

5803. « Inventaire sommaire des manuscrits composant le Supplément 
français. » (N^^ 1-2319.) — 70 feuillets. 

5804. « Notices des liasses, cartons, portefeuilles, manuscrits reliés, 
etc., » provenant de l'abbé de Targny. — 67 feuillets. 

5805. Catalogue des manuscrits et papiers de l'abbé de Targny. — 
20 feuillets. 

5806. « Gatalogus manuscriptorum domini de Targny. » — 12 feuillets. 

5807. Catalogue de « livres apportés du palais des Tuilleries en la 
Bibliothèque du Roy en l'année 17[29] ; » par l'abbé de Targny. — 
16 feuillets. 

5808. Catalogue de « volumes manuscrits apportez de Versailles en la 
grande Bibliothèque du Roy à Paris, en l'année 1729, » par l'abbé 
de Targny. — 50 feuillets. 

5809. Doubles, mis au net, des deux catalogues précédents de Versailles 
et des Tuileries. — Feuillets 20-45. 

5810. Table chronologique des titres recueillis par Dom Villevieille. 
(xie-xvni" siècles.) 

Fol. 114. « Table alphabétique et chronologique des noms men- 
tionnés dans la collection de titres originaux étant au Cabinet de 
l'abbé de Villevieille à Paris. » — 147 feuillets. 

5811-5812. « Relevé des manuscrits à peintures et ornements des anciens 
fonds latins et français de la Bibliothèque nationale, » par le comte 
de Bastard. — « Mss. ayant appartenu à des souverains français et 
étrangers, » princes, abbayes, etc. — « Manuscrits datés. » — 
Reliures remarquables. — 288 et 371 feuillets. 

5813-5814. « Catalogue des miniatures des manuscrits latins de Paris, » 
par Henri Bordier. (18G3.) — xxxni-677 et 315 pages. 

Nos 1-2005 seulement des mss. du fonds latin de la Bibliothèque 
nationale. — Le second volume est en grande partie composé de 
notes diverses plus étendues sur des mss. à peintures de Paris et 
d'autres bibliothèques. — Calques et reproductions de peintures dans 
les deux volumes. 

5815. « Spécimen d'une table alphabétique de l'ornementation des 
manuscrits, comprenant le dépoLiilleraent des deux mille premiers 
numéros du fonds latin de la Bibliothèque nationale, par II.-L. Bor- 
dier. » (1870.) — 89 feuillets. 

H. Omont. 
fA suivre.) 



LA 



CHAMBRE DES COMPTES 



DE PARIS. 



NOTICE ET ÉTAT SOMMAIRE DE 3363 REGISTRES DE COMPTABILITÉ 

DES XVIle ET XYIII^ SIÈCLES 

VERSÉS AUX ARCHIVES NATIONALES EN 1889. 



Au commencement de l'année 1889, un heureux hasard me 
permit d'avertir M. le garde général des Archives nationales que 
la Gourdes comptes se proposait, faute de place, de réformer, me 
disait-on, un certain nombre d'anciens registres pourvus de signa- 
tures royales. Sur la recommandation de M. Servois, j'obtins de 
M. le premier président de la Cour des comptes l'autorisation de 
pénétrer dans le pavillon de Marsan, où s'entassent les dossiers 
de la comptabilité moderne. Quel ne fut pas mon étonnement, en 
me trouvant en face d'une masse considérable de registres qui 
provenaient tous de l'ancienne Chambre des comptes ! Après avoir 
procédé sur place, avec l'aide de M. E. Lelong, archiviste à la 
section administrative, à la reconnaissance sommaire de quelques 
centaines de registres, l'importance de ce fonds ayant été démon- 
trée, le transport aux Archives nationales fut décidé d'accord 
avec la Cour des comptes, qui voulait bien s'en dessaisir en notre 
faveur. Il s'opéra au mois de mai et n'exigea pas moins de quatre 
grandes voitures. 

Quelques mots sur l'origine de cette collection. Des déclarations 
tant de M. Corneille, greffier en chef de la Cour des comptes, que 
de MM. Aniéré, garde des archives, et Lamotte, son successeur, 
il résulte que ces registres faisaient partie des épaves sauvées de 
l'incendie des archives de la Cour des comptes, rue de Lille, en 
1871. Ces documents, conservés avant 1870 dans l'étage en 



Uiy LA CHAMBRE DES COMPTES DE PARIS. 

attique du bâtiment des archives de la Cour, ont été jetés par les 
fenêtres lors de l'incendie allumé par les hommes de la Commune 
et couverts d'eau par les pompes, ce qui exphque que beaucoup 
de ces registres sont en partie moisis ou détériorés. Recueillis 
après le désastre, ils passèrent quelque temps dans les caves du 
Palais-Royal, où siégeait alors la Cour, puis ils furent transpor- 
tés au pavillon de Marsan. 

L'examen et le classement de ces registres faits en 1889 et 1890, 
conformément à l'engagement qui avait été pris vis-à-vis de la 
Cour des comptes, ont montré que tous concernent l'ancienne 
comptabilité de la France. Sauf un registre du xvf siècle, ils 
sont tous des xvn'' et xyiii*^ siècles. Ils concernent toutes les pro- 
vinces de France et furent remis jadis par les administrations 
financières du royaume à l'ancienne Chambre des comptes, qui 
était chargée de vérifier leur comptabilité. 

Mais, avant de faire connaître les éléments divers de cette col- 
lection et le classement que nous avons cru devoir lui donner, 
il n'est pas hors de propos de rechercher comment ces registres 
ont été conservés jusqu'à nos jours et comment ils ont été sépa- 
rés du reste des archives de la Chambre des comptes. 

Ces documents, qui peuvent être considérés comme les derniers 
restes de la comptabilité de l'ancienne monarchie, ont été signa- 
lés il y a quelques années par un érudit à qui rien n'échappe de 
l'histoire financière de la France. A la fin de la savante notice 
qui précède les Pièces justificatives pour servir à l'histoire des 
P. P. de la Chambre des comptes (p. cxlii), M. de Boislisle men- 
tionne comme sauvés de l'incendie de 1871 quelques centaines de 
registres des parties casuelles et du contrôle général des finances. 
Ces volumes, entrevus parle savant chercheur, forment bien une 
partie de ceux que les Archives viennent de recueillir. 

Eu examinant les dates initiales de plusieurs séries de registres, 
on peut se demander comment il se fait que ces registres com- 
mencent presque tous en 1759 ^ La raison s'en trouve dans les 
suppressions opérées à la fin de l'ancien régime et pendant la 
période révolutionnaire. Dès avant 1789, pour remédier à l'en- 
combrement de ses dépôts, la Chambre des comptes avait obtenu 
des lettres patentes du 9 juin 177G qui l'autorisaient à faire le 

1. Voyez notamment les étals de finances et les états au vrai, ceux des maré- 
chaussées et du tailloii, le contrôle du prêt et annuel, etc. 



7. 



LA CHAMBRE DES COMPTES DE PARIS. ^^7 

triage des acquits antérieurs à 1720. Après l'enregistrement de 
ces lettres patentes en 1778, la commission chargée par la Chambre 
de surveiller ces opérations reçut l'ordre de porter jusqu'en 1750 
la suppression des comptes jugés inutiles et de toutes les quit- 
tances et pièces accessoires ^ Le Bureau de comptabilité, défini- 
tivement organisé par décret des 8-12 février 1792, continua les 
suppressions déjà commencées. Parmi elles, on mentionne « des 
états au vrai, des états de finances, 3,612 registres du contrôle 
général antérieurs à 1759 2. » Les autres furent conservés pro- 
bablement parce que l'examen de cette comptabilité n'était pas 
encore terminé. 

M. de Boislislea expliqué comment beaucoup de ces documents 
sauvés par le Bureau du triage des titres arrivèrent aux Archives 
nationales. En l'an VIT, notamment, les Mémoriaux et presque 
toutes les collections du grefi'e sont reçus par le garde Cheyré, 
tandis que les documents de pure comptabilité périssaient. En 
1808, la Cour des comptes rendit aux archives de l'Empire les 
comptes des domaines et bois, qui, après triage, forment aujour- 
d'hui les n°^ P 291 4-2997^ 

Les registres dont nous nous occupons aujourd'hui forment la 
suite nécessaire et le complément de ceux qui sont depuis l'an VII 
conservés au palais Soubise. 

Il nous reste à faire connaître l'importance de ce nouveau fonds, 
à indiquer brièvement les différentes catégories de documents qui 
le composent et l'utilité que chacune d'elles peut présenter aux 
travailleurs. 

La plupart de ces documents provenant du Contrôle général 
des finances, nous avons pensé qu'il était naturel de prendre 
pour cadre de classement les attributions mêmes du Contrôleur 
général^. Or, d'après les lettres de commissions de Contrôleur 

1. De Boislisle, loc. cit., p. cxxviii. 

2. Ibidem, p. cxxxvii. 

3. Voir, aux Arch. nat., un état spécial dans M 719, n" 25. 

4. Il ne faudrait pas se méprendre sur le sens de ces mois Contrôle général 
et Contrôleur général des finances. On sait que, depuis 1661, la charge de 
surintendant général ayant été supprimée, ses attributions furent données à 
Colbert, qui prit le titre de Contrôleur général des finances, dont il avait acquis 
roûice. Ce titre fut conservé par tous ceux qui dirigèrent l'administration de 
nos finances jusqu'en 1789. Mais il y eut, depuis 1631, au-dessous du contrô- 
leur, d'abord quatre, puis deux commis, sous le nom de « gardes des registres 
du Contrôle général des finances. » Ils subsistèrent, sauf quelques intervalles, 



^-18 LA CHAMBRE DES COMPTES DE PARIS. 

général des finances accordées à Claude Le Pelletier eu 1683, 
cet officier avait pour mission de contrôler : 

1° Toutes les quittances, mandements, rescriptions du Trésor 
royal ; 

2° Du trésorier des revenus casuels ; 

3" Le prêt des officiers ; 

4° Le droit annuel et autres deniers dont ils font la recette ; 

5° Le marc d'or ; 

6^ Les quittances de finance pour les ventes du domaine ; 

T Les offices domaniaux ; 

8° Les taxes et restitutions, et toutes autres quittances; 

9° Les commissions pour la levée des tailles et autres imposi- 
tions, lettres patentes, octrois, dons, acquits-patents, rembour- 
sements, etc.^ 

C'est pourquoi les registres portent généralement ce titre : 
« Registre du Contrôle général des finances des quittances du 
trésorier des parties casuelles, » ou « des mandements et quit- 
tances de l'épargne, » ou bien « des acquits-patents, pen- 
sions, etc. » Un double et quelquefois un triple de ces divers 
registres était établi pour être envoyé à la Chambre des comptes. 

C'est en suivant ce cadre que nous avons classé les 3,363 re- 
gistres ou liasses dont se compose le versement fait par la Cour 
des comptes, dans un ordre dont nous allons maintenant essayer 
de donner une idée. 

Après un inventaire des quittances des offices expédiées aux 
parties casuelles, daté de 1579 (le seul registre du xvi^ siècle que 
renferme notre fonds), viennent les registres des quittances du 
trésorier des parties casuelles, au nombre de 249; puis les 
registres des revenus casuels perçus pour les nouvelles créations 

jusqu'en 1788. (Voir l'Almanach royal.) C'est à ces officiers que fut remis le 
coiilrole des quittances qui était dans les attributions primitives du Contrôleur 
général; ils avaient sur ce point les mêmes droits qu'avait eus le Contrôleur 
lui-même. C'est chez eux que l'on portait les quittances k vérifier, et ils devaient 
fournira la Chambre des comptes les doubles des registres qu'ils avaient tenus. 
(Voir Arch. nat., P2il7, p. 741.) Ce sont ces registres dont nous avons à nous 
occuper ici. On trouve dans les Mémoriaux les arrêts et lettres patentes rela- 
tifs à l'établissement et aux fonctions des gardes des registres du Contrôle. 
Voir notamment P 2374, p. 8G7, 809; 2336, p. 121; 2420, p. 745; 2502, p. 65; 
2366, p. 157 ; 2418, p. 185; 2514, p. 4 et 7. 

1. De Roislisie, Correspondance des contrôleurs généraux des finances, t. I, 
1874, App., p. 542. 



LA CHAMBRE DES COMPTES DE PARIS. M9 

OU les suppressions d'offices, etc. (48 reg.) ; les augmentatioiis 
de gages et leur contrôle (87 reg.) ; les acquits-patents et pen- 
sions {\.d reg.) ; les mande7nents et quittances du trésorier 
de l'Épargne (69 reg.) ; les quittances de son successeur le garde 
du Trésor royal, importante suite de 169 registres, mentionnant 
toutes les recettes effectuées par le comptable et indiquant quel- 
quefois les dépenses sous forme de mandements. 

Nous passons aux taxes diverses et d'abord aux taxes sur les 
offices. Tous les offices royaux y sont représentés (notaires, huis- 
siers, greffiers, maires, etc.). A la suite viennent les Finances 
d'offices classées dans l'ordre alphabétique des noms des offices 
(auditeurs des comptes, arpenteurs, artillerie, avocats du roi, etc.) 
(127 reg.); ils sont suivis des registres des Finances d'offices 
municipaux, relatifs surtout à la ville de Paris, à la Lorraine 
et enfin aux greniers à sel (61 reg.). On y trouvera des rensei- 
gnements certains pour l'entrée en fonctions d'un grand nombre 
de possesseurs d'offices. Nous avons réservé pour la fin les Offices 
des tailles, ceux de greffiers des rôles des tailles, commissaires- 
contrôleurs, trésoriers des tailles, etc. (162 reg.). 

Nous arrivons aux taxations des officiers. Les registres du 
contrôle du Prêt et de l'Annuel, au nombre de 299, renferment 
une multitude de noms de magistrats. Le contrôle du Centième 
denier fait suite chronologiquement à celui de l'annuel, auquel 
il donne son nom vers 1780. Les quittances de cette taxe ne rem- 
plissent pas moins de 317 registres, dans lesquels abondent les 
noms de personne. Il faut encore ajouter à cette catégorie les 
quittances du Marc d'or, autre taxe sur les offices qui était aussi 
payée pour dispense d'âge et d'alliance en vue du mariage 
(17 reg.). 

Les Arts et inétiers fournissent un contingent de 93 registres. 
Ce sont des finances de maîtrises ; des droits payés pour entrer 
dans les six corps de métiers; des droits annuels, des finances 
d'offices des maîtrises (inspecteurs, contrôleurs, auditeurs des 
comptes), et enfin des taxes pour l'hérédité des offices des arts et 
métiers, etc. 

Les produits du Domaine sont consignés dans 15 registres, 
qui concernent la vente et revente du domaine royal, les nouveaux 
acquêts, la taxe des boutiques du Palais à Paris, etc. 

Enfin, sous le nom de Revenus divers, nous avons groupé 
40 registres, parmi lesquels nous signalerons les quittances des 



^20 LA CHAMBRE DES COMPTES DE PARIS. 

revenants-bons, les droits de quittances et levées de deniers extra- 
ordinaires ; et nous terminerons cette longue nomenclature par 
la mention de 14 registres fort intéressants, qui, sous le nom de 
Contrats, renferment la copie des actes et titres translatifs de 
propriété et des contrats d'échange soumis au contrôleur géné- 
ral des domaines de la généralité de Paris, de 1706 à 1738. 

Une seconde partie, et non la moins importante de la collec- 
tion, se compose d'une suite de 800 registres intitulés : États 
des finances, et quelquefois États du roi, classés par généra- 
lités. Ce sont les états signés par le roi, au Conseil royal des 
finances, et qui donnent exactement, année par année, le compte 
des recettes et des dépenses de chaque généralité depuis 1759 
(1750 pour celle de Paris) jusqu'en 1790, Les états des finances 
servaient aussi à dresser les Etats au vrai, qui étaient présentés 
au roi par les receveurs généraux des finances de la généralité. 
Ceux-ci contenaient en plus les recettes et dépenses extraordi- 
naires. A partir de l'année 1781, les états de finances ne com- 
mencent plus qu'à la partie de l'état consacrée aux charges et 
portent le titre de : État de distribution des gages. Quelle que 
soit leur désignation, ces états offrent le plus grand intérêt pour 
l'histoire financière de la France pendant la seconde moitié du 
xv!!!*-' siècle ; c'est là seulement qu'on peut trouver les renseigne- 
ments officiels sur les revenus et les charges de chaque province 
et par suite du royaume presque entier. Ce genre de documents, 
sauf quelques états relatifs à la Lorraine qui se trouvaient dans 
la série H et que nous avons réunis à la série P, manquaient 
totalement aux Archives nationales ' . A la suite de chaque géné- 
ralité, on trouvera des états et des rôles relatifs à la taille, aux 
vingtièmes et à la capitation, qui peuvent servir à résoudre 
diverses questions sur la population et la richesse de la France. 
Nous avons joint à cette partie du nouveau fonds (parce qu'ils 
sont rédigés dans la même forme que les précédents), 17 registres 
des Etats des maréchaussées et 16 registres des États du tail- 
lon ou ordinaire des guerres, établis également par recette et 
dépense pour cliaque généralité. 

1. Sauf doux états de 1787 et 1788 (Z"" 1068). Des collections plus ou moins 
complètes de ces états se trouveut, sous la série C, dans les archives des 
départements qui ont eu autrefois des Bureaux des finances et notamment dans 
les suivants : Cher, Côte-d'Or, Gironde, ludre-ct-Loire, Moselle, Rhône, Seine- 
Inférieure, Vienne, Haute- Vienne. 



LA CHAMBRE DES COMPTES DE PARIS. ^ 21 

Enfin la troisième et dernière partie de notre collection se 
compose des registres des Rentes qui devaient aussi être présen- 
tés à la Chambre des comptes. Ces registres, au nombre de 515, 
renferment les quittances qui constataient le versement du capital 
de la rente et créaient un titre au rentier. Ils se divisent en rentes 
de la Tontine, qui étaient naturellement viagères; en rentes 
viagères proprement dites, soit sur la ville de Paris, soit sur les 
tailles, et enfin en rentes perpétuelles. On y trouve également 
les reconstitutions de rentes, qui consistent dans l'établisse- 
ment « d'un titre nouvel » correspondant à ce que nous appelle- 
rions aujourd'hui une mutation ou un transfert ; enfin les inté- 
rêts pour remboursement d'offices, c'est-à-dire les rentes que 
l'État s'engageait à servir pour n'avoir pas à rembourser le capi- 
tal des oflîces supprimés. Il n'est pas inutile de faire remarquer 
que, dans les titres des tontines, on a transcrit les noms des titu- 
laires de la rente, de leur femme, de leurs enfants et petits- 
enfants, avec l'âge des enfants. Pour les rentes viagères, l'acte 
énonce l'âge de la partie prenante, et, si c'est une femme, la plu- 
part du temps l'acte indique le nom du mari. Pour les rentes de 
la loterie et les autres, il n'y a pas l'âge, mais seulement les noms, 
qui font totalement défaut dans les registres de rentes au porteur. 
Les détails que nous venons de donner permettent d'apprécier le 
degré d'utihté de ces diverses catégories de registres et le parti 
qu'on en peut tirer. Sauf deux registres relatifs à des rentes per- 
pétuelles du xvif siècle, tous les autres sont du xvni" siècle. 

Tel est l'ensemble, telles sont les diverses parties de cette 
importante collection dont les Archives nationales viennent de 
s'enrichir. Elle a trouvé naturellement sa place à la suite de 
l'ancien fonds de la Chambre des comptes, à laquelle elle a man- 
qué trop longtemps. Inutiles depuis longues années pour la comp- 
tabilité publique, exposés même à être égarés et détruits parmi 
les papiers modernes, comme ils ont failli l'être en 1871, ces 
documents, réunis à nos Archives nationales, pourront servir à 
éclairer non seulement l'histoire financière du xviii® siècle, mais 
bien des points encore obscurs de l'organisation administrative 
de la monarchie à la même époque ; tous ceux qui s'occupent de 
la biographie des diverses classes de la société française pendant 
la même période, noblesse, magistrature, bourgeoisie, gens de 
commerce ou de finance, les consulteront avec profit. Nous nous 
estimons heureux d'avoir pu contribuer à leur conservation, et nous 



122 LA CHAMBRE DES COMPTES DE PARIS. 

devons le succès de nos efforts à la haute intervention de M. Beth- 
raont, alors premier président de la Cour des comptes, et de son 
successeur M. Humbert, qui, sur la demande de M. Servois, garde 
général des Archives nationales, ont bien voulu consentir que ces 
documents fussent versés au palais Soubise, où, étant classés et 
inventoriés, ils seront accessibles à tous les travailleurs*. En 
attendant la publication du Répertoire numérique de la Chambre 
des comptes, actuellement sous presse, nous avons pensé qu'il 
serait utile d'attirer l'attention des érudits sur ce supplément 
notable ajouté à la série P des Archives nationales, et, pour faci- 
liter les recherches, nous donnons ci-dessous l'état sommaire de 
nos 3,363 articles. 

A. Bruel. 

Registres de comptabilité verse's aux Arcdives x\atioxales par la 
Cour des comptes, et place's dans la série P. (3,3()3 articles, dont 
3,'f03 registres et 260 liasses.) 

I. Registres provenant du Contrôle général des finances. 

3027-3271). Quittances du trésorier des parties casuelles, -1579-1668. 
3280-3328. Quittances du receveur des revenus casuels, -1660-1700. 
3329-3417. Quittances des taxes pour augmentations de gages, 1635- 

1788. 
3418-3437. Acquits-patents et pensions, 1629-1774. 
3438-3309. Mandements et quittances du trésorier de l'Épargne, 

1629-1665. 
3510-3358. Quittances du garde du trésor royal, 1663-1701. 
3359-3570. Quittances du garde du trésor royal pour les débets, 

1701-1713. 
3571-3574. Quittances du garde du trésor royal pour les amendes, 

1667-1679. 
3575-3666. Quittances du garde du trésor royal (suite), 1702-1791. 

1. Nous devons adresser ici nos respectueux remerciements à M. Corneille, 
greffier en clicf de la Cour, MM. Lamotte, garde des archives, et Liénarl, sous- 
ciiet', pour la courtoisie et la bienveillance avec laquelle ils ont facilité notre 
tâche. Nous n'aurions garde d'oublier le concours empressé qui nous a été 
donné, dès le début de cette négociation, par notre sympathique et dévoué 
confrère et ami M. G. de Senneville, conseiller référendaire à la Cour des 
comptes. 



LA CHAMBRE DES COMPTES DE PARIS. ^ 23 

3667-3747. Quittances du garde du trésor royal et ensuite du tré- 
sorier des revenus casuels intitulées : Affaires de différentes 
natures, etc., ^03-4789. 

3748-3858. Quittances de taxes sur les offices et places, ^ 628-1 7^1 3. 

3859-3999. Finances d'offices, ^628-^782. 

4 000-4 06^. Finances d'offices municipaux, 'i63^-^79^. 

4062-4'! 76. Finances d'offices des receveurs et des greffiers des rôles 
des tailles, 'l 629-^1 79^ 

4177-4206. Rachat des boues et lanternes de Paris, n08-n90. 

4207-4213. Don gratuit des villes, 1760-1784. 

4214-4216. Taxations diverses des offices de finance et autres, 1696- 
1 757. 

4217-4228. Sixième et huitième deniers, 1685-1790. 

4229-4253. Annuel et prêt (Quittances du rachat), 1634-1780. 

4254-4554. Contrôle de l'annuel et du prêt par généralités, 1 759-1 771 . 

4555-4871. Contrôle du Centième denier établi en 1772, 1773-1791. 

4872-4888. Quittances du Marc d'or, 1629-1787. 

4889-4977. Arts et métiers. Finances d'offices; contrôle des trois 
quarts des maîtrises; taxes diverses, 1691-1790. 

4978-5029. Domaine. Quittances de taxes sur le domaine, sur les 
nouveaux acquêts; pour confirmation et aliénation de domaines, 
etc. Revenus divers : levées de deniers extraordinaires, etc., 1629- 
1773. 

5030-5043. Contrats. Contrôle des actes et titres translatifs de pro- 
priété pour le contrôleur général du domaine de la généralité de 
Paris, 1706-1738. 

5044-5051. Contrôle général des quittances des receveurs généraux 
des Domaines et bois de la généralité de Paris, 1708-1739. 

II. États des finances par généralités. 

5052-5074. I. Alençon, 1759-1790. 

5075-5105. II. Amiens, 1759-1790. 

5106-5133. m. Auch, 1759-1790. 

5134-5135. IV. Rayonne (Pau et), 1770-1790, 
5136-5170. V. Rordeaux, 1759-1790. 

5171-5195. VI. Rourges, 1759-1790. 

5196-5224. VIL Rourgogne (comté), 1759-1790. 

5225-5238. VIII. Rretagne, 1759-1787. 

5239-5271. IX. Caen, 1759-1790. 



^24 LA CHAMBRE DES COMPTES DE PARIS. 

5272-3298. X. Châlons ou Champagne, nSQ-nOO. 

S299-5327. XL Dijon, n59-'l 790. 

5328-5367. XII. Flandre, Hainaut et Artois, -1759-1790. 

5368-5393. XIII. Grenoble, ^59-^79^. 

5394-54 ^ 7. XIV. Limoges, -1759-^89. 

54^ 8-5442. XV. Lorraine, n59-'l 790. 

5443-5463. XVI. Lyon, 'l 759- 1790. 

3464-5488. XVII. Metz et Alsace, -1 759-'! 79-1 . 

5489•55^8. XVIII. Montauban, 1759•^79^ . 

53^9-5538. XIX. Montpellier, -1759-1790. 

5539-5557. XX. Moulins, ^1 760-1 790. 

5558-5565. XXL Navarre et Béarn, -1770-1783. 

5366-5591. XXII. Orléans, -1739-1789. 

3592-5669. XXIII. Paris, -1 750-1 790. 

5670-3688. XXIV. Poitiers, -1739-1789. 

5689-5706. XXV. Provence, -1739-1789. 

5707-5723. XXVI. Riom, 1739-1789. 

5726-5744. XXVII. Rochelle (la), 1759-1789. 

5745-3763. XXVIII. Rouen, 1759-1786. 

3766. XXIX. Roussillon, 1771-1790. 
5767-5785. XXX. Soissons, 1759-1785. 
5786-5817. XXXI. Toulouse, 1759-1791. 
5818-5838. XXXIL Tours, 1760-1791 . 

5839-5841 . Diverses généralités, tailles, domaines et bois, 1 766-1 790. 
5842-5858. Étals de la recette et dépense des maréchaussées, 1759- 

1787. 
5859-5874. États de la recette et dépense du taillon ou ordinaire des 

guerres, 1759-1790. 

III. Rentes. 

5875-5932. Rentes de la tontine ou renies viagères, par classes, 1733- 

1759. 
5933-6110. Renies viagères sur la ville de Paris, à divers taux, sur 

une ou plusieurs têtes; rentes sur les tailles, 1714-1787. 
6111-6113. Loterie en rente perpétuelle, 1777. 
6114-6313. Rentes perpétuelles, 1681-1789. 
6314-6363. Rcconslilulions de rentes, 1713-1786. 
6366-6389. Intérêts pour remboursement d'offices, 1720-1780. 



LE STYLE GOTHIQUE 

ET 

LE DÉAMBULATOIRE DE MORIENVAL 

A PROPOS DE DEUX ARTICLES DE M. ANTHYME SAINT-PAUL. 



L'apparition d'un article de M. Anthyme Saint-Paul est tou- 
jours une bonne fortune pour les archéologues, assurés qu'ils sont 
d'y trouver à la fois des documents solides, d'ingénieuses déduc- 
tions et des conclusions d'une grande portée scientifique. 

La publication simultanée, au début de cette année, de deux 
importants articles de l'éminent érudit ne peut qu'être très remar- 
quée de tous ceux qui s'intéressent à notre art du moyen âge. 

L'un de ces articles, publié dans le Bulletin monumental^, 
porte un titre énigmatique : l'Innomée; l'autre est une Dis- 
cussion archéologique sur les dates de V église de Morien- 
val, donnée sous forme de lettre à M. le chanoine Miiller dans 
les Mémoires du Comité archéologique de Sentis^, et éclaire 
singulièrement la pensée qui a dicté le premier. 

UInnomée, pour M. Anthyme Saint-Paul, n'est autre que 
l'architecture gothique. Cette désignation, évidemment impropre 
et qui a été une injure dans la pensée de ceux qui l'ont trouvée, 
lui paraît inacceptable. Le terme ogival, au contraire, contre 
lequel Quicherat protestait, lui semble très juste. 

Il est vrai que l'adjectif « gothique » a été une injure, mais 
cette idée défavorable a disparu, et le mot ogival, de son côté, 
procède d'une double idée fausse. M. de Caumont, qui l'a popula- 
risé, prétendait en effet trouver dans l'arc brisé la caractéristique 



1. 6» série, t. VIII, 1893, a» 5. 

2. T. VII, 3° série, année 1892, p. 49-58. 



^26 LE STYLE GOTHIQUE 

du stjle gothique, et, par le plus fâcheux des contresens, il don- 
nait à cet arc le nom de l'arc ogive. 

Ce n'est pas sans un sincère plaisir que l'on verra M. Anthyme 
Saint-Paul renoncer enfin publiquement aujourd'hui à maintenir 
cette dangereuse erreur de mots. Quant au critérium tiré de l'arc 
aigu, on sait qu'il ne l'a jamais considéré comme absolu. 

C'est pour cette raison même qu'il voudrait faire prévaloir le 
mot ogival en le rapportant à la croisée d'ogives qui caractérise 
selon lui le style gothique. 

Il appartenait à une plume beaucoup plus autorisée que la 
mienne de répondre à M. Anthyme Saint-Paul. Au moment où 
ces lignes paraîtront, le comte R. de Lasteyrie aura déjà livré 
à la publicité une apologie éloquente et bien difficilement réfu- 
table de cet enseignement de Quicherat, qu'il continue en y 
apportant sa grande part d'autorité et de découvertes nouvelles. 
On ne saurait ajouter à cette réponse et l'on ne pourrait que répé- 
ter moins bien ce qu'elle contient. Ceux qui ne l'auraient pas lue 
conviendront du reste, sans peine, que le terme ogival s'applique 
peu à bien des monuments gothiques, dépourvus d'ogives, et 
moins encore à la sculpture, sur laquelle on ne sait quelle 
influence aurait pu exercer l'ogive, et que le mot nervures n'est 
qu'un terme générique s'appliquant à toutes sortes d'arcs ou 
même de simples saillies. 

M. Anthyme Saint-Paul propose le mot gallican pour rem- 
placer le mot gothique. Ce mot, il est vrai, a le mérite d'indiquer 
une origine française, mais un nouveau terme est-il nécessaire^? 

1. L'adoption d'une nouvelle acception de mot, fût-elle graranialicaleraent 
exacte, peut ùire désastreuse en matière scientilique. Par exemple le sens (un 
peu conventionnel dans son exclusivisme) du mot Renaissance est très clair et 
compris de tous; n'a-t-on pas tenté d'en changer l'acception par une fantaisie 
qui, si elle était adoptée, emi)êcherait désormais ceux qui traitent de la Renais- 
sance de se comprendre et ferait naître une foule de discussions ne portant au 
fond que sur des mois? On pourrait aussi bien, d'accord avec la grammaire, 
mais non sans nuire à la clarté de l'enseignement historique, détourner ou 
étendre le sens de Révolution française, la France ayant eu bien des révolu- 
tions politiques. Où seraient les bienfaits de cette révolution du langage? 

Pour ne parler que d'architecture gothique, un éminent archéologue améri- 
cain, M. Moore, a proposé en 1890 de réserver ce terme à un style gothique 
parfait, absolu, très rare hors de l'Ile-de-France {Gothic architecture. Londres, 
Macmillan, 1890, in-8"). Sa distinction est juste, sagace, scientifique et serait 
digne de tout éloge s'il s'était borné à ajouter au même mot gothique divers 



ET LE DÉAMBULATOIRE DE MORIEIVVAL. ^ 27 

Il est vrai qu'il y a là une désignation ethnographique inexacte, 
mais, si quelqu'un avait l'irrévérence de traiter cette objection 
de chinoiserie, le sens de ce terme serait-il ambigu ? 

Cependant les préoccupations de M. Anthyme Saint-Paul visent 
plus haut qu'à cette question de terminologie : s'il approuve le 
mot ogival, c'est que, selon lui, tout édifice pourvu d'ogives est 
du style ogival ou gothique, et il rappelle que Quicherat a reconnu 
que ce style « résulte » de l'emploi de la croisée d'ogives. 

Cette proposition est parfaitement juste, mais, entre les expres- 
sions résulter de et consister en, il y a un abîme. La première 
exprime la doctrine de Quicherat, la seconde représente, je crois, 
celle de M. Anthyme Saint-Paul. 

Sans doute, la croisée d'ogives est une caractéristique essen- 
tielle du style gothique, mais il semble excessif d'y voir sa carac- 
téristique unique. L'auteur insiste sur la date relativement 
récente des croisées d'ogives de Saint- Victor de Marseille et de 
Moissac. Quant aux ogives plus archaïques de Morienval, il leur 
consacre un article spécial et très intéressant. 

Ce déambulatoire que Viollet-le-Duc a signalé, mais dont 
Quicherat ne s'est pas occupé, a attiré l'attention depuis que le 
comte de Lasteyrie l'a décrit et étudié dans son cours de l'École 
des chartes comme le plus ancien exemple connu de voûtes sur 
croisée d'ogives. M. Moore* et M. L. Gonse^ l'ont attribué 
sans hésitation au xi® siècle dans leurs livres sur l'architecture 
gothique. 

Ce n'est pas au xi® siècle, selon M. Anthyme Saint-Paul, qu'il 
faudrait rapporter ce célèbre morceau d'architecture. En effet, 
ainsi qu'il l'établit très judicieusement, la nef et le bas de la tour 
occidentale de Morienval, de même que les absidioles du tran- 
sept, sont d'une date voisine de 1020 à 1040 ; les deux tours du 
transept sont un peu postérieures (1060 à 1100), et le sanctuaire 

adjectifs, tandis qu'une simple reslriclion au sens d'un mot connu gêne et 
déconcerte. 

1. C'est dans le livre que je citais plus haut que M. Charles-Herbert Moore, 
professeur à l'Université de Cambridge (Massachussetts), a le premier publié 
une étude écrite et une étude graphique également intéressantes du déambu- 
latoire de Morienval. Je suis heureux de réparer ici l'erreur que j'ai commise 
dans un récent article {V Architecture gothique en Italie, Revue archéologique, 
décembre 1893), en citant l'ouvrage de M. Moore (1890) comme postérieur à 
celui de M. Gonse (1891). 

2. L'Art gothique. Paris, Quantin, 1890, ia-4°. 



^28 LE STILE GOTQIQDE 

avec son déambulatoire a été rebâti plus tard, comme à Notre- 
Dame de Cliàlons ou à Saint -Germain -des -Prés. Seulement, 
comme cette addition a été faite plus anciennement et dans un 
monument moins solide, le constructeur du déambulatoire n^a 
pas osé le faire passer à travers la base des tours pour le relier 
au transept. Les raccords d'appareil rendent cette chronologie 
indiscutable. L'inspection d'une petite fenêtre haute qui subsiste 
de l'ancien sanctuaire semble démontrer aussi que ce sanctuaire 
était couvert d'une demi-coupole. Elle peut avoir été contempo- 
raine des voûtes d'ogives du déambulatoire'. 

Reste une question seule sujette à discussion : à quelle époque 
le déambulatoire a-t-il été pratiqué? Selon M. Gonse, il daterait 
de 1080; selon M. Anthyme Saint-Paul, il faut l'attribuer à la 
date de 1115 à 1140, et l'on voit par le début de l'article que, 
dans sa pensée, cet agrandissement a dû coïncider avec le trans- 
fert à Morienval des reliques vénérées de saint Annobert en 1 122. 

Les raisons qui le portent à proposer une telle date sont le 
caractère de la construction et de la décoration, les tracés rela- 
tivement sûrs, les joints relativement minces, des arcades légère- 
ment brisées, des bases à griffes, des baies encadrées de moulures 
en quart de rond et d'archivoltes à billettes rappelant un peu 
l'ornementation des ogives de la première travée du chœur, qui 
manifestement ne sont pas antérieures à 1135; enfin des chapi- 
teaux ornés de reliefs assez bien dégagés et couronnés de tailloirs 
dont quelques-uns appartiennent à un style relativement avancé. 
Une figure très exacte d'un groupe de ces chapiteaux appuie 
cette assertion, et l'auteur compare le caractère de l'édifice à 
celui des églises de Villers-Saint-Paul, de Bury et de Cambronne, 
au porche de Saint-Denis et à la nef de Saint-Étienne de Beau- 
vais, dont l'archaïsme n'a jamais frappé personne. 

A ce dernier argument, il existe peut-être une bonne raison : 
c'est que l'archaïsme est moins frappant dans les exemples cités; 
les voûtes des bas-côtés de Saint-Etienne de Beauvais sont plus 
larges que celles de Morienval, portées sur des ogives moins 

l. En effet, deux culs-de-fours, dont un porté sur branches d'ogives, coexistent 
avec des croisées d'ogives dans le sanctuaire do l'église de Saint-Julien de 
Marollcs (Seine-et-Oise), dont le style est un peu plus avancé que celui du 
déambulatoire de Morienval. On peut espérer avoir bientôt une intéressante 
étude sur celte église dans la thèse que mon jeune confrère M. de Crèvecœur 
se prépare à soutenir sur VArchitechire romane dans le diocèse de Paris. 



ET LE DÉAMBULATOIRE DE MORIENVAL. ^29 

massives et sur des piliers plus élancés ; les chapiteaux y sont 
bien galbés et les moulures des tailloirs offrent un style sensible- 
ment plus avancé. Entre les deux édifices, il existe presque la 
distance d'une génération d'artistes, et dans cette distance s'éche- 
lonnent Villers-Saint-Paul et Bury ; quant au porche de Saint- 
Denis, son style est peut-être plus avancé encore. 

Sans quitter Beauvais, nous trouverons un autre argument 
dans un édifice dont la date reculée n'est pas mise en doute : la 
façade de la Basse-Œuvre a une fenêtre encadrée d'un cordon de 
billettes assez analogue à celui dans lequel M. Anthyme Saint- 
Paul a vu une preuve de la date relativement récente du déam- 
bulatoire de Morienval ^ . 

Si, d'autre part, on voulait trouver un morceau d'architecture 
qui rappelle davantage ce déambulatoire, il existe, dans le chœur 
de l'église du prieuré de Lucheux, en Artois, les mêmes encadre- 
ments de fenêtres profilés en quart de rond s'y rencontrant avec 
un groupe de chapiteaux ornés l'un d'un gros oiseau, l'autre de 
godrons évidés, deux motifs semblables à ceux de Morienval. 
Les ogives y sont également tracées en simple boudin, les som- 
miers sont ornés de sculptures en haut-relief, comme à Cam- 
bronne, et la date de l'éghse est vraisemblablement le second 
quart du xif siècle ; mais, quoiqu'elle soit bien plus éloignée du 
centre de l'école, cette église est d'un style sensiblement plus 
avancé que le chevet de Morienval : les proportions, les profils, 
la sculpture, l'appareil, tout y est moins lourd. 

Dans la même région, existe un édifice appartenant à peu près 
à la date que M. Anthyme Saint-Paul voudrait assigner à Morien- 
val : c'est l'église fondée en 1117 et élevée dans le second quart 
du xii'^ siècle à Airaines, en Ponthieu, par les moines de Saint- 
Martin-des-Champs^ Là encore, l'aspect est bien moins archaïque : 
les arcades et doubleaux sont en tiers-point ; les supports, sinon 
encore les ogives, ont une légèreté relative, 

1. Il est toutefois juste de reconnaître que la forme des billettes diffère un 
peu dans ces deux exemples, mais il n'en reste pas moins dilBcile de prouver 
qu'on n'ait pu faire, dès le xi° siècle, des archivoltes à billettes semblables à 
celles de Morienval, d'autant plus que, dans cette église même, la tour du sud, 
que M. A. S. -P. reconnaît comme appartenant bien à la fin du xi' siècle, a un 
cordon à deux rangs de billettes presque identique à celui du déambulatoire. 

2. Voir l'acte de fondation dans l'histoire de ce prieuré par D. Martin Mar- 
rier. 

^894 9 



^30 LE STYLE GOTHIQUE 

Si nous nous éloignons davantage encore du centre de l'école, 
nous trouvons tout au nord des églises qui ont le rare avantage 
d'être datées par un texte contemporain de leur construction* : 
de l'église Saint- Vulmer de Boulogne, fondée par sainte Ide en 
1090 2, il subsiste des ruines d'un caractère très archaïque, où 
l'on voit, à côté d'un chapiteau à godrons évidés, un arc de 
fenêtre très légèrement brisé, peut-être par maladresse pure et 
simple du constructeur ; cet arc, orné d'un boudin sur l'angle, 
ressemble assez aux arcades du déambulatoire de Morienval. 

Tout près de là, au prieuré clunisien duWast^ sont les ruines 
d'une église fondée presque en même temps et que le même texte 
nous montre avoir été terminée avant 1113. Le portail subsiste : 
ses voussures sont ornées de deux très gros boudins et d'une 
série de zigzags très peu saillants, qui rappellent les ogives et un 
tailloir de Morienval ; l'arc est surhaussé un peu comme les dou- 
bleaux de Morienval ; les tailloirs, par une disposition archaïque, 
n'ont de moulures que sur une face, et, parmi leurs profils, se 
voit celui que montre le bois qui accompagne la notice de M. An- 
thjme Saint-Paul. J'ai emprunté à dessein ces exemples à une 
région notoirement en retard sur les environs de Senlis. Cette 
région n'a pas, il est vrai, connu la croisée d'ogives avant une 
date voisine du milieu du xii" siècle, mais, tout auprès de Morien- 
val, existe un autre exemple bien archaïque de croisées d'ogives, 
dans l'église de Rhuis, près Verberie. Par sa construction à gros 
joints, ses piliers dépourvus d'impostes sur deux faces, sa nef et 
ses bas-côtés sans voûte, sa décoration toute en méplat et son 



1. Vie de sainte Ide, comtesse de Boulogne, mère de Godefroy de Bouillon, 
par un moine du Wast, son contemporain. Cette vie est publiée par les BoUan- 
distes [A. S. April., t. II, 13 apr.) d'après le ms. 1773 de la Bibliothèque royale 
de Bruxelles. Cette édition, due à Henschen, est très défectueuse. Voir à ce 
sujet : les Origines cl le nom primitif du bourg du Wast, communication 
faite à la Société académique de Boulogne (séance du 2 juillet 1890) par le 
savant et regretté abbé Haigneré, 

2. Mém. cité. — Notice historique du môme auteur dans le Dictionnaire 
historique et archéologique du Pas-de-Calais. Boulogne, t. 1, et aussi Scolté 
de Vélinghen, Description de Boulogne et du pays et comté de Boulognois. 
Bibl. Boul., ms. 163. 

3. Sur ce prieuré, voir l'article cité à la note 1. Quant à la date d'achève- 
ment, elle est établie par le récit du moine du Wast (Vie citée), qui nous 
montre sainte Ide faisant construire le prieuré, puis celui de la Capelle, qu'elle 
vit aussi achever, et mourant en 1113. Elle fut enterrée au Wast. 



i 



ET LE DÉAMBDLATOIRE DE MORfENVAL. 434 

clocher semblable à ceux du transept de Morienval, cette église 
appartient manifestement au xi" siècle. Elle n'a que trois travées 
voûtées : l'abside à cul-de-four et les extrémités des bas-côtés 
couvertes d'une voûte d'arêtes au nord et d'une voûte d'ogives au 
sud. Cette croisée d'ogives, d'aspect peut-être plus lourd encore 
que celle de Morienval, est formée de la juxtaposition maladroite 
de trois tores mal tracés et peu saillants ; c'est peut-être la partie 
la plus récente de l'église, mais, si une différence de date existe, 
elle ne peut être que minime. 

L'architecture gothique n'existe à coup sûr qu'à l'état d'em- 
bryon dans de tels monuments à ogives, et, s'il fallait appeler 
ogival tout édifice contenant un germe d'art gothique, le style 
roman entier serait ogival. 

Une vérité dégagée par Quicherat et remarquablement mise en 
lumière par M. de Lasteyrie dans ses cours de l'Ecole des chartes, 
c'est que toute l'architecture gothique résulte de l'architecture 
romane ; donc, celle-ci peut et doit contenir en germe tout l'art 
gothique, y compris la croisée d'ogives, mais peut et doit néan- 
moins s'en distinguer. Et c'est ce que MM. Quicherat et Lasteyrie 
ont trop bien démontré pour qu'il soit nécessaire de reprendre 
cette démonstration. 

Morienval et Rhuis suffisent à prouver que la croisée d'ogives 
seule ne constitue pas l'art gothique ; quant à l'arc aigu qui se 
voit à Morienval, on sait de reste qu'il existait dès le xi*^ siècle. 

L'ordonnance du déambulatoire de Morienval, divisé en quatre 
travées, ne paraît pas une gaucherie à M. Anthyme Saint-Paul, 
car cette ordonnance était la plus convenable, étant donnée la 
mesure de l'espace dans lequel il fallait rebâtir. N'est-il pas 
cependant intéressant de rapprocher cette disposition de celle du 
déambulatoire de Vignory, et des architectes du début du xii' siècle 
eussent-ils craint de donner à leurs travées trop d'étroitesse ou 
de largeur? Le monument dont il s'agit ne montre pas, quoi qu'il 
en soit, beaucoup de préoccupation des proportions. 

L'architecte du déambulatoire de Morienval a pu ne construire 
ce monument qu'au xif siècle, mais c'était à coup sûr au début 
de cette période, et l'artiste appartenait à une génération qui 
travaillait déjà dans les dernières années du xi" siècle. L'art 
était alors avancé dans la région et l'église n'est pas une pauvre 
paroisse rurale, mais une abbatiale de quelque importance ; l'ar- 
chitecte ne devait donc pas être un ignorant et un retardataire. 



^32 LE STYLE GOTHIQUE ET LE DEAMBULATOIRE DE MORIEXVAL. 

Ces considérations sont celles qui importent le plus à l'histoire de 
l'art, au point de vue de laquelle les divisions des siècles et les 
différences de dates qui n'excèdent pas la durée de la carrière 
d'un même artiste n'ont qu'un intérêt de second ordre. 

En résumé, je ne saurais considérer le déambulatoire en ques- 
tion que comme appartenant à une date très voisine de 1100; en 
deçà ou au delà peu importe, car la limite est à coup sûr étroite*, 
et je ne saurais le rapporter qu'au style gothique encore à l'état 
embryonnaire, autrement dit au style roman. Tout au plus cora- 
prendrais-je qu'on le rattachât à cette architecture nécessaire- 
ment mal définie, qui est dite transition, et qui formerait un 
excellent territoire-tampon entre les archéologues qui répugnent 
à appeler roman un édifice pourvu d'ogives et ceux qui n'ad- 
mettent pas un monument du genre de Saint-Évremond de Creil 
dans la catégorie des édifices gothiques. 

C. Enlart. 

P.-S. — M. A. Saint-Paul vient d'avoir l'aimable attention 
de me communiquer les épreuves d'un nouvel article prêt à 
paraître dans les Mémoires de la Société archéologique de 
Pontoise. L'auteur y étudie successivement les églises de Morien- 
val et de Poissy : au sujet de la première, il répète ses précédentes 
observations ; au sujet de la seconde, il ajoute à de précieux ren- 
seignements et à des remarques pleines de sagacité des hypothèses 
ingénieuses et séduisantes, mais destinées malheureusement à 
rester hypothèses. Au sujet deMorienval, l'auteur remarque que 
l'architecture des abbajes de femmes n'est guère généralement 
en avance, mais cela est-il une règle? Sans sortir de l'Ile-de- 
France, nous avons l'abbatiale de Montmartre qui ne confirme 
pas cette assertion. C. E. 

l. 1095 à 1110 probablement. C'est ce que nous dira bientôt avec certitude 
mon confrère M. E. Lefèvre-Pontalis dans le bel ouvrage qu'il va publier sur 
l'arcbitecture romane du Soissonuais, qu'il connaît mieux que personne. 



ESSAI 

D'ÉTUDE DÉMOGRAPHIQUE 

SUR CORDES (TARN). 



Les documents qui peuvent être utilisés en vue de recherches 
statistiques sur la population, depuis le moj'en âge, sont surtout 
les réparations de feux, les cadastres et les actes de baptêmes, 
mariages et sépultures. 

I. 

Un feu est un ménage. C'est ainsi qu'un subside est réparti 
« par nombre de belugues et chiefs d'hostel*; » que l'on compte 
les « fuox tantbos que mals^ » etc. Mais, dans le langage admi- 
nistratif, on désigne plus particulièrement par le terme de feu un 
ménage dont les revenus atteignent une valeur déterminée, La 
part contributive d'une localité est proportionnelle au nombre de 
ces feux, unités imposables, dont il n'est plus tenu compte dans 
la cotisation des habitants, chacun étant taxé selon ses ressources. 
Les ménages possédant la fortune minima de 10 livres en revenu 
ne sont pas en effet les seuls contribuables : tout chef de famille 
est tenu de concourir de ses deniers à fournir la somme imposée 
à la communauté. 

Il ne serait pas exact de considérer le feu, « unité imposable, » 
comme ime certaine portion de territoire capable de sup- 
porter la part d'imposition qui devait être levée par chaque 

1. Bibl. nat., ms. lat. 9177 : Ord. de 1426-1427. Cf. Annales du Midi, 1890, 
p. 375 et suiv,, article de M. Spont. 

2. Archives de Cordes, CC 52, 



-f34 ESSAI D ETUDE DEMOGRAPHIQUE 

feu^, car, dans le Midi, on ne trouve nulle part de groupements 
d'individus ou de ménages jusqu'à concurrence d'une superficie 
de propriété foncière. On peut même afiirmer que, si la posses- 
sion de la terre sert d'assiette à l'impôt et tend, aux termes des 
ordonnances royales, à jouer le principal rôle^ elle n'est cepen- 
dant pas seule estimée pour le calcul des allivrements : la pro- 
priété bâtie, les rentes, les marchandises, quoique n'étant pas 
des « fonds de terre, » continuent à être évaluées. Or ce sont 
ces diverses évaluations qui sont consultées lorsqu'on répare 
les feux d'une localité ou d'une circonscription quelconque. 
En voici un exemple qui est inédit. Le 13 août 1363, le roi 
Jean, à Villeneuve -lès -Avignon, fait rédiger des instructions 
très détaillées sur les formalités à observer pour réparer les 
feux des trois sénéchaussées de Toulouse, Carcassonne et Beau- 
caire. Trois ans après^, le juge d'Albigeois procède à ce dénom- 
brement, à Cordes, assisté du procureur du roi, des consuls 
et de gens notables. Il se fait montrer d'abord un registre ou 
cahier contenant les noms de tous les habitants, puis l'état des 
allivrements d'après lequel on avait récemment perçu un subside, 
des listes des personnes possédant plus ou moins de 10 livres 
tournois, enfin les cahiers des confessions de l'année précédente. 
De ces documents les uns ne peuvent servir qu'à établir le chiffre 
total de la population (noms des habitants et confessions), les 
autres sont un élément d'appréciation delà fortune des ménages, 
appréciation basée sur l'allivrement individuel. Or, dans ce der- 
nier calcul, il est tenu compte de toutes les ressources, quelle que 
soit leur nature, et, par suite, dans la réparation des feux, la 
propriété foncière ne joue pas un rôle exclusif. Mais ceci n'est 
qu'une digression. Le juge d'Albigeois, après enquête et consul- 
tation de titres, conclut que le nombre des feux de Cordes est égal 
à 309. Les jours suivants, ces opérations continuent pour les 
vingt-huit villages composant le consulat dont l'ensemble est dit 



1. Moreau de Beaumont, cité par M. Spont, loc. cit. 

1. Ordonnances, IV, 181 : Ordonnance de 1356, entre autres. — Le a moble, » 
dans les plus anciens livres d'eslinic, figure ordinairement à la suite du « pos- 
sessori » (Albi, CC. 2) ; il en est parfois de mCme dans les compoix (arch. du 
Tarn, E. 3563). 

3. En vertu d'une ordonnance du roi Charles V (Senlis, 23 juin 1366), man- 
datée par le duc d'Anjou, son lieutenant en Languedoc, et vidimée, avec les 
instructions du roi Jean, par le juge d'Albigeois (28 août. Cordes, CC. 35). 



SUR CORDES (tARN). ^35 

représenter 419 feux. Après l'énumération de ceux-ci, on trouve 
1181 autres noms, dont 612 pour la ville de Cordes; ces derniers, 
correspondant à des revenus inférieurs à 10 livres, ne sont plus 
considérés comme des feux et ne participent pas au calcul du 
coeflficient d'imposition, bien que, dans les sous-réparations 
locales, il soit d'usage d'en « tirer ce que l'on peut pour le dégrè- 
vement des premiers*. » On taxe alors, en effet, tout le monde 
« omnes et singulos domicilium et focum tenentes, » disent les 
instructions du roi Jean, selon ses biens quels qu'ils soient. De là, 
sans doute, ces moitiés et ces quarts de feu qui, une fois adoptés 
dans des répartitions de ce genre, ont dû être admis par les offi- 
ciers royaux et reproduits dans des réparations ultérieures. 

Quoi qu'il en soit, le consulat de Cordes (29 localités) est 
censé représenter 100 feux en 1319, 419 en 1366 (après 
la fameuse épidémie du milieu de ce siècle), 53 en 1389 et 
en 1412^. De telles données sont donc, d'une façon générale, 
insuffisantes pour apprécier la densité d'une population, et, par 
quelque coefficient qu'on multiplie la plupart de ces chiffi'es on 
peut être certain d'obtenir un résultat inexact. Un seul cas fera 
exception, celui du dénombrement de 1366, qui donne le chiffre 
approximatif des ménages : les riches (les feux, au sens fiscal du 
mot) sont au nombre de 309, les pauvres de 620, au total 929 
pour la ville. Si la première de ces listes a été, selon toute vrai- 
semblance, un peu ou beaucoup trop allongée par des agents sou- 
cieux de faire rendre à l'impôt tout ce qu'il pouvait donner, sinon 
plus, cette majoration n'aura pa être faite qu'au détriment de la 
seconde énumération qu'il n'y avait pas intérêt à abréger, et par 
suite le total restera constant. Il faut considérer, d'autre part, 
que, dans une région où la taille est surtout réelle, les détenteurs 
de terres privilégiées possèdent aussi, le plus souvent, des fonds 
roturiers et figurent de ce chef parmi les taillables. Enfin, dans 
une petite ville, les indigents ne sauraient être bien nombreux. 
Pour ces raisons, le chiffre de 929 ménages paraît admissible. 

Pour connaître celui de la population, on multiplie d'ordinaire 
un tel chiffre par 5 ou par 4 et demi, en augmentant le produit 
de un dixième représentant les privilégiés et les indigents , ou 

1. « ... ab ipsis habere quod possunt (consules) pro relevamine aliorum. » 
(CC. 35.) 

2. CC. 28, 35, 38 et 40. 



136 ESSAI d'étude DEMOGRAPHIQUE 

même par 5 et demi, en ajoutant l'évaluation des individus non 
compris dans le calcul. Le coefficient 5 offre l'avantage de sup- 
primer des appréciations très problématiques et de n'être pas exa- 
géré. On aura donc 929 X 5 = 4645 habitants pour la popula- 
tion de Cordes en 1366. Ce nombre, loin d'être invraisemblable, 
est celui que d'autres considérations permettraient de supposer. 
Ainsi, en 1416, il fut fait une enquête en vue d'obtenir, pour la 
ville, une dispense de contribution aux tailles et subsides*; les 
témoins affirment que la place est de première importance, d'où 
il suit que le roi a tout intérêt à favoriser sa prospérité. Ils 
décrivent sommairement ses fortifications et, dans leur patrio- 
tisme local, vont jusqu'à les comparer à celles de la cité de Car- 
cassonne; « on y pourrait loger, disent-ils, 6000 gens d'armes; » 
l'un d'eux dit même 7000. Sans doute, il faut tenir compte de 
l'exagération intéressée des déposants, et l'on peut rabattre 
quelque chose du nombre indiqué par la plupart d'entre eux. Or, 
une population de 5000 à 5500 âmes est bien celle qu'a dû ren- 
fermer la ville au temps le plus heureux de son histoire, c'est-à- 
dire à la fin du xiii'' siècle et avant la peste de 1348. Cette époque 
a été marquée par une aisance générale en France et particuliè- 
rement à Cordes : alors ont été construites ces belles et riches 
maisons en grès dont la décoration extérieure dénote presque 
toujours un certain luxe. Il en reste aujourd'hui encore un assez 
grand nombre pour pouvoir retracer sans difficulté le périmètre 
du « château » vers les années 1290 à 1340. Les habitations 
englobées dans cette ligne seraient suffisantes et nécessaires à 
une population de 5500 âmes environ, et, si les derniers recen- 
sements ne portent qu'un chiffre inférieur à celui-là, c'est parce 
que les logements sont inoccupés dans la même proportion. 
D'autre part, si l'on admet que la peste de 1348 a réduit le 
chiffre de la population d'un quart ou d'un cinquième, le nombre 
proposé pour 1366 augmenté de un cinquième concordera avec 
la précédente évaluation : 4640 + 928 = 5568. 

IL 

On a vu qu'en 1412 l'imposition par feux était encore en usage. 
Toutefois, dès le dernier quart du xiv" siècle, à cette pratique 

1. ce. 41. 



SUR CORDES (tARN). ^37 

tendait à se substituer un mode nouveau de répartition par dio- 
cèse et suivant un tarif. Les archives de Cordes et d'Albi four- 
nissent sur ce sujet des renseignements qui n'ont pas encore été 
utilisés. Elles permettent de reporter à l'année 1391 , au plus tard, 
l'existence du diocèse civil d'Albi^; elles nous donnent, pour la 
fin de l'année 1404 et les premiers mois de 1405, le compte des 
recettes effectuées dans la jugerie d'Albigeois et la partie du comté 
de Castres englobée dans le diocèse dont il s'agit 2; enfin, elles 
indiquent que la formation de cette circonscription financière 
était déjà ébauchée dès 1380, époque où l'évêque « mandet los 
comus d'Albeges, et de la vigaria [d'Alby], e del comtat de Cas- 
tras » pour voter les fonds nécessaires à la continuation du siège 
du château de Thuriès^ occupé par les Anglais. Les consuls de 
Castres refusèrent leur concours et le subside fut accordé par le 
commun de la jugerie et de la viguerie^. A quelle époque précise 
le diocèse eut-il une représentation régulière ? On l'ignore ; mais 
on est peut-être fondé à supposer que les deux institutions sont à 
peu près contemporaines l'une de l'autre, vu leur corrélation 
même^. 

On ne sait pas davantage comment fut établi le tarif qui prit 
la place des feux. L'alternance des deux modes de répartition 



1. ce. 38. Mandement des généraux sur le fait des aides ordonnées pour la 
guerre, en Languedoc et Guienne, aux élus du diocèse d'Albi et lettres d'at- 
tache de ces derniers adressées au baile de Cordes. 

•2. ce. 40. La viguerie d'Albi et la Terre-Basse d'Albigeois sont absentes, par 
suite de lacérations du document. 

3. Thuriès, château aujourd'hui ruiné, sur les bords du Viaur, près Pampe- 
lonne, arr. d'Albi. 

4. Albi, ce. 155, fol. 85. 

5. Toutefois il faut provisoirement se garder de prendre cette hypothèse pour 
une certitude. Si l'on a convoqué à l'Assiette diocésaine de 1505 « ceux qui ont 
coutume d'y être appelés » (Arch. du Tarn, C. 223), d'autre part, une aide 
de 42,000 fr., imposée par le roi sur le Languedoc (31 août et 16 septembre 
1406 (Cordes, CC. 40), fut répartie par les élus, dans le diocèse d'Albi. Ceux-ci 
durent sans doute s'adjoindre quelques notables, comme cela se pratiqua en 
1424 (id., CC. 43 « ... laquelle somme fut partie et divisée par les consuls d'Alby 
sur les lieux et paroisses dudit diocèse... »). Durant cet intervalle, il n'est 
nullement question d'assemblées, et, si l'on ne peut pas affirmer qu'il ne s'en 
soit pas tenu, on n'est pas fondé à admettre leur convocation et leur organisa- 
lion régulières, dans le premier tiers au moins du xv" siècle. — Cf. Hist. de 
Languedoc, XII, p. 322 et p. 349, note de M. Aug. Molinier, et /es Petits États 
d'Albigeois, par M. Rossignol. 



^38 ESSAI d'étude démographique 

jusqu'en 1412 ferait croire que le nouveau a été primitivement 
une sorte de traduction en deniers du coefficient que représentait 
le précédent. 

Quoi qu'il en soit de ces questions d'origine, l'évolution 
de la manière d'attribuer à chaque localité la part d'impôt 
direct lui incombant eut pour conséquence immédiate la con- 
fection de livres terriers ou terriers et cabalistes à la fois. Les 
livres d'estime devinrent des compoiœ où la fortune immobi- 
lière fut déterminée avec plus de soin ; la somme des allivrements 
servit à apprécier l'importance relative des localités et à taxer 
chacune d'elles en proportion de ses facultés. Cordes dut avoir un 
compoix dès 1475 au plus tard ; on y trouvait énumérés les fonds 
de terre, les propriétés bâties, le mobilier, les cabaux et les mar- 
chandises ^ 

Il résulte de la nature même de ces registres qu'on y doit pou- 
voir puiser les éléments d'une statistique de la population, puisque 
tout possesseur d'un bien roturier, c'est-à-dire taillable, y est men- 
tionné et que la plupart des personnes ayant des terres ou rentes 
nobles en détiennent ordinairement de non nobles. Si bien que les 
compoix présentent, par rapport aux listes de feux riches ou 
pauvres, cet avantage de fournir (dans le Midi) les noms de la plu- 
part des privilégiés, sinon tous. On pourra donc, connaissant le 
nombre des contribuables, supputer celui des habitants. 

En 1511, le conseil communal de Cordes fit dresser un com- 
poix (le second, sans doute) qui contient les noms d'environ 
660 chefs de ménage. Une trentaine d'années plus tard, il fut 
nécessaire d'avoir un registre de mutations, et 644 noms furent 
inscrits en tête de paragraphes qui devaient être remplis par l'in- 
dication des aliénations et des acquisitions à partir de 1545. 
En 1606, nouveau compoix, avec 467 noms^ Puis, tous les vingt- 
cinq ou trente ans on commence un registre de mutations ; les 
surcharges et les ratures y sont tellement abondantes qu'il est à 
peu près impossible d'en tirer parti. Les premiers seront donc 
seuls utilisés et donneront : 

Pour 1511, une population de 660 X 4,5 = 2970 habitants. 
~ 1545, — 644 X 4,5 = 2898 — 

— 1606, — 467 X 4,5 = 2101 — 

1. II n'en subsiste que le préambule. CC. 51. 

2. CC. 2, 3 et 14. 



SOR CORDES (tarn). 439 

Nous adoptons ici le coeiScient 4,5, au lieu de 5, à cause des 
nombreuses mentions de privilégiés possesseurs de terres rotu- 
rières, contenues dans les compoix^ On remarquera combien le 
chiffre de la population a diminué depuis la première moitié du 
XIV® siècle, époque de prospérité : cela est dû d'abord à la guerre 
de Cent ans, qui a engendré la misère dans les campagnes en 
enlevant toute sécurité au laboureur, paralysant l'industrie et 
interrompant le commerce. Les agglomérations importantes ont 
ensuite reconquis le bien-être, mais aux dépens des petites loca- 
lités, dont plusieurs avaient été ruinées à jamais. Des impôts plus 
nombreux et plus lourds ont été exigés, dans l'intervalle, de villes 
comme Cordes, qui auparavant jouissaient d'exemptions effec- 
tives, privilèges que le fisc besogneux a battus en brèche, discu- 
tant sans cesse leur authenticité, et qu'il a en fait supprimés sou- 
vent en imposant, par py^omsion, les taxes contestées. Dès lors, 
il n'y a plus eu aucun avantage réel à résider dans cette petite 
ville, et les cités voisines, qui offraient plus de ressources, se sont 
accrues à ses dépens. 

m. 

La dépopulation de Cordes est constante durant le xvif siècle. 
La peste de 1631-1632 chassa de la ville les habitants qu'elle 
épargna ; quiconque eut la ressource de « se retirer aux champs » 
abandonna sa maison. Les délibérations communales ne laissent 
aucun doute à cet égard ; les murailles des diverses enceintes 
tombaient en ruines, et leur chute entraînait celle des habitations 
désertées, pillées par les maraudeurs. Si les guerres de religion 
et la révocation de l'Edit de Nantes n'ont pas eu, dans cette par- 
tie de l'Albigeois, les conséquences désastreuses que l'on constate 
ailleurs, elles n'en ont pas moins créé des charges nouvelles, 
aggravé et hâté la décadence d'une petite ville déjà si peu pros- 
père. Enfin l'extraordinaire mortalité de 1693-1694 a abaissé 
encore le chiffre de la population. Les registres paroissiaux' en 

1. L'intendant Bàville donne en 1698 les chiffres des familles et de la popu- 
lation totale du Languedoc; il en résulte que chaque ménage représente un peu 
plus que quatre personnes et demie, exactement 4,56... {Mémoires pour servir 
à l'hist. de Languedoc^ 1734, p. 39). 

2. GG. 1. 



^40 ESSAI d'étude démographique 

fournissent un témoignage certain et montrent dans quelle 
mesure l'épidémie fut meurtrière' : 

En 1692, on compte 85 naissances et 84 sépultures. 
En 1693, — 60 — 218 — 
En 1694, — 60 — 124 — 

Mais ce n'est pas là la seule utilité que présentent ces docu- 
ments. On sait qu'il fut fait un relevé des naissances et des 
mariages pendant les années 1770, 1771 et 1772 et que la 
moyenne des naissances fut multipliée par 25 1/4 pour évaluer 
la population de la France. Parmi les divers économistes qui ont 
émis une opinion sur ce calcul, on doit citer particulièrement 
Necker^. Hésitant entre 25 1/2 et 26, il adopte le multiplicateur 
intermédiaire 25 3/4. Or, les habitants de Cordes étaient au 
nombre de : 2347 en 1791 , 2284 en germinal an IP, et la 
moyenne des naissances de 1785 à 1790 = 90, ou, si on ajoute 
la natalité de 1791 et 1792, = 92. Il en résulte une naissance 
pour 26 ou pour 24, 8 personnes. Le calcul de Necker se rappro- 
chait donc un peu plus de l'exactitude que le calcul officiel, et l'on 
peut considérer comme suffisamment approximatif le multiplica- 
teur 25 1/2 dont il va être fait usage. Toutefois, il faut prendre 
en considération la critique que Jean-Baptiste Say^ a faite de ce 
procédé d'évaluation. Etablissant que les naissances sont plus 
nombreuses lorsque la production des richesses augmente que 
lorsqu'elle diminue, cet auteur conclut, avec raison, qu'un même 
total de naissances peut correspondre à des chiffres différents de 
population. Cette remarque n'a pas ici la valeur d'une objection, 
car, si l'on tient compte, en outre des naissances, des mariages et 
des sépultures, on constate que ces trois données varient dans un 
rapjiort proportionnel, abstraction faite, bien entendu, des années 
d'épidémie. 

Pour la fin du xvii" siècle et le commencement du xviii* (1692- 
1704)^, la moyenne des naissances est égale à 76, d'où 76 X 25,5 
= 1938 habitants. Ce résultat surprendra peu si l'on parcourt 

1. Cf. de Boislisie, Mémoires des intendants sur l'état des généralités. Géné- 
ralité de Paris, p. 150. 

2. Neciier, De l'administration des finances, 1785, p. 160. 

3. Archives du Tarn. L. Clergé et District de Gailiac. 

4. J.-B. Say, Traité d'économie politique, 4° éd , II, 195. 

5. Sauf les années 1695, 1097 à 1699 et 1703, dont les cahiers sont égarés. 



SDR CORDES (tARN). ^4-^ 

les délibérations communales de cette époque où Cordes n'était 
(en 1693) qu'une « fort petite ville composée d'environ trois cens 
maisons habitées ^ » Un État de la paroisse, dressé en 1752, 
indique une population d'environ 2450 personnes S et, pour les 
années 1758-17593, la moyenne des naissances est de 99, don- 
nant un chiffre de 2524 individus, selon le système d'évaluation 
précédent. 

Dans le dernier tiers du xviii^ siècle, une prospérité relative 
fait place, un peu partout, à la profonde misère du début. La série 
des registres paroissiaux recommence avec l'année 1775 et 
donne : 

Pour 1775-1784, 2193 habitants (86 X 25,5). 
— 1785-1790, 2346 — (92 X 25,5). 

En germinal an II, on compte 2284 habitants. Cette diminu- 
tion légère doit résulter, au moins en partie, de l'application des 
lois révolutionnaires, de l'émigration de quelques familles nobles 
et de prêtres réfractaires. 

Après la période troublée, on retrouve le même chiffre de popu- 
lation qu'au début de la Révolution, 2330 habitants, en 1801. 
Puis l'accroissement ne cesse pas jusqu'en 1856 ; à cette date, 
Cordes contient 2859 âmes, nombre qui diminue, dès lors, à 
chaque recensement. Il n'est plus égal qu'à 1995 en 1891 ; c'est 
à fort peu de chose près la population de la fin du règne de 
Louis XIV. 

L'opinion de Bureau de la Malle, d'après laquelle la France 
aurait été plus peuplée au xiv'' siècle que de nos jours, a été 
depuis longtemps réfutée; d'ailleurs les constatations et hypo- 
thèses qui précèdent ne seraient pas de nature à autoriser une 
conclusion d'une portée aussi générale. Des documents qui n'in- 
téressent qu'une localité ne peuvent servir qu'à noter les fluctua- 
tions de la fortune locale; mais, comme le sort de Cordes a été 

1. BB. 77. La délibération dont il s'agit a pour but de faire alléger les charges 
de la communauté; par suite, on a pu indiquer un chiffre inférieur à la réalité. 
Soit 350, au lieu de 300, le nombre des maisons habitées par ces 1,938 per- 
sonnes : chaque maison abritera 5 à 6 individus, ce qui paraît très admissible. 

2. Soit 1,379 communiants, 500 ou 600 enfants (au lieu de 3,000 !), 3 nobles, 
50 laboureurs, 400 ou 500 manouvriers, 12 à 15 avocats, 4 procureurs et 
4 notaires (GG. 58). 

3. GG. 43. Simple nomenclature des baptisés. 



142 ESSAI d'Étude de'mographique sor cordes (tarn). 

celui de bien d'autres petites villes jadis plus ou moins impor- 
tantes dans telle ou telle région, il n'est pas indifférent de suivre 
de siècle en siècle les phases de cette décadence. Peut-être même 
d'autres études de ce genre pèrraettraient-elles de déterminer avec 
plus de précision qu'on ne l'a fait jusqu'ici les causes anciennes de 
l'amoindrissement constant des petites cités au profit des grandes 
et l'époque précise à partir de laquelle cette évolution a com- 
mencé. 

Ces recherches n'auront quelque chance d' aboutir à un résul- 
tat que si l'on consulte, non pas seulement les ouvrages d'histo- 
riens et de littérateurs qui ont écrit à une époque où, de l'avis 
même de Necker, un recensement sérieux était impossible, mais 
surtout les fonds d'archives. Outre les dénombrements de feux 
( dans certains cas ) , les cadastres , les registres paroissiaux 
peuvent fournir des données précieuses. Ces documents ne sau- 
raient servir de base à des preuves certaines et indiscutables et 
néanmoins on arrivera, en les utilisant, à des probabilités très 
vraisemblables. Aussi paraîtrait -il bon que, dans les inventaires 
sommaires d'archives, le nombre des contribuables fût indiqué à 
la suite de la mention d'un cadastre et que les renseignements 
généalogiques, recueillis dans les registres paroissiaux, fussent 
complétés par un exposé du mouvement de la population, année 
par année. 

Ch. Port AL. 



LETTRE DE CHARLES VIII 

CONCERNANT LA VICTOIRE DE RAPALLO 

(10 septembre 1494). 



» ' <j S > ♦ 



Pendant l'expédition de Charles VIII en Italie, on eut recours 
h l'imprimerie pour répandre rapidement dans le public les nou- 
velles apportées du théâtre de la guerre. Les lettres que le roi 
adressait à Pierre de Bourbon, lieutenant général du royaume, 
étaient imprimées et envoyées sous forme de circulaires aux prin- 
cipaux corps de l'Etat. Une intéressante série de ces « bulletins » 
a été publiée, en 1866, par J. delà Pilorgerie, mais le début de 
la campagne ne se trouve pas représenté dans ce recueil, dont la 
pièce la plus ancienne est du mois de novembre 1494. La lettre 
que nous reproduisons ici comble cette lacune, puisqu'elle a été 
écrite par le roi quelques jours seulement après son entrée en 
Italie, le surlendemain de la bataille de Rapallo. 

La Bibliothèque nationale ne possède pas ce document, dont 
le texte ne figure pas non plus dans la collection des lettres 
écrites au Parlement ; mais deux exemplaires de cet incunable se 
sont trouvés conservés dans la reliure d'un registre des Assises 
royaulœ du Mans, placé aux Archives nationales sous la cote 
ZM301 (xvi'' siècle) ^ Semblable aux plaquettes du même genre 
réunies dans un recueil de la Bibliothèque nationale (Réserve, 
Lb^* 1), cette pièce est un petit in-4° de 4 pages non numérotées, 
imprimé en caractères gothiques, sans aucune mention de date, 
de lieu, ni de nom d'imprimeur. La première page est occupée 
parle titre, au-dessus duquel se voit une vignette, qui représente 

1. Ces deux exemplaires, dont l'un est fort endommagé, sont déposés aujour- 
d'hui à la bibliothèque des Archives. 



HÂ LETTRE DE CHARLES VIII 

le roi assis sur un trône et entouré de six personnages. Les trois 
autres pages renferment le récit de la bataille de Rapallo et de la 
réception de Ciiarles VIII à la cour de Savoie. 

La relation de la victoire du duc d'Orléans confirme l'exacti- 
tude des autres narrations contemporaines ' et apporte quelques 
détails plus précis, notamment sur la phase de l'action qui suivit 
la prise du pont de Rapallo. Quant au passage de la lettre qui 
concerne l'entrée du roi en Piémont, on y trouve l'écho de l'en- 
thousiasme avec lequel les Français furent reçus dans ce pays. 
Charles VIII se montre charmé de cet accueil et raconte même 
que le jeune duc de Savoie et sa sœur lui ont paru si « beaux 
enfants » qu'il a fait faire leur portrait. 

Après la reproduction de la missive du roi, la plaquette se ter- 
mine par quelques lignes destinées à rappeler les cérémonies qui 
furent célébrées à Paris à l'occasion de la victoire de Rapallo. 
Le 18 septembre^, en effet, les chanoines de la Sainte-Chapelle 
avaient sollicité et obtenu du chapitre de Notre-Dame l'autorisa- 
tion de se rendre processionnellement à la cathédrale et d'y chan- 
ter la messe au grand autel. Le lendemain^, vendredi, les gens 
du Parlement, delà Chambre des comptes, de la Ville, de la Chan- 
cellerie, du Châtelet et les généraux des finances se réunirent au 
Palais. De là le cortège se mit en marche, portant la « croix de vic- 
toire, » c'est-à-dire le précieux reliquaire contenant un fragment 
de la vraie croix ; on traversa le Pont-au-Change et on gagna 
Notre-Dame, où la messe fut célébrée. 

Le même jour^ 19 septembre, les chanoines de Notre-Dame, 

1. Voyez H. -F. Delaborde, l'Expédilion de Charles VIII en Italie. 

2. Arcli. nat., registres capilulaires, LL 126, p. 116 ; « Jovis xviiia septem- 
bris, anno predicto nonagesimo quarto, Doniini supra cupam congregati, audita 
suplicatione ex parte thesaurarii et canonicorum sacre Capellc regalis Parisius 
et aliorum dominorum ville Parisiensis eisdem dorninis facta, permissum fuit, 
de gralia spcciali, in favorem dornini nostri régis, quod processio dicte sacre 
Capelle die craslinaad ecclesiara Parisiensem accédât, missaque in choro ejus- 
dem alta voce ad majus altare celebretur. » 

3. Arcli. nat., LL 630 {Mémoires pour servir à l'histoire de la Sainte-Cha- 
pelle, par Gille Dongois), p. 384 : « En l'année 1494, on lit six processions : 
... la seconde le 19 septembre à Notre-Dame de Paris pour la prospérité du roy 
et pour avoir victoire sur ses ennemis. On y porta la vraye croix que l'on garde 
dans la sacristie, couverte de pierreries. La messe y fut chantée par un prélat. 
On passa sur le pont aux Changeurs ; le Parlement, la Chambre des comptes, 
la Ville, la Chancellerie, le Châtelet et les généraux y assistèrent. » 

4. Arch. nat., LL 126, p. 117 : a Anno M CCCG nonagesimo quarto, veneris 



CONCERNANT LA VICTOIRE DE RAPALLO. 145 

réunis dans la sacristie, reçurent la notification officielle de la 
lettre royale annonçant la victoire et décidèrent que, le dimanche 
21 septembre, une procession générale se rendrait à l'église des 
Frères Prêcheurs pour rendre grâces à Dieu. 

Léon Le Grand. 



Les lettres envoyées du rot nostre sire a nosseigneurs de parle- 
ment, DES COMPTES ET DE l'hOSTEL DE LA VILLE DE PaRIS, DATÉES DU 
.X. JOUR DE SEPTEMBRE [l^AN] DE GRACE MIL CCCC IIII VINGTZ ET 
QUATORZE. 

Mon frère \ présentement ay esté adverty que^ le seigneur de The- 
nay^ que mon frère le duc d'Orléans m'a envoyé à diligence pour 
me compter au vray la victoire qu'il a pieu à Dieu me donner contre 
le prince de Tharente^ avoit^ au gouffre de Rapello, qui estoyent de 
six à sept mille hommes logiez et fortifiez dedenz le bourg dudit 
lieu. Et, après que mondit frère eut donné la chasse audit prince par 
mer, s'en vint rentrer dedens ledit gouffre avec toutes ses dicts navires 
et gallées, et se logier audit gouffre, le plus près de terre qu'il peut, 

xixa septembris. — Hodie immédiate post capitulum comparuerunt in reves- 
liario ecclesie domini Decanus, Caiitor, Ceusay, Samxoii, Chasteaupers, Louet, 
Haqueville, Legay, Michel, Poncher et plures alii, quibus presentate fuerunt, 
per quemdam nuntium vocatum Forest Le Hérault, littere missive domini ducis 
de Borbonio cum quadam copia litterarum missivarnra per dominum nostrum 
regem dicto domino de Borbonio nuper transmissarum in litteris ejusdem domini 
de Borbonio inlerclusa, que mencionem faciebat de certa Victoria per dictum 
dominum nostrum regem et ejus exercitum contra principem de Tarente habita. 
Quibusquidem litteris visis et lectis ordinatura fuit prout alias quod dominica 
proxima fient processiones générales ad ecclesiam Fratrura Predicatorum Pari- 
sius, ad exorandum Altissimum pro eodem domino nostro regeetejus consilio, 
necnon ad gratias reddendum Deo de hujusraodi Victoria, et ulterius quod 
preces continuarentur in ecclesia Parisiens! pro eodem domino nostro rege. 

« Item ordinatura est tradi dicto nuncio duo scula auri, que de mandato dic- 
torura dominorum eidem tradita fuerunt per me notarium de peccuniis hodie 
per magistrum Cosmam Guymier in capitulo traditis. » 

1. Pierre de Bourbon, mari d'Anne de France, lieutenant général du royaume 
pendant l'expédition de Charles VIII. 

2. Il y a évidemment là une faute d'impression ; le sens demande par. 

3. Jean de Tenay. 

4. Frédéric d'Aragon, prince de Tarente. 

5. L'imprimeur a dû oublier quelques mots; la copie portait sans doute une 
phrase dans le genre de celle-ci : « ... contre les gens que le prince de Tarente 
avoit, etc. » 

>I894 <0 



-146 LETTRE DE CHARLES VIII 

et ce pour plus aiséement faire sa descente en attendant le seigneur 
de Piennes' et le baillif de Digon^, qui marchèrent par terre avec 
les Suysses. Et, incontinent qu'ilz furent approuciiiez dudit lieu de 
RapelJo et que mondit frère eust de leurs nouvelles, fist à encomraen- 
cer à faire descendre les gens desdits navires et galées, et fut alors 
commencée l'escarmouche par laquays et aucuns Suysses qui estoient 
marchez devant pour gaignier ung pont que les ennemys avoyent 
fortifié et guidoient^, et pour gaignier icellui pont fut l'escarmouche 
fort belle et renfforcée de tous coustez, et gaignié ledit pont, et perdu, 
d'un costé et d'autre, et beaucop de tuez. Et à la fin y demoura mon- 
dit frère victorieux. Et furent lesd. ennemys repuisez dedens ledit 
village de Rapello en leur fort. Et en ce faisant en y eut beaucop de 
bleciez et de tuez entre ledit villaige et le pont, et en une praerie où 
en ung coing d'icelle y avoit une grosse flote^ de dix-huyl cens à deux 
mille hommes, dont messire Biote^ et le fîlz du cardinal de Fré- 
gonce^ estoient chiefz. Et en laquelle praerie se leva Tescarmouche 
plus grande que elle n'avoit esté audit pont et renforcée de tous cos- 
tez. Et alors ledit seigneur de Piennes et ledit seigneur de Digon, qui 
avoient la grosse flote des Suysses, marchèrent pour passer le pont et 
gaignèrent la praerie; et mondit frère, qui pareillement fist marcher 
les gens lesquelz il avoit fait getter à terre, pour d'un costé et d'autre 
donner sur ladicle flote, qui avoient semblablement grant quantité 
de gens, parmy le bois et les montaignes. Lesquelz ennemys, quant 
ilz veirent marcher vers eulx, firent semblablement marcher à ren- 
contre et tindrent bonne contenance jusques à l'approuchier. Mais 
tout à coup tournèrent en fuyte lesditz ennemys, pour gaigner les 
montaignes de tous coustez. Et là, en fuyant, furent prins et tuez de 
leur cousté de sept à huyt cens. Entre lesquelz fut prins le filz du 
cardinal et ung autre capitaine, filz de Biote, et autres capitaines 
dont on ne scet encores les noms. Et, ce fait, mondit frère se retira 
et logea la nuyt dedens le villaige, qui esloit fourny de vivres et de 
bons vins. Et y fut l'armée bientost rafreschie. Et le lendemain au 
matin, qui fut le ix. jour de septembre, mondit frère fist retirer ses 

1. Louis de Ilalwin. 

2. Antoine de Bessey, bailli de Dijon. 

3. Il faut probablement lire gardaient. 

4. Ce mot est pris ici dans son acception primitive : troupe nombreuse, 
agglomération. 

5. Obietto de Fiesque. 

6. Fregosino, (ils naturel du cardinal Campo-Fregoso. 



CONCERNANT LA VICTOIRE DE EAPALLO. -147 

gens dedens les navires et galées et faire voile affm de garder et 
empeschier que ledit prince de Tharante ne peust recueillir aucuns de 
ses gens le long de la coste. Car ilz esloient en fuytte, et aussi pour 
essayer s'il les pourra enclorre. Et, ce fait, mondit frère s'en doit 
retourner à Gennes. 

S'enswjt la rescription du roy. 

En passant par Thourin, j'ay veu mon cousin \ et ma cousine la 
duchesse de Savoye^, et sa seur^; et vous asseure qu'il m'est advis 
que je pense estre encore en France, veu la bonne chière que l'en me 
fait, car jamais je ne fus en pays où je fusse mieulx recueilly et tout 
plain de gens de bien venir au-devant de moy, clefz me présenter et 
joyaulx, les rues tendues. Et en effect on me fait ce que l'en sçauroit 
faire, et si vous asseure que mondit cousin et sa seur sont très 
beaulx enfans : je les ay fait paindre et les vous envoyé. Et adieu, 
mon frère, qui vous ait en sa garde. Escript à Ast, le .x. jour de 
septembre, par le tout vostre, 

Charles. 
Ainsi signé : Do Bois. 

Et à Toccasion des choses dessusdictes furent faictes processions 
en la ville de Paris le vendredi xix. jour de septembre. Et fut la croix 
de victoire de la Saincte- Chapelle descendue et portée à grant soUen- 
nité à Nostre-Dame de Paris. 

Et de rechief processions généralles le dimenche ensuivant pour 
remercier Dieu de ladicte victoire. Priez Dieu pour le roy, la royne, 
monseigneur le daulphin, les seigneurs de son sang et de son 
royaume. 

1. Charles-Jean-Amédée, duc de Savoie, né en 1488. 

2. Blanche de Montferrat, veuve de Charles, duc de Savoie. 

3. Yolande, sœur de Charles-Jean-Amédée, née en 1487. 



BIBLIOGRAPHIE. 



Les Premiers habitants de l'Europe d'après les écrivains de Vanti- 
quité et les travaux des linguistes, par H. d'Arbois de Jdbainville, 
membre de l'Institut. Seconde édition, corrigée et considérable- 
ment augmentée par l'auteur. Tome II : les Indo-Européens, suite 
[Ligures, Hellènes, Italiotes, Celtes). Paris, Thorin et fds, 4894. 
In-S**, xxvi-426 pages. 

Le courage et la sincérité sont parmi les qualités qui distinguent les 
travaux de M. d'Arbois de Jubainville. L'auteur ne cherche point à 
dissimuler ses opinions sous des réticences savamment calculées et 
pousse ses théories jusqu'au bout. Si cette robuste franchise mérite notre 
estime et notre respect, elle appelle aussi de notre part une appréciation 
sincère. 

Nous n'insisterons point sur les chapitres qui traitent des Hellènes 
et des Italiotes. Ils sont, à peu de choses près, la reproduction de la 
première édition (1877). Nous admirons, sans la partager, la confiance 
qu'inspirent à l'auteur les fabrications ethnologiques et chronologiques 
des Anciens. Il est persuadé que les Ombro-Latins sont arrivés en Ita- 
lie au xiie siècle avant notre ère, parce que, selon un fragment de Gaton 
l'Ancien conservé par Pline l'Ancien, les Ombriens ont fondé la ville 
d'Ameria 964 ans avant la guerre contre Persée ; or, celle-ci a com- 
mencé en 171. La fondation d'Ameria remonte donc à 1135 avant J.-C, 
et l'arrivée des Ombro-Latins en Italie au xn^ siècle. Toute la chrono- 
logie de M. d'A. de J. se base sur deux ou trois autres synchronismes 
aussi curieux. Ce serait vers l'an 1330 av. J.-C, selon la chronique 
d'Eusèbe (mort au iv^ siècle ap. J.-C), que lôn, petit-fils d'Hellên, se 
serait établi en Attique (voy. p. 252). Quant à l'arrivée des Étrusques 
en Italie, elle eut lieu entre 972 et 949 avant notre ère. Les arguments 
sont empruntés à la durée donnée au siècle étrusque par Dion Gassius 
et Plutarque (cf. t. I, p. xvni et 150). On frémit en songeant que des 
esprits sceptiques pourraient n'avoir pas foi dans les chiffres fournis 
par Gaton, Eusèbe, etc., car toute la chronologie de l'ouvrage croule- 
rait du coup. 

Abordons la partie la plus neuve et la plus originale du livre, celle 
qui concerne les Ligures et les Celtes. La thèse fondamentale de M. d'A. 
de J. est que la valeur de l'élément gaulois dans la formation de la race 



BIBLIOGRAPHIE. H9 

française a été inQniment exagérée. Avant l'arrivée dos Celtes, il a 
existé une période où les Ligures ont couvert toute l'Europe occidentale, 
aussi bien l'Espagne, la Gaule, la Grande-Bretagne que la Suisse et 
l'Italie. Ces idées étaient déjà exprimées dans un article de la Revue 
celtique (1893, p. 1-21) sous le titre : wi Préjugé. Voilà une théorie hardie, 
intéressante, séduisante par certains côtés. Mais, à l'examiner de près, 
on s'aperçoit qu'elle repose sur les bases les plus fragiles. 

Je résume la série de raisonnements par lesquels M. d'A. de J. arrive 
à conclure (p. xvii) que « les Gaulois ne peuvent pas probablement 
compter même pour un vingtième parmi les facteurs physiques aux- 
quels nous devons la vie matérielle. » César nous apprend qu'il n'y 
avait en Gaule que deux classes d'hommes qui comptaient, les druides 
et les chevaliers. La plèbe était réduite à une condition presque ser- 
vile. Si les chevaliers étaient une aristocratie et traitaient si durement 
la plèbe, c'est qu'ils étaient une race conquérante. Ils n'étaient point 
très nombreux : lors de la grande insurrection Vercingétorix évalua 
les cavaliers à 15,000, ce qui, en y joignant les femmes, enfants et 
vieillards, constituerait une aristocratie de 60,000 personnes. Que la 
population de la Gaule fût de trois ou de six millions d'habitants, selon 
les évaluations, cette aristocratie ne constituait qu'une petite minorité. 
Ces chevaliers, ce sont les Gaulois conquérants; nous descendons, nous 
Français, de la plèbe assujettie et sommes d'une autre race. En effet, 
la majorité des Français est brune et de taille moyenne. Les Gaulois 
étaient grands et blonds ou roux. Ils ont du reste été exterminés pour 
la plus grande partie dans la guerre des Gaules. Quand Caligula, vou- 
lant triompher des Germains, qu'il n'avait pas vaincus, fit choisir des 
Gaulois de grande taille pour figurer des Germains, il leur fit teindre 
les cheveux en rouge, selon Suétone. Les habitants de la Gaule n'avaient 
donc plus alors les cheveux de cette couleur. 

On se rend compte facilement que le point de départ de ce raisonne- 
ment n'est qu'une pure hypothèse. Rien absolument ne nous autorise 
à croire que la plèbe était d'une autre race que les chevaliers. César ne 
dit rien de pareil. L'explication qu'il donne de son triste état écarte môme 
cette hypothèse (VI, 13) : Plerique, cum aul acre alieno aut magnitu- 
dine tributorum, aut injuria potentiorum premuntur, sese in servitutem 
dicant nobilibus. Si les hommes libres deviennent ainsi clients des 
nobles, ce n'est point parce qu'ils sont d'une autre race, c'est parce 
qu'ils sont réduits à l'indigence par leurs dettes, les impôts ou la vio- 
lence. Au livre I (chap. iv), César nous montre Orgétorix usurpant un 
pouvoir tyrannique chez les Helvètes grâce à sa clientèle de débiteurs. 
Il y a là un fait social qui s'est reproduit à Rome et dans la monarchie 
franque, et partout où l'État est troublé et impuissant à protéger l'indi- 
vidu contre la tyrannie d'une aristocratie. Le Franc qui se commende 
au vir polens et devient son gazindus, plus tard son vassal, ne diffère 



450 BIBLIOGRAPHIE. 

point de race avec son seigneur. Il est pauvre, ou même simplement 
recherche un protecteur. Remarquons, en outre, que, les Gaulois étant 
installés entre la Garonne et le Rhin déjà depuis plusieurs siècles 
avant la conquête de César, il est impossible de comprendre comment 
ils auraient pu conserver un type physique aussi distinct au milieu de 
la population vaincue. Ce serait un phénomène unique dans l'histoire. 
Il faudrait supposer qu'ils formaient des castes, et encore cette explica- 
tion serait-elle à peine suffisante. Pourquoi se lancer à corps perdus 
dans un océan d'hypothèses? Il est si simple de s'en tenir aux textes. 

Les déductions tirées du chiffre de la cavalerie de Vercingétorix sont 
aussi peu fondées. M. d'A. de J. interprète mal le passage de César 
(liv. "VII, chap. Lxiv). Vercingétorix décide de ne pas livrer de bataille 
rangée aux Romains. Il déclare inutile de lever de nouvelles troupes 
d'infanterie, mais garde toute sa cavalerie, 15,000 hommes, pour har- 
celer l'ennemi et l'empêcher de faire du fourrage et d'enlever les 
récoltes : quoniam abundet equitatu perfacile esse factu frumentationi- 
bus pabulationibusquc Romanos [se] prohibere. Cela ne signifie pas qu'il 
n'y a que 15,000 cavaliers en Gaule et que ces cavaliers sont des che- 
valiers. Cette assimilation que fait M. d'A. de J. n'est pas justifiée. 
Certains peuples, tels les Nerviens, qui ont une aristocratie, n'ont pas 
de cavalerie. Chez d'autres, un seigneur riche, tel l'Éduen Dumnorix 
(I, 18), entretenait des cavaliers : magnum mimerum equitatus suo 
sumptu semper alere et circum se habere. Ces cavaliers sont évidemment 
de petites gens, les clients et vassaux de Dumnorix, et non des cheva- 
liers. Ceux-ci étaient de grands personnages, et on n'en aurait peut-être 
pas trouvé 15,000 en Gaule. Au reste, comment peut-on s'imaginer 
que l'armée gauloise de Vercingétorix fût ainsi composée : d'un côté 
tous les nobles gaulois groupés en un seul corps de 15,000 cavaliers, de 
l'autre des hordes innombrables de fantassins formés unicjuement des 
populations vaincues par les Gaulois? Cela ne se comprend pas. 

Il est facile de dire que la noblesse gauloise a été à peu près exter- 
minée dans la lutte. On cite l'exemple des Nerviens et des Vénètes, 
mais on oublie que César a toujours favorisé l'aristocratie d'un nombre 
de peuples beaucoup plus important, les Rèmes, les Éduens, les 
Séquanes, les Arvernes, les Lingons. Même après Alésia, il rend 
20,000 captifs aux Éduens et aux Arvernes (VII, xc). Ce qu'il a 
exterminé, c'est le pauvre bétail humain composant l'infanterie des 
armées Helvètes, des Germains (Usipètes et Tenctères), etc. Quant à 
l'aristocratie, il l'a toujours ménagée. 

Venons-en au fameux argument sur la grandeur et la couleur des 
cheveux. Les Gaulois, dit-on, étaient grands et blonds. Pour grands, il 
faut s'entendre. Ils étaient grands comparés aux Italiens du Sud. Les 
Français sont petits par rapport aux Anglais et aux Allemands. Le 
point de comparaison des Anciens étant différent, on ne peut rien 



1 






BIBLIOGRAPHIE. i^i 

tirer de là. Les Gaulois étaient blonds? Qu'en savons-nous? M. d'A. 
de J. cite à l'appui deux passages, l'un de Virgile, qui, parlant des 
Gaulois, dit que leur chevelure est dorée (Enéide, VIII, 658, aurea 
cxsaries), l'autre de Silius Italiens (IV, v. 200, 201, flavam... cxsa- 
riem). C'est là une épithète banale, exigée peut-être pour la mesure, 
et qui ne prouve rien. Les Anciens (surtout les poètes) distinguaient 
peu ou pas les Gaulois et les Germains; toutes leurs descriptions 
des barbares se ressemblent, et ils ne recherchent point une exacti- 
tude rigoureuse. La vérité, c'est que les Gaulois étaient en majorité 
comme les Français modernes, les cheveux châtains. En la lavant 
avec du lait de chaux, ils donnaient à leur chevelure une teinte de 
roux ardent. Poseidonios, qui visita la Gaule vers l'an 100 avant J.-G., 
nous rapporte ce procédé, et ce passage est conservé par Diodore de 
Sicile (liv. V, chap. xxviii, § 1) : Taîç 8k x6[i,atç; où [aovov Êx cpOaewç |av9o\, 
à>,>^à xa\ 8ià xyi; xaTaaxeuriç, etc. Il est évident que les Gaulois, tout en 
étant ?av9oî par rapport aux Italiens et aux Grecs, qui ont les cheveux 
noirs, n'étaient pourtant ni blonds ni roux naturellement, car ils n'au- 
raient pas eu besoin d'employer le lait de chaux pour obtenir cette 
nuance artificiellement. De même, Tite-Live dit, en parlant de la che- 
velure gauloise, rutilatse comx (liv. XXXVIII, cap. xvn), « cheveux 
rougis, » et non rutilx cornm (la remarque est de M. d'A. de J. lui- 
même, page 6, note 3). On a vu plus haut qu'en l'an 40 de notre ère 
Caligula déguisa un certain nombre de Gaulois en Germains. Pour cela, 
il fit chercher en Gaule les hommes les plus grands « coegitque ruti- 
lare et submittere comam » (Suétone, Catilina, c. XLvn). C'est le même 
procédé qu'employaient les Gaulois, mais librement, un siècle aupara- 
vant. En réalité, le « préjugé, » c'est de se représenter les Gaulois 
comme très grands et naturellement blonds. Cette idée fausse a égaré 
la plupart des archéologues et des anthropologistes et suscité les théo- 
ries les plus bizarres. On a même avancé que les Celtes étaient diffé- 
rents des Gaulois, ce qui reviendrait à dire que les Deutschen sont diffé- 
rents des Allemands, parce que deux mots aussi dissemblables ne 
peuvent désigner un même peuple. Une autre idée fausse, pour le dire 
en passant, c'est de croire que les Celtes formaient une race unique. 
Actuellement, on sait qu'aucune nation de l'Europe n'a d'unité de race, 
mais nous aimons à nous imaginer qu'il n'en était pas ainsi dans l'an- 
tiquité. C'est là une erreur de perspective. Quand les Celtes apparaissent 
dans l'histoire, vers le vi« siècle avant notre ère, l'humanité était déjà 
bien vieille, et les tribus celtiques, pour avoir l'unité de langue et sans 
doute de mœurs, n'en étaient pas moins la fusion de bien des races 
préexistantes à jamais indiscernables. 

M. d'A. de J., qui supprime, ou à peu près, les Gaulois de nos 
ancêtres, les remplace par les Ligures. Ce peuple aurait, selon lui, cou- 
vert l'Europe occidentale avant la venue des Celtes et des Ombro-La- 



^52 BIBLIOGRAPHIE. 

tins. Ses arguments sont à la fois historiques et linguistiques. Nous 
n'insisterons pas sur les premiers. L'auteur ne donne pas une preuve 
positive dans son second volume. Dans le premier, pour arriver à éta- 
blir que les Ligures sont arrivés dans l'Europe occidentale vingt siècles (1) 
avant J.-C, l'auteur est obligé de proposer une série d'hypothèses qui 
nous paraissent singulièrement fragiles. Arrivons aux arguments philo- 
logiques, qui sont le grand intérêt du livre. 

L'examen de la toponomastique des contrées certainement ligures 
nous révèle un suffixe -se- dans les noms de lieux, qui apparaît sous les 
formes -asco, -asca, -usco, -osco. Ces noms existent non seulement dans 
la Ligurie classique (la IX^ régfon d'Auguste), c'est-à-dire le pays com- 
pris entre le Pô et la Méditerranée, allant de Nice à Pise environ, de 
l'ouest à l'est; ils se retrouvent en nombre considérable dans toute l'Ita- 
lie du Nord. C'est ainsi que, sur 271 noms terminés en -asca, -asco, 90 
seulement appartiennent à la Ligurie d'Auguste, 181, c'est-à-dire les 
deux tiers, sont en dehors (Piémont, Lombardie, Plaisance, Emilie, 
etc.; voy. p. 60). On les retrouve également en grand nombre en 
Corse et en Suisse. La France continentale en offre 70 exemples, presque 
tous compris dans les régions occupées certainement par les Ligures 
entre le Rhône et les Alpes; quelques-uns atteignent au nord la Marne 
(voy. p. 115). Enfin l'Espagne en offre une vingtaine d'exemples dissé- 
minés au nord et au centre. 

Jusqu'ici rien de mieux. M. d'A. de J. a considérablement complété 
et amélioré le travail de M. Flechia paru, il y a plus de vingt ans, dans 
les Mémoires de l'Académie de Turin, et sa thèse, en son ensemble, 
serait séduisante et très acceptable. Pourquoi faut-il qu'il ait cédé à 
l'esprit de système? Les noms de lieux énumérés de la page 124 à la 
page 205 sont rangés dans la catégorie des mots ligures de la façon 
la plus arbitraire et expliqués au moyen des étymologies les plus con- 
testables. Nous ne pouvons naturellement songer à les discuter tous. 
Deux exemples suffiront : l'Isère [Islira) coule dans une région occupée 
il est vrai par les Gaulois, mais où l'on trouve des noms en -osco. L'au- 
teur swppose que ce mot est ligure, et, comme il se termine en -ra, il 
induit de là qu'une foule de mots terminés de même sont ligures, tels 
Oscara, Avara, Sevara, Jura, etc., etc. On croit retrouver le thème alisa 
dans un grand nombre de noms de rivières de France, Allemagne, 
Italie. Ce thème est ligure, car l'aune s'appelait en gaulois vernos, et 
l'auteur suppose que alisa veut dire « aune » en ligure, et « ces rivières 
semblent tirer leurs noms des aunes qui croissaient sur leurs bords » 
(p. 201-205). — En se laissant ainsi entraîner, on peut aller loin, et 
M. d'A. de J. retrouve les Ligures jusque dans le Schleswig-IIolstein 
(p. 145) et l'Ecosse (p. 200). 

Ces exagérations ne peuvent que compromettre sa thèse et pro- 
voquent les contradictions. On se demande si nous avons un critérium 



BIBLIOGRAPHIE. ^53 

bien sûr pour distinguer les mots ligures des mots gaulois. M. Alfred 
Maury, en 1878, avait pris le contre-pied de la thèse de M. d'A. de J. 
et soutenu que le ligure était une langue celtique (voy. Mélanges de 
l'École des hautes-études pour le dixième anniversaire de sa fondation). 
En tout cas, il semble bien qu'il y ait une étroite parenté entre ces 
langues. En Corse, oii les Gaulois ne paraissent pas avoir pénétré, on 
retrouve des noms terminés par le suffixe celtique -aco. L'auteur est 
obligé alors de déclarer (p. 98) que ce suffixe est à la fois ligure et gau- 
lois. Gela ne laisse pas d'être inquiétant; on se demande si, récipro- 
quement, les suffixes en -sca, -sco ne seraient pas, eux, aussi bien gau- 
lois que ligures? On le retrouve à coup sûr dans le nom d'un peuple 
gaulois de la vallée du Danube, les Scordisci, et l'auteur est obligé de 
reconnaître (p. 113) que plusieurs des noms de lieux terminés en-oscu5 
dérivent de noms d'hommes gaulois, tels Branoscus, Camaloscus, Cam- 
boscus, Camuloscus. Il suppose alors que ces noms de lieux remontent 
à une époque où l'on parlait à la fois ligure et gaulois : mais cette 
explication est visiblement donnée en désespoir de cause. 

En outre, l'auteur se voit obligé de reconnaître que bien des mots 
qu'il donne comme ligures sont certainement gaulois ; tels eburos, ron- 
dos, multos (p. 198-199), lemos (p. 188); le suffixe ligure -ati se 
retrouve en latin et en gaulois (p. 188); la racine kar serait à la fois 
gauloise et ligure (p. 196). Le mot ligure qui signifie « seigle, » sasia, 
représente exactement le mot primitif gallois désignant le seigle. M. d'A. 
de J. suppose, après K. MùUenhoff, que Kebenna, « les Cévennes, » 
serait gaulois et aurait remplacé Kemnienon (graphie de Strabon), qui 
serait ligure. Il paraît bien difficile de ne pas admettre l'identité de ces 
deux mots. Quant à décider quelle est la vraie forme, c'est assez embar- 
rassant, le moyen-gallois cefyn, « dos, » représentant aussi bien un 
vieux-gallois Kebyn que Kemyn. En ce dernier cas, cependant, il fau- 
drait admettre que la graphie de Strabon est fautive. Le mot aurait dû 
être écrit par un seul m ; Kemenon. 

Le chapitre intitulé la Nation celtique (m du liv. III) est allongé déme- 
surément par des explications de philologie celtique et de grammaire 
comparée. Elles sont trop longues pour les spécialistes et, quoi que fasse 
l'auteur, trop incomplètes et forcément obscures pour le reste des lec- 
teurs. Faute d'une grammaire celtique en français, l'auteur est obligé 
de répéter ces explications dans chacun de ses ouvrages. Cela ne sup- 
plée point à la grammaire celtique qu'il nous doit depuis longtemps. 
— Le paragraphe sur l'empire celtique et le roi Ambicatos (p. 297-305) 
est la reproduction d'une idée chère à l'auteur et qu'il a émise déjà il y 
a une dizaine d'années. Il croit que les Celtes possédaient, aux v« et 
vi« siècles, une sorte d'unité politique et que l'empire sur lequel régnait 
Ambicatos vers l'an 400 avant J.-G. comprenait la plus grande partie de 
la Germanie, de la Gaule et de l'Espagne (p. 303). Cette unité se serait 



-154 BIBLIOGRAPHIE. 

brisée au iii« siècle. Les Celtes fournissent alors des mercenaires aux 
Carthaginois, ce qui est « antipatriotique; » ils font trembler la Grèce 
et fondent un royaume en Asie-Mineure, ce qui est, selon l'auteur, 
« un acte insensé. » En conséquence, « le troisième siècle est pour les 
Celtes, une époque de confusion, d'extravagance et de honte où les 
grandes traditions politiques des siècles précédents sont abandonnées. » 
Voilà des affirmations bien graves. Nous voudrions savoir sur quoi l'au- 
teur les appuie. Sur le texte suivant de Tite-Live (liv. V, chap. xxxiv, 
§ 1-2) : « Prisco Tarquinio régnante, Geltarum, quse pars Gallise tertia 
est, pênes Bituriges summa imperii fuit, ii regem Geltico dabant. 
Ambigatus is fuit. » Gela ne concorde point du tout. Mais, selon M. d'A. 
de J., il y a dans ce texte deux erreurs évidentes : 1° synchronisme 
avec le règne de Tarquin l'Ancien ; 2° identification de la Celtique 
d'Ambicatus avec celle de César (p. 303, note 2). Soit! mais j'admire 
comment on peut tirer tant de choses d'un texte de deux lignes dont 
la moitié serait erronée. Voilà un latin qui ressemble trop au turc de 
M. Jourdain, qui disait beaucoup en peu de mots. 

Une autre idée chère à l'auteur et qui découle de la précédente, c'est 
que les Germains ont vécu plusieurs siècles sous la domination des 
Gaulois. Les arguments à l'appui sont uniquement philologiques. Ils 
portent sur seize mots qui seraient communs aux langues celtiques et 
germaniques et empruntés par celles-ci aux premières. Nous ne pou- 
vons songera discuter chacun d'eux faute de place. Qu'il suffise de dire 
que nous n'admettons comme vraisemblable que l'emprunt parles Ger- 
mains des trois mots celtiques r^îx, « roi, » r'igion, « royauté, w lêgis, 
« médecin. » Pour les autres, la phonétique des langues germaniques 
nous forcerait à admettre qu'ils ont été empruntés à une époque extrê- 
mement ancienne, au moins dix siècles avant notre ère, lorsque le p 
initial existait encore en celtique, ainsi que r et Z voyelles, que ei indo- 
européen n'était pas encore devenu ë en celtique, ni les aspirées sonores 
changées en b, d, g, etc., en un mot, lorsque le celtique n'avait pas les 
caractéristiques qui le distinguent des autres langues indo-européennes. 
Cela revient à dire que le germanique a fait des emprunts au celte à une 
époque où il n'y avait ni celtique ni germanique. Au reste, le système 
inverse aurait autant de valeur au point de vue phonétique, et ces mots 
pourraient s'expliquer aussi bien et mieux par un emprunt des Celtes 
aux Germains, du moins avant la Lautverscliïebung. Cette explication 
est du reste inutile ; les mots en question remontent simplement à 
l'unité indo-européenne. 

Si les Germains avaient été pendant tant de siècles soumis aux Gau- 
lois, on s'expliquerait difficilement qu'ils n'aient point été absorbés par 
ces derniers. M. d'A. de J. suppose donc (p. 373 et suiv.) qu'une oppo- 
sition religieuse a sauvegardé leur autonomie. Comme nous n'admet- 
tons pas le premier point, nous ne pouvons accepter cette hypothèse. 



BIBLIOGRAPHIE. 4 55 

Les raisonnements (p. 388 et suiv.) pour expliquer chez les Celtes du 
continent une soi-disant unité dialectale, dont nous n'avons aucune 
preuve certaine, sont également dépourvus de solidité. 

L'ouvrage se termine par un examen de l'emploi des mots qui ont 
désigné les diverses branches de la race celtique, Keltos, Galatès, Gal- 
lus, Gallia, Walah. L'auteur y déploie un sens historique et critique 
très fin. 

En réfléchissant à la somme de travail et d'érudition dépensée dans 
ces deux importants volumes, on ne peut s'empêcher d'admirer chez 
l'auteur une connaissance des sources antiques extrêmement rare et 
précieuse, une attention toujours en éveil des moindres progrès de la 
grammaire comparée, une ingéniosité infatigable. Je ne crois pas cepen- 
dant, je le dis franchement, que son livre puisse entraîner la convic- 
tion sur aucun point. Pour résoudre ces difficiles problèmes d'origine, 
ce n'est pas trop des secours combinés des textes historiques, de la lin- 
guistique, de l'archéologie et de l'anthropologie. Pour ces deux dernières 
sciences, l'auteur se récuse. Leur témoignage est pourtant capital, et 
on ne doit pas se dissimuler que, sans elles, on n'arrivera qu'à pro- 
duire des hypothèses inconsistantes, changeant perpétuellement, selon 
les interprétations que tirent les érudits des fragments de textes légen- 
daires et contradictoires que nous a laissés l'antiquité. C'est l'anthro- 
pologie qui devrait avoir le dernier mot. Jusqu'ici, malheureusement, 
les travaux ont été conduits, du moins chez nous, sans méthode cri- 
tique et sous l'empire d'idées préconçues. Tout est à refaire. Du train 
dont vont les choses en France, il est à craindre qu'on ne s'y mette pas 
sérieusement avant le xxi^ siècle. 

Ferdinand Lot, 

Atlas de monnaies gauloises, préparé par la Commission de topogra- 
phie des Gaules et publié sous les auspices du Ministère de l'ins- 
truction publique par Henri de la Tour, sous-bibliothécaire au 
département des médailles et antiques de la Bibliothèque natio- 
nale. Paris, Pion, Nourrit et G*% i 892. In-fol. , iv-i 2 pages et 55 pi. 

Ce recueil est le complément d'un volume de texte édité en 1889 
sous le titre de Catalogue des médailles gauloises de la Bibliothèque natio- 
nale. M. de la Tour avait été chargé de faire la table de ce livre, et il 
s'était acquitté de cette mission difficile avec un plein succès. 

On lui doit de nouveau une grande reconnaissance pour n'avoir pas 
reculé devant le rude travail qui consistait à fournir aux numisma- 
tistes un fil conducteur dans l'Atlas, ouvrage très curieux, très utile, 
mais établi sans plan arrêté et sans méthode ; il s'agissait de guider les 
lecteurs et de leur permettre de recourir de VAtlas au Catalogue. Ce 
désordre est expliqué par l'histoire même du livre ; ceux qui y ont tra- 



^56 BIBLIOGRAPHIE. 

vaille ne soat guère coupables. Chacun a fait de son mieux, travaillant 
isolément; la direction a fait défaut. 

En 1876, le ministre de l'Instruction publique décida d'entreprendre 
un catalogue général des monnaies gauloises. A ce moment, on vou- 
lait réunir en un Corpus la description de toutes les pièces de cette 
série conservées dans les musées publics et dans les collections parti- 
culières; le texte devait être accompagné d'un atlas. Il était tout natu- 
rel de commencer par mettre à contribution le Cabinet de France, le 
plus riche en monnaies gauloises. 

La Commission de topographie des Gaules, qui comptait parmi ses 
membres Saulcy et Ch. Robert, les deux savants les plus versés dans 
l'étude de la numismatique gauloise, fut chargée de mènera bien cette 
œuvre; elle désira avoir pour collaborateurs MM. Chabouillet et Muret, 
du Cabinet de France. 

On commença aussitôt à réunir les documents nécessaires et à faire 
exécuter par Dardel de superbes planches, au nombre de quarante-cinq, 
qui furent payées sur les fonds alloués à la Commission pour les 
recherches d'antiquités nationales. Ce plan primitif eut pour résultat 
de réunir, dans les planches, un très grand nombre de pièces étran- 
gères au Cabinet de France. Les monnaies de la Bretagne insulaire 
sont, en grande partie, empruntées au bel ouvrage de sir John Evans; 
les collections du Musée de Saint-Germain, de Ch. Robert, de Dani- 
court, la découverte de Jersey, etc., furent mises à contribution. 

En 1883, par suite de la dissolution de la Commission de topographie 
des Gaules, ses membres cessèrent de s'occuper du Catalogue et de 
l'Atlas. MM. Chabouillet et Muret en restèrent exclusivement chargés 
et purent réaliser une idée déjà soumise à leurs collègues qu'ils n'avaient 
pu convaincre; le Catalogue général des monnaies gauloises devint le 
Catalogue des monnaies gauloises de la Bibliothèque nationale; on laissa 
de côté V Atlas, qui ne concordait plus avec le nouveau plan ; on décida 
que, lorsque ce serait possible, on publierait un second volume de cata- 
logue consacré aux pièces étrangères au Cabinet de France. Ce projet 
risque fort, faute de travailleurs de bonne volonté, de ne pas être réa- 
lisé de longtemps. 

En résumé, le Cabinet des médailles de France y a gagné d'avoir un 
Catalogue de ses richesses, augmenté de nombreuses pièces qui ne font 
pas partie de ses collections, et cela sans qu'il lui coûtât de sacrifices 
pécuniaires. Ensuite, il fut reconnu que l'Atlas était le complément 
nécessaire du Catalogue, et on se décida à le mettre à la disposition du 
public, qui peut ainsi se servir d'un ensemble de planches telles qu'il 
n'en avait pas rêvé jusqu'à ce jour. 

Il n'était pas inutile, je crois, de faire l'histoire de cet ouvrage, si 
facile à consulter aujourd'hui grâce à M. de la Tour, et d'expliquer 
l'incohérence qu'il présente et à laquelle il fallait apporter remède. 



BIBLIOGRAPHIE. ^57 

Je m'empresse de reconnaître que M. de la Tour a réussi au delà de 
toute espérance. 

Muret, qui connaissait mieux que personne, par suite d'une longue 
pratique, la numismatique ancienne, manquait de l'expérience néces- 
saire pour rétablissement d'un livre. Dans le Catalogue comme dans 
V Atlas, les divisions et les subdivisions manquent de méthode; les titres 
des chapitres et leur distribution laissent le lecteur dans un vague 
regrettable ; l'ordre même des matières est absent ; on n'a suivi ni un 
plan historique ni un plan géographique. Il semble que, cédant à une 
illusion qui égarait les curieux il y a quelques années, on ait tenu à 
attribuer toutes les monnaies connues à chacun des peuples cités par 
les textes. Hélas! à cette heure encore, nous ne devons pas tenter une 
pareille tâche. Quelque nombreuse que soit l'énumération des peuples 
gaulois mentionnés par les historiens et par les géographes, nous sommes 
loin de les connaître tous, et, si nous savions leurs noms, il faudrait, 
au préalable, écarter ceux qui avaient disparu lorsque l'usage de la 
monnaie s'établit en Gaule. Entre le Rhin, l'Océan et les Pyrénées, il 
y eut, pendant plusieurs siècles, un mouvement de peuples et de tri- 
bus comparable aux vagues de la marée montante; je crains fort que 
parmi toutes ces attributions il n'y en ait plus d'une qui soit proposée 
en faveur de peuplades qui, ayant depuis longtemps reculé devant l'in- 
vasion, étaient disparues ou absorbées par les nouveaux venus lorsque 
le monnayage apparut. 

J'ai insisté sur les critiques à faire au Catalogue et à l'Atlas des mon- 
naies gauloises afin de prémunir le lecteur à l'occasion de certains 
détails qui pourraient lui faire oublier que ce recueil a une grande 
valeur scientifique comme instrument de travail, surtout depuis que 
M. de la Tour a fourni les moyens de le consulter utilement. 

A. DE Barthélémy. 

BcEHMER. Regesta imperii. II. Die Regesten des Kaiserreichs unter 
den Herrschern aus dem sxchsischen Hause (9l9-i02iJ, nach 
Johann Friedrich Bœhmer, neu bearbeitet von Emil von Otten- 
THAL. Erste Lieferung. Innsbruck, Wagner, 4 893. In-/*", 252 pages. 

Le fascicule des Regesta publié par M. E. von Ottenthal comprend les 
règnes de Henri I" (919-936) et d'Otton I" (936-973). Il suffit de l'an- 
noncer, car les lecteurs de la Bibliothèque de l'École des chartes con- 
naissent le plan de la nouvelle édition des Regesta, à la fois catalogue 
d'actes et itinéraire annalistique des empereurs.il est superflu de démon- 
trer l'utilité de pareilles publications, ce serait prêcher des convertis. 
Nous ferons cependant remarquer que, tandis que ce fascicule com- 
prend 252 pages, la partie correspondante de la première édition, don- 
née en 1831, n'en comptait que 19 : c'est marquer l'importance de 



•158 BIBLIOGRAPHIE. 

l'œuvre de M. E. von Ottenthal. On ne diminuera pas son mérite en 
constatant le puissant secours qu'il a reçu de la publication, dans les 
Monumenla, des diplômes d'Otton I^"", car lui-même a collaboré à cette 
publication. Même pour ceux qui limitent leurs recherches à l'histoire 
de France, ce fascicule des Regesta sera un instrument indispensable : 
un grand nombre de paragraphes sont relatifs à la Lorraine, sans 
compter qu'au x« siècle les nationalités française et germanique s'étaient 
trop récemment dégagées de l'unité de l'empire franc pour que les rela- 
tions entre elles ne fussent pas étroites et continuelles, si bien qu'au 
regard des événements politiques comme au regard des institutions 
l'on ne saurait séparer l'histoire des derniers Carolingiens de celle des 
princes de la maison de Saxe. M. E. von Ottenthal et M. Ferdinand 
Lot se sont donc rencontrés à plusieurs reprises sur le même terrain. 
Et, comme le livre de notre confrère, les Derniers Carolingiens, est le 
résultat d'une étude approfondie et critique des documents, nous 
n'avons pas été surpris de voir le savant allemand adopter la plupart 
de ses conclusions, j'entends celles qui sont relatives à la chronologie, 
car, juger les hommes et les choses, l'auteur des Begesla n'avait point à 
le faire. Comparez § 274 des Regesta et Lot, p. 26 ; § 289 d. et p. 31 ; 
§ 317 et p. 39, etc. Maurice Prou. 

Le Compte du clos des galées de Rouen au XfV^ siècle (1382-1384), 
recueilli par René Le Bodrdellès, docteur en droit, procureur de 
la République à Redon, publié et annoté par Charles Bréard. 
Rouen, Gagniard, -1893. In-8°, U9 pages. (Extrait de la deuxième 
série des Mélanges, publiés par la Société de l'histoire de Nor- 
mandie; Rouen, ^893. In-S", 403 pages.) 

Au commencement de l'année dernière, M. Le Bourdellès avait la 
bonne fortune de découvrir au greffe du tribunal civil de Redon et dans 
diverses mairies de l'arrondissement, entre autres pièces d'archives 
anciennes, 16 feuillets de parchemin, qui servaient de couvertures à 
des cahiers d'état civil de l'an III et dont il eut vite fait de reconnaître 
l'importance historique exceptionnelle. Ces feuillets renfermaient, en 
effet, un compte du « clos des galées du Roy lez Rouen, » rendu par le 
maître et gouverneur dudit clos, Jehan Champenois, de 1382 à 1384. 
C'est ce document que vient de publier M. Charles Bréard, avec la 
science d'un érudit et la compétence d'un spécialiste. 

Une excellente introduction de M. Bréard résume avec clarté et met 
bien en relief les principaux points du compte, lequel comprend deux 
parties : 1' les recettes et dépenses, de 1382 à 1384; 2° une suite d'in- 
ventaires, faisant mention des navires et des approvisionnements qui 
se trouvaient réunis à Rouen, à Ilarfleur et à Honfleur, en 1384, lors 
de la clôture de la gestion de Jehan Champenois. 



BIBLIOG&APHIE. -159 

« Cette seconde partie, dit M. Bréard, offrira des renseignements 
nouveaux sur le personnel et l'organisation des services de l'arsenal de 
Rouen, sur son chantier de constructions navales, sur la voilure, la 
mâture, les agrès, les manœuvres de toute espèce qui servaient aux 
galères et aux barges, sur les bois, les mâts, fers, toiles, cordages, 
engins, munitions que les navires y recevaient des magasins du roi, 
sur les armes de jet (arbalètes) destinées aux équipages et sur les traits 
(viretons) employés pour ces armes, en un mot sur les ressources du 
clos des galées pour construire, caréner, radouber, armer et équiper 
une division navale composée de bâtiments de guerre, de bâtiments de 
transport et de barques légères chargées de la police du littoral. » 

Grâce au dépôt que M. Le Bourdellès a bien voulu faire de sa précieuse 
trouvaille aux Archives départementales d'Ille-et- Vilaine, nous avons 
pu collationner la copie de M. Bréard avec les feuillets originaux, et 
nous nous plaisons à reconnaître que la lecture en a été généralement 
très bonne. La sagacité de l'éditeur a su rétablir nombre de mots quasi- 
effacés ou rognés par la main barbare du relieur et corriger plus d'une 
bévue échappée au rédacteur du compte. 

Après un examen minutieux, nous proposerions les quelques recti- 
fications suivantes : 

Page 17, note 1, au lieu de curate apporlata, lire curie apportata, 
comme à la page 43. 

Page 20, ligne 5, au lieu de fourny, lire fouy. Il s'agit d'un pionnier 
qui creuse un siège pour une barge. 

Page 50, ligne 6 (bas), au lieu de madrets, lire madiers, nom ancien 
des varangues (Jal, Glossaire nautique). 

Page 59, ligne 10, au lieu de pentons à poullies, lire pentoirs à poullies. 

Page 63, ligne 5 (bas), au lieu de pies de chienne de fer, lire pies de 
chièvre de fer, comme à la page 100. 

Page 67, ligne 7, au lieu de bones tarelles, lire loncs tarelles, par oppo- 
sition aux petites tarelles mentionnées immédiatement après. 

Page 75, ligne 4 (bas), au lieu de pouques de la calengue, lire porques 
de la calengue. 

Page 82, ligne 10 (bas) et page 84, ligne 6 (bas), au lieu de coites, 
lire coués, sans doute pour couets, escouets (amures). 

Pages 97, 98, 100, notes, au lieu de Jehennequus, lire Jehennequinus; 
forme latine du prénom de J. Champenois. 

Plusieurs autres mots nous semblent douteux : guches (p. 96), caril- 
lons (p. 100), abomrée (p. 106), etc.? 

Enfin, soit oubli, soit système, l'apostrophe et l'accent aigu ont été 
omis plusieurs fois, ce qui pourrait donner lieu à fausse interprétation : 
Taîine sur Carente, pour Tanné ou Tonnay (p. 38), darain pour d'arain 
(p. 62), tambres pour tambrés ou étambrais (p. 76), etc. 

Ces légères imperfections, hâtons-nous de le dire, n'enlèvent rien au 



460 BIBLIOGRAPHIE. 

mérite et à l'intérêt d'une publication qui fait grand honneur à M. Le 
Bourdellès et à M. Bréard. Un appendice de 32 pièces inédites, tirées 
de la Bibliothèque nationale, complète heureusement le compte du 
clos des galées. Mais on nous permettra de regretter l'absence d'un 
glossaire, qui eût singulièrement facilité l'intelligence d'une foule de 
termes de la vieille langue nautique, à physionomie souvent normande, 
dont ce texte est rempli. 

Paul Parfouru. 

V Armée anglaise vaincue par Jeanne (VArc sous les murs cTOrléans^ 
par M. Boucher de Molandox et le baron Adalbert de Beadcorps. 
Orléans, H. Herluison; Paris, L. Baudoin, 4 892. In-S^SU pages. 
(Extrait des Mémoires de la Société archéologique et historique 
de l'Orléanais, t. XXIII.) 

L'œuvre que M. Boucher de Molandon, avec l'association dévouée 
de M. Adalbert de Beaucorps, a pu voir achevée avant la fin d'une car- 
rière vouée au culte du plus haut épisode de l'histoire ancienne de la 
France', est le résultat de patientes recherches, entreprises de longue 
date et depuis lors toujours poursuivies sans relâche. Les documents 
édités dans ce recueil étaient déjà réunis dès 1876 et communiqués à la 
Société dont ils composent aujourd'hui une des plus importantes publi- 
cations2; l'étude qui les précède faisait dès 1878 l'objet d'une lecture 
au congrès annuel des Sociétés savantes 3. Des scrupules aussi hono- 
rables que peut-être excessifs en avaient seuls retardé jusqu'ici la mise 
au point définitive. Tout désignait cependant l'érudit historien Orléa- 
nais pour l'exécution intégrale d'une œuvre devenue sienne. 

Le blocus d'Orléans, — ou, pour parler plus exactement, les opéra- 
tions engagées autour d'Orléans, — d'octobre 1428 à mai 1429, offrent 
une de ces importances qu'il serait oiseux de définir. L'organisation de 
l'armée assiégeante en représente un des sujets d'étude les plus essen- 
tiels et l'un de ceux autour desquels la critique s'est depuis le plus 

1. La dernière publicatioo de M. Boucher de Molandon était encore consa- 
crée à un point de l'histoire de la délivrance d'Orléans. {Inauguration d'une 
croix commémorative du passage et du séjour de Jeanne d'Arc à Chécy, 
24 avril 1892. — Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléa- 
nais, t. X, n° 148, 2= trim. de 1892, p. 203-207.) 

2. Séance de la Société archéologique et historique de l'Orléanais du 24 no- 
vembre 1876. {Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, 
t. VI, n" 91, 4= trim. de 1876, p. 364.) 

3. Seizième réunion des délégués des Sociétés savantes à la Sorbonne, séance 
du 27 avril 1878, compte-rendu des lectures faites à la section d'histoire et de 
philologie dans sa séance du 26 avril. {Revue des Sociétés savantes des dépar- 
tements, 6' série, t. VU, l" sem. de 1878, p. 227-229.) 



BIBLIOGRAPHIE. •(6'i 

longtemps exercée. C'est à dégager ce point que se sont attachés les 
auteurs, sans entrer dans le détail d'opérations connues sur lesquelles 
bien peu de faits nouveaux semblent encore à découvrir. Le corps de 
documents qu'ils présentent aujourd'hui au public, avec l'étude qui le 
résume et l'éclairé, contient certainement tous les renseignements et tous 
les résultats dont puisse s'enrichir l'histoire sur ce complexe et capti- 
vant chapitre. 

Les cent quatorze documents publiés par MM. de Molandon et de 
Beaucorps (p. 209-301) sont tirés presque en entier de ces anciennes 
archives de la Chambre des comptes, dont les épaves, actuellement 
disséminées parmi tant de classements divers de nos grands dépôts 
pubUcs, composent encore le principal aliment des ventes et des trou- 
vailles particulières. Les dépôts d'Angleterre en ont ainsi recueilli une 
certaine quantité, directement ou par la voie des collections dont ils se 
sont enrichis. Il convient toutefois de ne s'en exagérer ni le nombre ni 
la valeur. Loin d'avoir conservé, par voie de versements administratifs 
remontant à l'époque de la conquête ou de l'expulsion, la masse princi- 
pale des pièces composant la comptabilité officielle de l'époque, — comme 
le veut encore de nos jours la légende persistante en tant de villes de nos 
provinces françaises, où la mystérieuse Tour de Londres passe généra- 
lement pour receler tous les documents relatifs à l'occupation, — les 
archives anglaises n'en détiennent qu'une proportion relativement 
faible, réunie au hasard des acquisitions partielles ou des accroisse- 
ments provenant de l'assimilation de certaines grandes collections pri- 
vées. M. Baguenault de Puchesse avait récemment signalé une quinzaine 
d'actes de ce genre se rapportant aux événements d'Orléans, contenus 
dans divers fonds du British Muséum ^. Les auteurs du présent ouvrage 
(voy. pièce 7, p. 220, n. 1) en ont, en outre, recueilli plusieurs autres. 
Leur total équivaut à peine au nombre des pièces tirées de la collection 
personnelle de M. de Molandon. Quoi qu'il en soit d'ailleurs, et quelle 
qu'ait été leur provenance actuelle, les documents qui font l'objet de 
cette publication sortent tous du même groupement initial, qui, jadis, en 
eût si singulièrement facilité la consultation, devenue actuellement 
œuvre de pénibles recherches et de spéciale patience. 

Ils consistent en montres d'armes, contrôles, quittances, endentures, 
lettres de garant, identiques aux documents publiés en corps par 
M. Siméon Luce sur l'invasion étrangère en basse Normandie, et dont 
il n'est pas un, ainsi que le formulait si exactement la préface de la 
Chronique du Mont-Saint-Michel, « qui n'apporte quelque fait nouveau 
ou ne rectifie quelque erreur accréditée ». La plupart se rapportent aux 
événements d'Orléans même, et représentent le contrôle permanent, 

1. Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, t. IX, 
n" 137, 3" et 4« trim. de 1888, p. 307-308. 

4894 44 



^&2 BIBLIOGRAPHIE. 

le commentaire détaillé du chapitre spécialement consacré au siège 
dans le compte septième de Pierre Surreau, receveur général des 
finances de Normandie, compte conservé comme l'on sait et savamment 
analysé par M. Gti. de Beaurepaire, dans son étude de l'Administration 
de la Normandie sous la domination anglaise aux années ik2k, ik2o et 
1^29. Un certain nombre d'autres pièces ont trait à l'organisation géné- 
rale de l'armée et de l'administration civile dans le pays conquis. Je 
veux bien que ces dernières soient choisies comme type; mais devaient- 
elles figurer dans une publication exclusivement consacrée à l'histoire 
orléanaise? Est-ce avec quelques actes détachés qu'on peut espérer 
tracer un tableau complet de ce que fut l'occupation anglo-saxonne en 
Normandie? On serait donc en droit d'estimer, sous ce rapport, que c'est 
trop ou trop peu. Quant aux documents uniquement relatifs aux opé- 
rations engagées sous Orléans, le fait d'avoir réussi à les grouper presque 
tous donne à chacun d'eux un intérêt extrême. Chaque corps de troupe 
est ainsi suivi pas à pas, avec ses diminutions et ses accroissements 
d'effectif, ses mutations dans le commandement et dans les cadres. L'ori- 
gine de chaque détachement est exactement établie, et l'enverra tout à 
l'heure quelle curieuse observation il y a lieu d'en tirer. Une somme 
considérable de notions précises et indiscutables est acquise sur tous 
les capitaines de cette armée si bizarrement morcelée. Enfin, il est 
vraiment émouvant de trouver ainsi recueillis en bloc, en dépit de leur 
sécheresse, de leur style administratif et de leur technique financière, 
les actes et les pièces dont la teneur fit agir et se mouvoir une armée 
« historique » entre toutes, et sur laquelle les conditions de sa défaite 
doivent attirer plus spécialement l'observation et l'analyse. 

L'étude à laquelle ces documents servent de base (p. 1-208) comprend 
une introduction (p. 3-19) et sept chapitres. 

Le premier {État général des forces atiglaises), et le septième {Finances 
et administration)^ qui pourraient plutôt se faire suite, sont consacrés à 
l'examen de l'organisation implantée par le gouvernement anglais dans 
le pays occupé. 

MM. de Molandon et de Beaucorps en relèvent les principaux traits, 
qui se rapportent à l'administration militaire, à la levée et à l'entretien 
des troupes. Ils signalent l'incroyable instabilité du commandement 
supérieur, je ne veux pas parler du commandement des places, où la 
fixité est au contraire beaucoup plus exactement observée. Une autre 
très juste observation porte sur cet étonnant cumul des fonctions rélri- 
buables, qui fait qu' « un Anglais de marque semble partout à la fois » 
(p. 35), capitaine d'une grande ville, de quatre ou cinq forteresses de 
moindre importance, membre du Grand Conseil ou du Conseil de Nor- 
mandie, pourvu de charges auprès du roi ou du régent, investi par-dessus 
le tout de quelque grand commandement régional. Un commentaire 
judicieux est également consacré à la proportion relative des hommes 



BIBLIOGRAPHIE. -163 

d'armes, montés ou à pied, et des archers, presque toujours employés 
dans le rapport de 1 à 3. Il est absolument exact que l'expression cons- 
tamment usitée dans les documents anglais : « et les archers », ou bien 
encore : « les archers à l'afférent », désigne, sans besoin d'autre indica- 
tion complémentaire, le nombre de trois archers pour un homme d'armes. 
Quant à la composition de la lance, au moins dans la troupe anglaise, 
les auteurs auraient pu se montrer plus affirmatifs encore. Il ressort 
évidemment de l'alinéa intitulé : « Composition de la lance et de l'ar- 
cher étoffé » (§ 4 du chap. i), que l'homme d'armes d'outre-Manche 
n'entretenait pas « d'autre auxiliaire qu'un page », qu'il faut d'ailleurs 
considérer comme un non-combattant. Mais l'occasion était bonne pour 
poser définitivement en principe que le mot lance, à cheval ou à pied, 
dans la troupe anglaise, signifie simplement un individu, une unité 
humaine de combat, et qu'en employant par exemple l'expression de 
cent lances, les contemporains entendent signifier cent hommes, tous 
armés d'une lance, quantité valide et effective, au sens où l'on dirait 
aujourd'hui cent sabres ou cent fusils. Les dénombrements plus ou 
moins fantastiques auxquels a pu prêter une certaine confusion qui 
semble inhérente à cette question, — dénombrements auxquels MM, de 
Molandon et de Beaucorps ne se sont, il faut le reconnaître, nullement 
prêtés, — ont fait leur temps. Et même dans la troupe française, jus- 
qu'à l'époque de l'application des ordonnances de 1439 et de 1446, nous 
permettra-t-on le plus extrême scepticisme sur le chiffre des servants 
effectifs de la légendaire la?ice fournie. 

Les chapitres ii à v sont consacrés à la discussion de la composition 
et de l'effectif total de l'armée dirigée contre Orléans. [Armée de Salis- 
bury; Première phase du siège d'Orléans; Deuxième phase du siège d'Or- 
léans; Détachements et contingents féodaux tirés de la Normandie et du 
pays de conquête.) 

La base de cette armée était constituée par le corps de troupes amené 
d'Angleterre sous la conduite du comte de Salisbury, lequel devait 
comprendre, en principe, 600 hommes d'armes et 1,800 archers, avec 
faculté de remplacer, jusqu'à concurrence de 200 hommes d'armes, un 
de ces derniers par trois archers, ce qui, en réalité, en amena l'effectif 
combattant au chiffre de 450 lances et 2,250 archers. Vendenture rela- 
tive au rassemblement de ces troupes, connue depuis longtemps par 
Rymer et rééditée par Stevenson, est datée du 24 mars 1428, et l'em- 
barquement de ce premier corps d'armée, le 30 juin, auprès de Douvres, 
ne prête à aucune discussion. A ce fond primitif vient s'ajouter, en 
exécution de lettres au nom de Henry YI, en date du 24 juin, un autre 
corps de 400 lances et de 1,200 archers correspondants, rassemblement 
important, dont les travaux de M. Gh. de Beaurepaire, toujours exacte- 
ment consultés par les auteurs, ont vérifié l'existence. MM. de Molan- 



164 BIBLIOGRAPHIE. 

don et de Beaucorps caractérisent avec raison cette seconde armée, en 
remarquant qu'elle ne consistait point en « une grosse unité », mais 
en « plusieurs corps avec divers capitaines n'ayant d'autre lien que 
d'être ensemble sous le commandement supérieur de Salisbury » (p. 54)« 
Un des documents les plus intéressants de la publication est celui 
(Pièces justif., n° 3) qui contient le texte même des lettres de Henry VI, 
relatives à la formation de cette colonne, et dont moitié devait être 
payée sur les finances de Normandie, moitié sur celles de France. Ce 
second corps de troupes, passé en revue, selon la provenance de ses 
contingents, à Yernon et à Poissy, le 15 juillet, prit part, avec les 
levées amenées d'Angleterre par le comte de Salisbury, à toutes les 
premières opérations de la campagne. L'armée d'invasion qui se mit 
en marche vers la Loire, en août 1428, comptait donc sur le papier, en 
tenant compte des interversions facultatives opérées par Salisbury, 
850 lances et 3,450 archers, en tout 4,300 combattants. 

Je ne pense pas qu'il faille ajouter à ce chiffre les petits détachements 
tirés des places de Normandie, qu'on voit apparaître, vers novembre 
ou décembre seulement, dans les rangs de l'armée assiégeante (Pièces 
justif., nos 19 à 24, 56 à 59, 64, 66, 82). MM. de Molandon et de Beau- 
corps estiment qu'ils ne servirent qu'à convoyer les vivres, les finances 
et les munitions (p. 94-96, 107-110, 131-132), si ce n'est à combler les 
vides, hypothèse qui justifierait amplement leur présence sous les murs 
d'Orléans. Ces détachements isolés, dont les documents publiés par les 
auteurs établissent avec précision l'origine, tirés, entre bien d'autres, 
de Rouen, Château-Gaillard, Pont-de-l'Arche, Pontorson, Saint-Lô, 
Coutances, comptant depuis un homme d'armes et trois archers jusqu'à 
vingt hommes d'armes et soixante archers, représentent autant de pré- 
lèvements opérés sur les garnisons anglaises. Sur celle de Pontorson, 
par exemple, place démolie, il est vrai, quelques mois plus tard, en juil- 
let 1429, et peut-être déjà moins bien gardée, cette formation de marche 
(Pièces justif., n» 82, 20 hommes d'armes et les archers) atteint jusqu'au 
quart de la garnison normale (80 hommes d'armes et les archers^). Ce 
qu'il faut remarquer en outre, c'est que ce système des « petits paquets », 
comme on le définirait de nos jours, ne fut pas une exception réservée 
au siège d'Orléans. Le procédé paraît au contraire avoir été d'emploi 
méthodique et courant dans la tactique anglaise, non seulement pour 
les entreprises de quelque durée et de quelque importance, comme le 
siège de Pontorson en 1427, de Ghàteau-Gaillard en 1430, de Louviers 
en 1431, de Saint-Denis en 1435, mais encore pour des opérations de 
bien moindre intérêt, dont les chroniques ont à peine conservé trace : 

1. Siméoa Luce, Chronique du Mont-Saint- Michel, t. 1, p. 283-284, Pièces 
juslif., n° 105. 



BIBLIOGRAPHIE. ^65 

tel , entre autres , ce siège de la bicoque de Farcheville auprès 
d'Étampes^, en janvier 1428, auquel figurent des détachements tirés des 
garnisons de Vire et de Falaise 2. 

S'il ne convient pas de faire entrer en ligne de compte ces groupements 
singuliers, il y a lieu toutefois de joindre aux 4,300 combattants qui 
viennent d'être spécifiés le montant d'un renfort spécial, qui, sur la 
durée de près d'un mois de service, en avril 1429, rallia quelque temps 
les bords de la Loire. Il se composait des contingents féodaux du duché 
de Normandie et du pays de conquête, convoqués à Vernon, le 29 mars 
1429 : ce corps, dont les études de M. Gh. de Beaurepaire ont reconnu 
l'identité, et sur lequel les auteurs publient d'intéressants documents 
(Pièces justif., no^98 à 104), put s'élever jusqu'à 200 lances et 600 archers. 

Resterait à déterminer le contingent fourni par le duc de Bourgogne, 
signalé et évalué, seulement à l'occasion du départ de ces troupes, par 
le Journal du siège : ce dernier texte mentionne, à la date du 17 avril 
1429, la retraite d'environ 1,500 Bourguignons, dont l'absence affaiblit 
d'autant l'armée assiégeante. Cet effectif n'étant pas spécifié plus exac- 
tement, on se voit obligé de s'en tenir à cette appréciation assez vague. 

Le total de tous ces corps de troupes réunis porte le nombre des sol- 
dats expédiés par le gouvernement anglais vers les rives de la Loire, 
au plus fort des opérations sous Orléans, à 6,600 hommes environ, en 
compensant les morts et les blessés par les renforts dont l'origine vient 
d'être établie, et dans la catégorie desquels il faut comprendre cette 
colonne de 500 Anglais formant l'escorte du célèbre convoi des Harengs, 
qui vint s'encadrer dans les rangs de l'armée assiégeante, au témoi- 
gnage combiné de Monstrelet et du Bourgeois de Paris. Des considéra- 
tions techniques amènent les auteurs à penser que la simple garde des 
bastilles comportait au moins 5,000 hommes. Après le départ des Bour- 
guignons, l'armée d'investissement ne compta guère davantage. 

On se trouve ainsi loin des évaluations auxquelles avait prêté la Chro- 
nique de la Pucelle, demeurée si longtemps le principal élément d'appré- 
ciation connu, et qui portait la force de l'armée anglaise à 10,000 hommes 
à la fin de l'année 1428. Sans se fier à cette affirmation, des supputations 
ingénieuses avaient déjà plus d'une fois essayé de reconstituer l'effectif 
réel des troupes assiégeantes. Le premier historien critique du Siège, 
Jollois, dont les sagaces conclusions ont fixé tant de points douteux de 
cette campagne décisive 3, avait ainsi relevé les arrivées successives de 



1. Farcheville, sur le plateau entre l'Essonne et la Juine, sur le territoire de 
la commune de Bouville, Seine et-Oise, cant. d'Élampes. 

2. Bibl. nat., ms. fr. 25768, n»' 269 et 270. 

3. Histoire du siège d'Orléans, 1833. — Lettre à MM. les membres de la 
Société des Antiquaires de France sur l'emplacement du fort des Tourelles de 
l'ancien pont d'Orléans, 1834. 



^66 BIBLIOGRAPHIE. 

colonnes anglaises signalées par le Journal, et, le contingent bourgui- 
gnon mis à part, était parvenu au chiffre de 9,440 combattants *, qu'a 
depuis adopté M. Wallon, dans son Histoire de Jeanne d'Arc^. 

Dans un mémoire plus récent, M. Vergnaud-Romagnesi^, partant 
d'un mode d'évaluation différent, celui des pertes subies par les assié- 
geants, arrivait à réduire le total du corps de blocus à 4,000 hommes, 
au moment de l'apparition de Jeanne d'Arc*. Depuis, dans une autre 
étude, M. Mantellier^ a le premier reconnu et publié des pièces origi- 
nales relatives aux contingents expédiés devant Orléans, qui mettaient 
sur la voie de tout un travail nouveau à établir sur ces bases ^. Il sera 
désormais établi que l'armée anglaise, au fort des opérations, ne compta 
pas plus de 6 à 7,000 combattants effectifs présents sous les murs 
d'Orléans. 

Après avoir relevé que le choix primitif d'Angers comme point d'at- 
taque de la ligne de la Loire, et l'abandon de ce projet, resteront toujours 
sans doute énigmatiques (p. 25, 50, 55, 59 et 62), MM. de Molandon et 
de Beaucorps relatent sommairement la marche enveloppante de Salis- 
bury et les événements principaux du siège : les combats d'artillerie, 
les effets du tir anglais, les travaux de mine, sont l'objet d'un commen- 
taire approfondi auquel la compétence technique de l'un des collabora- 
teurs ajoute un indiscutable intérêt. Ajoutons que la question contro- 
versée du commandement supérieur des opérations du siège après la 
mort de Salisbury, le 23 octobre, est définitivement tranchée (chap. iv, 
§ 2, p. 111-116). 11 résulte absolument de deux des documents publiés 
(Pièces justif., n°s 60 et 61) que cette direction suprême fut exercée 
simultanément par Suffolk, Talbot et Scales. Jeanne d'Arc avait donc 
une raison péremptoire de leur adresser spécialement, à tous trois, l'in- 
jonction finale de la célèbre lettre par laquelle elle sommait les envahis- 
seurs d'avoir à vider la terre de France. 

Le chapitre vi (Dépenses pour le siège d'Orléans) est un court exposé 
des frais nécessités par la levée de l'armée du siège, d'après les chiffres 
indiqués dans le compte analysé par M. de Beaurepaire, ainsi que des 
expédients financiers du gouvernement anglais, obligé de retenir un 
trimestre du traitement de tous ses fonctionnaires pour en affecter le 

1. Jollois, Histoire du siège d'Orléans, chap. i, par. vi, p. 41-46. Des forces 
relatives des assiégés et des assiégeants. 

2. Jeanne d'Arc, t. I, livre II, \y.\xi. ni, p. 173, et App. XXII, p. 399-400. 

3. Siège d'Orléans de 1429. Mémoire sur les dépenses faites par les Orléa- 
nais en prévision du siège et pendant sa durée, 1861. (Extrait du Bulletin du 
Bouquiniste, n" 96, 98, 99, t. VIII et IX, déc. 1860 à févr. 1861.) 

4. Vergnaud-Romagnesi, Mémoire sur les dépenses..., p. 12. 

5. Histoire du siège d'Orléans, 1867. 

6. Mantellier, Histoire du siège d'Orléans, p. 218-240, Pièces justif., n" 7, 

8, n. 



BIBLIOGRAPHIE. ^ 67 

montant au budget militaire de l'année. A cette occasion sont publiés 
quelques curieux exemplaires de ces mandements individuels de rete- 
nue (Pièces justif., n°^ 105 et 106). 

Il serait improbable qu'au cours d'une étude aussi complexe et tou- 
chant à tant de détails et d'individualités, il ne se rencontrât ni erreurs 
ni inexactitudes. 

D'abord MM. de Molandon et de Beaucorps sont-ils bien certains que 
les documents qu'ils publient, avant d'avoir été versés à la Chambre des 
comptes de Paris, aient jamais passé par celle de Rouen, que ce soit en 
1762 seulement, à la suppression de cette dernière, qu'ait eu lieu ce 
versement, et que ce ne soit pas l'incendie trop célèbre de 1737, mais 
un triage méthodique exécuté en 1776, qui ait amené la dilapidation de 
ces précieuses collections (Introd., § 1, p. 5-7) ? Mais, après la suppres- 
sion de la Chambre des comptes éphémère de Caen, le 15 juillet 1424, 
et à la suite de l'absorption de cette juridiction par celle de Paris, — 
ordonnance dont les auteurs citent cependant le texte original (p. 183), 
— n'est-ce pas de la Chambre de Paris que relèvent tous les comptes 
du gouvernement anglais, comme celui de Pierre Surreau, et toutes les 
pièces comptables, comme celles qui font l'objet de cette publication 
méme^? Il ne peut y avoir sur ce point de doute ni de contestation pos- 
sible. Après la reprise de Paris et jusqu'à l'expulsion définitive des 
Anglais, il se peut qu'il leur ait fallu une Chambre des comptes pour 
leurs possessions de Normandie, besoin auquel répondait celle instituée 
à Caen au début de la conquête; mais, en tout cas, les pièces qui eussent 
été de son ressort se rapporteraient seulement à l'époque comprise entre 
1436 et 1449, et il est évident qu'elles durent ensuite se trouver reversées 
dans le cadre des classements de Paris. La fondation d'une Chambre des 
comptes spéciale à Rouen ne remonte qu'à 1580, et, quant à sa suppres- 
sion, ce n'est pas en 1762 qu'elle fut prononcée, mais à la suite des évé- 
nements qui amenèrent la création du parlement Maupeou, en 1771. 
Cette fusion ne dura du reste que trois ans, et les quatre dépôts qui 
constituaient les archives de cette cour, expédiés à Paris, se trouvèrent 
retransportés en Normandie. Ils n'auraient donc pu se trouver exposés 
à la dilapidation méthodique indiquée par les auteurs comme ayant eu 
lieu à partir de 1776, dilapidation qui en réalité s'exerçait, depuis l'édit 
de 1741, sur tous ces titres échappés à l'incendie de 1737, véritable et 
unique destructeur des collections où sont compris tous les documents 
édités dans l'œuvre de MM. de Molandon et de Beaucorps^. 

1. Voir le texte même de cette ordonnance, en se référant au passage cité 
(p. 183). Cf. Ch. de Beaurepaire, De l'administration de la Normandie, 
p. 14-15. 

2. De Boislisle, Histoire de la maison de Nicolay, t. II, Pièces justif., Notice 
préliminaire sur la Chambre des comptes de Paris, p. xxni-xxv, cxi-cxii, 
cxxvii-cxxvin. 



^68 BIBLIOGRAPHIE. 

On ne voit pas, en outre, que les auteurs aient suffisamment utilisé 
les travaux de M. Longnon sur l'étendue de la domination anglaise à 
l'époque de l'apparition de Jeanne d'Arc, qui contiennent cependant, et 
avec quelle richesse ! les renseignements de la valeur que l'on sait, et 
notamment l'identification lumineuse de presque toutes les quarante 
places fortes enlevées par Salisbury dans sa campagne d'approche de la 
Loiret villes et châteaux dont la plupart des noms relevaient jusqu'a- 
lors de la plus pure fantaisie 2. On ne voit pas non plus qu'ils aient pris 
connaissance de l'étude de M. Robert Triger sur l'invasion du Maine, ovi 
sont pourtant dressées des notices inédites et documentées sur maint 
capitaine anglais ayant pris part à la campagne de la Loire, entre 
autres sur Nicolas Burdett, William Glasdali, Robert Harling, Richard 
Wideville, qui eussent été dans l'espèce d'une précieuse consultation'. 

Un reproche général qu'on serait en droit d'adresser au corps de la 
publication porterait certainement sur la façon dont les noms de person- 
nages anglais se trouvent relevés. Ainsi pourquoi ces formes compliquées 
ou incorrectes, comme Standyssh (p. 54), Nessefied (p. 41), Ouverton 
(p. 121), Kyrell (p. 54), Goghe (p. 129), etc., etc.? Quelques-unes en 
deviennent inexactes, comme Scrocher pour Strother (p. 125), Wivre 
pour Wever (p. 126). En outre, s'il est délicat de se fixer une méthode 
de notation pour les noms de famille de souche normande déformés en 
Angleterre, au moins est-il nécessaire d'en adopter une et de choisir, 
par exemple, entre Bourdct et Burdett, Neville, Neufville ou Nevil. 
En revanche, ce dont il faut être reconnaissant aux auteurs, c'est d'avoir 
presque partout rompu avec la déplorable tradition qui consiste à affu- 
bler de particules françaises les noms propres anglais, et souvent les 
plus rebelles à ce genre d'adaptation. Il y a vraiment plaisir à lire, par 
exemple, Robert Hungerford, Richard Grey, William Pôle, comte de 
Suffolk, et à ne plus entendre parler du seigneur de Talbot. 

Dans le détail, un certain nombre d'inexactitudes seraient à relever. — 
Ainsi Jacques do Ûynen (p. 206) est simplement Jacques de Dinan, sire 
de Beaumanoir. — C'est Auvillars, dans le pays d'Auge '', et non une loca- 
lité quelconque du nom de Villers (p. 106), qui représente la seigneurie 
échue au capitaine danois Andrew Ogard, au service de l'Angleterre. 
— Pourquoi identifier Eustache Gandin (p. 130), le chef de corps bour- 

1 . Les Limites de la France et l'étendue de la domination anglaise à l'époque 
de la mission de Jeanne d'Arc. {Revue des Questions historiques, t. XVIII, 
ocl. 1875.) 

2. Découverte aux archives de Guildhall et publiée pour la première fois par 
M. Jules Deli)it, Documents français en Angleterre, n° 376, p. 236-237. 

3. Une Forteresse du Maine pendant l'occupation anglaise. Fresnay-le- 
Vicomte de 1417 à 1450. {Revue historique et archéologique du Maine, t. XX, 
1" sem. de 1886.) 

4. Auvillars, Calvados, canl. de Cambremer. 



BIBLIOGRAPHIE. 469 

guignon dont les chroniques signalent la présence devant Orléans, et 
dont les documents récemment découverts à Vienne par M. Bougenot^ 
semblent mentionner la mort à Patay^, le 18 juin, avec cet autre offi- 
cier danois « Eustache de Grandyn », signalé sous cette forme par Ste- 
venson comme servant dans l'armée anglaise ? — La place de Béthencourt 
(p. 64), enlevée par Salisbury en approchant d'Orléans, dans l'été de 
1428, est Bretencourt, à la naissance du plateau de Beauce, aux sources 
de l'Orge, lieu fort dont M. Longnon a fixé l'identification 3. — Le bailli 
de Rouen qui présida au supplice de Jeanne d'Arc n'était pas ce John 
Salvayn qui parut devant Orléans (p. 204). Celui-là était Raoul Bou- 
teiller, dont la nationalité demanderait à être éclaircie, et qui remplit 
à Rouen l'intérim de Salvayn pendant le séjour de Henry VI, d'oc- 
tobre 1430 jusque vers la fin de 1431. 

Quant au bailli d'Évreux présent au siège, et sur son rôle (p. 57- 
58, 90, 129), MM. de Molandon et de Beaucorps ont absolument 
raison (p. 129) d'émettre des doutes, qu'ils auraient pu même 
changer en affirmations plus positives. En effet, le bailli d'Évreux, 
on peut considérer le fait comme acquis, arrive le 12 octobre avec 
Salisbury sous les murs d'Orléans et sert pendant la durée du siège : 
en outre, Monstrelet, à tort certainement, le désignant seulement par 
son titre, sans mentionner son nom, le fait périr à la défense des Tou- 
relles, aux côtés de Glasdall, le 7 mai''. D'après les notes du fragment 
de Perceval de Cagny et du texte du Journal du siège publiées dans le 
Procès^, ce personnage a souvent été identifié avec l'officier gallois 
Richard Gethyn, qui exerça incontestablement, quant à lui, les fonc- 
tions de commandant de Beaugency, place qu'il rendit lui-même à 
Jeanne d'Arc le 15 juin. Or, en fait, Richard Gethyn, — qui d'ail- 
leurs survécut après l'événement du 7 mai, ce qui ne permet pas de le 
faire périr aux Tourelles, — ne paraît jamais avoir figuré parmi les 
baillis d'Évreux, dont nous avons eu occasion de dresser la liste. Il 
n'exerce les fonctions de bailli qu'à Mantes, oii il était déjà commandant 
de la place, de 1433 jusqu'au commencement de 1437. Le bailli d'Évreux, 
alors effectivement en exercice, est en réalité Richard Wallcr, en charge 
depuis 1426, et qu'on retrouve en fonctions, de retour à son poste, à la 

1. Notices et extraits de manuscrits intéressant l'histoire de France conser- 
vés à la Bibliothèque impériale de Vienne. (Bulletin du Comité des travaux 
historiques et scientifiques, section d'histoire et de philologie, année 1892.) 

2. Lettre de Jacques de Bourbon, comte de la Marche, à Guillaume de Cham- 
peaux, évêque de Laon, du 24 juillet 1429 (Ibid., toc. cit.). 

3. Fraction de la commune de Saint-Martin- de-Brétencourt, Seine-et-Oise, 
cant. de Dourdan. 

4. Monstrelet, livre II, chap. lix, édit. Douët-d'Arcq, t. IV, p. 321. 

5. Procès, t. IV, p. 14, n. 1, et p. 97, n. 2. 



i70 BIBLIOGRAPHIE. 

date du 16 juin, où le document qui le mentionne signale sa participa- 
tion récente et déjà passée à la campagne de la Loire, à la suite de 
laquelle, soit dans le dernier mois de 1429, soit dans le courant de 1430, 
on le voit passer bailli de Caen. Si donc les indications concernant le baillî 
d'Évreux présent au siège doivent certainement se rapporter à ce per- 
sonnage, on ne peut néanmoins pas encore lui appliquer le récit de 
Monstrelet. Mais pourquoi n'inclinerait-on pas à croire que le capitaine 
anglais, -- demeuré inconnu, qui trouva la mort aux Tourelles, et que 
Monstrelet désigne seulement sous son titre de bailli d'Évreux, — ne 
fait qu'un avec celui que le Journal du siège mentionne sous le nom du 
bailli de Mantes, et que ce dernier texte, sans parler cette fois du bailli 
d'Évreux, signale comme ayant péri dans ce même assaut ^? En admet- 
tant une confusion bien aisément compréhensible commise par Mons- 
trelet, il resterait avéré que le bailli d'Évreux, Richard Waller, arrivé 
devant Orléans avec Salisbury, fit toute la campagne et revint à son 
poste, et que ce fut uniquement le bailli de Mantes qui perdit la vie 
sur la brèche des Tourelles, dans les conditions qui viennent d'être 
rappelées. Ce bailli de Mantes serait alors Thomas Giffart, que l'on sait 
avoir occupé ces fonctions au moins depuis 1428, qui les exerce au cours 
du siège et dont on ne rencontre plus trace depuis. MM. de Molandon 
et de Beaucorps le mentionnent d'ailleurs sous son nom comme présent 
devant Orléans et commandant aux Tourelles (p. 40, 55, 98, 118), et 
l'identifient, non sans raison (p. 98), avec le bailli non désigné de 
Mantes dont le Journal du siège signale la mort aux Tourelles. Les 
auteurs avaient donc entre les mains les moyens suffisants pour éclair- 
cir cette triple incarnation de l'anonyme bailli d'Évreux, que les 
remarques formulées ici nous semblent à présent dégager de toute 
incertitude. 

Ces quelques imperfections de forme et de détail n'enlèvent rien, 
comme il est aisé de s'en rendre compte, à la valeur fondamentale de 
l'œuvre de MM. de Molandon et de Beaucorps. Le nombre et l'impor- 
tance des documents qu'elle révèle, les résultats qu'elle fixe, les conclu- 
sions qu'elle permet de poser sur l'événement capital qui marque le 
tournant le plus critique de notre histoire nationale, en font un élément 
indispensable de tout essai de connaissance de cette époque sinistre 
et grandiose, dont il semble que tout soit dit et autour de laquelle il 
reste encore tant à faire. MM. de Molandon et de Beaucorps en auront, 
en tout cas, définitivement élucidé l'une des questions les plus passion- 
nantes et les plus controversées. 

Germain Lefèvre-Pontalis. 

1. Journal du siège, dans Procès, i. IV, p. 162. 



BIBLIOGRAPHIE. -171 

Campagnes des Anglais dans V Orléanais, la Beauce chartraine et le 
Gâtinais (^42^•^428). V Armée sous Wanvick et Suffolk au siège 
de Montargis. Campagnes de Jeanne d'Arc sur la Loire posté- 
rieures au siège d'Orléans, par AmicieDE Villaret. Orléans, -1893. 
In- 8°, v-l 68 pages, 

M"" A. de Villaret, qui est l'auteur de plusieurs livres remarquables 
sur l'histoire d'Orléans % aurait failli à son devoir de bonne Orléanaise 
si elle n'avait consacré une partie de son activité scientifique à la libé- 
ratrice d'Orléans. Déjà elle avait écrit un intéressant mémoire sur le 
page de Jeanne d'Arc^. Cette fois, elle a choisi un sujet d'un plus haut 
intérêt. Il s'agit des opérations militaires qui précédèrent le siège d'Or- 
léans et de celles qui le suivirent. Sur le siège même d'Orléans, il res- 
tait peu de choses à dire. La marche envahissante des Anglais, resser- 
rant toujours leurs lignes jusqu'à envelopper complètement le cœur de 
la France, n'était pas moins connue, surtout depuis les remarquables 
travaux de Siméon Luce et de M. Longnon. Mais il restait à préciser 
les efforts faits par les Anglais pour se créer dans la Beauce et l'Orléa- 
nais une nouvelle base d'opérations. M'ie de Villaret a mis en lumière 
les entreprises de l'ennemi contre Vendôme, qui probablement ne 
furent pas couronnées de succès; elle a raconté le siège de Montargis, 
prélude de celui d'Orléans, et la campagne courte, mais méthodique, 
qui amena Salisbury sous les murs de cette dernière ville. Par l'étude 
critique des documents, spécialement des pièces de comptabilité, elle 
rétablit dans leur exactitude les faits souvent altérés par les chroni- 
queurs contemporains, et détermine l'effectif réel des troupes. Enfin, la 
participation des Orléanais aux campagnes de Jeanne d'Arc sur la 
Loire, après la levée du siège, n'avait jamais été indiquée avec autant 
de précision. Les pièces justificatives imprimées à la fin du volume 
sont pour la plupart extraites du compte d'André d'Épernon, trésorier 
des guerres, déjà utihsé par Siméon Luce, et aussi des comptes com- 
munaux d'Orléans. Parmi ces pièces, il en est une que je veux citer, 
éloquente dans son laconisme administratif, et qu'on ne lira pas sans 
émotion : « Recepte faicte par Michelet Filleul, commis et ordonné en 
la Chambre de la ville d'Orléans par les devant diz procureurs à rece- 
voir certains emprumpz et aides mis sus en ladicte ville d'Orléans pour 
convertir à la deffense d'icelle ville à rencontre des Angloys, et aussi 
de certains dons faiz à ladicte ville, desquelx cy-après sera faicte men- 
cion, commençant icelle recepte le ix^ jour du moys de septembre, l'an 
mil lUIc vint et huit. Et premièrement, recepte d'argent blanc : de 

1. Entre autres les Antiquités de Saint-Paul d'Orléans (cf. Bibl. de l'École 
des cfiartes, t. XLV [1884], p. 550). 

2. Louis de Coules, page de Jeanne d'Arc. Orléans, 1890, in-8°. 



172 BIBLIOGRAPHIE. 

Jehan Mahy, tenneur, une tasse d'argent, pesant vi onces d'argent, 

signée du poinçon de Paris, et toute neufve... » A la suite de Jean 

Mahy défilent un certain nombre de ses concitoyens apportant leur 

vaisselle d'argent à la fonte et sacrifiant leur luxe à la défense de la 

patrie. 

Maurice Pbou. 



N.-E. DroNNE. Jacques Cartier. Québec, impr. L. Brousseau, ^889. 
In-'i2, xii-332 pages. 

Jacques Cartier, his life and voyages^ by Joseph Pope. Ottawa, impr. 
Woodburn, ^889. In-8°, -168 pages. 

N.-E. DioxNE. La Nouvelle-France, de Cartier à Champlain, -1540- 
4 603. Québec, typ. G. Darveau, ■1891. In-8o, 396 pages. 

Samuel Champlain, fondateur de Québec et père de la Nouvelle- 
France. Histoire de sa vie et de ses voyages, par N.-E. Dioxne. 
Tome I. Québec, A. Côté, ^891. In-8°, xvin-430 pages. 

Les ouvrages dont nous offrons le compte-rendu peuvent donner une 
excellente idée du mouvement bibliographique et littéraire dans le 
Canada français, ce pays trois fois grand comme la France et dont les 
productions intellectuelles, déjà nombreuses, ont gardé toute la saveur 
de l'ancienne littérature française. 

Jacques Cartier, le « Découvreur, » comme se plaisent à l'appeler les 
écrivains canadiens, a déjà été l'objet de différents travaux ^ Pendant 
toute la seconde moitié du xvi« siècle, les expéditions françaises au 
Canada furent nombreuses; elles font l'objet de la Nouvelle-France de 

1. Les recherches provoquées parles Sociétés savantes du Canada donnèrent 
lieu aux publications suivantes : Documents sur Jacques Cartier, publiés par 
C. Desraazières de Séchelles dans les Transactions de la Société historique et 
littéraire de Québec, t. V, p. 81-146; — Harvut (H"), Jacques Cartier, recherches 
sur sa personne et sur sa famille. Nantes, impr. Forest et Grirnaud, 1884, in-8% 
14 p. (Extrait de la Revue de Bretagne et de Vendée). — Rappelons ici que 
plusieurs de nos confrères ont contribué par quelques appoints à l'histoire des 
origines du Canada : Joùon des Longrais (F.), Jacques Cartier, documents 
nouveaux. Paris, A. Picard, 1888, in-8», 222 p.; — Documents inédits sur 
Samuel de Champlain, fondateur de Québec, publiés par Etienne Charavay. 
Paris, Charavay, 1875, 1 vol. in-S"; — Histoire des relations des Hurons et des 
Abnaquis du Canada avec Notre-Dame de Chartres, par M. Merlet. Chartres, 
1858, in-8°; faisant suite à la publication de M. Doublet de Boistbibault, les 
Vœux des /Jurons et des Abnaquis à Notre-Dame de Chartres publiés pour fa 
première fois. Chartres, 1857, in-8°. — Jaccjues Cartier a été encore l'objet 
d'une autre publication anglaise, que nous n'avons pas eue entre les mains pour 
l'examiner : Stephens, Jacques Cartier and his four voyages to Canada. 
Montréal, 1889, in-8«. 



BIBLIOGRAPHIE. 'i 73 

M. Dionne. Ghamplain fut le véritable organisateur de la colonie : 
M. Dionne lui consacrera trois volumes (Samuel Ghamplain, Introd., 
p. xvi). Les explorations et la colonisation de l'Amérique étaient suivies 
avec autant d'intérêt, au xvi« et au xvn« siècle, que celles de l'Afrique 
de nos jours. La cause première du courant qui porta les Européens 
vers l'Amérique septentrionale, la partie la moins productive du Nou- 
veau-Monde, ce fut la pêche « aux terres neuves » [Nouvelle- France, 
ch. vm), puis le commerce des fourrures sur le continent américain 
[Ibid., ch. xiii). En abordant à l'ile de Terre-Neuve, la première impres- 
sion de Jacques Cartier, qui avait été au Brésil, fut que « c'est la 
terre que Dieu donna à Gayn^ » Aussi les quatre voyages de Jacques 
Cartier, pas plus que ceux de ses prédécesseurs Sébastien Cabot, Jean 
de Léry, etc., ne furent-ils suivis d'aucun essai de colonisation immé- 
diat. Cartier ne remonta le Saint -Laurent que jusqu'à Hochelaga 
(Montréal) et ramena quelques Indiens pour les montrer au roi de 
France. Jean-François de la Roque, sieur de Roberval, gentilhomme 
picard, succéda à Jacques Cartier en 1540 et donna plus d'extension à 
l'exploration continentale^. C'est Roberval qui fit déposer sa propre 
nièce dans l'île déserte de la « Demoiselle Marguerite » avec son amant 
et une duègne^. Jehan Alfonce, Saintongeois , pilote de Roberval, 
s'avança dans les régions arctiques (1542). Il faut aller ensuite jusqu'à 
la fin du xvi« siècle, avec Troïlus du Mesgouez, marquis de la Roche, 
Breton (1598), et Pierre de Chauvin, sieur de Tontuit, marchand de 
Ronfleur (1600), précurseurs immédiats de Champlain, pour voir la 
colonisation reprendre et faire quelques progrès. Champlain, né à 
Brouage vers 1570, se prépara, par de nombreux voyages en Espagne, 
aux îles Canaries, au Mexique, aux Antilles et sur les côtes du nord du 
Brésil, à l'exploration du Canada, qu'il commença en 1603. Québec fut 
fondé sur un rocher escarpé du Saint-Laurent, en 1608, et les mission- 
naires récollets arrivèrent en 1614. 

M. Dionne, qui a été pendant dix années directeur d'un des princi- 
paux journaux du Canada, a donné à ses livres une forme très attrayante, 
d'autant plus que l'auteur, comme tous ses compatriotes canadiens, 
manie remarquablement la langue française. Il s'est tenu également au 
courant des derniers travaux sur la matière. Gomme l'avait indiqué 

1. Relation originale... publiée par Michelant et Ramé. Paris, 1867, p. 11. 

2. Suivant une communication qui nous a été faite, la découverte récente de 
cinq estocs ou grandes épées du xv° ou xvi° siècle dans le lac Saint-Jean, au 
nord de Québec (appartenant à la collection de M. Faucher de Saint-Maurice à 
Québec), donnerait une nouvelle trace du passage de Roberval dans cette 
région. 

3. Anecdote qui a été reproduite dans VHeptaméron de la reine de Navarre, 
publié en 1559 (lxvii° nouvelle), et qui figure dans les pièces justificatives de la 
Nouvelle-France de M. Dionne. 



-174 BIBLIOGRAPHIE. 

M. Joûon des Loiigrais% il a placé la date de la naissance de Jacques 
Cartier entre le 6 juin et le 23 décembre 1491, puisqu'on lui donne 
l'âge de soixante-quatre ans dans des pièces de procédure de 1556, 
tandis que, par suite d'une fausse interprétation d'un nom trouvé dans 
les registres d'état civil de Saint- Malo, on l'avait d'abord placée en 1494. 
M. Joiion des Longrais a proposé un certain nombre de corrections 
très vraisemblables aux noms de la liste d'équipage de Jacques Cartier 
conservée aux archives de Saint-Malo. M. Dionne, qui n'a pu corriger 
cette liste que sur un fac-similé lithographique très défectueux, publié 
par l'abbé Laverdière en 1859, a proposé quelques nouvelles correc- 
tions (Jacques Cartier, p. 126). Il s'est montré là paléographe assez 
exercé dans les écritures du xvi^ et du xvn^ siècle. Il a dressé une inté- 
ressante bibliographie des cartes géographiques du xvi= siècle faisant 
mention du Canada, depuis la carte de Juan de la Gosa en 1500 (Nou- 
velle-France, p. 213-255). Beaucoup de notes explicatives accom- 
pagnent chacun des ouvrages de M. Dionne. Un certain nombre de 
documents des archives de Honfleur lui ont été fournis par M. Bréard. 
M. Dionne nous renseigne sur l'étymologie de Canada, qui n'est pas 
l'espagnol aca nada (rien ici) ou capo de nada, mais le mot huron ka7i- 
nata, qui signifie une ville [Jacques Cartier, p. 237). 

L'ouvrage de M. Pope sur Jacques Cartier, sans présenter autant de 
recherches d'érudition que les ouvrages de M. Dionne, est un résumé 
très exact et très attachant. 

Un certain nombre de questions relatives à Jacques Cartier ont donné 
lieu à plusieurs publications d'autres érudits canadiens. Nous n'avons 
pas de compétence pour nous prononcer sur l'itinéraire de Jacques Car- 
tier de Terre-Neuve à Québec, sur la durée de son quatrième voyage, 
etc., et nous nous bornons à mentionner ces quelques travaux à titre 
de curiosité 2. 

1. Jacques Cartier, documents nouveaux, p. 5-7. 

2. Voici les principales publications canadiennes relatives à la polémique sur 
Jacques Cartier : De Gazes (Paul), Deux points d'histoire [Quatrième voyage 
de Jacques Cartier ; — Expédition du marquis de la Roche], dans les Mémoires 
de la Société royale du Canada, 1884, in-4'', sect. I, p. 1-6. Le quatrième 
voyage de Jacques Cartier aurait eu lieu du printemps à l'automne de l'année 
1543 et non de l'auloinnc de 1543 au printemps de 1544 ; — De Gazes (Paul), les 
Points obscurs des voyages de Jacques Cartier, dans les Mémoires de la Société 
royale du Canada, 1890, 10-4°, sect. I, p. 25-34. La question de l'itinéraire dans 
les voyages de Jacques Carller avait déjà été l'objet d'un mémoire de M. Ganong, 
en 1887, tlansle.SiVeHioi;es de la même Société (secl. II, p. 121); — Dionne (N.-E.), 
Etude archéologique. Le Fort Jacques-Cartier et la « Petite-Hermine ». Mont- 
réal, 1891, in-8', 34 p. Lieu d'hivernage de Jacques Cartier dans ses premiers 
voyages et dccouverle des débris d'un de ses trois navires, dont une partie fut 
envoyée en France au musée de Saiul-Malo; — De Gazes (Paul), Observations sur 



BIBLIOGRAPHIE. ^75 

Jacques Cartier et Ghamplain ont laissé le récit de leurs voyages. 
Jacques Cartier a fait quatre voyages au Canada (1534, 1535-36, 
1541-42, 1543), dont nous nous permettons de donner en détail dans 
la note suivante la bibliographie assez compliquée ^ Les relations 

l Étude archéologique du D' Dionne. Montréal, impr. de « FÉtendard, » 1891, 
in-8'',8 p. — Citons encore quelques études du domaine de la littérature pure : 
Myrand (Ernest), Une Fête de Noël sous Jacques Cartier, 2" édit. Québec, irapr. 
Deniers, 1890, in-8°, 296 p.; — Œuvre du monument Jacques-Cartier. Québec, 
lyp. Léger Brousseau, 1888, in-8°, 74 p.; — Chauveau, Discours prononcés 
lors de l'inauguration du monument Cartier-Brébeuf, 24 juin 1889. Montréal, 
1889, in-8'', 26 p. Monument élevé à Jacques Cartier et au jésuite missionnaire 
Brébeuf, qui vivait au commencement du xvii' siècle. 

1. La première édition complète des voyages de Jacques Cartier est due au 
Canada : Voyages de découverte au Canada, entre les années 1534 et 1542, 
par Jacques Quartier, le sieur de Roberval, Jean Alphonse de Xanctoigne, 
etc., suivis de la description de Québec et de ses environs en 1608 et de divers 
extraits relativement au lieu de l'hivernement de Jacques Quartier en 1535- 
1536 (avec gravures, fac-similés), réimprimés sur d'anciennes relations et 
publiés sous la direction de la Société littéraire et historique de Québec. 
Québec, impr. W. Cowan et fils, 1843, in-8'', iv-130 p. Réimpression de l'édit. 
de 1598, pour le premier voyage de Jacques Cartier, p. 1-23; texte du manus- 
crit de la Bibliothèque nationale 5644, coUalionné avec les manuscrits 5589 
et 5653, pour le deuxième voyage de Jacques Cartier, p. 24-69; traduction du 
texte anglais fragmentaire de la collection Hackluyt [Collection of early 
voyages, Londres, 1810), pour le troisième voyage de Jacques Cartier, p. 70-78; 
Routier de Jean Alphonse, traduit de la même collection, p. 79-88 ; Voyage du 
sieur de Roberval, traduit de la même collection, p. 89-96; deux lettres de 
Jacques Noël, de Saint-Malo, sur la découverte des Saults (rapides ou chutes) 
du Saint-Laurent, en Canada (1587), traduites de la même collection, p. 97-101). 
— La réimpression de l'édition de 1598 contient un certain nombre d'inexacti- 
tudes de transcription : équipâmes, appareillâmes (p. 1), au lieu de équipasmes, 
appareillasmes, etc. L'orthographe Quartier provenait de la fausse identifica- 
tion du nom donnée dans les registres d'état civil de Saint-Malo et rectifiée par 
M. Jouon des Longrais. 

Premier voyage de Jacques Cartier : Relation originale du voyage de Jacques 
Cartier au Canada en 1534. Documents inédits sur Jacques Cartier et le 
Canada (nouv. série), publiés par H. Michelant et A. Ramé... Paris, Tross, 
1867, in-8°, vin-76 et 54 p. Texle du ms. du milieu du xvi^ siècle contenu dans 
la collection Fontetle, portefeuille LVII, n° 5, à la Bibliothèque nationale, décou- 
vert par M. Michelant après sa publication du texte de l'édit. de 1598, men- 
tionnée ci-après. — Voyage de Jaques Cartier au Canada en 1534. Nouv. édit., 
publiée, d'après l'édit. de 1598 et d'après Ramusio, par M. H. Michelant, avec 
deux cartes. Documents inédits sur Jacques Cartier et le Canada, communiqués 
par M. Alfred Ramé. Paris, Tross, 1865, in-8°, vin-72 et iv-54 p. Réimpression 
de l'édit. de Rouen, par Raphaël du Petit- Val, 1598, in-8'', dont il n'existe qu'un 
seul exemplaire conservé à la Bibliothèque nationale. Deux traductions du 
premier voyage de Jacques Cartier ont été faites au xvi" siècle, en italien, dans 



^76 BIBLIOGEAPfllE. 

de Jacques Cartier sont très courtes et lui avaient été demandées offi- 
ciellement par le roi de France. Champlain a écrit des récits de voyage 
beaucoup plus étendus, depuis son voyage aux Indes occidentales (dont 
le manuscrit est aujourd'hui à la bibliothèque de Dieppe) jusqu'à ses 
ouvrages sur le Canada. Ils ont été publiés par l'abbé Laverdière 
en 1870 *. — Le style de Jacques Cartier est beaucoup plus archaïque 
que celui de Champlain. Cartier emploie couramment la préposition o 
(avec), liucher (crier), byevre (castor), esme (estime), leise (large), orée 
(rivage), à no (à la nage), etc. Le manuscrit de la Bibliothèque natio- 
nale (publié par Michelant en 1867) contient un certain nombre de par- 
ticularités graphiques, intéressantes pour la prononciation du xvi« siècle : 
Ouaist, Surrouaist, Norouaist (O., S.-O., N.-O., p. 2, 10, 17, etc.), 
aesles pour ailes (p. 3), ouaiseaulx pour oiseaux (p. 3), poiiair pour 
pouvoir (p. 5), boays ou bouays (bois), ouays (oies), sollail (soleil) 2. 

Après la part des éloges, il faut bien donner quelque place à la cri- 
tique. Le grand reproche à faire aux écrivains canadiens en général, 

la collection de Ramusio (1556 et édit. ultérieures), et en anglais, dans celle de 
Ilackluyt (1600). Le premier voyage de Jacques Cartier a été également publié 
par Ternaux-Compans {Archives des voyages, 1840) et par Pinkerton {Voyages 
and Travels). — Premier voyage de Jacques Cartier au Canada. Édit. cana- 
dienne du « Discours du voyage fait par le capitaine Jacques Cartier, » publiée 
par Uaoul de Tilly. Lévis [Québec), impr. du Travailleur de Lévis, 1890, viii- 
11-72 p. Nouv. réimpr. de l'édit. de 1598. 

Deuxième voyage de Jacques Cartier : Bref récit et succincte narration de la 
navigation faite en MDXXXV et MDXXXVI par le capitaine Jacques Car- 
tier aux des de Canada, Hochelaga, Saguenay et autres. Réimpr. figurée de 
l'édit. orig. rarissime de MDXL V avec les variantes des manuscrits de la Biblio- 
thèque impériale, précédée d'une brève et succincte introduction historique, 
par M. d'Avezac. Paris, Tross, 1863, in-8", vi-68 feuillets. Réimpr. page pour 
page de ledit, de Paris, par Ponce Roflet, dict Faucheur, et Anthoine le Clerc 
frères, 1545, petit in-S", dont un exemplaire unique est conservé au British 
Muséum. 

1. Une bibliographie détaillée des cinq éditions de Champlain (trois de 1632, 
1640, 1870) se trouve dans Pilling, Bibliography of the Algonquian languages 
(Washington, 1891, in-8% x-614 p., publication de la Smithsonian Institution), 
p. 79-81. 

2. Le manuscrit de la Bibliothèque nationale (coll. Fontette, portef. LVII, 
n' 5) présente des traces de graphie italienne ou méridionale : faczon (édit. 
Michelant, p. 12), commanczames (p. 24), danczoint (p. 33), alla pour à la 
(p. 23), alleur pour à leur (p. 31); on y trouve presque toujours, pour la dési- 
nence oient, la forme oint [estoint, venoint, fessoint pour faisoient, abooint 
pour avoient), que je suis d'autant plus porté à considérer comme une parti- 
cularité de graphie méridionale ({ue je l'ai retrouvée, à une date plus moderne, 
mais d'une façon courante, dans des documents de Montpellier de l'époque de 
la Révolution (voir Lettres de Cambon, publiées par E.-D. Grand et L, de la 
Pijardière. Montpellier, 1889, in-S", p. 23, n. 2). 



BiBLIOGIlAPflIfi. \71 

c'est une ignorance ou une inexpérience trop souvent complète des pro- 
cédés de l'érudition moderne et en particulier de la bibliographie. Les 
Canadiens anglais encourent peut-être un peu moins ce reproche : 
M. Pope a donné dans ses notes quelques spécimens bibliographiques 
très corrects. Les excellents modèles bibliographiques qu'offrent les 
bib'iographes américains, et oii ils atteignent quelquefois presque à la 
perfection, comme M. Harrisse, devraient être imités davantage au 
Canada. M. Dionne ne nous indique pas spécialement, ce qui aurait 
intéressé et instruit particulièrement le lecteur français, les grandes 
publications officielles de documents sur les origines de l'histoire du 
Canada ^. Il ne nous donne, à part quelques notes sur les diverses édi- 
tions de Cartier et de Champlain, aucune bibliographie d'ensemble de 
son sujet. Outre la bibliographie méthodique des travaux relatifs à 
Jacques Cartier, dont nous avons indiqué quelques-uns ci-dessus^, il 
aurait fallu relever tous les ouvrages d'histoire canadienne faisant men- 
tion du xvie et du xvii® siècle 3, sans oublier non plus les ouvrages pure- 
ment littéraires et romanesques qui ont pris souvent comme matière 



1. Ces recueils de documents sont, pour la période de Jacques Cartier et du 
xvi" siècle : Collection de documents relatifs à l'histoire de la Nouvelle- 
France. Québec, 1883-1885, 4 vol. in-4° (1492-1789); — et, pour la période de 
Champlain : Eclations des Jésuites (Québec, 1858, 3 vol. in-8" à 2 col.). 

2. Il faut y joindre l'ouvrage fondamental de l'érudil américain Parkman, 
France and England in North America, a séries of historical narratives 
(Boston, 1865-1884, 9 vol. in-S"), dont la première partie est intitulée : The 
pioneers of France in the Neiv World. 

3. On nous pardonnera peut-être de donner, à ce propos, une courte liste des 
principaux ouvrages sur l'histoire du Canada : Lescarbot, Hist. de la Nouvelle' 
France, 1612, publiée par Tross. Paris, 1866, 3 vol. in-8°; — Creuxius [Du 
Creux], Historias Canadensis seu Novx Francise libri decem. Paris, 1664, in-4'' 

— Sagard Théodat, Hist. du Canada, publiée par Tross. Paris, 1866, 4 vol 
in-8»; — Charlevoix, Hist. et descr. générale de la Nouvelle-France. Paris. 
1744, 6 vol. in-12 ou 3 vol. in-4' ; — Brasseur de Bourbourg, Hist. du Canada 
Paris, 1852, 2 vol. in-8° ; — Garneau, Hist. du Canada. Québec, 1859, 4 vol 
in-4°; — Ferland, Cours d'histoire du Canada. Québec, 1861-1865, 2 vol. in-8° 

— Suite, Hist. des Canadiens français, 1608-1880, Montréal, 1882-1884, 8 vol 
in-4° ; — De Gourmont, les Français au Canada et en Acadie. Paris, 1889 
in-S». — Parmi les écrivains anglais : Andrew Bell, Hist. of Canada. Montréal 
1862, 2 vol. in-8°; — Miles, Hist. of Canada. Montréal, 1872; — Tuttle, The 
comprehensive history of the Dominion of Canada. Montréal, 1877-1879 
2 vol. in-4'>; — Withrow, Popular hist. of the Dominion of Canada. Toronto 
1885; — Kingsford, Hist. of Canada. Toronto, 1887-1893, 6 vol. in-8' ; —Mer 
cier Mac Mullen, Hist. of Canada. Brockville, 1892, 2 vol. in-S" ; — ainsi que 
les dictionnaires biographiques : Bibaud, Dict. hist. des hommes illustres du 
Canada. Montréal, 1857, in-S", et les autres dictionnaires de biographie cana- 
dienne, Men of Canada, etc. 

1894 42 



^78 BIBLIOGRAPHIE. 

les origines du Canada <• Dans les documents des pièces justificatives, 
l'indication des sources devrait suivre chaque document séparément. 
Les fac-similés, réduits dans les ouvrages de M. Dionne à quelques 
signatures, auraient pu être plus nombreux. M. Pope (p. 80) a repror 
duit une vue d'Hochelaga d'après Ramusio. Il n'y a que peu de fautes 
d'impression à relever. Fijac [Jacques Cartier, p. 278) est Figeac. Les 
écrivains du Canada sont évidemment moins à l'aise dans les choses 
du domaine historique que dans les ouvrages nombreux et variés de 
description ou de sport où ils excellent à décrire leur vaste et beau pays. 
Une dernière critique à faire aux publications de M. Dionne, mais 
dont il parait qu'il ne peut pas être rendu responsable, concerne le papier 
d'impression et les caractères d'imprimerie, qui sont de condition et 
qualité très inférieures, mais qui semblent imposés sans exception à 
tous les auteurs qui sont publiés au Canada. Le contraste est particu- 
lièrement choquant pour la réimpression de Jacques Cartier faite par 
M. Raoul de Tilly, lorsqu'elle est placée à côté des jolies éditions de 
d'Avezac et de Michelant. Dans le livre de M. Pope, comme dans les 
publications du Canada anglais en général, le papier et les caractères 
sont bien meilleurs. 

E. -Daniel Grand. 

Description analytique du Cartulaire du chapitre de Saint-Maurice 
de Vienne, suivie d'un appendice de chartes, et Chronique inédite 
des évêques de Valence et de Die, publiées par le chanoine Ulysse 
Chevalier, correspondant de l'Instilut. Valence, J. Géas, ■^89^. 
In-8°, 88 pages. [Collection de cartulaires dauphinois, tome II, 
2* livraison.) 

Au milieu de ses beaux travaux de bibliographie, M. le chanoine 
Chevalier trouve encore le temps de continuer la série de ses cartu- 
laires dauphinois, commencée dès 1869 par celui de Saint- André-le- 
Bas. Nous avons à faire connaître aujourd'hui à nos lecteurs les deux 
derniers qui ont paru. La première livraison du tome II comprenait 
les Actes capitulaires de l'église de Saint- Maurice de Vienne; la deuxième, 
dont nous annonçons la publication, renferme l'analyse détaillée du 
cartulaire du même chapitre, l'original de ce précieux document ayant 
disparu. Dans son introduction (pages 1-10), l'éditeur, passant en revue 
les sources dont se sont servis les historiens du Dauphiné, Chorier, 
Valbonnais et autres, dresse une liste de 81 numéros, dont 4 ont été 
publiés avant la Révolution et 19 depuis. Les n^^ 21-47 de cette liste 
sont ainsi désignés : « Chartularium Sancti Mauritii Viennensis scrip- 

1. Ouvrages tels que Chevalier (Emile), les Grands coureurs d'aventures. 
Jacques Cartier. Paris, Lebigre-Duquesae, 18G8, in-8°. 



BIBLIOGRAPHIE. 179 

tum sœculo xi exeunte, cui recentiores aliquot chartat? secunda manu 
subjunctœ sunt » (p. 3). Ce cartulaire n'est pas resté inconnu ; Du Bou- 
chet en a transcrit 48 pièces ; la Bibliothèque nationale possède deux 
volumes d'extraits de ce manuscrit; le premier renferme 46 chartes, le 
second 70 (mss. lat. 5214 et 11743). Ce dernier provient de Saint-Ger- 
main-des-Prés. Différents auteurs ont publié ou fait copier des chartes 
de ce cartulaire; tels sont : Chorier, Baluze, Jacques Petit en son 
Theodori pœnitentiale, Du Gange, Gaignières, Bouquet, Charvet et Pierre 
de Rivaz, l'érudit valaisan. 

En vertu d'un arrêt de la Chambre des comptes de Dauphiné, le 
manuscrit avait été reporté à Grenoble à la fin de 1770. C'est là que 
l'expert Molinet le vit et en fit une description en 21 feuillets, qui fut 
achetée en 1845 par M. P.-E. Giraud et confiée par lui à M. le cha- 
noine Chevalier, avec autorisation de la publier. 

D'après Molinet, c'était un « registre ou cartulaire in-folio carta 
major, écrit sur parchemin, en deux colonnes, couvert de basane jaune 
sur bois, contenant 90 feuillets, » paginé en chiffres romains jusqu'au 
folio 70, et en chiffres arabes du folio 71 au folio 90. L'expert décrit 
avec soin chaque acte, indique le numéro, le folio, la colonne, toutes 
les notes et signes quelconques se trouvant en marge, les notes tiro- 
niennes, le titre de l'acte, sa date. Souvent il donne in extenso les der- 
nières lignes de l'acte. Toujours il en fait connaître l'objet. A ces ren- 
seignements, le chanoine Chevalier a ajouté pour chaque acte la date 
en chiffres arabes et en style moderne et, quand il a été publié, la 
principale source ou la plus accessible et le renvoi aux régestes (Bôh- 
mer-Mulhbacher, Bréquigny et de Rivaz) qui indiquent les autres. 
D'après l'expert, dont l'opinion diffère de celle de Du Cange indiquée 
ci-dessus, le ms. original était du xiii^ siècle, sauf quelques feuillets 
dont un côté seulement était du xiv^ siècle. Les actes, dans lesquels 
l'ordre des dates n'est pas suivi, ne sont guère que des notes, sauf les 
bulles (lisez diplômes) et quelques autres pièces qui sont transcrites 
tout au long. L'éditeur a ajouté en appendice quatorze actes ou frag- 
ments d'actes du cartulaire des années 880 à 1059, dont cinq tirés de 
Chorier, Miscellanea, et neuf de Chifflet, Collectanea Burgundica. Il a 
joint à ces documents sur Saint-Maurice de Vienne une Chronique 
inédite des évêques de Valence et de Die. Ce document, tiré du ms. 502 
du cabinet de Peiresc (aujourd'hui à la bibliothèque de Carpentras, 
ms. XLiv, t. n, 18 feuillets), porte à la fin le titre général de : Mémoire 
des évêchés de Valence et de Die. Cette chronique renferme à peu près 
exclusivement le récit des vicissitudes du domaine temporel des évoques 
de Valence et de Die après leur réunion. La rareté des documents qui 
concernent ces évêques était un motif suffisant de publier un récit qui 
s'appuie fréquemment sur les chartes de l'évêché de Valence. 

Enfin, le volume se termine par un document, en date du 15 juillet 



^80 BIBLIOGRAPHIE. 

1306, provenant du cabinet de M. de Bouffier, et qui n'est autre que la 
charte des usages et coutumes que le chapelain de Saint-Pierre inter 
Judeos promettait au seigneur-abbé de Saint-André de Vienne d'obser- 
ver quand il prenait possession de la cure de ladite église. 

A. Bruel. 



Codex diplomaticus ordinis Sancti Bufi Valentix, publié, d'après les 
chartes originales conservées aux Archives départementales de la 
Drôme et divers recueils manuscrits, par le chanoine Ulysse 
Chevalier. Valence, J. Géas, MDGCG XGI. In-S", ^128 pages. 

Sous ce titre, l'éditeur a réuni dans l'ordre chronologique cent sept 
chartes de l'année 1039 à l'année 1220. On sait que la congrégation des 
chanoines réguliers de Saint-Ruf, de l'ordre de Saint-Augustin, fut 
fondée en 1039. et avait pour chef d'ordre une abbaye située près 
d'Avignon. Cette abbaye ayant été détruite au milieu du xii« siècle, le 
chef-lieu fut transféré en l'île d'Éparvière, en face de Valence, aujour- 
d'hui les Iles, commune de Valence (Drôme). Ce fut Eudes, évèque de 
cette ville (et non pas Falque, comme l'avance M. Brun-Durand dans 
son Dict. topogr. de la Drôme, v'^ les lies et Saint-Ruf)^ qui, ayant 
« cédé en 1158 ce quartier à la congrégation de Saint-Ruf, celle-ci y 
établit l'abbaye de son nom, qui, ruinée en 1562, fut rétablie dans 
Valence trente ans après et supprimée définitivement en 1771. » Le 
Codex diplomaticus renferme, en effet, l'acte de vente par Eudes, évêque 
de Valence, à l'ordre de Saint-Ruf, de l'ile d'Esparvière, pour 200 marcs 
d'argent fin (n° 32) ; cette vente fut confirmée par privilège du pape 
Adrien IV le 14 mars 1159 (n*» 35) et encore par l'empereur Frédéric I" 
la même année (n^ 36). C'est seulement en 1190 que Falco ou Falque 
abandonna à son tour à l'ordre de Saint-Ruf tout le droit qu'il pouvait 
avoir sur l'île d'Éparvière et sur la pêche dans le Rhône (n» 65). 

Le Codex diplomaticus n'étant accompagné jusqu'à présent ni d'intro- 
duction ni de table, nous devons nous borner ici à quelques indica- 
tions. Les actes réunis sont, comme nous l'avons dit, au nombre de 107, 
dont 48 sont tirés directement des originaux. Les sources de ce recueil 
sont, outre les archives de la Drôme, celles du Rhône (fonds de la Pla- 
tière), les mss. d'Estiennot, de Peiresc, de Baluze, d'OUivier (cartu- 
laire de Saint-Ruf à la bibliothèque de Grenoble), les Archives histo- 
riques du Dauphiné, tome XV, les mss. de Fontanieu, de Doat, etc., 
Eusebi de Sospello, Repertorium et summarium (aux archives de la 
Drôme), etc. L'éditeur a publié ces textes avec l'exactitude et la science 
qu'il met dans tous ses travaux et a relevé avec soin les variantes des 
divers textes. Qu'il nous permette cependant d'ajouter au n° 15, « Bulla 
Calixli secundi in favorera ordinis S. Rufi, » la mention suivante : 



BIBLIOGRAPHIE, i8\ 

Imprimé dans U. Robert, Bullaire du pape Calixte 77. Paris, 1891, n" 402 
(t. II, p. 200). Analysé dans Gallia christ., t. XVI, c. 359. 

A. Bruel. 



L'Union historique et littéraire du Maine, recueil mensuel, sous la 
direction des abbés A. Ledru, Ern.-L. Ddbois et H. Brdneau; t. I. 
Le Mans, -1893. In-8°, 4-12 pages, orné de ^2 planches et de 
•12 vignettes. 

Le Maine vient de donner un exemple qu'il n'est pas sans utilité de 
signaler aux autres provinces : les trois savants ecclésiastiques, dont les 
noms ont été transcrits plus haut, ont eu la hardiesse de transformer 
l'organe d'un patronage en un recueil mensuel dans lequel, à côté du 
Bulletin littéraire de l'œuvre, ils ne donnent place qu'aux notices basées 
sur des monuments nouveaux et qui, soit en les publiant in extenso, 
soit en les analysant seulement, sont susceptibles de faire faire un pro- 
grès aux sciences historiques. Le succès est venu couronner leurs efforts, 
et le tome !«•' de l'Union fait grand honneur à l'érudition locale. 

Nous nous bornerons à indiquer les travaux suivants : 

Inventaire de la sacristie de la cathédrale du Mans au xv^ siècle. 

Le cordelier Olivier Maillard au Mans et à Laval (1490). 

Une journée du sergent d'Anthenaise (lor octobre 1499). 

Jacques de la Mothe et Luc Monchastre, valets de chambre des rois 
depuis François I^' jusqu'à Henri IV. 

Une émeute au Mans en 1659. 

Le grand doyen du Mans et le seigneur des Ecotais (1709). 

L'assassinat du gouverneur du Mont- Saint-Michel par Le Mocqueur 
(22 mai 1596). 

Un bronze du xv* siècle au château du Lude. 

Gilles de Retz, sa jeunesse (1404-1424). 

Les empoisonneurs de fontaines en 1390. 

Lettre du futur cardinal de Cheverus (1802). 

Assassinat d'un prieur de Notre-Dame-des-Bois, près de la Suze (1393). 

Philippe VI de Valois dans le Maine (1293-1350). 

La paroisse de Gourgains d'après ses comptes de fabrique (1417-1426). 

Parmi les planches, nous citerons : 

Sceau de Martin Berruyer. 

Gharte de l'abbaye de Champagne, de 1244. 

Ange en bronze du Lude. 

Nul ne peut plus s'occuper de l'histoire du Maine sans recourir à ce 
livre, dont la possession est d'autant plus indispensable que la plu- 
part dos articles qu'il renferme n'ont été l'objet d'aucun tirage à part. 
Ajoutons qu'il est couronné par une bonne table où figurent tous les 
noms de personnes et de lieux contenus dans le volume. 

Bertrand de Broussillon. 



-182 BIBLIOGRAPHIE. 



Archives historiques du Poitou; t. XXIII. Poitiers, •ISOS. \ vol. 
in-8°. [Maintenues de noblesse prononcées par MM. Quentin de 
Richebourg et Desgalois de Latour, intendants de la généralité de 
Poitiers, -^7^4-l7^8, publiées par M. A. de la Bouralière, t. II.) 

Nous avons signalé ici, quand il a paru, le premier tome de cette 
intéressante publication ; nous en avons indiqué le plan, les sources et 
l'intérêt. Il ne nous reste donc qu'à en annoncer l'achèvement et à louer 
une fois de plus l'éditeur du soin et de la peine qu'il a pris d'en rendre 
l'usage facile aux chercheurs. 

Ce copieux volume comprend d'abord la fin du texte des Maintenues 
(Lettres H-V), puis diverses pièces annexes : les « rôles de tous les 
nobles réservés en la généralité de Poitou » avec leurs blasons (liste de 
Pierre de Sauzay), qui complètent le catalogue des Maintenues; l'état 
alphabétique des condamnations d'amende rendues par Barentin. . . 
Enfin, deux bonnes tables complètent cet ensemble : celle des noms 
de famille compris dans les deux volumes, et celle des noms de lieux. 
Elles sont appelées à rendre de fréquents services à tous ceux qui s'in- 
téressent à l'histoire du Poitou. 

H. DE G. 



Une Saisie de navires marchands anglais à Nantes en 1587, docu- 
ments inédits pul)liés par Paul Parfourd, archiviste du départe- 
ment d'IUe-et-Vilaine. Rennes, Oberthur, ^893. In-S», 48 pages. 
(Extrait des Annales de Bretagne.) 

Les documents publiés par M. Parfouru, avec introduction analy- 
tique, permettent de retracer complètement une saisie de navires étran- 
gers en Bretagne : ordre de saisie délivré sur exprès commandement 
du roi par le gouverneur de Bretagne et signifié au capitaine du châ- 
teau de Nantes, procès-verbaux de séquestre, requêtes des parties inté- 
ressées, des victimes ou des détenteurs de lettres de représailles, 
enquête du parlement de Rennes. Dans toute cette affaire, on est étonné 
de ne voir agir que le gouverneur de la province, le duc de Mercœur : 
lui seul donne des ordres, lui seul reçoit les réclamations. C'est qu'il 
tenait pour lettre morte le traité passé le 5 avril 1584 avec l'amiral de 
France et de Bretagne, Anne de Joyeuse ^ Déjà nous savions que 
Mercœur s'occupait de l'armement des vaisseaux de guerre bretons 
(mars 1586)2; igg présents documents prouvent qu'il faisait aussi exé- 

1. Mémoires pour servir de preuves à l'histoire de Bretagne, par Dom Morice, 
t. III, col. Ii77-l/i79. 

2. Parfouru, une Saisie de navires..., p. 4. 



BJBLIOGRÂPeiE. 483 

cuter les lettres de représailles, au détriment de l'amiral*. En attri- 
buant les droits de l'amirauté de Bretagne à Mercœur (17 août 1588), 
Henri III ne faisait donc que consacrer un fait accompli2. 

L'un des vaisseaux séquestrés, le Don-Dieu de Londres, était aussi 
appelé le Feiibot. Felibot n'est pas un nom propre, mais un terme géné- 
rique. Les fly-boat (bateaux-mouches) étaient de petites flûtes jaugeant 
moins de cent tonneaux, selon Guillet^. Le Don-Dieu devait être un 
géant dans cette famille de vaisseaux, car il jaugeait cent soixante-deux 
tonneaux et il fut armé en guerre par des corsaires nantais. 

Je relève, en terminant, cette phrase fort intéressante pour l'histoire 
du commerce au xvi' siècle (p. 47) : « Le traficq qui se faisoict avecq 
les Anglois aportoict des grands profitz aux marchans qui traficquoient 
avecq eulx; lesquelz Anglois venoint ordinairement chargez de plomb, 
d'estain, draps de laynes, haran et aultre poisson. » 

Gh. DE LA RONGIÈRE. 

N. JoRGA. Tho7nas III, marquis de Saluées. Étude historique et lit- 
téraire. Thèse présentée à V Université de Leipzig. Saint-Denis, 
impr. Bouillant, ^893. In-8% vIII-22^ pages. 

Comme l'indique le sous-titre, la thèse de M. Jorga est à la fois une 
étude historique sur Thomas III, marquis de Saluées de 1394 à 1416, 
et sur ses prédécesseurs, et une étude littéraire sur le Chevalier Errant, 
œuvre de ce prince. La meilleure des deux nous paraît être la partie 
littéraire contenue dans le chapitre iv; elle a été placée à l'ordre chro- 
nologique de composition du roman, le chapitre m se terminant, en 
mai 1396, avec la captivité dont le marquis avait charmé l'ennui en 
écrivant le Chevalier Errant. M. Jorga a exposé la substance de l'œuvre 
dans un style assez vif, entremêlant son récit d'un nombre modéré de 
citations et l'annotant, sauf de rares exceptions^, avec exactitude. La 
conclusion de l'auteur paraît mériter l'adhésion : « Tel est ce livre, 
souvent ennuyeux, toujours mal ordonné, comme d'habitude au moyen 

1. Cf., sur les droits de l'amiral en matière de représailles, René de Mas- 
Latrie, du Droit de marque ou droit de représailles au moyen âge, dans la 
Bibliothèque de VÉcole des chartes, t. XXVIl, p. 556; et le traité de l'Anglais 
Nicolas Upton, fol. 31, Quo ordine conceduntur represalie (ms. de la bibl. Vat., 
Regin. 1528, xv^ siècle). 

2. Mémoires... de Bretagne, t. III, col. 1487. 

3. Guiliet de Saint-Georges, les Arts de l'homme d'épée. Paris, 1670, in-12. 

4. Pourquoi, p. 117 par exemple, M. Jorga rejelte-t-il le nom donné par son 
auteur, qui semble généralement exact à ce point de vue? « Le dernier duc 
d'Orléans, qui laissa son héritage au roi de France, » est bien Philippe P"", 
duc d'Orléans, frère du roi Jean, mort le 1" septembre 1375. Son apanage 
revint à la couronne par défaut d'hoir. Il était le dernier due par rapport à 
Louis P', frère de Charles VI, alors vivant. 



^84 BIBLIOGRAPHIE. 

âge. En dehors des inutiles récits romanesques, on y trouve cependant 
une œuvre originale, qui consiste dans les descriptions historiques et 
les parties purement poétiques de l'ouvrage; or, cette partie est assez 
importante pour fixer à son auteur un rang honorable parmi les écri-- 
vains français de cette époque » (p. 132). A la fin du volume, un appen- 
dice offre trente-deux passages saillants du Chevalier Errant. 

La partie historique présente quelques défauts. On peut se demander 
pourquoi, dans « l'impossibilité » alléguée par lui à la page vi de con- 
sulter les sources originales qu'il savait exister à Grenoble et à Turin, 
M. Jorga, non content de donner, avec les matériaux dont il disposait, 
la biographie de l'auteur du Chevalier Errant, a voulu élargir son cadre 
et écrire sur les prédécesseurs de Thomas III des pages trop nombreuses 
et trop détaillées pour un précis historique, trop peu solidement étayées 
pour une étude critique. En consultant seulement l'excellent volume 
de M. Blanchi sur le Materie politiche relative alV estera degli archivi di 
stato piemontesi (Turin, 1876, gr. in-S»), par exemple aux catégories 
Satuzzo, Protocolli et autres, et en faisant appel à l'inépuisable obli- 
geance de M. le baron de Saint-Pierre, surintendant des Archives Pié- 
montaises, M. Jorga aurait pu compléter ou rectifier bien des choses, 
donner, par exemple, p. 79, la date exacte du traité d'Avigliana, 
importante dans la vie de Thomas de Saluces : 15 octobre 1395 <. On 
s'étonne davantage encore de voir M. Jorga prendre parti dans des 
questions aussi délicates que l'authenticité de pièces conservées dans 
des dépôts aussi respectables que les Archives de Turin, sans avoir 
jamais vu l'original de ces actes (p. 12, n. 13). 

Une introduction sur les origines de la maison de Saluces, ses voisins 
et sa politique; un chapitre i sur Thomas II et Frédéric de Saluces; 
un chapitre ii sur la jeunesse de Thomas III; un chapitre m sur l'in- 
fluence française en Italie, plus nettement écrit que les précédents, et, 
après le chapitre iv consacré à l'étude littéraire du Chevalier Errant, 
un chapitre v sur le règne de Thomas III, constituent la partie histo- 
rique du travail, qui se termine par une bonne table alphabétique 2. 

En somme, et les réserves qui précèdent étant faites, la partie histo- 
rique de la thèse de M. Jorga a droit à l'estime due à un bon travail de 
seconde main qui met en œuvre la plupart des ouvrages importants 
relatifs à son sujet. Jointe à l'étude littéraire, elle forme un travail très 
honorable, qui peut servir de base à une excellente monographie de 
Thomas III, à la condition indispensable de mettre ses données à 
l'épreuve de sources originales, en somme faciles à atteindre. 

E. Jarry. 

1. Archives d'État de Turin. Categoria Saluzzo, mazzo V, n° 26. 

2. Mais pourquoi, dans cette table composée exclusivement de noms français 
ou italiens, trouvons-nous le nom latin Arc/iia pour désigner une localité depuis 
longtemps française, notre commune de Larche, dans les Basses-Alpes? / 1 



BIBLIOGRAPHIE. 485 



Documents inédits pour servir à Vhistoire ecclésiastique de la Bel~ 
gique, publiés par le R. P. dom Ursmer Berlière. T. I. Maredsous, 
<894. Gr. in-80, vii-325 pages. 

Les Bénédictins de l'abbaye de Maredsous au diocèse de Namur sont 
des plus actifs. Ils éditaient déjà la Revue bénédictine, un Monasticon 
belge et des Anecdota Maredsolana, et voici qu'ils entreprennent encore 
une autre publication. C'est un savant distingué, le R. P. Berlière, qui 
en est chargé, en même temps que du Monasticon belge. 

Le premier volume de la nouvelle collection bénédictine contient des 
chroniques (de Saint-Jacques de Liège et d'Éname), des chartes (de Flo- 
rennes, de Lobbes, de Brogne), des procès-verbaux des chapitres géné- 
raux des monastères bénédictins des provinces de Reims et de Sens, 
aux xine et xiv^ siècles, et un nécrologe de l'abbaye de Saint-Martin de 
Tournai. 

Ce dernier document, à lui tout seul, occupe à peu près la moitié du 
volume que nous annonçons. Cependant, il ne présente qu'un intérêt 
très mince, et, parmi les centaines de noms qu'il nous livre, il n'en est 
pas vingt peut-être de vraiment utiles à l'histoire. Ceux des évêques de 
Tournai sont même à peu près les seuls intéressants. Il semble, par 
conséquent, que dom Berlière aurait dû s'y attacher spécialement. Pour- 
quoi donc alors, et puisqu'il consacrait tant de notes pleines d'érudition 
à des personnages insignifiants, a-t-il cru pouvoir négliger d'en consa- 
crer une à l'évêque Radbod, par exemple (p. 166)? Et pourquoi a-t-il 
identifié (p. 170) l'évêque Jean, que le scribe du Nécrologe a pris soin 
d'appeler le treizième évêque de Tournai, avec Jean Buchiau? Le 
P. Berlière aurait dû remarquer que dans le Nécrologe de Saint-Martin 
les évêques de Tournai sont numérotés à partir de la séparation du 
siège d'avec celui de Noyon en 1146. Il se serait alors aperçu aisément 
que le treizième évêque de Tournai ce n'est pas Jean Buchiau (1261- 
1266), mais bien Jean de Yassoigne (1292-1300). Quant au onzième 
évêque, dom Berlière l'appelle encore (p. 140) Philippe Mousket. 
Cependant, tout le monde doit savoir maintenant que le ménestrel 
Ph, Mousquet n'a jamais été évêque de Tournai. 

Nous ne voulons pas multiplier les observations à propos des évêques 
de Tournai. Mais, dans un autre ordre d'idées, on nous permettra de 
remarquer que le P. Berlière n'a pas réussi à identifier le nom Fontis 
Somene. A la page 136, c'est par deux fois qu'il imprime ces mots en 
italiques. L'endroit pourtant n'est pas du tout inconnu, puisqu'il s'agit 
de Fontsomme, autrement dit Fervacques, important monastère de 
Cisterciennes au diocèse de Noyon. Quant au prior Hamaticus de la 
page 158, ce n'est pas le prieur d'Hamay, mais bien le prieur d'Hamage, 
près de Marchiennes (Nord). 



'1 86 BIBLIOGRAPHIE. 

Ces légères imperfections proviennent sans aucun doute de la trop 
grande hâte avec laquelle a travaillé le P. Berlière. Le premier volume 
des Documents inédits 'pour servir à l'histoire ecclésiastique de la Belgique 
n'en est pas moins un ouvrage de valeur, appelé à rendre des services 
aux érudits, en Belgique et dans le nord de la France surtout. Nous 
espérons que, dans les futurs volumes de la collection qu'il vient d'en- 
treprendre, dom Berlière saura nous donner des textes plus intéressants 
et mieux étudiés encore que ceux qu'il vient de mettre au jour. 

Armand d'Herbomez. 

Histoire de la latinité de Constantinople^ par M. A. Belix. 2« édit., 
revue, augmentée et continuée jusqu'à notre temps par le R. P. 
Arsène de Ghatel, Paris, A. Picard, -1894. In-8°, 547 pages, figures 
et plans. 

L'Histoire de l'Église latine à Constantinople, de M. Belin, consul 
général de France à Constantinople, publiée d'abord sous forme d'ar- 
ticles parus dans le Contemporain, puis réunis en brochure en 1872 avec 
de nombreuses notes complémentaires, était depuis longtemps épuisée; 
elle reparaît aujourd'hui, mise à jour par le R. P. Arsène de Ghâtel et 
considérablement augmentée, sous la forme d'un gros volume in-8° de 
plus de 500 pages, accompagnée de deux plans anciens de Constanti- 
nople et de plusieurs reproductions en phototypie de monuments et 
d'inscriptions de la même ville. 

Après un rapide exposé de l'histoire de la communauté latine de 
Constantinople au moyen âge, sous le règne des empereurs byzantins 
et pendant la domination franque, c'est l'histoire de l'influence française 
à Constantinople qu'on trouvera dans ce livre, la longue énumération 
des églises, des communautés religieuses, des confréries, des écoles, des 
hôpitaux, des œuvres charitables de tout genre que la France y a fondées 
et n'a cessé d'y entretenir et d'y protéger depuis le xvii' siècle. L'his- 
toire de l'Église latine à Constantinople et celle de l'influence française 
en Orient sont en effet intimement liées, et le nouveau livre du R. P. 
Arsène de Châtel est à la fois l'œuvre d'un savant religieux et d'un 
ardent patriote. 

H. O. 

Anecdota Maredsolana. Vol. //. Sancti démentis Romani ad Corin- 
thios epistulœ versio latina anliquissima. Edidit D. Germanus 
MoRiN. Maredsoli, apud edilorem; Oxoniae, apud J. Parker, ^894. 
In-4°, XVII et 75 pages. 

La série bénédictine des Anecdota va s'enrichir d'une collection nou- 
velle, qui, sous le titre de Anecdota Maredsolana, est appelée à prendre 
une place très honorable à la suite des célèbres recueils inaugurés au 



BIBLIOGRAPHIE. ^87 

xviie siècle par d'Achcry et par Mabillon. Elle est due à un religieux de 
l'abbaye de Maredsous en Belgique, dom Germain Morin, dont nos lec- 
teurs connaissent déjà plusieurs découvertes très intéressantes dans le 
domaine de la littérature ecclésiastique. 

Le premier volume des Anecdota MaredsoJana, paru en 1893, était 
consacré à la reproduction d'un texte liturgique que la Bibliothèque 
nationale a recueilli dans les débris de la bibliothèque de l'abbaye de 
Silos : Liber comicus sive Lectionarius Misses quo Toletana ecclesia ante 
annos 7niUe et ducentos utehatur. Les juges les plus autorisés ont reconnu 
l'importance du document et le mérite de l'édition. 

Le second volume de la collection n'aura pas un moindre succès. II 
met sous nos yeux un monument de la plus vénérable antiquité, dont 
l'existence même pouvait jusqu'ici être révoquée en doute. On connais- 
sait depuis le xvn« siècle, d'après un manuscrit défectueux, le texte grec 
d'une lettre adressée par saint Clément à l'église de Gorinthe. De nos 
jours, on a découvert une copie plus complète du texte grec et un 
exemplaire d'une version syriaque. Mais on ignorait qu'il en existât ou 
qu'il en eût existé une ancienne version latine. 

Dom Germain Morin a eu la bonne fortune de rencontrer la version 
latine de la lettre de saint Clément aux Corinthiens dans un manuscrit 
du xi« ou du commencement du xn^ siècle, qui, jadis conservé à l'ab- 
baye de Florennes, appartient aujourd'hui au grand séminaire de 
Namur. La version paraît dater des premiers siècles de l'Église ; elle 
dérive d'un texte grec appartenant à une autre famille que les deux 
manuscrits jusqu'ici connus. L'éditeur a fidèlement reproduit l'exem- 
plaire de Namur; mais il a eu grand soin d'en comparer les leçons aux 
passages correspondants du texte grec et du texte syriaque. Il a terminé 
sa publication par un relevé de toutes les particularités orthographiques, 
lexicographiques et grammaticales. 

Le fac-similé phototypique d'une page du manuscrit de Namur est 
joint à la préface, dans laquelle dom Germain Morin a très convenable- 
ment exposé la nature et la portée de sa découverte. 

L. Delisle. 

Xenia Bernardina. Sancti Bernardi, prîmi abbatis Claravallensis, 
octavos natales sœculares pia mente célébrantes, ediderunt anti' 
stites et conventus Cistercienses provinciœ Austriaco-Hungaricœ . 
Vindobonae, A. Hôlder, ^89^. 6 vol. in-S". 

Les religieux cisterciens de l'Autriche et de la Hongrie ont célébré 
le huitième centenaire de la naissance de saint Bernard par une publi- 
cation qui mérite d'être signalée et qui sera consultée pour différents 
genres d'études. Les Xenia Bernardina, dont l'édition a été dirigée par 
deux moines cisterciens, le docteur Benoît Gsell et le docteur Léopold 



i88 BIBLIOGRAPHIE. 

Janauschek, sont divisés en quatre parties et se composent de six 
volumes. 

La première partie, qui est peut-être la moins importante, est une 
réimpression des sermons de saint Bernard, tels que Mabillon les a 
publiés dans sa troisième édition des œuvres de saint Bernard. On s'est 
contenté d'y ajouter le résultat de la collation de vingt-quatre manus- 
crits conservés dans les monastères cisterciens de Heiligenkreuz, de 
Hohenfurt, de Lilienfeld, d'Ossegg, de Reun, de Wilhering et de Zwettl. 

La seconde partie consiste en deux volumes intitulés : Die Handschrif- 
ten-Verzeichnisse cler Cistercienser-Stifte : Reun in Steiermark ; Heiligen- 
kreuz-, NeuMoster, Zwettl, Lilienfeld in Nieder-[Oester?'eich] ; Wilhering 
und Schlierhach in Ober-Oesterreich; Ossegg und Hohenfurt in Boehmen; 
Stams in Tirol. On y trouve la notice d'environ 3,200 manuscrits con- 
servés dans les bibliothèques de ces dix abbayes. Les descriptions sont 
assez détaillées pour permettre d'identifier les textes du moyen âge. 
Nous regrettons l'absence d'une table générale ; mais on a cru devoir 
former des manuscrits de chaque abbaye un groupe indépendant, avec 
des préfaces et des tables particulières dont le plan rappelle à certains 
égards celui qu'ont adopté les rédacteurs du dernier catalogue des 
manuscrits de la Bibliothèque impériale de Vienne. 

Il ne faut pas s'attendre à rencontrer dans des bibliothèques cister- 
ciennes beaucoup de textes copiés avant le xn^ siècle, mais les collec- 
tions que nous ont fait connaître les collaborateurs du docteur Léopold 
Janauschek sont très riches en livres du xii'' au xv^ siècle. Un assez 
grand nombre renferment des œuvres ihéologiques d'écrivains français. 
Le n» 150 de l'abbaye de Sainte-Croix nous offre une table des épîtres 
de Sénèque qui fut rédigée à Paris au mois de juillet 1358 pendant que 
la ville était assiégée par le régent : « Explicit tabula in epistolas 
Senece ad Lucillum, ordinata tempore obsessionis Parisius, anno 1358, 
die 15 julii, in Sancto Bernardo. » Dans le même volume sont deux 
autres tables dressées par Jean de Fait, moine de Saint-Amand, et par 
Jean Calderini. 

La troisième partie (Beitraege zur Geschichte der Cistercienser-Stifte 
Reun, Heiligenkreuz, Neukloster, Zwettl, Lilienfeld, Wilhering, Schlier- 
hach, Ossegg, Hohenfurt, Mogila bei Krakau, Szczyrzic und Stams, und 
der Cistercienserinnen-Abteien Marienthal und Marienstern) est consa- 
crée à l'histoire des quatorze établissements cisterciens dont les noms 
viennent d'être transcrits. Les auteurs des notices se sont principale- 
ment attachés adonner la bibliographie du sujet, le catalogue des abbés 
ou (les abbesses et la liste des religieux qui se sont fait connaître par 
des travaux littéraires ou artistiques. Plusieurs notices renferment le 
texte d'anciens catalogues de manuscrits conservés dans les monastères 
do Heiligenkreuz, de Zwettl, de Lilienfeld et de Hohenfurt. 

La quatrième et dernière partie, Bibliographia Bernardina, comprend 



BIBLIOGRAPHIE. ^ 89 

la notice des livres imprimés contenant, soit le texte, la traduction ou 
l'arrangement des écrits authentiques ou supposés de saint Bernard, soit 
les travaux relatifs à la vie et aux ouvrages du célèbre abbé de Glair- 
■vaux. Les uns et les autres, confondus dans une série unique, sont 
enregistrés suivant l'ordre chronologique de publication. Les éditions 
dépourvues de dates n'ont point été mises à part et ont été rangées à 
une date hypothétiquement déterminée. 11 n'y a pas moins de 2,761 nu- 
méros; mais une certaine quantité sont de simples renvois aux articles 
consacrés à saint Bernard dans des livres de genres divers ou dans les 
grands répertoires de biographie et de bibliographie, tels que ceux de 
Brunet, Fabricius, Hain, Moréri, Michaud, etc. 

L'usage de la Bibliographia Dernardina aurait été beaucoup plus com- 
mode si le compilateur, au lieu d'adopter le système d'une série unique, 
avait énuméré d'abord les éditions collectives des œuvres de saint Ber- 
nard, puis les éditions particulières de chacun des écrits authentiques 
ou supposés du même auteur, enfin les ouvrages ou les articles dont 
saint Bernard a été l'objet; les traductions en diverses langues auraient 
été indiquées à la suite des textes originaux. 

Les tables ajoutées à la fin du volume corrigent dans une certaine 

mesure les inconvénients du système adopté pour le rangement des 

notices, lesquelles ont été le plus souvent rédigées sur le vu des volumes 

et sont généralement très exactes. ^ ^ 

L. Delisle. 

VInnomée, par M. Anthïme Sai.nt-Paul. Gaen, H. Delesques, 1893. 
In-S", 2\ pages. 

M. Anthyme Saint-Paul vient de publier sous ce titre, dans le Bulle- 
tin monumental, un article qui tend à faire prévaloir l'épithète à.'ogivale 
ou de gallicane sur celle de gothique, pour désigner l'architecture en 
usage du xm^ au xvi« siècle. Après avoir rappelé la définition exacte 
du mot à^ogive, qui doit s'appliquer uniquement aux nervures des 
Yoùtes, comme Lassus et Jules Quicherat l'avaient déjà démontré, 
il en conclut que le terme d'ogival pourrait remplacer sans inconvénient 
celui de gothique, puisque la croisée d'ogives est le caractère essentiel 
des monuments gothiques. Il suffirait donc de faire accepter définitive- 
ment le mot A-'ogive comme synonyme de nervure pour que l'expres- 
sion d'arc/uïeciwre og^im^e cesse de mériter la défaveur des archéologues. 

Telle est la première conclusion de l'article de M. Anthyme Saint- 
Paul, qui laisse à ses lecteurs le choix des épithètes, pourvu que le 
mot de gothique soit rayé du vocabulaire archéologique. Est-il vrai que 
ce terme prête à de regrettables confusions? Personne n'a plus cepen- 
dant l'idée de considérer les Goths comme les inventeurs de l'art 
gothique. Les opinions de Millin, de Chateaubriand et de l'abbé Lécar- 
latte, qui faisait remonter la découverte de l'architecture gothique à 



190 BIBLIOGRAPHIE. 

Bertrand de Goth, élu pape sous le nom de Clément V, ne peuvent 
plus être mentionnées qu'à titre de curiosité. En réalité, cette épithète 
n'est ni meilleure ni plus mauvaise qu'une autre, mais elle a le grand 
avantage d'être comprise par tous les archéologues et par tous ceux" 
qui ne possèdent aucune notion sur l'art du moyen âge. C'est un mot 
consacré par le temps, et, si l'étymologie ne suffit pas à le justifier, il 
a du moins un sens assez large qui correspond au terme à' archaïque 
dans l'esprit d'un grand nombre de personnes. L'écriture anguleuse 
qui fut adoptée depuis le xm« siècle jusqu'au xvi^ a toujours été dési- 
gnée sous le nom de gothique. Il est donc tout naturel de donner une 
qualification analogue à l'architecture de la même période. 

La thèse de M. Anthyme Saint-Paul soulève de nombreuses objec- 
tions. Remarquons d'abord que les articles si judicieux de Jules Qui- 
cherat sur le sens du mot ogive n'ont pas suffi à en faire réserver 
l'usage pour désigner les nervures d'une voûte. On lit encore dans des 
études monumentales très récentes les expressions « fenêtre en ogive, 
portail en ogive, » ce qui prouve bien que les mots à'ogive et d'arc 
brisé sont trop souvent regardés comme synonymes. Si l'épithète à'ogi' 
vale appliquée à l'architecture gothique finissait par s'imposer, certains 
auteurs continueraient à croire que l'arc brisé est le seul caractère 
essentiel du style gothique. En outre, la voûte d'ogives se rencontre 
dans certaines églises purement romanes. Peut-on dire que le porche 
de Moissac est un monument ogival parce qu'il est recouvert de ner- 
vures entrecroisées? Faudra-t-il appliquer la même épithète à toutes 
les églises romanes de la Normandie surmontées de voûtes d'ogives 
primitives ou rajoutées après coup? Ce serait une source de malenten- 
dus. Si la présence de quelques croisées d'ogives ne suffit pas à modi- 
fier l'aspect d'un édifice roman, pourquoi supprimer le mot de gothique, 
qui s'applique à des églises caractérisées par l'emploi simultané de la 
nervure, de l'arc brisé et de l'arc-boutant? C'est la fusion de ces trois 
éléments qui constitue le style gothique. En donnant la préférence à 
l'arc ogive pour qualifier d'un nouveau nom l'architecture gothique, on 
s'expose à des critiques d'autant plus justifiées que l'arc-boutant pour- 
rait être considéré comme un caractère aussi essentiel des églises bâties 
entre le xin^ et le xvi* siècle. 

Après avoir reconnu de bonne grâce que les dénominations d'archi- 
tecture française, parisienne ou catholique n'arriveraient pas à rempla- 
cer le nom de gothique, M. Anthyme Saint-Paul propose l'épithète de 
gallicane pour satisfaire les archéologues qui ne voudraient pas se ser- 
vir du mot iVogival. 11 fait observer que les expressions de clocher gal- 
lican, à'égiise gallicane seraient aussi naturelles que celles de coupole 
byzantine ou d'église syrienne. Si ce langage nouveau passait de la théo- 
rie dans la pratique, les moindres inconvénients qui pourraient en 
résulter seraient de faire naître immédiatement une architecture ita- 



BIBLIOGRAPHIE. ^ 9^ 

lienne, allemande ou anglaise. Tandis que les archéologues étrangers 
admettent fort bien le mot de gothique, qui ne froisse aucune natio- 
nalité, ils seraient tentés de recommencer la discussion sur l'origine 
de l'art gothique pour revendiquer le droit de lui donner un nouveau 
nom. Or, il est toujours dangereux de faire intervenir le patriotisme 
dans les questions scientifiques, et le principal défaut de la dénomina- 
tion proposée par M. Anthyme Saint-Paul est de convenir exclusive- 
ment à des archéologues français. Du reste, l'architecture romane 
pourrait aussi bien mériter l'épithète de gallicane que l'auteur entend, 
réserver à l'art gothique. Le rôle des écoles monumentales de la France 
à l'époque romane n'est pas moins important que le développement de 
l'art gothique dans notre pays. Les constructeurs français produisirent 
des œuvres d'architecture gallicane au xi^ siècle de même qu'au xni^ et 
au XVII8 siècle. Il est donc inutile d'affaiblir au profit de l'art gothique 
l'originalité nationale de l'art roman ou de l'architecture du siècle de 
Louis XIV. 

M. Anthyme Saint-Paul avoue lui-même que les expressions à''église 
française, de château français ne sauraient éveiller l'idée d'un édifice 
bâti dans une période déterminée. Pourquoi les mots ([''église gallicane 
et de château gallican auraient-ils le privilège de faire deviner à tel ou 
tel archéologue que cette épithète désigne un monument des derniers 
siècles du moyen âge ? Ce mot n'a jamais été appliqué à l'histoire de 
l'art, et il serait facile de lui donner un sens restreint et précis, répond 
M. Anthyme Saint-Paul. C'est justement parce que les mots de con- 
vention prêtent à des confusions incessantes qu'il vaut mieux se dis- 
penser de les employer. Le mot de gallican servira toujours à désigner 
l'esprit d'indépendance du clergé français vis-à-vis de la papauté. 
Faut-il le détourner de son sens classique pour le faire entrer dans le 
domaine de l'archéologie, où personne ne comprendra sa nouvelle 
signification? Nous n'en saisissons pas l'utilité. Si le mot de gothique 
est médiocre, celui de gallican est à la fois obscur et inexact. 

Jules Quicherat ne s'était pas mépris sur la valeur très relative du 
terme de gothique appliqué à l'architecture d'une certaine période du 
moyen âge, mais il avait démontré que l'emploi d'une autre épithète 
entraînerait de fâcheuses conséquences. Il a réfuté d'avance en quelque 
sorte plusieurs arguments de M. Anthyme Saint-Paul dans ses deux 
études sur l'ogive et sur l'âge de la cathédrale d'Embrun. La dénomi- 
nation d'architecture gothique a pour elle la force de l'usage et les 
avantages de la clarté. C'est un terme qui ne prête à aucune équivoque 
et qui ne consacre aucune prétention nationale. La nomenclature archéo- 
logique n'a pas besoin de s'enrichir d'un mot nouveau qui ne fera 
jamais partie de la langue usuelle, et l'article de M. Anthyme Saint- 
Paul n'est pas de nature à modifier sur ce point l'enseignement tradi- 
tionnel de l'École des chartes. 

Eugène Lefèvre-Pontalis. 



192 BIBLIOGRAPHIE. 

Essai sur l'histoire du théâtre, la mise en scène, le décor, le cos- 
tume, l'architecture, l'éclairage, l'hygiène, par Germain Bapst. 
Paris, Hachette et G'% -1893. In-4°. Ouvrage orné de 85 gravures. 

« Ce livre est le rapport officiel du jury de la classe des Arts décora- 
tifs sur les théâtres. 

« Jusqu'à présent, aucun rapport sur les théâtres n'a été présenté 
par le jury d'examen des expositions universelles. Aussi avons-nous 
cru que pour faire comprendre l'état matériel du théâtre moderne il 
convenait d'exposer au public l'histoire de l'architecture théâtrale, de 
la décoration, du costume, de l'hygiène. L'étude de ces différentes 
branches pourrait seule nous amener à montrer l'état actuel de la ques- 
tion et les progrès qu'on est en droit d'exiger en matière de théâtre. » 

Gomme on le voit par cette entrée dans le sujet, M. Germain Bapst 
s'est réservé de l'embrasser dans toute son ampleur; il le pouvait mieux 
que personne, eu égard à la sagacité vraiment remarquable employée 
par lui à débrouiller d'autres écheveaux. Son ouvrage, divisé en trois 
parties, relève de notre critique au moins pour la première, celle rela- 
tive au théâtre du moyen âge. Peut-être n'est-elle pas la plus origi- 
nale; on a tant écrit sur cette question qu'il lui eût été difficile de 
noter rien de très particulier ; mais il a su grouper excellemment ses 
recherches, coordonner les documents et tirer d'eux bien des choses 
que l'on n'y avait peut-être pas remarquées dès l'abord. Une qualité 
spéciale de l'auteur, c'est de saisir tout aussi bien le terme original et 
topique d'un texte que la synthèse graphique d'une miniature ou d'un 
dessin. Sur ce point, nombre de ses prédécesseurs ont échoué, lesquels 
ne possédaient très bien que l'un ou l'autre de ces deux sens essen- 
tiellement différents. 

M. Germain Bapst a une façon tout à fait lumineuse et vulgarisa- 
trice de rendre claires les conceptions alambiquées et frustes rencon- 
trées chez les anciens auteurs. Il a le bon sens qui réduit à une formule 
intelligible les descriptions compliquées et leur communique une allure 
contemporaine. Il résume en deux pages à peine la matière de plusieurs 
livres, et il en exprime les notes utiles. Ses comparaisons même, peu 
habituelles en érudition, entre les gens du moyen âge et nous autres 
donnent une physionomie palpable et coutumière à de menus faits, 
restés nuageux et peu compréhensibles lorsqu'on les prend à leur terme 
strict. Qu'est le mystère de sainte Agnès ? Un peu avec ses brutalités 
et ses réalismes ce que sont nos drames du boulevard ; la lettre du 
drame a seule varié, le public est resté pareil. Un simple mot précise 
la philosophie et la portée de ces représentations d'autrefois ; décrites 
par un savant moins documenté dans le sens moderne, ces féeries d'il 
y a six ou sept siècles fussent restées lettre close pour le plus grand 
nombre de lecteurs ; les voici expliquées à tout le monde. 



BIBLIOGRAPHIE. ^ 93 

Le plus grand mérite du livre de M. Germain Bapst est d'avoir établi 
l'origine indiscutable de notre théâtre et ses transformations. Ses cha- 
pitres aident merveilleusement à ses déductions logiques. Il prend à 
travers le moyen âge, et jusqu'à la fin du xvi« siècle successivement, la 
disposition du théâtre, la scène, la machinerie et les décors, les cos- 
tumes et la mise en scène, les femmes au théâtre, la peinture décora- 
tive, les pièces religieuses et les profanes, les mystères mimés aux 
entrées de souverains. Chemin faisant, il jette çà et là quelques idées 
neuves ou rectifie scientifiquement des erreurs de très vieille date. Il a 
été surpris de rencontrer aux estampes de la Bibliothèque nationale 
une entrée à Paris non citée dans les ouvrages de bibliographie. Patiem- 
ment, il note des erreurs et des inadvertances et conclut à une imagerie 
faussée, — faussée au xvn° siècle par Fevret de Fontette, qui n'y avait 
point cherché malice et se voulait tout bonnement créer je ne sais quelle 
approximation graphique d'une entrée royale. — M. Germain Bapst a 
prouvé que cette prétendue fête en l'honneur du roi François était en 
réalité celle offerte par la ville de Bruges à Charles-Quint. Je cite ceci 
entre autres choses pour montrer la conscience de l'auteur et son envie 
de dire le vrai. Il met d'ailleurs en ses affirmations la plus grande 
modestie, citant en note la moindre explication fournie par un confrère 
et réservant son opinion s'il ne la peut asseoir sur de fortes et indiscu- 
tables preuves. 

Il y aurait donc mauvaise foi à traiter ce livre d'œuvre de vulgarisa- 
tion; on aime aujourd'hui volontiers à lancer ce mot. Lisible certes, 
mais est-ce en vérité un si grand défaut? Toute la partie moderne, 
qui nous intéresse moins, offre le tableau le plus complet et le plus 
fouillé de l'histoire du théâtre sous Louis XIV, au xvni^ et au 
xix« siècle. Le grand reproche, le seul à formuler, c'est l'insuffisance 
absolue des gravures. M. Germain Bapst base certaines théories 
sur des figurations dessinées que le lecteur ne voit pas, et celles 
qu'on voit sont en majorité de qualité médiocre et banale. Une 
œuvre de cette portée eût nécessité la documentation graphique la plus 
soignée et la plus définitive. Il est certain, par exemple, que la femme 
de Louis XI reproduite à la page 49 comme spécimen du costume 
« que revêtaient les saintes femmes dans les mystères » n'est qu'une 
cheville inutile et d'ailleurs fort mal gravée. La maison Hachette eût 
dû tenir à honneur de ne pas jeter dans la librairie un travail aussi 
remarquable par le fond que naïf et enfantin dans l'illustration. Mais 
cette querelle de costume n'empêchera point le livre de faire son che- 
min ; il résume, il précise et il détermine tant de points admis et obs- 
curs qu'on ne saurait le recommander de trop à ceux qui, tout en ché- 
rissant l'érudition, admettent chez elle un côté aimable. 

Henri Bouchot. 
1894 i3 



'194 BIBLIOGRAPHIE. 

Galerie illustrée de la Compagnie de Jésus. Album de 400 portraits 
choisis parmi les plus beaux, les plus rares ou les plus importants 
et reproduits en héliogravure, par les soins el sous la direction 
du P. Alfred Hamy, de la même Compagnie. Paris, chez l'auteur, 
H bis, rue Lhomond, -1893. 8 vol. in-fol. 

Peut-être ne suis-je point le critique qu'il faudrait pour vanter à sa 
valeur la grande et fort ingrate besogne à laquelle le R. P. Hamy vient 
de mettre la dernière main. La plupart des hommes dont il nous 
donne les traits ont joué un rôle éminent. Qu'on les juge à sa façon, 
ils ont été, ils ont vécu, et on ne les empêchera pas d'avoir vécu. Que 
par eux la France et l'Europe aient été encombrées d'un art lourd et 
médiocre extrêmement, le fait n'est plus discutable. Ni l'architecture 
ni l'Université ne se sont encore débarrassées de leurs théories, mais 
que nous importe! Bonnes ou mauvaises, ils ont fait beaucoup de 
choses; plusieurs ont laissé un nom, et les adversaires loyaux ne brû- 
leront pas plus leur figure que les gens sages ne casseront les N ou 
les fleurs de lis au fronton des monuments. 

Ce qu'a cherché avant tout le P. Hamy, c'est de faire œuvre d'his- 
toire, abstraction faite des esthétiques et des arts. Tout portrait de 
Jésuite célèbre, fût-ce la pire horreur du monde, a été pieusement 
recueilli par lui, livré à un photograveur habile et inséré dans .son 
album. C'est donc un dictionnaire biographique spécial qu'il nous 
montre, une sorte d'encyclopédie figurée de la célèbre Compagnie depuis 
son origine jusqu'à ces derniers temps. Les ouvrages de ce genre sont 
rares; ils nécessitent un éveil constant, une orientation et une étude 
particulières, une connaissance avisée des moindres faits pour ne laisser 
jamais rien échapper d'essentiel. Publiés, ils fournissent aux travail- 
leurs la source de renseignements la plus sûre et la plus épurée. Et, 
comme les Pères de la Compagnie ont toujours été de près ou de loin 
mêlés à toutes les affaires politiques de trois siècles, le livre du P. Hamy 
devient pour l'historien un guide nécessaire et indispensable. 

Sans doute, les personnes étrangères aux études de ce genre, et seu- 
lement préoccupées d'esthétique, auront une surprise en ouvrant le 
livre. Si l'on en juge par les reproductions, les Pères de la Compagnie 
ont rarement trouvé l'artiste courtisan et flatteur. Sauf de rares, de 
trop rares exceptions, nous les voyons livrés, — on dirait par humilité 
chrétienne, — à des artistes infimes qui se sont donné la tâche de 
ridiculiser ou d'enlaidir leurs modèles. Peut-être d'ailleurs le P. Hamy, 
surpris par sa piété filiale! n'a-t-il pas cherché à éliminer certaines 
ligures dont la touche un peu forcée peut nuire à l'ensemble. En rédui- 
sant à 400 le nombre de ses reproductions, le savant auteur se réser- 
vait donc un choix à faire; on eût souhaité qu'il le fit plus radical. 
Bien plus, nous le voyons parfois dédaigner une portraiture excellente 



BIBLIOGRAPHIE. ^195 

comme celle de Charles de Lorraine (crayon unique conservé au Cabi- 
net des Estampes) pour la remplacer par des tailles-douces médiocres 
et absolument banales. 

Je ne m'étendrai pas outre mesure sur ces critiques faciles ; ceux qui 
ont entrepris de semblables travaux savent quelle somme de difficultés 
ils présentent, combien il se faut abstraire d'idées préconçues et démo- 
lir de sièges tout faits. Il ne se pouvait pas que le R. P. Hamy admît 
dans son encyclopédie certaines pièces satiriques dont peut-être la qua- 
lité eût paru supérieure aux profanes. Même il s'est ingénié à ne 
prendre dans nos collections publiques que les portraits rarissimes ou 
tirés à petit nombre. Bon nombre de ceux qu'il nous présente repro- 
duisent des originaux conservés en divers lieux, et dont les clichés lui ont 
été fournis par des correspondants. C'est par ce côté surtout que l'ico- 
nographie du P. Hamy prend un bon rang parmi les œuvres similaires; 
elle devient comme un recueil de documents inédits, et je n'en fournirai 
pour exemple que le portrait d'Ignace de Loyola obtenu directement 
d'après le tableau de Madrid, avant les retouches d'un artiste mal- 
habile. Sans doute on ne verra point dans cette tête maladive ce que 
le savant auteur y rencontre, mais on est en face d'une œuvre sincère, 
naïve, absolument authentique et jusqu'à ce jour ignorée des historiens 
sérieux. 

Le P. Hamy a joint à ses portraits une suite de notices classées par 
ordre alphabétique, un peu volontairement tenues dans les termes 
vagues. Il est certain que plusieurs mentions utiles ont été écartées 
comme il convenait. L'auteur, qui sait quelle respectueuse considération 
nous professons à l'égard de sa personne et de sa merveilleuse faculté 
de travail, nous pardonnera cette nouvelle critique; il passe un peu vite 
sur des faits connus. 

En dépit de ces petites imperfections de détail, sensibles seulement 
pour les gens du siècle, la Galerie illustrée de la Compagnie de Jésus 
témoigne d'un considérable effort et d'une persévérance jamais lassée 
ni rebutée. Je laisse à part le côté technique de l'œuvre, la mise en 
œuvre de ces reproductions soignées également; je ne garde que la 
partie documentaire et historique, la seule dont je puisse parler ici en 
franchise. Elle est digne de tout intérêt. Elle va se joindre tantôt aux 
autres travaux du P. Hamy, l'Essai sur l'iconographie de la Compagnie 
de Jésus, les Documents pour servir à Vhistoire des domiciles de la Com- 
pagnie de Jésus, deux livres aujourd'hui rares, et dont le dernier surtout 
est venu combler une lacune dans la terminologie des noms de lieux. 
La Galerie illustrée est comme ces livres un ouvrage de bibliothèque 
indispensable, même aux historiens les moins orientés dans le sens de 
ces études. 

H. BODCHOT. 



196 BIBLIOGRAPHIE. 



Les Fables de Phèdre. Édition paléographique publiée d'après le 
manuscrit Rosanbo, par Ulysse Robert. Paris, Imprimerie natio- 
nale, ^893. In-8° de XLVI-^88 pages, avec deux planches. 

Le manuscrit d'après lequel Pierre Pithou fit connaître en 1596 les 
Fables de Phèdre et qui appartient aujourd'hui à M. le marquis de 
Rosanbo jouit d'une grande et légitime réputation depuis trois siècles. 
Quoiqu'il eût été collationné à différentes reprises, il était loin d'avoir 
fourni tout ce qu'on en pouvait tirer pour établir le texte des vers du 
fabuliste latin. C'est à notre confrère M. Ulysse Robert qu'est échue 
l'honorable tâche de le mettre en pleine lumière. Il s'en est acquitté 
avec le soin et la critique dont il avait fait preuve en 1881 quand il 
avait eu à publier l'antique version du Pentateuque conservée dans le 
célèbre manuscrit de la bibliothèque de Lyon. 

La publication de notre confrère contient un double texte des Fables 
de Phèdre : 1° un texte paléographique, où sont reproduites toutes les 
particularités du manuscrit : les signes d'abréviation et de ponctuation, 
la disposition des rubriques et des grandes lettres, la coupure des pages 
et des lignes ; 2° un texte courant, où l'on trouve chaque vers mis à la 
ligne, les abréviations remplies, les grandes lettres et la ponctuation 
marquées d'une façon logique et régulière. 

Le manuscrit Pithou-Rosanbo contient à la suite des Fables de Phèdre 
un traité tératologique qui a pu être intitulé : De monstris, belluis et ser- 
pentibus liber. M. Ulysse Robert en a donné une édition fidèle, en com- 
blant une lacune du manuscrit Pithou-Rosanbo à l'aide d'un manuscrit 
de Wolfenbuttel. 

Le volume que nous annonçons n'a pas seulement le mérite de repro- 
duire avec la plus rigoureuse et la plus minutieuse exactitude des textes 
précieux à plus d'un titre. L'éditeur, dans la préface qu'il a mise en 
tête du volume, a décrit le manuscrit Pithou-Rosanbo et en a retracé 
les vicissitudes. Ce n'est pas la partie la moins intéressante du livre, et 
nous recommandons à nos lecteurs les pages dans lesquelles est dis- 
cutée la question de l'origine du manuscrit. 

M. Ulysse Robert, après avoir comparé le Phèdre avec beaucoup de 
manuscrits du ix^ siècle, a cru pouvoir l'attribuer à un scribe de la ville 
ou du pays de Reims. Au cours de la discussion, il a insisté sur deux 
particularités qu'il considère comme signes caractéristiques des manus- 
crits rémois du ix'' siècle : 1° l'emploi d'un i allongé, assez semblable à 
la lettre i, au commencement des mots dans le cours des phrases; 
1" l'usage de figurer la conjonction que par un q suivi d'un seul point. 
Si cette règle était bien établie, elle nous révélerait l'origine, jusqu'ici 
incertaine, de quelques-uns des plus célèbres manuscrits carlovingiens. 
Ainsi, nous trouvons dans la bible de Saint-Paul hors les murs les ï 



I 



BIBLIOGRAPHIE. 197 

allongés au commencement des mots, dans le corps des phrases, et la 
conjonction que figurée par un q suivi d'un seul point. 

Le travail très délicat et très méritoire auquel s'est livré M. Ulysse 
Robert aura des conséquences importantes. II a servi de base à une édi- 
tion critique que va publier M. Louis Havet et dans laquelle le texte de 
Phèdre a reçu de très notables améliorations, comme l'ont fait entrevoir 
des communications faites à l'Académie des inscriptions. 

L. Delisle. 



LIVRES NOUVEAUX. 

SOMMAIRE DES MATIÈRES. 

Généralités, 182, 232, 285. 

Sciences auxiliaires. — Épigraphie, 142, 164, 185. — Paléographie, 
82. — Bibliographie, 12, 85, 194, 206, 215, 276; bibliothèques, 71, 72, 
151, 207, 230; manuscrits, 72, 151, 230; imprimés, typographie, 71, 
92, 157, 173, 207, 302. 

Sources, 41, 251, 282, 304. — Légendes, Hl, 165. — Chroniques, 
89, 122, 216. — Correspondances, 249. — Archives, H, 14, 58, 94, 126, 
130, 136, 217, 235, 284. — Cartulaires, buUaires, etc., 36, 62, 67, 69, 
84, 154, 198, 203, 223, 254, 283, 292-295. — Chartes, 40, 208, 281, 288. 
— Régestes, 255, 256. — Comptes, 161. —Inventaires, 80, 170, 171, 215. 

Biographie, généalogie, 38. — Albert V d'Autriche, 53; Anjou, 296; 
Anne de Russie, 65; Ariscola, 236; Arpades, 238; Benoît IX, 40; Ben- 
venuto da Imola, 268; Berchtold de Falkenstein, 60; Bernard (saint) 
de Menthon, 109; Berry, 171; Boccace, 300; Boucard (Jean), 245; Bou- 
tillier (Jean), 8; Casimir III de Pologne, 70; Catherine (sainte) d'Ale- 
xandrie, 111; Cerchiari, 141 ; Célestin V, 269; Chabannes, 75; Charle- 
magne, 172; Charles IV, empereur, 309; Chartier (Alain), 261; Craon, 
36; Gima, 49; Colomb (Christophe), 231; Dante, 19, 186, 205, 250; 
Durer (Albert), 110; Dlugosz (Jean), 42; Edouard I*"" d'Angleterre, 254 ; 
Eudes, 118; Ferjeux (saint), 229 ; Ferréol (saint), 229 ; Flach, 276; Fon- 
tay (Jean de), 261 ; François (saint) d'Assise, 51, 169 ; Grégoire VII, 219 ; 
Grégoire XI, 104; Guglielmo da Saliceto, 6; Hervé (saint), 247; Hohen- 
stauffen, 175 ; Hupfuff, 276 ; Hus, 291 ; Jacques I^^- d'Aragon, 286 ; Jeanne 
d'Arc, 98, 192, 220,228, 308 ; —des Armoises, 191, 273; — de Flandre, 
93; Langland, 180; Louis (saint) IX, 196; Louis XH, 15, 201, 240; 
Lunaire (saint), 270; Lusignan, 66; Martial (saint), 278 ; Mathieu II de 



n 



198 BIBLIOGRAPHIE. 

Lorraine, 198; Mélaine (saint), 103; Mellerio, 214; Min, 248; OttonlII, 
292 ; Pétrarque, 253 ; Piacentino, 6; Philibert de Savoie, 240; Pliilippe 
le Hardi, 196; Pierre (saint) Damien, 13 ; Richard de Gornouailles, 305 ; 
Rudel, 237; Salisbury, 102 ; Salvien, 244; Savoie, 81; Savonarole, 17, 
297 ; Scala, 104 ; Sforza, 34 ; Théophile, 277 ; Thomas d'Aquin (saint), 
222; Thomas III de Saluées, 177 ; Visconti, 95; Walfroy (saint), 239; 
Walther von der Vogelweide, 149. 

Droit, 73, 91, 99. 

Institutions : politiques et sociales, 5, 14, 67, 74, 84, 105, 128, 146, 
159, 168, 187, 267, 289, 291, 310; provinciales, 10; communales, 63, 
208, 281; judiciaires, 28, 31, 167, 258; financières, 274. 

Moeurs, histoire économique, 4, 58, 59, 64, 120, 123, 139, 150, 182, 
183, 212, 265, 280, 283. 

Enseignement, 3, 7, 70, 130, 257, 279. 

Sciences, médecine, 123, 124, 144, 160, 193. 

Géographie, 39, 299. 

Religions, 221. — Catholicisme, 54, 97, 143; lipsanographie, 20, 24, 
241; ordres religieux, monastères, 2, 12, 69, 94, 121, 154, 163, 174, 272, 
290, 303, 306; liturgie, 125. 

Archéologie, 10, 26, 29, 55, 80, 89, 96, 107, 108, 110, 113, 116, 131, 
197, 2H, 225, 226, 242, 261. — Architecture, 61, 79, 115, 134, 140, 
147, 148, 157, 158, 189, 202, 204, 262, 266, 303. — Sculpture, 178. — 
Mosaïques, 83. — Émaillerie, 25. — Verrerie, 264. — Céramique, 47. — 
Tapisserie, 119. — Musique, 78, 166. — Numismatique, 21, 23, 44, 90, 
114, 129, 133, 305. — Sigillographie, 46. — Héraldique, 260. 

Langues et littératures. — Hébreu, 155, 179, 259. — Latin, 68. — 
Langues romanes, 218; français, 102,103, 111, 127, 277; provençal, 57, 
227 ; wallon, 307 ; italien, 9, 78, 104, 243; espagnol, 162, 195. — Langues 
germaniques : allemand, 43, 48, 68, 101; anglais, 76, 165, 181. — 
Langues Scandinaves, 176, 233. 

SOMMAIRE GÉOGRAPHIQUE. 

Allemagne, 5, 21, 29, 44, 63, 77, 105, 113, 120, 128, 147, 151, 153, 
158, 168, 175, 184, 185, 197, 224, 230, 234, 249, 251, 255, 256, 275, 276, 
280, 293, 294, 304. 

Autriche-Hongrie, 53, 138, 149, 163, 188, 238, 274. 

Belgique et Pays-Bas, 62, 73, 90, 136, 137, 161, 258, 298. 

Espagne, 50, 94, 271, 286. 

Frange, 142, 275, 298, — Angoumois, 134; Anjou, 32, 36, 262; Aqui- 
taine, 12, 39 ; Beauce, 301 ; Bretagne, 145 ; Couserans, 288 ; Flandre, 298; 



BIBLIOGRAPHIE. •lOO 

Gâtinais, 301 ; Guienne et Gascogne, 54, 58, 72; Languedoc, 12; Lor- 
raine, 198; Maine, 32; Marche, 287; Normandie, 31,41, 89; Orléanais, 
301; Picardie, 290; Provence, 2, 12, 72, 108; Roussillon, 99; Sain- 
tonge, 69; Touraine, 47; Valois, 65; Vexin, 1; Vivarais, 213. — 
Aisne, 112, 131; Alpes (Basses-), 203; Alpes (Hautes-), 266; Avey- 
ron, 50; Bouches-du-Rhône, 116, 299; Calvados, 119, 252, 263; 
Cher, 61 ; Gôte-d'Or, 37 ; Creuse, 287; Doubs, 71, 126; Eure, 107; Eure- 
et-Loir, 87, 217; Gard, 27, 208; Garonne (Haute-), 50; Gironde, 58; 
Hérault, 57, 117; llle-et- Vilaine, 204; Indre-et-Loire, 140; Loir-et- 
Cher, 69, 281; Loire-Inférieure, 100; Loiret, 102, 174, 199,284; Manche, 
11 ; Mayenne, 223; Meurthe-et-Moselle, 96, 210; Oise, 22, 226, 242 
Orne, 85; Pas-de-Calais, 132; Puy-de-Dôme, 79; Pyrénées (Basses-) 
189; Rhône, 83; Saône (Haute-), 144; Saône-et-Loire, 202; Sarthe, 30 
86, 170; Savoie, 59, 135, 206; Seine, 14, 28, 52, 123, 164; Seine-et 
Oise, 121; Seine-Inférieure, 125, 209; Var, 220; Vendée, 56, 204 
Vienne, 13; Vienne (Haute-), 26; Vosges, 146. 

Grande-Bretagne, 180, 254, 303, 310. — Grèce, 154. 

Italie, 18, 33, 35, 45, 74, 91, 95, 115, 122, 130, 133, 156, 167, 177, 
200, 201, 206, 225, 246. 

Pologne, 3, 257. — Suisse, 23, 88, 148, 295. 

Orient, 66, 97, 129, 190, 211, 248, 285. — Amérique, 106. 

1. AcHENBACH -Wahl (G.). Histolre du Vexin français -normand. 
Magny-en- Vexin, impr. F. Nain, 1894, In-S", 131 p., 3 cartes et plans 
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2. Acta capitulorum provincialium ordinis fratrum prgedicatorum, par 
G. Douais. I. Première province de Provence, 1239-1302. Paris, A. Pi- 
card ; Toulouse, E. Privât, 1894. In-8o, cxx-481 p. 20 fr. 

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Vereins fiir Alterthumskunde und Landesgeschichte, 9.) 3 m. 50. 

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F. Solari di Greg. Tononi, 1893. ln-8°, 40 p. (Extrait de la Strennapia- 
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Vasseur-Delmée, 1894. In-S», 24 p. 

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ben und erlàutert von J. -Etienne Lorck. Halle, M. Niemeyer, 1893. 
In-8°, 236 p. (Romanische Bibliothek, X.) 5 m, 

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quista. Estudio acerca de las ensefias musulmanas del real monasterio 
de las Huelgas (Burgos) y de la catedral de Toledo. Madrid, Fortanet, 

1893. In-4', 209 p. 

11. Amiot (G.). Inventaire analytique des archives de la ville de Cher 
bourg antérieures à 1790. {«'■-2^ fasc. Série AA : 66 art. Série BB : 21 art. 
Série GC : art. 1-19. Cherbourg, impr. L'Hôtelier, 1893. In-8'', 72 p. 

12. Apollinaire de Valence (le R. P.). Bibliotheca fratrum minorum 
capuccinorum provinciarum Occitaniœ et Aquitaniœ. Romœ, apud prce- 
fectum archivi generalis capuccinorum; Nemausi, D. Gervais-Bedot, 

1894. In-4o, viii-171 p. 

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H. Ducourtieux; Paris, Haton, 1893. In-8°, 7 p. 

14. Archives de i'Hôtel-Dieu de Paris (1157-1300), publiées par Léon 
Brièle. Avec notice, appendice et table par Ernest Coyecque. Paris, 
Hachette, 1894. In-4«», lxi-640 p. (Collection de documents inédits sur 
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la Société de l'histoire de France par R. de Maulde-la-Clavière, 3. Paris, 
Laurens, 1893. In-8% 410 p. 9 fr. 

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Didot et Ci% 1894. In-8°, xvi-348 et 384 p. 

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f^ 



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Nancy, impr, Grépin-Leblond, 1894. In-S", 64 p., grav. et pi. 

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Brive, impr. Marcel Roche, 1893. In-S", 15 p. (Extrait du Bulletin de la 
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24 p. 

32. Beauteiips-Beaupré (G.-J.). Goutumes et institutions de l'Anjou 
et du Maine antérieures au xvi^ siècle. 2° partie : Recherches sur les 
juridictions de l'Anjou et du Maine pendant la période féodale, t. III, 
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202 BIBLIOGRIPHIE. 

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Glugiae e tre appendici : saline, documenti e facsimili di monete romane 
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346 p. 10 1. 

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MGCGGLVIII. Milano, tip. F. Pagnoni, 1893. In-16, 46 p. 

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historique, accompagnée du cartulaire de Graon, illustrée de nombreux 
sceaux et monuments funéraires et suivie de la table alphabétique des 
noms par Paul de Farcy. Paris, Picard et fils, 1893. In-8', xiv-392 et 
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Gonibertaut. Beaune, impr. Batault, 1893. In-8% vii-91 p., grav. 

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Dair Acqua, 1893. In-S", 434 p. (Gollezione di opère inédite e rare dei 
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Gaule depuis la fin de la domination romaine jusqu'à la création du 
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Annales de la Faculté des lettres de Bordeaux.) 

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Paris, Leroux, 1893. In-8°, 8 p. (Extrait du Bulletin du Comité des tra- 
vaux historiques et scientifiques, section d'histoire et de philologie, 1893.) 

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Publiées d'après les manuscrits originaux, avec introduction, notes, 
variantes et glossaire, par A. Héron. T. II. Rouen, Lestringant, 1893. 
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43. BÔHME (Oskar). Zur Kenntniss des Oberfrànkischen im 13., 14. 
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In-8% 70 p. et pi. 

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von Ghr. Meyer. Bayreuth, G. Giessel, 1893. In-8°, iii-xvi-248 p. 5 m. 

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ment appelée foire aux malades ou de la maladrerie de Beaulieu ou de 
Bicêtre, tenue dans la banlieue de Gaen depuis la seconde moitié du 
xn^ siècle jusqu'à nos jours, d'après des documents inédits. Gaen, 
Delesques, 1894. In-8'', 112 p. (Extrait du Bulletin de la Société des anti- 
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Herausgegeben von der badischen historischen Gommission. Bearbeitet 
von Richard Fester. .2. und .3. Lieferungen. Innsbruck, Wagner, 1893. 
Gr. in-4o, p. 73-200 et 9-40. 4 m. 

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Gampe. I. Aus der Zeit von 1120-1300. II. Aus der Zeit von 1301-1607. 
Von Albert Hans August Freiherr von Gampe. Berlin, W. Baensch, 
1892-1893. 2 vol. in-8°, vm-329 p., 1 fac-similé et 2 photographies; 
534 p., 1 fac-similé et 5 tableaux généalogiques. 

257. Regestrum bursae Hungarorum Gracoviensis. Das Inwohner- 
Verzeichniss der ungarischen Studentenburse zu Krakau (1493-1558). 
Aus der Original-Handschrift mitgetheilt und von Karl Schrauf herausg. 
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Montis Gasini, typ. Archicœnobii, 1888 (1893). In-4°, cxmi-466 p. et 5 pi. 

283. Statuta artis merciariorum et ponticariorum Urbis. Testo ine- 
dito del secolo xiv tratto dal codice Gasanatense G. II 22 (n. 166), pre- 
ceduto da una dissertazione suUe corporazioni délie arti in Roma nel 
medio evo, a cura del dott. Giovanni Bresciano. Fasc. I. Roma, tip. 
la Gooperativa, 1892. In-S", 16 p. 1 1. 

284. Stein (Henri). Inventaire sommaire des archives de la ville de 
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Pasquier. Foix, impr. veuve Pomiès, 1893. In-8°, 12 p. (Extrait du 
Bulletin de la Société ariégeoise des sciences, lettres et arts, IV« vol., n° 10.) 

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depuis Clovis jusqu'au traité de "Verdun. Gand, Vuylsteke; Paris, 
Picard, 1893. In-8°, 151 p. (Extrait des Mémoires couronnés et autres 
mémoires publiés par l'Académie royale de Belgique.) 2 fr. 50 c. 

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ben von der Gesellschaft fiir altère deutsche Geschicbtskunde. II. 
Bandes 2. Theil. Die Urkunden Otto des III. Hannover, Hahn, 1893. 
In-4», p. i-ix et 385-995. (Monumenta Germaniae historica. Diplomatum 
regum et imperatorum Germaniae, 11,2.) 20 m., en grand papier 30 m. 

293. Urkundenbuch der Pfarrei Bcrgheim (Ober-Elsass), herausge- 
geben von Pfarrer Eug. Hans. Strassburg, F.-X. Le Roux, 1894. In-8'», 
vn-355 p. (Quellenschriften der elsàssischen Kirchengeschichte, I.) 6 m. 

294. Urkundenbuch der Stadt Lûbeck. Herausgegeben von dem 
Vereine fiir Lùbeckische Geschichte, IX. 13 (Schluss). Liibeck, 
E. Schmersahl, 1894. In-4o, p. 965-1,023. 4 m. 

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ben von einer Commission der antiquar. Gesellschaft in Ziirich. Bear- 



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CHRONIQUE ET MÉLANGES. 



Dans la séance du 26 avril 1894, la Société de l'École des chartes a 
procédé au renouvellement annuel de son Conseil, qui se trouve ainsi 
constitué pour l'année 1894-1895 : 

Président : M. Lemonnier. 

Vice-président : M. Giry. 

Secrétaire : M. Guilhiermoz. 

Secrétaire-adjoint : M. Teulet. 

Commission de publication : membres ordinaires, MM. Delisle, de Las- 
teyrie et Omont ; membres suppléants, MM. Ledos et Valois. 

Commission de comptabilité : MM. de Barthélémy, Bruel et Morel- 
Fatio. 

Archiviste-trésorier : M. Eugène Lefèvre-Pontalis. 

— Les thèses des élèves de l'École des chartes ont été soutenues le 
29 et le 30 janvier 1894. Voici les sujets que les candidats avaient 
traités : 

Jules Ghavanon : Renaud VI, sire de Pons, lieutenant du roi en 
Poitou, Saintonge et Angoumois, conservateur des trêves de Guyenne 
(1348?-1427). 

Alphonse Dunoyer : un Conseiller de Charles VIII, Guillaume Bri- 
çonnet (1445-1514). 

Albert Gérard : Essai sur le siège de Paris par Henri IV. 

Octave Join-Lambert : Étude sur l'architecture religieuse aux xi« et 
xu» siècles dans l'ancien diocèse de Meaux. 

Ernest Laurain : Essai sur les présidiaux (1552-1790). 

Jean Lemoine : les Préliminaires du règne de Jean IV, duc de Bre- 
tagne (1338-1362). 

Abel Maisonobe : Étude sur les biens nationaux de la Haute-Garonne. 

Léon Mirot : Essai sur la crise financière de 1380-1383. 

Max Prinet : Étude historique sur l'industrie du sel en Franche- 
Comté. 

Henri Vautier : Caen et l'état du bailliage de Gaen sous la domina- 
tion anglaise (1417-1450). 

Robert Villepelet : Histoire de Périgueux et de ses institutions 
municipales jusqu'en 1360. 

4894 45 



226 CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

— Par arrêté ministériel du 7 février 1894, ont été nommés archivistes 
paléographes, dans l'ordre de mérite suivant : 

MM. MiROT, 

Vautier, 
Join-Lambert, 

Laurain, 

DuNOYER, 
ViLLEPELET, 

Ghavanon. 

— Ont été nommés archivistes paléographes hors rang, comme appar- 
tenant à des promotions antérieures : 

MM. Gérard, 

Lemoine, 

Maisonobe, 

Prinet. 

— Notre confrère M. Paul Bataillard, archiviste de la Faculté de 
médecine de Paris, est décédé à Paris le i^" mars 1894, à l'âge de 
soixante-dix-huit ans. 

Né à Paris le 23 mars 1816, Paul Bataillard était entré à l'École des 
chartes en 1839 et avait obtenu son diplôme d'archiviste paléographe 
le 16 juillet 1841. Il a publié dans la Bibliothèque de l'École des chartes 
les articles suivants : 

De l'apparition et de la dispersion des Bohémiens en Europe (l'^ série, 
t. V, p. 438-475 et 521-539). 

Nouvelles recherches sur l'apparition et la disparition des Bohémiens 
en Europe (3« série, t. I, p. 14-55). 

— Par arrêté du 23 avril 1894, nos confrères MM. Enlart et E. Lefèvre- 
Pontalis ont été chargés, pendant le second semestre de l'année scolaire 
1893-1894, d'un cours d'archéologie du moyen âge à l'École des chartes, 
pendant l'absence de M. de Lasteyrie, député. 

— Par arrêté du 1" mai 1894, notre confrère M. Alphonse Dunoyer 
a été nommé rédacteur au bureau des archives du ministère de l'ins- 
truction publique. 

— Par arrêté du 14 février 1894, notre confrère M. Jules Ghavanon 
a été nommé attaché non rétribué à la bibliothèque de l'Arsenal. 

— Par arrêté du 5 avril 1894, notre confrère M. Jean Passy a été 
nommé archiviste du département des Basses-Pyrénées, en remplace- 
ment de M. Flourac, admis à la retraite. 

— Par arrêté du 23 janvier 1894, notre confrère M. Marcel Poète a 
été nommé bibliothécaire adjoint de la ville de Besançon. 



CHRONIQUE ET MÉLANGES. 227 

— Par arrêté du 30 mars 1894, nos confrères MM. Lex, Loriquet et 
Musset ont été nommés officiers de l'instruction publique. 

— L'Académie des inscriptions et belles-lettres, dans sa séance du 
21 mars 1894, a décerné le prix de numismatique fondé par Duchalais 
à notre confrère M. Maurice Prou, pour le Catalogue des monnaies méro- 
vingiennes de la Bibliothèque nationale. 

— L'Académie des inscriptions et belles-lettres, dans sa séance du 
27 avril 1894, a décerné le prix de La Grange à notre confrère M. Bon- 
nardot, pour le Glossaire des Miracles de Notre-Dame, publié par la 
Société des anciens textes français. 

— L'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen décernera 
en 1896 le prix Bouctot (500 fr.) à l'auteur du meilleur travail sur le 
sujet suivant : « Étude sur Nicolas Mesnager et sur son rôle dans les 
affaires diplomatiques ou d'ordre économique auxquelles il a pris part, 
d'après les archives publiques. » Les ouvrages adressés au concours 
devront être envoyés francs de port avant le l^r mai 1896 (terme de 
rigueur) soit à M. Barbier de la Serre, soit à M. Pierre Le Bidier, 
secrétaires de l'Académie. 

— Le conseil municipal de Paris, à la date du 26 décembre 1893, a 
chargé nos confrères MM. Fr. Funck-Brentano et Fernand Bournon de 
publier, le premier un volume ayant pour titre : « Documents pour servir 
à l'histoire des lettres de cachet à Paris au xvii^ et au xvui^ siècle ; » le 
second, les tomes VII et VIII de la Topographie historique du vieux 
Paris, consacrés le tome VII à la région orientale de l'Université et le 
tome VIII aux faubourgs Saint-Marcel, Saint- Victor et Saint-Jacques. 

— Le rapport que notre confrère M. A. Prudhomme a présenté le 
10 juillet 1893 sur les archives de l'Isère nous apprend que M. Henry 
Morin-Pons, le collectionneur lyonnais bien connu, a partagé entre les 
archives des départements dauphinois et la bibliothèque de la ville de 
Lyon les séries de documents historiques qu'il avait formées et dont 
une partie a été l'objet d'un catalogue publié en 1878 par MM. Ulysse 
Chevalier et André Lacroix. 

DOCUMENTS BORDELAIS 

DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SIR THOMAS PHILLIPPS'. 

Le conseil général de la Gironde fut saisi, en 1889, par M. Dezeime- 

1. La note qu'on va lire nous a été communiquée par notre confrère M. Bru- 
tails, qui s'est discrètement abstenu de signaler la part qui lui revient dans le 
succès d'une très délicate négociation. 



228 CHRONIQUE ET Me'LANGES. 

ris, l'un de ses membres, correspondant de l'Académie des inscriptions, 
d'une proposition ayant pour objet l'achat des documents bordelais de 
la collection formée par sir Thomas PbiUipps. La proposition, soutenue 
avec talent et autorité, rallia les suffrages de l'assemblée départemen- 
tale, qui mit généreusement à la disposition de l'administration les 
fonds jugés nécessaires à la réalisation de ce projet. 

De premiers pourparlers échouèrent; mais, comme les crédits ne pou- 
vaient pas être indéfiniment immobilisés et reconduits sur les exercices 
ultérieurs, on a repris dernièrement les négociations, qui viennent 
d'aboutir. Le département et, pour une part, la ville de Bordeaux ont 
donc conclu l'acquisition de 28 registres et de 2,068 chartes. 

Ces documents ont été pour la plupart la propriété d'A. Monteil. Ils 
proviennent, les chartes détachées surtout, de fonds nombreux : arche- 
vêché, chapitre métropolitain, Saiut-Seurin et Saint-Pierre de Bor- 
deaux, abbaye de Sainte-Croix, de la même ville, abbayes de La 
Sauve, de Bonlieu, Dominicains, Franciscains, Glarisses, hôpital Saint- 
James de Bordeaux, seigneurie de Castelnau-en-Médoc, intendance, etc. 
Il convient d'ajouter que les archives de La Sauve, de Saint-Seurin et 
de Saint-James sont celles qui ont fourni le plus de documents. 

Ces différentes pièces répondent à la partie bordelaise du catalogue 
que M. Omont a publié en 1889, dans la Bibliothèque de l'École des 
chartes. Les deux articles 4069 et 4412 ont toutefois été retenus à 
Cheltenham. 

A^oici des principaux volumes un tableau sommaire, où ils sont grou- 
pés par fonds. Les numéros sont ceux qui leur étaient attribués à Chel- 
tenham et que M. Omont a conservés dans son catalogue. 

Archevêché, 113. Revenus de l'archevêché, xni« s. 
2855. Idem. 

1314. Terrier, xv* s. 

Chapitre métropolitain, 82 et 16902. Gensier, obituaire et cartulaire, 
xme s. 

3003. Acquisition de dîmes de Montferrand, xv s. 

1316. Terrier, xv" s. 
Saint-Seurin de Bordeaux, 71. Cartulaire, xh«-xiv® s. 

1327. Livre des statuts, xiv^-xvii» s. 

1315. Terrier, xv« s. 
1315 bis. Id. 
1340. Id. 

1319. Procès entre l'archevêque de Bordeaux et les chapitres de 

Saint- André et de Saint-Seurin, xv« s. 
20290. Recueil factice de titres de la confrérie du Saint-Esprit, 

xiir-xv" s. 
3507. Dons faits à la confrérie du Saint-Esprit, xiv«-xv« s. 
9718. Terrier de ladite confrérie, xv* s. 



CHRONIQUE ET MELANGES. 229 

Abbaye de La Sauve, 69. Petit cartulaire, xiii» s. 
1069. Recueil de seize bulles, xii*-xm' s. 
1318. Terrier, xv' s. 
1334. Id. 

4364. Id. 

2859. Id. 

2857. Terrier, xv°-xvi« s. 
Abbaye de Sainte-Croix, 4371. Huit premiers feuillets de l'obituaire de 
Sainte-Croix, xiv* s. (Le reste de l'obituaire, qui se trouvait 
aux archives de la Gironde, a été publié, l'année dernière, 
dans le tome XXVII des Archives historiques, p. 293 et suiv.) 
Dominicains de Bordeaux, 2854. Terrier, xvi« s. 
1331. Procès avec les Franciscains, xv" s. 
Hôpital Saint- Jaynes, 1341. Terrier, xv'-xvi" s. 
Seigneurie de Castelnau, 2858. Terrier, xv^-xvi' s. 

231. Terrier, xv* s. 
Intendance, 6432. Copie de lettres reçues de la cour par l'intendant 
Boutin. 

AUGUSTIN CHASSAING. 

M. Francisque Mège, dont le nom est connu de tous ceux qui s'oc- 
cupent de l'histoire d'Auvergne, a consacré à notre regretté confrère 
quelques pages dans le Bulletin historique et scientifique de l'Auvergne : 
Augustin Chassaing, ancien élève de VÉcole des chartes. Notice biogra- 
phique (tiré à part, Clermont-Ferrand , Louis Bellet, 1893, in-S" de 
23 p.). Lié pendant cinquante ans avec A. Chassaing, M. Mège se trou- 
vait plus à même que beaucoup de retracer la vie et les travaux du 
consciencieux érudit. La liste chronologique des publications de notre 
confrère, par laquelle se termine l'opuscule de M. F. Mège, étant infi- 
niment plus complète que celle qui a été donnée ici (tome LUI, 1892, 
page 315-316), nous la reproduisons : 

Liste chronologique des publications d'Augustin Chassaing. 

1. Notice sur un tiers de sol d'or mérovingien frappé à Anicium (Le 
Puy). [Annales de la Société d'agriculture, sciences, arts et commerce du 
Puy, tome XXVI, 1863, page 58-69.) 

2. Rapport lu le 5 juillet 1866 sur une trouvaille de pièces d'or du 
xive siècle qui avait eu lieu près du Puy. [Annales, tome XXVIII, 
1866-7, page 112-114.) 

3. Notice sur un denier carlovingien frappé au Puy et portant le 
nom du roi Raoul. Le Puy, Marchessou, 1868. (Extrait des Annales, 
tome XXVm, 1866-7, p. 485-496.) 



230 



CHRONIQUE ET MELANGES. 



4. Inventaire du mobilier du château d'Espaly dressé après le décès 
de Pierre Gorgueil, évêque du Puy (février 1527). — Quittance d'un 
trousseau constitué en dot à une fille noble (1377). (Extrait des Annales 
de la Société, etc., tome XXVIII, 1866-7, page 565-598.) 

5. Lettre de rémission du roi Charles "VII concernant le nommé 
Jehan Baratier, de Chomélix, faux monnayeur (1447). (Annales de la 
Société, etc., tome XXIX, 1868, page 12-22.) 

6. Relation lue le 4 mars 1868 de la visite faite au Puy les 7 et 8 fé- 
vrier 1868, par le R. P. Raphaël Garrucci, le célèbre archéologue romain. 
{Annales, etc., tome XXIX, 1868, page 48-54.) 

7. Note sur les billets de confiance émis en 1792 par les municipali- 
tés de la Haute-Loire. {Annales, etc., tome XXIX, 1868, p. 147-8.) 

8. L'ex-voto de la délivrance de la peste de 1629 à la cathédrale du 
Puy. (Annuaire de la Haute-Loire, 1869, 2" partie, p. 59-68.) 

9. Le livre de Podio ou Chroniques d'Etienne Médicis, bourgeois du 
Puy. Le Puy, Marchessou, 1869-1874, 2 vol. in-4°, lvi-564, 664 p. 

10. Lettre de rémission pour Pierre Mondonnier, receveur des aides 
au bas-pays d'Auvergne. (Annales, etc., tome XXX, 1869, page 83-91.) 

11. Inventaire du trésor de l'église collégiale et paroissiale de Saint- 
Georges du Puy (juillet 1352). (Revue des sociétés savantes, 1873, II, 
p. 112-119.) 

12. Notice historique sur un sceau de Jeanne de Jambes, dame du 
Luguet, veuve de Jean de Polignac, seigneur de Beaumont. Le Puy, 

1874. (Annales, etc., tome XXXI, 1870-1871, l'-e partie, page 265-273.) 

13. Notes sur l'orfèvrerie du Puy au moyen âge et à la Renaissance. 
Le Puy, 1874. (Annales, etc., tome XXXI, 2^ partie, p. 41-58.) 

14. Procès-verbal de l'élection par les états du Velay de trois députés 
aux États généraux d'Orléans (27 mars 1649). (Annuaire de la Haute" 
Loire, 1874, p. 418-425.) 

15. Procès -verbaux des élections consulaires de la ville du Puy 
en 1696, 1697 et 1698. (Annuaire de la Haute-Loire, 1875, p. 451-464.) 

16. Lettres de Louis XI portant donation à Charles des Astars, con- 
nétable de Bordeaux et bailli de Vivarais, de la seigneurie de Pierre- 
latte-en-Valentinois, confisquée sur Gabriel de Bernes, ancien maître 
d'hôtel du roi (21 juin 1461). (Revue des sociétés savantes, 1875.) 

17. Mémoires de Jean Burel, bourgeois du Puy. Le Puy, Marchessou, 

1875, in-4", xxxvi-584 p. 

18. Rôle du reinage de la confrérie de Saint-Jacques des villageois de 
Vais, près le Puy-en-Velay. (Revue des sociétés savantes, 1875, I, p. 557- 
560.) 

19. Traité passé le 4 avril 1364 entre les états d'Auvergne et Seguin 
de Badefol pour l'évacuation des montagnes d'Auvergne et du Velay. 
(Revue des sociétés savantes, 1876, II, p. 163-173.) 



CHRONIQUE ET MÉLANGES. 23^ 

20. Ancien catalogue des prieurs de la chartreuse du Glandier, au 
Bas-Limousin. {Revue des sociétés savantes, 1877, p. 314-315.) 

21. Inventaire du mobilier du château d'Ozon-en-Vivarais (juin-juil- 
let 1361). {Revue des sociétés savantes, 1880, p. 163-168.) 

22. Calendrier de l'église du Puy au moyen âge. Paris, Champion, 
1882. {Annales, etc., tome XXXIII, 2" partie, p. 265-293.) 

23. Cartulaire des Templiers du Puy-en-Yelay. Paris, Champion, 
1882. [Annales, etc., tome XXXIII, 2« partie, p. 139-263.) 

24. Chartes de coutumes seigneuriales de Chapteuil et de Léotoing 
(Haute-Loire) (1253-1264). [Nouvelle revue historique du droit français. 
Paris, Larose et Forcel, 1882, p. 76-88.) 

25. Nécrologie. Pierre-Marie- Henry Vinay, ancien député de la Haute- 
Loire. Le Puy, Freydier, 1882, in-8°. 

26. Baux à ferme de la monnaie du Puy, par les évêques du Puy à 
Raymond Touchebœuf, bourgeois de Montpellier (2 décembre 1269), et 
à Guillaume de la Ferté, bourgeois de Saint-Pourçain (11 août 1318). 
Paris, Rollin et Feuardent, 1882. [Mélanges de nuynismatique, tome III, 
p. 440-452.) 

27. Association monétaire entre Yves, prieur de Souvigny, et Agnès, 
dame de Bourbon (16 janvier 1272). {Revue numismatique, 1884, p. 446- 
451.) 

28. Ordonnances de Louis XI sanctionnant des articles arrêtés entre 
les consuls et les habitants du Puy pour l'administration de cette ville 
(novembre 1469). (Extrait de la Nouvelle revue historique du droit fran- 
çais et étranger. Paris, Larose et Forcel, 1884, p. 87-99.) 

29. Trois documents historiques relatifs à la Haute-Loire : Cahier du 
tiers état (1789); Démarcation et division du département (1790); Déno- 
minations révolutionnaires (1793). Le Puy, Marchessou, 1884. (Extrait 
de VAnnuaire de la Haute-Loire, p. 431-459.) 

30. Les méreaux de la collégiale de Langeac (Haute-Loire) (août 1375). 
[Revue numismatique, 1885, p. 179-182.) 

31. Mémoires d'Antoine Jacmon, bourgeois du Puy. Le Puy, Mar- 
chessou, 1885, in-4°, xiv-xii-308 p. 

32. Spicilegium Brivatense, recueil de documents historiques relatifs 
au Brivadois et à l'Auvergne. Paris, Imprimerie nationale, 1886, in-4', 
xvn-751 pages. 

33. Cartulaire des hospitaliers (ordre de Saint-Jean de Jérusalem) du 
Velay. Paris, Picard, 1888, grand in-8°, lxviii-278 p. 

34. Inventaire du mobilier de la maison forte de Bonneville dressé 
après le décès de Gonet de Chapteuil, seigneur de Bonneville, 16 no- 
vembre, 11 et 16 décembre 1454. Lille, Desclée, de Brouwer et C'e, 1889. 

35. Le Velay en 1771. Remarques sur le pays du Velay par M. de 
Fages, commissaire principal à l'assiette du Puy, tenue le 17 avril 1771. 
Le Puy, Marchessou, 1890, in-12. 



232 



CHRONIQUE ET MELANGES. 



36. Catalogue des manuscrits de la bibliothèque du Puy. (Extrait du 
Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France.) 
Paris, Pion, 1890, grand in-8°, 20 pages. 

37. Velay et Auvergne. Sous ce titre VAlmanach de la Haute-Loire 
pour 1893 publie six pièces historiques recueillies par Augustin Chas- 
saing, savoir : Requête de M. de Saint- Vidal aux états du Velay du 
23 janvier 1563. — Requête de l'abbé du grand clocher de la cathédrale 
du Puy aux états du Velay de 1570. — Prix fait du pont en bois de la 
Voûte-sur- Loire, 7 février 1693. — Prix fait de la maçonnerie du pont 
de la Voùte-sur-Loire, du 20 février 1693. — Prix fait de la reconstruc- 
tion de l'abbaye des Ghazes, du 30 septembre 1666. — Prix fait donné 
à Gabriel Grouzet, sculpteur au Puy, d'un tabernacle pour le maître- 
autel de Saint- Victor-Malescours, du 1" mai 1669. 



INSTRUCTIONS DONNEES A UN COPISTE DU X V^ SIECLE. 

MM. S. Berger et P. Durrieu ont signalé récemment, dans un très 
curieux mémoire', l'intérêt que présentaient les notes mises en marge 
de certains manuscrits pour guider l'enlumineur dans son travail. 
Pareille précaution a été prise quelquefois pour de simples copistes, 
même lorsque le manuscrit ne devait pas être l'objet d'une ornementa- 
tion luxueuse. Ainsi, on trouve une note de ce genre dans le manus- 
crit 572 des Nouvelles acquisitions latines ^ de la Bibliothèque natio- 
nale acheté récemment à la vente Le Cavelier^. Cette note nous a paru 
assez intéressante pour mériter d'être reproduite ici : 

« Explicit tabula brevis hujus operis ; sequitur ordo scribendi hoc opus 
sccundum artem. — Ut autem clarius innotescat in hoc opère ordo 
intelligendi, talis in eo scribendi servetur modus, videlicet quod majo- 
ribus litteris rubeis vel azureis, que sunt in ipsorum sermonum exordio, 
proporcionaliter detur spacium sex linearum ; articulorum vero iniciis 
quatuor liniarum spacium sufficiens est; capitulorum vero principiis 
due Unie sufficere possunt. Ex tali quidem scribendi ordine atque modo, 
distinctio sermonum ab articulis et articulorum a capitulis legentibus 
clarius apparebit, quemadmodum, in sequenti opère, exemple et expe- 
ricntia patcre potest. » 

G. G. 



1. Les notes pour Venlumineur dans les mss. du moyen âge. Paris, 1893, 
in-8°. Extrait du t. LUI des Mémoires de la Société des Antiquaires de France. 

2. Fol. 1 V". 

3. Première partie, 26 février-9 mars 1894, n° 67. « Tractatus de cbristiana 
rcligione edilus per S. Bernardinum de Senis. » 



CHRONIQUE ET MÉLANGES. 233 



UNE PRÉTENDUE BIBLE LYONNAISE DE L'ANNÉE 1500. 

M. Gopinger, sous le n» 122 de sa Bibliographie des Bibles latines du 
xv® siècle, intitulée : Incunabula biblica, enregistre, dans les termes 
suivants, une édition lyonnaise de la Bible, à laquelle il assigne la date 
de 1500 : 

« Biblia latina, cum summariorum apparatu pleno quadruplicique 
répertorie insignita. Lugduni, in officina Jacobi Saconi. Quarto. » 

Le savant bibliographe anglais n'avait point rencontré d'exemplaire 
de cette bible ; il l'a citée sur la foi d'auteurs qui n'en ont jamais donné 
une description détaillée et qui l'indiquent les uns comme un volume 
in-quarto, les autres comme un volume in-octavo. 

Un exemplaire de cette bible a récemment figuré sous le n» 3824 
dans le Catalogue de la quatrième partie de la bibliothèque de M. Ri- 
cardo Heredia, vendue à Paris, du 12 avril au 11 mai 1894. Il était ainsi 
annoncé : « Biblia cum summariorum, etc. Lugduni, in officina Jacobi 
Saconi, 1500; fort volume in-8o. » 

Vérification faite, cette bible, aujourd'hui classée à la Bibliothèque 
nationale sous la cote A. 17960, appartient à l'année 1515 et non point 
à l'année 1500. On y lit, à la fin de l'Apocalypse : « Explicit Biblia...; 
Lugduni, in officina Jacobi Saconi, anno Domini decimo quinto supra 
millesimum, duodecimo kalendas octobris. » Il est évident que le com- 
positeur a omis le mot quingentesimo après le mot Domini. L'omission 
serait évidente lors même que nous n'aurions pas une autre bible impri- 
mée par le même Jacques Sacon en 1511, avec une souscription por- 
tant : « Impressa per magistrum Jacobum Sachon, anno Domini quin- 
gentesimo undecimo supra millesimum, die xni januarii. » (Bibl. nat., 
A. 5650.) 

Il est assez remarquable que le mot quingentesimo ait été omis dans 
la souscription d'une autre bible lyonnaise de l'année 1514 : « ... Lug- 
duni, in officina Jacobi Mareschal, anno Domini decimo quarto supra 
millesimum, duodecimo kalendas aprilis. » (Bibl. nat., A. 5652.) 

L'omission du mot quingentesimo a trompé les bibliographes et leur 
a fait attribuer à l'année 1500 une bible dont la date véritable est le 
20 septembre 1515. La bible lyonnaise de 1500 semble donc être un 
livre imaginaire, comme on avait pu le conjecturer dans le Journal des 
Savants (1893, p. 213), même avant d'avoir constaté à la vente de la 
bibliothèque de M. Heredia que la bible annoncée comme publiée à 
Lyon en 1500 portait expressément la date du 20 septembre 1515. 



234 



CHBONIQUE ET MELANGES. 



LE CHANSONNIER ALLEMAND DE LA BIBLIOTHÈQUE 

D'IÉNA. 

Parmi les collections de poésies des Minnesânger, il en est peu d'aussi 
célèbres que celle que nous a conservée le fameux manuscrit de la 
bibliothèque d'Heideiberg. Ce manuscrit est surtout remarquable par 
les figures qui accompagnent le texte. La bibliothèque universitaire 
d'Iéna possède actuellement un manuscrit non moins intéressant, jadis 
propriété de la bibliothèque électorale de Saxe de Wittenberg. Ce 
manuscrit se distingue parce que les poésies sont accompagnées de 
notations musicales ajoutées par une main contemporaine. Il offre donc 
une importance capitale pour la connaissance de la musique laïque du 
moyen âge. M. K.-K. MûUer, bibliothécaire d'Iéna, entreprend aujour- 
d'hui la publication de ce manuscrit en une reproduction photogra- 
phique, accompagnée d'une transcription et de renseignements histo- 
riques. Nous venons un peu tard pour annoncer la souscription ouverte 
seulement jusqu'à la Pentecôte. Quatre éditions différentes en seront 
données : la première se composera de 266 feuilles anopistographes ; la 
deuxième de 133 feuilles imprimées des deux côtés; la souscription pour 
ces deux éditions est de 150 marks. La troisième édition (180 marks), 
imprimée des deux côtés, aura une reliure ancienne en cuir avec fer- 
moirs gothiques; la quatrième (200 marks), une reliure ancienne en 
véritable peau de truie, avec fermoirs gothiques. La publication est faite 
par la maison Fr. Strobel à léna. 

REVUE NÉO-SCOLASTIQUE. 



Depuis plusieurs années déjà se manifeste chez les philosophes 
catholiques un retour à la philosophie scolastique, adaptée aux idées 
modernes; Léon XIII, en conviant, par son encyclique Mterni Patris, 
les penseurs à l'étude des écrits de saint Thomas d'Aquin, a contribué 
puissamment à créer et à développer ce mouvement. Le néo-thomisme 
a trouvé déjà des organes : en Italie, le Divus Thomas, le Vessillo di 
santo Tommaso, la Favilla scolastica, sans compter des revues d'un 
caractère plus général, comme la Civiltà catlolica; en Allemagne, le 
Jahrbuch fur PIMosophie und spéculative Théologie et, plus récemment, 
le Philosophisches Jahrbuch, édité par la Gôrresgescllschaft ; dans la 
France, qui a été l'un des premiers pays à se mettre à la tète du mou- 
vement, l'Académie de Saint-Thomas de Coutances, les Annales de phi- 
losophie chrétienne et, tout récemment, la Revue thomiste, commune à 
notre pays et à la Suisse. Bien que les études scolastiques n'aient point 
été jusqu'ici négligées en Belgique, elles n'y avaient aucun organe propre. 



CHRONIQUE ET MÉLANGES. 235 

La Société philosophique de Louvain, présidée par Mgr Mercier, a voulu 
combler cette lacune, et c'est à quoi tend la Revue néoscolastique (Lou- 
vain, A. Uystpruyst-Dieudonné ; Paris, Félix Alcan. Trimestriel. 10 fr. 
par an pour la Belgique, 12 fr. pour l'étranger). Cette revue aidera 
naturellement à la connaissance du moyen âge par des articles comme 
celui où M. Forget, l'éditeur d'Avicenne, donne la traduction d'un cha- 
pitre du philosophe arabe sur « l'Ame terrestre et l'âme céleste, » ou 
comme l'étude de M. de Wulf sur « l'Exemplarisme et la théorie de 
l'illumination spéciale dans la philosophie de Henri de Gand, » que 
contient le premier numéro (janvier 1894). 



REGISTRE DES LETTRES DU ROI DE CHYPRE. 

Dans une des notes que le savant éditeur du Liber censuum de l'église 
romaine a données sur quelques manuscrits de la reine de Suède, à la fin 
du dernier numéro de la Bibliothèque de l'École des chartes (novembre- 
décembre 1893, p. 786), il exprime le regret (p. 789) d'avoir vainement 
recherché au Vatican le volume que le catalogue de Montfaucon inti- 
tule : Registre des lettres du roi de Chypre. 

J'ai été plus heureux que M. Fabre. Après l'avoir cherché longtemps, 
j'ai fini par retrouver ce curieux registre parmi les manuscrits du Vati- 
can provenant du baron Stosch. C'est un petit volume in-4o, en papier 
oriental gommé et satiné, que nous ne pouvons plus qualifier de papier 
de coton, puisqu'il est chimiquement démontré aujourd'hui que tous 
les anciens papiers dits papiers de coton ont été fabriqués avec des chif- 
fons, en Orient comme en Occident. 

Il répond bien au n" 509 de Montfaucon et porte le n» ccxxxi (231) 
du fonds Ottoboni. 

Nous avons là un registre original de la Secrète royale de Nicosie, 
renfermant, en cinq livres ou chapitres différents, les actes royaux 
enregistrés à la Secrète pendant l'année financière 1468-1469, du mois 
de mars 1468 à la fin de février 1469. 

J'en ai publié la plus grande partie dans le tome III de V Histoire de 

Vile de Chypre sous le règne des princes de la maison de Lusignan, 

p. 189-309. 

L. DE Mas-Latrie. 

COMPTES DE TOURNAI DU XIII^ SIÈCLE. 

Notre confrère M. Armand d'Herbomez vient de publier, dans le 
Compte-rendu de la Commission royale d'histoire de Belgique (5* série, 
t. III, n° 5), une note très curieuse, mais malheureusement trop courte, 



236 



CHRONIQDE ET MELANGES. 



dans laquelle il signale l'existence aux archives de Tournai de comptes 
des années 1240-1243 et 1276-1277. 

Parmi les articles de dépense que cite notre confrère, on remarque 
les suivants : 

En 1241 : « Famulo régis qui adtulit litteras ut essent [Tornacenses] 
paraturi ad arma. » 

En 1242, au commencement de l'année : « Ad viam ad regem quando 
iverunt redimere trecentos pedites, viii Ib. et mi s. » — Philippe Mous- 
ket a mentionné « cil de Tournai, li trois cens, » qui prirent part à la 
campagne de saint Louis contre le comte de la Marche. 

En mai ou juin 1242 : « Garconi ballivi qui adtulit litteras quod rex 
Francie habebat Touars, n solides. » 



LA MORT DE JEANNE II, 

REINE DE JÉRUSALEM ET DE SICILE, EN 1382. 

Un très intéressant travail de notre confrère M. Noël Valois sur 
r Expédition et la mort de Louis /«■■ d'Anjou en Italie^ vient d'attirer de 
nouveau l'attention sur la triste fin de Jeanne U, reine de Naples. Les 
données des chroniques sur la date de cet événement oscillent entre le 
12 mai et le 12 juillet 1382. M. Valois lui-même n'a pas osé préciser; 
il note seulement ce fait qu'un service commandé par Charles de 
Durazzo pour le repos de l'âme de la reine fut célébré le 31 juillet dans 
l'église de Santa Chiara. 

Le document inédit que nous publions ici, tout en soulevant plusieurs 
problèmes, semblerait fixer la date exacte de la mort de l'infortunée 
princesse au 27 juillet 1382 : date qui s'accorde fort bien avec la célé- 
bration d'un service quatre jours plus tard. C'est une lettre de la sei- 
gneurie de Florence à Pietro Gambacorti, capitaine général de Pise et 
ami des Florentins. Il n'y a pas lieu de douter de son authenticité : 
elle est copiée dans un recueil italien de la fin du xiv siècle ou du 
commencement du xv° siècle^, au milieu d'une foule d'autres lettres 
émanées de la chancellerie florentine et, celles-ci, d'une authenticité 
prouvée. En voici le texte : 

« Idem [Florentini] ad Petrum de Gambacurtis. 

« Magnifico domine, amice carissime. Ex instinctu carnis et sanguinis 
quo illustri domine Johanne, Jérusalem et Gicilie regine, nos natura 
conjunxit, non sine mentis amaricatione referimus, quod ipsa, divino 



1. Revue des Questions historiques, t. LV, année 1894, p. 84-153, et spécia- 
lement, pour le fait qui nous occupe, p. 119 et 120. 

2. Bibl. nat., nouv. acq. iat. 1151, fol. 9. 



CHRONIQUE ET ME'lANGES. 237 

beneplacito, quodam gravi morbo depressa, infirmitatis sue lectum 
pluribus diebus incoluit, ac, ex divine inspiratione gratie mentalibus 
oculis ad lucem veritatis appertis, ad cor suum reversa cognoscensque 
se falsis sismaticorum suggestionibus fuisse delusam, assumpsit peni- 
tudinis spiritum, verumque pastorem ecclesie dominum nostrum Urba- 
num papam VI ore et corde in confessione et contrictione professa 
extitit. Et receptis per eam sacrosanctis ecclesiasticis sacramentis, die 
XXVII julii nuper elapsi, sicut domino placuit, ab hac vita decessit. Et 
quanquam ipsa dicto erroris devio fuisset obducta, speramus tamen 
quod, cum lapsum suum ex aliorum sismatibus cognovit in ultimis 
ipsaque in aliis suis catolice et exemplariter vixit, ad eternam gloriam 
Christi domini miseratione migravit. Gumque, ex amoris zelo et devo- 
tionis afîectu quem semper gesistis et geritis ad regiam domum, vos 
presuponamus de ipsius obitu exinde dolere, nos, vobiscum perinde 
condolentes, vobis talia significantes providimus, ut de ipsius ab hoc 
seculo laudabilis exitus certes vos exinde ad consolationis spiritum 
faciamus. » 

On s'étonnera, en premier lieu, qu'il ne soit point question ici de 
mort violente. Car, si l'on hésite sur le genre de supplice infligé à 
Jeanne II, jamais on n'a mis en doute qu'elle n'ait été la victime de 
Charles de Durazzo. Voici, d'autre part, une bien singulière nouvelle : 
la reine de Naples aurait, avant d'expirer, abjuré l'obédience de Clé- 
ment VII et reconnu la légitimité d'Urbain VI. Elle ne serait donc pas 
morte impénitente le 22 mai, comme le rapporte Raynaldi'. 

Une abjuration in extremis est dans les choses vraisemblables. Entou- 
rée certainement de prêtres urbanistes, Jeanne put craindre de mourir 
privée des derniers sacrements si elle persistait à renier Urbain VI. 
On peut s'étonner, il est vrai, si l'abjuration eut vraiment lieu, que les 
urbanistes n'aient pas exploité cette nouvelle favorable à leur cause. 

Mais toute cette fin est enveloppée de mystères, et les documents 
nous manquent pour une critique approfondie des problèmes que sou- 
lève la lettre de Florence à Gambacorti. Nous la donnons telle qu'elle 
est, n'ayant aucune raison d'en suspecter l'authenticité. Rappelons, en 
terminant, que Florence avait partout, au xiv^ siècle, des agents bien 

informés. 

E. Jarry. 

POÈME NÉERLANDAIS SUR LA BATAILLE DE GUINEGATE 

OU DE TÉROUANNE. 

On vient de retrouver à la bibliothèque de l'Université de Gœttingue, 
sur un feuillet de garde d'un Lactance (imprimé à Bâle en 1521), un 

1. Annales Ecclesiastici [Baronius], année 1382, g 1. 



238 



CHRONIQUE ET MELANGES. 



fragment de quatre-vingt-huit vers néerlandais. Il est intitulé : Van 
den Pransoysen die gefangen j| vnd doit sint vmbtrent Terewain. Il s'agit 
de la journée des Éperons, ou bataille de Guinegate (16 août 1513). 

M. Otto Heinemann a édité ce texte et l'a fait suivre d'une traduction 
allemande et d'une identification des seigneurs français qui y sont men- 
tionnés, dans la Sammlung bibliotliekswissenschaftlicher Arbeiten\ diri- 
gée par M. Karl Dziatzko, professeur de bibliothéconomie à l'Univer- 
sité de Gœttingue, fascicule 6, p. 74-85. 

F. L. 



SERVICE DES PESTIFERES A SAINT-OMER EN 1625. 

M. Pagart d'Hermansart a pensé qu'il était intéressant de rechercher 
les mesures prises autrefois en cas de peste. Les archives communales 
lui ont fourni quelques renseignements précis sur l'Organisation du 
service des pestiférés à Saint-Omer en 1625 (Saint-Omer, impr. H. d'Ho- 
mont^ 1893, in-8° de 22 p. Extrait du Bulleti?i historique de la Société 
des antiquaires de la Morinie). Il a pu nous faire connaître ainsi les 
mesures arrêtées pour le transport des corps morts, dont on chargeait 
une personne spéciale; les précautions prises pour empêcher la conta- 
gion du mal; l'organisation du service médical et chirurgical ; les saints 
invoqués dans le nord de la France contre le fléau (saint Omer, saint 
Bertin, saint Adrien, Notre-Dame des Miracles). 



L'ARTILLERIE DE GRAY EN 1638. 

Grâce à un inventaire dressé en 1638 par l'auditeur des comptes 
Daniel Privé et conservé aux archives du Doubs, notre confrère M. Jules 
Gauthier a pu reconstituer l'Artillerie de la place de Gray pendant les 
guerres du XVlh siècle (Vesoul, impr. A. Suchaux, in-8° de 20 p.). Les 
descriptions de Daniel Privé sont si précises et si complètes que 
M. J. Gauthier, qui a servi jadis dans l'artillerie, est parvenu à rendre 
par le dessin quatre des soixante-quatorze pièces qui servaient à la 
défense de la forte place de Gray au milieu du xvn^ siècle. 

LA TROUVAILLE DE VALLEYRES. 

Une découverte de pièces anciennes, la première de ce genre dans le 
district d'Orbe (canton de Vaud en Suisse), a été faite le 18 mars 1893 
en pratiquant un minage dans une vigne au lieu dit « sur le Moulin, » 



1. Leipziji, Spirgatis, in-8« 



CHRONIQUE ET MELANGES. 239 

près de Valleyres. M. Maurice Barbey, qui a pu réunir cinquante-une 
de ces pièces (50 de levêciié de Lausanne, dont 49 au même type, et 
une de révêché de Saint-Maurice-d'Agaune en Ghablais), en donne la 
description dans une petite brochure portant le titre ci-dessus (Orbe, 
impr. A. BoUat, 1893, in-8° de 6 p., avec une planche). 



NOMS VULGAIRES D'OISEAUX ET DE POISSONS 

AU XVI« SIÈCLE. 

Dans la Réserve du Département des imprimés de la Bibliothèque 
nationale, on trouve, sous la cote Tc^^ 8, un exemplaire du traité inti- 
tulé : Claudii Galeni Pergameni de alimentorum facultatibus libri très 
(Paris, Ghr. Wechel, 1541, in-folio), à la suite duquel est relié un com- 
mentaire manuscrit, datant évidemment du milieu du xvi' siècle. Ce 
commentaire mérite d'être signalé, en raison d'un assez grand nombre 
de noms vulgaires d'oiseaux et de poissons qu'il renferme. En voici 
quelques exemples : 

Aves aquaticsB. 

Ardeola, les Aigrettes, quasi Heronnettes. 

Platyramphoi, les Poches ou Trubletz. 

Ganzœ, Oyes petites de Hollande. 

Chenalopax, des Grevantz Northmannis. 

Cheneros, des Beccanes Northmannis. 

Tetrao, des Canes d'Inde. 

Himantopodes, des Chevaliers Northmannis. 

Porphyriones, des Flamans Monpiessulanis. 

Onocrotali, Cygnes d'AUemaigne. 

GavisB, des Mauves et des Gourmandz Northmanis. 

Aves terrestres. 

Ibis, la Gente. 

Numidaca affricana, la Poulie d'Inde. 

Perdix, la Perdrix rouge ; altéra rustica, la grise, quod ruri in sege- 
tibus vivat. 

Huic genus finitimum Galinula, la Gelinote de mons. de Sainct Valier. 

Galgulus, Glauge Monpessulanis. 

Lagopus, la Gelinote de Savoye. 

Pluvius, un Piouvier Northmannis. 

Pusillx, des Petites Northmannis. 

Holitor, Lugduni un Ortolan ; hune putant esse Viridarios Gallorum, 
les Verdiers. 

Atricapilla, la Roussete Northmanis. 

Rubellia, la Rouge gorge Northmanis. 



240 



CHRONIQUE ET MELANGES. 



Rostrata, la Bécasse, Videcoq. 

Nucifrayus, Cache avellana Gratianopolittanis. 

Regulus, la Rebette Northmanis. 

Varia piscium nomma. 

Scarus, une sorte de Socquena Monpessulanis. 

Mcrula, Turdus, Fuca, Perça, Julia (?), Saxahiles pisces, Pes rochartz 
Monpessulanis, Pavon, Rossigneol, Perrocquet, Merle. 

Lupus, Loup Monpessulanis ; Dars Northmannis. 

Sperlencus, de l'Espellenc Northmannis. 

Squilla, de l'Esquille Northmannis. 

Coracinus, Pez re Monpessulanis; de la Maigre, Burdegals ; Graculus 
Lalinis. 

Duri [pisces]. 

Passer, la Plie Northmannis; la Plane Monpessulanis; le Carrelet, 
Lutetix. 
Acus, les Esguilles Monpessulanis; Orphis Northmannis. 

Ohartilaginei. 
Rana, un Martin pescheret Monpessulanis. 



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NOUVELLES ACQUISITIONS 

DU 

DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS 

DE 

LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE 

PENDANT LES ANNÉES 1892-1893. 
(Suite et fin.) 



Très grand format. 

5934. « Catalogue des livres imprimés et manuscrits de la biblio- 
thèque publique de la ville d'Alençon. » 

xix^ s, Pap. -i 09 feuillets. 

5935-5939. « Bibliothèque de Nantes. I, Belles -Lettres; II, 
Sciences et Arts; III, Histoire; IV, Théologie; Y, Jurisprudence. » 

xix^ s. Pap. ^00, -103, 88, 99 et 39 feuillets. 

5940. « Catalogue de la bibliothèque de la ville de SaHns (Jura), 
4849. )) 

xix« s. Pap. 20 feuillets. 

5941. Aveu et dénombrement du sieur de Vielz-Maisons au sieur 
de Louviers pour Vielz-Champaigne. (4625.) — Incomplet du com- 
mencement et de la fin. 

xvii« s. Parch. 8 feuillets. (Don de M. E. Petit, de Vausse.) 

5942. Recueil de chartes et pièces originales (4263-4695), parmi 
lesquelles on remarque une charte de Jean, sire de Joinville (4 6 août 
4263); —Quatre mandements de Charles VI (4385 et 4442)-, — 
« Lettre d'état » du duc Antoine de Lorraine, confirmant les octrois 

4894 46 



242 NOUVELLES ACQUISITIONS 

faits par les ducs ses prédécesseurs (Nancy, -I" février -^5^3); — 
Lettres d'anoblissement du même duc en faveur de Louis de Lescut 
(^3'I7)•, — Quatre lettres concernant différents offices du duché de 
Vendùmois et du château de Blois (4 529-'l695). 
xiii''-xvii^ s. Parch. U feuillets. 



Moyen format. 

6360-6363. « Mémoires de M'' le prince de Talleyrand. » — 
Copie de M. Ad. de Bacourt, déposée le 'H avril ^892 à la Biblio- 
thèque nationale par les exécuteurs testamentaires du prince, MM. le 
duc de Broglie et Châtelain. 

xixe s. Pap. 250, 238, 250 et 257 feuillets. 

6364. Recueil de pièces relatives à la Bibliothèque nationale 
(xyii^-xii*^ siècles). 

Quatre contrats de vente originaux par Nicolas et Louis Colbert à 
Ph.-J. Mazarini-Mancini, duc de Nivernois, de terrains occupés 
aujourd'hui par la Bibliothèque nationale (-1688 et ^702) (fol. i). — 
Estimation des manuscrits de Colbert (fol. 40). — Arrêt du Conseil 
d'État relatif aux estampes du Cabinet du Roi détournées par l'abbé 
de Chancey (43 octobre 4736) (fol. 42). — Lettre de Turlot à Real, 
directeur général de la police, pour réclamer la réintégration à la 
Bibhothèque nationale des Mémoires du cardinal de Retz (9 février 
4803) (fol. 45). 

xvii<=-xix^ s. Pap. 46 feuillets. 

6365. Recueil de pièces concernant l'Artois, la Bretagne et la Brie 
(4344-4542). 

« Compotus Johannis le Vaasseur, baillivi de Bonnieres « (4342- 
434 3) (fol. 4). — Rule des hommes liges ou demi-liges de Sens, 
Beuvry, Wiulennes (vers 4324) (fol. 3). — Compte de « Jakemon 
Cornillc » pour travaux faits à Hesdin (4324-4 322) (fol. 5). — 
« Mymc et declaracion des heritaiges, fiez, rentes... que Pierre de 
Villcl)lanche,... curateur... de demoiselle Katherine du Chastelier, 
tient des compte et contesse de Laval,... en la parouesse d'Evrac... » 
(fol. 45). — a Rolles des deffaulx, amendes... en la prevosté de la 
Grandie en Brie » (4540-4 544) (fol. 22). 

xiv«-xvi« s. Parch. 27 feuillets. 

6366. Cartulaire du comté de Réthel. 

Voy. la Notice sur le cartulaire du comté de lîéthel, publiée par 



DU DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 243 

M. L. Delisle dans V Annuaire-Bulletin de la Société de Vhisioire de 
France, -1867, 2« partie, p. ■l-'feo. 
xiv«-xviii'' s. Parch. ^86 feuillets. 

6367. Valère Maxime, traduction de Simon de Hesdin; fragments 
des livres I-III. 

xve s. Pap. 30 feuillets. 

6368. « Les Merancolies Jehan Du Pin sur les condicions de cest 
monde.,., lequel livre il mist nom Mandevie, qui vault aultant à 
dire, comme saige de bonne vie. » — Fol. 234 : « Blason de armes 
à la mode de Bretaigne. » 

xv« s. Pap. 239 feuillets. 

6369. « Catalogue des livres qui composent la bibliothèque de la 
ville d'Agen. — -1818. » 

xix^ s. Pap. .50 et \yA pages. 

6370. Catalogue des livres de la bibliothèque d'Ajaccio. — iSIT. 
xix^ s. Pap. 292 pages. 

6371. « Catalogue des livres de la bibliothèque centrale d'Albi. « 
xix« s. Pap. XX et 317 pages. 

6372. « Inventaire des livres déposés dans une des salles de 
l'hôtel de ville, à Arles. — Septembre 1816. » 

xix<= s. Pap. 13 feuillets. 

6373. « Dépôt littéraire d'Arras. Catalogue des livres de la biblio- 
thèque d'Abraham, condamné, 1806 » (fol. A). — « Catalogue des 
livres de la bibliothèque de Bourel de Vitry, émigré, 1806 » (fol. C). 
— « Catalogue des livres de la bibliothèque de M. de Conzié, évêque 
d'Arras, émigré, 1806 » (fol. G). — « Catalogue d^une partie des 
livres de la bibliothèque du séminaire d'Arras, trouvés chez M. Le 
Garde, chanoine d'Arras, 1807 » (fol. A). — « Catalogue des manus- 
crits sur vélin, sur parchemin et sur papier du dépôt littéraire de la 
ville d'Arras, 1806 » (fol. E). 

Bibliothèque d'Arras. Catalogue, par ordre numérique, des manus- 
crits sur vélin, sur parchemin et sur papier de la ville d'Arras, 
1806 (fol. A). — Catalogue, par ordre alphabétique, des ouvrages du 
xv« siècle qui n'ont point été repris dans le catalogue des livres de 
la bibliothèque d'Arras, 1806 (p. 67). 

xix« s. Pap. 40, 24 et 72 pages. 

6374. « Catalogue, par ordre alphabétique, des livres de la biblio- 
thèque des ci-devant religieux de Saint- Vaast d'Arras. » 

XIX' s. Pap. 387, 431 et 282 pages. 



244 NOUVELLES ACQUISITIONS 

6375. « Catalogue des livres composant la bibliothèque de Baume. 
— ^1806. » 
xix'^ s. Pap. 23 feuillets. 

6376-6377. « Catalogue des livres de la bibliothèque de Beaune 
(Côte-d'Or). » 

6376. Catalogue de la bibliothèque de Beaune, et supplément. 

6377. « Bibliothèques des ci-devant religieuses Ursulines de Beaune » 
(fol. 1); — des Gordeliers (fol. 86); — des Dominicains (fol. 160); — 
des rehgieuses de Sainte-Marie (fol. 179); — des Capucins (fol. 188); 
— des Chartreux (fol. 210). 

xix'' s. Pap. 469 et 264 feuillets. 

6378. « Département du Haut-Rhin... Catalogue des ouvrages 
composant la bibliothèque de la ville de Belfort. — 4822. » 

xrx" s. Pap. 38 pages. 

6379. « État sommaire des livres contenus dans la bibliothèque 
du (Collège de Belley. — -IS'ie. » 

XIX* s. Pap. 56 feuillets. 

6380. c( Catalogue des livres appartenant à la ville de Bergues et 
déposés en la bibliothèque de la mairie dudit lieu. — -1817. » 

xix^ s. Pap. -18 feuillets. 

6381. « Catalogue de la bibliothèque du Collège de Bourmont 
(Haute-Marne). » 

XIX* s. Pap. 8 feuillets. 

6382. « Catalogue de tous les livres composant la bibliothèque 
de la ville de Brignoles. — 4 819. » 

xix^ s. Pap. 6 feuillets. 

6383. « Catalogue des livres de la bibliothèque du ci-devant 
Collège de Brive-la-Gaillardc, département de la Corrèze. — 4807. « 

xix* s. Pap. 24 feuillets. 

6384. a Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de l'École 
centrale de la Lys, » à Bruges, « en 4 808. » 

XIX* s. Pap. 27 feuillets. 

6385. « Catalogue des livres de la bibliothèque de Cahors. » 
xix*^ s. Pap. 82 feuillets. 

6386. « Inventaire général des livres de la bibliothèque de la 
ville de Calais. — 4 849. » 

xix* s. Pap. 8 feuillets. 



DU DEPARTEMENT DES MANUSCRITS. 243 

6387. « Catalogue des livres composant la bibliothèque de la ville 
de Ghâteaudun. — -1820. » 

xix« s. Pap. 26 feuillets. 

6388. « Catalogue des livres de la bibliothèque de la ville de Cor- 
beil, dressé en l'an VI, avec les additions et changemens survenus 
jusqu'à ce jour, \2 nov. -1820. » 

xix« s. Pap. J03 feuillets. 

6389. « Catalogue des livres composant la bibliothèque de la 
ville de Crépy (Oise). » 

XIX* s. Pap. -18 feuillets. 

6390. « Catalogue des livres déposés au Collège de la ville de 
Dieppe. — 18-17. » 

XIX' s. Pap. 33 feuillets. 

6391. « Catalogue de la bibliothèque départementale des Basses- 
Alpes, » à Digne. 

xix" s. Pap. 2-1 feuillets. 

6392. a Catalogue des livres de la bibliothèque communale et 
publique de la ville de Draguignan, chef-lieu du département 
du Var. » 

xix*' s. Pap. XII et 428 pages. 

6393. « Catalogue de la bibliothèque de la ville d'Évreux (Eure). » 
XIX* s. Pap. 9 feuillets. 

6394. « Catalogue de la bibliothèque de Gap. » 
xixe s. Pap. 1 8 feuillets. 

6395. « Catalogue de la bibliothèque de la ville de Gournay. 
— \82h » 

XIX* s. Pap. 8 feuillets. 

6396. « Catalogue des livres qui se trouvent à la bibliothèque de 
Grasse (Var). — -1819. » 

xix« s. Pap, 3-1 feuillets. 

6397. « Premier [et deuxième] catalogue des ouvrages et volumes 
que contient le dépôt littéraire existant au chef-lieu du département 
de la Creuse. — Guéret, 30 prairial an X. » — Cf. le n" 33-13. 

xrx* s. Pap. 39 feuillets. 

6398. « Cathalogue des livres de la bibhothèque de la ville de 
Langres. — 181 2-1 8-1 3. » 

xixe s. Pap. 28 feuillets. 



246 NOUVELLES ACQUISITIONS 

6399. « Catalogue de la bibliothèque de la ville de Laon. — 18i8. » 
xix« s. Pap. 206, 'Id, 6, 69 et 20 pages. 

6400. « État des livres de la bibliothèque départementale de la 
Mayenne, » à Laval. — « -1820. « 

xix'^ s. Pap. 34 feuillets. 

6401. « Catalogue des livres formant le dépôt Uttéraire de la ville 
de Lavaur, département du Tarn. — i 806-1 807, « 

xix'' s. Pap. 97 pages. 

6402. « Catalogue des livres de la bibliothèque de la ville de 
Libourne. — ^8•^7. « 

xix« s. Pap. 42 pages. 

6403. « Catalogue de la bibliothèque de Mantes. » 
xix*' s. Pap. 38 feuillets. 

6404-6416 ter. Catalogue de la bibholhèque de Marseille. — ^ 8i 2. 

Les n°' 0413 bis-êUn ter contiennent la Uste des livres reçus ou 
achetés de ^sn à 1828. 

xix« s. Pap. -lo volumes. ^195, 209, 207, 139, 205, ^3^, ^96, ^86, 
127, 52, 6-1, -106, 48, 37 et 42 feuillets. 

6417. « Catalogue des livres de la bibliothèque publique de la 
ville de Meaux. » 

XIX® s. Pap. 286 pages. 

6418. « Catalogue des livres de la bibliothèque de la ville de 
Melun, département de Seine-et-Marne, dressé par Claude Simon, 
bibliothécaire. — i8i3. » 

XIX® s. Pap. i 72 pages. 

6419-6420. « Copie du catalogue de la bibliothèque de Mclz, » 
et « Catalogue supplémentaire contenant les acquisitions faites par 
la bibliothèque depuis ^804. — Certifié en iSiS. » 

xix'^ s. Pap. 22^ et 203 feuillets. 

6421. « Bibliothèque du Collège de la ville de Nantua. — -18^). » 
XIX' s. Pap. V) feuillets. 

6422. tt Catalogue de la bibliothèque de la ville de Nemours. » 
xix'^ s. Pap. U feuillets. 

6423. « Catalogue des livres de la bibliotlièque de la ville de 

Neufchâteau (Vosges). « 
xix" s. Pap. -H6 feuillets. 



DU DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 247 

6424. « Catalogue des livres qui se trouvent à la sous-préfecture 
de Neufchâtel. » — Cf. le n° 5332. 

xix» s. Pap. 5 feuillets. 

6425. « Catalogue des livres composant la bibliothèque dont 
l'usage a été provisoirement cédé à la ville d'Ornans. — -1 807. » 

xix« s. Pap. 97 feuillets. 

6426. « Catalogue des livres de la bibliothèque de la ville de 
Pont-de-Vaux. — 48^6. » 

xix« s. Pap. i7 feuillets. 

6427. « Catalogue des livres de la bibliothèque du Collège de Saint- 
Flour. — 4818. J) 

xix« s. Pap. 8 feuillets. 

6428. « Catalogue des livres de la bibliothèque de la commune 
de Saint-Maximin (Var). — 48-19. » 

XIX* s. Pap. 23 feuillets. 

6429. « Catalogue des livres de la bibliothèque de la ville de 
Saint-Omer. » 

xix« s. Pap. 268 feuillets. 

6430. « Catalogue des ouvrages qui composent la bibliothèque de 
Sedan, dressé par M. Cherest. — Octobre 4846. » 

xix" s. Pap. 4 59 et -19 pages. 

6431. « Catalogue des livres de la bibliothèque de la ville de 
Semur (Côte-d'Or). — -18-17. » 

xix^ s. Pap. 4 32 pages. 

6432-6437. « Bibliothèque centrale de Strasbourg. » Catalogue. 
— 4 806. 

Tome I, Histoire-, tome II, Littérature ; tome III, Sciences; tome IV, 
Théologie, Jurisprudence, Manuscrits. — Supplément, tomes I et II. 

xix« s. Pap. 326, 446, 280, 404 et 90, 660 et 345 pages. 

6438. « Catalogue des livres contenus dans la bibliothèque des 
ci-devant Doctrinaires, Capucins, etc., » de Tarascon. — 4846. 

XIX* s. Pap. 26 feuillets. 

6439. « Bibliothèque de la ville de Tarbes (Hautes-Pyrénées). » 
XIX* s. Pap. 298 feuillets. 

6440. « Ville de Trévoux. Bibliothèque de la mairie, au 4" fé- 
vrier 4 846. » 

XIX* s. Pap. 2 feuillets. 



248 NOUVELLES ACQUISITIOXS 

6441. te Organisation de la bibliotiièque de l'École centrale du 
département de la Corrèze, à Tulle, selon l'instruction du xv floréal 
an Â" Rép. » (1796). Catalogue. 

xviii^ s. Pap. 32 pages. 

6442. « Catalogue des livres de la bibliothèque accordée par le 
gouvernement à la ville de Verdun. » 

xix« s. Pap. iS-l feuillets. 

6443-6444. « Catalogue des livres extraits du dépôt littéraire de 
Versailles pour la bibliothèque de TÉcole centrale du département 
de Seine-et-Oise. » 

xix« s. Pap. ^83 feuillets et ^7^ pages. 

6445. (' Cathalogue des livres composant la bibliothèque du Col- 
lège des ci-devant Pères de la Doctrine chrétienne de Villefranche 
d'Aveiron, fait par le s^ Fabri,... terminé le 20 août iSiS. » — 
« Cathalogue des livres qui ont appartenu aux corporations religieuses 
supprimées dans l'arrondissement de Villefranche d'Aveiron, » par 
le même, HU (fol. ^9). 

xrx-^ s. Pap. 60 feuillets. 

6446. « Catalogue des livres de la bibliothèque publique de la 
ville de Villeneuve-lez-Avignon (Gard). — -18^8. » 

xixe s. Pap. -154 feuillets. 

6447-6448. « Travaux de M. le baron de Lamardelle, commis- 
saire de justice à la Martinique, sur Porganisation judiciaire et sur 
la législation propres à celte colonie et à celle de la Guadeloupe, » 

XIX* s. Pap. 784 et 9i5 pages. 

6449. OEuvres diverses de Charles Pineau- Duclos. Mémoires 
autographes sur sa vie. — Mémoires secrets sur le règne de Louis XIV. 
Histoire des causes de la guerre de 1756. — Mss. autographes. 

XVIII* s. Pap. 32, 66 et 69 pages. 

6450. a Mémoires de messire Louis-Henry de Loménie, comte de 
Briennc, cy-devant secrétaire d'Estat et maintenant prisonnier à 
Saint-Lazare. » (^ 643-'! 682.) — Cf. le n» 4698. 

Ms. autographe de la première partie de ces Mémoires, « contenant 
les affaires de la régence d'Anne d'Austriche, mère du Roy. » 
xvii« s. Pap. 359 feuillets. 

6451-6454. Matériaux de l'édition par F. Barrière des Mé?noircs 
précédents (Paris, 1828, 2 vol. in-8°). 

xix*^ s. Pap. 361, 37!>, 202 et 217 feuillets. 



on DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 249 

6455. « Inventaire général des tiltres et papiers de la chartreuse 
de Lugny. Second cayet. » (^ -190- 174 2.) 

xviii« s. Pap. 48 feuillets. (Don de M. H. Gaidoz.) 

6456. Lettres et poésies de Pierre-François Isnard, officier de dra- 
gons en retraite à Strasbourg (-1 799-1 805). 

xviii«-xix^ s. Pap. 80 feuillets. 

6457. Recueil de pièces concernant la Normandie et le Poitou 
(^ 364-^408). 

-i . Don d'une rente de 300 livres par Charles V à « Thiebaut de 
La Rivere, » qui lui avait apporté le premier la nouvelle de la victoire 
de Gocherel (22 mai ^364 ; copie de -1372). — 2. Don par Bertran Du 
Guesclin à « Perrot Gedoin, autrement Barbaste, » après la prise du 
« Ghastel d'Engle d (Vienne), des biens de « Perrochon Gouanne, 
autrement Darnac, demorent en Limozin, et Guillemette Normende, 
demorant à Poitiers » (3-1 mai -1372). — 3. Quittance pour des tra- 
vaux faits au pont et à la poterne du château de Falaise (-10 juin 
-1387). — 4. Acte de vente aux enchères d'épaves venues à la côte 
de Garteret et Avarreville (-1" mars -1408 [-1409]). 

xiv^ et xve s. Parch. 4 pièces. 

6458. Ghristine de Pisan, Épître d'Othéa à Hector, avec un pro- 
logue différent de celui qu'on rencontre d'ordinaire; incomplète de 
la fin. — Fol. 95. Xénophon, Dits mémorables de Socrate; incom- 
plets du commencement et de la fin. 

xv^ s. Pap. 106 feuillets. (Don de M. le duc de la Trémoille.) 

6459. Lettres de Victor Jacquemont au capitaine de vaisseau de 
Mélay, gouverneur des établissements français dans l'Inde (-1829- 
1832). * 

Vingt-neuf lettres autographes, publiées par P. Mérimée dans son 
édition de la Correspondance de V. Jacquemont (Paris, -1867, 2 vol. 
in- 8"). 

xixe S. Pap. \\\ feuillets. (Legs de M. Baudin.) 

6460-6461. Sermons de Jean de Lingendes, évêque de Sarlat et 
deMàcon (1643-1655). 

XVII' s. Pap. 394 feuillets et 796 pages. (Don de M. Grellet-Bal- 
guerie.) 

6462. Gomptes de Jehan des Gambres pour la terre d'Avesnes- 
sur-Helpe et du Sart-du-Nouvion. (Saint Jean-Baptiste-Noël, -1358.) 

xiv^ s. Parch. 48 feuillets. (Provient de la « Bibliothèque de Bois- 
Robin. ))) 



250 



NOUVELLES ACQUISITIONS 



6463. Comptes -rendus de plusieurs séances de l'Académie des 
Inscriptions (i 703-1 706) adressés par Gros de Boze à l'abbé Bignon ; 
suivis de quelques mémoires adressés à la même Académie par 
M. Henrion, en nOT, « sur la livre romaine,... jusqu'à l'an UiS de 
J.-C. » (fol. 67); — par Fr. Ficoroni, en 17-14, « sur les marques 
d'honneur accordées aux enfans des Romains » (fol. 85) ; — par Dom 
Bernard de Montfaucon, en 1726, « sur le nimbus... des dieux et des 
empereurs romains » (fol. 108) ; — par M. l'abbé de Rothelin « sur 
quelques anciens monuments que l'on a découverts en creusant la fon- 
taine de Nismes, au mois d'août 1 738 » (fol. 1 1 5) -, — enfin de quelques 
lettres (originaux et copies) de G. Cuper, Leibnitz, Eccard, l'abbé 
Bignon, etc., la plupart à de Boze (fol. 118). — Épitaphes de diffé- 
rents membres de la famille de Beauvau (fol. 135). 

xviii» s. Pap. 164 feuillets. 

6464-6497. « Histoire de la participation de la France à l'établis- 
sement des États-Unis de l'iVmérique septentrionale, » par M. H. 
Doniol (1774-178.5). 

Copies et épreuves de4'imprimé (Paris, Impr. nationale, 1888-1892, 
5 vol. in-4'>). 

I (6464). Affaires étrangères, Angleterre (1774-1775). 238 feuillets. 

II (6465). Aff. étrang., Angleterre (1776, janv.-mai). 307 ff. 

III (6466). Aff. étrang., Angleterre (1776, juin-déc). 187 ff. 

IV (6467). Aff. étrang., Angleterre (1777). 294 ff. 

V (6468). Aff. étrang., Angleterre (1778-1781). 256 ff. 

VI (6469). Aff. étrang., Angleterre (1782-1783). 527 ff. 

VII (0470). Bibliothèques et Archives anglaises (1773-1782). 237 ff. 

VIII (6471). Affaires étrangères, États-Unis (1773-1777). 134 ff. 

IX (6472). Aff. étrang., États-Unis (1778). 367 ff. 

X (6473). Aff. étrang., États-Unis (1779, janv.-juin). 239 ff. 

XI (6474). Aff. étrang., États-Unis (1779, juill.-déc). 362 ff. 

XII (647;i). Aff. étrang., États-Unis (1780, janv.-juin). 241 ff. 

XIII (6476). Aff. étrang., États-Unis (1780, juill.-déc). 311 ff. 

XIV (6477). Aff. étrang., États-Unis (1781, janv.-mai). 243 ff. 

XV (6478). Aff. étrang., États-Unis (1781, juin-déc). 302 ff. 

XVI (6479). Aff. étrang., Étals-Unis (1782). 378 fT. 

XVII (6480). Aff. étrang., États-Unis (1783-1785). 341 ff. 

XVIII (6481). Aff. étrang., États-Unis (Suppl., 1765-1789). 241 ff. 

XIX (6482). Affaires étrangères, Espagne (1774-1775). 182 ff. 

XX (6483). Aff. étrang., Espagne (1776). 307 ff. 



DIT DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 251 

XXI (G484). Aff. étrang., Espagne (^777, janv.-juin). 231 ff. 

XXII (6485). Aff. étrang., Espagne (1777, juill.-déc). 282 ff. 

XXIII (6486). Aff. étrang., Espagne (1778, janv.-juin). 254 ff. 

XXIV (6487). Aff. étrang., Espagne (1778, juill.-déc). 245 ff. 

XXV (6488). Aff. étrang., Espagne (1779, janv.-juill.) 349 ff. 

XXVI (6489). Aff. étrang., Espagne (1779, août-déc). 231 ff. 

XXVII (6490). Aff. étrang., Espagne (1780, janv.-avril). 306 ff. 

XXVIII (6491). Aff. étrang., Espagne (1780, avril-déc). 401 ff. 

XXIX (6492). Aff. étrang., Espagne (1781-1782). 435 ff. 

XXX (6493). Affaires étrangères, Prusse, Vienne, Russie, Hollande 
et Suède (1776-1782). — 125 feuillets. 

XXXI (6494). Affaires étrangères. Archives et Bibliothèques natio- 
nales, documents divers (1774-1795). — 166 feuillets. 

XXXII (6495). Archives de la Marine (1776-1782). — 503 feuillets. 
XXXIII-XXXIV (6496-6497). Archives de la Guerre, Correspon- 
dance de Rochambeau (1779-1781). — 307 et 144 feuillets. 

xix" s. Pap. 34 volumes. (Don de M. H. Doniol.) 

6498. Recueil de lettres et billets autographes adressés au contrô- 
leur général Bertin (1760-1783), par M™« Berryer (fol. 2), — le duc 
et la duchesse de Choiseul (fol. 12), — la duchesse de Grammont 
(fol. 67), — Joly de Fleury (fol. 80), — le marquis de La Borde 
(fol. 85), — Gh.-G. Lambert (fol. 132), — Louis, dauphin, fils de 
Louis XV (fol. 148), — Louise-Marie de France, fille de Louis XV 
(fol. 157), —Marie-Adélaïde, fille de Louis XV (fol. 178), — Sophie- 
Phihppine-Élisabeth-Justine, fille de Louis XV (fol. 1 82), — Louis XV 
(fol. 187), — Machaut d'Arnouville (fol. 194), — Maupeou (fol. 203), 
— Hue de Miromesnil (fol. 208), — le premier président Mole 
(fol. 219), — la marquise de Pompadour (fol. 224), — Louise de 
Rohan (fol. 277), — le comte de Saint-Florentin (fol. 281), — Stanis- 
las Leczinski, roi de Pologne (fol. 284), — Trudaine (fol. 287), — le 
comte de Vergennes (fol. 298). 

xviii« s. Pap. 303 feuifiets. 

6499. Recueil de chartes originales, dont quelques-unes latines, 
relatives à Fhistoire de la Franche-Comté (1254-1315). 

xiii^-xiv" s. Parch. 53 pièces. 

6500. Lettres autographes de Gabriel Naudé àM. de Grémonville, 
ambassadeur de France à Venise (1646-1647). 

xvii« s. Pap. 20 feuillets. 



252 NOUVELLES ACQUISITIONS 

6501. « Charlrier de Thouars. Cartulaire des sires de Rays » 
(^^6^^449). — Copie. 

XIX* s. Pap. XXXVII et 980 pages. 

6502-6503. « Papiers géographiques de d'Anville. » Notes et 
extraits divers relatifs à la géographie ancienne et moderne de l'Ar- 
ménie, de la Grèce, de la Turquie d'Europe et d'Asie (Syrie, Palestine 
et Arabie), de l'Egypte et de l'Ethiopie (voyages de Granger et de Le 
Noir du Roule; extraits de mémoires de M. de Maillet). — Mesures 
itinéraires des Romains, des Chinois et des Arméniens (fol. 652) . 

xviii'^ s. Pap. 672 feuillets. (Don de M. L. Hachette.) 

6504. Jacques de Voragine, Légende dorée, traduction en proven- 
çal; incomplète du commencement. — A la suite (fol. ^180), traités 
des sept péchés mortels et des dix commandements de la loi et de 
l'Église, etc.; incomplet de la fin. 

XV* s. Pap. 226 feuillets. 

6505. Pamphlet contre le cardinal de Fleury, sous forme de con- 
seils posthumes de Louis XIV à Louis XV. 

xviii* s. Pap. U feuillets. 

6506. Compte-rendu des receveurs et distributeurs des vivres et 
munitions de l'armée du Roi, commandée par le maréchal de Damp- 
ville, au siège de Nîmes (^573-^574). — Incomplet. 

XVI* s. Parch. 86 feuillets. 

6507. Nécrologe de Saint-Maurice de Blandy, en Brie. 
XVI* et xviie s. Parch. 91 (96) feuillets. 

6508. « Extrait de l'inventaire des meubles, effets, titres, papiers 
et documents de la succession de Mgr. Arman de Bourbon, marquis 
de Malause, fait en -1744... » 

XVIII* s. Pap. -159 feuillets. 

6509. Cérémonial pour les prévôts des marchands et échevins de 
Paris dans différentes fêtes, entrées, publications de traités de paix, 
etc.; copies (4502-^739). 

xviii* s. Pap. 38 feuillets. 

6510. Recueil de pièces concernant l'administration des Pays-Bas 
(^ 543-^570). 

Copies de lettres de Philippe II, Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, 
Henri II; lettres de Marguerite d'Autriche, duchesse de Parme, et du 
duc d'Albe, gouverneur des Pays-Bas. 

XVI* s. Pap. 230 feuillets. 



DD DÉPARTEMENT DES MANDSCRITS. 253 

6511. « Statuts du corps des maîtres fourniers et boulangers 
d'Avignon. 4526. » — 4 778. 

xvi'^-xviii^ s. Parch. 44 feuillets. 

6512. Journal d'un voyage à Gonstantinople et en Syrie (4730- 
4735). 

xviii^ s. Pap. 44 pages. 

6513. Boccace, Théséide, traduction en vers français par Anne de 
Graville; incomplet de la fin. 

xvr« s. Pap. 48 feuillets. 

6514. Moralité, en vers ; incomplète du commencement et de la fin. 
xv^ s. Pap. 37 feuillets. 

6515. « Eclaircissement pour les reflexions en forme de disserta- 
tion, imprimées en 4763, à la tête des Deux livres de saint Augus- 
tin,... pour servir de réplique à la Réponse qu'y a faite en 4765... 
Tauteur d'un écrit de 4 5 pages in-4°, intitulé : Dissertation où l'on 
prouve que saint Paul, dans le 7* chapitre de la P^ aux Corinthiens., 
n'enseigne pas que le mariage est rompu lorsque Vune des parties 
embrasse la religion chrétienne. » — A la fin (p. 69), lettre de l'au- 
teur anonyme à « Tabbé Dinouart, chanoine... de Saint-Benoît à 
Paris )) (4774). 

xviii^ s. Pap. 72 pages. 

6516. Journal de l'abbé Jourdain, secrétaire de la Bibliothèque 
du roi (474 8-4736). 

xviii^ s. Pap. 60 feuillets. 

6517. Fragments de l'histoire des comtes de Chalon-sur-Saône, 
par le P. Louis-Jacob de Saint- Charles. 

xvip s. Pap. 70 feuillets. (Don du R. P. C. Sommervogel.) 

6518. Lettres de J.-P.-Abel Rémusat à François Jeandet (4806- 
4 828) . — On a relié en tête deux notices nécrologiques imprimées sur 
leD'F. Jeandet (4 788-4860). 

XIX' s. Pap. 4 04 feuillets. (Don de M. Abel Jeandet.) 

6519. « Recherches sur les langues tartares, » par J.-P.-Abel 
Rémusat. (Autographe.) 

XIX* s. Pap. 4 8 feuillets. 

6520. Inventaire des titres et état des biens du collège de Bayeux, 
ou de AP Gervais Chrétien, en l'Université de Paris (4 708). 

xviii" s. Pap. 230 feuillets. (Don de M. le vicomte de Grouchy.) 



254 NOUVELLES ACQUISITIONS 

6521. « Catalogue des ouvrages composant la bibliothèque de 
M, Lamblardie. — ^836. » 

xix'^ s. Pap. 25 feuillets. (Provient de la collection Jullien.) 

6522. Généalogie des seigneurs de Montmorin ; avec blasons des- 
sinés. 

xviii^ s. Pap. 38 feuillets. 

6523. Généalogie de la maison de Parfaict. 
xvii*-xvrii^ s. Pap. -i 9 feuillets. 

6524. Recueil historique et littéraire. 

a La Mythologie, en vers et en prose. » « Dist la Fable que les Iroix 
Déesses... » (fol. 2)-, — « La Pais de Gant, » ^453 (fol. 53); — « Du 
Seigneur et de ses proprietez. Aussi comme le bœuf... » (fol. 64) ; — 
« La Vision de Tondal. L'an de grâce UA9... » (fol. 66); — Ordon- 
nance du roi Jean, 28 déc. 4355 (fol. 94) ; — Mandement du duc de 
Normandie, depuis Charles V, s. d. (fol. U2); — « Advis et prop- 
potz pour l'appaisement de ce royaume » de France (fol. 426); — 
(c Traitié de Mgr. le Doffin aveuc le roy » Charles VII, en -1440 
(fol. -1 28) ; — « Le Pourparlé de pais entre lez royaulmez de France 
et d'Engleterre en la ville dWrras [Tours], » en •1444 (fol. -134) ; — 
Documents relatifs au traité d'Arras en J435 (fol. 144); — Docu- 
ments relatifs aux conférences de Gravelines, en 4439 (fol. 448); — 
« Le Roman du Dict du Clievalier. » « Pour venir à moralité... y> 
(fol. 4 53); — « Les Dix commandemens d'Amours. Dix commande- 
mens fait Amours... » (fol. 464) ; — « La Pais du roy [Charles VII] 
et de Mgr. de Bourguongne, faitte en la ville d'Arras, l'an [44]35 » 
(fol. 465); — « L'Ennortement des gens d'armes à la prinse de 
Luxembourg [4 443]. Or avant, avant, compaingnons... » (fol. 477). 

xv'' s. Pap. 490 feuillets. (Provient de Du Gange.) 

6525. Recueil de lettres originales de rois, princes et princesses 
des XV" et xvi^ siècles. 

4. Renouvellement d'un traité entre les ducs d'Orléans et de Bre- 
tagne par Valentinc de Milan, duchesse d'Orléans, avec confirmation 
de Charles d'Orléans (47 mai 4408). — 2. Jeanne de France, femme 
de Jean V, duc de Bretagne (9 sept. 4420). — 3. Jean, bâtard d'Or- 
léans, comte de Dunois (26 août 4455). — 4. Lettre de Charles VII 
à Arthur, duc de Bretagne (2 juin [4456]). — 5. Traité d'alliance 
de Jean, duc de Calabre et de Lorraine, avec François II, duc de Bre- 
tagne (34 déc. 4 464). — 6. Lettre de Louis XI à François II, duc de 
Bretagne (6 avril [4469]). — 7. Louis de Luxembourg, comte de 



DD DEPARTEMENT DES MANDSCRITS. 255 

Sainl-Pol; promesse d'observer le traité dePéronne (9 mai -1469). — 
8. Lettre de Marie, duciiesse de Bourgogne, à François II, duc de 
Bretagne (^3 févr. U80 [1481]). — 9. Lettre de Giiarles VIII à Fran- 
çois II, duc de Bretagne (24 nov. [1483]). — -10. Manifeste de l'em- 
pereur Maximilien à François II, duc de Bretagne, contre le gouver- 
nement d'Anne de Beaujeu (43 juillet 4486). — M. Lettre d'Anne de 
Beaujeu à Marguerite d'Autriche, duchesse de Savoie (8 déc. [4502]). 

— 42. Lettre de Jacques de Willinger à Marguerite d'Autriche 
(26 mars 4 509 [4 54 0]). — Cf. Bibliothèque de l'École des chartes, 
4893, p. 443-447. 

xv^-xvi® s. Parch. et pap. 42 pièces. 

6526. « Souvenirs, remarques et objets divers, 4828^ » par le 
conventionnel Marc-Antoine Baudot. (Ms. autographe.) 

xix^ s. Pap. 238 feuillets. (Don de M""" veuve Edgard Quinet.) 

6527. « L'Instruction d'ung josne prince pour se bien gouverner 
envers Dieu et le monde. — Prologue. Pour acquérir honeur et bonne 
renommée... » 

xv*" s. Pap. 22 feuillets. 

6528. Dépositions de témoins accusant d'hérésie, devant le Par- 
lement de Paris, Guillaume Briçonnet, évêque de Meaux (24 juillet- 
4" septembre 4525). 

xvi^ s. Pap. 268 feuillets. (Ex-libris gravé de « Charles de Baschi, 
marquis d'Aubaïs, » et de Ph.-L. de Joubert.) 

OEUVRES DE VICTOR HUGO. 

1. Les Orientales, suivies de lettres d'Ernest Pouinet, ayant servi 
à l'annotation de Nourmahal la Rousse (fol. 82). — 404 feuillets. 

2. Les Chants du Crépuscule. — 435 feuillets. 

3. Les Voix intérieures. — 445 feuillets. 

4. Les Châtiments. — 302 feuillets. 

5. Les Contemplations. I, Autrefois (fol. 6); II, Aujourd'hui 
(fol. 237). — 507 feuillets. 

6. La Légende des siècles. — 545 feuillets. 

Qhis. Le Retour de V empereur (partie de la Légende des siècles). 

— 26 feuillets. 

7. Chansons des rues et des bois. — 263 feuillets. 



256 NOUVELLES ACQUISITIONS 

8. L'Année terrible. — 372 feuillets. 

9. VArt d'être grand-père, —La Forêt (fol. 255). — 256 feuillets. 

10. La Pitié suprême. — 68 feuillets. 

11. Religions et religion. — HS feuillets. 

12. VAne. — i25 feuillets. 

13. William Shakespeare. — 394 feuillets. 

14. Cromwell. — 224 feuillets. 

15. Marion de Lorme. — 88 feuillets. 

16. Le Roi s'amuse. — 88 feuillets. 

17. Lucrèce Borgia. — 94 feuillets. 

18. Angelo. — -107 feuillets. 

19. Ruy-Blas. — 78 feuillets. 

20. Les Burgraves. — 68 feuillets. 

21. Bug-Jargal. — -104 feuillets. 

22. Les Derniers jours d'un condamné. — 60 feuillets, 

23. Claude Gueux. — 38 feuillets. 

24. Notre-Dame-de-Paris. — 398 feuillets. 
25-26. Les Misérables. 

Tome l:\. Faniine (fol. 4) ; — 2. Cosette (fol. 370) ; — 3. Marins 
(fol. 667) ; — Variantes de Cosette (fol. 885). — 945 feuillets. 

Tome II : 4. V Idylle rue Plumet et V Épopée rue Saint-Denis 
(fol. 2) ; — 5. Jean Valjean (fol. 329). — 828 feuillets. 

27. Les Travailleurs de la mer. — 472 feuillets. 

28. L'Homme gui rit. — Portrait d'Eugène Devéria par lui-même 
(fol. ^85). — 601 feuillets. 

29. Quatre-vingt-treize. — 4^6 feuillets. 

30. Introduction à la traduction de Shakespeare, par François- 
Victor Hugo. — -15 feuillets. 

31. Napoléon le Petit. — 402 feuillets. 

32. Mes Fils. — 24 feuillets. 

33. Le Théâtre en liberté : Prologue (fol. \)\ — I. La Grand- 
raere (fol. 7); — IL L'Épée, ou Slagistri (fol. 4 31); — III. Mangeront- 
ils? (fol. 424); — IV. Sur la lisière d'un bois (fol. 242); — Être 
aimé (fol. 229) ; — La Forêt mouillée (fol. 234). — 253 feuillets. 

34. La Fin de Satan. — 282 feuillets. 



DU DÉPARTEMENT DES MANUSCRITS. 257 

COLLECTION DE BOURGOGNE. 

(Suite^.) 

112. « Délibérations des Estais généraulx de la Franche-Comté. » 
(U84-i606.) 

xvii« s. Pap. 353 feuillets. 

113. « Notes sur la Coutume du comté de Bourgogne, par Jobelot, 
premier président au parlement de Besançon. » 

XVIII'' s. Pap. 84-^ pages. 

114. « Délibérations et règlements intérieurs du palais de Besan- 
çon, par ordre alphabétique, » par « Poupon, avocat au Parlement. » 

XVIII* s. Pap. 206 feuillets. 

115. « Recueil des arrêts de M. Terrier, conseiller au parlement 
de Dole, es années -1639, -1640, 'I64'l et suivantes. » 

xvni« s. Pap. 203 feuillets. 

116. « Bibliothèque de la Bourgogne séquanoise, par dom Basile 
Payen, bénédictin. » 

xvine s. Pap. 322 et -16 pages. 

117. Souverains de Bourgogne et de Franche-Comté; recueil de 
pièces originales de 1403 à -1664. 

xve-xvii® s. Parch. 45 feuillets. 

118. Remontrances du parlement de Besançon et mémoire sur les 
impositions de Franche-Comté (1782-1783). 

xviii* s. Pap. 99 feuillets. 

119. Abbayes et prieurés de Franche - Comté ; recueil de pièces 
originales concernant les abbayes et prieurés d'Acey (fol. 2), — Bel- 
levaux (fol. 6), — Bonnevaux (fol. 8), — Cherlieu (fol. 40), — Migette 
(fol. 126), — Ounans (fol. 225). 

xvi^-xvrii® s. Parch. et pap. 303 feuillets. 

1. On a placé à la suite de la Collection de Bourgogne, sous les n"' 112-129, 
une série de dix-huit volumes, ofl'erts par M. Bernard Prosl, sous-chef du 
bureau des Archives au ministère de l'Instruction publique. — Nous rappelle- 
rons qu'un inventaire sommaire de la Collection de Bourgogne (n"' 1-111) a été 
publié par M. L. DelisJe dans la Bibliothèque de l^ École des chartes, t. XXXII 
(1871), p. 238-241, et tirage à part, p. 2-5. 

4894 47 



258 NOUVELLES ACQUISITIONS DES MANUSCRITS. 

120-124. Localités de Franche-Comté; recueil de pièces originales. 

I (^20). Baignes-Dole. — 67 feuillets. 

II {V2\]. Foucherans (^337-^523). — 70 feuillets. 

III (^22). Foucherans (i 528-^724). — 99 feuillets. 

IV (123). Gray-SeUières. — \]3 feuillets. 

V (124). Servigney-Vesoul. — 145 feuillets, 
xiv^-xvrii' s. Pap. et parch. 5 volumes. 

125-127. Familles de Franche-Comté; recueil de pièces origi- 
nales. 

I (125). Achey-Palletans. — 226 feuillets. 

II (126). Gauthiot d'Ancier-Moussard. — 146 feuillets. 

III (127). Petremand-Voisey. — 236 feuillets. 
xv®-xviii^ s. Parch. et pap. 3 volumes. 

128. Papiers de l'abbé Mermet. 
xix" s. Pap. 161 feuillets. 

129. Papiers de Désiré Monnier. 



xix^ s. Pap. 269 feuillets. 



H. Omont. 



11% 
feéres 



11.' 



EPISODES DE L'INVASION ANGLAISE 



LA GUERRE DE PARTISANS 

DANS 

LA HAUTE NORMANDIE. 

(1424-1429.) 

( Suites ) 

Le Vexin. Le pays de Bray. 

De l'autre côté de la Seine, dans la direction Picarde, toute 
une région se déploie, qui sert d'abri, de réserve et de réduit à des 
compagnies dispersées, irréductibles, scellées à la terre où elles 
germent et s'enracinent. Là, partant du niveau même du fleuve, 
des plans montueux vont rejoindre le sauvage massif de la forêt 
de Lyons, d'où, par gradins échelonnés, une chaîne de couverts 
naturels conduit à la vaste étendue des bois d'Eu. Au dedans de ces 
replis, les partisans se meuvent et circulent invisibles. Le Vexin 
normand, une partie du Vexin français, le pays de Bray jusqu'aux 
lisières de Picardie et du Beauvaisis, toute cette contrée, tantôt 
accidentée, tantôt revêtue de bois épais, que strient l'Andelle, les 
rivières qui débouchent dans la vallée d'Arqués, la haute Bresie, 
l'Epte et ses affluents, devient en ces années un grand refuge tou- 
jours ouvert aux irréguliers qui cherchent des armes et veulent 
encore des combats ^ 

1. Voyez le volume précédent, p. 475. 

2. La plupart des documents inédits cités au cours de cette étude et de la 



260 



LA GUERRE DE PARTISANS 



En travers du pays, et le taillant en écharpe, s'espace un 
alignement rectiligne de places fortes, qui, de la côte normande 
jusqu'aux approches de Paris, gardent le grand chemin naturel qui 
suit l'orientation des vallées. Dieppe et Arques <, formidablement 
défendues, en marquent le point de départ. Les bicoques avoisi- 
nantes, Pontrancard^ et Hautot^, paraissent désemparées. Puis, 
dans l'intérieur des terres, s'échelonnent Torcy^ et NeufchâteP, 
qui observent seuls, depuis le désarmement de Bellencombre*', le 
plateau qui s'étale entre la rivière d'Arqués et la Béthune'. Sur- 
gissent ensuite Gournay, Gisors, qui tiennent le haut cours de 



précédente font partie des Pièces justificatives de l'ouvrage, qui seront publiées 
en leur lieu. 

1. Ces deux places sont constamment mentionnées dans les comptes de Nor- 
mandie. 

2. Pontrancârd, sur l'Aulne, vers son débouché dans la plaine d'Arqués 
(Seine-Inférieure, cant. de Dieppe, connu. d'Ancourt). Capitulation le 10 février 
1419. (Râles norni. et franc., n" 1362; cf. n" 1217.) Démolition dans l'été de 
1433. (De Beaurepaire, Recherches sur le Procès de condamnation de Jeanne 
d'Arc, p. 41, n. 2.) 

3. Haulot-sur-Mer, sur les plateaux qui se terminent au cap d'Ailly (Seine- 
Inférieure, cant. d'OlTranville). Capitulation le 3 février 1419. (Rymer, Fœdera, 
t. IV, part. 3, p. 89.) 

4. Le château de Torcy était situé dans une île de la rivière d'Arqués, à un 
peu plus de deux lieues d'Arqués (Seine-Inférieure, cant. de Longueville, comra. 
de Torcy-le-Grand). 

5. Neufchâtel — dont le commandement est joint alors à celui de Torcy, — 
Gournay, Gisors et Pontoise, sont mentionnés sans interruption dans les comptes 
de Normandie de 1424 à 1429. 

6. Bellencoinbrc, sur l'Arques, au débouché de la forêt d'Eavy, vers la direc- 
tion de Rouen (Seine-Inférieure, ch.-l. de cant., arr. de Dieppe). Le château est 
au parti d'Armagnac en 1418. (De Beaurepaire, Accord conclu, loc. cit.) Lors 
de l'invasion, c'est évidemment ce lieu fort qui ligure dans lénumération de 
Monstrelet, avec Néville en Caux (Seine-Inférieure, cant. de Saint-Valery en 
Caux), place qu'on voit mentionnée aux premiers temps de la conquête [Rôles 
norm. et franc., n" 299, 994), sous le nom défiguré de Neufville-de-l'Encombre 
{Monstrelet, éd. Douët d'Arcq, t. III, p. 309). Bellencombre compte alors un 
commandant anglais. [Rôles norm. et franc., n- 1359.) 

7. Noter qu'on laisse en dehors de cette étude toute la région du pays 
de Caux en deçà de la ligne de l'Arques, et toute la contrée avoisinant Rouen 
entre la rivière de Cailly et l'Andelle. Châteaux et places y étaient nombreux 
au temps de la guerre civile et de l'invasion, depuis les Loges, auprès d'Étre- 
tat, jusqu'à Logempré, voisin de Fleury-sur-Andelle, qui appartint à Talbot. 
C'est surtout dans cette région que se développe le grand soulèvement de 1435- 
143G, où les Cauchois enlèvent une à une et « remparent » toutes ces petites 
forteresses. 



DANS LA HAUTE NORMANDIE.' 261 

l'Epte, jusqu'au brusque tournant vers le sud qui l'infléchit à 
angle droit vers la Seine. Autour de Gisors, Sérifontaine*, Chau- 
mont-en-Vexin^ la Villetertre^ disparaissent depuis l'invasion. 
Trie-Château, nid de partisans, qu'une compagnie aidera sous peu 
à mettre en état de défense, ne semble pas alors utilisé comme lieu 
fort^ Bouconvilliers^ commandait naguères la haute vallée de la 

1. Sérifontaine, sur l'Epte, entre Gisors et Gournay (Oise, cant. du Coudray- 
Saint-Genner). C'est certainement le « Ferry-Fontaines » de l'énumération de 
Monstrelet (Monstrelet, éd. Douët d'Arcq, t. III, p. 309), mentionné comme pris 
vers février 1419. Dans les premiers jours d'avril 1419 y campait un corps d'un 
millier d'Anglais. Les capitaines bourguignons de Pontoise, de la ville et du 
château de Gisors, le sire de l'Isle-Adam, Lionel de Bournonville et David 
de Gouy, pénétrant de nuit, par des sentiers détournés, dans les rues de Séri- 
fontaine, y exécutèrent un des carnages les plus sanglants de la campagne. 
(Livre des trahisons, éd. K. de Lettenhove, p. 141 ; Pierre de Fenin, éd. de 
M"' Dupont, p. 106-107; Monstrelet, éd. Douët d'Arcq, t. III, p. 315-316.) 

2. Cliauraont-en-Vexin, sur la Troësne, affluent de l'Epte, à deux lieues de 
Gisors (Oise, ch.-l. de cant., arr. de Beauvais). Capitulation à la suite de la 
chute de Gisors (Chron. de Norm., éd. Hellot, p. 55, et notes, n. 155), après le 
17 septen\bre 1419 (voir ci-dessous, note sur Bouconvilliers). Réoccupation par un 
parti français de 143-2 à 1433. (Longnon, les Limites de la France et l'étendue 
de la domination anglaise à l'époque de la mission de Jeanne d'Arc, p. 40, 
n. 2. — Revue des Questions historiques, octobre 1875.) 

3. La Villetertre, sur les plateaux entre la Troësne et la Viosne (Oise, cant. 
de Chaumont-en-Vexin). C'est certainement la « Villeterre » de Monstrelet, 
dont la prise est mentionnée après celle des places de la ligne de l'Epte (Mons- 
trelet, éd. Douët d'Arcq, t. III, p. 309), vers février 1419. Au début de 1419, ou 
même dès septembre 1417, la place était au parti bourguignon, sous le seigneur 
de Cohem. (Arch. nat., JJ 171, n" 501.) 

4. Trie-Château, à la jonction de l'Aunette, venue de la forêt de la Thelle, et 
de la Troësne, à une lieue de Gisors (Oise, cant. de Chaumont-en-Vexin). Lors 
de la marche de Henry V de Pontoise sur Gisors, mentionnée dans la note 
sur Bouconvilliers, Trie ne paraît pas avoir été armé ni avoir opposé de 
défense. Le roi dAngleterre y campe au moins dès le 3 septembre, et pro- 
bablement jusqu'à la chute de Gisors, le 17. {Chron. de Norm., éd. Hellot, 
p. 54, n. 155.) On voit Trie occupé par un parti français qui s'y fortifie au 
commencement de 1432. (Bibl. nat., ms. fr. 26055, n" 1751.) Les partisans (voir 
ci-dessous) y sont maîtres du pays en 1426. 

5. Bouconvilliers, sur la rive droite de la vallée de la Viosne (Oise, cant. de 
Chaumont-en-Vexin). C'est le « Vauconvillier-le-Chastel » des Chroniques de 
Normandie (éd. Hellot, p. 55), le « Bokonvelers » des chroniques anglaises 
(voir ci-après), le « Bosquenvillers », le « Boscherville » près Rouen, « Bosquen- 
tin », en lisière de la forêt de Lyons, « Bouchevilliers », plus haut sur l'Epie, 
des éditeurs des Rôles. [Rôles norm. et franc., \V' 1261, 69, 675, 983, 1014.) — 
Mentionnée en 1418 comme important lieu fort français [Livre des trahisons, 
éd. K. de Lettenhove, p. 140), la place capitule pendant la marche de Henry V 



262 



Li GUERRE DE PARTISANS 



Viosne, qui descend droit à l'Oise; la place n'est plus armée 
maintenant. A Pontoise seulement stationne une garnison de 
quelque importance, pour surveiller le seul point de contact du 
pays de Caux et du Vexin avec la région parisienne, le seul pont 
de la route directe qui joigne Paris à Rouen. Ainsi se trouve sou- 
dée cette longue chaîne parallèle à la direction de la Seine, qui se 
continue de la mer jusqu'à l'Oise, et qui a fixé un par un les 
jalons de la conquête étrangère. 

Aux deux extrémités de cette ligne, le long de la Rresle et en 
bordure de la basse Epte, se groupent des postes, plus ou moins 
gardés, selon l'heure et le lieu. 

Le long de la Bresle, Eu* ne possède pas, à cette époque % de gar- 
de Pontoise sur Gisors, entre le 18 et le 31 août 1419. (Voir sur ce point : Bcn- 
rici Quinti Angliae régis Gesta, auctore capellano in exercitu regio, 1413- 
1422, éd. Benjamin Williams, dans les publications de YEnglish historical 
Society. Londres, 1850, p. 131 ; — Elmham, Vita et gesta Henrici Quinti Anglo- 
rum régis, éd. Ilearne, Oxford, 1727, chap. lxxxi et lxxxii, p. 232-235. — 
Cf. Rotes norm. et franc., n° 1261, 69, acte daté « apud castrum de Bosquen- 
villers », le 28 août. ) Les Chroniques de Normandie , pour cette marche, 
semblent faire partir Henry V de Mantes. {Chron. de Norm., éd. Hellot, p. 54, 
et notes, n. 155.) Cette hypothèse serait très compréhensible, mais se trouve 
formellement contredite par le récit très serré des chroniques anglaises qui 
Tiennent d'être citées, et qui font séjourner Henry V à Pontoise, après la sur- 
prise de cette place, opérée le 30 juillet, sur le corps bourguignon commandé 
par le sire de l'Isle-Adam. 

1. Eu, vers l'embouchure de la Bresle, et alors bien moins éloigné de la 
mer qu'aujourd'hui (Seine-Inférieure, ch.-l. de cant., arr. de Dieppe). 

2. La ville d'Eu capitule le 15 février 1419. {Rôles norm. et franc., n» 443.) 
En 1419, la place est relevée comme pourvue d'un commandant anglais. [Ibid., 
n"' 648, 675, 1457. — Monstrelet, éd. Douët d'Arcq, t. III, p. 337.) En avril 
1421, octobre 1422, de même encore. (Bibl. nat., ms. fr. 25766, n" 799, et Cabi- 
net des titres, Pièces orig., Bouteiller, n" 102, 103.) De la fin de 1423 Jusqu'au 
terme de septembre 1429, on ne semble pas trouver mention d'Eu dans 
les comptes de Normandie. Dans la seconde moitié de juin 1431, Saintrailles, 
dans une brillante expédition, partie sans doute de la région de Bcauvais, 
enlève la place, mais sans s'y maintenir. (Chronique de la maison d'Eu, Bibl. 
nat., coll. Duchesne, t. 48, fol. 181, citée par Vallct de Viriville. Hist. de 
Charles VU et de son époque, t. II, p. 246, n. 1. — Mention tirée du Livre 
Rouge, aux archives municipales de la ville d'Eu (communication de M. de 
Kermaingant), fol. 174 v°.) C'est sans doute à la suite de cette entreprise que 
fut décidé, au moins en principe, le démantèlement de l'enceinte en même 
temps que celui des lieux forts voisins de Longroy, en Normandie, et de Beau- 
champs, en Ponthieu. (Document en date du 7 juillet 1431, Bibl. nat., ms. 
fr. 20054, n° 1612, cité par M. de Beaiirc|iaire, Recherches sur le Procès, p. 41, 
n. 2.) Eu reparait définitivement français à partir du printemps de 1426. 
{Richemont, éd. Achille Le Vavasseur, p. 125-126.) 



DANS LA HAUTE NORMANDIE. 263 

nison domaniale. Le massif de Monchaux*, Blangy^ Aumale^, 
qui, avec Gamaclles^ Rambures^ et Beaucamps^ va former' un 
bloc de places^ si furieusement disputé depuis le grand entraî- 

1. Monchaux, sur la rive gauche de la Bresle, entre Eu et Blangy. Dénomi- 
nation actuelle : Monchaux-Soreng (Seine- Inférieure, cant. de Blangy-sur- 
Bresle). 

2. Blangy-sur-Bresle, sur la rive gauche de la Bresle (Seine-Inférieure, ch.-l. 
de cant., arr. de Neufchâtel). 

3. Aumale, sur la Bresle (Seine-Inférieure, ch.-l. de cant., arr. de Neuf- 
châtel). 

4. Gamaches, sur la rive droite de la Bresle, en Ponthieu, entre le travers 
d'Eu et celui de Blangy (Somme, ch.-l. de cant., arr. d'Abbeville). 

5. Rambures, à peu de distance de la rive droite de la Bresle, en Ponthieu, 
à la hauteur de Blangy; imposante forteresse qui subsiste encore presque 
intacte (Somme, cant. de Gamaches). 

6. On a beaucoup discuté sur la situation exacte de ce lieu fort, que Pierre 
Cochon, le seul chroniqueur qui semble en faire mention, désigne sous le nom 
de Baucent ou Baucen. {Pierre Cochon, éd. V. de Viriville, p. 459, et éd. de 
Beaurepaire, p. 303.) MM. V. de Viriville {loc. cit. et Hist. de Charles VII, t. II, 
p. 237), et de Beaurepaire {loc. cit. et Recherches sur le Procès, p. 41, n. 2), l'ont 
identifié avec Beaucamps, groupe de localités (Beaucamp-le-Jeune et Beaucamp- 
le- Vieux) situé en Ponthieu, sur les plateaux qui dominent la rive droite de la 
Bresle, entre le travers d'Aumale et celui de Sénarpont (Somme, cant. d'Hor- 
noy). M. Longnon {les Limites de la France, p. 29, n, 4) croit cependant avec 
plus de raison qu'il s'agit plutôt de Beauchamps, également en Ponthieu, sur 
la rive droite de la Bresle, mais plus près de la côte, entre le travers de 
Gamaches et celui d'Eu (Somme, cant. de Gamaches). Le document en date du 
7 juillet 1431, cité par M. de Beaurepaire {Recherches sur le Procès, p. 41, 
n. 2), et qui se retrouve dans le n" 1612 du ms. fr. 26054 de la Bibl. nat., 
paraît lui-même, en raison des places qui y sont citées comme immédiatement 
voisines (Eu et Longroy), désigner assez nettement Beauchamps. 

7. On ne rencontre pas dans les comptes de Normandie ni ailleurs les noms 
de Longroy ni de Sénarpont. — Longroy, lieu fort du territoire normand, se 
trouve situé sur la rive gauche de la Bresle, un peu au-dessous du travers de 
Gamaches (Seine-Inférieure, cant. d'Eu). On ne le voit guère mentionner qu'à 
l'occasion de la démolition de la place, ordonnée en même temps que celle 
d'Eu et de Beauchamps, en juillet 1431. (Document en date du 7 juillet 1431, 
Bibl. nat., ms. fr. 26054, n* 1612, cité par M. de Beaurepaire, Recherches sur 
le Procès, p. 41, n. 2.) — Sénarpont, au confluent du Liger et de la Bresle, 
entre Aumale et Blangy, se trouve en Ponthieu (Somme, cant. d'Oisemont), 
La forteresse est signalée comme remparée par un parti français à l'automne 
de 1433. (Arch. nat., JJ 175, n" 276.) 

8. Monchaux a capitulé en même temps qu'Eu, le 15 février 1419. (Ilellot, 
notes des Chron. de Norm., a. 131.) La place est citée comme pourvue de 
garnison en 1419 {Rôles norm. et franc., n" 675, 1359), et signalée comme 
jouant un rôle au début de l'invasion {Monstrelef, éd. Douët d'Arcq, t. III, 
p. 309, 314, 317). Prise en 1432 par les Français {Ibid., t. V, p. 35), elle fut 



264 



LA GUERRE DE PiRTISAXS 



nement de 1429*, ne paraît pas alors armé pour l'offensive^. 

En bordure de la basse Epte, sur l'ancienne lisière normande 

et française qui scindait autrefois le Vexin, bien peu de forteresses 

Neaufles- Saint -Martin^, Dangu^ Saint- 



sont restées garnies 



rasée en 1433, de commun accord (Ibid., t. V, p. 94). On ne voit signaler le 
moustier fortifié de Blangy qu'en 1429. {Pierre Cochon, éd. de Beaurepaire, 
p. 303.) — Aumale avait résisté jusqu'aux derniers jours de 1419, une des der- 
nières places de Normandie. {Chron. de Norm., éd. Hellot, p. 55, n. 159.) La 
place est pourvue d'un capitaine au début de la conquête. {Rôles norm. et 
franc., n° 1359.) — Gamaches, Rambures, Beaucharaps, Sénarpont se trouvent, 
comme on vient de le voir, en Ponthieu ; leur histoire se rattache étroitement 
à la défense de cette région. 

1. Entre 1429 et 1436, ces places, dont les unes (Aumale, Blangy, Beau- 
champs) tombent avec Torcy, pour quelque temps, aux mains des Français, 
dès la fin de 1429 {Pieire Cochon, éd. de Beaurepaire, p. 302-304, 307, 308; — 
Monstrelet, éd. Douët d'Arcq, t. IV, p. 350 ; — De Beaurepaire, Recherches 
sur le Procès), dont les autres (Rambures, Monchaux, Gamaches) ne seront 
disputées qu'un peu plus tard {Monstrelet, éd. Douët d'Arcq, t. IV, p. 433; 
t. V, p. 35-36, 71-72, 228; — Hellot, notes des Chron. de Norm., n. 268), sont 
l'objet de continuels assauts. M. Hellot a parfaitement démontré le rôle capi- 
tal de la place de Rambures, reprise en février 1432 par Charles Desmarets. 

2. On ne voit plus depuis le début de l'invasion mentionner deux places de 
l'intérieur du Petit-Caux : Guilmécourt, entre l'Aulne et l'Yères (cant. d'En- 
verraeu), et Saint-Martin-le-Gailiard, sur l'Yères (cant. d'Eu). Ces deux places 
avaient été comprises dans la capitulation d'Eu, le 15 février 1419. {Rôles 
norm. et franc., a" 443.) On a vu la reprise passagère de Saint-Martin et le 
combat livré sous ces murs, en août 1419. Guilmécourt est peut-être le « Galin- 
court » (Galnicourt) mentionné par Monstrelet au milieu d'autres places de la 
région. {Monstrelet, éd. Douët d'Arcq, t. III, p. 309.) — Quelques autres places 
fermant la région d'Eu vers le sud, entre Aumale et JVeufchâtel, et disputées 
au temps de la guerre civile, ne sont plus mentionnées depuis. Entre autres 
Mortemer et Beaussault, aux sources de l'Aulne et de la Béthune (cant. de 
Neufchâtel et de Forges), qui étaient, en 1418, aux mains du parti d'Armagnac. 
(De Beaurepaire, Accord conclu, loc. cit.) Beaussault est démoli dans l'hiver 
de 1433. (De Beaurepaire, Recherches sur le Procès, p. 41, n. 2.) 

3. Neaufles-Saint-Marlin, sur la rive gauche de la Levrière, près de son con- 
fluent avec l'Epte, entre Gisors et Étrépagny (Eure, cant. de Gisors). La place, 
mentionnée! par Monstrelet avec les autres forteresses de la ligne de l'Epte, 
capitule cependant le 23 février 1419. {Rôles norm. et franc., n° 307. — Cf. 
Chron. de Norm., éd. Hellot, p. 55, et notes, n. 131, 155, 157.) Comme l'a mar- 
qué l'éditeur, le texte des Chroniques de Normandie, qui fait tomber Neaudes 
à la suite de la chute de Gisors, en septembre, doit être corrigé sur ce point. 
Neaulles a été pourvu d'un commandant anglais en août et octobre de celte 
année, le comte de Worcester. {Ibid., n"» 648, 1359.) 

4. Dangu, sur la rive gauche de l'Epte (Eure, cant. de Gisor.s). Capitulation 
à la suite de la chute de Gisors, en septembre 1419. {Chron. de Norm., éd. 
Hellot, p. 55, et notes, n. 155.) Cependant la terre est distribuée dès le 1"" fé- 



DANS Li HAUTE NORMANDIE. 265 

Clair-sur-Epte S l'île de Bray^ la tour de Baudemont^ ont capi- 
tulé à la fin de l'invasion, entraînées parla chute de Gisors, mais 
n'ont pas gardé de soldats. Au centre du Vexin normand, Étré- 
pagny seul reste en état de défense et conserve peut-être quelques 
forces mobiles ^ 
Entre les mailles lâches de ce réseau, des compagnies dissémi- 

vrier 1419. (Rôles norm. et franc., n' 281.) Au 4 octobre 1419, Dangu compte 
un commandant anglais. (Ibid., n°' 675, 1359.) En juillet 1425, de même. (Arch. 
nat., JJ 173, n° 193.) Lors de la reconquête, Dangu donne lieu à une capitu- 
lation dans les premiers jours d'août 1449. (De Beaucourt, Bist. de Charles VII, 
t. V, Pièces justif., I.) — La terre de Dangu, confisquée sur Pierre de Bour- 
bon, appartenait, en même temps que la capitainerie {Rôles, n" 1359), à Richard 
Wideville {Rôles, n°* 281, 534), le grand sénéchal anglais de Normandie qui 
épousa plus tard Jacqueline de Luxembourg, veuve du duc de Bedford, et joua 
un si grand rôle dans la guerre des Deux-Roses. — Sur l'expédition qui aurait 
été tentée, en août 1422, par les capitaines français du Maine sous Jean d"Har- 
court, comte d'Aumale, en vue de débloquer Dangu, qu'il faudrait alors sup- 
poser avoir été réoccupé par le parti national, voir ci-dessus, Sur la Seine, et 
ci-dessous, Annexe 2. 

1. Saint-Clair-sur-Epte, sur la rive droite de l'Epte (Seine-et-Oise, cant. de 
Magny-en- Vexin), en face Château-sur-Epte, qui commande l'autre bord (Eure, 
cant. d'Ecos), au point de passage de la route directe de Rouen à Pontoise. 
Saint-Clair fut pris avec les autres places de l'Epte, vers février 1419, ou à la 
suite de la chute de Gisors, en septembre, mais ne figure ni dans la liste de 
Monstrelet ni dans celle des Chroniques de Normandie. La place est mention- 
née comme armée au début de l'invasion, ayant pour commandant William 
Basset. {Rôles norm. et franc., n° 1359.) Saint-Clair fut réoccupé par un parti 
français en 1432. (Bibl. nat., ms. fr. 26055, n" 1751.) 

2. Bray, dans une île de l'Epte (actuellement comm. de Bray-et-Lu, Seine-et- 
Oise, cant. de Magny-en- Vexin). Cette place figure sous son nom, avec d'autres 
de la région, dans l'énumération de Monstrelet {Monstrelet, éd. Douët d'Arcq, 
t. III, p. 309), comme prise, par suite, vers février 1419. 

3. Baudemont, sur la rive gauche de l'Epte (actuellement fraction de la com- 
mune de Bus-Saint-Rémy, Eure, cant. d'Ecos). Cette position inaccessible, qui 
commande si fortement la vallée de l'Epte, fut attaquée par le duc de Clarence, 
aussitôt après la capitulation de Mantes, le 5 février 1419. (Durand et Grave, la 
Chronique de Mantes, p. 270.) C'est le « Bewmant », le « Bawdemont », des 
chroniques anglaises, qui marquent sur cette campagne de sièges une cer- 
taine précision. {Henrici Quinti G esta, auctore capellano, éd. Benjamin Wil- 
liams, p. 129. — Elmham, Vita Henrici Quinti, éd. Hearne, chap. lxxi, p. 205.) 
Baudemont figure sous son nom réel dans la liste de Monstrelet {Monstrelet, 
éd. Douët d'Arcq, t. III, p. 309), avec les autres places de la ligne de l'Epte 
prises vers cette môme époque. En 1435-1436, la place sera vivement disputée. 

4. Étrépagny, au centre des routes du Vexin normand. La place avait capi- 
tulé le 1" février 1419. (Rymer, Fœdera, t. IV, part. 3, p. 87.) Au début de 
l'invasion, elle a un capitaine anglais qui porte le nom de Richard Abraham 



266 



lA GUERRE DE PARTISANS 



nées circulent à couvert. Elles sont moins groupées, moins cohé- 
rentes que dans le pays d'Auge et le Lieuvin, mais plus insaisis- 
sables, plus nuisibles encore. Entre Rouen, Yernon, Gisors, 
Gournay, Aumale, les représentants du gouvernement anglais ne 
communiquent plus sans escortes spéciales ; toute administration 
est entravée, toute vie sociale interrompue. La contrée tout 
entière apparaît comme un réceptacle inépuisable d'ennemis, 
traîtres, brigands, réserve sans cesse alimentée à des sources 
nouvelles, qui ne se dépeuple ni ne s'épuise, malgré la surveil- 
lance, les colonnes volantes qui sillonnent le pays, la chasse en 
règle et les battues à l'homme. 

Dans les cantons du Petit-Caux, entre l'Aulne et la Bresle, sur 
ces lisières de la Picardie maritime où vient de se prolonger si 
longtemps la défense acharnée de Jacques d'Harcourt^ les par- 
tisans semblent ne rien craindre ^ Près d'Arqués, en 1423, ils 
attaquaient des traînards anglais^. En 1425, on constate dans 
une compagnie la présence de gens de Saint-Pierre-en-Val, de 
Douvrend"*. En mars, les Anglais d'Eu en prennent quelques-uns. 



{Rôles norm. et franc., n" 1359), (jui y commande encore au commencement 
de 1424 (Bibl. nat., ms. fr. 26046, n" 185). Elle ne figure pas dans les comptes 
de Normandie analysés par M. de Beaurepaire, mais y est indiquée comme 
recevant un détachement de « crue » en 1429. Entre cette date et 1436, Étré- 
pagny fut l'objet de nombreuses surprises et conspirations. (De Beaurepaire, 
Recherches sur le Procès, Notices sur les Juges (II. ce), et Note sur Jean de 
Saini-Avit, évêque d'Avranches, dans le Bulletin de la Conwiission des anti- 
quités et des arts de la Seine-Infërieure, t, IX, années 1891-1893.) 

1. Le Crotoy, dernière position française de la baie de la Somme, capitule 
au terme du 1" mars 1424. Les comptes de Normandie ne mentionnent pas cette 
place, mais, en revanche, signalent celle voisine de Rue (Somme, ch.-l. de 
canl. de l'arr. d'Abbeville), comme armée jusqu'à la fin de 1424. 

2. Les noms de lieu cités pour cette région sont tous compris dans une 
région contiguë (Seine-Inférieure, cant. d'Eu et d'Envermeu, dans l'arr. de 
Dieppe; cant. de Londiniôres, dans l'arr. de Neufchâlel; — Somme, cant. de 
Gamaches et de Moyenneville, dans l'arr. d'Abbeville). 

3. Regnault Ilallcy, de Bacqueville-la-Martel (Seine-Inférieure, arr. de Dieppe); 
Jean de Saint-Pol, dit Lemaitre, de Harcourt (Eure, cant. de Brionne); Tho- 
mas Houdet, barbier, de Haucourt (Seine-Inférieure, cant. de Forges), mis à 
mort sous formes diverses, à Arques, pour crime de lèse-majesté et meurtre 
d'un Anglais nommé Bouteiller. Mandement de taxation de Raoul Bouteiller, 
chevalier, bailli de Caux, au vicomte d'Arqués pour frais d'exécution, en date 
du 11 mars 1423. Bibl. nat., ms. fr. 26046, n° 46. 

4. Rémissions pour Jeannot Louvel, de Sainl-Picrrc-cn-Val, pour Jean Dela- 
mare, de Douvrend. Doc. en date d'août 1425 : faits récents. Arch. nat., JJ 173, 
n»' 328, 330, 334. 



DANS lA HAUTE NORMANDIE, 267 

après combat en vue de Bailly-en-Rivière*. Aux environs de 
Garaaches, dans le courant de mai, la compagnie de Fremiuofc 
Le Vasseur se fait ravitailler par des paysans de Tilloy-sur-Ry ; 
l'un d'eux, arrêté et emmené par les Anglais de Gamaches, est 
enlevé par un groupe de partisans qui tend à l'escorte une embus- 
cade au tournant d'un chemin, près du village de Tours ^. 

Une autre bande, celle de Robin Crevin, se signale à la fin de 
l'été vers Fresnoy^ Melleville, Millebosc^ entre la Bresle et 
l'Yères^. Dans les premiers jours d'octobre, des compagnies se 
montrent en force entre les forêts d'Eu et celles de Lyons ; leurs 
démonstrations inquiètent sérieusement la place de Rouen ^. Il 
faut en référer au duc de Bedford jusqu'à Paris, où le régent se 
voit obligé d'instituer un commissaire spécial, Raoul Le Sage, 
seigneur de Saint-Pierre, l'un des conseillers les plus écoutés du 
gouvernement anglais''', qui détient la seigneurie de Gamaches et 
possède la connaissance nécessaire du terrain*. Les trois baillis 

1. Mandement de taxation du bailli de Caux au vicomte de Neufchâtel pour 
paiement d'un messager porteur de lettres relatives à ce fait, en date du 
2 mars 1425. Bibl. nat., Cab. des Titres, P. or., Maistresson, n" 2. 

2. Rémissions pour Fremin Garet aîné, cultivateur, de Tilloy-sur-Ry; Fre- 
min Garet cadet, charpentier, de Gamaches; Jean de Cahon, apprenti charpen- 
tier, pour faits de participation. Doc. en date de juillet 1425 : faits remon- 
tant à deux mois. Arch. nat., JJ 173, n"' 322, 699. 

3. Fresnoy-la- Campagne, dénomination actuelle : Fresnoy-Folny. 

4. « La Ville emmi le Bosc », dénomination actuelle : Millebosc. 

5. Rémission pour Jean Le Cras, de « Veilly » (Vesly (?), Eure, cant. de 
Gisors), pour fait de complicité, de concert avec Perrin Alleaume et avec Jean- 
not Louvel, de Saint-Pierre-en-Val. Doc. en date de janvier 1426 : faits remon- 
tant à cinq et quatre mois. Arch. nat., JJ 273, n" 334 ; cf. n° 328. 

6. Pour ce qui suit : lettre de garant du duc de Bedford à Richard Beau, 
commandant de Rue en Ponthieu, en date de Paris, le 3 novembre 1425, men- 
tionnant des lettres aux baillis de Rouen, Caux et Gisors, et au seigneur de 
Saint-Pierre, et faisant allusion à des faits en date du 8 octobre. Bibl. nat., 
ms. fr. 26048, n" 501 ; cf. n° 507. 

7. Trace de la commission donnée en charge par le régent au seigneur de 
Saint-Pierre se rencontre dans une mention de comptes du salaire payé à un 
messager, le 30 octobre, pour avoir apporté, de Paris à Gamaches, où se trouve 
alors Raoul Le Sage, des ordres du Conseil du roi. Bibl. nat., ms, fr. 4491, 
fol. 35. 

8. Raoul Le Sage, l'un des plus importants personnages du gouvernement de 
la conquête. Voir sur lui les renseignements recueillis dans la notice biogra- 
phique (p. 16-24) donnée dans l'élude intitulée : Note pour servir à l'histoire 
de la famille Saige ou Sage... [par M. Gustave Saige]. Paris, 1874, in-4°. 

Il sortait d'une race normande du Cotenlin, à laquelle appartenait une fraction 



268 



LA GUERRE DE PARTISANS 



de Rouen, Caux, Gisors* reçoivent l'ordre de se mettre à sa dis- 
position pour les mesures à prendre contre ces « brigands » , qui 






de la seigneurie de Saint-Pierre-Église (Manche, ch.-l. de cant., arr. de Cher- 
bourg), et, par sa mère, issue de la famille cauchoise de Pelletot (Seine-Infé- 
rieure, cant. de Longroy, comm. de le Catelier), il se trouvait possesseur de la 
seigneurie de Laviers, en Ponthieu, dans la vallée de la Somme (Laviers-le- 
Grand, Somme, cant. d'Abbeville). Comme Guy Le Bouteiller, il venait aux 
Anglais du parti bourguignon, dont il suivait la fortune depuis les événements 
de 1407. A l'heure de la descente de Henry V, il avait fait immédiatement, 
pour ses domaines du Cotentin, sa soumission à la conquête, mais paraît avoir 
attendu le traité de Troyes pour entrer au service de l'Angleterre, où il devait 
faire une rapide fortune et auquel il reste attaché jusqu'à sa fin, vers 1438. 
Il était membre du Conseil dès 1421. Cette même année, il avait reçu, comme 
part de dépouille, plusieurs terres autour de Lisieux. {Rôles norm. et franc., 
n" 1005, 1017.) C'étaient Livet-sur-Authou (Eure, cant. de Brionne), dont on se 
rappelle l'assaut par la compagnie de Roger Christophe; l'Eau-Partie, dans le 
massif accidenté entre Touques et Dives (Calvados, cant. de Cambremer); la 
baronnie de Roncheville, dans la vallée de la Touques (Calvados, cant. de Pont- 
l'Évêque, comm. de Saint-Martin-aux-Chartrains), la première baronnie de Nor- 
mandie selon certains auteurs, cette dernière confisquée sur Perrette Bureau 
de la Rivière, la vaillante héro'i'ne de la défense de la Roche-Guyon (Siméon 
Luce, Perrette de la Rivière, dame de la Roche-Guyon, p. 170, dansZa France 
pendant la guerre de Cent ans, 1' série). Du titre de Roncheville dépendait 
un hôtel à Honfleur (Siméon Luce, Chron. du Mont-Saint-Michel, t. I, p. 314, 
n. 1), et un atterrage, actuellement disparu et curieux à signaler, situé à Pen- 
nedepie (Calvados, cant. de Honfleur), entre les repères bien connus de la 
Falaise-Basse de Honfleur et de la Fosse de Villerville ; c'est là que vient 
débarquer le duc d'York, en juin 1436, pour achever la réduction de la grande 
insurrection cauchoise (De Beaucourt, Hist. de Charles Vil, t. III, p. 8, n. 5). 
La terre de Gamaches, en Ponthieu, lui était échue en décembre 1424. (Cf. 
Bibl. nat., ms. fr. 4485, fol. 425.) Dans le cours de cette année 1425, où il 
avait mission de diriger les opérations contre les partisans, on l'y trouve pré- 
sent en mai et en octobre. (Arch. nat., JJ 173, n" 322, et Bibl. nat., ms. 
fr. 4491, fol. 35.) 

Il est spécialement intéressant de le voir chargé d'exterminer les partisans 
des bois d'Eu, tandis qu'un chef de partisans portant le même nom, Per- 
rot Le Saige, resté fidèle à la cause nationale, combattait, comme il a été 
dit, à la tête d'une compagnie d'irréguliers, sur les lisières du pays d'Auge. 
C'est lui qu'on a vu livrer aux Anglais de Bonsmoulins, en 1424, le sanglant 
combat de Planches. (Voir ci-dessus, le Pays d'Auge.) 

1. A cette date, le bailliage de Gisors (cf. Rôles norm. et franc., passim) 
était encore tlistinct. Le 25 avril 1426, on voit John Salvayn, bailli de Rouen, 
porter le titre de « bailli de Rouen et de Gisors », ([u'il gardera sous une 
forme plus ou moins diflérentc, ainsi que ses successeurs. Bibl. nat.. Cabinet 
des litres, Pièces orig., Salvain, n° 9. A la date du 25 novembre précédent, 
il porte seulement le litre de bailli de Rouen (Ibid., id., n" 8). 



DANS LA HAUTE NORMANDIE. 269 

alignent de la cavaleries et qui circulent sur quinze lieues de 
pajs^ 

Aux alentours de Gournay, entre la forêt de Bray et la forêt 
de la Thelle, dans les hautes vallées de l'Epte et du Thérain, sont 
cantonnées d'autres bandes encore. On en signale en 1424, aux 
environs de Fontenay^ vers les sources du Thérain, où les par- 
tisans tiennent la campagne depuis longtemps déjà^ On les revoit 
autour de Gerberoy^ en 1425, dans les bois, où ils embauchent 
des recrues et d'où ils viennent attaquer la ville, devenue presque 
inhabitable^. A Songeons', en 1426, la garnison de Gournay 
leur livre un combat : l'un d'eux tombe sur le terrain, et son 
cadavre, ramené dans la place, subit au lieu de justice une exé- 
cution posthume destinée à servir d'épouvantail et d'exemple*. 

Dans cette direction , ils rayonnent jusqu'aux approches de 
Beauvais. Là, depuis longtemps, au pied de la haute falaise du 
Bray, des groupes d'irréguliers survivent, soutenus naguères 
par les garnisons françaises de la Neuville-en-Hez ^ et des bico- 

1. « Pour ce que plusieurs brigans, ennemis et malveillans de mondit sei- 
gneur le roy et de nous, tant à pie comme à cheval, s'estoient, dès environ le 
viii" jour du mois d'octobre darrenement passé, venus tenir et converser es 
forests d'Eu, de Lions et autres circonvoisines. » Bibl. nat., ms. fr. 26048, 
n» 501. 

2. Du milieu de la région forestière de Lyons jusqu'au centre de la contrée 
entourée par les forêts d'Eu, on compte en ligne droite au moins 60 kilomètres. 

3. « Fontenay près Gerberoy. » Actuellement fraction principale de la com- 
mune dénommée Fontenay-Torcy (Oise, cant. de Songeons). 

4. Rémission pour Guillot Molain, dit Bourgain, de Fontenay, pour faits de 
participation. Doc. en date de novembre 1424 ; faits remontant à un an, habi- 
tuels encore. Arch. nat., JJ 173, n° 50. 

5. Gerberoy, dans la vallée du Thérain, théâtre de la rencontre célèbre de 
mai 1435, où périt le comte d'Arundel (Oise, cant. de Songeons). 

6. Rémission pour Willemot Petrix, de Gerberoy, partisan. Doc. en date 
du 24 mars 1427 : faits remontant à deux ans. Arch. nat., JJ 173, n" 671 
et 673. 

7. Songeons, dans la vallée du Thérain (Oise, ch.-l. de cant., arr. de Beau- 
vais). 

8. Quittance collective de soldats de Gournay, pour la capture de Colin Rose, 
partisan, tué dans une rencontre en date du 9 mars 1426. Bibl. nat., ms. 
fr. 26049, n" 558. 

9. La Neuville-en-Hez (Oise, cant. de Clermont), sur la lisière nord des pentes 
de la forêt de Hez, plus près de Clermont que de Beauvais. La place, occupée 
par une garnison entreprenante (Arch. nat., JJ 173, n"' 407, 454), ne capitule 
qu'au terme du 28 juin 1422, en même temps que Compiègne et les autres for- 
teresses entre l'Oise et la Bresche, à la suite de la reddition de Meaux. La Neu- 



270 LA GUERRE DE PARTISANS 

ques avoisinantes, qui ont tenu bon jusqu'à la reddition de Com- 
piègne, dans l'été de 1422 ^ Le chef de bandes Jeannin Galet^ 
supérieurement retranché dans le bois du Parc^, entre Beauvais 
et Gournay, pousse des courses vers Goincourt, dans la direction 
de l'abrupt escarpement du Bray^ jusqu'à Milly, à mi-chemin de 
Beauvais à Songeons^. Vide ou désarmée, dans le voisinage, est 
encore la forte maison de Milly, où quelque temps plus tard se 
maintiendra insaisissable un des frères de LaHire, Pierre-Renaud, 
bâtard de Vignoles, qui s'y cantonnera trois années entières ^ 

ville- en-Hez redevient française, avec Beauvais, en août 1429. [Monstrelet, éd. 
Douët d'Arcq, t. III, p. 97 et 354.) — Le lieu fort de Bresles (Oise, cant. de 
Nivillers), sur la route de la Neuville à Beauvais, était armé en 1417 et occupé 
par un parti armagnac, sous Lestendard de Milly. (Arch. nat., JJ 173, n' 454.) 
On ne le voit plus signalé depuis. 

1. On ne voit plus alors citer Fontaines-Lavaganne, un peu plus à l'ouest, vers 
les frontières du Bray (Oise, cant. de Marseille-le-Petit). Ce lieu fort, longtemps 
la terreur du voisinage, sous le commandement du Dauphinois Guillaume de 
Moussures (Arch. nat., JJ 171, n° 295; JJ 173, n" 407, 454, 497, 498, 545), avait 
été pris par un corps anglais, à la fin de 1419, et démoli. (Monstrelet, éd. Douët 
d'Arcq, t. III, p. 372, et Chastellain, éd. K. de Lettenhovc, t. I, p. 102.) Ce 
fait de guerre est le premier accompli de concert entre Anglais et Bourgui- 
gnons, après l'assassinat de Jean Sans-Peur et avant l'ouverture des négocia- 
tions de Troyes. — On n'entend plus non plus parler de Breteuil ni de la tour 
de Vendeuil, un peu plus au nord, dans la direction de la Picardie (Oise, ch.-l. 
de cant., arr. de Clerraont, et Vendeuil-Caply, cant. de Breteuil). Ces lieux 
forts, bourguignons depuis longtemps, avaient été saccagés par les Anglais de 
Gournay, en août 1419, pendant l'alliance épliémère des Bourguignons et des 
Dauphinois réunis [Monstrelet, éd. Douët d'Arcq, t. III, p. 337), et, après le 
traité de Troyes, avaient naturellement passé, en 1420, à la coalition anglo- 
bourguignonne. Ces deux places redeviennent françaises en octobre 1430, après 
la levée du siège de Compiègne, avec celles entre l'Oise et la Bresche. {Ibid., 
t. IV, p. 419.) 

2. Pour ce qui suit. Rémission pour Jean Dorly, du pays de Brie, verdier 
et garde des bois épiscopaux, pour faits de participation, de concert avec Jean 
Bailleul, sergent desdits bois. Doc. en date de décembre 1425 : faits se con- 
tinuant depuis quatre ans. Arch. nat., JJ 173, n* 677. 

3. Le bois du Parc, sur le plateau triangulaire séparant les vallées du Thé- 
rain et de l'Avelon, qui se réunissent sous Beauvais. 

4. Goincourt, sur l'Avelon, entre Beauvais et Saint-Léger-en-Bray (Oise, 
cant. de Beauvais). 

5. Milly, vers la jonction du Grand et du Petit-Thérain (Oise, cant. de Mar- 
seille-le-Petit). Il est fait mention à plusieurs reprises des « compaignons de 
Milly », dans un sens évident d'association locale. 

G. De 1440 ù 1443. [Monstrelet, éd. Douët d'Arcq, t. V, p. 426-428, et t. VI, 
p. 61-64.) 



DANS LA HAUTE NORMANDIE. 271 

avec deux cents hommes d'armes, « tous forts sacquemans, raides 
et vigoureux*. » Pour rinstant, Jeannin Galet, en 1425, a des 
intelligences jusque dans la cité épiscopale de Cauchon^ dont les 
sergents et verdiers lui servent d'indicateurs et de complices. Pré- 
venus par eux, ses hommes vont surprendre, jusque sur le chemin 
de ronde du rempart de Beauvais, un des guetteurs bourguignons, 
un bourgeois apeuré de la ville, qui porte sur lui tout son bien, 
tellement bardé de sacs d'argent sous son harnais qu'il ne peut 
se remuer sans sonner comme un trésor 3. Une autre fois, ils 
attaquent l'escorte d'un écuyer anglo-normand^ qui s'en retourne 
dans le pays de Bray : le petit convoi, assailli en chemin, est 
vivement enlevé^. Jeannin Galet devient l'autorité de la région. 
On lui dépêche des négociateurs dans les bois ; on traite de pair 
avec lui; hors des murs de Beauvais, il est seule puissance recon- 
nue, consultée, agissante et obéie. 

Il a fait école. En 1425, au delà de Beauvais, près de Saint- 
Just-en-Chaussée^, le paysan Le Roy, de Valescourt', et son 
lieutenant Pierre Vendôme commandent une compagnie nom- 
breuse , toute formée de gens des villages d'alentour. Elle a 
recueilli des débris de la garnison de la Neuville-en-Hez, qui sont 
entrés dans ses rangs, elle fait des prisonniers, possède des dépôts 
de poudre, compte des intelligences dans les villages et jusque 
dans Amiens^. Plus bas, vers l'Oise, sur les limites du pays de 

1. /ôtd., t. VI, p. 61. 

2. Sur les intelligences françaises paraissant avoir été nouées à Beauvais, 
notamment au couvent des Cordeliers, voir la lettre de rémission accordée à 
Étiennot Le Flameng, barbier du couvent, en juin 1427. Arch. nat., JJ 173, 
n» 691. 

3. « Quant il estoit sur les murs de Beauvès, où il faisoit le guet, il rompoit 
tout le doz et espaules de ses compaignons des saches et bourses plaines d'es- 
cuz qu'il avoit. » Arch. nat., JJ 173, n" 677. 

4. a Le bastard de Valans. » Ibid., id. 

5. Noms de partisans de la compagnie : Jean Lebarbier, le grand Hennequin, 
Henri, Hue, Douchet. 

6. « Saint-Just, en Beauvaisis. » Malgré l'existence du village de Saint-Just- 
en-Marais (Oise, cant. de Beauvais), à une demi-lieue au sud de Beauvais, 
dans la région môme où viennent d'être signalés les faits qui précèdent, il faut 
reconnaître dans cette localité Saint-Just-en-Chaussée, sur la route de Beau- 
vais à Montdidier (Oise, ch.-l. de cant. de l'arr. de Clermout). 

7. « Balescourt. » Valescourt, Oise, cant. de Saint-Just-en-Chaussée. 

8. Rémission pour Drouet de Duremort, journalier, marchand de mercerie et 
de poisson, de Saint-Just, pour faits de participation. Doc. en date d'août 1425 : 
faits récents. Arch. nat., JJ 173, n" 203, 407. 



272 



LA GUERRE DE PARTISANS 



la Thelle, qui sert de lisière au Vexin, des partisans sont signa- 
lés, cette même année, aux Fontaines*, entre Clermont et CreiP, 
autour de Saint-Félix ^ de Mouchy-le-Châtel ^ Là aussi se sont 
réfugiés d'anciens combattants de la Neuville, qui continuent la 
guerre pour leur compte et n'ont pas voulu désarmer^. En ce coin 
de région, presque déjà picard, l'insurrection atteint vers l'est 
l'extrémité de son terrain d'expansion. Aussi Lien s'appuie-t-elle, 
en arrière, sur de solides réserves, comme sur une région qui con- 
serve aux partisans encore en armes de toujours vivaces et iné- 
puisables ressources. 

Les voici dans le Vexin. 

En abordant le pays par la lisière de la Thelle, on les rencontre 
aux premiers pas dans la zone indéfinie, accidentée et difficile 
d'accès, où naissent les rivières qui tombent dans l'Epte, aux 
environs de Gisors, et les petits affluents de la droite de l'Oise, 
entre Beaumont et Pontoise. Dans ce petit massif des Buttes de 
Bonne, bossue de collines, strié de courts vallons, si bien cons- 
truit pour la guerre individuelle, ils ont des abris ménagés, des 
retraites sûres au fond desquelles ils survivent. La petite place de 
Méru*'', sur la bordure de la Thelle et du Vexin, prise et reprise 
tant de fois, les a soutenus jusqu'au milieu de 1422'. Méru s'est 



1. « Auffontaines. » Les Fontaines, à gauche de la vallée de la Bresche (Oise, 
coram. de Clermont). 

2. Rémission pour Pierre Deleplanque, vigneron de les Fontaines. Doc. en 
date du 16 novembre 1426 : faits récents. Arch. nat., JJ 173, n° 570. 

3. Mouchy-le-Châtel, Oise, cant. de Noailles. 

4. Saint-Félix, Oise, cant. de Mouy. 

5. Meurtre de Jean Mate, partisan, ancien soldat de la garnison française de 
la Neuville-en-IIez. Doc. en date d'avril 1427 : faits remontant aux vendanges 
de l'an 1425. Arch. nat., JJ 173, n° 633. 

6. Méru, souvent appelé alors Méru-en-Thelle, sur l'Esches (Oise, ch.-l. de 
cant., arr. de Bcauvais). 

7. Méru, sans doute enlevé rapidement par Jean Sans-Peur dans sa marche 
sur l'Oise en septembre 1417, avait été presque immédiatement repris par le 
parti d'Armagnac, le 30 novembre. {Religieux de Saint-Denis, éd. Bellaguet, 
t. VI, p. 154.) A la fin de 1418 ou vers le début de 1419, Méru est aux mains du 
parti bourguignon : David de Gouy en est capitaine en même temps que com- 
mandant du château de Gisors. {Livre des trahisons, éd. K. de Lettenhove, 
p. 141, et Arch. nat., JJ 171, n" 501.) Méru, encore anglo-bourguignon en mars 
1421 (Arch. nat., JJ 171% n" 327), appartient aux Français dans les derniers 
jours de 1421 et est encore entre leurs mains en 1422. (Arch. nat., JJ 171, n° 501.) 
Un document en date de juin 1426 parle du recouvrement de la place par les 
Anglais quatre ans auparavant, vers l'été de 1422. (Arch. nat., JJ 173, n" 443.) 



DiNS LA HAUTE NORMANDIE. 273 

quelque temps appuyé sur le lieu fort voisin de Fresneaux*, qu'on 
trouve occupé par un parti français en février 1422^. Ghambly^ 
plus bas dans la vallée de l'Esche, l'ancien quartier général de 
Jean Sans-Peur, lorsqu'il épiait les ponts de l'Oise, au fort de la 
guerre civile, en septembre 1417 ^ armé peut-être encore en 
141 9 ^ Chambly, qu'on retrouve occupé par un poste anglo- 
bourguignon après l'ébranlement de 1429 ^ ne paraît pas alors 
utilisé comme place forte convoitée ou à défendre. Plus avant 
vers le Vexin, Jouy-sous-Thelle', MontchevreuiP, Fresnes- 
l'Eguillon^ Jouy- le -Temple**^, toutes ces fortes maisons, ces 
forteresses improvisées dans les églises, que le soulèvement natio- 
nal rendra bientôt l'objet de sanglants combats, ne sont encore 
ni attaqués ni pourvus de forces défensives". Mais, à l'autre 
extrémité du canton *^ comment expliquer autrement que parle 

1. Fresneaux, vers les sources de la Troësne, actuellement dénommé Fres- 
neaux-Montchevreuil (Oise, cant. de Méru). 

2. Arch. nat., JJ 171, n" 327. 

3. Chambly, souvent appelé alors Chambly- le -Hauberger, Oise, cant. de 
Neuilly-en-Thelle. 

4. Monstrelei, éd. Douët d'Arcq, t. III, p. 210. 

5. Arch. nat., JJ 171, n» 147. 

6. Sous le sire de l'Isle-Adam, cité capitaine du lieu à la fin de 1432. (Arch. 
nat., JJ 174, n" 181, 182.) 

7. Jouy-sous-Thelle, Oise, cant. d'Auneuil. 

8. Montchevreuil, actuellement fraction de la commune de Fresneaux-Mont- 
chevreuil, Oise, cant. de Méru. 

9. Fresnes-l'Éguillon, Oise, cant. de Chaumont-en- Vexin. 

10. Jouy-le-Temple, Oise, cant. de Méru. 

11. Les lieux forts de Jouy-sous-Thelle et de Montchevreuil, en 1432, sont 
occupés par un parti français qui fortifie en même temps les églises de Fresnes- 
l'Eguillon et d'Ivry-le-Temple. (Longnon, les Limites de la France, p. 40, n. 2, 
et Bibl. nat., ms. fr. 26055, n" 1751.) Jouy-sous-Thelle est la seule de ces for- 
teresses non classées qui soit signalée comme armée pendant les guerres du 
siècle précédent. (Siméon Luce, Hist. de Bertrand du Guesclin, tableau des 
lieux forts.) Il n'est alors question ni de Montchevreuil ni des clochers-tours 
de Fresnes et d'Ivry. Jouy-sous-Thelle, pris et repris, est évidemment le même 
château que ce « fort de Joingny séant entre Beauvais et Gisors », dont Tal- 
bot fait pendre toute la garnison, après l'avoir enlevé sur son trajet, dans sa 
campagne entre Rouen et Paris, en mai 1434. [Monstrelet, éd. Douët d'Arcq, 
t. V, p. 91, dans de Beaucourt, Hist. de Charles Vil, t. II, p. 49.) Jouy-sous- 
Thelle se trouve, en effet, à peu près exactement à moitié route de Beauvais 
à Gisors, à quatre lieues environ de l'un comme de l'autre. 

12. Pour les autres lieux forts de ce district, notamment la Villetertre, Chau- 
mont-en-Vexin, Trie-Château, voir ci-dessus, aux notes concernant ces places. 

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274 LA GUERRE DE PARTISANS 

fait des irréguliers en armes, leur concours ou leur complicité, 
cette passagère et extraordinaire réoccupation de Bouconvilliers*, 
qu'il faut constater avec surprise dans les premiers mois de 1422^?- 
Dans le cours même de l'été suivant, Méru, cependant, s'est rendu; 
les débris du parti vaincu ont suivi l'exemple des combattants 
de la Neuville-en-Hez ; les épaves de la garnison se sont dis- 
persées, et les gens de guerre, de soldats, se sont faits partisans. 

Dans le courant de 1424, une compagnie est traquée par la 
troupe anglaise de Pontoise dans les bois de Neuvillebosc^, aux 
sources de la Troësne. Des gens de Neuvillebosc, d'autres encore, 
d' Ybouvillers \ sachant le péril des « brigands », viennent les ravi- 
tailler en secret avec des ruses ingénieuses. Des petits engage- 
ments ont lieu entre eux et les Anglais de Pontoise, occupés à de 
continuelles et stériles sorties contre leurs bandes, qu'ils pour- 
chassent en vain sans les pouvoir exterminer ni réduire^. 

Dans l'hiver de 1426, une autre compagnie, peut-être la même, 
où figurent d'anciens soldats de Méru, est cantonnée dans les 
environs de Monneville^, où son installation dans les bois est 
présentée comme un fait datant de longue main et de notoriété 

1. On a vu (ci-dessus, note sur la place) que Bouconvilliers apparaît aux 
mains d'un parti français au commencement de 1422. (Arch. nat., JJ 173, 
n° 501.) 

2. On a exposé (ci-dessus, note sur la place) les raisons pour lesquelles il 
est impossible de croire, vers la même époque, à la rentrée des Français 
dans la place de Dangu, évidemment confondue avec Dangeul, place forte du 
Maine. A défaut de celte démonstration, comme l'occupation réelle de Bou- 
convilliers survient à peu près vers la même époque que le moment attribué 
à la i»rétendue occupation de Dangu, on eût été d'autant plus exposé à recon- 
naître dans ces deux faits de guerre l'œuvre commune des partisans de la 
région, et à tomber ainsi dans une regrettable exagération. 

3. « Neuville au Dose. » Neuvillebosc, Oise, cant. de Méru. 

4. Ybouvillers, à la croisée des chemins menant de Pontoise à Beauvais et 
de Méru à Jouy-en-Thelle, actuellement fraction de la commune de Sainl-Cré- 
pin-Ybouvillers (Oise, cant. de Méru). 

5. Rémissions pour Jean Ilavcron, journalier, de Neuvillebosc, et Pierre 
Molincl, journalier, d'Ybouvillers, pour faits de complicité. Doc. en date d'oc- 
tobre, novembre 1425 : faits remontant à dix-huit mois. Arch. nat., JJ 173, 
n" 25G, 2G9. 

G. « Mongneville », indiqué dans ce document comme distant de trois lieues 
de Trie-Château. Ce ne peut être que Monneville, sur la Troësne, à douze kilo- 
mètres environ de Trie, au pied d'abruptes collines recouvertes de bois (Oise, 
cant. de Cliaumont-en-Vexin, naguères fraction de l'ancienne commune de Mar- 
quemont). 



DA\S LA HAUTE NORMANDIE. 275 

publique. Elle compte de nombreuses intelligences dans le district ; 
à Trie-Château*, où d'anciens soldats de Méru, rentrés dans leur 
village et revenus au travail de la terre, hébergent et cachent 
leurs anciens compagnons d'armes; àMonneville, où les femmes 
du pays servent d'espions et circulent sans éveiller défiance pour 
porter les messages; au hameau des Groux, vers Liancourt- 
Saint-Pierre^ où les cultivateurs de vignes, en lisière des taillis 
qui couvrent les pentes, en travaillant à leurs champs, corres- 
pondent avec les brigands voisins 2. Le partisan qui paraît leur 
chef, Raoulin de Bruneval"^, vient s'attabler dans le bourg de 
Trie, chez un de ses anciens compagnons de Méru, et y prépare 
l'enlèvement du prévôt de Chaumont, le prochain jour d'audience 
où il se rendra de Gisors à son siège pour aller tenir les plaids^. 
Rien d'étonnant, par suite, à ce que l'élu des aides de Gisors 

1. Trie-Château, où se rejoignent la Troësne et l'Aunette, venue de la forêt 
de la Thelle (Oise, cant. de Chaumont-en-Vexin). On a vu (ci-dessus, note sur 
la place) que Trie fut occupé par les Français au commencement de 1432. 
(Bibl. nat., ms. fr. 26055, n° 1751.) 

2. « La ville des Grous près dudit Mongneville. » Le nom de « les Groues », 
« les Groux », est assez fréquemment employé dans ce district, sur divers 
terroirs, pour désigner des emplacements en friche. Cette dénomination se 
rencontre notamment dans les environs de Monneville et de Marquemont (aujour- 
d'hui fraction de la commune actuelle de Monneville), sur le plateau que 
limitent jusqu'à Gisors les vallées parallèles de la Troësne et du Réveillon. 
(Graves, Précis statistique du canton de Chaumont-en-Vexin, dans Annuaire 
du département de l'Oise, 1827, p. 309-311. — Graves, Notice archéologique 
sur le département de VOise, dans Annuaire du département de l'Oise, 1856, 
p. 129.) La désignation de « la ville des Grous », qui se rencontre dans le pré- 
sent texte, ne permet d'identifier ce lieu qu'avec le groupe d'habitations por- 
tant le nom de Les Groux, au bord des pentes de la Troësne, entre Monne- 
ville et Liancourt-Saint-Pierre, sur le territoire de cette dernière commune 
(Oise, cant. de Chaumont-en-Vexin), dans la direction de Trie et de Gisors. 

3. « Et de là (de Monneville) s'en ala après ladicte damoiselle (Jeanne de 
Ver), laquelle il trouva avec ledit Henry son mari (Henriet Chouart), qui labou- 
roit en une sienne vigne assise au terroir de la ville des Grous, près dudit 
Mongneville ; lequel Henry laissa sa besongne environ l'anuytiée et mena ledit 
Jehan Pierre en son hostel audit Mongneville et de là en un petit bois près 
d'ilec où ilz trouvèrent lesdis brigans. » Arch. nat., JJ 173, n° 443. 

4. Avec ses compagnons Jean Ladvisé, Robin Hostel, Gautier Fouasse, anciens 
soldats de Méru, renseignés par Henriet Chouart, de Monneville, et demoiselle 
Jeanne de Ver sa femme. 

5. Rémission pour Jean Pierre, cultivateur de Trie-Chàteau, ancien soldat 
de Méru, pour faits de complicité. Doc. en date de juin 1426 : faits remon- 
tant aux premiers jours du carême (14 février). Arch. nat., JJ 173, n" 443. 



276 



LA GUERRE DE PARTISANS 



demande et obtienne des archers d'escorte pour protéger sa per- 
sonne dans ses tournées, « pour les périls des brigands qui ont 
esté et sont sur les chemins' ». En effet, le secrétaire de l'arche- 
vêque de Rouen et l'archidiacre de Châlons, allant de compagnie 
de Rouen vers Paris, se font enlever en route-. L'archevêque de 
Rouen, Jean de la Rochetaillée, toujours en mouvement, s'est fait 
fortement escorter pour éviter le même sort^. Entre Ecos et la 
forêt de Vernon, dans ce même été de 1426, une compagnie hante 
les bois et donne fort à faire à la garnison de Vernon. Au hameau 
de Goupigny^ elle se fait ravitailler par les cultivateurs, qui 
gardent la nuit, en lisière des jeunes tailles^, leurs moissons 
raiires contre les dégâts du gibier, et rançonne fortement un 
notable du pays qui a aidé les Anglais à les traquer sans relâche^. 
De l'autre côté de la Seine, entre Vernon et Mantes, c'est le par- 
tisan Pierre Le Bascon, Navarrais d'origine, qui se tient vers 
Bréval" et Villiers-en-Désœuvre^. Le château de Rosny^, der- 
rière les murs duquel, comme Perrette de la Rivière à la Roche- 
Guyon, la veuve de Jean d'Ivry, seigneur du lieu, Ide de Sac- 
quenville***, a fait une courageuse défense, les lieux forts voisins 
de Blaru' ' et de la Villeneuve-en-Chevrie *^ ont capitulé en février 



1. Lettres de garant en date du 30 août 1425. Bibl. nat., ms. fr. 26048, 
n' 457. 

2. Archives de ia Seine-Inférieure. (De Beaurepaire, Inventaire, G 28.) 

3. Ibid. [Id., G 27.) 

4. Coupigny, fraction de la commune d'Heubécourt (Eure, cant. d'Écos). 

5. « Ou hamel de Coupigny, assiz près des bois et forests dudit lieu ou bail- 
liage de Gisors, en un hostel et manoir à lui appartenant. » 

6. Rémission pour Jean Mouchet, cultivateur, de Coupigny, « en la paroisse 
d'IIaubercourt », pour faits de prétendue complicité. Doc. en date d'août 142G : 
faits tout récents. Arch. nat., JJ 173, n" 596. 

7. Bréval, sur les plateaux entre la Seine et l'Eure (Seine-et-Oise, cant. de 
Bonnières). 

8. Villiers-en-Désœuvre, sur les plateaux qui dominent l'Eure (Eure, cant. de 
Pacy-sur-Eure). 

9. Rosny-sur-Seine, sur la rive gauche de la Seine, un peu au-dessous de 
Mantes {Seine-et-Oise, canl. de Mantes). 

10. Documents en date de la (in du xv° siècle, dans l'ouvrage de M. l'abbé 
Thomas, Rosny-sur-Seine. Paris, Pion, 1889, in-8° de 413 p., p. 23-24 et 73. 

11. Blaru, sur un petit alllueat de la Seine, un peu au-dessus de Vernon 
(Seiiie-el-Oise, canl. de Bonnières). 

12. Les Chroniques de Normandie signalent Rosny, Blaru « et autres » comme 
se rendant à celte époque. [Cliron. de Nonn., éd. Heilot, p. 47.) Les Rôles 
normands et franiiais mentionnent la Villeneuve-en-Chevrie comme forteresse, 



DANS LA HAUTE NORMANDIE. 277 

1419, à la suite de la reddition de Vernon* et de Mantes ^ Pierre 
Le Bascon, dont le nom et l'origine évoquent d'une façon si pré- 
cise le souvenir de ce redouté Le Bascon de Mareuil, autrefois 
associé, avec la race des Sacquenville, dans ce pays même, à 
toutes les plus coupables entreprises des compagnies navar- 
raises à la solde de Charles le Mauvais^, représente seul à pré- 
sent dans la contrée, à sa manière, la résistance à l'ennemi natio- 
nal "*. Sa compagnie est maîtresse des cantons entre la Seine et 
l'Eure; lui-même a galante réputation : les femmes du pays 
viennent le trouver au fond des bois et partager sa vie d'aven- 
tures ; il est devenu célèbre et tient tout le pays sous sa coupe ^. 
Dans un district voisin, entre Vernon etLouviers, en ce même 
an 1426, les communications apparaissent comme profondément 
troublées. Un commis du receveur de l'archevêché de Rouen se 
rendant de Couches à Gaillon est enlevé par les partisans et taxé 

avec les deux précédentes, en 1419. — Au moment du soulèvement de 1435- 
1436, qui eut un tel contre-coup dans le Vexin, des partis français venus de 
Mantes menacent les environs, en décembre 1436, avec l'intention de relever 
les défenses ruinées du château, selon la tactique alors en usage. (Briefve Chro- 
nique de Saint-Wandrille, dans abbé Thomas, Rosny-sur-Seine, p. 23-24, 73, 
95-97 et 271-273.) — Les châteaux de Rosny (appelé dauli ce document Boni), 
Blaru, la Villeneuve-en-Chevrie, avec les terres voisines de Rolleboise, Apre- 
mont (comm. de Perdreauville), Buchelay (Seine-et-Oise, cant. de Bonnières et 
de Mantes), confisquées sur divers membres des familles d'Ivry, de Sacquen- 
ville, Mauvoisin, de Trie et de Corneuil, furent donnés à Philip Branch, 
futur bailli anglais de Mantes, par lettres de Henry V, en date de Vernon, le 
22 avril 1419. [Rôles norm. et franc., n" 449.) 

t. La reddition de Vernon a lieu le 3 février 1415. (Ryraer, Fœdera, t. IV, 
part. 3, p. 88.) 

2. La reddition de Mantes, dont aucun recueil ne donne la date, a lieu le 
5 février 1419. (E. Grave et Alph. Durand, la Chronique de Mantes. Mantes, 
impr. du Petit- Mantais, 1883, in-8'' de 596 p., p. 270.) 

3. Siméon Luce, Hist. de Bertrand du Guesclin, p. 276 et suiv., 298 et suiv., 
435 et suiv. — E. Grave et Alph. Durand, la Chronique de Mantes, p. 234. 

4. On ne voit plus mentionner à cette époque les lieux forts de Bréval, de 
Rolleboise, de Vétheuil, ce dernier sur la rive droite de la Seine, au-dessous 
de Rosny (Seine-et-Oise, cant. de Magny-en-Vexin), si violemment disputés au 
temps de la Grande-Compagnie, comme Rosny et Blaru. (Siméon Luce, Hist. 
de Bertrand du Guesclin, p. 410, 417-420, 427, 435, et Tableau des lieux forts.) 

5. Rémission pour Jean Droulin, cultivateur, de Bréval, pour meurtre de sa 
femme Perrette, âgée de dix-sept ans, demeurée un an et demi avec Pierre 
Le Bascon, « du pays de Navarre, qui est un brigant et espieur de chemins et 
homme de très mauvaise vie et renommée. » Doc. en date de juin 1426 : faits 
tout récents. Arch. nat., JJ 173, n° 549. 



( 

278 LA GUERRE DE PARTISANS ' 

à six écus d'or ^ Un autre, parti de Louviers, ne peut davantage ' 
arriver à destination. Quoique bien monté sur un cheval qui vaut 
dix livres, il est arrêté en route, retenu captif et rançonné-. Les 
geôles de Louviers, où l'on essaye d'enfermer ceux des partisans 
qu'on peut saisir, sont d'ailleurs trouées de brèches propices par 
où les prisonniers s'évadent à plaisir^. 

Mais la forteresse naturelle des partisans, leur terrain préféré 
de retraite, reste toujours la grande forêt de Lyons, qui barre 
tout le Vexin, de l'Andelle jusque vers l'Epte. 

Au début de l'invasion, elle a servi d'abri à un partisan célèbre, 
le seul qui ait acquis droit de mention dans les chroniques oflS- 
cielles, ce petit boiteux Tabary, routier d'instinct, auquel ne man- 
qua peut-être qu'une heure de chance pour fournir la carrière 
d'un des grands aventuriers de l'époque'^. Sorti de quelque village 
entre l'Oise et l'Epte, Bourguignon passionné, comme toute la 
population du pays, il s'est tenu dans la forêt de Lyons, pendant 
tout le siège de Rouen et depuis encore, prêtant son concours aux 
Bourguignons de Gisors comme aux Armagnacs de Château- 
Gaillard, et exterminant tout ce qu'il peut rencontrer d'Anglais. 
Ses courses se sont étendues plus tard jusqu'aux bords de l'Oise, 
entre Gisors, Pontoise et l'Isle-Adam. Après le drame du pont de 
Montereau, quand Anglais et Bourguignons ont cessé de s'entre- 
tuer sur les frontières du Vexin et du Bray, il s'est trouvé à 
Crépy en Laonnais, en février 1420, au rendez-vous des forces 
bourguignonnes, au milieu desquelles il a déjà combattu avec ses 
paysans sous les murs de Senlis, et a suivi l'armée de Philippe le 
Bon en marche vers Troyes. Au cours de cette campagne, 
quelques semaines plus tard, il est tombé mortellement frappé, le 
troisième jour de l'assaut de Toucy en Auxerrois^. Deux chro- 

1. Archives de la Seine-Inférieure. (De Bcaurepaire, Inventaire, G 585.) 

2. Ibid. {Id., G 585.) 

3. Ibid. {Id., G 639, 30.) 

4. Sur Tabary cl son extraordinaire carrière, «fu'on voudrait pouvoir un jour, 
avec quelques autres, retracer plus au long, voir Monstrelet, éd. Douët d'Arcq, 
t. III, p. 28-2-283, 376-377, 387 ; — Pierre de Fenin, éd. de M"' Dupont, p. 87- 
88, 134; — Livre des trahisons, éd. K. de Lettenhove, p. 140, 154; — Chas- 
tellain, éd. K. de Lettenhove, t. I, p. 104, 128. — Malgré lasserlion du savant 
éditeur de Chastellain (p. 104, n. 2), aucun texte ne signale en aucun moment 
la présence de Tabary à Paris, pas plus que la grande influence qu'il y aurait 
exercée sur le parti bourguignon. 

5. Toucy, entre l'Yonne et le Loing (Yonne, ch.-l. de canl., arr. d'Auxerre). 



DANS LA HADTE NORMA.NDIE. 279 

niques ont laissé de pittoresques portraits de ce chef de bandes et 
de ses troupes improvisées. « Quarante ou cinquante paysans », 
les peint Monstrelet, « une fois plus, une autre fois moins, armés 
et habillés de vieux haubergeons, Jacques vieilles, haches et demi- 
lances où il y avait massues au bout, à tout lesquels s'en allaient, 
les uns sur méchants chevaux ou juments et les autres à pied, 
embùcher es bois où se tenaient les Anglais' »; « là », continue 
l'écuyer de fortune qui a rédigé le Livre des trahisons de France, 
« où il avait ses gens tout prêts qui leur jouaient de couper gorge, 
mais tant étaient grand nombre qu'il n'y paraissait^. » 

« Ce vaillant chevalier^ », comme l'appelle, conquis par tant 
d'instinct de la guerre, Monstrelet en personne, le chroniqueur 
attitré de tous les blasons de Picardie, si dédaigneux d'habitude 
pour la « merdaille » paysanne, a laissé dans la région d'anciens 
combattants de ses redoutables bandes. On a vu, en octobre 1425, 
d'inquiétants rassemblements de partisans se mouvoir entre la 
forêt de Lyons et les bois d'Eu, et menacer tout le pays jusqu'à 
la lisière de Picardie'^. Cette situation, loin de disparaître, se 
maintient avec persistance et continue à alarmer gravement l'oc- 
cupation étrangère. 

A présent, derrière les hautes collines boisées dont l'Andelle et 
la Lieure creusent les fossés, se défend avec énergie une solide 
compagnie^. Commandée par un écuyer du pays, Jeannequin de 
Villers*^, signalé rebelle dès le début de l'invasion", on la voit 
tenir la campagne au moins pendant trois ans, de la tin de 1426 
aux derniers mois de 1429. 



1. Monstrelet, loc. cit., p. 283. 

2. Livre des trahisons, loc. cit., p. 140. 

3. Monstrelet, loc. cit., p. 376-377. 

4. Voir ci-dessus, au début de ce chapitre. 

5. Pour ce qui suit. Rémission pour frère Laurent Anquetil, religieux de 
l'abbaye de Mortemer, pour faits de complicité. Doc. en date du 5 juin 1427 : 
faits remontant à six mois. Arch. nat., JJ 173, n" 692. 

G. On rencontre dans la région : Villers-en-Vexin (cant. d'Étrépagny), Villers 
(comm. des Andelys), Villers-sur-le-RouIe (cant. do Gaillon). — Villers-en-Vexin, 
entre l'Epie et la forêt de Lyons, serait le plus vraisemblable. 

7. Par lettres de Henry V, en date de Vernon, le 12 avril 1419, Thomas Mers- 
ton, écuyer anglais, obtient la concession de tous les biens ayant appartenu à 
Robert de Villers, écuyer, supposé mort, ainsi qu'à sa femme, et revenant à 
Jean de Villers, son fils, et aux frères de celui-ci. {Rôles norm. et franc., 
n" 386.) Fiefs situés en diverses localités dans lesquelles on peut reconnaître : 



280 LA GUERRE DE PARTISANS 

De cet impénétrable abri, les courses des partisans s'étendent 
jusqu'aux portes de Rouen. Entre Fleury-sur-Andelle et la direc- 
tion du faubourg de Martainville, dans l'été de 1426, le pays 
tremble devant eux. Le nouveau possesseur de la terre de Fran- 
queville' doit solliciter un délai^ pour l'aveu et dénombrement de 
son ûeP, en considération de ce que « les brigands se tiennent et 
conversent de jour en jour à l'entour et à l'environ^ ». A l'autre 
extrémité de la forêt, vers le Bray, à la même époque, des enga- 
gements ont lieu dans les cimetières d'Argueil^ et de Brémontier^, 
à la suite desquels il faut procéder à la purification du terrain 
consacré'^. Dans l'hiver de 1426-1427, la compagnie de Jeanne- 
quin de Villers livre un combat en forêt ; son chef y est grièvement 
blessé, et ses compagnons l'emportent à grand'peine. En retraite 
avec son page et une douzaine d'hommes qui ont gardé leurs 
armes, il est recueilli auprès de Lyons^, dans la ferme isolée de 

Noyers-près-Vesly, Forêt-Ia-Folie, Hennezis, Porfmort, le Buquet (comm. de 
Mézières), dans le Vexin (Eure, canl. de Gisors, Écos, les Andelys); Bourg-Beau- 
doin, de l'autre côté de l'Andelle (Eure, cant. de Fleury-sur-Andelle). 

1. Saint-Pierre-de-Franqueville et Nolre-Dame-de-Franqueville, sur les pla- 
teaux entre l'Andelle, la Seine, l'Aubette et le Robec (Seine-Inférieure, cant. 
de Boos). 

2. Mandement au bailli de Rouen, en date du 2 juillet 1426, accordant délai 
à Jean Vins, écuyer, pour l'aveu et dénombrement de sa terre de Franque- 
ville. Bibl. nat., ms. fr. 26049, n" 594. 

3. Les actes de ce genre, qui deviendront si nombreux, presque de droit 
commun, une dizaine d'années plus tard, sont encore rares à celte époque, et 
leurs termes doivent être pris, non pas dans un sens de formule, mais dans 
celui de leur valeur réelle. Dans un très grand nombre de dossiers des Pièces 
originales, où il s'en rencontre tant à partir de 1435, nous croyons n'en avoir 
reconnu qu'un seul donnant comme motif un fait de ce genre, pour la période 
antérieure à 1429. — Mandement aux baillis de Rouen, Caux et Cotentin, accor- 
dant délai à Colin de la Porte, écuyer, « pour ce qu'il n'a encore peu avoir la 
vraye congnoissance de ses dictes terres pour les brigans et ennemis du roy 
qui souvent sont et conversent sur icelles, » dans un vidimus sous le sceau de 
la vicomte de Montivilliers, en date du 14 janvier 1422. Bibl. nat., ms. fr. 26044, 
n° 5696. 

4. Bibl. nat., ms. fr. 26049, n" 594. 

5. Argucil, dans la liante vallée de l'Andelle, entre la forêt de Lyons et celle 
de Bray (Seine-Inférieure, arr. de Neufchâtel). 

6. Brémonticr, dans un district accidenté de la haute vallée de l'Epte, 
acluelleincnl dénommé Bréinonlicr-Merval (Seine-Inférieure, cant. de Gournay). 

7. Arch. de la Seine-Inférieure. (De Bcaurepaire, Inventaire, G 251.) 

8. Lyons-la-Forél, sur la Lieure, au centre de la région boisée du même 
nom (Eure, arr. des Andelys). 



DANS LA HAUTE NORMANDIE. 281 

la Lande*, par un religieux de l'abbaye voisine de Mortemer^. 
On se rappelle le récit de cette scène, où le dévouement de frère 
Laurent Anquetil présente, en son genre, un héroïque pen'dant aux 
exploits de dom Jean de Guiseville, le moine légendaire de Préaulx^. 
Rerais sur pied, en état de combattre encore, Jeannequin de 
Villers a repris la campagne. L'an suivant, ces parages sont tou- 
jours aussi dangereux et inspirent une sorte de terreur classique. 
Dans le cours de cette année 1427, un sergent de la châtellenie 
de Lyons, Robinet Le Doyen, est enlevé dans un coup de main 
vivement mené. C'est un enfant du pays, Bourguignon militant, 
le puîné de trois frères, dont l'un a été capitaine dans les troupes de 
Jean Sans-Peur. Lui-mêmevient de rentrerau pays, après quelques 
années de campagne, et s'est fait pourvoir de ce poste lucratif. 
Prise de choix, il est entraîné bien loin de la région, en lieu sûr, 
où se débat sa rançon^. Vers la même époque, à Fleury-sur- 
Andelle^ aux Andelys, à Fresne-l' Archevêque S un courrier de 
l'archevêque de Rouen est également enlevé en route'. Ceux qu'on 

1. « La Lende sur Lions. » Les écarts et hameaux de ce nom abondent dans 
la région forestière avoisinante : la Lande, les Landes, les Hautes-Landes, les. 
Basses-Landes, le Landel, la Lande-Pellerin, la Lande-Saint-Omer, etc., etc. 
Il peut être question de l'écart de la Lande, le plus rapproché de Lyons, sur le 
terroir même duquel il est situé, et de Mortemer, à gauche du chemin actuel 
de Lyons à la Neuve-Grange. En voici la description : « Un hostel avec plu- 
sieurs terres labourables et autres choses, nommé icellui hostel la Lende sur 
Lions ; lequel hostel est un hostel plat assis en ladicte forest de Lions, séparé 
et loing de toutes autres villes et hostels. » 

2. Mortemer, abbaye de l'ordre de Cîteaux, au diocèse de Rouen, aujour- 
d'hui ruinée, située sur une des branches de la Lieure, dans une vallée boisée 
profondément encaissée, l'une des plus reculées de la forêt de Lyons (Eure, 
cant. de Lyons, comm. de Lisors). Les Anglais s'y établissent un instant, en 
juillet 1418, après avoir exécuté le passage de la Seine devant Pont-de-l'Arche. 
{Monsirelet, éd. Douët d'Arcq, t. III, p. 277.) 

3. L'abbé de Mortemer était alors Guillaume d'Autun, en charge depuis 
1405, qui quitta la direction de ce monastère pour celle bien plus importante 
de Clairvaux, après le 5 mai 1428. {Gall. christ., t. XI, col. 310.) Il eut pour 
successeur Guillaume Théroude, l'un des juges de Jeanne d'Arc (De Beaure- 
paire. Notes sur les Juges, loc. cit.), qu'il déclara relapse, en se rangeant à 
l'avis relativement modéré de Gilles de Duremort, abbé de Fécarap. (Quicherat, 
Procès, t. I, p. 463, 465.) 

4. Arch. nat., JJ 175, n* 57. Doc. en date du 26 décembre 1431 : faits remon- 
tant au courant de l'année 1427. 

5. Fleury-sur-Andelle, Eure, ch.-I. de cant., arr. des Andelys. 

6. Fresne-l'Archevêque, Eure, cant. des Andelys. 

7. Arch. de la Seine-Inférieure. (De Beaurepaire, Inventaire, G 29.) 



282 LA GDERRE DE PiRTISAXS 

veut faire absolument arriver jusqu'à Paris doivent être escortés 
en règle'. Le chancelier du chapitre, devant faire cette même 
route à son tour, fait ses conditions pour le voyage et, par acte 
officiel, décline toute responsabilité en cas de rencontre ^ L'état 
du pays est presque aussi troublé qu'on le verra deux ans plus 
tard, quand l'archevêque sera obligé de transférer de Déville à 
Rouen même le siège de sa juridiction, par crainte des partisans 
qui tiennent la campagne jusques sous les murs de la ville 3. A ce 
moment, vers la fin de 1429, à l'époque du grand mouvement 
qui ébranle toute la Normandie, à l'heure où le parti français 
complote encore une fois de surprendre la capitale anglaise, 
Jeannequin de Villers se retrouvera prisonnier dans les cachots 
de Rouen, au fond desquels un mystère plane sur sa fîn^. 

Plus avant encore dans le Vexin, sous la forteresse de la 
Roche-Guyon, se passe vers mai 1428 un singulier fait de guerre^. 
Une compagnie française serai -régulière, sortie des places du 
pays chartrain, vient tenter un coup de main bizarre aux appro- 
ches de l'imprenable rocher. Elle a pour guide un habitant du 
village voisin, Sainte-Geneviève-lez-Gasny^, ancien valet de 
Guillaume Cailleau, marchand de Paris, revenu depuis peu au 
pays. La bande ne compte qu'une dizaine d'hommes, dont un 
autre marchand de Paris, Jean Le Chéron, soldat improvisé, en 
fuite depuis un an. Mené par son guide, ce parti se dissimule sur 
la rive opposée, sous les couverts de la forêt de Moisson, attend 
le soir, et, la nuit tombée, attaque résolument les deux embarca- 
tions chargées d'Anglais qui se tiennent sur la rivière et gardent 
le pied de l'escarpement. Un combat a lieu dans l'obscurité, où 

1. Arch. (le la Seine-Inférieure. (De Beaurepaire, Inventaire, G 19.) 

2. Ibid. [Id., G 2125.) 

3. De Beaurepaire, Recherches sur le Procès. 

4. Mandement du bailli de Rouen au vicomte de Rouen, en date du 2 jan- 
vier 1430, signalant, à cette date, « Jeannequin de Villers » comme prisonnier 
à Rouen. Document faisant partie des Pièces justificatives de cette étude. Bibl. 
nat., ms. fr. 26052, n" 1222. 

5. Pour ce qui suit. Rémission pour Perrin Musart, commis de marchand, 
de Sainte-Gencviève-lez-Gasny, pour faits de participation, relatant l'afl'aire de 
la Roche-Guyon. Doc. en date du 31 octobre 1428 : faits remontant aux mois 
de mai ou juin. (Cf. Rémission pour Jean Le Chéron, marchand de Paris, 
de même date, dans Longnon, Paris sous la domination anglaise, n° 139.) 
Arch. nat., JJ 173, n" 253. 

6. « Sainte Geneviève. » Sainfe-Geneviève-lez-Gasny, dans la vallée de 
l'Epte, derrière la Roche-Guyon (Eure, canl. d'Écos). 



DANS LA HADTE NORMANDIE. 283 

tombent plusieurs blessés. Le lendemain , le gros de la troupe, 
sans être poursuivi, regagne sa garnison après cette pointe aven- 
tureuse. 

On ne voit pas que les irréguliers de la région aient cette fois 
entrepris davantage contre le donjon célèbre, tombé depuis la 
conquête aux mains de Guy Le Bouteiller; il faut attendre le 
contre-coup du grand soulèvement de 1435 pour que ce comman- 
dement du Vexin devienne l'objet de tentatives inquiétantes'. 
L'inégal combat, le hasardeux assaut des partisans de 1428, 
dont les péripéties sont ici relatées, demeure isolé dans son des- 
sein comme dans son exécution. Fait qui vaut toutefois d'être tiré 
de l'ombre, trait saillant et expressif de cette guerre sans trêve et 
sans merci qui persiste sur toute la surface du territoire envahi, 
ingénieuse, infatigable, sans espoir comme sans défaillances. 

Contre cette insurrection partout présente, insaisissable dans sa 
dispersion même, le gouvernement de la conquête, sur toute la 
superficie du pays dont les limites viennent d'être posées, est 
obligé d'entretenir constamment sur le pied de guerre une série 
de petits corps mobiles, chargés spécialement de battre les routes 
et les bois, de traquer les partisans dans leurs retraites et de les 
traîner captifs aux centres de justice les plus proches. Dans le 
grand carré irrégulier de terrain compris entre Rouen, Vernon, 
Gisors et la région d'Eu, ces colonnes volantes, en résidence çà 
et là, en bourg ouvert ou en château fermé, circulent sans cesse, 
sillonnant la contrée, mais ne s'aventurant guère hors des routes, 
dans les enceintes impraticables où se maintiennent leurs adver- 
saires. L'ensemble des comptes de la Normandie, pour les trop 
rares années où ils se trouvent conservés ^ représente en fait la 
mesure comme localisée dans la région et ne s'appliquant pas à 
d'autres districts du pays conquis. Dans leCotentin, par exemple, 
le Val de Saire^, les alentours de Carentan et de Saint-LôS où 

1. Documents en date de 1436 et de 1438, dans Emile Rousse, la Roche- 
Guyon, châtelains, château et bourg. Paris, Hachette, 1892, in-l6 de 495 p., 
p. 82. 

2. De Beaurepaire, De Vadm. de la Normandie. Comme il a déjà été dit, 
ces comptes comprennent l'époque comprise entre novembre 1423 et sep- 
tembre 1425, et celle qui s'écoule de septembre 1428 à septembre 1429. L'exis- 
tence de la plupart de ces détachements s'y trouve constatée pour la période 
qui s'étend du 28 septembre 1428 au 28 septembre 1429. 

3. Siméon Luce, Philippe Le Cat, loc. cit. 

4. Siméon Luce, Chron. du Mont-Saint-Michel, Pièces justif., t. I, p. 267, n. 1. 



284 LA GUERRE DE PARTISANS 

des bandes irrêgulières ont si longtemps bravé l'invasion, en 
paraissent exempts ; de même aussi, toute la contrée sauvage et 
protectrice dont Vire, Mortain, Falaise et Domfront marquent 
les angles, terre féconde en partisans résolus, où l'esprit de résis- 
tance a conservé des racines toujours prêtes à renaître*. Il faut 
estimer que les abords de Rouen se trouvaient autrement mena- 
cés. A de certains moments, en effet, on ne compte pas moins de 
six corps autonomes comprenant une centaine d'archers, autant 
que pour toute la garnison de Rouen, par exemple, en l'an 1425^ 
ayant chacun leur terrain d'opérations et leur zone de surveil- 
lance. De quittance en mandat, on en suit la création, la paye et 
le contrôle jusqu'à la grande transposition de 1429, où les forces 
neuves qui entrent en jeu les absorbent et les rendent illusoires. 

De 1423 à 1425, ne s'en révèle pas encore trace 5. Une sorte 
de réserve indépendante existe seulement, sous le commandement 
de Thomas Scales, avec charge, à ce qu'il résulte des termes de 
sa commission, de renforcer, selon les circonstances, les garni- 
sons des places de la Seine entre Rouen et Paris ^ ; un de ses déta- 
chements, sous l'écuyerWalterCharleton^ est plus particulière- 
ment affecté à la surveillance de la route fluviale aux abords de 
Rouent 

Mais, dès les premiers mois de 1425, sur la ligne de la Rresle, 
il devient nécessaire d'organiser une première compagnie mobile ; 
elle a pour commandant l'écuyer Thomas Palmer et opère dans 
la direction des frontières de Picardie, entre Aumale et la ville 

1. Ibid., /d., n" 19, 24, et t. I, p. 230, n. 1. 

2. Sous Robert Willughby, en 1425, la garnison de la place, du château et 
du pont de Seine de Rouen compte 90 archers et 20 hommes d'armes. (De 
Beaurepaire, loc. cit.) 

3. Voir les deux premiers comptes cités ci-dessus. (De Beaurepaire, loc. cit.) 

4. Thomas Scales, seigneur de Nucelles, futur grand sénéchal de Normandie, 
est retenu avec 20 hommes d'armes et 60 archers, pour six mois, du l""^ no- 
vembre 1423 au 1" mai 1424, « capitaine et garde des villes, châteaux et forte- 
resses sur la rivière de Saine et à l'environ entre Rouen et Paris. » Quittances 
en date du 11 janvier et du 7 septembre 1424. Bibl. nat., ms. fr. 26046, n" 192, 
193, 310. 

5. Waller Charleton, écuyer, tué à Verneuil, le 17 avril 1424. {Wavrin, éd. 
William Hardy, ad. ann. 1424, p. 116.) 

0. Walter Charleton, écuyer, est retenu avec 7 hommes d'armes et 21 archers, 
pour le mois de février 1424, « pour la garde de la rivière de Seine autour 
de Rouen. » Lettres de garant, en date du 30 janvier 1424. Bibl. nat., ms. 
fr. 26047, n" 209. 



DANS LA HACTE NORMANDIE. 283 

d'Eu*. En octobre, à la suite de la démonstration inquiétante des 
partisans du Vexin et du Bray, il faut la reconstituer au plus 
vite. Raoul Le Sage, sire de Saint-Pierre, commissaire spécial, 
muni de pouvoirs à cet effet^, mande à Gamaches Richard Beau, 
le capitaine anglais qui commande à Rue, de l'autre côté de la 
baie de Somme, et le délègue à la garde du pays^. En même 
temps, le bailli de Gaux, Thomas Maistresson ^ reçoit aussi la 
direction d'une colonne volante destinée au même objet ^. Les 
cadres de la première de ces troupes paraissent avoir persisté ; 
on les retrouve presque sans modification, sous différents com- 
mandements subalternes, pendant quatre années consécutives^. 
De 1426 à 1428, dans les pièces isolées qui représentent seules, 

1. Du 13 mars au 13 avril 1425. (De Beaurepaire, loc. cit.) 

2. Sur cet événement et ce personnage, voir ci-dessus. 

3. Richard Beau, commandant anglais de Rue, est retenu avec une lance et 
15 archers, pour six mois, du 25 octobre 1425 au 25 avril 1426, pour servir 
« es forests d'Eu, de Lions et autres circonvoisines. » Lettres de garant en 
date du 3 novembre 1425. Bibl. nat., ms. fr. 26048, n" 501 ; cf. n" 507. 

4. « Jorge Cler », écuyer, est employé, sous sa direction, avec 4 hommes 
d'armes et 20 archers, pour dix jours, à partir du 15 octobre 1425, « pour qué- 
rir et prendre plusieurs brigans et autres annemis du roi vers Eu, Âumale 
et le pays de Viraeu. » Lettres de garant, en date du 15 octobre 1415. Bibl. 
nat., ms. fr. 26048, n» 480. 

5. Ce « Jorge Cler » paraît pouvoir facilement s'identifler avec un membre 
de la race nornaande des barons de Clères (Seine-Inférieure, ch.-l. de cant., 
arr. de Rouen), famille où le prénom de Georges est à cette époque hérédi- 
taire (Bibl. nat., Cab. des Titres, P. or., Clère, n" 7 à 21, 24 à 27, 30, 32 
à 36, 38 à 40; — Coll. ClairambauU, vol. 31, p. 2415 à 2417, n- 173 à 177). 
Serait-ce Georges de Clère, dit Georget, qui semble sortir de minorité au 
commencement de 1425 (P. or., Clère, n" 35 et 36), et qu'on semble retrouver 
rallié à la cause nationale en 1448, avant la fin de l'occupation étrangère 
(Ibid., n" 29)? 

6. William Driby, simple lance à cheval, est retenu avec 4 autres hommes 
d'armes à cheval et 10 archers, pour six mois, du milieu de septembre 1426 
jusqu'au milieu de mars 1427, pour garder les chemins « estans depuis le pais 
de Vymeu en la forest d'Eu et environ jusques vers le Neufchastel. » (Lettres 
de garant en date du 11 septembre 1426. Arch. nat., K 62, n°' 29 et 29 bis.) — 
Guillaume de la Barre, également simple lance à cheval, paraît dans de nom- 
breuses montres, avec 11 archers, du 24 octobre 1427 au 25 mai 1428, « lesdis 
archiers garnis souffisamment d'ars, trousses, cappelaines et gros pourpoins, 
qui tous ont juré faire leur devoir de quérir et prendre les brigans en la forest 
d'Eu et environ. » (Montres et quittances comprises entre ces dates : Arch. nat., 
K 62, n" 38», 39 bis, 38&; — Bibl. nat., Cab. des Titres, P. or., de la Barre, 
n°' 10, 11; ras. fr. 25768, n» 276; — Arch. nat., K 62, n"" 38 i^ 38*3; k 63,- 
n» 1 2.) 



286 LA GUERRE DE PAETISAIVS 

à défaut de recueil d'ensemble, la comptabilité de cette période, 
on constate la création et la permanence d'une autre compagnie 
sur un point tout différent. Formée dans le cours de 1426 pour 
tenir en sûreté les chemins de terre entre Rouen, Gisors, Dangu 
et Vernon, elle réside habituellemeot aux Andelj^s, au pied de 
Château-Gaillard, d'où elle rayonne par les routes du Vexin^ 
William Appilby, qui va commander en chef toute l'artillerie 
anglaise, la mène jusqu'à la fin de 1427^. 

A cet instant lui succède l'écuyer Thomas Winstringhàm^, 
immigré dont les confiscations ont implanté la famille dans le 
pays *. En avril suivant, on le voit requis par ordre exprès de faire 
bonne garde contre les partisans qui veulent franchir la Seine 
vers l'embouchure de l'Eure^, et de surveiller la rivière jour et 
nuit, « si diligemment qu'aucun préjudice n'en advienne'^ ». Dans 
l'été de 1428, il est encore au même poste et garde toujours 
« l'eau de Seine », sous les escarpements de Château-Gaillard'. 

Dès le début de la campagne de la Loire et du blocus d'Orléans, 
il faut augmenter ces forces devenues trop faibles. A ce moment, 
cinq compagnies sont sur pied, de quinze à vingt archers chacune 

1. William Appilby, écuyer, est prolongé dans son commandement déjà exis- 
tant, avec 16 archers, pour six mois, du 30 janvier au 30 juin 1427, « pour 
tenir en seurté le chemin par terre d'entre Mante et Vernon selon la rivière de 
Seine, deçà lesdictes villes, à l'encontre des briguans. » Lettres de garant en 
date du 30 janvier 1427. Bibl. nat., ms. fr. 26049, n° 679. 

2. On le voit porter ce titre à la date du 6 juin 1428. (Bibl. nat., Cab. des 
Titres, P. or., Appilbi/, n» 2.) 

3. Thomas W'instringham, écuyer, est retenu avec 16 archers, pour six mois, 
du 8 décembre 1427 au 8 juin 1428, « pour la garde de la rivière de Seine 
entre Rouen et Vernon et des chemins par terre entre ladicte ville de Rouen, 
Gisors et Vernon, à rencontre des brigans. » Lettres de garant en date du 
8 décembre 1427, visées dans une de ses quittances en date du 6 mars 1428. 
Bibl. nal., Cab. des Titres, P. or., Winstringham, n' 2. 

4. Par lettres de Henry V, en date de Vernon, le 12 avril 1419, Robert Wins- 
tringham, écuyer, reçoit les biens de Léon Boudart, écuyer. (Rôles norm. et 
franc., n° 383.) Fiefs dont on peut reconnaître la situation à Verclives et au 
Mesnil, vers la vallée de la Lieure (Eure, cant. de Fleury-sur-Andelle, comra. 
du Mesnil-Verclivcs). 

5. Sur cet événement, voir ci-dessus : Sur la Seine. 

6. Bibl. nat., ms. fr. 2G050, n* 893. 

7. Il (levait avoir été prolongé de nouveau pour six mois. Quittances de 
juin et septembre 1428 « pour la garde des chemins et de l'eaue de Seine 
entre Rouen et Vernon ». Bibl. nal., Cab. des Titres, P. or., Winstringham, 
n° 3, et coll. Clairambault, vol. 208, p. 9033, n- 16. 



DANS LA HAUTE \OKMAXDIE. 287 

en moyenne, avec un nombre variable d'hommes d'armes mon- 
tés*. Celle des Andelys se dédouble : sous Winstringham, pour le 
Vexin normand, entre Gisors, Dangu, Rouen ^; sous l'écuyer 
Richard Brinkley ^, pour le Vexin français, entre Saint-Glair-sur- 
Epte, Chaumont-en- Vexin et Pontoise^. 

Dans le Bray, d'autres colonnes opèrent, l'une entre Arques et 
la ville d'Eu, sous l'écuyer Maykyn Saclier°, en 1429^, sous 
Guillaume delà Barre''', toujours au même poste; l'autre entre 

1. L'existence de ces cinq compagnies est sommairement mentionnée dans 
les comptes de 1424-1429. (De Beaurepaire, loc. cit.) 

2. Montre d'armes, une lance et 16 archers, à Gisors, le 12 février 1429, 
« pour tenir en seurté les chemins par terre d'entre Rouen, Gisors et Dangu ». 
Bibl. nat., ms. fr. 2576, n" 348. 

3. On trouve dans les armées anglaises, en ce temps, portant le nom de 
Brinkley, deux personnages diflérents, semble-t-il. L'un, John Brinkley, écuyer, 
longtemps lieutenant du commandant de Caen, engagé pour le siège d'Orléans 
(L. Jarry, le Compte de l'armée anglaise, art. 54), qui paraît n'avoir occupé 
de postes qu'en basse Normandie. L'autre, dont on ne voit pas le prénom, se 
tient dans le comté d'Eu : en 1431, il est capitaine de Monchaux (Arch. nat., 
JJ 175, n" 40); en 1432, encore (Monstrelet, éd. Douët d'Arcq, t. V, p. 35); en 
1434, il commande à Eu (Ibid., p. 93-94; cf. Arch. nat., JJ 175, n" 276). Il est 
vraisemblable que ce dernier est le même que Richard Brinkley, écuyer, qu'on 
rencontre ici, en Vexin et sur les routes du Bray, en 1428 et 1429. 

4. Montre d'armes, une lance et 18 archers, sur les champs entre Gisors et 
Dangu, le 2 octobre 1428, « pour extirpper les brigans et autres noz ennemis 
estans et fréquentans de jour en jour en plusieurs lieux es parties de Norman- 
die et environs, iceulx prendre et amener à justice... pour estre à Chaumont 
en Veulquesin, Sainl-Cler et environ. » Bibl. nat., ms. fr. 25768, n' 301 ; cf. 
n" 304. 

5. Ce personnage, dont le nom est souvent reproduit sous des formes 
diverses, « messire Sachère » (Boucher de Molandon et de Beaucorps, V Armée 
anglaise, Pièces justif., n" 86), « Mayequin Fleschier » (De Beaurepaire, De 
l'Administration de la Normandie), se trouve inscrit sous les formes : « Mes- 
quin Sachere » (Bibl. nat., ms. fr. 25768, n" 407, cité dans l'Armée anglaise, 
loc. cit.), et « Maiequin Chassiere » (Arch. nat., K 62, n" 182*). Un capitaine 
anglais du même prénom, Maykyn of Langworth, figure à plusieurs reprises 
parmi les assiégeants du Mont-Saint-Michel. (Siméon Luce, Chron. du Mont- 
Saint-Michel.) — Maykyn Sacher commandait, en février 1426, la petite place 
d'Hibouville (Seine-Inférieure, cant. et comm. d'Envermeu), près d'Arqués, et 
y passait en revue l'escorte du bailli de Caux. (Arch. nat., K 62, 18'-*.) 

G. Montre d'armes, une lance et 16 archers, à Rouen, le 1" août 1429, « pour 
la garde des chemins et quérir les brigands en la forest d'Eu et ou païs d'en- 
viron. » Boucher de Molandon et de Beaucorps, l'Armée anglaise, chap. y, 
part. I, et Pièces justif., n" 86. 

7. De Beaurepaire, loc. cit. 



288 LA GUERRE DE PARTISANS 

Gournay, Gaillefontaine S Neufchâtel, la forêt d'Eavy, sous 
William Lynos^, régulier anglais qui revient du siège de 
Guise 3. Enfin, depuis trois ans, pour escorter les marchands 
qui se rendent au Landit^ une petite division de quatre lances 
et vingt-six archers court à cheval du pays de Caux jusqu'à 
l'Oise. Le bailli de Caux en a eu quelque temps la charge^. 
Dans l'été de 1429^, elle est conduite par un Français du pays 
passé depuis longtemps au parti de la conquête, Guillaume de 
Gaillarbois^ connu sous le nom de Perce vaP, qu'on trouvera l'an 

1. Gaillefontaine, aux sources de la Béthune, entre Neufchâtel et Gournay 
(Seine-Inférieure, cant. de Forges-les-Eaux). 

2. William Lynos, écuyer, est retenu, avec 16 archers à cheval, pour un an, 
du 16 septembre 1428 au 28 septembre 1429, « pour tenir en sûreté les che- 
mins de la forest d'Yomville (Eavy) et les chemins tendans vers Gournay on 
tirant vers le chemin d'Amiens. » (Lettres de retenue en date du 16 septembre 
1428. Bibl. nat., ms. fr. 26051, n" 945.) — Montre d'armes du même, le l^"" dé- 
cembre 1428, « pour tenir en seurté le pays es parties de Gueillefontaines. b (Bibl. 
nat., ms. fr. 25768, n'SlO.) — Quittances et montres d'armes du même, de jan- 
vier et juin 1429. (Bibl. nat., ms. fr. 25768, n'-SSO, 331; Boucher de Molandon 
et de Beaucorps, l'Armée anglaise, loc. cit., et Pièces justif., n° 85; Bibl. nat., 
ms. fr. 25768, n° 398.) — Montre d'armes et mandement de taxation relatif au 
même, en 1429, « pour tenir en seureté les chemins devant le Neufchastel et 
Gournay et extirper les brigans qui y fréquentent ». (Catalogue des livres et 
documents historiques de la bibliothèque de M. de Courcellts. Paris, 1834, p. 95.) 

3. William Lynos ligure au siège de Guise, qui dure d'avril à septembre 1424. 
(Stevenson, Letters and papers illustrative of the wars of the English in 
France during the reigns of Henry VI, t. II, part. 2, p, 395.) En 1432, on le 
retrouve encore dans les mêmes parages du Vexin. (Bibl. nat., ms. fr. 26055, 
n" 1769.) 

4. La foire célèbre du Landit s'ouvrait le 11 juin, dans la plaine Saint-Denis. 

5. Thomas Maistresson, bailli de Caux, est retenu, avec une lance et 12 ar- 
chers à cheval, le 31 mars 1426, « pour la garde des chemins du Lendit. » 
Lettres de retenue, en date du 31 mars 1426, visées dans un mandement de 
taxation en date du 1" juin 1426. Bibl. nat., Cab. des Titres, P. or., Maistres- 
son, n' 7. 

6. Montre d'armes de Perceval de Gaillarbois, 4 lances et 26 archers, le 
2 aoiit 1429, rapprochée d'une mention des comptes de 1424-1429. De Beaure- 
paire, loc. cit.; Bibl. nat., ms. fr. 257G8, n» 408. 

7. « Gaillarbos, Gaillardbosc. » Gaillarbois, vers la vallée de la Lieure, actuel- 
lement dénommé Gaillarbois-Cressenville (Eure, cant. de Fleury-sur-Andelie). 

8. Par lettres de Henry V, en date de Rouen, le 4 avril 1420, Guillaume de 
Gaillarbois, dit Perceval, reçoit les biens d'Hémon de Falaise, dans la vicomte 
de Falaise. (Koles norm. et franc., n' 802.) Jacques de Gaillarbois, signataire 
de la capitulation de Château- Gaillard, est confirmé dans la possession de ses 
biens, en 1420. {Ibid., n» 776.) Robert de Gaillarbois est l'objet d'une mesure 



DiNS LA HAUTE NORMANDIE. 28i) 

suivant sur la flottille anglaise armée pour la reprise de Château- 
Gaillard*. 

C'est par des mesures de cet ordre, insuffisants palliatifs à l'état 
d'esprit dont les profondes racines tiennent au sol même, que le 
gouvernement de l'occupation cherche à remédier au mal, dont 
la ténacité vivace est bien faite pour le surprendre autant que 
pour l'irriter. Mais, en dépit des postes et des colonnes, des exé- 
cutions et des battues, l'esprit de combat persiste, sur ce coin de 
terre, avec une singulière outrance. Même à l'heure triomphale 
de la domination étrangère, les derniers insurgés du Vexin ne 
désarment pas. Ils conduisent toujours la lutte sans témoins, 
ignorée des chroniqueurs officiels, à laquelle ils ont voué leur 
désespoir, obscure et morne, sourde et féroce, sans scrupules 
comme sans faiblesses, aussi furieuse que patiente. 

Les partisans et les lignes françaises. 

Toutes ces précautions demeurent cependant vaines contre un 
état général dont les indices multipliés se révèlent sur tant 
de points à la fois. Les compagnies de partisans, les rassemble- 
ments d'irréguliers, en bataille de tous les jours avec les gar- 
nisons ou les colonnes anglaises, du pays d'Auge au pays de 
Bray, ne font pas seulement la guerre de buissons sur leur propre 
terrain. Entre les « brigands » de Normandie et la lisière chan- 
geante des dernières places françaises, il existe en effet, malgré 
la distance et les dangers, un incroyable jeu de communications, 
d'allées et venues réciproques, d'intelligence et de coopération 
occultes. 

Une autre partie de cet aperçu fera connaître tout ce que l'in- 
génieuse hardiesse d'un groupe de Rouennais saura hasarder de 
plans fondés sur ces transmissions secrètes. Il suffit de constater 
pour l'instant que, de la Picardie à la Loire, du Pays Chartrain 
à la mer, les partisans circulent, isolés ou par groupes, des pri- 
sonniers s'expédient sous escorte, des messages vont et viennent, 
toute une organisation latente agit et se manifeste, en dépit de 
l'occupation étrangère, de ses fonctionnaires et de ses soldats. 

analogue en 1419. {Ibid., n" 420.) En 1430, Jacques de Gaiilarbois, écuyer, 
frère de Perceval, passe pour deux ans au parti français. (Arch. nat., JJ 175, 
n« 160.) 
1. Cette curieuse opération de guerre fera l'objet d'une prochaine étude. 
-1894 \9 



290 LA GUERRE DE PARTISANS 

Comment admettre, par exemple, qu'il n'y ait ni complicité ni 
participation des partisans du Yexin dans l'enlèvement du châ- 
teau de Gaillon en avril 1 424 ? 

Gaillon, à peu de distance de la rive normande de la Seine, 
entre Vernon etLouviers, est surpris et escaladé, le 16 avril, par 
les débris de la garnison française qui vient de capituler dans 
Compiègne * . 

Compiègne, anglo-bourguignon depuis l'été de 1422, a été 
« pris d'eschielle » par une troupe française agile et hardiment 
commandée^, le matin du 2 janvier 1424, entre huit et neuf 
heures, sous un de ces brouillards opaques et glacés qui viennent 
murer la vallée de l'Oise. Pendant huit semaines, ce petit corps a 
pu tenir contre toutes les forces anglaises et bourguignonnes, 
appuyées par les gens des communes d'alentour, puis a dû enfin 
capituler à terme, avec promesse de rendre la place dans le délai 
d'un mois 3. Au mardi 4 avril, les Français n'ont certainement 
pas encore évacué Compiègne^. Treize jours après, le dimanche 
des Rameaux, 16 avril, à l'heure de la grand'messe, le parti 
chassé de Compiègne entre d'assaut dans le château de Gaillon ^ 

1. Sur Gaillon, voir ci-dessous, Annexe 1. 

2. Un certain nombre de chroniques mentionnent, vers cette époque, l'oc- 
cupation passagère de Compiègne par un parti français. La date exacte, les 
détails de l'heure et du temps régnant sont donnés par la seule Chronique 
dite des Cordeliers. (Bibl. nat., ms. fr. 23018, fol. 447.) 

3. Sur ce siège de Compiègne, conduit en chef, successivement par le sire de 
risle-Adam avec les bandes indisciplinables des communes des environs, puis 
par Philippe de Saveuse avec des contingents anglais, voir Livre des trahisons, 
éd. K. de Lettenhove, p. 176; — Monstrelet, éd. Douët d'Arcq, t. IV, p. 174 
et suiv.; — Pierre de Fenin, éd. de M"° Dupont, p. 210; — Chronique dite 
des Cordeliers, Bibi. nat., ms. fr. 23018, fol. 447. 

4. Au moins, à ce jour, des lettres de rémission, en date du 4 avril 1424, 
sont-elles octroyées aux habitants de Compiègne, en faisant allusion au traité de 
capitulation conclu avec les capitaines français « estans présentement en nostre 
ville de Compiengne ». Arch. nat., JJ 172, n" 448. 

5. La date exacte de la surprise de Gaillon est donnée par Pierre Cochon : 
ff Et, en che temps, le jour de Pasques Hories (Pilques, le 23 avril 1424), 
pristrent les Franchois le chaslel de Gaillon. » {Pierre Cochon, éd. de Beau- 
repaire, p. 293.) L'heure, indi(|uée par la petite Chronique Rouennaise, publiée 
à la suite du texte de Pierre Cochon : « Dimence de Pasques flories, à heure 
de la grant messe. » [Chronique Rouennaise, loc. cit., p. 348.) Le nMe joué 
par la garnison expulsée de Compiègne, quelques jours plus lot, dans l'exéculion 
de ce coup de main, est signalé par la seule Chronique dite des Cordeliers: 
« El quant il s'en furent partis (de Compiègne), il allèrent prendre de fait le 



DANS LA HAUTE NORMANDIE. 29^ 

Il a dû traverser tout le bas du Beauvaisis, errer dans la Thelle 
et le Yexin, passer forcément la Seine, comment, par quels 
moyens, sinon grâce au dévouement des irréguliers qui tiennent 
le pays, savent les passages et les canots cachés sous les berges * ? 
Ainsi secondée, la compagnie de Compiègne est entrée dans Gail- 
lon, pointe audacieuse s'il en fut, qui la jette en pleine Norman- 
die anglaise, comme un coin menaçant-. 

Isolés de la sorte, exposés sans retraite, le fossé de la Seine 
derrière eux, les Français de Gaillon ne s'en tiennent pas à cet 
exploit. Devant leurs sorties et leurs courses, toutes les places en 
bordure du fleuve, Pont-de-l' Arche dans la direction de Rouen, 
Vernon, Mantes, Meulan, Poissy, sur la route de Paris, sont 
obligés de se garder et de se clore ^ Vers les derniers jours d'avril, 
au retour d'une course heureuse dirigée sur Louviers, ils sont 
attaqués par la garnison anglaise, sortie précipitamment, en 
désordre, pour reprendre le bétail des gens de la ville, qu'ils ont 
capturé dans les prés, sous les remparts, et qu'ils entraînent 
vivement. Le capitaine anglais Godfrey Hatton ^ tombe dans une 
embuscade et se fait prendre avec presque tous ses gens^ Quelques 
jours durant, Louviers est dégarni, objet de convoitise et d'espé- 
rance ouverte^. Le chef de bandes Pierre LeBigourdais, dans le voi- 
sinage, tient les bois de Saint-Dizier, de la Saussaye, entre Elbeuf 
et Louviers ; il a dans Louviers des intelligences à l'épreuve de tous 
les risques'. Trace d'aucun essai de complot ne se révèle cepen- 

chastel de Gaillon sur Saine sans nulle deffense. » (Bibl. nat., ms. fr. 23018, 
fol. 447.) 

1. Sur les conjectures touchant ce point de passage, voir ci-dessus : Sur la 
Seine. 

2. Sur la communication hâtive de la nouvelle de la surprise de Louviers, 
voir de Beaurepaire, De l'Administraiion de la Normandie, p. 45-46, et Bibl. 
nat., ms. fr. 4485, fol. 400, 402-403. 

3. Ordre expédié à la date du 20 avril. (Bibl. nat., ms. fr. 4485, fol. 403-404.) 

4. Sur Godfrey Hatton, voir l'Annexe 1. 

5. Le fait est relaté dans l'étude de M. de Beaurepaire {De l'Administration 
de la Normandie, p. 45-46), d'après le compte dont le détail est cité ci-après. 
La date exacte se place en tout cas après le 18 avril, où Hatton est encore 
cité en fonctions et délivre comme tel des quittances (Bibl. nat., ms. fr. 4485, 
fol. 211), et un ou deux jours avant le 30 avril, où, après reçu de la nouvelle, 
les premiers renforts sont expédiés de Rouen à Louviers. (Ibid., fol. 429-430.) 

6. « Et par ce ladicte ville demeurée sans capitaine ne gens d'armes, qui 
povoit estre la perdicion d'icelle. » (Ibid., fol. 429-430.) 

7. Sur Pierre Le Bigourdais, voir ci-dessus : Sur la Seine. 



292 LA GUERRE DE PARTISA>fS 

dant. Dès le 30 avril, Louviers, gardé quelques jours par ses 
seuls habitants, est muni d'un petit poste provisoire*, et, le 9 mai, 
le nouveau commandant de place, l'anglo-gascon Guillotin de 
Lansac^, garde l'enceinte contre toute surprise^. Le lendemain, 
c'est le réduit de Gaillon qui se trouve investi à son tour^ Cette 
poignée d'hommes résolus y tient encore deux mois, jusqu'au 
8 juillet ^ obstinée dans sa défense, isolée et perdue en pays 
ennemi, sans faiblesse comme sans espoir de survivre''. 

Sur une foule d'autres points du territoire conquis, dans les dis- 
tricts où se meuvent les compagnies de partisans, on peut signaler 
des faits d'intelligence secrète, de circulation continue, entre les 
groupes de combattants indigènes et les troupes régulières des 
places frontières, des tnarches, dont la ligne oscille selon l'heure 
et le temps, mais où se maintiennent encore les débris des armées 
nationales. 

Vers les frontières du pays de Bray , à Fontenay ', près de Ger- 
beroy, où l'on a vu les partisans fortement établis en 1424, une 
compagnie communique avec le château d'Ivry^, réoccupé 
naguères par un parti gascon-français, commandé par Géraud 
de la Pallière, et dont le siège, comme on sait, devient l'oc- 
casion du choc de VerneuiP. Dans les rangs de la garnison 
de fortune qui tient la place, il se trouve des partisans du pays 
de Gaux, un journalier de Goderville*^ échoué dans la contrée", 

1. Bibl. nat., ms. fr. 4485, fol. 429-430, le 30 avril; fol. 403, le 2 mai. 

2. Sur Guillotin de Lansac, voir Y Annexe 1. 

3. Bibl. nat., ms. fr. 4485, fol. 212. 

4. Cette date du 10 mai résulte de l'analyse donnée par M. de Beaurepaire 
(De l'Administration de la Normandie, p. 45-46). 

5. La date exacte de la reprise de Gaillon est donnée par Pierre Cochon : 
« Et le tindrent jusques o viii" jour de jullct CCCC X.XIIII ensuiant, qu'i le 
rendirent audit régent, et se mistrenl en sa grâce et merchy. b {Pierre Cochon, 
éd. de Beaurepaire, p. 293.) 

6. La Chronique dite des Cordeliers, dans sa sécheresse, est naïvement élo- 
quente sur ce point. Il ne faut pas oublier que la garnison était composée de 
réguliers de l'armée nationale française : « Fu Gaillon reprin de Françoix et 
d'Engloix (d'Anglo-Courguignons), et furent tous mis à l'espée ceulx de dedens 
en grand nombre. » (Bibl. nat., ms. fr. 23018, fol. 448 v°.) 

7. Fontenay-Torcy, Oise, cant. de Songeons. 

8. Ivry-la-Bataille, Eure, cant. de Saint-André. 

9. Sur les circonstances de la reprise d'Ivry, voir ci-dessous, Annexe 4. 

10. Goderville, Seine-Inférieure, ch.-I. de cant., arr. du Havre. 

11. « Voyant aussi que audit lieu de Goderville, qui n'est que un simple vil- 



DANS LA HAUTE NORMANDIE, 293 

d'irrégulier passé soldat, qui retourne ensuite à son labour et au 
travail de la terre, dans son village ruiné par l'invasion ^ Les par- 
tisans des bois de Fontenay, malgré la distance et l'isolement, 
savent l'enlèvement d'Ivry par Géraud de la Pallière. Ils ont avec 
eux un prisonnier dont on espère une rançon de choix. Pour s'as- 
surer la conservation de ce précieux captif, on l'expédie en sûreté 
jusqu'au château qui marque le point le plus avancé des postes 
français. De Gerberoy à Ivry, des sources du Thérain jusqu'à la 
vallée de l'Eure, la troupe qui l'escorte fait ainsi au moins une 
trentaine de Heues de pays, à couvert, d'abri en abri, jusqu'à la 
place fameuse, dont l'escalade a jeté un tel désarroi dans le camp des 
envahisseurs, qui vient de repousser un premier siège et qui défie 
la Normandie 2. 

Dans le pays d'Auge, pendant la préparation du grand effort 
de 1424, en avril, Robert de Carrouges a passé sans encombre, 
suivi de quelques hommes à lui, de Fontaine-la-Soret^, aux envi- 
rons de Serquigny, jusqu'à Montfarville^ à l'extrémité du Coten- 
tin, d'où il est reparti pour gagner par Carrouges^ la lisière dis- 
putée du Perche et les places françaises du Maine ^. C'est sur le 
même point que se dirige son compagnon d'armes, Guillaume de 
Brèvedent, qui vers la même époque manœuvre avec sa compa- 
gnie autour de Lisieux. Du pays entre Touques etDives, du Tor- 
quesne'^, où il a conduit sa dernière opération, il passe jusqu'au 
Mans, emmenant avec lui un prisonnier de marque et livrant 
combat tout le long de la route aux Anglais qui le j^oursuivent^ 

lage et où il n'y a que xii raesnages ou environ, il ne povoit bonnement ne 
seurement demourer. » 

1. Rémission pour Robin Desioges, journalier, de Goderville. Doc. en date 
d'août 1425 : faits remontant à deux ans. Arcb. nat., JJ 178, n» 218. 

2. Rémission pour Guillot Molain, dit Bourgain, de Fontenay, caution de 
Willemot de la Fontaine, lequel avait été emmené prisonnier à Ivry et taxé à 
deux cents écus d'or. Doc. en date de novembre 1424 : faits remontant à un an. 
Arch. nat., JJ 173, n" 50. 

3. Fontaines-la-Sorel, Eure, cant. de Beaumont-le-Roger. 

4. Montfarville, Manche, cant. de Quettehou. 

5. Carrouges, Orne, ch.-l. de cant., arr. d'Alençon. 

6. Rémissions pour Jean Lemonnier, clerc de procureur, de Serquigny ; Jean 
Lebret, maréchal-ferrant, de Carsix, pour faits de participation. Doc. en date de 
novembre 1424 : faits remontant à Pâques (23 avril), puis au temps compris 
entre la Trinité et la Saint-Jean (18-24 juin). Arch. nat., JJ 173, n" 18, 30. 

7. Le Torquesne, Calvados, cant. de Blangy. 

8. Rémissions pour Guillaume Dunel et Pierre Dunel, cultivateurs, du Tor- 



294 LA GDERRE DE PARTISANS 

Leur tradition survit. C'est un de leurs émules, ce bâtard de 
Douville\ prisonnier à la Ferté-Fresnel en septembre 1436, qu'on 
envoie sous escorte jusqu'aux geôles de Lisieux, et « par lequel 
pourraient être connues », dit la quittance qui mentionne le fait, i 
« plusieurs trahisons et ventes faites aux brigands par plusieurs I 
personnes, leurs réconforteurs^ ». Un de leurs héritiers encore, 
cet intrépide Le Borgne de Nocé^ le redoutable chef de partisans 
dont les incursions jettent la terreur de Pont-Audemer jusqu'à 
Caen. Capturé en 1438 par l'écuyer "William Herdson, sa rançon 
se marchande jusqu'à trois mille saluts d'or, une fortune de sol- 
dat. Mais la hache du bourreau termine à Lisieux sa carrière 
aventureuse ^ qui force l'admiration de ses ennemis et lui con- 
quiert une légende^. 

De semblables exemples de cheminements secrets, de transports 
de troupes invisibles à de longues et périlleuses distances, se pro- 
duisent et se multiplient vers l'heure même où va se livrer le choc 
décisif de Verneuil. 

Dans le pays virois, les partisans de la forêt l'Evêque^ sont 
en communication avec les garnisons françaises du Parc-l'Evêque, 
près d'Avranches, et de Mausson, à l'extrémité du Maine". 

quesne, pour faits de participation. Doc. en date de mai 142G : faits remon- 
tant à deux ans. Arch. nat., JJ 173, n" 520. 

1. Douville, Calvados, cant. de Dozulé. 

2. Quittance des frais de voyage du messager ayant porté l'ordre de transfert, 
délivrée par le vicomte d'Auge, en date du 25 septembre 143G. Bibl. nat., ms. 
fr. 26061, n° 2941. 

3. Noce, Orne, ch.-l. de cant., arr. de Morlagne. 

4. Lettres de Henri VI, en date du 13 décembre 1438, accordant à William 
Herdson, écuyer, 600 livres tournois en compensation de la rançon, non touchée 
par lui, de son prisonnier, « Le Borgne de Nossey », jugé et exécuté à Lisieux 
par ordre supérieur du grand séiiéclial de Normandie, « lequel estoit homme 
de grant entrcprinsc et couraige et qui très souvent venoit et se tenoit k grant 
compaignie de gens en plusieurs parties de nostre pais de Normendie et mes- 
mcment es vicontcz d'Auge, d'Orbcc, de Pont-Audemer, Caen, Falaise ctArgcn- 
then. » Bibl. nat., ms. fr. 2G0G5, n" 3647. 

5. L'existence et le rolc du b;Uard de Douville et du Borgne de Noce en 1436 
et 1438 viennent d'être récemment signalés dans une étude de M. le vicomte 
Louis Bioult de Neuville, parue au cours de l'impression de ce travail. {De la 
résistance à l'occupation anglaise dans le pays de Lisieux de 1424 à 1444, 
p. 16 et 21. — Bulletin de la Société des Ant. de Normandie, t. .\VI, 1893.) 

6. La fonU rÉv<^([ue, dont la superdcie actuelle ne parait pas très étendue, 
est située à droite de la Soulcuvrc, alllucnl de la Vire, en bordure de la roule 
d'Avranches à Caen jtar Villedieu et Villers-Bocage. 

7. Pour les faits qui suivent, rémission pour Colin Le Vaillant, écuyer, de 



DANS LA DAUTE NORMANDIE. 295 

Le Parc* est cette résidence fortifiée des évêques d'Avranches, 
sur le chemin d'Avranches à Villedieu, que les comptes de Nor- 
mandie mentionnent pendant une certaine période comme régu- 
lièrement armée, et qu'on ne voit pas sans surprise, à ce moment 
même, entre les mains d'un parti français 2. Mausson^est cette 
forteresse, sentinelle perdue des dernières places du Maine, près 
du point de trisection des frontières normandes, bretonnes et 
raancelles, qui marquera bientôt le dernier jalon du territoire 
national^. Elle se plante au coin le plus avancé de la chaîne de 
lieux forts : Montaudin^ la Gravelle^ et Craon', qui garderont 
toujours, tout contre les marches de Bretagne, une mince bande 
de terre française, même au fort de l'invasion du Maine^, et dont 
elle fixe ainsi l'échelon extrême et le plus aventuré. C'est par 
cette étroite lisière, long chemin couvert abrité du côté breton, 
que les hardis commandants des dernières places du Loir et de 
la Sarthe filent avec leur cavalerie vers la basse marche de Nor- 
mandie, comme on le constate si souvent depuis 1428, pour 
mener ces courses aventureuses, ces raids étonnants d'audace 
poussés jusque sous les murs d'Avranches et de Saint-Lô^. Maus- 

Ferrière - Hareng , pour faits de complicité. Doc. en date de mars 1425 : 
faits remontant à l'époque de la bataille de Verneuil (17 août 1424). Arch. nat., 
JJ 173, n» 115. 

1. Le Parc-I'Évêque, sur le territoire de Sainte-Pience (Manche, cant. de la 
Haye-Pesnel). 

2. Sur le Parc-l'Évêque, voir ci-dessous, Annexe 3. 

3. Mausson, sur la Futaie, branche occidentale de l'Airon, affluent de la 
Sélune, très près de la lisière de Bretagne, marquée par la Glaine, branche 
orientale de l'Airon, et de celle de Normandie, marquée par un cours d'eau, 
affluent de l'Airon, qui passe près de l'abbaye fortifiée de Savigny, théâtre 
d'importants faits de guerre en 1434. Le lieu où s'élevait Mausson, encore dési- 
gné sur les cartes de Cassini, est actuellement compris dans le territoire com- 
munal de Landivy (Mayenne, ch.-l. de cant., arr. de Mayenne). Voir Léon Maître, 
Dictionnaire topographique du département de la Mayenne. 

4. Sur Mausson, voir Annexe 3. 

5. Montaudin, un peu plus au sud, sur la route de Laval par Ercée (Mayenne, 
cant. de Landivy). 

6. La Gravelle, le lieu de la rencontre célèbre du 26 septembre 1423 (Mayenne, 
cant. de Loiron). 

7. Craon, sur l'Oudon (Mayenne, ch.-l. de cant., arr. de Château-Gonlier). 

8. Sur ces trois places, voir Annexe 3. 

9. Ch. Le Breton, l'Avranchin pendant la guerre de Cent ans, ch. ix 
[Mém. de la Soc. des Ant. de Normandie, t. XXX, 1880). — Annexe 3, ci- 
dessous, pour la reprise du Parc. — Siméon Luce, Cfiron. du Mont-Saint- 



296 LA GUERRE DE PARTISANS 

son, en 1424, est occupé par une garnison entreprenante. Une 
centaine d'hommes, détachés de la place et de celle du Parc, se 
trouvent en août, au moment de l'anxieuse attente de la rencontre 
qui se prépare sur la lisière du Perche, rassemblés avec les par- 
tisans dans la forêt l'Évêque, exposés en pleine Normandie entre 
les deux villes fortes de Vire et de Bayeux^ On les voit concer- 
ter avec les irréguliers du pays l'escalade prochaine de l'abbaye 
de Torigny^, sur le chemin de Saint-Lô^ Ils ont avec eux des 
échelles de siège et se font renseigner par un vieux gentilhomme 
du pays, du village voisin de Ferrière-Hareng^ sur les nouvelles 

Michel, t. I, p. 272, n. 1, et Pièces justif., a" 94, 95, 175, 205. - Arch. nat., 
JJ 173, n» 695. 

1. « ... Ainsi que sa demeure soit et habite en pays et contrée de bois et 
forests, comme à la forest l'Évesque et autres bois de la viconté de Bayeux, 
csquelz bois les brigands et nos ennemis ont fréquenté souventes fois,... et tant 
que nagaires, environ le temps que la bataille fut falote à Verneuil,... vlndrent à 
son hostel, de nuyt, plusieurs brigans et nos ennemis lesquels par contralncle 
le menèrent de fait en un bois assez près de sa maison, ouquel avolt de lx à 
iiii'^'^ hommes armez des forteresses du Parc et de Mauson nos adversaires, et, 
luy ylec arrivé,... le firent jurer qu'il dlroit vérité en lui demandant s'il savoit 
aucune chose de nouvel, qui leur dit qu'il avolt oy dire que nosdis ennemis 
avoient esté desconfiz à Vernuel, dont ils furent très courrouciez. Et après ce 
sciournerent longuement esdls bois,... et le contraignirent à leur montrer le 
chemin et les mener à Thorigny et tout de nuyt... » Arch. nat., JJ 173, n' 115. 

2. Torigny-sur-Vire, aux deux tiers environ de la route de Vire à Salnt-Lô 
(Manche, ch.-l. de cant., arr. de Saint-Lô). 

3. Torigny, qui en 1417 avait donné lieu à un siège (Arch. nat., JJ 173, n» 71), 
est mentionné comme armé en octobre 1419. (Rôles nonn. et franc., n" 675, 
1359.) On voit la place munie d'une garnison française en septembre 1433. 
{Chron. du Mont-Haint-Michel, t. II, n" 144.) En 1437, un parti français entré 
par l'Avranchin enlève les halles fortifiées de la ville. (Ibid., n° 202.) Il y avait 
d'ailleurs de nombreux partisans dans la région, à cette époque même. (Bibl. 
nat., ms. fr. 26063, n" 3326.) Lors de la reconquête, Torigny capitule entre le 
15 et le 29 septembre 1449. (Chron. du Mont-Saint-Michel, éd. Slméon Luce, 
t. I, p. 49) — La terre de Torigny, confisquée sur Olivier de Mauny, avait 
été concédée, par lettres du 5 mai 1418, ;\ John Popham, premier bailli anglais 
de Caen. (Rôles norm. et franc., n°' 132, cf. n" 804.) — L'abbaye bénédictine 
de Torigny, au diocèse de Bayeux, était alors gouvernée par l'abbé Nicolas, 
qu'on voit en charge en 1415 ft en 1451, et sur la vie duquel on ne semble 
guère connaître de détails. (Gall. christ., t. XI, col. 456-458.) — Torigny est sur 
le chemin de Vire à Saint-Gilles, le célèbre pèlerinage voisin de Salnt-Lô 
(Manche, cant. de Marigny), fréquenté, comme l'on sait, par Olivier Bassclin, 
Jeun Uoschicr et les patriotes du Val-dc-Vire, comme un moyen d'incessantes 
relations avec la foule. C'est cette particularité qui a engagé à réunir ces notes 
incomplètes sur ce lieu. 

4. Ferrière-IIareng, Calvados, cant. de Bény-Bocage. 



DANS LA HAUTE NORMAiNDIE. 297 

de l'armée. Des fuyards ont appris que le grand choc est déjà 
commencé, que la bataille qui se livre à vingt-cinq lieues de là 
est engagée à fond. Mais nul n'en sait encore l'issue, et, fiévreu- 
sement, soldats et partisans en attendent le résultat, qui va vio- 
lemment annuler leurs plans et leur espoir. 

On se souvient de l'heureux coup de main risqué par la gar- 
nison française de Dreux, en 1421, contre l'abbaye fortifiée du 
Bec-Hellouin. Deux ans auparavant, l'enlèvement de Saint-Mar- 
tin-le-Gaillard, dans le pays de Caux, dû à quelque parti sorti 
des lisières de la Picardie et du pays de Bray, avait donné 
l'exemple. Le chef-d'œuvre du genre aurait été certainement, 
s'il fallait adopter la version acquise, le projet de marche ima- 
giné sur Dangu par les capitaines manceaux, à la fin de 1424. 
S'il faut désormais rayer de la réalité cette entreprise, pourtant 
digne de leur courage, la course en Normandie, dirigée en août 
1422 par Jean d'Harcourt, comte d'Aumale, parti des alentours du 
Mans, n'en reste pas moins le type de ces entreprises audacieuses, 
où des corps de cavalerie régulière, passant par les forêts et les 
chemins détournés, s'appuient sur les partisans qui les guident et 
grossissent leur masse au passage. Les frontières du Maine et le 
Pays Chartrain ofirent sous ce rapport une réserve inépuisable 
d'initiatives aventureuses ^ 

La compagnie de Jean Havage, qui hante en 1425 les bois 
entre Laigle et Verneuil, vers Dampierre-sur-Avre ^ dispose de 
moyens suffisants pour faire parvenir jusqu'à Fécamp un message 
de reconnaissance, peut-être un signe conventionnel, au chirur- 
gien de campagne qui a guéri son chef blessé dans un combat^. 
Bien plus avant encore en Normandie, la même année, Pierre 
LeBigourdais, le redoutable compagnon de guerre qui tient depuis 
sept ans les bois de Saint-Didier'*, près d'EIbeuf, relâché après cap- 
ture et courant en liberté la campagne, fait aller et venir des émis- 
saires de Louviers à Vendôme. Dans Vendôme, à plus de trente 
lieues du pays ennemi, le chef de bandes entretient des relations 
avec les Français de la place^. 11 en reçoit des communications, 

1. On ne revient pas ici sur ces faits, qui ont été exposés ci-dessus. 

2. Danipierre-sur-Avre, Eure-et-Loir, cant. de Brezolles. 

3. Rémission pour Chardot Honfroy, cliirurgien-barbier, de Breteuii, pour faits 
de complicité. Doc. en date de juillet 1425 : faits remontant à Pâques (8 avril). 
Arch. nat., JJ 173, n° 201. 

4. Saint-Didicr-des-Bois, Eure, cant. d'Amfrevillc-la-Campagne. 

5. Vendôme, avec Châteaudun, plus avant encore dans la vallée du Loir, 



298 LA GDERRE DE PARTISANS 

des signaux, de l'argent, qui lui parviennent jusque dans sa 

demeura toujours ville française. Quelques Parisiens y entretenaient néanmoins 
des relations. (Arch. nat., JJ 173, n' 575.) — Vendôme avait été l'objet d'une 
démonstration inquiétante de la part de Henry V en personne vers la fln d'août 
1421, après la chute de Dreux (Vallet de Virivilie, Hist. de Charles VII, t. I, 
p. 275-276), et depuis avait vu reparaître, en 1422, une armée anglaise comman- 
dée par le comte de Salisbury. (Geste des nobles, éd. V. de Virivilie, p. 190.) 
Coupée d'Orléans par la perle de Marcheuoir, forteresse enlevée par les Anglo- 
Bourguignons à la fin de 1423 (voir ci-dessous), la place de Vendôme n'était pas 
encore, à cette époque de 1425, menacée de front par la perte de la Chartre-sur- 
Loir, de Saint-Calais et de Savigny-sur-Braye, conquis par l'armée anglaise du 
Maine seulement dans l'hiver de 1425-1426 {Raoulet, éd. V. de Virivilie, t. III, 
p. 190 ; Grafton's Chronicle, éd. Ellis, Londres, 1809, t. I, p. 559), ni presque 
complètement cernée, comme elle le fut depuis la prise de Montdoubleau, effec- 
tuée en septembre 1426 par l'armée anglaise du Vendômois, encore conduite 
par Salisbury. (Documents cités par M. de Beaucourt, Hist, de Charles VII, 
t. II, p. 24, n. 6.) — A ce moment, pendant un an (1426-1427), Vendôme ne 
communiquait plus qu'avec Châteaudun, qui, par les bicoques de Beauce, con- 
servait encore sa route libre vers Orléans et la ligne de la Loire. C'est en mai 
1427 que se prononça la plus sérieuse menace dirigée contre la place. L'armée 
anglaise des comtes de Warwick et de Suffolk, qui vint, comme on sait, assié- 
ger en vain Montargis, était en effet destinée à opérer auparavant contre Ven- 
dôme. Mais les colonnes d'invasion ne semblent pas s'être montrées en vue et 
paraissent avoir été directement dirigées de Verneuil, où avait lieu leur con- 
centration, sur Montargis et le Câlinais, où elles devaient être si rudement mal- 
traitées. La date du 26 mai, souvent assignée comme correspondant au siège mis 
devant Vendôme (Longnon, les Limites de la France, p. 42 ; — de Beaucourt, 
IHst. de Charles VU, t. II, p. 27; — L. Jarry, le Compte de l'armée anglaise, 
ch. v), ne peut s'appliquer qu'à l'ordre de préparation d'un convoi, concentré 
à Évreux et expédié ensuite jusqu'à Verneuil seulement, lieu qu'il ne dépasse 
pas. En tout cas, on ne peut conclure que celte démonstration ait amené une 
occupation même temporaire de Vendôme par les forces anglaises. (Voir sur la 
préparation de ce siège de Vendôme le très exact chapitre de l'élude récente de 
M"' Amicie de Villaret, Campagnes des Anglais dans VOrléanais, la Beauce 
chartraine et le Gâtinais (1421-1428). Orléans, 1893, p. 7-8, 10-16, 22-23, et 
Pièces justif., n°' 1 et 4.) — En juillet 1427, les abords de la place de Vendôme 
étaient d'ailleurs entièrement nettoyés, et la garnison française, sous Renaud- 
Guilhcm de Vignolcs, l'un des frères de La Ilire, opérait librement des courses 
contre les Anglais de la Charlre-sur-Loir. (Abbé Bourrasse, les Miracles de 
Madayne sainte Katherine de Fierboijs en Touraine, p. 11-14.) La réoccupation 
passagère de Marchenoir par les Français (voir ci-dessous), et la reprise, qui 
parait définitive, de Montdoubleau, o|)ôr6es toutes deux dans les derniers jours 
d'août ou l(ïs premiers de septembre (Documents cités par M. de Beaucourt, 
Hist. de Charles VII, t. II, p. 291, n. 2), assurent alors pour quelque temps le 
dégagement de Vendôme. — A la suite de la campagne préparatoire au siège 
d'Orléans, menée par Salisbury dans l'été de 1428, Vendôme se trouve plus 
élroilement pressé que jamais par suite de la perte nouvelle de Marchenoir, 



DiNS LA HADTE NORMANDIE. 299 

retraite, presque à la vue des remparts convoités de Rouen*. 
De la forêt de Lyons , de cette région légendaire qui sert de 
forteresse naturelle aux partisans du Yexin, les compagnies 
solides et bien armées qui s'y maintiennent, avec l'énergie dont on 
a saisi tant de preuves sur le fait, communiquent avec les places 
françaises des bords de la Loire. Dans le cours de l'an 1427, l'un 
de ces groupes d'irréguliers a mis la main sur un prisonnier de 
marque. C'est un sergent de la châtellenie de Lyons S Robinet Le 
Doyen, dont la capture a été relatée en son lieu. Sorte d'otage 
fructueux et productif, dont Pierre Le Bigourdais gardait aussi 
précieusement un représentant dans les bois d'entre Louviers et 
Elbeuf, comme garantie de sa tête mise à prix 3. Les Vexinois, 
comme leurs compagnons du pays de Bray, qu'on vient de voir 
convoyer leurs captifs, en 1424, jusqu'au château d'Ivry, tiennent 
à préserver soigneusement ce dépôt, qui vaut une fortune. C'est 
à Beaugency^ sur la Loire, à cinquante lieues des bois qui leur 
servent d'abri, que les partisans expédient le sergent de la châ- 
tellenie de Lyons. Par quelles étapes, par quels chemins couverts 
gagnent-ils ainsi cette place du val de Loire qui va bientôt tom- 
ber aux mains des assiégeants d'Orléans^? Il serait aventuré de 

conquise avant le 21 septembre (voir ci-dessous), et de la chute de Beaugency 
le 25 septembre (voir ci-dessous). Deux petites places situées entre Vendôme et 
Châteaudun, Montigny-le-Ganelon, sur le Loir, et la Ferté-Villeneuil, sur l'Aigre 
(Eure-et-Loir, cant. de Cloyes), encore occupées pair des combattants français, 
sont même enlevées, à cette époque, par des colonnes de l'armée de Salisbury, 
avant le 5 septembre. (Jules Delpit, Documents français en Angleterre, p. 236- 
237, rectifié dans Longnon, les Limites de la France, p. 44, n. 1.) Vendôme et 
Châteaudun sont alors entièrement cernés jusqu'aux événements de mai 1429, 
qui libèrent définitivement ces deux capitales positions. 

1. Rémission pour Guillaume Ravenier, cultivateur, de Louviers, pour faits de 
complicité. Doc. en date de février 1426 : faits remontant à la rai-novembre. Arch. 
nat., JJ 173, n" 355. 

2. Lyons-la-Forét, Eure, ch.-l. de cant., arr. des Andelys. 

3. Voir ci-dessus : Sur la Seine. 

4. Beaugency, Loiret, ch.-l. de cant., arr. d'Orléans. 

5. Beaugency, menacé, ou même occupé quelque temps par Henri V après la 
prise de Dreux, en septembre 1421, et redevenu français immédiatement après 
(Vallet de Virivillc, Hist. de Charles VU, t. I, p. 276), capitule le 25 septembre 
1428 entre les mains de Salisbury. (Extrait d'un registre des minutes de Michel 
de Berry, à la suite de Chartier, éd. V. de Viriville, t. III, p. 208-209.) La ville 
redevient fran(;aise dans la matinée du 18 juin 1429, quelques heures avant la 
rencontre de Pafay. (Wallon, Jeanne d'Arc, t. I, p. 201, et de Beaucourl, Hist. 
de Charles VII, t. II, p. 220.) 



300 LA GUERRE DE PARTISANS 

vouloir le préjuger^ : le fait, indéniable dans sa réalité, rencontré 
au hasard d'une allusion dans un texte désintéressé, sans nulle 
prétention de chronique, n'en subsiste pas moins avec toutes 
ses conséquences et dans toute sa portée ^ 

Un regard encore sur l'origine du rassemblement de partisans 
qui prononce sur la Roche-Guyon^, en mai 1428, l'attaque 
désespérée dont on a suivi le récit. Ce petit parti, ainsi aventuré 
au pied de l'inaccessible réduit, a pour guide, on s'en souvient, 
un habitant du pays, un Parisien, ancien commis de marchand 
rentré dans son village natal, à Sainte-Geneviève-lez-Gasny, 
dans la vallée de l'Epte, sur le revers des pentes qui portent 
la forteresse^. 

Or, la troupe qu'il pilote jusqu'à la berge de la Seine, sous 
les escarpements du donjon, sort de la place de Nogent-le-Roi, 
dans la moyenne vallée de l'Eure, entre Dreux et Chartres. Ce 
point précieux du passage de l'Eure a été enlevé, l'automne pré- 

1. A partir des derniers jours d'août ou des premiers jours de septembre 
1427, la réoccupatioii passagère de Marcheiioir, place située entre Beaugency et 
Vendôme (Loir-cl-Clier, ch.-l. de cant., arr. de Blois), enlevée par les Français 
au moment de la délivrance de Monlargis {Geste des nobles, éd. V. de Viriville, 
p. 202 ; date exacte dans de Beaucourt, Uist. de Charles Vil, t. II, p. 29, a' 2), 
dégage considérablement les approches de Beaugency vers le Dunois et le Pays 
Chartrain. — Marchenoir, commandé par Pierre de Téligny et Jean Roseilles, 
avait été conquis pour la première fois par les Anglais dans les dernières 
semaines de 1423. {Fragment relatif aux dommages causes par les Bourgiù- 
gnons sur les terres du duc d'Orléans en 1422 et 1423, à la suite de la Chron. 
de la Pucelle, éd. V. de Viriville, p. 473. — Cf. Arch, nat., JJ 173, n»' 69, 
132 : la place anglo-bourguignonne en janvier-avril 1425, sous le commandement 
de Jean des Mazis, personnage marquant du parti bourguignon dans la région 
chartraine; cf. aussi fragment cité, p. 472, la place encore anglaise en avril 
1426.) — Marchenoir, après avoir été réoccupé quelques mois par les Français 
en 1427-1428, comme on vient de le voir, fut repris par Salisbury dans sa cam- 
pagne d'ai)proche d'Orléans à la lin de l'été de 1428, un peu avant Beaugency, 
et au moins à la date du 21 septembre. {Chron. de la Pucelle, éd. V. de Vi- 
riville, p. 258, et L. Jarry, le Compte de l'armée anglaise, ch. v, p. 82.) — La 
place redevient définitivement française en juin 1429, quelques jours après la 
rencontre du 18 à Patay. {Chron. de la Pucelle, p. 309.) 

2. Rémission pour Robinet Le Doyen, natif de la forêt de Lyons, sergent de 
la chiltellenic de Lyons, emmené prisonnier A Beaugency on 1427, puis délivré 
moyennant rançon. Doc. en date du 2G décembre 1431 : faits remontant à l'an- 
née 1427. Arch. nat., JJ 175, n" 57. 

3. La Roclie-Guyon, sur la rive droite de la Seine, au sommet de la longue boucle 
qui s'étend entre Mantes et Vcrnon (Scine-ct-Oise, cant. de Magny-cn-Vexin). 

4. Sainte-Geneviève-lez-Gasny, Eure, cant. d'Ecos. 



DANS LA HAUTE NORMANDIE. 301 

cèdent, dans le retour éphémère de fortune qui a suivi le dèblo- 
quement de Montargis, par le Français Gèraud de la Pallière, 
l'ancien « eschielleur » d'Ivry, coureur consommé des marches 
de Beauce. Nogent-le-Roi* vient de tomber entre ses mains, 
avec Châteauneuf-en-Thimerais^ de l'autre côté de l'Eure, sur 
la route de Verneuil, avec, bien plus avant vers le sud de Paris, 
Rochefort-en- Yveline ^ Bretencourt^ et très probablement Ram- 
bouillet ^, dans ce fugitif et décevant rappel de chance que marque 
l'automne de 1427, à l'heure du succès sans lendemain remporté 
devant les fossés de Montargis ^. 

De Nogent-le-Roi jusqu'à la Roche-Guyon, l'entreprenante 
compagnie se dissimule pendant plus de quinze lieues. Elle fait 
route par les plateaux déserts que raye la Vesgre, par les bois de 
Villiers-en-Désœuvre' et de BrévaP : c'est le pays où règne 
Pierre Le Bascon, le partisan qu'on a vu à l'œuvre dans ce dis- 
trict peu gardé^. Un des hommes déterminés qui la composent, 
partisan d'occasion, marchand à Paris de son métier, sort de la 
garnison de Montpipeau*", bicoque orléanaise voisine de Beau- 

1. Nogent-le-Roi, Eure-et-Loir, ch.-I. de caat., arr. de Dreux. 

2. Ciiàteauneuf-en-Thimerais, au centre du petit pays de ce nom, lisière étroite 
entre les vallées parallèles de l'Avre et du haut cours de l'Eure (Eure-et-Loir, 
ch.-l. de cant., arr. de Dreux). 

3. Rochefort-en-Yveline, sur l'une des rivières qui vont courir à l'Orge, dans 
la région de la forêt de Rambouillet (Seine-et-Oise, cant. de Dourdan). 

4. La place nommée « Béthencourt, Berthencourt, » dans les deux seules chro- 
niques qui la mentionnent {Geste des nobles, Chron. de la Pucelle, éd. V. de 
Yiriville, p. 202 et 256), « Brutecourt » dans la lettre de Salisbury à la commune 
de Londres (Delpit, Documents français en Angleterre, p. 237), et restée long- 
temps inconnue, est en réalité Bretencourt, aux sources de l'Orge, à la naissance 
du plateau de Beauce (actuellement fraction de la comm. de Saint-Martin-de- 
Bretencourt, Seine-et-Oise, cant. de Dourdan). Cette identification a été déter- 
minée d'une façon détinitive par M. Longnon [les Limites de la France, p. 43 
et 44). Bretencourt se trouve ainsi, bien plus avant que Rochefort-en-Yveline, 
la plus exposée des positions occupées à cet instant par les forces françaises. 

5. Rambouillet se trouve en somme entre Nogent-le-Roi et Rochefort-en- 
Yveline, à cinq lieues à peine de la ligne de lEure, occupée, comme il est 
hors de doute, par Géraud de la Pallière. 

6. Sur ces cinq places, Nogent, Chàteauneuf, Rochefort, Bretencourt et Ram- 
bouillet, voir ci-dessous, Annexe 5. 

7. Villiers-en-Désœuvre, Eure, cant. de Pacy-sur-Eure. 

8. Bréval, Seine-et-Oise, cant. de Bonnières. 

9. Voir ci-dessus : le Vexin. 

10. Le château de Montpipeau, non loin de la Mauve, petit affluent de droite 
de la Loire, au-dessous d'Orléans (Loiret, cant. de Meung, comm. d'Huisseau- 
sur-Mauve). 



302 LA GUERRE DE PARTISANS 

gency*. La surprise reste sans effet, comme on sait. Mais trois 
compagnons de guerre, le marchand parisien, le guide et un sol- 
dat gascon, au lieu de battre en retraite vers leur point de départ, 
continuent leur marche en avant. Ils réussissent à passer la Seine, 
abordent sous la falaise abrupte en surplomb de la rivière, tra- 
versent en armes tout le Vexin, toute la Picardie, atteignent les 
Flandres. L'un d'entre eux, au moins, parti du val de la Loire, 
va gagner pour un temps la protection lointaine du sûr asile de 
Bruges 2. 

Vers la même époque, les partisans qui hantent la lisière du 
Perche, entre Verneuil et Châteauneuf-en-Thimerais, imaginent 
un audacieux projet, qui rappelle étrangement tel épisode de plus 
modernes guerres, dont un des conteurs les plus puissants et les 
plus originaux de notre temps a gravé dans toute mémoire l'épique 
et incomparable récit ^. 

Il ne s'agit de rien moins que de l'enlèvement des prisonniers 
français de la prison de Verneuil S plan concerté entre deux chefs 
de bandes des alentours et une cinquantaine d'hommes appelés 
d'une garnison voisine, très probablement Chàteauneuf, pendant 
la courte occupation de cette forteresse qui vient d'être signalée^ 

1. Montpipeau, français jusque-là, capitule devant Salisbury, au cours de la 
campagne d'été de 1429. [Chron. de la Pucelle, éd. V. de Viriville, p. 257.) 

2. Rémissions pour Jean Le Chéron, marchand de Paris, ayant pris du service 
dans la troupe française, et Perrin Musart, commis de marchand, de Sainte- 
Geneviève-lez-Gasny, partisan. Doc. en date d'octobre 1428 : faits remontant au 
mois de mai ou juin. Longnon, Paris sous la domination anglaise, n" 139, et 
Arch. nat., JJ 173, n" 253. 

3. Sans rechercher en rien, au cours de cette étude, de trop faciles compa- 
raisons, il est impossible de ne pas être vivement frappé des analogies que 
présente cet épisode, — l'échec final à part, — avec l'événement qui a servi de 
fonds à l'une des œuvres les plus saisissantes de la littérature contemporaine. 
Tous les caractères d'indiscutable vérité historique du récit de Barbey d'Aure- 
villy, la réalité de la double attaque de la prison d'Avranches, puis de la pri- 
son de Coutances, par les seize compagnons de Jacques Destouches de la Fres- 
naye, le 11 janvier 1799, ont été définitivement établis, en dernier ressort, 
par M. de la Sicotière, dans sa magistrale étude sur les Insurrections nor- 
mandes (t. II, liv. 6, p. 251-258). 

4. Une curieuse description de la prison de Verneuil et de ses défenses à 
cette époque est donnée dans un texte qui relate une évasion individuelle, 
accomplie sans secours extérieur, quoique temps auparavant. (Abbé Bourrasse, 
les Miracles de M"" sainte Katherine de Fierboys, p. 7-8.) 

5. Tous les détails qui suivent sont scrupuleusement extraits des lettres de 
rémission délivrées à l'une des complices, Jeanne, femme de Godefroy Deles- 
pine, Agée de trente-cinq ans, de Verneuil. Doc. en date du 17 janvier 1429 : 



DANS LA HAUTE NORMANDIE. 303 

Verneuil est alors commandé par John Falstafff, l'intrépide 
meneur d'hommes, le conducteur éprouvé de tant de campagnes, 
le chef de guerre aussi vaillant qu'avisé, dont une légende sans 
source a si étrangement dénaturé la figure, la plus martiale, avec 
celle de Talbot son rival, que puisse alors faire surgir l'Angle- 
terre. 

Présent ou absent, Falstaff a dû mettre sa marque sur l'orga- 
nisation du service de garde, et le château, sous sa responsabilité, 
ne peut être demeuré qu'en mains sûres ^ Cependant, un complot 
s'ourdit, de concert entre quelques habitants de Verneuil et les 
partisans d'alentour, que n'effrayent ni les dangers ni les risques. 
L'époque en paraît malheureusement difficile à préciser, mais 
semble néanmoins se rapporter au milieu de l'an 1428, à l'instant 
où les places de la Beauce et de l'Orléanais sont toutes intactes, 
où les forteresses éparses, enlevées l'été précédent sur les lisières 
du Perche et du pays chartrain, se trouvent encore aux mains 
du parti français 3. 

Une aventure passionnelle a provoqué la périlleuse entreprise. 
La « chambrière » du geôlier anglais de Verneuil, Jeanne Dela- 
mare, Normande des environs immédiats de Rouen ^ aimait 

aucune allusion à l'époque récente ou ancienne des faits. Arch. nat., JJ 174, 
n° 262. 

1. Falstaff ne se rencontre avec certitude absolue, comme capitaine de Ver- 
neuil, qu'à partir du terme du 28 septembre 1428 (De Beaurepaire, De l'admi- 
nistration de la Normandie), fonctions qu'il cumule du reste, au moins pen- 
dant un an, avec celles de commandant de Honfleur et d'Alençon, (Ibid.) Mais 
rien n'empêche (il existe, comme on sait, une lacune dans les comptes de Nor- 
mandie entre septembre 1425 et septembre 1428) qu'il n'exerçât le comman- 
dement de Verneuil depuis une époque antérieure. Il devait occuper encore 
cette charge au 28 novembre 1429. (Bibl. nat., ms. fr. 26052, n» 1134.) 

2. Il n'a pas été possible de retrouver l'identité du lieutenant qu'on voit en 
charge à la date de cet événement. 

3. Le document qui sert de base à ce récit, daté, comme on vient de le voir, 
du 17 janvier 1429, ne contient aucune de ces indications, généralement cou- 
rantes dans les pièces de cette nature, qui puisse aider à attribuer une époque 
aux faits qu'il contient. L'intervention des habitants de Chàteauneuf, qui 
semble avoir procuré, au moins en partie, les cinquante hommes nécessaires à 
l'entreprise, porterait à croire que l'événement se produisit vers la période 
qu'on croit pouvoir ici lui assigner. Sur les prises et reprises de Chàteauneuf, 
voir ci-dessus, et Annexe 5. 

4. « Saint-Martin-des-Autels », lieu que le document signale comme tout 
voisin de Rouen. Serait-ce Saint-Martin-du- Vivier, sur le Robec (Seine-Infé- 
rieure, cant. de Darnétal)? 



304 LA GUERRE DE PARTISANS 

un des prisonniers français captifs au château, le soldat gascon 
Bertran, avec lequel ses fonctions au service du porte-clefs lui 
facilitaient sans doute plus d'une entrevue dérobée. Songeant à le 
faire évader, et les autres avec lui, elle s'en ouvre à deux femmes 
mariées deVerneuil, Agnès Le Prévost et Jeanne Delespine, toutes 
deux de plus ou moins galant renom, chacune pourvue d'un 
amant, et disposées à la comprendre. Des chefs de partisans 
rôdent aux alentours : Martin Dubosc et son compagnon Frisot. 
On va leur parler au bois. On s'entend aussi avec des gens de 
Châteauneuf-en-Thimerais, avec la femme de Jean Trayneau, 
habitant de la place. Sans qu'on puisse reconnaître s'il s'agit de 
partisans ou de réguliers, on convient avec Dubosc et Frisot de 
grouper cinquante ou soixante hommes, qui au jour dit se tien- 
dront aux abords du château, prêts à tout, l'œil et l'oreille au 
guet, tandis que la chambrière, avec les clefs surprises à son 
maître, aura fait évader les captifs. 

Un bavardage de femme fait manquer ce premier projet. Agnès 
Le Prévost ayant laissé échapper quelques imprudents propos, 
le lieutenant de Falstaff, qui en reçoit avis, retire à Tliomas Près- 
tout, le trop confiant geôlier, la garde des clefs, condition pre- 
mière de tout le complot, anéanti par ce brusque éveil d'un soup- 
çon imprévu. 

Sans se décourager, les affidés remanient immédiatement leur 
plan. La petite troupe se retrouve et se compte à nouveau. Une 
attaque de vive force, qui n'effraie pas cette poignée d'hommes 
résolus, est décidée contre l'enceinte. Une embuscade doit se tapir 
près de la chaussée : au premier matin, vers l'heure des allées et 
venues habituelles du personnel servant du château, on attaquera 
le pont et tentera d'enlever les captifs. Pour signal, un sifflement 
convenu, un appel sonore envoyé dans le creux des mains ' , légen- 
daire et traditionnel ralliement, qui depuis, presque sur le même 
sol, a baptisé d'autres sanglants combats^. 

1. Le texte porte que les affldés aux aguets comptaient, pour signal : « sif- 
fler en la paume ». 11 n'est pas besoin d'insister sur le très curieux rapproche- 
ment que ce fait autorise ;\ exécuter, pour la première fois à ce qu'il semble. 

2. La question du surnom générique, historiquement acquis aux insurgés de 
l'Ouest pendant les guerres de la Révolution, a été définitivement traitée par 
M. de la Sicotière, toc. cit., t. II, liv. 10, p. 578-579, et dans l'étude du regretté 
Victor Dudiemin, publiée par M. Robert Triger, les Premiers troubles dans la 
Mayenne, cliap. vi, p. 190-193 {Revue historique et archéologique du Maine, 
l. XXll et XXIII, années 1887, 2° semestre, et 1888, 1" semestre). 



DANS LA HAUTE NORMANDIE. 305 

Là encore le courage aventureux des conjurés vint échouer 
contre quelque hasard. On n'en voit pas davantage sur cette 
entreprise de Verneuil, qui se présentée l'histoire avec on ne sait 
quoi d'original et d'émouvant dans le détail qui fait un instant 
oublier la dure férocité de cette guerre sans quartier. On revient 
vite aux visions plus sombres avec l'évocation du supplice de 
Jeanne Delamare, arrêtée sur le soupçon de son rôle et qui paya 
de sa vie sa vaillance et sa tendresse. Condamnée à mort, elle ne 
put guère périr, selon le droit commun, autrement qu'enfouie 
toute vive, au pied de ce gibet de Verneuil, où, par une posthume 
et sauvage représaille des vainqueurs, s'était naguère balancé, 
quatre ans auparavant, le lendemain de la suprême défaite fran- 
çaise, le cadavre dépecé du dernier vicomte de Narbonne. 

Telles sont les traces qui aient pu être relevées de l'entente des 
insurgés en armes avec les derniers débris des armées régulières. 
Le rôle de ces obscurs, simples et tenaces combattants de l'indé- 
pendance ne peut s'en trouver qu'élargi, transformé, ennobli, 
haussé jusqu'à la conception du sentiment national le plus pur et 
le plus vrai. 

Faits isolés sans doute, et n'impliquant, par eux-mêmes, ni 
régularité ni permanence de ces relations hasardeuses entre régu- 
liers et partisans. Leur examen n'en mérite ni moins d'attention, 
ni moins d'intérêt. De leur apparente dispersion, de leurs mani- 
festations d'abord déconcertantes, se dégage une impression, qui 
persiste, d' œuvre commune et d'occulte coopération, toujours 
prêtes à s'affirmer, entre les deux éléments de la défense du sol. 
Ces combattants indigènes, sans forteresses et sans abris, qui 
courent la campagne et les bois, qui s'y dispersent et s'y refor- 
ment, ces dernières compagnies de l'armée, à peine mieux enca- 
drées elles-mêmes, qui défendent encore les enceintes démantelées 
et croulantes des frontières intérieures, se pénètrent mutuellement, 
communiquent, savent se chercher et se rejoindre. L'esprit natio- 
nal s'entretient à ce contact, et, quand le grand événement que 
porte en elle la prodigieuse année 1429 va fondre toutes ces éner- 
gies éparses dans une irrésistible poussée d'espérance, la secousse 
les trouvera prêtes à l'action, familières du sacrifice, entraînées 
au mépris de la mort, à la jouissance du péril, à la haine de 
l'étranger. 

Germain Lefèvre-Pontalis. 

XH-CX 

^894 20 



QUESTIONS MÉROVINGIENNES 



VII. 
LES ACTES DES ÉVÊQUES DU MANS. 



APPENDICE. 



Les documents copiés par M. Julien Havet et destinés à figurer dans 
l'Appendice (Bibl. de l'Éc. des ch., 1893, p. 601) n'étaient pas matériel- 
lement préparés pour l'impression. Ils ne portaient pas de numéros 
d'ordre : ceux d'entre eux qui forment le présent article sont ceux 
dont il avait fait la critique dans la partie rédigée de son travail, et ils 
sont rangés ici dans l'ordre où il en a parlé. Les variantes des diverses 
sources avaient été indiquées par lui au moyen d'une disposition inter- 
linéaire ; elles sont réduites ici à la forme d'un apparat critique, avec 
renvois par des lettrines ; le choix à faire entre elles est rarement indi- 
qué dans les copies de l'auteur, et il a fallu interpréter son silence, au 
risque de ne pas rencontrer toujours son opinion. — Les portions de 
texte que l'auteur considérait comme apocryphes ou suspectes sont en 
italiques : voir p. 33. 

[CHARTE DE L'ÉVÊQUE DOMNOLE.] 
572 mart. domin. 

[Voir Bibl. de l'Éc. des ch., 1893, p. 634 et suiv., 1894, p. 6.] 

Gesta Aldrici, p. 22. [{A.)] 

Cod. 224, fol. 32 in Actis Domnoli (orthographica non euro). (C.) 

Ibid., fol. 89 m Actis Aldrici. (B.) 

Domino venerabili vcclesit,- Cenomannicc clero Domnoius episcopus. 
Gon^ruum nobis fuit ul volum desidcrabile in caritalis veslrç noti- 



vu. — LES ACTES DES ÉVÊQDES DD MAXS. 307 

ciam poneremus, quia si consensus vester desiderium cordis noslri 
décréta» adneclerlt* credimus nullius ullo umquam terapore contra- 
rietate a nobis pariter firmata posse convelli. Gum pro salulem'^ populi 
vel cuslodiara'^ civitalis reliquias domini« ac venerabilis sancti Vin- 
centii martiris intercedente presumpUone ausi fuerimus déferre cum 
Dei adjutorio, vel/' vestro eidem loco^ dignitatis ereximus in culmine, 
ita petimus ut nostro'' pariter ditetur et munere, et si sensus' vester 
in nosi contulerit clarilatem, banc paginolam donationes^' vestro que- 
sumus ut firmetur robore'^"'. Dono^ ergo in»* ipsius domni Vincentii 
honorem" donatumque esse volumus villa'' cognominante^ Tri- 
cione*?, quem'" Abundantius^ quondara visus est tenuisse, per loca 
designata, de confluentes-* usque Brivas^*' defluit in [Vijdua'*" usque^' 
termino'^ Proliacense-^'y, subjungenteadse adjacentia Saturniacinse^-, 
Inde per via** Saturniacinse* pervenit ad Wacta<^ usque Campo<^ 
Daulfo«, deinde ad/ broialo Censurio usque ad domum Mère, inde 
adf^ carapum^ Locogiacinse*' pervenit ad ipso-^ Tricione^-, cum id 
quicquid Mallaricus diaconus noster terapore vitç suç usu fructuario 
possidere videtur, cum agris, pratis, pascuis, silvis, aquis aqua- 
rumve decursibus, cum mancipiis his nominibus, Leudomado^ cum 
uxore"* nomine Leudomalla et infantulum", Litomeri, Leudulfo^, 

i. Tresson (Sarthe), sur l'Étangsort, affluent de la Veuve. 

2. Brives (Sarthe, communes de Courdemanche et de Saiat-Pierre-du-Lorouër), 
au confluent de l'Étangsort et de la Veuve. 

3. L'Étangsort, cours d'eau qui passe à Tresson et se jette dans la Veuve à 
Brives. 

4. La Veuve, affluent du Loir. 

5. Pruillé-l'Éguillé (Sarthe, au nord-ouest de Brives). 

6. Lieu inconnu, ainsi que les suivants. 

a. décréta A et décréta B et décréta nostra C. b. adnecterit AB adnectere 
se voluerit C. c. sainte C. d. custodia C. e. domni C. f. correction 
proposée en marge : u[t]. g. eisdem locum C. h. vestro C. i. consensus C. 
j. in nos AB nobis C. k. donationis C donaciones corrigé en -nis B. k'. sur 
cette fin de phrase, voir Bibl. de l'École des chartes, 1893, p. 643, n. 2. 
l. Damus C. m. in om. C. n. honorem AB çcclesiç C. o. villam BC. 
p. cognominatam C. q. Tricionera B Tritionem C. r. quam C. s. abun- 
dancius B habundantius C. t. de continentes AB sicut Tritio C. u. bruias B. 

V. Indua A induam B uiduam C. ic. usque AB : et usque C. x. termino 
AB terminum B corr., C. y. Proliacensem B corr., C. s. Saturniacense C. 

ab. viam Saturniacensem C. c. uuacta B uuaota C. de. campum daul- 
fum C. f. a C. g. i C. ht. carapo locogiacensi C campum logiacinsc B. 

jk. ipsum Tritionem C. l. leudomadura C m. uxore AB uxore sua C. 
n. infantulam Litomeri {sans pond, intermédiaire) C. o. leudulfum C. 



308 QUESTIONS MÉROVINGIENIVES. 

item LeudulfoP, Chariobaudi* , Vinoflede'' et Mogiane, gregi equinos 
quem Allomeris intra termino' ipso" commanens custodire \idetur5 
idemque" et villa''' FraxenetO'^, quem bonç memoriçv Aper presbiter 
tenuit, cum broialos Mareelliacensis- , cum viiieis, silvis, pralis, 
pascuis, aquis aquarumque» decursibus, cum accolas* X commanen- 
tes<^ in rem'^ ecclesiç'^, Quicumque^' oporluni ad domum ipsam/^ fue- 
rint, quos per adsignationes' Leudorico'' defensorem^ ecclesiç^ perce- 
perit^" possldendos^, cum mancipiis bis nominibus, Launoveto'", 
Foedulo" cum uxore Taligia, Sesulfo^, Gastino^ cum uxore Leudo- 
malla et filio, Leudogbisilo cum filia Ghildegunde? , Pupa cum filios'", 
Ppopulonio^ cum porcus*, Leudomado'% Mundofçda" et Leudo- 
raanda*", cum^^ libertos omnes prédictif presbiteri; pari modo et 
locello^ Ad Bucus, quem de Eutelio» presbitero accepimus, cum 
mancipia* qui ibidem excolere videntur; pratum intra vivario*^ supra 
ripa'^ Sartç secum«, quem Abundantius/' vel auclores" çcclesiç visi 
sunt tenuisse, Ghyldigisilo'' puero' cum armenlum^ peccorum^" quem 
ipse custodire videtur, et campo^ adjacentem ad raemorato'" prato" 
quem nostro opère fecimus, Sescimundo^ cum uxore sua Wiliare?. 
Hçc omnia-/ quod'' per banc paginam donationes% quem' Aunulfo 
diacono prof." unanimiter rogavimus conscribcnda", constat'" dele- 

1. [L'origiaal devait porter dignilate; voir Bibl. de l'École des chartes, 1893, 
p. 644, n. 1.] 

p. leudulfum C. g. chariobaudum C. r. uinofrede C. s. gregi equino AB 
Damus etiam gregem aequinum C. tu. terminos ipsos C. v. ilemque C. 

w. villam C. x. fraxnetum C. y. menioriç om. B. s. raarcelliacenses C. 

a. aquarumue C h. accolis C. c. comraaneiites ^46 ia ea coniinanentes C. 
d. in rem AB Haec oinnia damus in rébus C. e. çcclesiç A aecclesiç B 
çcclesiç et usu eoruin C. e le q corr. en Q dans l'autographe de l'au- 
teur, f. ipsara AB ipsam seruiendum C ; voir Bibl. de l'Éc. des chartes, 
1893, p. 636, n. 3. g. adsignacione B adsignationem C. h. ieuderici C. 
i. defensoris C. j. aecclesit^ B uestr»; ecclesiç C. kl. perceperit possiden- 
dos AB possidendos precipimus C. m. launoveco B iaunouethum C. n. foe- 
dulum C. o. sesulfum C. p. cartinum C. q. childegunda C r. filiis C. 

s. po|)uloni() B pupilonio G. t. porcus AB porcis quos custodit C ; voir 
Bibl. de l'Éc. des chartes, 1893, p. 63G, n. 3. w. leudoniadum C. v. mundo 
feda B mundofoedam C. w. leudoniandam C. x. corn C. y. jamdicti C. 

z. locellum C. a. eutlierio C. b. mancipiis C. c. uiuarium C. 
d. ripam C. e. silum C. f. habundantius C. g. adores C. h. childigi- 
silo B chiidigisilum C. i. i)ucrulum C. j. armento C. k. pecorum C. 
l. campum C. mn. memoratum pratum C. 0. sesciraundum G. p. uiuliare B. 
qr. omnia quod AB coma' C (a tilde). s. donaciones B donationis C. 
t. quam C. u. prof. A p/'of B (pro abrégé, f tildée) om. G ; voir Bibl. 
de l'Éc. des chartes, 1893, p. 637, n. 1. v. conscribendam C. 



i 



VII. — LES ACTES DES EVEQUES DU MANS. 



309 



gasse^, nuncupata basilica habeat, teneat, possideal?/; quicumque 
loci ipsius dignitatem^ perceperit, jure hereditario perpetualiler sibi- 
met vindicet possidendum. Si" ullo umquam tempore aut ponlifex 
civitatum'* aut quilibet* persona a nobis donata vel Iradila de domi- 
nationem'^ basilicç*^ ipsius^ abstrahere voluerit', indual/ maledicUo- 
nem pro benedictione et Domini nostri Ihesu Xpisti vel omnium 
sanctorum martirum iiicurrat offensa^, et voluntas nostra perpelim 
auxiliante Domino capiat fîrmitatem Ausuiliani^ legis' indeta^ men- 
lione^. 

Actum Genomannis in^ civitate anno XI régnante"* domni nostri 
Ghilperici régis pridie nonas marcias2. 



A: B 



[7] 
[8] 

[9] 
[\0] iO 



[^2] i-2 
[^3] 'la 



G : f" Domnolus peccator subscripsit. 

Germanus peccator rogante clero Genomannis sub- 
scripsi. 

Dinamius peccator consensi*' et subscripsi. 

Drauscio? presbiter subscripsi. 

Injuriosus pecë? subscripsi. 

Meterius presbiter consensum'' nostrum subscripsi. 
^o Populonius presbiter consensi et subscripsi. 
i 6 AUoveus presbiter concensum* nostrum subscripsi. 
i 7 Setrius peccator' consensi et subscripsi. 
i 8 Leudoneus" presbiter subscripsi" . 
49 Dauvaredus*" presbiter concensum* nostrum sub- 
scripsi. 
om. Prigimodusz' presbiter. 

om. Ursicinus" diaconus consensum nostrum subscripsi. 
7 Geusus* diaconus consensum* nostrum subscripsi. 



1. [Sur le mètre de cette fia d'incise, voir Bibl. de VÉcole des chartes, 1893, 
p. 644, n. 2.] 

2. [Sur la place de la date, voir Bibl. de l'École des chartes, 1893, p. 638.1 

3. [Sur l'ordre des souscriptions, voir Bibl. de l'École des ch., 1893, p. 637.] 

wx. constat delegasse AB (voir Bibliothèque de l'École des chartes, 1893, 
p. 643, n. 3) volumus ut C. y. possideat AB possideat et C. z. Si AB 
Si vero C. a. ciuitatis C. b. quçlibet C. c. dorainatione C. de. basi- 
licç ipsius AC ipsius basilice B. f. inducat C. g. oft'ensa A offensam C 
om. B. hijk. ausiuliani legis indetam' tion' B om. C ; voir Bibliothèque 
de l'École des chartes, 1893, p. 637, n. 1. l. \n om. C. m. regni C. 
n. j om. C. 0. concessi B. p. drautio C. q. pece' A pecem B pecca- 
tor C. r. concensum B. s. consensum C. t. peco' B. u. leunoneus B 
leudoueus C. v. subscripsi om. C. w. dauuaredis B dauradus C. jc. con- 
sensum C. y. frigimodis £. z. ursicius B. a. caeunus C. b. concensum B. 



3^o 



-15] om. 


8 


;I6] o?n. 


9 


[il] -15 


^0 


[^8] ^6 


U 


[om.][om.] 


V2 


[om.Jlom.] 


i3 


[om.][om.] 


14 



QUESTIONS merovl\gie:xnes. 

Romolus diaconns consens! et subscripsi. 

Daddus*^ diaconus consensu*^ noslrum subscripsi. 

Noxus« diaconus subscripsi. 

Sennovechus diaconus consensi et subscripsi. 

Teodulfus peccator consensi et subscripsi. 

Affar presbiler consensi et subscripsi. 

Dorus presbiler consensum noslrum subscripsi. 



[IL] 



[CHARTE DE L'ÉVÊQUE DOMNOLE.] 
581 sept, h fer. V. 



[Voir Bihl. de l'Éc. des ch., 1893, p. 634 et suiv.; 1894, p. 6.] 
[Mômes sources que pour la charte précédente, ci-dessus, p. 306. A : 
Gesta Aldrici, p. 26. B : cod. 224, fol. 89 v». G : cod. 224, fol. 32.] 

Anno^ XX regni domini« nostri Ghiiperici* gloriosissimi'^ régis, 
prid.'^ non.*? seplbr./, ego Domnolus in Xpisli nomine episcopus 
cum evocassem domno;' et fralri^ meo'' Audoveoi episcopo^" Ande- 
cavç^ civilalis visilarc sanclis'" liminibus" patron!" pecculiaris mei 
Victor!?' cpiscopi, immo et sollempnilalem ipsius cçlebrassem?, cum 
consensu omnium fralrum meorum presbilerorum, quia anle tem- 
pus testamentum meum condidi et in ipsum voiuntalem meam adbuc 
non complevi, quod in eum*" conscriplum videlur*' volo' in omnibus 
conscrvelur et hçc paginola plenani capiat"opto robore". Dono'"basi- 



1. [Sur la place de la date Anno... ego Domnolus. 
des chartes, 1893, p. 638-639.] 



l'oir BiOl. de l'École 



c. daldus C. d. consensum C. e. nox' B nox C. 

a. dornni C. b. Ililperici C. c. gloriosi C. def. pridic nonas seplembris 
B; sur le membre de phrase Anno... septembr. dans les Actus, voir Bibl. de 
VÉc. des ch., 1893, p. 638, n. 2. g. doinnura C. hijk. fratrem meum Audo- 
ueuni episcopum C. l. andegaue BC. mn. sancta limina C. o. patronis C. 

p. Vicloris C. q. celebrarc C ; sur celebrasseni {et non celebravisscin), 
voir Bibl. de l'Éc. des ch., 1893, p. 64i, n. 3. /•. eo C. s. vidclur : videlur 
bonum C; voir Bibl. de l'Éc. des ch., 1893, p. 636, n. 3. /. volo : volo ul C. 

u. accipiat C. ii. roborem C; sur celte fin de phrase, voir Bibl. de l'Éc. 
des ch., p. 643, n. 2, et p. 644, n. 4. w. Dono : Dono igitur C. x. salua- 



VII. — LES ACTES DES ÉVKQUES DU MiNS. 3 H 

licç sanctorum Vincentii et Laurentii, quem meo opère construxi et 
edificavi pro salvalionem* civitatis et populi conlocaviv, coloneca- 
cognominante'» Ganonno**, cum agris, pralis«, pascuis, silvis'^, aquis 
aquarumve decursibus, et mancipiola^ duo/, Waldardo^' cum uxore 
sua, vel infantibus eorum, qui ibidem nunc commanere videntur. 
Ab'' hodierno' die predictus^' abba^' antedicti loci ad stipendia fra- 
Irum nuiieupante^ basilicç faciat revocare"*, et» tamen» ut post 
meumP, quando Deus jusserit, obitum, qui presens fuerit? ordina- 
tus de'" loco prefato commemorationem meam annis singulis adim- 
plere procuret. Ideo tibi, Niviarde diacone ac defensor^ nostrç çccle- 
siç, indico atque jubeo ut* hoc tua traditione, sicuti" nunc ab ecclesia 
possidetur, cum omni soliditate vel adjacentia sua Leuso abbate" 
facias consignari. Hoc vero inserendum rogavi ut, qui voluntati mee 
obvius esse voluerit, maledictionem illam incurrat quam propheta 
in psalmo GVIIII"' decantavit'^, et presens pagina maneat inconvulsa, 
quam pro rei firmita^ manu propria subscripsi et domnis et fratri- 
bus meis minuendam- rogavi. 

-f Domnolus peccator subscripsi. 

Audoveus peccator rogante domno Domnolo episcopo subscripsi. 

Teodulfus* peccator subscripsi. 

Aunulfus* presbiter subscripsi. 

Leudoricus presbiter scripsi*^ et subscripsi^. 

1. Coulongé (Sarthe), sur le ruisseau de Ciienon (Cauvin, p. 103). 

lione C. y. conlocavi : pater C. s. colonitam C. ab. cognominatam pon- 
tificini canon C. cd. pratis pascuis silvis : siivis pratis pascuis C. ef. man- 
cipiola duo : mancipiis C. g. uuadardum C. h. Ab : ut ab C. i. hodierna C. 
j. predictus om. C. k. abbas C. l. nuncupate C. mno. reuocare, et 
lanaen : remplacé dans C par et sub jure menioratÇ cenomannensi çcclesiae 
juste et légitime esse debere censeo {voir Bibl. de l'Éc. des ch., 1893, p. 637), 
et pelo; sur la fin de phrase faciat revocare, voir ibid., p. 644, n. 5. 
pq. raeum... fuerit : remplace' dans C par obitum meura qui abbas fuerit. 
r. de : in C. s. defensore C. t. ut oin. C. u. sicut C. v. abbati C. 
wx. CVIIII decantavit : remplacé dans C par CVIII iude cantavit fiant dies 
ejus pauci et episcopatum ejus accipiat alius [voir Bibl. de l'Éc. des ch., 1893, 
p. 636, n. 3, et p. 644, n. G), y. lirmitate C. s. muniendam C. a. Theo- 
dulfus G. b. annulfus C. cd. scripsit et subscripsit B. 



3^2 QUESTIONS MÉROVINGIENNES. 

[IIL] 

THEODEBERTI PRO S. MARTINO. 

Genuinum. Interpolatum. 
[Vendredi 8juin596<?] 

[Voir ci-dessus, p. 7 et suiv., p. 15 et suiv.] 
Cod. Genom. 224, fol. 33 v°. 

Theodebertus rex Prancorum vir inluster^. 

Si petitionibus ancillarum Dei vel sacerdotibus, in quod nostris 
auribus fuerint prolala ad affectum perducimus, hoc nobis ad 
aeternae salute vel stabilitate regni nostri in Dei nomen pertinere 
confidimus. Igitur vir inluster Eoladius^ presbiler et Baudomalla 
Deo devota direcli petitione [cljementiae ^ regni nostri detulerunl in 
notitia eo quod ante hos dies in area ipsorum infra murania Gçno- 
mannis oratorio in honore sancti Martini construxerunt, et loceila 
noncupantes sitas in pago Gaenomannico, Moliniaco, Villa, Levaste, 
Popiliaco, Aciaco, Verriciaco, Potius, Gipidus^, cum omnes adjacen- 
tias earum vel appendiciis, cum omni re inexquisita vel ipso orato- 
rio ad çcclesiam sancti Gervasii et Prothasii martijris vel domno 
Domnolo episcopo qui ibidem ad presens custos preesse videtur^ 
ipsas res per eorum strumenta deiegaverunt. Ideo petierunt celsi- 
tudinis nostrae ut per hoc per nostram auctoritatem plenius confîr- 
mare deberemus cujus petitione gratanter animo prestitisse et in 
omnibus confirmasse cognoscitur, precipientes enim ut sicut con- 
stat jamdictus Eoladius et Baudomalla ipsa loca Moliniaco, Villa, 
Levaste, Popiliaco, Aciaco, Vericiaco, Potius, Gipido^, una cum ter- 

1. |Sur la date, voir ci-dessus, p. 18.J 

2. [Dans l'autographe de l'auteur, corr. au crayon is : lire viris inlttsiribus ; 
voir ci-dessous, p. 329, n. 4.J 

3. [Sur Eoladius, voir ci-dessus, p. 18. J 

4. [En note : denientiae C] 

5. [Dans le ms. de M. Julien Havet, les noms latins sont accompagnés de 
quelques identifications, peut-être provisoires, écrites au crayon. Moliniaco : 

Morignéï Levaste : Livet (M""). Popiliaco : Poillé? ou Sainl-G (illisible : 

peut-être l'auteur a-t-il voulu écrire Saint-Gemmes {Saint ou Sainte-Gemines- 
le-Robert, Mayenne). Aciaco : Assé-le-Bérenger. Cipidus : Spay.] 

6. [Sur le passage en italiques, voir ci-dessus, p. 15.) 

7. [Idenlilications au crayon, comme ci-dessus : Morigné, Livel, Poillé, Assé- 
le-B", Spay.] 



VII. — LES ACTES DES e'VÊQUES DU MANS. 313 

ris, domibus, aedificiis, mancipiis, vineis, silvis, pralis, pascuis, 
aquis aquarumve decursibus, farinariis, peculiis, praesidiis, mobili- 
bus et immobilibus vel reliquis quibuscumque benefîciis ad ipsa casa 
Dei per eorum instrumentum juste et rationabiliter delegassent, 
et hoc ad presens ibidem recto ordine videtur esse possessum vel 
dominatum, ita et inantea inspecta ipsa epistola donationis per hoc 
preceptum plenius in Dei nomine confirmatum, ipsa loca superius 
nominata cum omni integritate earum ad ipsa casa sancti Gervasii 
et Prothasii matris^ çcclesiae^ nostris et futuris temporibus jure 
firmissimum proficiant ad augmentura. Et ut haec praeceptio 
firraior habeatur et in omnibus conservetur, manus nostrae sub- 
scriptionibus eam subter decrevimus roborare. 
Theodebertus rex Prancorum subs. 

Adalgrimus jussus obtolus Zz, "T ^~Z-> 

Data dies octo quod facit presens mense junii anno VII regni 
nostri Gaptiniaco in Xpisti nomine féliciter amen. 

[IV ET V.] 

[DONx\TION D'HARÉGAIRE ET PRÉCAIRE DE TÉNESTINE.] 

[Vendredi 3 mai 51 3 et samedi 27 avril 524 ^ ?] 
[Voir ci-dessus, p. 19 et suiv.] 

[IV.] 

Dum fragilitatis'' humani generis pertimescit ultimum vitae tem- 
porel subitanea transpositione ventura, oportet ut non inveniat 
unumquemque hominem imparalum, ne sine aliquo boni operis 
respectum migrât de seculo^, nisi, dum suo jure et potestate 
consistit, preparet sibi viam salutis per quam ad çternam valeat 
beatitudinem pervenire. Ideoque ego in Dei nomine Haregarius 
et conjux mea Truda et filia nostra Tenestina Deo sacrata unanimi- 

1. [Correction indiquée dans l'interligne : martiris.\ 

2. [Sur les mots en italiques, voir ci-dessus, p. 18. J 

3. [Sur ces dates, voir ci-dessus, p. 33. J 

4. [Lire fragililas : ci-dessus, p. 21, n. 3.1 

5. [Lire uliima vitae tempora : ci-dessus, ibid.] 

6. [Lire de hoc seculo : ci-dessus, ibid.\ 



314 QUESTIONS MÉROVINGIENNES. 

ter consentientes pertracLavimus de Dei misericordia pro remedium 
animae nostrae et remissionem peccatorum nostrorum, ut çternam^ 
in futurum apud Dominum consequi mereamur, ut^ aliqua cel- 
lula ac raonasterium in terraturium sanctae Mariae Dei^ genltricis 
et •* Domini nostri Ihesu Xpisti vel sanctorum apostolorum Pétri et 
Pauli construereac çdifîcare deberemus, quod ila et fecimus^ : quem 
apud domno ac venerabile sede apostolico Innocenti Cçnojnannicç 
f^cclesiae presule deprecavimus una cum sancta congregatione m ipsa 
urbç consistentes, ut per beneficium, nobis concederet de rébus san- 
ctae Mariae vel sanctorum martyrum Gervasii et Prothasii, per 
licentiam jamdicti pontifias construere dcbeamus, et*' omnes res 
nostras atque mancipia quem ex légitima successione nobis obvene- 
rint, lotum et ad integrum ad jamdictum monasterium per hoc testa- 
menlum conditionis tradidimus atque confirmavimus, et post nostrum 
discessum jamdiclu aecclesia sanctae Mariae et sancti Gervasii 
et Prothasii Cçnomannis civitate construcla vel ejusdem pontifias 
heredes instituimus et eos appellare volumus. Cujus'' petitionis 
libenter animo suscepimus et concessimus eis per nostrum benefi,cium 
ipsam aream ad ipsum monasterium fnciendum et de rébus sanctae 
Mariae et sancti Gervasii et Prothasii villas duas in augmentum ad 
ipsum monasterium construendum, ut melius valeant hanc cellulam 
construere ac aedifi-care. Et dedimus inter nos fidcjussores Berhar- 
dum episcopum. et Landoetmm abbatem et Gundoinum comitem per 
libras quingentas de auro pensante, et si aliquis de nos de hac con- 
venientia se mulaverit vel retraxerit, pari suo solvere facial. Ea 
scilicet conditione ut cum otnni re emeliorata vel supraposita ad ^ 
partibus sanctae Mariae et sanctorum marttjrum Gervasii et Pro- 
thasii Cenomannis civitate vel ejusdem pontificis ipsum monaste- 
rium cum omnes res ad se pertinentes vel aspicientes. tam illas quas 
nos ad ipsum sanctum locum tradidimus atque confirmavimus quam 
et illas quae de rébus vestris per vestrum beneficium a vobis accepi- 
mus, absque^ ullius judicis consignai ione aut heredum nostrorum 

1. [Correction indiquée dans l'interligne : veniatti. Voir ci-dessus, p. 21.] 

2. [Sur ce qui suit, voir ci-dessus, p. 30-31.] 
3 et 4. [Un deleatur interlinéaire.] 

5. [Au-dessous des italiques qui suivent : « emprunté de la précaire Pard., I, 
94. » Sur ce qui suit, voir ci-dessus, p. 24 et 25.] 

6. [Sur le morceau suivant, voir ci-dessus, p. 23.] 

7. [Sur ce passage, voir ci-dessus, p. 24-25.] 

8. [Sur le morceau suivant, voir ci-dessus, p. 23-24.] 

9. [En marge de cette phrase : « Zeunier 138. »] 



VII. — LES ACTES DES EVÊQUES DO MANS. 345 

contradictione cum omni iniegritaie in vestram faciatis revocare 
potestatem vel dominât ionetn. Et ' censivimus annis singulis ad 
festivitatem sancti Gervasii et Prothasii, quod est XIH kl. julias, 
de argento libra I transsolvere faciamus, et ^ post nostrum Deo 
jîtbente de hac luce discessum, sicut superius insertum est, vos aut 
redores, présides, successoresque vestros in vestram faciatis revocare 
potestatem vel dominationem, ea^ scilicet ratione atqiie preLexto ut 
reiii[o]ta'' pontificis simulque çcclesiasticorum omnium ponlificalium 
seu publicorum omnium potestate, privandas nullas functiones 
vel exactiones neque exquisita et lauda convivia, neque graliosa 
vel insidiosa munuscula, neque etiam caballomm paslus alque 
parvereda vel angaria, aut in quodcumque functiones titulum judi- 
ciaria potestate dici potest de ipsa facultale penitus non requiratur, 
sed^ sub intégra emunitate facultaticula sicut a nobis hucusque 
possessa est, in jure oratorio sanctae Mariae et predietorum san- 
ctorum apostolorum sub jure et potestate et dominatione sanctae 
Mariae matris Domini nostri Ihesu Xpisti vel sanctorum martij- 
rum Gervasii et Prothasii et eorum rectoribus atque pontificis debeat 
Deo protegente et opilulante consistere, Licet in cessionibus adnecti 
non sit necesse, sed nobis pro omni firmitate placuit inserendum. Si 
quis vero, quod futurum esse non credimus, nos ipsi, quod absit, 
aut aliquis de heredibus vel proheredibus nostris seu qualibet per- 
sona calliditate commotus aut cupiditate proventus, uUo um- 
quam tempore comprehensam *' epistolam cessionis nostrae, quam 
propter nomen Domini et veneratione ipsius sancti loci spontanea 
voluntate fieri decrevimus, venire aut aliquid agere voluerit aut ter- 
giversator extiterit, anathema sit, et tam qui fecerit quam qui 
faciendo consenserit anathema sit et cum suprascriptos sanctos ante 
tribunal Xpisti deducat rationes, insuper inférât juxta poenas 
secuii cum cogente fisco partibus ipsius çcclesiae vel eorum rectori- 
bus auri libras quingentas, argentum pondéra mille transsolvere 
faciat, et quod repetit nuUatenus valeat vindicare, sed presens 
cessio atque volunlas nostra omni tempore inviolata permaneat cum 
stipulalione subnixa. Et^ ut haec cessio firmior habeatur et invio- 

1. [Sur ce qui suit, voir ci-dessus, p. 26. J 

2. [Sur ce qui suit, voir ci-dessus, p. 24.] 

3. [Sur le passage suivant, voir ci-dessus, p. 22-23.] 

4. [Correction pour rem data. Voir ci-dessus, p. 22. | 

5. [Sur le passage suivant, voir ci-dessus, p. 24.] 

6. [Correction indiquée dans l'interligne : contra presentem.] 

7. [Sur ce passage, voir ci-dessus, p. 31.] 



3^6 



QUESTIONS MEROVINGIENNES. 



labiliter conservelur, manus nostras subter firmavimus^ et alio- 
rum bonorura virorum decrevimus roborari. 

Actum Genomannis civitate publica. Data V non. mai. anno II 
régnante Childeberto rege ^. 

Signum Haregarii. 

Signum Trudane uxore ipsius. 

Signum Tenestina filia ejus Deo sacrata, unanimiter consentientes, 
qui hanc cessionem vel donationem a nobis facta fieri vel roborari 
decrevimus. 

Ego ^ Innocens acsi indignus peccator episcopus a me facta sub- 
scripsi. 

In Xpisti nomine Landolenus indignus episcopus subscripsi. 

Ego Magnolenus acsi peccator episcopus subscripsi. 

Winimundus licet indignus episcopus subscripsi. 

Odolmarus quamvis indignus episcopus subscripsi. 

Abbo misericordia Xpisti episcopus subscripsi. 

In nomine Domini Hildemannus indignus episcopus subscripsi. 

Frotfridus indignus episcopus subscripsi. 

Signum Gundolini comité. 

Signum Ostremundi comité. 

Signum Winitmarci comité. 

Signum Gunduini comité. 

In Xpisti nomine Berhardus indignus episcopus subscripsi. 

Ego Landolenus abbas .subscripsi. 

Signum Adalwini vicecomite. 

Signum Ostruini. 

Signum Uilderici. 

Signum liichardi. 

Signum Emmoni. 

Herihardus subscripsi. 

Signum Inghilgarii. 

Signum Winitmari. 

Ego Winitmundus scripsi et subscripsi^. 



â 



1. [Correction indiquée dans l'interligne : subscriptionibus : voir ci-dessus, 
p. 31.1 

2. [Sur cette date, voir ci-dessus, p. 33.] 

3. [Sur cette souscription et les suivantes, voir ci-dessus, p. 31-32.] 

4. [Le mol subscripsi est figuré par la dernière note tironiennc dont le fac- 
similé est ci-dessus, p. 313.] 



VII. — LES ACTES DES ÉVÊQUES DU MANS. 347 

[V.] 

Domino^ sanctoac venerabile sede apostolico Innocente Cenoman- 
nicç aecclesiç presule una cum sancta congregatione ex ipsa urbe 
consistenles, ego ^ in Dei nomine Tenestina Deo sacrata, filia quon- 
dam Haregario et Trudanç, p[re]catrix2 a vobis accedo. Dum et mea 
fuit petitio et vestra deerevit voluntas, ut illud raonasteriolum 
quod •* aedificare coeperat pater meus et mater mea, in honore san- 
ctae Dei genitricis Mariae et sanctorum apostolorum, et itnperfectum 
dimiserunt, quod est situm in terraturio sanctae Mariae vel sancto- 
rum martyrum Gervasii et Prothasii, juxla murum Genomannis 
civilate, supra fluvium Sartae, quem genitor meus apud vos et ve- 
stram congregationem deprecatus fuit ut eisper beneficium licentiam 
dédissent in ipsam aream monasterium facere, et jamdictus genitor 
meus ipsam de rébus suis propriis hereditariis incipit construere vel 
aedificare, vel quantum de suis propriis rébus habuit totum ad jam- 
dictum monasteriolum per strumenta cartarum legilms confirmavit 
atque delegavit, sub jure et potestateac dominatione sanctae Mariae 
vel sanctorum martyrum Gervasii et Prothasii, vel ejusdem pre- 
suies ut quod pontificis instituit atque heredes appellavit. Et pro 
hac causa ego jamdictus pontifex una cum sancta congregatione 
ibidem consistenles^ per hanc prçcariam tibi ipsum incçptwn mona- 
steriolum una cum ipsas res ad se pertinentes vel aspicientes, tam 
illas quem nos de rébus sanctae Mariae vel sancti Gervasii et Pro- 
thasii in augmentum ad presenti loco construendum per beneficium 
condonavimus, que et illas quem genitor vel genitrix mea per stru- 
menta cartarum ibidem legibus tradidero atque confirma vero^, tem- 
pore vitae meae ad usufructuario ordine per vestrum beneficium 
tenere "^Qvmittimus. Et^ censivimw^ vobis annis singulis ad festivi- 
tatem sancti Gervasii et Prothasii, quod est xiii kl. julias, vestitos 
duos et cappas duas episcopales et de argento libra i Iranssolvere 
facias, et si negligens aut tarda de ipso censo apparuerw, fidem 

1. [Sur les premières lignes, voir ci-dessus, p. 25.] 

2. [Sur ego, vos, etc., dans ce morceau, voir ci-dessus, p. 27.] 

3. [Corr. pour peccatrix : voir ci-dessus, p. 25.] 

4. [Sur ce passage, voir ci-dessus, p. 29.] 

5. [Sur ce passage, et sur tradidero atque confirmavero, voir ci-dessus, 
p. 29.] 

6. [Sur ce qui suit, voir ci-dessus, p. 26.] 



I 



3^8 QUESTIONS MÉROVINGIENNES. 

exinde facias et ipsum incoeptum monasteriolum tempore vitae tuae 
perdere non debe«s. Et alicubi nec vendere nec donare nec alienare 
pontificium non habe«5, nisi sub jure et potestate ac dominatione 
sanctae Mariae vel sanctorum martyrum Gervasii et Prothasii per- 
maneanl. Et post iuum quoque Deo jubente de hac luce discessum, 
absque [ujllius^ judicis consignatione aut heredum nostrorum 
contradictione, jamdictum incoeptum monasteriolum cum omni 
integritate vel res ad se pertinentes vel aspicientes in vestram facia- 
tis revocare potestatem vel dominationem. Et^ ut haec precariç uno 
tenore conscripta, una que in thesauro sancti Gervasii et Prothasii 
recondita sit et alia quam ego Tenestina Deo sacrata a vobis acce- 
pero, firmam obtineant vigorem, manus nostras proprias subterfir- 
mavimus^ et bonorum virorurn decrevimus roborare. 

Actum Genomannis civitate publica. Data v kl. mai[.] anno XIII 
régnante Childeberto rege''. | 

Ego^ Innocens episcopus hanc precariam a me factam subs. 'j- 

Hildemannus abbas subs. I; 

Rotfredus archipresbiter subs. '■ 

Elenus indignus presbiter subs. " 

Bodolenus presbiter subs. 

Haregaudus diaconus subs. 

Bernaricus diac. subs. ^ 

Odilo presbiter subs. 

Atto diaconus subs. 

Godiscalcus abbas subs. 

Winitmundus levita subs. 

Ostremundus presbiter subs. 

Eurenus subdiaconus subs. 

Winegaudus diaconus subs. 

Berto presbiter subs. 

Signum Haregaudo advocato. 

Signum Bernardo vicecomite. 

Signum Winetmarco. 

Signum Ermuino. 

Signum Jonam. 

1. [Corr. pour illius.] 

2. [Sur ce qui suit, voir ci-dessus, p. 31.] 

3. [Corr. indiquée dans i'iaterligae : subscripiionibus /voir ci-dessus, p. 31.] 

4. [Sur ceUe date, voir ci-dessus, p. 33.] 

5. [Sur celte souscription et les suivantes, voir ci-dessus, p. 31-32.] 



VII. — LES ACTES DES ÉVÊQDES DP MANS. 3^9 

Signum Turpingo. 
Signum Ostrevini. 
Signum Hagenoni. 
Signum Gauzivinus. 
Serulus presbiter subs. 
Signum Inghilmarus, 
Godalmandus levita subs. 

Ego Ledevaldus notarius hanc precariam precipiente InnocenU 
episcopo scripsi et subscripsi''. 

[VI.] 

AIGLIBERTI PBO S. 3IAniA DE DECIMIS. 

Genuinum. 

692, juin 9 feria III. 

[Voir ci-dessus, p. 36.] 
God. Genom. 224, fol. 63 r». 

In Dei nomine Aiglibertus episcopus in Xpisto sanctç aecclesiç 
filiis hominibus agentibus vel missis discurrentibus de villis sanct§ 
aecclesiç de Media Quinta, Trition, Alnetum, Detas, Longa Aqua, 
Lucduno, Geneda, medietale de Tredente et Vithlena et Tauriniaco-. 
Gognoscalis quod nos concessimus monaslerlo sanctç Mariç, ubi 
Deo sacrata Ada abbatissa preesse videtur, omnes décimas de supra- 
scriptis villulis, lam de annonis cum agrario, vinum, fenum, omnium 
pecuh"um seu furmatico vel undequç décimas redebetur totum et ad 
integrum ad ipso monasterio censimus, et jubemus ut absque ulla 
dilatione ad missos ipsius dare faciatis, et ut diximus ipsam deci- 
mam omni tempore ipsi monasterio habeat concessum, et ut certius 
credalis manu nostra subter firmavimus. Datum dies novem quod 
fecit mensis^ jul. in ann. II regni domni nostri Ghlodovei régis. 

In Xpisli nomine Aiglibertus acsi peccator episcopus subscripsi. 

1. [Dans un cartouche : not. tir.] 

2. [Identifications ci-dessus, p. 37.] 

3. [Dans l'interligne : ms\] 



320 



QUESTIONS MEROVINGIENNES. 



[VII-VIIP.] 



AIGLIBERTI PRO S. MARIA. 



[Voir ci-dessus, p. 36 et suiv.] 



[VII.] 

700, junio [? Voir ci -dessus, 

p. 42-43.] 

God. Cenom. 224, fol. 61. 

In nomine domini nostri Ihe- 
su Xpisti, dilectissime propinquç 
nostrç Adrehilde abbalisse, Ai- 
gliberlus Genomannice urbis acsi 
indignus episcopus. 

Qui pro limore alque divine 
amore seu et reverenlia sancte 
Dei genilricis Marie, una cum 
clericis fratribus et consacerdoti- 
bus ac sororibus et sanctimonia- 
libus nostris consensum preben- 
tibus, convenit nobis ut in basi- 
lica sanetç Dei genitricis Mariç, 
ubi predictam propinquam no- 
slrarn Adrehildam abbatissam 
nostra benivolenlia et largitione 
divina et virginali sive abbatis- 
sali benedictione consliluimus, 
et cum consensu ut diximus aec- 
clesi<^ nostrc^ consacerdotum ca- 
nonicorum sancte Dei genitricis 
Marie, et sanctorum martirum 
Gervasii et Prothasii, ad quo- 
rum aecclesiam ipsa cella sanctç 
Marie quç est construcla intra 



[VIII.] 

6S3 junio. 
God. Cenom. 224, fol. 63 v. 

[I]n nomine domini nostri Ihe- 
su Xpisti, dilectissime propinquç 
nostrç Adrehilde abbatisse, Ai- 
glibertus Genomannice urbis acsi 
indignus episcopus. 

Qui pro timoré atque divino 
amore seu reverentia sanctç Dei 
genitricis Marie, una cum ceteris 
fratribus et consacerdotibus ac 
sororibus atque sanctimonialibus 
nostris consensum prebentibus, 
convenit nobis in basilica sancte 
Dei genitricis Marie, ubi predi- 
ctam propinquam nostram Adre- 
hildam abbatissam nostra beni- 
volenlia et largitione atque divina 
et virginali sive abbatissali bene- 
dictione cum constituimus cum 
consensu ut diximus aecclesiç 
nostre consacerdotum canonico- 
rum sanctç Dei genitricis Marie 
atque sanctorum martirum Ger- 
vasii et Prothasii, ad quorum 
aecclesia ipsa cella sanctç Mariç 
quç est constructa intra fluvium 



1. [Dans le manuscrit de M. Julien Havel, les deux textes ci-dessous pré- 
sentent des traits et crochets au crayon encadrant certains i)assages : il n'a pas 
été possible de tenir compte de ces signes, qui n'étaient peut-être que des points 
de repère pour lui-même.] 



vil. — LES ACTES DES EVEQUES DU MANS. 



32] 



fluvium Sarle eL murum civitatis 
reddi debeanl institula servare, 
ut dum illius sanctç Dei geni- 
tricis Marie sit voluntas, si hu- 
miles ac dévoie ibi consistant 
sanclemoniales sub régula de- 
gentes quç et suam prius dirigant 
conscientiam et loci illius dele- 
ctabilem facianthabitationem, in 
quo et nostra merces communis 
adcrescat, et laus Domini de- 
vote percurret. Goncedimus ergo 
hoc in presenti inscriptione ad 
sanctimoniales spiritales ad père- 
grinas seu peregrinorum ac pau- 
perorum usuni, qui propterDeum 
sua dercliquçrunt loca vel sub- 
stantiam, ut in predicto mona- 
sterio sanctç Dei genitricis Marie, 
quod ad amorem aecclesiç Geno- 
mannice urbis cui preesse ac 
prodesse debeo juste et legaliter 
pertinet, et sub dominatione pon- 
lificum ac ministrorum suoruni, 
reddibitiones et censa onerosa ex 
ipso monasterio ad predictam 
lïiatrem aecclesiam persolvuntur, 
sicut ab insli^'^toribus 2 et ditato- 
ribus ac fundatoribus ipsius mo- 
nasterii et a predecessoribus 
pontiflcibus hujus urbis dudum 
constitulum est, actenus persol- 
vuntur, leviora et faciliora esse 
volumus, in qua etiam cella 
pdicta^ consanguineam nostram 
Adrehildem venerabilem abba- 
tissam constituimus cum consen- 



Sarte et murum civitatis reddit 
debeant institula servare * , et con- 
tidimus ut dum illius sancte Dei 
genitricis Marie sit voluntas, si 
humiles ac dévote ibi consistant 
sanclemoniales sub régula de- 
gentes quç et suam prius diri- 
gant conscientiam et loci illius 
delectabilcm facianl babitatio- 
nem, in quo et nostra merces 
communis adcrescat, et laus Do- 
mini dévote percurrat. Goncedi- 
mus ergo hoc in presenti inscri- 
ptione ad sanctimoniales spi ri taies 
vel peregrinas seu peregrinorum 
ac pauperum usum, qui propler 
Deum dereliquçrunt sua loca vel 
subslantiam, ut in predicto mo- 
nasterio sanctç Dei genitricis 
Mariç, quod ad matrem aeccle- 
siam Genomannice urbis cui 
preesse ac prodesse debeo juste 
et legaliter pertinet, et sub domi- 
natione pontificum ac ministro- 
rum suorum, reddibitiones et 
censa onerosa ex ipso monasterio 
ad predictam matrem aecclesiam 
persolvuntur, sicut ab insti'"to- 
ribus- et dictatoribus ac funda- 
toribus ipsius monasterii et a 
predecessoribus nostris pontifici- 
bus hujus urbis dudum constitu- 
lum est, actenus persolvuntur, 
leviora et faciliora esse volumus, 
in qua etiam cellam predictam 
consanguineam nostram Adre- 
hildem venerabilem abbatissam 
preesse constituimus cum con- 



1. ["instituta seruare "debeant, avec signes d'interversion. 

2. Sic [dans l'un et l'autre document]. 

3. Sic. 

^894 



24 



322 



QUESTIONS MEROVINGIENNES. 



SU sacerdotum nostrorum ut et 
ibi in Xpisti nomine predicta ab- 
batissa consanguinea nostra at- 
que celere sanclemoniales tam 
infra urbem quam et secus juxta 
ecclesiam predictam sanctç Dei 
genitricis Marie secundum regu- 
lam et nunc quando idem vivere 
debeant, et quandocumque eis 
abbatissa predicta sive alia de- 
functa fuerit cum consensu et 
institutione jamdicte urbis epi- 
seopi eligant aliam quam utilio- 
rem ex semet ipsis ad suas ani- 
mandas conservandas et regendas 
a Deo opitulante salvandas inve- 
nerint. Et ita nunc tam eam quam 
et alias quç preesse vise fuerint 
seu ipse sanctimoniales ibi sub 
régula degentes commonemus ut, 
sicut reliqua monasteria régula 
quç sub ordine régule retins de- 
gunt, simili ter et predictum cc- 
nobium sanctimonialium sub po- 
testate et regimine prefate urbis 
episcopi degunt\ et regulam in 
eo Omnipotens conservet, et nos 
taliter vos vel vestros quicumque 
illius aecclesit^ sint exauctores 
omnino commonemus ut non a 
vobis onerosa aut aliqua gravia 
injuncta a prcfixo locello requi- 
rantur, sed opéra vestimentorum 
atque quç ad sanctimoniales per- 
tinet faciendum vel vestimenta 
aecclesiastica aut pontilîcialia la- 
vanda vel restauranda dcbent 
faccrc studeant, ut régula san- 



sensu sacerdotum nostrorum ut 
et ibi in Xpisti nomine predicta 
abbatissa consanguinea nostra 
atque cetere sanctemoniales tam 
infra urbem quam et secus juxta 
aecclesiam predicte sancte Dei 
genitricis Marie secundum regu- 
lam et nunc et quandoquidem 
vivere debeant, et quandocumque 
eis abbatissa predicta sive alia 
defuncta fuerit cum consensu et 
institutione jamdicte urbis epi- 
scopi eligant alteram qualem uti- 
liorem ex semet ipsis ad suas 
animas conservandas et regendas 
ac Deo opitulante salvandas in- 
venerint. Et ita nunc tam eam 
quam et alias quç preesse inse 
fuerint seu ipsas sanctemoniales 
in ibi sub régula degentes com- 
monemus ut, sicut reliqua mo- 
nasteria quç sub ordine régule 
rectius degunt, similiter et pre- 
dictum cenobium sanctimonia- 
lium sub potestate et regimine 
prefale urbis episcopi degat< et 
régula in eo omni tempore con- 
servetur, et nos taliter vos vel 
vestros quicumque ipsius aeccle- 
siç sint cxactoris omnino com- 
monemus et non a vobis onerosa 
censa aut aliqua gravia injuncta 
a prefixo locello requirantur, sed 
opéra vestimentorum atque alia 
quç ad sanctimoniales pertinet 
faciendum vel vestimenta aeccle- 
siastica sive pontificalia lavanda 
vel restauranda libenter facere 
studeant, ut régula sanctiraonia- 



1. [Correction clans l'interligne, applicable aux deux textes, qui dans le manus- 
crit de M. Julien Ilavet sont disposés parallèlement : regant.] 



VII. — LES ACTES DES EVEQDES DU MANS. 



323 



ctimonialium propter censa vel 
exacta gravia pontificum vel mi- 
nistrorum suorum inibi non 
negligetur, sed ut a nobis con- 
slitutum est, ita omni tempore 
conservetur. Et posteros nostros 
qui in ordine pontificum in bac 
sede futuri sunt bumiliter postu- 
lamus ut quod a nobis statutum 
est ab illis non violetur, et sicut 
institutiones eorum conservatas 
esse voluerint, ita et nostra con- 
servent, ut liceat ibidem consti- 
tutis sanctimonialibus sub sancto 
ordine et sub régula conversare 

et pro nobis vel omni populo 
Domini misericordiam exorare. 

Et ut hic scriptus ad invicem 
privilegii futuris temporibus ha- 
beatur, Monemus ut sanctum or- 
dinem custodiant et omni tem- 
pore sanctç et regulariter in Dei 
nomine inibi resideant et assidue 
lectionibus vel sanctis meditatio- 
nibus et orationibus vacent. Ro- 
gamus ^ ergo ac contestamus co- 
ram Deo et angelis ejus omnes 
reges, principes, potestates, do- 
minationes, consules, proceres 
sive comités atque cunctos po- 
tentes et nobiles seu procurato- 
res ut hoc privilegium a nobis 
consensura per eorum ac consa- 
cerdotum nostrorum factum non 
frangant neque corrumpant aut 
quomodo violent seu deluterent 
aut in aliquo modo corrumpant, 
sed ut sanctemoniales in predi- 
cto loco seu cenobio in amore Do- 



lium propter censa vel exacla 
gravia pontificum vel ministro- 
rum suorum inibi non neglegan- 
tur, sed ut a nobis constitutum 
est, ita omni tempore conserve- 
tur. Et posteros nostros qui in 
ordine pontificum in hac sede 
futuri sunt bumiliter postulamus 
ut quod a nobis statutum est 
ab illis non volvetur, et sicut 
institutiones eorum conservatas 
essç voluerint, ita et nostras 
conservent, ut liceat ibidem 
constitutis sanctimonialibus sub 
sancto ordine et sub régula con- 
versare et pro nobis vel omni 
populo Domini misericordiam 
exorare. Et ut hic scriptus ad 
vicem privilegii futuris tempori- 
bus habeatur, monemus ut san- 
ctum ordinem custodiant et omni 
tempore sanctç et regulariter in 
Dei nomine inibi resideant et 
assidue lectionibus vel sanctis 
meditationibus et orationibus va- 
cent. Rogamus^ ergo ac conte- 
stamus coram Deo et angelis ejus 
omnes reges, principes, potesta- 
tes, dominationes, consules, pro- 
ceres sive comités atque cunctos 
potentes et nobiles seu procura- 
tores ut hoc privilegium a nobis 
per consensura episcoporum ac 
consacerdotum nostrorum factum 
non frangant neque corrum- 
pent aut quomodo violent seu 
deluderent aut in aliquo modo 
corrumpant, sed ut sanctemo- 
niales in predicto loco seu ceno- 
bio in amore Domini nostri Ihesu 



1. [Sur celle formule, voir ci-dessus, p. 38, n. 2.] 



324 



QUESTIONS MEROVINGIENNES. 



mini nostri Ihesu Xpisli et san- XpisLi et sancte Dei genitricis 

de Dei genitricis Marie quiète et Marie quiète ac regulariler abs- 

regulariter absque ulla vexatione que uUa vexatione aut marri- 

aut raarritione securiter sancte tione secure et sanctç vivere per- 

viverc perraittanl. mittant. 



Actum Cenomannis civitate in 
mense junio ann. VI regni do- 
mni nostri Hildeberti gloriosissi- 
mi régis. 

In Xpisti nomine Aiglibertus 
acsi peccator episcopus subscripsi. 

Thaiusius abbas subscripsi. 

Sarromalus subscripsi. 

Ursus nomine non opère pre- 
sbiter subscripsi. 

In Xpisti nomine Bertoaldus 
abbas subscripsi. 

In Xpisti nomine Lundulfus 
archidiaconus subscripsi. 

Demicione diaconus subscripsi. 

Maurentinus jubenle domino 
meo subscripsi. 

Ego Bertigeselus peccator ju- 
bente domino meo scripsi et sub- 
scripsi. 



Unde< domnorum episcopo- 
rum et metropolitanorum artium 
sedes tenentium sufTragia possi- 
mus ut adhibeant mercedem et 
hoc sanctum privilegium cum 
societate beatitudinis et consen- 
tire atque adfirmare una nobis- 
cum non dedignentur. 

Iterum vos domnos pontifîces 
humiiiter dcprecor ut hoc privi- 
legium a me factum vestris ma- 
nibus roborare et subscribere 
caritatis causa atque benivolen- 
tia dignemini. In Xpisti nomine 



1. [Sur celte clause, voir ci-dessus, p. 39. J 



VII. — LES ACTES DES ÉVÊQUES DU MANS. 325 

Aiglibertus acsi peccator episco- 
pus hoc privilegium devoUssime 
a me factum libenter subscripsi. 

Hilbertus ' etsi peccator episco- 
pus hoc privilegium subscripsi. 

Landebertus gratia Dei episco- 
pus hoc privilegium subscripsi. 

In Xpisti nomine Landebertus 
acsi peccator episcopus hoc pri- 
vilegium subscripsi. 

In Xpisti nomine Blidramnus 
acsi peccator episcopus hoc pri- 
vilegium subscripsi. 

Gosenus peccator episcopus 
hoc privilegium subscripsi. 

In Dei nomine Prothasius acsi 
peccator episcopus hoc privile- 
gium subscripsi. 

In Xpisti nomine Datbertus 
acsi peccator episcopus hoc pri- 
vilegium subscripsi. 

Opidus acsi peccator episcopus 
hoc privilegium subscripsi. 

In Xpisti nomine Herlingus 
acsi peccator episcopus hoc pri- 
vilegium subscripsi. 

In Xpisti nomine Berarius acsi 
peccator episcopus subscripsi. 

In Xpisti nomine Aiglibertus 
acsi peccator episcopus hoc pri- 
vilegio subscripsi. 

In Xpisti nomine Aclaldus 
acsi peccator episcopus sub- 
scripsi. 

Rigobertus peccator episcopus 
hoc privilegium subscripsi. 

In Xpisti nomine Adalbertus 
peccator episcopus hoc privile- 
gium subscripsi. 

Abbo misericordia Dei episco- 
pus subscripsi. 

1. [Sur celle souscriplion et les suivantes, voir ci-dessus, p. 40.] 



326 QDESTIO-NS MÉROVINGIENNES. 

In Xpisti nomine Hermenarius 



13 



peccalor episcopus subscripsi. 

In Xpisti nomine Vindilianus 
acsi peccator episcopus hoc pri- 
vilegium subscripsi. 

In Xpisti nomine Burgoardus 
acsi peccator episcopus hoc pri- 
vilegium subscripsi. 

In Xpisti nomine Aquilinus 
acsi peccator episcopus hoc pri- 
vilegium subscripsi. 

Theodefredus acsi peccator 
episcopus hoc privilegium sub- 
scripsi. 

In Xpisti nomine Frambertus 
episcopus hoc privilegium sub- 
scripsi. 
Ondingus episcopus subscripsi . 
Berulfus episcopus hoc privi- 
legium subscripsi. 

Hadegarius acsi peccator epi- 
scopus hoc privilegium sub- 
scripsi. 

Theodegarius acsi peccalor 
episcopus hoc privilegium sub- 
scripsi. 

In Xpisti nomine Autsmus^ 
acsi peccator episcopus sub- 
scripsi. 

In Xpisti nomine Erleharius 
acsi peccator episcopus sub- 
scripsi. 

In Dei nomine Havingis acsi 
peccator episcopus hoc privile- 
gium subscripsi. 

In Xpisti nomine CIcmens epi- 
scopus hoc privilegium sub- 
scripsi. 

In Xpisti nomine Raganteus 
acsi peccalor episcopus hoc pri- 
vilegium subscripsi. 



[Dans l'interligne : ou Autsinus. En marge : mitsm^] 



vil. — LES ACTES DES e'VÊQUES DU MANS. 327 

Hadoaldus peccator episcopus 
hoc privilegium subscripsi. 

In Dei nomine Winichariis ab- 
bas subscripsi. 

In Dei nomine Hadoindus ar- 
chidiaconus subscripsi. 

In Dei nomine Sado Xpisti liu- 
milis subscripsi. 

Actum Genomannis civitate in 
mense junio anno XI régnante 
domno Theodorico gloriosissimo 
rege. 

Ego Bodolenus emmanuensis 
subscripsi. 

[IX.] 

THEODOmCI PRO AIGLIBERTO DE S. MARIA. 

[Mercredi 5 mars 676.] 

[Voir ci-dessus, p. 44 et suiv.] 
God. Cenom. 224, fol. 63 v». 

Theodericus rex Prancorum vir illuster<. 

Si^ peticionibus sacerdotum, quod et ad eorum oportunitatem 
perlinet, libenter prestamus augmentum, regiest^ in hoc exerce- 
mus consuetudinem et hoc nobis ad laudem vel ad salutem aeternam 
et stabilitatem regni nostri in Dei nomine perlinere confidimus. 
Igitur apostolicus vir domnus AigUbertus Genomannice urbis episco- 
pus missa peticione démentie regni nostri credidit subgerendum 
ut constitutionem quam propter amorem Dei et elemosinam nosiram 
constituerai per consensum conprovincialium episcoporum sive con- 
sacerdotum ac canonicorum suorum, in^' monasterio sanctç Dei geni- 
tricis Marie quod est constructum intra ftuvium Sarte et murum 
civitatis, tam extra murum quam et infra ipsius civitatis munitio- 
nem, quod ad matrem aecclesiç sanctç Mariç et sancti Gervasii et 

1. [Lire viris inlusiribus : ci -dessus, p. 45.] 

2. (Sur cet exorde, voir ci-dessus, p. 45.] 

3. [L'autographe de M. Julien Havet donne regiest, avec s formée par relouche, 
barré et suivi d'un regiest très lisible.] 

4. [Sur ce qui suit, voir ci-dessus, p. 50.] 



328 QUESTIOJJS MEROVINGIENNES. 

Prothasii , cui preesse videtur , jure aecdesiastico pertimt , et per 
scriptionis firmitatem predecessorum suorum temporibus sub censu 
firmiter et legaliter delegatum esse cognoscitur, postulavii ut firmi- 
tatis causa nostra regali confirmetur censura. Cujus peticioni nos 
assensum preberdes et eandem suam constitutionem nostra auctori~ 
tate confirmantes hoc < preceptum fieri jussimus, et per hanc aucto- 
rltalis nostre inscriptionem percipimus ut sicut a predicto venerabili 
et apostolico vira Aigliberio Cenomannice urbis episcopo est consti- 
tutum vel sicut in ejus continetur scriptatam'^, deinceps nostris et 
futuris temporibus sub^ jure et dorninatione prefate Cenomannice 
senioris urbis aecclesi»^ sanctemonialibus inibi degentibus et paupe- 
ribus ac peregrinis stipendiarie ^, dispo7iente atque ordinante pre- 
fate urbis episcopo ac deccssoribus suis et abbatisse quam ipse sive 
successores sui in eodem monasterio constituerunt , sub^ régula exi- 
stant ac regulariter vivant et plena eis régula conservetur. Et res ad 
predictum m.onasterium pertinentes monemus ut ® neque nos neque 
successores nostri aut qualibet expelentibus vel exactoribus prefati 
regni au ferre aut alienare a jure et dorninatione jamdicte mairis 
Cenomannice urbis aecclesie aut propter benivolentiam vel leviora- 
tionem seu servicii p?-efratres domini et apostolici viri Aiglibertus 
episcopus aliqua succédât occasionem, aut qualiter' caliditate vel 
malo injenio machinetur, ut a juga prefate aecclesie ex hac nostra 
benivolentia ipsum monasteriolum auferatur vel alienatur sive aliquo 
modo subtrahatur, sed injure et potestate sepedicte matris aecclesiç 
aut pontificum inibi Deo degentium preseniibus atque futuris 
permaneat temporibus neque aliquo modo quicquam auf erre vel prê- 
ter ire présumai^ sed prefati episcopi constitutionem sicut ab illo con- 
stitulum et a nobis confirmatum est per diulurna tempora inviolabi- 
liter in augmentum sancte Dei aecclesie et inconvulse omnes reges 
et principes vel exactores regni persistere aut permanaere sive perdu- 
rare omni tempore permaneat^ . Et uthçc preceptio firmior habcalur 
vel per diulurna lempora a nobis vel a successoribus nostris in 
mclius conservetur, nostris subscriptionibus decrevimus roborare. 

1. [Sur ce qui suit, voir ci-dessus, p. 46.] 

2. [Correction indiquée dans l'interligne : script[o, éjte.] 

3. ['SiUT sub jure... aecclesiç, voir ci-dessus, p. 50.] 

4. [Sur stipendiarie^ voir ci-dessus, p. 47-49.] 

5. [Sur sub régula... conservetur, voir ci-dessus, p. 50.] 

6. [Sur ce qui suit, voir ci-dessus, p. 50.] 

7. [Correction indi(juée dans l'interligne : qualibet.] 

8. [Sur cette fin de phrase, voir ci-dessus, p. 49.] 



Vir. — LES ACTES DES e'vÉQDES DU MANS. 329 

In Xpisti nomine Theodericus rex félicitera 
Audofredus jussu subscripsi^. 

Datum quod fecit mensis mr. v ann. regni nostri III in Conpendii 
palacio noslro hu nomine^ féliciter. 

[X.] 
THEODORICI PRO AIGLIBERTO DE THUSPHIACO. 

Genuinum (v. K. Pcrtz). 

[Jeudi 6 déc. 675.] 

[Voir ci-dessus, p. 51 et suiv.] 
God. Genom. 224, fol. 62. 

Theodericus rex Francoriim vir illuster ''. 

In hoc semper regalis celsitudo débet prospicere ut quodcuraque 
contra Dei decretum vel instituta patrum fuit actum, debeat esse 
reslauratum. Ideoque ad aures clementiç nostrç fuit patefactum eo 
quod Ulphaldus et Ingobertus^ obtimates nostri illustri Deo sacrata 
Adidola abbatissa seu et génitrice sua Ingane, quç in monasterio 
puellarum, quod in honore sanctç Marie vel ceterorum domnorum 
in loco nuncupante [TJhusphiaco*' constructum, una cum turba plu- 
rima monacharum sub sancta régula conversare videntur, vel ipsa 
congregatione , tale'^ testamentura facere coegisset, ut quod- 
cumque predicti viri ad ipsas ancillas Dei facere ordinabant, aiiud 
nuUatenus pontificium faciendi haberent, nisi presentaliter in per- 
petuum ut omni terapore jussionem de qualibet causa facere et 
adimplere deberent. Etcontra vero asserebat vir apostolicus Aigli- 
bertus Genomannice urbis episcopus quod predictum monasterium 
suç sedis^ aecclesiç esse deberet, et Loppa Deo sacrata relicta vide- 
licet Egigni illud ibidem legibus tradidisset, oslendensque nobis 
strumenta cartarum, quç predicta Loppa de jamdicto monasterio 

t. [Lire subscripsi : ci-dessus, p. 45.] 

2. [Lire jussus optolit : ci-dessus, p. 46.] 

3. [Lire in Dei nomine : ci-dessus, p. 46.] 

h. [M. Julien Havet entendait certainement corriger : viris inlustribua. 
Ci-dessus, p. 45.] 

5. [Sur Ingobert, voir ci-dessus, p. 54.] 

6. chusphiaco C. [Voir ci-dessus, p. 5[.] 

7. |Sur ce qui suit, voir ci-dessus, p. 52.] 

8. [Expression suspecte : ci-dessus, p. 54.] 



330 QUESTIOÎVS MÉROVnGIEN^VES. 

Genomannice malris aecclesiç perpetualiter tenendum et aecclesia- 
stice dominandum ac possidendum fuerit^ quç et ante nos relicta- et 
adprobala a memorato Achilberto et a suis minisiris sunt legibus 
evindicata, etiam hoc ab eo et a suis ministris^ legibus adprobatum, 
in conspectu nostro et procerum ac fidelium nostrorum, quod 
jamdictum monasterium in jus et potestatem suç seclis'' aecclesiç 
presentibus et futuris temporibus juste ac legibus debeat perma- 
nere. Quam ob causam"peciit clementiam nostram memoratus pon- 
tifex ut quod tam manifestis indiciis declaratur, nostra assensione 
immo actoritate rôboretur^, cujus peticionibus pro amore Dei et 
ejusdem sancti loci aurera accommodamus, et banc preceptionem 
eis suisque per tempora successoribus , jamdicte sanctç congre- 
gationis fieri ac dari jussimus, ut firraius futuris temporibus omni 
scilicet remola questione tam predictorum virorum quam et cujus- 
libet persone memorata Cenomannica înater aecclesia ^, quç est con- 
structa et dedicata in honore sancte Marie et postea inmajorata in 
sanctorum martirum Gervasii et Prothasii'', ejusque pontifices atque 
rectores, sepedictmn^ monasterium cum otnnibus ad se pertinentibus 
vel aspitientibus tenere et aecdesiastice valeatper tempora ^o55^■c?ewc?o 
gubernare. Sed dum nosunacum consensu pontiflcum vel optima- 
tum nostrorum, quod hçc causa vel ipsa caria contra Dei decretum vel 
institutapatrumaut normam régule ferat actum, dum sub ditione et 
regimine predicti pontificis^^ cui jamdictum monasterium ut pre- 
scriptum est et suç sedis^^ aecclesiç legibus pertinet, quod et a nobis 
enucleatum^^ est perscrulandum^-^ et préfixe monache^^ quiète in ipso 
tnonasterio vel predicta congregatione sub polestate et dominatione 
antedicti pontificis^^ degere debeant, ideoque presenti preceptione 
decernimus, et omnino jubemus, ut si ullo umquam tempore 

1. [Correction indiquée dans l'interligne : \ec\. C'est-à-dire fecerit.] 

2. [Correction indiquée dans l'interligne : [e]. Relecta.] 

3. [En marge : « et suis ministris » interpolationem olet.j 

4. [Ci-dessus, p. 329, n. 8.] 

5. [Sur cette faute de prosodie, voir Bibl. de l'Éc. des ch., 1893, p. 643, n. 2.] 

6. [Expression suspecte : ci-dessus, p. 54.] 

7. [Suspect pour le fond : ci-dessus, p. 54. J 

8. [Expression suspecte : ci-dessus, p. 54.] 

9. [Suspect pour le fond : ci-dessus, p. 54. | 

10. [Ci-dessus, p. 329, n, 8.] 

11. [Correction indiquée dans l'interligne : [i\. Enucleatim. Ci-dessus, p. 54.] 

12. [Lire perscrutatum. Ci-dessus, p. 54.] 

13. [Expression suspecte : ci-dessus, p. 53-54. J 

14. [Suspect pour le fond : ci-dessus, p. 54. J 



Vir. — LES ACTES DES e'VÊQUES DD MANS. 331 

ipsa carta aut alius qualiscunque strumentus, de nomine predi- 
clorum viroriim, contra predictum pontificem vel ejus abbalissa 
nomine Odilane vel génitrice sua Ingane vel [ipsara congregationem 
predicti monasterii proferebantur, vacuas et inanis permanirent et 
nullum sortirentur effecturn, sed predicta abbatissa veH] ipsa 
congregatio orani tempore absquecujuslibet impedimento vel supra- 
dictorum virorum , quietas in ipso raonasterio sito in pago Genoman- 
nico Chusphiaco^ constructo debeant residere, vel sub sancta 
régula ibidem conversare, et pro statu aecclesiç et sainte patrie 
seu pro stabilitate regni nostri perhenniter ibidem debeant exorare. 
Et ut hçc auctoritas firmior habeatur, et in omnibus et ab omni- 
bus conservetur, manus nostre subscriptionibus subter eam decre- 
vimus roborare. 

In Xpisti nomine Theodericus rex subscripsi. 

Gundinus jussus obtulit et subscripsit^. 

Datum quod fecit mense decbr. d. vi ann. III regni nostri Gom- 
pendio in palacio nostro in Dei nomine féliciter amen. 

[XL] 
BERARll PRO HËRLEMUNDO DE CALADUNNO\ 

Genuinum. 

740 octobr. 2\ fer. III. 

[Voir ci-dessus, p. 54 et suiv.] 
God. Cenom. 224, fol. 66 r. 

In nomine Patris et Filii et Spiritus sancti. 

Cum divinitate propicia dono Dei acsi indignus ego Berarius ^ 

1. [Bourdon du copiste. Sur la partie de texte rétablie entre crochets, voir 
ci-dessus, p. 53.] 

2. jLire Thusphiaco : ci-dessus, p. 51, 53.] 

3. [Supprimer et subscripsit : ci-dessus, p. 54.] 

4. [Autre tilre rédigé par M. Julien Havet, mais, à ce qu'il semble, antérieu- 
rement : Berarii [episcopi Redonensis] pro Chrodegario et Herlemundo epi- 
scopo de Caladunno. — La copie de cette pièce est précédée des extraits sui- 
vants : « 224, fol. 66 r° : Exemplar testanienti quod Berarius nobilis Cenomannice 
urbis episcopus de monasteriolo Caledon sancte Cenomannice matris aecclesiç 
suo in tempore fecit, quod ideo in bis gestis pontificalibus inserere placuit... » 
« 224, fol. 65 v°, col. 2, dernières lignes : Amen. In fine itaque bujus parve 
ejus comraemorationis id est Herlemundi predicti episcopi in comparatione 
magnorum quÇ egit. (Aucun signe matériel de lacune.) »] 

5. [Sur Berarius, probablement évéquc de Rennes, voir ci-dessus, p. 55-57.] 



332 QUESTIONS MEROVINGIENNES. 

vocor episcopus, deliberavi ut quicquid michi Deus tam de propria 
parentum substantia quam et nostra utiliter conquirere vel attrahere 
usque nunc potuimus, aut inantea auxiliante Deo attrahere potueri- 
mus, unde testamentum et^ Caladunno^ monasterio, quod nostro 
opère aedificavimus , de omnibus rebus nostris, quod est in pago 
Genomannico consLruclum in condita Diablentica in honore sancte 
Marie et sancti Pétri constructum, ubi Gagliberta abbatissa preesse 
videtur, prope^ illas abbatias vel bénéficia quç de ratione sancti Ger- 
vasii in beneficio habeamus-', hoc sunt Busogilo monasterio cura 
appendiciis suis, Prisco Siccino monasterio, Diablentis^ illo mona- 
sterio sancti Martini, et cclla sancti Victuri^ quç est infra murum 
Cenomannis civitate constructa, hçc loca superius nominata cum 
omnibus adjacentiis vel appendiciis earura et aha loca quç pro bene- 
ficio aecclesie tenemus, Bisigario, Patriniaco et Munto, sicut diximus, 
propter ista loca que ad Galadunno non firmavimus, nos quoque 
omnibus rebus nostris hoc plena et intégra voluntate ad monaste- 
rium prefatum ad Galadunno ejusque congregationi in Dei nomine 
consistent! firmavi et firmatum in perpetuum esse volo, undecumque 
nostrum testamentum loquitur vel nostra videtur esse possessio, 
ad prefatum monasterium ad Galadunno volo esse firmatum alque 
concessum. Ea ratione dum cognitum est quod vir illuster Grode- 
gario^ dux de inferendis vel undicunque juvamen nobis pres^are^ 
non cessât, vel adjutorium tam nobis quam ipsi case facit et in 
anlea facere disponit, convenit nobis ut fllia sua Godilde'' in ipso 
monasterio superius nominato pro hujus merito post discessum 
ipsius Gagliberlene instituere vel confirmare deberemus abbatissam, 
quod et ita fecimus, ut tempore vitç su*^, quamdiu ei Deus spa- 
cium dederit, secundum Deum et sanclam regulam tempore vitç 
suç in ipso monasterio abbatissa esse debeat et sub regimine ipsius 
domni Berarii quamdiu advivit et neque nos neque successores no- 
stri nec ullus quislibel quamdiu ipsa advivit de ipsa abbatia vel de 
ipso monasterio nec dismanandum nec distrabandum^*' ad hoc facien- 

1. [Correction indiquée dans l'interligne : ad.] 

2. [Sur Chàlons, voir ci-dessus, p. 57.] 

3. [Dans l'interligne : « intell, praeter. » Ci-dessus, p. 58, n. 1.] 

4. [Sur cette phrase, voir ci-dessus, p. 55.] 

5. [Jublains : ci-dessus, p. 55, 57.] 

6. [Saint-Victur au Mans : ci-dessus, p. 55.] 

7. [Sur Grodegario ou Crodegarius, voir ci-dessus, p. 58.] 

8. [La leçon du manuscrit est indiquée dans l'interligne : pr'are.\ 

9. IChrodéilde, fille de Crodégaire : ci-dessus, p. 58.] 
10. \Sic dans l'autographe de l'auteur; cf. p. 333, 1. 15. | 



VII. — LES ACTES DES e'vÊQUES DD MANS. 333 

dum non habeal pontificium. Et convenit nobis ut post nostrum 
discessum domnus Herlemundus^ aut alius pontifex Cenomannice 
ad ipsum monasterium in manu regendum vel gubernandum aut 
abbatissam post discessum memorate Ghrodeilde intromiltendo, ut 
in finem super eorum ordo custodiatur et perhenniler coiiserve- 
tur. Quia dum cognitum est quod domnus Herlemundus abba- 
tias vel benefîcialia aecclesiastica superius nominale, etlam ad 
diem presenlem nobis Canariago ad usum benefîciorum deditum- 
tanta bénéficia nobis concessit, pro hujus merito convenit nobis sicut 
superius nominatas^ diximusut ipsum monasterium Galadunno post 
nostrum discessum ipse pontifex aut successores sui ad regendum 
vel gubernandum, sicut et alia monasteria quç dum in sua parrochia 
habent privilégia, ita et in ipso habeat pontificium, ut dum advivimus 
ipsa bénéficia abbatissa'* de ipsum monasterium^ in altero manus 
non habeamus pontificium nec distrahandum nec commendandum, 
nisi sicut diximus semper sub regimen sancti Gervasii ejusque ponti- 
ficis post nostrum discessum esse debeat, ut illa bénéficia superius 
nominata quae pro beneficio domno Herlemundo vel aecclesiç suç 
vel aliorum tenemus, post nostrum discessum cum omni re imme- 
liorata absque uUius segregatione ipse pontifex aut successores sui a 
partibus aecclesiç sancti Gervasii in eorum faciant revocare domina- 
tionem vel potestatem. Et convenit nobis ut nullus ex nobis de bac 
convenientia quod superius comprehensum nullus contra pares pro 
qualibet ingeniositate articulum emutare non possit ; qui hoc fecerit 
aut contra parem suum calumpniator adsisterit, quantum et alia tan- 
tum quantum res ipsas eo tempore immelioratas vadere videntur, tam 
Çrodegarius quam et domnus Herlemundus vel domnus Berarius, qui 
contra hoc emutare voluerit, teneatur obnoxius;, et quod repetit 
nichil vindicet ; sed presentares ^ epistolas uno tenore conscriptas, 
una quam domnus Herlemundus in archa aecclesiç suç pro se retineat, 
et alia quam domnus Berarius in monasterio suo habeat, et ter- 
cia quam vir illuster Çrodegarius ad opus filiç suç Grodehilde habere 
debeat, quam vero manus eorum inter se has epistolas tam ipsi vel 
eoncivibus suis visi fuimus confirmasse. 

1. [Herlemundus, évêque du Mans : ci-dessus, p. 55, 57.J 

2. [Correction indiquée dans l'interligne : dédit vel.\ 

3. [Au-dessous de nominatas, des parenthèses destinées à enfermer une anno- 
tation qui n'a pas été écrite.) 

4. [Correction indiquée dans l'interligne : abbaiiasque.] 

5. [Ipsum monasterium. Sous chacun de ces deux mots : « corrigé en o. »] 

6. [Correction indiquée dans l'interligne : [ter très], c'est-à-dire T^resen/er ires.] 



334 QUESTIONS MÉROVINGIENNES. 

Aclum Marogilo villa ^ in anno XVI régnante domino Ghildeberto 
rege nostro, xii kl. novb. 

In Xpisti nomine Berarius episcopus hanc epistolam a me factam 
subscripsi. 

[XII.] 

HERLEMUNDI PRO S. AUDOENO. 

Genuinum. 
?7i3jan. \ (?) 

[Voir ci-dessus, p. 58 et siiiv.] 

God. Genom. 224, fol. 67 v : « Sequitur exemplar testamenti ejus- 
dem domni Herlemundi quod fecit sinadochio sancti Audoenijuxta 
urbem quod a novo fundavit et ex quibus rébus illud dotavit, et 
qualiter monachos inibi instituit, sicut in eo habetur insertum, 
quod supradicto pretextu et hic insérera libuit. 

Dagobertus^ rex Francorum vir illuster^. 

Pipinus major domus. 

In Dei nomine Herlemundus'' acsi peccator episcopus dominum 
ut precor et supplico gratiam vestram^\ Dura ego oratorium in 
honore sancti Audoeni^ episcopi et confessons prope de muro Ceno- 
mannis civitate construximus, et ibidem Seufredum presbiterum 
instituimus esse rectorem, et monacolos'^ sub sancto ordine con- 
sistentes constituimus, et pauperes vel hospites et peregrinos omni 
tempore pro mercede nostra communi supervenientes suscipere eis 
juxta possibilitatem ipsius loci precepimus, sed dum anle dies ali- 
quid de rébus nostris quas nobis Deus dédit, etiam et de rébus aeccle- 
siç sancti Gervasii ad ipsum oratorium concessimus et adfirmavimu^, 
et ad prescns oportebat ut ipsi monacoli, vel pauperes ibidem con- 
versantes, substantiam minime habebant unde expleto alimenta 
vel vestimenta habere deberent : ideo nos pro Dei instuitu pertra- 
etantes, una cum conscnsu confratrum vel concivium nostrorum 
seu et fidelium laicorum, convenlt nobis ut vico^ aliquo qui vocatur 

1. [Mareil-en-Champagne (Sarlhe) ? Ci-dessus, p. 54.] 

2. [Sur la suscription, voir ci-dessus, p. 59 : les mentions de Dagobert et de 
Pépin sont suspectes. | 

3. [Sur vir llluster, voir ci-dessus, p. 329, n. 4.] 

4. [Sur Herlemond, évéque du Mans, voir ci-dessus, p. 55, 57.] 

5. [Sur ces mots, voir ci-dessus, p. 59, n. 2.] 

6. |Saint-Ouen du Mans : ci-dessus, p. 58.] 

7. monacVos codex. 

8. [Sur ce qui suit, voir ci-dessus, p. 57.] 



VII. — LES ACTES DES EVEQOES DU MANS. 335 

Artinis super alveum Liddo constructum et villa nuncupante Pro- 
liaco seu et Pensire in pago Cenomannico, quem Bertocarius sacer- 
dos usque nunc tempore per nostrum benefîcium tenuit, cum 
omni integritate ad ipsum vicum pertinentem vel aspicientem, hoc 
est tam terris, mansis, oasis, aedificiis, accolabus, mancipiis, lidis, 
ministeriales, vineis, silvis, pratis et pascuis, aquis aquarumve dis- 
cursibus, raobilibus et immobilibus, peccuniis, peculiis utriusque 
sexus, quadrupedum presidium vel omni suppellectili quod ars 
humana dicit aut nominare potest, omnia inexquisita a die présent! 
ad sacrum predictum oratorium seu ad luminaria ipsius loci jam- 
dicti vel ministris a nobis constitutis atque monacolis ibidem sub 
sancta régula consistentibus plena gratia concedere deberemus; 
quod annuente domino et seniore nostroPipino majore domus fecisse 
non dubium est. Ita ut dum et nos perpensamus quod in supra 
memorato vico Artinis nec monachi nec pauperes seu hospites ad 
consolationem preparandum non habebant, ita et admodum sicut 
jam supradictum est ipsum vicum Artinis cum omni integritate vel 
loca ibidem aspiciente vel pertinente ad ipsum oratorium sancti 
Audoeni vel ipsis fratribus consolandis, seu lumen ipsorum san- 
ctorum procurandis volumus esse concessum atque indultum, ut 
rectores seu congregacio ipsius monasterii vel pauperum pro nobis 
pio^ Domino oblaciones et liostias ac precces quam pro me quam 
principe nostro Pipino seu et pro stabilitate regum et prolis eorum 
fungant oraculis, ut diximus, tempore vitç nostre seuque suc- 
cessorum nostrorum prefatus viens Artinus ad supra scriptum 
oratorium sancti Audoeni ad luminaria vel stipendia ipsorum 
monachorum vel pauperum absque ullius obstaculis perannis^ 
temporibus proficiat in augmentum, ut ab hodierna die res 
superius nominate nullo alio loco impendant servitium, nisi par- 
tibus predicti oratorii sancti Audoeni ejusque monasterii^ seu recto- 
ribus ibidem consistentibus, sub jure ac potesiate sanctorum 
martirum Gervasii et Proi/iasii\ diurno^ tempore valeant perdu- 
rare. Nos vero humiliter deprecantes, successoribus vel patri- 
bus nostris qui post nos venturi erunt flebili voce et cum jureju- 
rando dicimus et per Trinitatem inseparabilem conjurare presumimus, 

1. Sic. 

2. Corr. en per annos. 

3. (Correction indiquée dans l'interligne : [colis]. C'est-à-dire : monacolis.] 

4. [Sur cette incise suspecte, voir ci-dessus, p. 58.] 

5. [Correction indiquée dans l'interligne : [tu]. C'est-à-dire : diuturno.] 



336 QUESTIONS MEROVINGIENNES. 

ut haec voluntas et facta nostra ab ipsis inviolabiliter ejus^ tem- 
poribus conservelur, et semper consolationem vel juvamen pro- 
cerum^ mercede ad ipsum sancLum locum propter Deum et reveren- 
tiam ipsius sancli sanctorLim monaeholis vel pauperibus pretendere 
debeant, et de suprascripto vico jamdicto oratori^ ejusque mini- 
stris expoliare non debeant. Illud nobis plaçait inserere quod futurum 
esse non arbitrer, si que ulla de parte aecclesiç nostre sancti Ger- 
vasii et Prothasii Genomannice vel quçlibet persona qui contra hanc 
concessionem venire, impulsare aut irrumpere temptaverit et sese 
non corrigerit, primitus iram Dei incurrat et a liminibus omnium 
aecclesiarum sancLarum efficiatur extraneus , et hçc voluntas in 
perpetuum valeat permanere illesa. Quam vero concessionem ut 
firmiorem obtineat vigorem, manu propria subter firmavimus et 
fratrum nostrorum roborare rogavimus. 

In Xpisti nomine Herlemundus acsi peccator episcopus hanc con- 
cessionem a me factam subscripsi. 

Tharmerus archidiaconus subscripsi. 

Landrobertus subscripsi. 

Signum Ursino. 

Warnobertus subscripsi. 

Dido subscripsi. 

Leodio subscripsi. 

Garothgisus subscripsi. 

In Dei nomen Ghaldricus a.hhas subscripsi. 

Signum Baldefredi. 

Teodobaldus subscripsi. 

Bertholacus presbiter subscripsi. 

In Dei nomen Giso subscripsi. 

Landiens scripsi et subscripsi. 

Data''' die jovis^ kl. januarias anno II regni nostri Lupila*^ in Dei 
nomen. 

Julien Havet. 

1. [Correction indiquée dans l'interligne : evis. Ci-dessus, p. 59.] 

2. [Correction indiquée dans Tinterligae : [eo]. C'est-à-dire : pro eorum.] 

3. Corr. en -rio. 

4. [Sur la date, voir ci-dessus, p. 59.] 

5. [Diejovis est suspect : ci-dessus, p. 60. J 
G. [Sur Lupila, voir ci-dessus, p. 60.] 

^.g 



UN FEUILLET DES HEURES 



DE 



CHARLES FRÈRE DE LOUIS XI 



-^<>f<X- 



Lettre à M. Chabouillet, conservateur honoraire du 
Département des médailles de la Bibliothèque natio- 
nale. 



Mon cher ami, 

Vous avez bien voulu me communiquer, de la part de M. le 
docteur Margery, une jolie miniature du xv° siècle, en me priant 
de vous renseigner, s'il y avait moyen, sur l'origine et la valeur 
de cette peinture. 

Je crois être en mesure de satisfaire votre curiosité et celle du 
possesseur de la miniature; mais, pour le faire, il est indispen- 
sable de vous rappeler en peu de mots ce qui se voit sur les deux 
pages du feuillet de parchemin que vous m'avez fait l'honneur de 
laisser entre mes mains. 

Ce feuillet mesure 158 millimètres de hauteur et 110 de lar- 
geur. La miniature qui couvre à peu près en entier le recto (elle 
est haute de 145 millimètres et large de 98) représente le voyage 
de la sainte Vierge et de saint Joseph se rendant à Bethléem pour 
obéir à l'édit de l'empereur ; ils cheminent accompagnés d'un 
âne, d'un bœuf et d'un chien. Dans le lointain se dressent les 
murailles, les tours et les maisons d'une ville assise près d'une 
espèce de lac. De nombreux cavaliers se dirigent vers les entrées 
de la ville. Un moulin à vent couronne une colline à l'horizon. 
Au premier plan, un arbre chargé de petits oiseaux. Les têtes de 
la sainte Vierge et de saint Joseph manquent d'expression et 
n'ont pas été traitées avec beaucoup de finesse ; mais l'ensemble 
de la composition est plein de charme. C'est une bonne miniature 
1894 22 



338 UN FEUILLET DES HEURES 

française de la seconde moitié du xv® siècle. Elle est surtout 
remarquable par un encadrement, dans lequel le chiffre AE alterne 
avec un écartelé : au 1 et 4 de France, à la bordure engrêlée 
d'or; au 2 et 3 de gueules à deux léopards d'or. Cet écartelé est 
quatorze fois répété, et le chiffre composé des lettres A et E ne 
revient pas moins de douze fois. Quatre des écussons se pré- 
sentent sous la forme de bannières que soutiennent quatre hommes 
d'armes, de très haute stature, bardés de fer. 

Au verso se lit un texte de quatorze lignes, occupant un cadre 
haut de 74 millimètres et large de 48. C'est un morceau d'office, 
qu'il n'est pas inutile de transcrire ici : 

Deus in || adjutoUrium [| meum || intende Do||mine ad adjuvan- 
dum me I| festina. j| Gloria patri et fiho. Antiphona. || Benedicta tu. 
Psalmus David. \\ Dominus regnallvit, decorem inlldutus est, indu- 
tus est DoBminus fortitudinem, et. 

Le premier D de cette page, tracé en rouge avec rinceaux d'or, 
remplit un rectangle de 35 millimètres de largeur et de 32 de 
hauteur. Le champ du rectangle compris entre le cadre et le 
contour extérieur de la lettre est orné de rinceaux d'or sur fond 
d'azur. L'intérieur de la lettre est resté en blanc, sans aucun 
ornement, ce qui contraste avec le soin qu'on a pris de couvrir 
de rouge, de bleu et d'or l'intérieur des autres initiales de la page, 
comme aussi l'espace laissé sans écriture à la fin de la huitième 
ligne. Evidemment cet intérieur de lettre devait recevoir une 
décoration qu'une circonstance quelconque aura empêché d'exé- 
cuter. 

D'après ce que nous venons de constater, la nature du livre 
auquel le feuillet a appartenu est facile à déterminer. Nous 
sommes en présence d'un feuillet de livre d'heures, qui contient 
le commencement des laudes de l'office de Notre-Dame. Le feuil- 
let après lequel il était placé devait se terminer par une rubrique 
annonçant l'office des laudes : In laudibus béate Marie, et il 
devait être suivi d'un feuillet débutant par les derniers mots du 
premier verset du psaume XCII, c'est-à-dire ^jrecinœit se, de 
façon à laisser lire, d'une part, au bas d'un verso : Dominus 
regnavit, decorem indutus est, indutus est Dominus forti- 
tudinem, et, — et, d'autre part, au haut du recto faisant face 
à ce verso : precinxit se. 



DE CHARLES FRERE DE LOUIS XI. 339 

Voilà un premier point de repère très solidement établi, auquel 
nous reviendrons tout à l'heure. 

Nous en avons un second dans les ornements qui couvrent les 
marges de la miniature. J'avoue ne pas pouvoir expliquer le 
chiffre AE, qui est répété douze fois dans l'encadrement; mais 
l'attribution des armes ne souJGfre pas la moindre difficulté. Ce 
sont celles de Charles de France, frère du roi Louis XI : en tant 
que prince du sang, il portait les armes de France, avec une 
bordure engrêlée d'or ; comme duc de Normandie, il avait pris 
les armes du duché, deux léopards d'or sur un fond de gueules'. 

Le feuillet dont nous nous occupons vient donc d'un livre 
d'heures qui avait été fait pour Charles, frère de Louis XI, pen- 
dant que ce prince possédait en apanage le duché de Normandie, 
c'est-à-dire, comme vous le verrez un peu plus loin, entre les 
années 1465 et 1469. 

Or, on connaît depuis longtemps un livre d'heures qui a été 
copié pour Charles de France, duc de Normandie. Il portait jadis 
le n° 813 à la bibliothèque Mazarine, où il a pris le n° 473 depuis 
la publication du Catalogue de M. Molinier. 

Les feuillets du ms. 473 de la Mazarine mesurent 181 milli- 
mètres de hauteur sur 132 de largeur, dimensions notablement 
supérieures à celles du feuillet que vous m'avez communiqué, 
et dont les bords ont dû être plus ou moins rognés; mais le 
cadre occupé par l'écriture est de 74 millimètres sur 48, ce qui 
est exactement la justification de votre feuillet. On y compte 
quatorze lignes à la page, absolument comme sur le verso de 
votre feuillet. A plusieurs endroits (fol. 86, 93, 108 v% 127, 
131 v° et 154 vo), il y a de grands D hauts de 32 millimètres et 
larges de 35, tracés et peints comme le grand D signalé un peu 
plus haut, et dont l'intérieur a été, comme celui de ce même D, 
laissé en blanc. Notons en passant qu'au fol. 122 v° du manus- 
crit se remarque un grand D dont la décoration a été achevée : 
on y a peint, dans la panse, les armes du frère de Louis XI : de 
•France à la bordure engrêlée de gueules. Au haut et au bas du 
fol. 86 v°, nous retrouvons les armes écartelées telles que nous 
les avons vues sur la miniature du docteur Margery. 

1. Suivant le héraut Berry, qui écrivait à la fin du règne de Charles VII, 
les armes du duc de Normandie étaient de gueules à deux léopards d'or ; celles 
du duc de Guyenne, de gueules à un léopard d'or. Armoriai composé vers 1450 
■par Gilles Le Bouvier, dit Berry, éd. Vallet de Viriville, p. 66. 



340 DN FEUILLET DES HEURES 

Ajoutons encore que l'écriture du feuillet que nous étudions 
est identique à l'écriture du ms. 473 de la Mazarine. 

Voilà de bien fortes présomptions pour nous autoriser à attri- 
buer une origine commune à votre feuillet et au ms. 473 de la 
Mazarine. 

Mais ce n'est pas tout. Le ms. 473 présente des lacunes S 
notamment après les feuillets qui portent aujourd'hui les n°^ 26, 
42, 62, 68, 70, 72. Au fol. 69 commence un cahier de huit feuillets, 
dont il ne subsiste plus que les feuillets 1 , 2, 4, 5, 7 et 8 ; il y 
manque les feuillets 3 et 6. Le feuillet 5, aujourd'hui coté 72, se 
termine au verso par la rubrique In Laudibus heate Marie, et 
Je feuillet 7, aujourd'hui coté 73, commence au recto par les mots 
precinxit se. Or, avant d'avoir ouvert le manuscrit de la Maza- 
rine, j'avais annoncé que le feuillet du docteur Margery venait 
d'un livre d'heures, où il se trouvait entre une page finissant par 
la rubrique In laudibus béate Ma^He et une page commençant 
par les mots precinxit se. 

Il me semble donc démontré jusqu'à l'évidence que le feuillet 
dont nous recherchons l'état civil est un morceau du ms. 473 de 
la Mazarine. Comment, en effet, pourrait-on supposer : 1° qu'un 
même scribe aurait copié pour Charles, frère de Louis XI, deux 
livres d'heures de la même justification ; 2° que les grandes ini- 
tiales de ces deux livres auraient eu les mêmes dimensions et 
auraient été tracées et peintes d'après un même modèle ; 3" que, 
dans l'un et dans l'autre, la décoration intérieure de ces mêmes 
initiales serait restée en souffrance ; 4° que chacun de ces deux 
livres aurait renfermé une page de quatorze lignes commençant 
par Deus in adjutoriiCm et finissant par Dominus fortitudi- 
nem, et ; et surtout 5° que le feuillet contenant cette page au 
verso aurait été enlevé dans chacun des deux volumes? 

Je n'hésite donc pas à affirmer que le feuillet si heureusement 
recueilli par le docteur Margery appartient au livre d'heures de 
Charles, frère de Louis XI, conservé à la Mazarine sous le n° 473. 

Il n'est pas besoin de décrire ici ce livre d'heures, auquel une 
notice a été consacrée dans le Catalogue des manuscrits de la 
Mazarme^. Je ferai seulement observer que l'exécution de ce 



1. Ces lacunes datent d'une époque ancienne; une seule est indiquée dans 
le catalogue imprimé des manuscrits de la Mazarine. 

2. Tome I, p. 182 et 183. 



DE CHARLES FRERE DE LOUIS XI. 34^ 

volume doit, selon toute apparence, se placer entre les années 
1465 et 1469. En effet, à partir de l'année 1469, Charles de 
France remplaça, au deuxième et au troisième quartier de ses 
armes, les deux léopards de Normandie par le léopard unique de 
Guyenne. C'est ainsi que les armes de ce prince sont figurées en 
tête du bel exemplaire des Statuts de l'ordre de Saint-Michel, qui 
lui fut remis lors de l'institution de l'ordre ^ 

Je dois encore faire une remarque sur les Heures de Charles 
de France. C'est que la décoration n'en a jamais été achevée. Le 
manuscrit, tel qu'il est conservé à la bibliothèque Mazariiie, ne 
renferme que deux tableaux terminés : au fol. 13 la Trahison de 
Judas, et au fol. 85 v° l'Adoration des bergers. Tous les autres 
ne sont qu'esquissés ou ébauchés. Les deux tableaux terminés ne 
me semblent pas être de la même main. Le premier, dont la com- 
position et le coloris sont vraiment remarquables, rappelle assez 
bien, par certains détails et notamment par l'emploi des hachures 
d'or, les procédés de l'école de Jean Foucquet^; le second, d'une 
exécution moins savante et moins soignée, doit être de la même 
main que la miniature du docteur Margery. Suivant un usage 
dont beaucoup d'exemples ont été signalés, la décoration des 
Heures de Charles de France avait dû être confiée à plusieurs 
enlumineurs. 

Vous savez, mon cher ami, combien il est délicat de mettre 
des miniatures du xv® siècle sous le nom d'un artiste déterminé. 
Je me garderai donc bien d'émettre aucune conjecture sur l'auteur 
de la page que vous m'avez donné l'occasion d'étudier et qui, je 
crois, restera, jusqu'à nouvel ordre, dans la catégorie des œuvres 
anonymes de la peinture française de la seconde moitié du xv° siècle . 
Je vous dirai cependant, sans vouloir en tirer aucune consé- 
quence, que nous connaissons les noms de deux peintres qui ont 
été employés par Charles, duc de Normandie : Jean Gillemer et 
Jean de Laval. 



1. Cet exemplaire a été inséré dans un des recueils de Clairarnbault, vol. 1242, 
p. 1421 et suiv. M. Paul Durrieu s'en est incidemment occupé dans le mémoire 
intitulé : Une Peinture historique de Jean Foucquet : le roi Louis XI tenant 
un chapitre de l'ordre de Saint-Michel, mémoire qui a paru dans la Gazette 
archéologique de 1890. 

2. Voyez la notice que M. Vallet de Viriville a consacrée à Jean Fouc(jucl, 
dans la Revue de Paris, année 1857, et dans l'Appendice des Évangiles de Cur- 
mer, p. 117. 



342 UN FEUILLET DES HEDRES DE CHARLES FRERE DE LOUIS XI. 

Le premier, Jean Gillemer, fut soupçonné d'avoir servi d'es- 
pion au prince Charles. Les poursuites rigoureuses dont il fut 
l'objet et que dirigea le terrible Tristan l'Ermite ont été racontées 
dans les moindres détails par M. Lecoy de la Marche*. 

Ce que nous savons du second se réduit à deux articles de rôles 
de dépenses de la maison du duc de Normandie pour les années 
1467 et 1468 \ 

A Jehan de Laval, painctre de mon dit seigneur, pour pareille 
cause [pour ayder à soy entretenir à son service], la somme de cent 
solz tournois, pour ce, c s. t. (Rôle du mois de mars -1467, n. st.) 

A Jehan de Laval, painctre, xii livres. (Rôle des mois d'avril-sep- 
lembre'1468.) 

Je n'ai plus, mon cher ami, qu'à vous remercier de votre 
communication et à vous prier de transmettre mes félicitations à 
M. le docteur Margery pour la clairvoyance et le goût dont il a 
fait preuve. Le feuillet qu'il a découvert, et dont il a du premier 
coup reconnu l'intérêt, méritait les soins dont il l'entoure et qui 
en assureront la conservation. 

Votre dévoué collègue, 

L. Delisle. 

1. Le travail de M. Lecoy de la Marche a été communiqué en 1892 à l'Acadé- 
mie des inscriptions et belles-lettres; voyez les Comptes-rendus des séances, 
année 1892, p. 153 et 154. 

2. Bibl. nat., ms. fr. 21477, fol. 28 et 47. 



LA TRADUCTION 

DES 

COMMENTAIRES DE CÉSAR 

PAR PIER CANDIDO DEGEMBRI. 



Dans son intéressante étude sur Pier Candido Decembri et 
l'humanisme en Lombardie, publiée dans YArchivio storico lom- 
bardo^, M. Mario Borsa a été amené à parler des volgarizza- 
menti d'auteurs anciens dus à l'humaniste lombard dont ne nous 
aurait été conservé que le seul Quinte-Gurce : « Questi [Decem- 
bri] aveva volto in italiano per il Principe [Filippo Maria Vis- 
conti] le Storie di Quinto Gurzio, i Gommentari di Giulio Gesare, 
il De bello punico di Polibio e le opère di Golumella e di Apuleio. . . 
Ma délie scritture in volgare del Decembri a noi non è giunta se 
non la versione di Gurzio, la quale ebbe anche gli onori délia 
stampa^. » M. Borsa s'est trompé en ce qui concerne la traduc- 
tion des Commentaires de Gésar ; celle-ci a été signalée au siècle 
dernier dans un manuscrit de la bibliothèque Ghigienne par 
Angelo Teodoro Villa, et nous en possédons une partie, le De 
bello g allie 0, dans un volume du fonds italien de la Bibliothèque 
nationale. Villa donne sur le manuscrit Ghigi les renseignements 
suivants : 

Commentari di Gaio Julio Cesare. Al Serenissimo Principe et 
excellentissimo Signor Filippo Maria Diica di Milano, e d'Angkiera 
Comte, e di Genova Signore. Stà manoscritta questa Versione nella 
Libreria Ghisiana. God. fol. in pergameno Banco E. num. -1059, come 
gentilmenLe ne avvisa l'eruditissimo Amico nostro Ab Pieranlonio 

1. Année XX, p. 1 à 75 et 358 à 441. 

2. Archivio storico lombardo, année XX, p. 24-25. 



344 LA TRADUCTION 

Serassi, Segretario ora dell' Eminentissimo Furietti. In principio del 
Codice si legge : Incomincia l'istoria di Gaio Julio Cesare Imperatore 
Maximo continuo consulo, e perpétua ditatore de le Bat agite di 
Gallia da lui proprio descripte. Ed in fine : Finisce il septimo libro 
de l'istoria di C. Julio Cesare Imperatore maxi7no, etc., traducte in 
vulgare da P. Candido felicemente. Havvi altresi il Prologo de 
P. Candido sopra H Cotnentari de Gaio Julio Cesare incominciando 
dal Suplemento de Hircio Consulare fin air ultimo délia guerra 
civile traducti in vnlgare al Magnifîco Cavalière Ignigo de Canalos ^ 
Ducale Cav.^. 

Il me paraît assez probable qu'outre cet exemplaire de la biblio- 
thèque Ghigienne, qui existe sans doute encore à Rome, on en 
pourrait trouver d'autres en Italie même; en tout cas, celui de 
la Bibliothèque nationale suffit à montrer qu'au moins le De bello 
gallico de Decembri ne s'est pas perdu, comme on l'a cru. 

Classé actuellement sous le n" 124 du fonds italien, après avoir 
porté le n" 7725 de l'ancien fonds, ce manuscrit du xv« siècle, en 
papier et très pauvrement décoré, figure dans l'inventaire de la 
librairie de Blois, rédigé lors de son transfert à Fontainebleau : 
« N° 1675^. Ung autre livre escript à la main, en papier, inti- 
tullé : Commentaria Caesaris, cuir tanné'*. » Il provient évi- 
demment de la librairie du château de Pavie, et la traduction 
qu'il renferme n'a pas été faite, comme le suppose M. Mazzatinti^, 
pour François Sforza, elle a été faite, on va le voir, pour Phi- 
lippe-Marie Visconti. A la vérité, le prologue du volgarizza- 
meyito de César, tel qu'il se lit dans le ms. 124 du fonds italien, 
ne désigne pas ce prince par son nom, — et c'est pourquoi Mar- 
sand n'avait pas reconnu l'auteur de la version^, — mais, sans 
compter que ce prologue trahit le style de Decembri, il résulte 

1. Est-ce Avalos ? 

2. Addizioni e correzioni di Angelo Teodoro Villa, milanese, alla Biblio- 
teca degli volgarizzatori del segretario Filippo Argelaii, bolognese, t. V (Milan, 
1767), 1). 447, et cf. p. 730. 

3. El non pas 1667, comme le dit M. Mazzatinli, Manoscritti italiani délie 
Biblioteche di Francia, t. 1, p. xciv. 

4. Bibl. nat. Fonds français 5660, fol. 110 v. Je dois le renseignement à 
notre confrère M. Omont, qui a bien voulu relire pour moi cet inventaire. 

5. Manoscritti italiani, t. 1, p. xciv. 

6. 11 proposait soit Dante Popoleschi, soit Francesco Baldelli (/ manoscritti 
italiani delta regia biblioteca parigina, Paris, 1835, t. I, p. 71). 



DES COMMENTAIRES DE CÉSAR. 345 

de l'examen d'un autre manuscrit, contenant une version castil- 
lane du volgarizzamento, que l'attribution du César italien à 
l'humaniste lombard ne saurait être contestée. Voici d'abord le 
prologue du manuscrit de Paris : 

Incomincia lo prologo in li commentari di Gesare tradueti in 
volgari. 

Molli sono gia stati, Serendissimo^ Prencipe, li quali, o per poca 
notitia de glistorie antique, o per difecto de litteratura, hanno creduto 
che quisti libri che de présente traduco in vulgare a la Vostra Excel- 
lentia, non da Gaio Iulio Gesare, ma dalcuno altro litterato auclore al 
suo nome discripti fussero. Donde e proceduto non minimo errore : 
che alchuni dessi questi libri ad Suetonio Tranquillo, alchuni ad Iulio 
Ceiso hanno intitulali, liquali sarebeno da essere piu tosto excusati da 
mi cha reprisi, si la ignorantia excusatione alchuna mirilar potesse. 
Ma, considerato che la ueritate in ognie locho e da esser lodata e pre- 
ponutaalamicitia e che débite e che glioperatione de li notabili homini 
ala gloria sua referite siano, harando patientia quelli de glistorie non 
bene eruditi, sintenderando el proprio vero a la Vostra Excellentia 
da mi esse discripto, poi che loro non piu de me foreno présent! ad 
quilli tempi, ma tuclo ne la fede e lauctoritote de notabili aucturi 
referito sia. Per tanto non se marauegliano li dicti libri essere des- 
cripti da Gesare, el quale in maiore cose de queslo ha lassato memoria 
e nome del intellecto suo. 

Ne credano egli perche facesse facti d'arme non sapesse pero lit- 
tera; per che, se riuolgerano ne la mente sua li famosi imparaturi et 
illustri capitanii passati, ritrouerando tucti quelh, exceptopochi, non 
solamente in littere latine, ma ne le greche ancora essere stati docti 
et eruditi, el nome de li quah, perche sarebbe longo a referire e super- 
uacuo a la Vostra Excellentia, lassero a lo présente, solamente arre- 
cordando, non tanto Iulio Gesare, ma Octauiano, Tiberio, Germanico, 
Galligula, Claudio et Nerone, tucti duna prosapia descenduli, equal- 
mente essere stati litterati et moite testimoniance del eruditione sua 
a la posteritate hauer lassate. Ma per ritornare a Gesare, primo impe- 
ralore, de che al présente summamente e arrecordato el nome e la 
gloria, essendo lui da li Romani electo perche la prouincia de Gallia 
ordinasse, che da nui la Francia sappella, e data quella ordinatione 

1. Sur cette forme Serendissimo, où le groupe nn est représenté par nd (cf. 
plus bas aussi harando, sintenderando, ritrouerando pour haranno, s'inten- 
deranno, ritroueranno), voy. W. Meyer-Lûhke, Italienische Grammatik, g 229. 



346 LA TRADUCTION 

in cinque anni, poi confirmata in altre tanto tempo per lo senato e 
populo de Roma, quelle facende che per lui in quislo spatio di dece 
anni ordinale fuoreno, tucti distintamente in septe libri li ricolse, a 
le quale non essendo data compila descriptione, si come chiaramente 
se uede, uno de li suoi capitanii multo famoso in facti darme, dicto 
Aulo Hircio per nome, loctauo libro acquelli agionse. Dopoi essendo 
da Cesare in tre libri descripte tutte le bactaglie cidatine, state fra 
lui e Pompeio in diuersi lochi, che da Lucano poi in uersi piu poeti- 
camente ca uere descripte foreno, Hircio predicto, per compire la 
prima e la secunda historia, Lre libri similmente acquelli adionse in 
che le bactaglie da Lexandria, Dafrica e Dispagna se conteneno, 
secundo che in quisto vulume in vulgare se ritrarano. E si de queste 
ragioni alcuno da me la fede rechiedesse, uada li libri di Suetonio, de 
Hircio e de Tulio, che de tal Iode da me contati e de raaiorl anchora 
pienissima auctoritate, notitia e fede allui daranno. 

Je donne maintenant la version castillane faite sur l'italien et 
que j'emprunte à un manuscrit de la bibliothèque d'OsunaS où 
sont expressément nommés et le prince auquel a été adressée la 
traduction des Commentaires et l'auteur qui l'a exécutée : 

Al serenissimo principe e rauy excelente sefior Filippo Maria 
duque de Milan, conde de Pavia e de Anguera e seilor de Genova, 
comienza el prologo de Pedro Gandido sobre la ystoria de Gayo Jullio 
César. 

Muchos han ya seydo, ilustrisimo principe, los quales, o por poca 
noticia de las ystorias antiquas, o por defecto de lelras, creyeron que 
eslos libres que yo al présente trayo en vulgar a la vuestra excelen- 
cia, no de Gayo Julio César, mas de algun otro letrado aclor al su 
nombre fuesen descritos. De donde ha procedido no minime error : 
ca algunos delios a Suetonio Tranquilo e otros a Julio Gelso estes 
libres han intitulado, los quales antes debrian ser escusados e [sic, 
pour que) reprehendidos de mi, si la ignorancia escusacion alguna 
pudiese merescer. Mas, considerado que la verdad en toda parte deve 
ser loada e anlepuesta a la amislad e que dévida cosa es que las 

1. Voy. J.-M. Rocamora, Catâlogo abreviado de los manuscritos del duque 
de Osuna, Madrid, 1882, n° 49. Aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale 
de Madrid sous la cote 11-37, ce manuscrit a sans doute été copié pour le mar- 
quis de Santillane, dont l'érudition classique procède essentiellement de Boc- 
cacc et des traductions latines ou italiennes de Leonardo Bruni et de Gandido 
Decembri. 



DES COMMENTAIRES DE CESAR. 347 

obras de los notables hombres a gloria de aquellos sean referidas, 
abran paciencia aquellos que de las istorias no son bien ensenados, 
si entenderan la propria verdad a la vuestra excelencia de mi ser 
scripta, pues que ellos no mas que yo fueron présentes a aquellos 
tiempos, e todo en la fe e actoridad de los notables escriptores sea 
referido o dexado. Por tanto non se maravillen los dichos libros ser 
descriptos de Gesar, el quai en mayores cosas de aquestas de su intel- 
lecto ha dexado nombre e memoria. 

Nin crean ellos por que fîciese fechos darmas dexase por eso de 
saber letras ; e si en la mente e animo suyo revolveran los famosos 
emperadores e illustres capitanes pasados, fallaran todos aquellos, 
bien pocos exçebtos, no solamente en letras latinas, mas en las grie- 
gas, aun aber seido doctos e muy ensenados, los nombres de los 
quales, porque séria largo e aun supervacuo referir a la vostra exce- 
lencia, quiero dexar al présente, solamente recordando, no tanto a 
Julio César, mas Octaviano, Tiberio, Germanico, Galicula, Claudio e 
Néron, todos de una prosapia e linage descendidos, egualmente aver 
seido letrados e muchos testimonios de su ensenamiento aver dexado 
a la posteridad. Mas por tornar agora a Gesar, primero emperador, 
de quien al présente (e) sumamente es recordado este nombre e la 
gloria, e seyendo el elegido por los Romanos para que la provincia 
de Galia ordenase, la quai de nosotros se llama Francia, e dada 
aquella orden en cinco anos, despues confirmada en otro tanto 
tiempo por el Senado e pueblo de Roma, aquellas cosas que por el 
en este espacio de diez anos fueron ordenadas e fechas, todas las 
recogio en siete libros, a las quales non seyendo dada complida des- 
cripcion, asi como claramente se ve, uno de sus capitanes mucho 
famoso en los fechos de armas, Aulo Hircio llamado por nombre, 
anadio a aquellos el octavo libro. Despues seyendo de Gesar en très 
libros descriptas las batallas cibdadanas que fueron entre el e Pompeo 
en diversos lugares, las quales de Lucano despues en uersos mas poe- 
licamente que verdaderas fueron escriptas, el ya nombrado Hircio, 
por complir la primera e la segunda historia, très libros por semejant 
a aquella ayunto, en los quales las batallas de Alexandria, de Africa 
e de Espaiîa se contienen, segun que en este volume en vulgar se tra- 
duciran^ E si de estas razones alguno de mi la fe demandase, vea 



1. Decembri avait donc divisé son ouvrage en deux parties : 1" les sept pre- 
miers livres du De bello gallico ; 2° le huitième livre du De bello gallico de 
Hirtius, les trois livres du De bello civili, plus le Bellum Alexandrinum, Afri- 



348 



LA TRADDCTÎON DES COMMENTAIRES DE Ce'SAR. 



los libros de Suetonio, de Hircio e de Tulio, los cuales de los loores 
de mi conlados e aun de mayores muy entera autoridad noticia e fê 
le dara. 

Ainsi qu'on peut s'en rendre compte, cette version castillane 
suit mot à mot le texte italien ; elle est un véritable calque, comme 
le sont d'ailleurs toutes les versions commandées par le marquis 
de Santillane aux manœuvres qu'il faisait travailler pour lui en 
Italie ou en Espagne. Néanmoins, ces versions ne méritent pas 
toujours d'être absolument dédaignées : il arrive, et le cas présent 
le montre, que telles de ces copies ont conservé quelque marque 
d'origine, quelque trait historique de nature à nous renseigner 
sur les travaux des humanistes italiens dont elles procèdent. 

Alfred Morel-Fatio. 



canum et Uispaniense, qu'il attribue à Hirtius. Le manuscrit de Paris, et je 
crois bien aussi le manuscrit de la version castillane, ne contiennent que les 
sept livres du De bello gallico. 



BIBLIOGRAPHIE. 



Geschichte der Paepste seit dem Ausgang des Mittelalters... von 
D"" Ludwig Pastor, ordentl. Professer der Geschichte an der Uni- 
versilaet zu Innsbruck. — Erster Band. Geschichte der Paepste 
im Zeitalter der Renaissance bis zur Wahl Pius II; zweite 
Auflage. Preiburg im Breisgau, Herder, '^89^ . In-8% lii-77-I pages. 

Ce Uvre a paru en 1886, mais, comme la Bibliothèque de l'École des 
chartes n'en a pas encore donné de compte -rendu, il est à propos, 
avant d'examiner la seconde édition, de dire quelques mots de la pre- 
mière. 

Une histoire des papes, utilisant les nombreux travaux parus depuis 
cinquante ans et les archives précieuses mises récemment à la dispo- 
sition des chercheurs, manquait jusqu'au jour où M. Pastor s'est mis 
à l'œuvre. L'apparition de son premier volume lui a mérité des éloges 
unanimes ^ ; à une sûreté d'érudition remarquable, l'auteur avait joint 
en effet une rigoureuse méthode scientifique ; il avait fouillé de nom- 
breux dépôts d'archives en Angleterre, en Allemagne, en France et 
surtout en Italie, où, le premier, il profitait pour une histoire de ce 
genre de la grande libéralité de Léon XIII; sa bibliographie, par son 
étendue, fait entrevoir un travail énorme : elle comprend plus de sept 
cents volumes ! La mise en œuvre de ces sources, tant imprimées que 
manuscrites, est des plus heureuses ; l'auteur a su éviter la confusion 
qui pouvait naître facilement d'une telle abondance de documents ; il 
ne se perd pas dans les détails; tous ses développements se groupent 
autour d'idées générales, la plupart du temps très neuves. Il expose, 
dans ce premier volume, l'histoire des papes depuis la fin du moyen 
âge jusqu'à l'élection de Pie II. Après une longue introduction sur la 
renaissance littéraire en Italie et sur l'Église, l'ouvrage débute (liv. I) 
par un coup d'œil rétrospectif sur l'histoire des papes de 1305 à 1417, 
c'est-à-dire depuis l'exil d'Avignon jusqu'à la fin du grand schisme. 
M. P. entre complètement dans son sujet avec le livre second, où il 
nous fait assister à la restauration de la puissance pontificale, à la lutte 

1. Voir, entre autres : Revue critique, 1889, 1, 211; Revue historique, 1891, 
t. XLV, p. 411 ; Revue des Questions historiques, 1887, I, 197, et Polybiblion, 
1886, p. 440. 



3o0 BIBLIOGRAPHIE. 

de ce pouvoir contre ropposition conciliaire, enGn aux origines de la 
Renaissance à Rome. Les deux derniers livres sont de véritables mono- 
graphies de Nicolas V, « le fondateur du mécénat pontifical, » et de 
Calixte III, a le champion de la chrétienté contre l'islamisme. » 

Tel est le plan général de l'œuvre ; ajoutons que le récit est heureu- 
sement entremêlé d'épisodes, de portraits, qui ne ralentissent jamais 
l'action et n'obscurcissent jamais les idées de l'auteur. 

Malgré ces qualités si remarquables, la première édition présentait 
un certain nombre de défauts que M. P. s'est attaché à faire dispa- 
raître de la seconde, et nous pouvons dire qu'il a presque toujours 
atteint son but. 

Plusieurs publications, parues trop tard pour être mises à profit en 
1886, ont été, cette fois, utilisées. Citons entre autres MM. Faucon 
(la Librairie des papes (î Avignon), Miintz et Favre (la Bibliothèque du 
Vatican au 17« siècle). Les quelques pages que M. P. consacre à Nico- 
las V, considéré comme fondateur de la bibliothèque du Vatican ^ se 
sont, par là même, augmentées d'une foule de renseignements inté- 
ressants. 

Quelques erreurs s'étaient glissées dans le texte; elles ont disparu. 
Le nom de Mourad II, par exemple, remplace k juste titre celui de 
Mahomet II comme vainqueur des chrétiens à Kossowo (1448). Signa- 
lons encore une autre amélioration; des faits trop peu prouvés, — et 
ils étaient en petit nombre, — ont reçu dans la seconde édition l'ap- 
point de nouveaux arguments et de nouvelles preuves 2 ; d'autres, inexacts 
ou incomplets, ont été revisés avec soin : telle l'histoire du synode 
de Pise. 

Ce n'étaient là, à vrai dire, que fautes de détail ou omissions légères, 
mais la dernière édition marque un progrès d'une bien plus grande 
importance. On avait reproché à M. P., — et avec raison d'ailleurs, — 
de considérer trop souvent la France « comme une quantité négligeable. » 
Sans doute, il était impossible d'attaquer l'impartialité de l'auteur dans 
ses jugements sur nos compatriotes 3. Comment expliquer néanmoins 
cette sorte de parti pris qui lui faisait consacrer, — pour des faits de même 
nature et d'égale importance, — quelques lignes à la France et plusieurs 
pages à l'Allemagne? Ce grave défaut engendrait, en certains endroits, 
un manque de proportion fort regrettable. M. P. s'est efforcé d'échap- 
per à ce reproche, et il y a généralement réussi. En veut-on une preuve? 
Qu'on se reporte au passage qui a trait à la légation du cardinal d'Es- 
touteville en France (1451); on en trouvera, dans la première édition, 

1. Voir à ce sujet Centralblalt fur Bibliothekwesen, février 1887, p. 88. 

2. Cf. entre autres page 149, note 2, relative au martyre de saint Pierre à 
Rorne. 

3. Par exemple sur les papes français. 



BIBLIOGRAPHIE. 354 

un résumé des plus incomplets en dix lignes, tandis que quinze pages 
donnent d'amples détails sur la mission de Nicolas de Gusa en Alle- 
magne. Tous deux, cependant, avaient charge d'opérer dans ces pays 
une réforme des collégiales, des écoles et des universités et de rétablir 
la paix entre le roi de France Charles VII et Henri VI d'Angleterre. 
M. P. a atténué cette disproportion choquante en utilisant longuement 
le chapitre que M. de Beaucourt a consacré lui-même à cet épisode 
dans son Histoire de Charles VII K La même préoccupation apparaît 
lorsque l'auteur traite du rôle de l'Université de Paris dans le synode 
de Pise, qui, à peine esquissé dans la première édition, est beaucoup 
plus nettement dessiné. Cette partie, d'ailleurs, principalement en ce 
qui concerne la renonciation de Grégoire XII à Constance, a été com- 
plètement remaniée. 

On le voit, la nouvelle édition réalise de notables progrès sur la pre- 
mière ; elle en conserve le caractère en l'améliorant. 

Peut-être certains critiques pourraient-ils reprocher à M. P. d'avoir 
laissé subsister quelques jugements trop sévères, — à l'égard de Pétrarque 
ou de l'antipape Benoît XIII par exemple, — mais on ne doit pas s'en 
étonner, car, comme on l'a dit excellemment, « il est très heureux 
qu'un pareil travail, après avoir été tenté dans le sentiment protestant, 
l'ait été par un catholique romain, seul capable de se pénétrer du carac- 
tère universel de la papauté et de comprendre l'importance de sa mis- 
sion historique. » 

Henri Forgeot. 

Les Archives de l'histoire de France, par Ch.-V. Langlois et H. Stein. 
Paris, Alphonse Picard et fils, ^89i-i 893. Trois fascicules formant 
un volume de xvii-'l 000 pages. (Manuels de bibliographie histo- 
rique, I.) 

Si un érudit avait formulé, il y a quelques années, le souhait d'avoir 
un jour à portée de sa main un ouvrage clair et substantiel où seraient 
indiqués les différents dépôts d'archives publics ou privés qui, dans 
notre pays ou à l'étranger, peuvent renfermer des renseignements sur 
l'histoire de France, un manuel qui lui servirait de guide à travers le 
labyrinthe que forment les catalogues imprimés ou manuscrits de ces 
innombrables chartriers, une bibliographie qui mentionnerait les tra- 
vaux les plus utiles à consulter avant de puiser à chacune de ces sources 
historiques, on aurait certainement traité ce souhait de rêve irréali- 
sable, d'espérance chimérique. Et cependant, aujourd'hui, ce rêve a 
pris corps et est devenu une réalité. MM. Langlois et Stein n'ont pas 
craint d'entreprendre l'exécution de ce programme immense, et, en trois 

1. Histoire de Charles VII, t. V, p. 190 et suiv. 



352 BIBLIOGRAPHIE. 

ans, ils ont su mener leur œuvre à bonne fin et doter l'érudition fran- 
çaise de ce merveilleux instrument de travail. 

Nous voudrions faire ressortir en quelques mots l'utilité qu'on peut 
retirer de ce livre. Il nous suffira pour cela d'exposer rapidement la 
méthode que les auteurs ont employée pour développer chacune des 
parties du plan que nous venons d'indiquer. 

Après une intéressante introduction, où M. Langlois résume l'his- 
toire des tentatives faites jusqu'ici pour centraliser les renseignements 
relatifs à l'histoire de France, le manuel s'ouvre par la description des 
archives publiques. On pourrait s'attendre à ne trouver dans l'article 
relatif aux Archives nationales que quelques indications très générales 
sur la nature des fonds qu'elles renferment; mais, au lieu de repro- 
duire une sorte de résumé de VÉtai sommaire, les auteurs ont su don- 
ner à cette partie de leur travail un caractère tout nouveau en indi- 
quant les principaux inventaires manuscrits qui existent pour les 
différentes séries, et qui, en raison de leur maniement compliqué ou 
de leur disposition sur fiches, ne peuvent pas être mis entre les mains 
du public. Les travailleurs connaissent ainsi les moyens de recherche 
propres à épargner de longs dépouillements, et ils sont à même de 
demander aux archivistes de diriger pour eux des investigations dans 
tel ou tel sens à l'aide de ces inventaires. 

Non moins utiles sont les notices consacrées aux collections des dif- 
férents ministères : entre autres renseignements précieux, nous y signa- 
lerons la reproduction du cadre de classement des riches archives du 
ministère de la Guerre. 

On sait la place considérable que les dépôts des chefs-lieux de dépar- 
teinents occupent dans l'économie des archives françaises. C'est donc 
aux archives départementales que devait être réservé un des chapitres 
les plus importants du livre qui nous occupe. Avant d'en commencer 
l'étude, nous voulons appeler l'attention sur un certain nombre de 
tableaux que MM. Stcin et Langlois ont placés en tête de ce chapitre 
et qui sont d'un emploi fort commode : ce sont les listes des archevê- 
chés et évêchés, intendances et généralités, parlements, chambres des 
comptes, cours des aides et universités qui existaient en France avant 
1780, avec l'indication du dépôt où est conservé aujourd'lmi l'ensemble 
de leurs archives. Le tableau des archevêchés et évêchés est particu- 
lièrement utile, grâce à l'ingénieuse idée qu'on a eue d'y ajouter la 
mention du tome de la Gallia christiana où se trouve la notice consa- 
crée à chaque diocèse. Qui de nous n'a souvent ressenti un mouvement 
de mauvaise humeur en se voyant obligé de feuilleter plusieurs des 
gros volumes de cette collection avant de rencontrer celui où se trou- 
vait l'évêché qu'il cherchait? A présent on n'a qu'à ouvrir les Archives 
de l'histoire de France pour s'épargner ces fastidieux tâtonnements. 

En abordant l'étude des archives départementales, les auteurs du 



BIBLIOGRAPHIE. 353 

manuel se sont heurtés à une grave difficulté. Fallait-il énumérer som- 
mairement les différents fonds que renferment ces archives, ou bien 
devait- on simplement renvoyer pour cette énumération au Tableau 
général publié en 1848 par l'ancienne Commission des archives, en se 
contentant d'indiquer les dons ou réintégrations survenus depuis cette 
date? Le premier système était évidemment plus satisfaisant en théo- 
rie, mais il entraînait MM. Langlois et Stein à donner à cette partie de 
leur livre un développement considérable devant lequel ils ont reculé. 
On peut se demander s'il n'aurait pas été possible de remédier en par- 
tie à cet inconvénient d'un accroissement disproportionné en indiquant 
d'une façon plus brève les réintégrations survenues depuis 1848 et les 
fondant sous forme de listes avec les renseignements fournis par le 
Tableau général. Peut-être le succès qui a couronné leur œuvre per- 
mettra-t-il aux auteurs d'apporter une modification de ce genre dans la 
seconde édition. 

Après avoir énuméré, d'après les rapports des préfets ou des archi- 
vistes, les documents dont le dépôt s'est enrichi postérieurement à 
1848, la notice consacrée à chaque département passe en revue les 
inventaires imprimés ou manuscrits. On possède ainsi, en ayant soin 
de consulter le supplément placé à la fin du troisième fascicule, l'état 
absolument complet, à la date de 1893, de la collection imprimée sous 
la direction du ministère de l'Instruction publique. Il suffit ensuite d'un 
rapide coup d'oeil pour se rendre compte des ressources qu'offrent les 
inventaires manuscrits, anciens ou modernes, conservés dans les dépar- 
tements ou déposés aux Archives nationales. A propos de ces inven- 
taires manuscrits, signalons un article récent de M. Marichal qui rec- 
tifie une erreur commise par M. Lepage dans son étude sur le Trésor 
des chartes de Lorraine, dont les conclusions ont été reproduites par le 
manuel de M. Stein : l'excellent inventaire de ce fonds important, qui 
avait été rédigé par Dufourny au xvu^ siècle, ne nous est point par- 
venu incomplet comme on l'avait cru. L'exemplaire conservé aux 
Archives nationales (KK 1116-1128) donne dans son entier cet utile 
travail. M. Marichal a publié une concordance très commode qui per- 
met de savoir où se trouvent aujourd'hui les layettes que Dufourny a 
analysées et qui sont, les unes conservées à Nancy, les autres déposées 
à la Bibliothèque nationale dans la collection de Lorraine. 

Après les archives départementales, les archives municipales et hos- 
pitalières, présentées les unes et les autres dans l'ordre des départe- 
ments, sont étudiées d'après le même plan : indication des fonds les 
plus importants, exposé des inventaires et bibliographie sommaire des 
principaux ouvrages composés à l'aide des documents renfermés dans 
chacun de ces dépôts. 

Ce qu'il y a de plus nouveau ici nous paraît être l'utilisation de la 
riche collection d'inventaires manuscrits déposée aux Archives natio- 
1 894 23 



354 BIBLIOGRAPHIE. 

nales par le ministère de l'Instruction publique. On avait rarement con- 
sulté jusqu'à présent ce fonds important, dont on possède aujourd'hui, 
grâce à MM. Stein et Langlois, un catalogue fort commode. 

La partie de l'ouvrage à laquelle nous arrivons maintenant est peut- 
être celle où les difficultés à vaincre étaient les plus grandes. Dans ce 
chapitre, intitulé Archives diverses, les guides offerts par les inventaires 
officiels faisaient défaut ; le seul moyen pour arriver au but était de se 
livrer à une longue et minutieuse enquête personnelle. Nous ne croyons 
pas nous éloigner de la vérité en affirmant que seul M. Stein, grâce à 
la variété de ses connaissances bibliographiques, grâce aux innom- 
brables relations que lui a ménagées une complaisance à toute épreuve, 
était capable de réunir la somme immense de renseignements qu'il a 
versée dans les cent trente pages consacrées à cette matière. Par sa 
nature même, ce chapitre échappe à l'analyse : archives des greffes, des 
paroisses, des facultés, des associations de toutes sortes, minutes de 
notaires, chartriers privés, tout y est passé en revue, et les révélations 
de sources ignorées ou peu connues se succèdent sans relâche. Parmi 
tant de notices intéressantes, on peut signaler comme particulièrement 
instructive celle qui est réservée au département de la Seine. 

A propos de ce chapitre si varié, nous croyons bon de placer ici une 
remarque qui se peut appliquer au livre tout entier et de faire observer 
qu'il était impossible qu'un ouvrage conçu sur un plan aussi vaste ne 
présentât pas des lacunes ou des inexactitudes. C'est le sort de toute 
bibliographie de laisser passer à travers ses mailles un certain nombre 
des indications qu'elle aurait dû y emprisonner; mais, dans le présent 
livre comme dans les œuvres analogues, c'est l'ensemble qu'il faut con- 
sidérer, et nul n'est en droit de se scandaliser de ces imperfections de 
détail inhérentes au genre même du travail. 

Nous disions tout à l'heure quel mérite s'attache au chapitre sur les 
archives diverses : la deuxième partie de l'ouvrage, occupée par la des- 
cription des archives étrangères, ne lui cède nullement en intérêt et en 
nouveauté. C'est un véritable guide que l'érudit devra emporter dans 
ses voyages au môme titre que le Baedeker ou le Joanne. Ici encore il 
est impossible de tenter une analyse, et il faut se contenter de signaler 
au lecteur ces substantielles notices dont les plus remarquables et les 
plus approfondies nous paraissent être celles de l'Angleterre, de la Bel- 
gique, de la Suisse et de Rome. 

Restait une dernière mine à exploiter. Les bibliothèques, en effet, 
renferment souvent des pièces d'archives à côté de documents littéraires, 
surtout en notre pays où la Révolution a jeté un tel bouleversement 
dans les chartriers de toute nature. MM. Langlois et Stein devaient 
donc s'en occuper dans une dernière partie qui n'est pas la moins utile 
de leur ouvrage. Il suffit de parcourir les articles consacrés à la Biblio- 
thèque nationale et au British Muséum pour juger de l'abondance et 



BIBLIOGRAPHIE. 355 

de la précision des détails que ces derniers chapitres fournissent sur la 
richesse des diverses bibliothèques et sur l'état de leurs catalogues. 

Après avoir rappelé qu'un index alphabétique des noms de lieux et 
de personnes met en valeur les innombrables renseignements renfer- 
més dans ce livre, nous nous permettrons, en terminant, de chercher 
dans le témoignage de notre expérience personnelle une preuve des 
innombrables services qu'est appelée à rendre l'œuvre de MM. Stein et 
Langlois. II ne se passe guère de jour où, à la salle de travail des 
Archives nationales, nous n'ayons l'occasion de recourir à ce livre pour 
résoudre quelque question qu'on nous pose, et presque chaque fois le 
travailleur à qui nous l'avons indiqué, après y avoir trouvé la solution 
qu'il cherchait, nous manifeste son admiration pour un ouvrage si 
utile et se promet de le consulter souvent. Nous ne saurions mieux 
faire que de nous associer ici aux éloges qu'il nous est ainsi donné 
d'entendre si fréquemment prononcer. 

Léon Le Grand. 

Lamperti monachi Hersfeldensis opéra, recognovit Oswaldus Hol- 
der-Egger. Accedunt Annales Weissenburgenses. Hannoverse et 
Lipsiœ, Hahn, -1894. In-8°, lxviii-490 pages et une planche. {Scrip- 
tores rerum Germanicarum in usum scholarum ex Monumentis 
Germanise historicis recusi.) 

Cette nouvelle édition des Annales de Lambert de Hersfeld n'est 
point une simple réimpression des deux premières éditions données 
par G.-H. Pertz en 1839 et 1874. On doit à M. Holder-Egger un texte 
nouveau, dressé à l'aide de tous les manuscrits aujourd'hui connus, de 
ces Annales, qui s'arrêtent à l'année 1077. A la suite sont publiées deux 
autres œuvres de Lambert : la Vita Lulli, archiepiscopi Mogontiacensis 
(f 786), et les fragments conservés de son Libellus de institutione Her- 
veldensis ecclesix. Un « Index nominum et rerum, » un copieux « Index 
locutionum, » qui montre quels auteurs anciens Lambert a connus et 
imités, enhn une longue et savante préface, qui complète et résume 
les études précédemment publiées par M. Holder-Egger dans le Neues 
Archiv, font de ce volume une édition définitive, 

H. O. 

Eudes, comte de Paris et roi de France (882-898), par Edouard 
Favre. Paris, E. Bouillon, -1893. In-8°. (99« fascicule de la Biblio- 
thèque de l'École des hautes-études.) 

C'est à l'enseignement si fécond de MM. Monod et Giry que nous 
devons le beau volume de M. E. Favre sur Eudes, comte de Paris et 
roi de France. Entrepris en 1879, ce travail a été poursuivi par son 
auteur à travers tant d'obstacles et de retards qu'il a pu prendre place 



356 BIBLIOGEAPHIE. 

dans une série d'études consacrées à l'époque carolingienne dont le 
projet a été élaboré en 4888 par les membres de l'une des conférences 
d'histoire de l'École des hautes-études*. 

Le règne d'Eudes n'est, comme le dit M. Favre, qu'un épisode de 
la décadence carolingienne. Durant ces dix années (888-898), rien n'a 
été créé au point de vue des institutions. Au point de vue dynastique, 
c'est autre chose : le prestige et l'inviolabilité de la royauté sont mor- 
tellement atteints. L'empire d'Occident a été démembré. Un homme 
nouveau est monté sur le trône; il a créé ainsi un précédent ; il a donné 
une forme précise à un pouvoir encore vague avant lui, celui de duc 
des Francs, et il a fixé ce pouvoir dans sa famille. 

La nationalité de M. Favre lui assurait toute l'impartialité désirable 
pour bien traiter la question de l'extraction des Robertiens. C'est par 
là que commence son livre (p. 3) et c'est aussi par là qu'il finit (appen- 
dices I et IV). L'auteur combat les diverses hypothèses par lesquelles 
on a tenté de remplacer le témoignage de Richer appuyé de celui d'Ai- 
moin, et il fortifie la probabilité de l'origine saxonne de Robert le Fort 
par un argument nouveau tiré du refus de ce dernier de participer à 
l'amnistie de Goblentz signée, grâce à la médiation de Lothaire, par 
Charles le Chauve et Louis le Germanique, en 860. 

M. Favre nous paraît de même avoir dégagé nettement (p. 11 et 
appendice III) la genèse du pouvoir du dux Francorum, ou plutôt, car 
cette appellation ne se prenait pas encore, du titulaire du ducatus rcgni, 
c'est-à-dire d'un « rectorat, » d'une « gérance, » dont le détenteur était 
le premier du royaume après le souverain, un régent, un gouverneur 
aux lieu et place du prince mineur, incapable ou absent. Il n'y a pas 
eu de « duché de France, » circonscription territoriale ; il y a eu un 
a duc des Francs » (la dénomination de dux Francorum apparaît en 892) 
dont l'autorité s'exerçait sur la Francia et la Neustria, parfois aussi sur 
la Burgundia et VAquitania. 

Les principaux événements du règne au sujet desquels il a été donné 
à M. Favre de faire preuve d'originalité sont les invasions des Nor- 
mands, les relations d'Eudes avec ses différents compétiteurs et sa lutte 
contre Charles le Simple. 

Depuis le commencement du siècle, les Normands brûlaient nos 
villes et ravageaient nos campagnes : ils avaient tué Robert le Fort 
dans une expédition (866) 2. Aussi la place qu'ils occupent dans notre 
histoire à cette époque est-elle des plus considérables. M. Favre l'a 
compris, et, mettant à profit sa connaissance approfondie de la langue 

1. Cf. dans F. Lot, les Derniers Carolingiens (Paris, E. Bouillon, 1893, in-8*), 
la préface de M. A. Giry. 

2. La bataille de Rrissarthe, qui est datée de 866 (p. 6), l'est ensuite, par 
erreur, de 8G7 (p. 121). 



BIBLIOGRAPHIE. 357 

danoise, il a peint de main de maître (appendice II), et d'après les his- 
toriens du pays, Worsaae, Steenstrup, Storm et Nicolaysen, un tableau 
richement coloré des royaumes et des peuples Scandinaves. Il a retracé 
aussi à grands traits la série ininterrompue des audacieuses incursions 
de ces Yikings qui provoquaient l'admiration des Francs et causaient 
en même temps leur terreur. Son récit du siège de Paris y gagne en 
vie, en mouvement; il est, en outre, plus complet et plus détaillé 
qu'aucun autre. Mais l'étude du siège de Sens avait été faite plus 
minutieusement encore, s'il est possible, dans un article de revue qui 
certainement a échappé à l'attention de M. Favre et que nous nous 
permettons de lui signaler ^. 

Examinant les phases diverses de l'opposition faite à l'avènement 
d'Eudes par Foulques, archevêque de Reims, parent du principal et 
premier de ses compétiteurs, Gui de Spolète, M. Favre a su trouver le 
mobile essentiel de cette opposition, savoir la détention illégale par le 
roi éventuel de riches abbayes telles que Saint-Martin de Tours (p. 100). 
Avec Arnoul, roi de Germanie, dont il soutint ensuite les prétentions, 
l'archevêque ne pouvait que gagner : le fait de la séparation des deux 
royaumes francs, celui de l'Est et celui de l'Ouest, livrait, en effet, à 
des déprédations continuelles les nombreux domaines que l'église de 
Reims possédait dans le diocèse de Cologne et ailleurs (p. 102). 

Le caractère des rapports qui s'établirent par après entre Eudes et 
Arnoul n'avait jamais été si nettement défini. Eudes, M. Favre l'éta- 
blit, n'a pas été, comme l'ont supposé les historiens allemands, le 
« vassal » d' Arnoul. Mais, bien que leurs rapports fussent ceux « de 
souverain à souverain 2, » Arnoul exerça sur Eudes une sorte de « sénio- 
rat moral » (p. 115) dont les obligations étaient vagues et indétermi- 
nées, sauf une, celle de relations pacifiques et amicales. 

Les négociations par lesquelles se termina la lutte engagée entre 
Eudes et Charles le Simple constituent peut-être la partie la plus neuve 
des recherches de M. Favre (p. 183), qui a délimité d'une façon nette 
et précise le territoire du pays de Laon donné pour locus refugii à l'hé- 
ritier des Carolingiens (p. 190). Mais l'auteur est moins sur quand il 
énumère les possessions d'Eudes. Ainsi, et pour ne citer qu'un exemple, 
il dit que la frontière du royaume franc contournait, à l'est, le pays de 
Chalon et de Màcon (p. 94). Or, Guillaume le Pieux, duc d'Aquitaine, 
et son beau -père, Boson, roi de Provence, tinrent successivement 



1. Siège de Sens par les Normands (886-887), par M. Prou, dans l'Icauna, 
revue, t. I, 1881, in-8% p. 88. 

2. Cela n'empêche pas M. Favre de reprocher phis loin (p. 167) à Arnoul 
d'avoir « trahi » Eudes, d'avoir « manqué à son premier devoir de seigneur à 
son égard, celui de le défendre. » 



358 BIBLIOGRAPHIE. 

deux mais à Mâcon, aux mois de février et de mars 887^ . En l'an 900 
encore, Louis l'Aveugle donna au comte Hugues, fils du comte Richard, 
des biens qu'il avait dans le comté de Màcon^. Enfin, un acte passé à 
Mâcon, devant le comte Lieutaud, le 2 novembre 905, est daté du règne 
de Louis l'Aveugle, fils de Boson ^. De ces documents, que M. Favre 
aurait pu citer et dont il aurait dû discuter la portée, il semble résulter 
que, sous le règne d'Eudes, le Maçonnais, en partie sinon en totalité, 
appartenait aux rois de Provence. 

Conformément au plan adopté par les membres de la conférence 
d'histoire de l'École des hautes-études qui ont entrepris la rédaction 
des Annales de l'histoire de France à l'époque carolingienne, M. Favre a 
réservé pour une autre série de publications le catalogue descriptif et 
critique des actes du comte et roi Eudes. Il n'a cependant pas renvoyé 
à ce volume à venir, et nous lui en savons le plus grand gré, les cinq 
chartes inédites qu'il a eu l'heur de découvrir. Mais nous avons le droit 
de nous étonner de l'absence, dans son livre, d'une étude numisma- 
tique : on sait en effet combien est vif l'intérêt qu'offrent les monnaies 
d'Eudes, les seules de toute la série carolingienne qui soient datables, 
puisque ce souverain a été l'unique de son nom. 

Quoi qu'il en soit, le volume de M. Favre mérite les plus grands 

éloges ; les solutions atteintes ou proposées par l'auteur augmentent et 

de beaucoup le patrimoine de nos connaissances historiques. Ce n'est 

plus Mourin ni Kalckstein que l'on consultera désormais au sujet 

d'Eudes et de son temps, ce sera M. Favre. 

L. Lex. 

Istoria del re Giannino di Francia, a cura di Latino Maccari. Siena, 
lip. Garlo Nava, J893. In-8% Lx-20^ pages. 4 1. 

Sous le règne de Jean le Bon, le fils d'un marchand siennois, Giannino 
di Guccio Baglioni, revendiqua la couronne de France comme étant le 
fils et l'héritier légitime de Louis X et de Clémence de Hongrie ; on 
aurait substitué au fils posthume de Louis le Hutin l'enfant du mar- 
chand de Sienne, et le prince royal aurait été élevé à Sienne. Quelques 
lignes de Villani, une lettre du pape Innocent VI, publiée par Baluze 
dans ses Vitee paparum Avenionensium, mentionnent le fait; au siècle 
dernier, un littérateur italien, Girolamo Gigli, annonça la publication 
des mémoires autobiographiques de ce prince ou de cet aventurier ; sou 

1. Cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon, publié par M.-C. Ragut. Mâcon, 
1864, in-4'>, charte CLII. 

2. Dorn Bouquet, Recueil des historiens des Gaules, t. IX, p. 680. 

3. Recueil des chartes de l'abbaye de Clunij, formé par A. Bernard et publié 
par A. Bruel, t. I (Paris, 1876, in-4°), charte XC. 



BIBLIOGRAPHIE. 359 

manuscrit, préparé pour l'impression et dont une copie se trouve à la 
Bibliothèque nationale dans les papiers de Laporte du Theil, est resté 
inédit. 

C'est ce document que publie M. Maccari. Nous nous contenterons 
aujourd'hui de l'annoncer, sans entreprendre la discussion des questions 
que soulève ce texte. Il doit en paraître, — bientôt sans doute, — une 
autre édition par M. Curzio Masi, et qui est annoncée depuis déjà un 
certain temps. Sans prendre part dans la querelle qui divise ces deux 
érudits, l'on peut dire qu'il semble que M. Curzio Masi, — à n'en juger 
même que par la critique, un peu acerbe, qu'il a donnée du travail de 
son concurrent dans le Giornale storico délia letteratura italiana (l^r fasc. 
de 1894), — soit mieux préparé à cette publication. Je crois donc devoir 
attendre son volume pour discuter tout ensemble, et ses conclusions et 
celles de M. Maccari, et la valeur de leurs publications respectives. 

E.-G. Ledos. 

Emile BuRGAUD et commandant Bazeries. Le Masque de fer, révéla- 
tion de la correspondance chiffrée de Louis XIV. Étude appuyée 
de documents inédits des Archives du dépôt de la guerre. Paris, 
Firmin Didot, -1893. In-^8, 302 pages. 

Dans une dépêche chiffrée envoyée par Louvois à Catinat en Italie, 
le 8 juillet 1691, les auteurs du présent livre ont lu : « [Sa Majesté] 
désire que vous fassiez arrester monsieur de Bulonde et le fassiez con- 
duire à la citadelle de Pignerol, où Sa Majesté veut qu'il soit gardé 
enfermé pendant la nuit dans une chambre de laditte citadelle, et, le 
jour, ayant la liberté de se promener sur les remparts avec..., a et ici 
le chiffre 330, qui ne se retrouve nulle part ailleurs, et dont on ne peut 
imaginer le sens que par hypothèse. M. Burgaud a voulu lire « avec 
un masque; » un autre lirait avec autant d'autorité toute autre chose et 
voilà la base sur laquelle MM. Burgaud et Bazeries ont fait reposer leur 
thèse que le fameux masque de fer serait Vivien Labbé, seigneur de 
Bulonde, lieutenant général des armées du roi, incarcéré pour avoir 
levé précipitamment le siège de Coni. Ils n'ont pas d'autre preuve. 

La lecture du livre n'entraîne pas la conviction. On ne s'explique pas 
pourquoi l'identité d'un personnage peu important, à peine connu des 
contemporains, et dont la disparition n'a produit aucune sensible émo- 
tion, aurait été entourée de tant de mystères. 

D'ailleurs, non seulement la thèse de M. Burgaud est invraisem- 
blable, mais on peut encore prouver qu'elle est complètement erronée. 
Il faut, pour que Bulonde soit le masque de fer, qu'il meure le 19 no- 
vembre 1703. C'est ce qu'affirment les auteurs. Ils n'ont pas consulté le 
dossier Labbé de Bulonde du Cabinet des titres de la Bibliothèque 
nationale. Ils y auraient vu au tome 1612 des pièces originales, dos- 



360 BIBLIOGRAPHIE. 

sier 37417, numéro 22, une quittance de ce personnage datée du 28 no- 
vembre 1705, et au numéro 10 une note portant que Bulonde est mort 
en 1709. Il n'y a pas lieu d'insister. Bulonde ne peut pas être le masque 
de fer^. 

Signalons dans cet ouvrage comme intéressante la publication de 
documents tirés du dépôt de la guerre, contenant la correspondance 
qui a trait aux événements militaires de cette époque en Italie, et le 

déchiffrement des dépêches du gouvernement. 

Louis Batiffol. 



La Faculté de théologie de Paris et ses docteurs les plus célèbres, 
par l'abbé P. Féret. Moyen âge. Tome I". Paris, A. Picard et fils, 
1894. In-8% LXiv-367 pages. 

Voilà un sujet d'étude assurément très intéressant, mais peut-être 
M. l'abbé Féret, tout érudit qu'il soit, a-t-il été bien ambitieux en vou- 
lant l'aborder. S'il est des ouvrages desquels on dit qu'ils sont défini- 
tifs, tel n'est pas à notre sens le cas de celui-ci. 

Avec l'introduction, nous assistons aux origines de l'Université de 
Paris et à son organisation aux xii« et xni" siècles, mais le récit manque 
de clarté et de précision. Il n'y a rien que de vague dans cette histoire 
de la pré-Université, de l'école palatine plus fameuse par le renom que 
par ce qu'on en sait, des écoles de Notre-Dame et de Sainte-Geneviève. 
Quand M. l'abbé Féret inaugure le mot Université, c'est, croyons-nous, 
sans l'avoir amené d'une façon suffisante, et cela parce que l'auteur n'a 
pas su faire jaillir la clarté, même pour lui, de tous les nombreux textes 
qu'il a parcourus. Sans doute on comprend, au milieu de la profusion 
du récit quelque peu délayé, que Philippe-Auguste eut l'idée de consti- 
tuer les nombreuses écoles de sa capitale en une corporation qu'il dota 
de privilèges, que Robert de Gourçon rédigea les statuts de l'Université 
naissante (1215), et que nul ne put désormais enseigner à moins d'être 
licencié, mais encore faudrait-il répéter des choses connues, avec plus 
de vigueur et de netteté. 

Ge n'est donc pas sans quelque illusion, toujours à notre avis, que 
l'auteur dit (p. xlii) : « Nous venons de décrire les origines et les déve- 
loppements de l'Université de Paris... » 

Si l'introduction manque un peu de précision, l'histoire de la Faculté 
de théologie n'est guère plus lumineuse. C'est moins l'histoire de la 
Faculté que celle de ses principaux maîtres, tâche des plus difficiles. 
Toutes ces biographies, malgré l'intérêt qu'elles peuvent offrir, sont-elles 
bien ce qu'elles devraient être? Si nous ne craignions d'attrister M. l'abbé 

1. M. Gcofl'roy de Giandmaison a déjà signalé ces documents dans un article 
de l'Univers du 9 janvier 1894. 



BIBLIOGRAPHIE. 36^ 

Féret, nous répondrions peut-être par — non. Pour être juste, nous 
ajouterons que, si l'étude des grands docteurs du moyen âge peut réussir 
avec un raaitre comme M. Hauréau, que l'auteur a cité fréquemment 
dans son livre, il ne s'ensuit pas que d'autres indistinctement puissent 
le faire avec le même bonheur. 

Pourquoi aussi M. l'abbé Féret a-t-il cru devoir scinder certaines de 
ses biographies? Si nous prenons un instant contact avec Hugues de 
Saint- Victor au chap. idu livre I, nous ne le retrouvons qu'au chap. iv 
du même livre ; de même pour Pierre Lombard, dont la biographie se 
trouve répartie entre les chap. i et ni du liv. I et le chap. m du liv. II. 
On pourrait en dire autant de la notice relative à Abélard. D'une manière 
générale, le livre I est consacré aux biographies des maîtres en théolo- 
gie aux xi^ et xn« siècles (Hugues de Saint- Victor, Pierre Lombard, 
Pierre Gomestor, Joscelin, Guillaume de Ghampeaux, etc.) ; le livre II 
aux collèges théologiques de la première moitié du xni^ siècle (collèges 
réguliers et séculiers), et le livre III aux divers docteurs de la Faculté 
de théologie pour cette même époque : docteurs séculiers français et 
anglais (Jacques de Vitry, Jacques Pantaléon ou Urbain IV, Alexandre 
Neckam, Etienne Langlon, Jean Blond ou Blount, etc.), docteurs fran- 
ciscains (Haymon de Feversham, Alexandre de Halès), docteurs domi- 
nicains (Roland de Crémone, Hugues de Saint-Cher), et les maîtres ou 
docteurs des autres ordres religieux. 

C'est donc surtout un volume de biographies, composées à l'aide de 
notes nombreuses et consciencieuses, assez bien reliées entre elles, mais 
pas toujours cependant. Il est des cas où la juxtaposition apparaît trop 
et où l'auteur, négligeant les transitions, n'a pas su rendre invisible le 
fil qui les rattachait. 

II y avait cependant à traiter dans ce livre de figures peu vulgaires ; 
quelques-unes même, pour être mieux connues en apparence, pouvaient 
donner matière à réflexions, ne serait-ce que sur la vie et les mœurs 
religieuses au xn^ siècle. Par exemple, s'il s'agit de nous faire connaître 
la figure inquiète d'Abélard, il ne suffira pas de le faire comme M. l'abbé 
Féret, assez sèchement, en annaliste; il y a, semble- t-il, mieux à faire. 

A. T. 0. 

La Bastille, histoire et description des bâtiments, administration, 
régime de la prison, événements historiques, parFernandBouRNOiv. 
Paris, Imprimerie nationale, -1893. \ vol. gr. in-4°. (Collection de 
l'Histoire générale de Paris.) 

La série nombreuse de publications dont la Bastille a été l'objet 
depuis 1889 vient d'être close par l'important ouvrage de M. Fernand 
Bournon, où l'on trouvera l'histoire définitive, et il est presque permis 
de dire, — puisque le livre est imprimé par la municipalité parisienne, 



362 BIBLIOGRAPHIE. 

— officielle, de la célèbre forteresse dont le rôle, puis la chute ont 
été l'objet de tant de discussions. L'œuvre de M. Bournon est ce qu'on 
devait attendre d'un érudit, ancien élève de l'École des chartes, rompu 
aux travaux historiques ; elle est forte et impartiale. 

Dans l'introduction, l'auteur passe en revue les divers travaux qui ont 
été consacrés avant lui à l'histoire de la Bastille et justifie aisément le 
plan de son ouvrage. Nous y trouvons occasion de faire une réserve ; 
c'est d'ailleurs la seule que nous aurons à formuler. M. Bournon dit 
qu'il n'a pas jugé utile de dresser une liste complète des prisonniers 
ayant séjourné à la Bastille. Nous croyons au contraire que cette liste 
aurait rendu les plus grands services. Il eût d'ailleurs été facile de la 
disposer en tableaux comprenant les nom et prénoms, dates d'entrée et 
de sortie, et motifs de la détention de chaque prisonnier, avec l'indica- 
tion des ministres ayant contresigné les lettres de cachet. L'absence de 
cette liste est, à nos yeux, la seule lacune que présente l'ouvrage de 
notre savant confrère. 

La première partie du volume est consacrée à l'histoire et description 
des bâtiments de la « Bastille-Saint-Antoine » depuis le 22 avril 1370, 
date où le prévôt Hugues Aubriot en posa la première pierre, jusqu'à la 
veille de la prise de la forteresse par les Parisiens. Le texte, solidement 
étayé de pièces d'archives, est illustré par divers plans, dus aux archi- 
tectes des xvip et xv!!!** siècles, qui ont été admirablement reproduits à 
l'héliogravure par M. Dujardin. 

La deuxième partie contient l'histoire de l'administration de la Bas- 
tille, budgets et fonctions de la garnison et du personnel depuis le capi- 
taine-gouverneur jusqu'aux humbles porte-clés. On y rencontre (p. 76-95) 
une liste, accompagnée de notices sommaires, des capitaines-gouverneurs 
du château depuis le premier en date, Jean La Personne, vicomte 
d'Acy, jusqu'à l'infortuné Jourdan de Launey, massacré par les Pari- 
siens, le 14 juillet 1789. Cette liste était très difficile à établir, surtout 
pour les années précédant 1659, date des plus anciennes pièces conser- 
vées aux archives de la Bastille. Aussi bien n'est-il pas surprenant 
qu'elle renferme quelques lacunes. Joachim de Chàteauvieux ne succéda 
pas à Sully dans la charge de gouverneur de la Bastille ; Sully s'en était 
dessaisi en faveur d'un gentilhomme huguenot de ses amis, Daniel de 
Massue, seigneur de Ruvigny. M. Galtier de la Roque, à qui nous 
empruntons ce détail {le Marquis de Ruvigny, p. 32), ajoute : « Cette 
charge était d'ailleurs une sinécure, car ces murs célèbres enfermèrent 
à peine deux ou trois prisonniers durant tout le règne de Henri IV. » 

— « Henri IV, dit M. Bournon, avait eu de la forteresse une autre con- 
ception, et ce fut l'épargne du trésor royal qu'il mit à l'abri de ces 
épaisses murailles. » 

Cette observation nous amène à la troisième partie de l'ouvrage : le 
régime de la prison. C'est la moins neuve; il ne pouvait en être autre- 



BIBLIOGRAPHIE. 363 

ment à cause des nombreuses investigations dont le régime de la Bas- 
tille a été l'objet, parmi lesquelles il faut placer en première ligne la 
magistrale introduction mise par François Ravaisson en tête de ses 
Archives de la Bastille. M. Bournon dit avec raison : « L'histoire des 
prisonniers n'a plus guère de secret, sauf pour les écrivains qui n'ont 
pas voulu l'étudier dans les documents ou pour ceux qui, malgré tout, 
ont apporté dans cette étude des idées préconçues. » Néanmoins, dans 
cette partie même, l'auteur produit des textes importants qui étaient 
demeurés inconnus avant lui, tel ce précieux « Estât des prisonniers qui 
sont au chasteau de la Bastille » du temps de Richelieu, état qui con- 
tient non seulement les noms des prisonniers, mais les motifs de la 
détention, et que M. Bournon a eu la bonne fortune de retrouver dans 
les Archives du ministère des Affaires étrangères. 

Page 119, M. Bournon écrit : « Le nombre de protestants que reçut 
la Bastille entre 1685 et 1700 est incroyable et même ne sera jamais 
exactement connu. » Ce nombre n'est pas aussi considérable que notre 
confrère imagine, et il peut être connu à une unité près. En 1691, par 
exemple, la Bastille reçut, en tout et pour tout, vingt-quatre prisonniers; 
en 1692, vingt-six; en 1693, vingt; en 1694, vingt-six; en 1695, neuf; 
en 1696, neuf; en 1697, sept; en 1698, sept; en 1699, vingt-neuf, et en 
1700, vingt-huit; et, sur ces chiffres, celui des protestants ne s'élève pas 
au tiers. Voici un cas, entre autres, où apparaît l'utilité de ces listes 
de prisonniers dont, au cours de son introduction, notre confrère fait fi. 

Dans ce même passage, M. Bournon écrit : « Le 4 août 1690, Gardel, 
ministre de la religion réformée, entra à la Bastille et y resta jusqu'à sa 
mort, le 13 juin 1715, c'est-à-dire vingt-cinq ans. Sa détention était 
donc perpétuelle, et son seul crime, d'après l'observation mise par Che- 
valier en face de son nom, est qu' « il estoit de la religion. » Gardel, 
n'avait pas seulement été arrêté et écroué pour cause de « R. P. R. » 
comme disent les textes, mais pour des motifs plus graves; de plus, 
à la Bastille, Gardel avait assassiné un de ses gardiens, ou bien l'un 
de ses compagnons de captivité ; notre mémoire n'est plus en ce 
moment fixée sur ce point, mais c'est certainement l'un ou l'autre ^. 

Ces réserves, portant sur des détails infimes, n'atténuent en rien l'ap- 
probation que nous devons à la manière vive et précise dont M. Bournon 
a traité du « régime de la Bastille, » d'après les meilleures sources 
consciencieusement compulsées. Celles-ci corroborent les conclusions 
qui avaient été posées peu de temps auparavant et qui peuvent être 
résumées dans deux citations que nous tirons, la première d'une lettre, 

1. Cf. les mémoires de Constantin de Renneville. J. Cardel était devenu fou 
furieux. Voy. à ce sujet et sur les motifs de son arrestation une note de d'Ar- 
genson conservée aux Archives de la Bastille, Bibl. de l'Arsenal, ras. 10,489. 



364 BIBLIOGRAPHIE. 

en date du 19 février 1713, de Voysin à d'Argenson', la seconde d'un 
rapport sur la Bastille adressé à Louis XIV vers 1694 2. 

« Beaumanielle, écrit Voysin, ne mérite pas assez de ménagement 
pour être tiré du Ghâtelet et mis à la Bastille. » — Nous lisons dans le 
rapport à Louis XIV : « Porcelet estoit allé en Italie disant estre chargé 
par M. de Pontchartrain de négocier la paix...; on peut l'envoyer dans 
un chasteau pour y estre nourri à meilleur marché qu'à la Bastille. » 

La quatrième et dernière partie est consacrée aux « événements his- 
toriques »; on la jugera peut-être la plus remarquable du livre. Elle est 
couronnée par un récit de la prise de la Bastille, le 14 juillet, véritable- 
ment digne de l'histoire impartiale et dégagé de toutes préoccupations ou 
passions personnelles, accompagné en outre de pièces justificatives d'un 
réel intérêt et nouvelles, ce qui ne laissera pas d'être un sujet d'éton- 
nement pour tous ccu.x qui se sont occupés de cette journée célèbre, sur 
laquelle on a tant écrit et tant publié. 

Nous souhaitons d'avoir montré l'importance du beau livre de M. Fer- 
nand Bournon, livre bien ordonné, solidement et richement documenté, 
impartial dans ses appréciations et écrit d'un style limpide et rapide 
qui a su charmer l'Académie française elle-même^. 

Frantz Funck-Brentano. 



La Tunique sans couture de Notre-Seigneur Jésus-Christ conservée 
dans V église d^Argenteuil. Essai critique et historique publié... 
par TabBé A. Jacqukmot. Lille, Société de Saint-Augustin, Desclée, 
de Brouwer et G'% ■1894. In- 16, 300 pages. 

Nous ne dirons rien de cet Essai au point de vue de la croyance à 
apportera la relique. Relique ou non, l'autour do ce livre se trouvait en 
présence d'un fait palpable, l'existence d'une tunique conservée précieu- 
sement à Argenteuil et qui déjà au xii'= siècle était considérée comme 
ayant appartenu au Christ. 

La ville de Trêves possède aussi, il est vrai, un vêtement de même 
provenance et dont l'histoire est peut-être mieux établie. Cette dualité 
n'a en soi rien qui puisse infirmer leur origine présumée; car, en 
admettant leur égale antiquité, il est permis de penser que Jésus, 
quoique pauvre quant aux biens de ce monde, a pu avoir néanmoins 
deux robes, l'une de dessous, l'autre de dessus. 

Bien avant M. l'abbé Jacquemot, cette tunique avait été l'objet 
d'études sérieuses; nous citerons entre autres celle d'un religieux de 

1. Piibl. par Ravaisson, Archives de la Bastille, XIII, 69. 

2. Bibl. nat., fonds Ciairambault, 283, fol. 345. 

3. On sait que rAcadémie française a décerné à Fern. Rournon une fraction 
importante du prix Thérouanne. 



BIBLIOGRAPHIE, 365 

Saint-Maur, dom Gerberon, de qui on a une Histoire de la robe sans 
coulure de N.-S., conservée à Argentcuil. En dehors des incidents qui 
ont pu surgir depuis, M. l'abbé Jacquemot ne pouvait guère que reprendre 
le travail de son devancier, tout en y ajoutant des détails nouveaux et 
en soumettant les quelques documents épars intéressant son sujet à 
l'autorité d'une critique moderne mieux entendue. 

Il y a de plus un côté absolument inédit dans ce livre, et non à 
dédaigner, c'est l'étude objective de la tunique. Des chimistes distin- 
gués, après avoir examiné un fragment du vêtement d'Argenteuil, n'ont 
pu en effet que confirmer la tradition établie en venant conclure certai- 
nement à la haute antiquité du tissu, en tout analogue à ceux que l'on 
a tissés dans les deux premiers siècles de l'ère chrétienne. 

Or, que dit la tradition ou, si vous préférez, que lui fait-on dire? Que 
Constantin, fils de l'impératrice Irène, aurait fait présent de la sainte 
robe à Gharlemagne, et que celui-ci la fit apporter à Argenteuil sur les 
une heure de l'après-midi, pour la confier à l'abbaye où était sa fille 
Théodrade. Il est bien entendu que pour toute cette période il n'existe 
ou ne subsiste aucun document écrit. 

Viennent les invasions des Normands, et la relique est cachée, puis 
oubliée. Ce n'est qu'en 1156 qu'elle est retrouvée; cependant on sait que 
l'empereur Charles le Chauve donna une parcelle de la tunique sans 
couture au roi anglo-saxon Ethelwulf, et M. l'abbé Jacquemot pense, 
non sans quelque raison, que la parcelle en question devait provenir 
de la tunique d'Argenteuil. 

De l'époque carolingienne au xn" siècle, la tunique passe donc ina- 
perçue, jusqu'au jour où Hugues, archevêque de Rouen, assisté de nom- 
breux prélats et en présence du roi de France, en fait une ostension 
solennelle (1156). Ce dernier fait est indéniable; il se trouve en effet 
consigné dans une notice de peu postérieure à l'année 1156, absolument 
authentique et dont on trouvera un fac-similé dans l'ouvrage. 

A dater de cette époque, il n'est pas de siècle où il ne soit fait quelque 
mention de la robe d'Argenteuil, de « l'habillement » comme l'appelle 
un chroniqueur du xv^ siècle. M. l'abbé Jacquemot a conté d'ailleurs 
tous les faits qu'il a pu recueillir en un style clair et précis ; on pourra 
peut-être mettre en doute que la tunique d'Argenteuil, même en remon- 
tant aux débuts de l'ère chrétienne (ce qui ne paraît pas douteux après 
l'analyse des chimistes), soit précisément l'une de celles que portait le 
Christ lorsque sa dépouille eut été mise au sort; l'intéressante étude 
de M. l'abbé Jacquemot n'en était pas moins à signaler. 

A. Trudon des Ormes. 

Les Jurades de la ville de Bergerac, tirées des registres de Vhôtel 
de ville, par G. Charrier. Bergerac, •^892-^893. 2 vol. 

La publication des documents relatifs à l'histoire municipale du Sud- 



366 BIBLIOGRAPHIE. 

Ouest se développe, pour le plus grand profit de la science. On a imprimé 
nombre de chartes de coutumes, et c'est une source précieuse d'infor- 
mations; mais il me paraît que les registres de comptes et de délibé- 
rations sont plus intéressants encore. Il faut reconnaître, en effet, que 
les textes de coutumes sont généralement copiés les uns sur les autres; 
chacun d'eux ne présente qu'un petit nombre de dispositions spéciales, 
de telle sorte qu'il n'existe pas de proportion entre l'effort que demande 
la publication et l'apport de notions nouvelles, qui se réduit ordinaire- 
ment à peu de chose. D'autre part, les coutumes municipales, comm.e 
tous les textes législatifs, représentent-elles bien exactement le droit 
vrai, tel qu'il était pratiqué? N'était-ce pas plutôt, sur bien des points, 
un droit théorique et scientifique, à côté duquel coexistaient des usages 
quotidiennement suivis ? Dans l'étude des registres de délibérations, ces 
objections préliminaires ne se présentent pas. Incontestablement, ces 
registres nous permettent de saisir sur le vif l'organisation véritable, le 
fonctionnement réel des communes. Ce ne sont pas des codifications 
savantes formées par des juristes trop érudits ; ce sont des faits con- 
crets, c'est la vie même de la cité, enregistrée au jour le jour. Aussi 
faut-il savoir gré à M. Charrier de l'idée qu'il a eue de donner au public 
ces Jurades. 

Peut-être la réalisation de cette idée donne-t-elie lieu à des réserves. 
Le format du petit in-S" carré à grandes marges ne se prête guère à un 
travail de ce genre. De plus, les érudits regretteront que l'éditeur n'ait 
pas donné le texte intégral des registres : tel passage, que M. Charrier 
a négligé, aurait été précieux pour un autre travailleur. Enfin l'inser- 
tion de notes explicatives dans le texte, entre parenthèses et sans carac- 
tère typographique spécial, est une disposition malheureuse. Voici, par 
exemple, le début de la première délibération : 1352, 27 juillet. « De 
voluntat e de cossentamen dels juratz dejus escritz, es ordenat que totz 
los mazelicrs (les marchands qui vendaient aux Mazeaux) de la vila de 
Bragayrac, paguen c sian tengutz de paguar als senhors cossols (con- 
suls , aujourd'hui conseillers municipaux) de l'an presen, vi deniers 
per Ihioras (par livre) de totas las carns, » etc. 

L'inconvénient de ces notes entre parenthèses s'accentue lorsque les 
notes ainsi placées au milieu d'une phrase prennent une certaine 
dimension, lorsque, par exemple, M. Charrier y a fait entrer la biogra- 
phie des personnages cités dans le texte. 

Voilà pour l'ensemble. Dans les détails, on pourrait aussi relever 
bien des négligences, des erreurs trop nombreuses de lecture ou de 
traduction. Dans le passage que j'ai cité, mazclier a. un sens bien connu : 
ce terme désigne le boucher. Page 19 : les jurats font un don à un frère 
mineur « per adjuda de sustantat et de tener son estament (testament), » 
Ce dernier mot est de trop : les jurats voulaient aider le donataire à 
tenir son état, à tenir son rang. Page 27 : « Los cossols... requereguen 



BIBLIOGRAPHIE, 367 

mestre Hel. Ayquen e Ger. Belenbaut, coma franssas (français), que 
eran de Hel. de Querci, que compliscan e fassan complir las covenens- 
sas que ilh avian fach als dichs cossols, per nom del dich Hel. de 
Querci. » Il faut lire évidemment « com a fermanssas, « comme cau- 
tions. Page 87, M. Charrier a donné un fac-similé d'une page du 
registre; il est plusieurs mots que je lirais autrement qu'il ne l'a fait : 
Peyrinh et non Peyrulh, Faure alias Bossa et non Faure at Bossa, Ramon 
et non Ramo, etc. 

Ces imperfections n'empêchent pas que les deux volumes dont je 
rends compte soient d'un haut intérêt. Sans parler des renseignements 
que l'on y trouve en abondance pour l'histoire locale, on y rencontre 
à chaque instant des noms de personnages connus ; les routiers du 
xiv« siècle notamment y occupent une large place, trop large sans doute 
au gré des populations de cette époque. On peut même voir (t. I, p. 34) 
une lettre de Duguesclin du 12 mars 1376 (n. st.). 

Nulle part peut-être on ne se rend aussi clairement compte du sys- 
tème de brigandages qui était organisé par les Compagnies. Un capi- 
taine s'installait-il dans une place des environs, il exigeait des jurais 
de Bergerac une rançon dont il fixait le chiffre, ajoutant que, si ces 
conditions étaient rejetées par la ville, il lui ferait le plus de mal pos- 
sible. Ces menaces, que notre Code pénal prévoit, étaient entourées 
d'une certaine solennité : par une odieuse parodie de la justice, les 
routiers, donnant à leurs déprédations une forme légale, allaient jus- 
qu'à exiger le droit de sceau pour le paii, la convention qu'ils extor- 
quaient ainsi. 

Bien d'autres indications sont renfermées dans ces livres, qui pour- 
ront être utilisées pour l'histoire économique et sociale de nos contrées 
durant les xiv^, xv« et xvi^ siècles ; sur la valeur de l'argent, sur l'or- 
ganisation du consulat et l'étendue de ses attributions, sur les tendances 
des municipalités, sur leur socialisme bourgeois qui les portait à inter- 
venir à tout propos dans les relations entre particuliers et à fixer le 
tarif maximum des salaires, etc., etc. Je crois en avoir dit assez pour 
faire pressentir le très grand intérêt que présentent les Jurades de la 
ville de Bergerac. 

Jean-Aug. Brutails. 

Auxi-le-Château. Histoire et description, par M. l'abbé Vitasse. 
Lille, impr. de L. Danel, -1894. In-8o, 400 pages et planches. 

Auxi-le-Ghâteau est actuellement un chef-lieu de canton du départe- 
ment du Pas-de-Calais, arrondissement de Saint-Pol. Tant par son 
passé que par ses seigneurs, cette petite ville méritait d'attirer l'atten- 
tion de quelque érudit. M, l'abbé Vitasse, curé actuel de cette localité, 



368 BIBLIOGRAPHIE. 

a voulu se charger d'en retracer l'histoire, et il l'a fait avec un soin dont 
on ne peut que le féliciter. 

Dans un gros volume orné de plusieurs gravures et d'un plan, il 
esquisse d'abord la situation topographique d'Auxi, puis consacre les 
trois livres de son ouvrage à la paroisse, à la seigneurie et, enfin, à la 
commune. Les trois chapitres du livre premier sont réservés aux curés, 
à l'église et aux communautés religieuses qui se fixèrent sur le terri- 
toire d'Auxi. L'église, monument du xvi^ siècle, est étudiée tant au 
point de vue archéologique qu'au point de vue du temporel qui assurait 
son entretien et celui du culte. 

Dans le livre deuxième, M. l'abbé Vitasse fait connaître les diffé- 
rentes familles des seigneurs d'Auxi, principalement les d'Egmont et les 
Lannoy; il énumère leurs droits de justice ou autres, leurs revenus, 
leurs propriétés, retrace l'histoire du château et donne également le 
texte de la coutume d'Auxi. 

Le dernier livre enfin offre le tableau de la vie communale tant avant 
qu'après 1789. Les institutions de bienfaisance, l'enseignement, les 
œuvres, les familles, les jeux, les coutumes, le commerce, l'industrie, 
l'agriculture, tout enfin ce qui peut intéresser dans l'histoire de ce bourg 
est successivement passé en revue. On a donc dans ce volume une 
monographie bien complète accompagnée de vingt-sept pièces justifi- 
catives, sept gravures et un plan. Les quelques défauts qu'on pourrait 
y relever, tels que l'omission de références bien précises pour certaines 
assertions ou même pour des pièces justificatives, n'enlèvent rien à la 
valeur de l'ouvrage, fait consciencieusement et pour lequel l'auteur a 
puisé dans tous les dépôts d'archives susceptibles de lui fournir des 
renseignements. 

Jules "VlARD. 



Un Picard : Antoine Erlault, confesseur de Catherine de Médicis, 
évalue de Chalon-sur-Saône, par le baron de Boxivault d'Houet. 
Compiègne, H. Lefebvre, -1894. In-8% 48 pages. (Extrait du t. VIII 
du Bulletin de la Société historique de Compiègne.) 

Notre confrère a eu l'excellente idée de faire revivre une figure que 
l'on avait parfaitement oubliée jusqu'ici, et qui eut pourtant assez de 
relief au xvi'= siècle. Antoine Erlault, fils de paysans de Mareuil-Lamotte 
(environs de Compiègne), après avoir été boursier dans un collège de 
Paris, on ne sait lequel, arriva à être prieur de la Sorbonne et rec- 
teur de l'Université ; il se distingua assez pour devenir confesseur de 
la reine Catherine de Médicis , qui le fit créer évêque de Chalon- 
sur-Saône. En cette qualité il assista au colloque de Poissy, où il joua 
un certain rôle, on sauvegardant les intérêts de la foi catholique, que 
certains prélats semblaient vouloir compromettre. Cette biographie est 



BIBLIOGRAPHIE. 369 

extrêmement intéressante, surtout parce que l'auteur a su éclairer les 
milieux, où les différentes situations de son personnage l'ont placé. 
C'est ainsi qu'il a pris occasion de nous rappeler les nombreuses fon- 
dations, qui avaient pour objet l'entretien dans les collèges de Paris de 
boursiers des diocèses de Beauvais, Noyon, Soissons, etc.; qu'il a décrit 
le régime suivi à l'intérieur de l'antique Sorbonne; raconté les détails 
de l'élection du recteur de l'Université; fait un historique très docu- 
menté du colloque de Poissy, dont il a très bien montré la physiono- 
mie; et enfin exposé les malheurs de l'évêché de Ghalon pendant 
l'épiscopat d'Erlault, les attentats commis par les protestants, qui réus- 
sirent à faire de celui-ci leur prisonnier, etc. En résumé, c'est un 
ouvrage qui dépasse de beaucoup les limites d'une monographie ordi- 
naire; il sera utile à consulter par les érudits, qui y trouveront de 
curieux renseignements, dont ce compte rendu a essayé de donner un 
aperçu. 

L.-H, Labande. 



Cartulaire de l'église collégiale de Saint-Pierre de Lille, publié par 
E. HACTcœuR, prélat de la maison de Sa Sainteté, chancelier des 
Facultés catholiques de Lille. Lille, L. Quarré; Paris, A. Picard, 
4894. 2 vol. in-8°, xxvii-^2^0 pages. 

Fondée en 1055 par Baudouin IV, comte de Flandre, la collégiale de 
Saint-Pierre remonte, sinon à l'origine, au moins au premier dévelop- 
pement de l'agglomération lilloise. Elle en fut le centre; elle lui donna 
l'impulsion et la vie, et l'on sait avec quelle rapidité la bourgade assise 
auprès du château du Bue devint une des villes les plus importantes 
du comté de Flandre : « Le chapitre de Saint-Pierre possédait les droits 
de seigneurie sur une portion notable du territoire ; il avait le patronat 
ecclésiastique de toutes les paroisses de la ville. A ces divers titres, les 
chartes de Saint-Pierre sont, pour l'histoire de Lille dans la première 
période de son existence, une source d'autant plus précieuse qu'elle est 
à peu près la seule jusque bien avant dans le xm^ siècle. » 

Ceci dit assez quel intérêt pouvait présenter un recueil des chartes 
de la vieille collégiale et combien Mgr Hautcœur avait raison d'entre- 
prendre ce travail. Il existe aux archives du Nord deux anciens cartu- 
laires : l'un, dit le Decanus, parce qu'il était à l'usage du doyen, achevé 
vers 1295, contient 375 pièces; l'autre, le Liber catenatus, ainsi nommé 
de la chaîne qui le retenait attaché à un pupitre, terminé en 1316, reçut 
des adjonctions successives jusqu'en 1500; il contient 616 pièces pour 
la période antérieure à 1300. 

L'éditeur donne une description de ces précieux cartulaires ; il énu- 
mère ensuite et décrit les autres manuscrits, au nombre de dix, qu'il a 
employés : Répertoire du chanoine Le Bon (2 vol. in-fol., xvni" siècle), 
] 894 24 



370 BIBLIOGRAPHIE. 

Livre des Serments (xvi^ siècle), Cartulaire des Frères prêcheurs de Lille, 
Annales de l'église collégiale de Lille, depuis sa fondation jusqu'en 13Sk, 
etc. Outre ces recueils, les archives de la collégiale existent encore au 
dépôt du Nord, conservées pour leur plus grande partie; elles y sont 
représentées par 46 cartons abritant de 80 à 100 pièces, originaux, vidi- 
mus ou copies, par 26 portefeuilles et 28 liasses contenant les documents 
de moindre importance, par 250 registres ou volumes renfermant les 
comptes réunis et groupés par séries; en outre, des briefs de rente, des 
terriers, de petits cartulaires, etc. 

Quelques pièces et quelques volumes ont été distraits de cette collec- 
tion et se retrouvent, soit dans d'autres fonds des archives départemen- 
tales, soit à la bibliothèque de Lille, soit ailleurs. Avec les cliartes ori- 
ginales, fort nombreuses, il faut signaler une série de comptes qui, 
malgré ses lacunes, remonte au xm« siècle; nul doute que Mgr Haut- 
cœur n'en tire un excellent parti pour l'histoire qu'il prépare de la col- 
légiale de Saint-Pierre. 

La description de ces sources manuscrites est suivie de la liste des 
ouvrages imprimés auxquels l'éditeur a emprunté des extraits ou des 
citations. 

Les recherches faites dans ces collections et ces recueils lui ont per- 
mis de publier in extenso ou par analyse et extraits 1,554 pièces, sans 
compter les appendices, du xi^ siècle à la fin du xv^ ; sur ce nombre, 
810 sont antérieures au xiv« siècle. Ces documents sont rangés dans 
l'ordre chronologique, transcrits avec le plus grand soin d'après les ori- 
ginaux toutes les fois que l'éditeur a pu les retrouver, précédés de la 
date, ramenée au calendrier usuel, et d'une brève analyse de la pièce, 
suivis de l'indication des sceaux, des sources, des vidimus s'il y a lieu, 
des ouvrages où la pièce est imprimée en tout ou en partie; çà et là 
quelques notes fournissent des éclaircissements sur les personnages 
mentionnés, sur certains faits ou sur les noms de lieux <. Lorsque le 
document n'est pas transcrit intégralement, l'analyse, beaucoup plus 
longue, contient la citation des passages les plus importants, les noms 
de lieux et de personnes sous la forme fournie par la pièce elle-même, 
et toujours la formule de datation, qui permet au lecteur de contrôler 
la date adoptée par l'éditeur. Il faut remarquer avec lui que , dans 
quelques actes, notamment dans les deux chartes (n"' VI et VII) de 
Ratbode, évoque de Noyon et Tournai, l'année ne commence pas à 
Pâques. 

Il serait fort difficile, et peut-être inutile, de faire un choix parmi 
des documents aussi nombreux pour signaler ici ceux qui paraîtraient 
être les plus rares ou les plus intéressants. A quelque point de vue 

1. Quelques-unes de ces notes sont d'érudites dissertations, comme celles 
qui sont consacrées à l'explication du mot bodium, p. 4 et 139. 



BIBLIOGRAPHIE. 37-1 

qu'on se place, on y trouvera à glaner, et beaucoup, particulièrement 
pour l'histoire religieuse, pour l'étude de la société, des mœurs, des 
coutumes de Lille et de cette région. Le plus ancien document français 
y est daté de 1240 ; c'est la curieuse loi octroyée par Bertoul, sire de 
Bailleul, à ses hommes de Piettre (dépendance de la commune d'Au- 
bers, dép. du Nord). Les appendices se rapportent à l'exploitation du 
domaine agricole d'Arleux au xiii« siècle, aux serments prêtés par les 
officiers de la collégiale, du comte de Flandre, etc., aux bénéfices et 
dîmes. 

Trois longues et bonnes tables terminent le second volume, tables 
des noms do personnes, des noms de lieux, des matières. Les deux pre- 
mières donnent l'identification de tous les noms propres avec leur forme 
moderne et les formes anciennes fournies par les pièces du cartulaire ; 
à la suite d'un nom moderne de commune sont reproduits, non seule- 
ment ses noms anciens, mais ceux des lieux-dits situés sur son terri- 
toire, et même des personnages désignés par les chartes et se rattachant 
à cette localité, curés, seigneurs, prévôts, etc. La table des matières est 
également très détaillée, et l'on voit que l'éditeur n'a pas craint sa peine 
pour rendre son recueil facilement accessible aux chercheurs ; ils devront 
lui en être reconnaissants. On regretterait l'absence d'une introduction 
sur l'histoire, l'administration, l'influence de cette importante collégiale, 
si l'on ne savait que Mgr Hautcœur prépare cette histoire en deux 
volumes, vivement attendus du public; nul doute qu'ils ne soient dignes 
de prendre place à côté du Cartulaire et de l'Histoire de l'abbaye de 
Flirtes, publiés il y a une quinzaine d'années et qui sont loin d'être 

oubliés. 

J.-M. Richard. 

Les Procureurs de ville à Saint-Omer, i 30% 17 90, par M. Pagart 
d'Hermansart. (Extrait du tome XXIII des Mémoires de la Société 
des antiquaires de la Morinie.) Saint-Omer, H. d'Homont, -1894. 
In-S", -123 pages. 

Cet ouvrage donne la suite des études de M. Pagart d'Hermansart sur 
les fonctionnaires municipaux de la ville de Saint-Omer. Il y a deux 
ans, il avait publié l'histoire des Conseillers pensionnaires; aujourd'hui, 
ce sont les Procureurs de ville qui lui ont fourni la matière d'un mémoire 
bien complet et bien présenté. 11 n'arrive pas toujours à éclaircir les 
origines; mais qui pourrait se flatter, dans ces questions si délicates 
d'institutions, d'arriver sur tous les points à une certitude absolue? Du 
moins, l'on peut, au moyen de comparaisons avec ce qui se passait dans 
les villes voisines soumises à un régime identique, approcher de très 
près la vérité; c'est ce que n'a pas manqué de faire M. P. d'H., et c'est 
ce dont il faut le féliciter. 

En 1302, apparaît pour la première fois à Saint-Omer le nom du pro- 



372 BIBLIOGRAPHIE. 

cureur de ville, qui dès 1399 porta le titre de procureur général. D'abord 
révocable à volonté, puis beaucoup plus lard nommé à vie et inamovible, 
il recevait des gages assez élevés pour l'exercice de ses fonctions. Il est 
vrai qu'on lui demandait une certaine connaissance des affaires et qu'il 
ne devait épargner ni son temps ni sa peine pour le service de la com- 
munauté. Ses occupations étaient multiples : il lui fallait défendre les 
privilèges des bourgeois devant toute espèce de tribunaux, surveiller et 
gérer le domaine communal, assister à l'audition des comptes des rece- 
veurs de la ville, des administrateurs des tables des pauvres annexées à 
chaque paroisse, des recteurs des hôpitaux gouvernés au nom de l'éche- 
vinage et de la Chambre des orphelins, provoquer les règlements inté- 
rieurs de police, intervenir dans toutes les questions de statuts des 
corporations, remplir au dehors les missions que lui confiait la munici- 
palité, etc. Cet exposé a été très clairement fait par M. P. d'H., qui a 
ajouté comme appendices à son travail : 1" une note intéressante sur les 
procureurs de la commune et les procureurs syndics sous la Révolution; 
2*» la liste de ces fonctionnaires depuis 1302 jusqu'en 1794. Enfin, dix 
pièces justificatives, entre autres six règlements, dont les dates sont 
comprises entre les années 1415 et 1766, complètent cette étude d'une 
façon très heureuse. Dois-je terminer par une légère critique? Il me 
semble que le plan de l'auteur souffre un peu d'avoir renvoyé après les 
attributions des procureurs ce qu'il avait à dire sur leur recrutement, 
leur serment, leurs gages, etc. Il aurait été plus logique d'intervertir 

cet ordre. ^ 

L.-H. Labande. 



Les États de la vicomte de Turenne^ par René Fage. Paris, A, Picard 
et fils, J894. 2 vol. in-8°, 324 et 3^3 pages. 

Aucun auteur jusqu'ici n'avait traité ce sujet, ni Just Paquet, ni 
Laferrière, ni môme M. Antoine Thomas : c'est sans doute parce que 
la vicomte de Turenne resta jusqu'en 1738 absolument indépendante et 
en dehors de toute influence du royaume français, de la même façon 
que la principauté d'Orange, par exemple. Il y avait là cependant bien 
des observations à relever; elles ont permis à M. René Fage d'écrire 
un ouvrage utile. Le manque de documents, dit-il, l'a malheureuse- 
ment empêché de traiter les questions d'origines, et c'est regrettable. 
Gomment a été constituée la vicomte dans les premiers temps du 
moyen âge, par suite de quels événements a-t-elle réussi à conserver 
ses privilèges, c'est ce que M. F. ne nous enseigne pas; il se contente 
d'affirmer qu'il serait bien difficile, pour ne pas dire impossible, de faire 
mieux que le généalogiste Christophe Justel, qui a n'a pu émettre que 
des conjectures sur les origines de la vicomte de Turenne. » Je me per- 
mettrai cependant de faire observer que, depuis la publication en 1645 



BIBLIOGRAPHIE. 373 

de Vllistoire généalogique de la maison de Turenne, les historiens ne sont 
pas restés inactifs : ils ont publié un nombre infini de textes, parmi 
lesquels on trouverait certainement des éclaircissements sur ces 
fameuses questions. 11 y avait donc tout au moins des recherches à 
faire en dehors de Justel. Point de renseignements non plus sur les 
réunions qui ont précédé les assemblées des États du xv siècle et sur 
le mode de perception des impôts. Il est vrai qu'ici le sujet est encore 
plus délicat et qu'il y a beaucoup plus de chances de ne posséder qu'un 
nombre très restreint de documents; aussi l'auteur se borne-t-il à 
quelques suppositions, qui sont loin de satisfaire le lecteur. 

Les États de Turenne sont, d'après M. F., mentionnés pour la pre- 
mière fois en 1467, dans une requête adressée au roi Louis XI par le 
comte de Beaufort, Anne de la Tour. A cette époque, il n'existait 
encore qu'une assemblée unique, où étaient représentés la noblesse et 
le clergé, en tant que seigneurs terriens, et enfin les habitants des bourgs 
principaux jouissant d'une certaine autonomie en matière d'adminis- 
tration. Mais comme la vicomte était formée de villes et villages situés 
dans deux provinces différentes, le Limousin et le Querci, cette assem- 
blée unique se scinda bientôt en deux corps distincts, un pour chaque 
province ; puis, peu à peu, le clergé faiblement représenté fut complè- 
tement éliminé; la noblesse, dont les membres avaient une certaine 
prépondérance portant ombrage au vicomte et siégeaient au nom des 
habitants des campagnes, n'envoya plus qu'un syndic général, qui 
reçut un mandat à vie. Ce furent dès lors les députés des sept villes de 
la vicomte, assistés d'adjoints, qui formèrent presque à eux seuls les 
États : ce sont eux qui firent la loi. L'institution ne fut donc pas com- 
plètement démocratisée, commatle veut M. F.; il aurait fallu pour cela 
que les syndics des paroisses rurales, dont l'assemblée recevait parfois 
les doléances, eussent voix délibérative. Telle fut la composition des 
États du xvi° au xvm' siècle; ils étaient présidés par les vicomtes ou 
leurs commissaires. 

Le rôle des députés était surtout le vote des impôts et la conser- 
vation des privilèges de la vicomte. Par bonheur, M. F. a retrouvé les 
procès-verbaux d'un grand nombre de sessions depuis 1486, qui per- 
mettent de suivre pas à pas la progression des charges qu'eut à suppor- 
ter le pays. Très légères d'abord, elles finirent par devenir extrêmement 
lourdes, surtout à cause des nombreux dons extraordinaires qu'il fal- 
lait continuellement faire aux vicomtes, toujours à court d'argent; à 
tel point qu'on peut à bon droit se demander si, à l'époque de la réu- 
nion au domaine de la couronne, la vicomte de Turenne avait encore 
des avantages réels à demeurer indépendante. Il est vrai que ses villes 
avaient le droit de refuser le logement aux troupes royales de passage ; 
mais, pour le faire reconnaître, comme pour obtenir des régiments 
d'aller s'établir ailleurs, il fallait allouer de telles sommes que ce pri- 



374 BIBLIOGRAPHIE. 

vilège devait se réduire à bien peu de chose. Les vicomtins ne payaient 
pas de subsides ni d'impôts au roi de France : cela n'empêchait pas les 
agents royaux de taxer à une somme très forte, pour la capitation par 
exemple, le duc d'Albret, vicomte de Turenne, qui, à son tour, récla- 
mait un don extraordinaire de même valeur ; c'était le vicomte et non 
ses sujets qui était soumis à l'impôt du roi, mais le résultat était le 
même pour ces derniers. 

Ces quelques lignes n'ont pas la prétention de résumer l'œuvre de 
M. F., mais elles suffisent pour en faire apprécier tout l'intérêt. En 
définitive, sauf les réserves indiquées plus haut, c'est un bon livre d'his- 
toire d'institutions locales. Peut-être l'auteur aurait-il pu éviter cer- 
taines répétitions et condenser un peu plus son récit; en supprimant 
encore quelques mémoires et pièces justificatives sans grande portée, 
il serait arrivé facilement à faire entrer dans un seul la matière de ses 
deux volumes, et son ouvrage y aurait gagné. 

L.-H. Labande. 

Joseph du Teil. Le Livre de raison de noble Honoré du Teil (I57i- 
4586), publié avec des documents inédits sur la Provence et pré- 
cédé d'une notice biographique. Digne, Chaspoul, Gonstans et 
V^^ Barbaroux, ^894. 111-8°, xv-35 pages. (Extrait du Bulletin de 
la Société scientifique et littéraire des Basses- Alpes.) 

Honoré du Teil, né à Manosque le 24 janvier 1541, fut jurisconsulte 
avant de suivre la carrière des armes. Rentré dans la vie privée dès 
1571, il fit un voyage en France en 1573-1574, oii il se familiarisa avec 
la langue de Ronsard et apprit l'art de faire des vers. Puis, il se trouva en 
relations suivies avec les écrivains et savants qui habitaient alors Aix, 
ce foyer intellectuel toujours si vif de la Provence : il connut particu- 
lièrement Jean de Lacépède, François de Malherbe, Michel Nostrada- 
mus. Le livre de raison publié par son descendant n'aurait par lui- 
même rien de bien saillant et aurait une très mince valeur même pour 
l'histoire locale, si l'éditeur ne l'avait complété par de nombreuses notes 
et par quelques documents, extraits de la Bibliothèque nationale en 
grande partie, qui ont plus ou moins de rapport avec la biographie 
d'Honoré du Teil. Je signalerai principalement la lettre écrite le 
20 novembre 1574 par le cardinal de Lorraine à la duchesse de Nemours, 
relative au séjour d'Henri HI à Avignon et aux affaires de Provence. 
Mais pourquoi avoir intercalé dans le livre de raison ces pièces qui ont 
ainsi l'air d'en faire partie? A la liste des corrections placée à la fin de 
l'ouvrage, ajouter celle-ci, page 4, ligne 16 : « Mais led. sieur de Vins 
luy remonstre que le roy luy vouloit parler... », au lieu de « luy ren- 
constre... » 

L.-H. Labande. 



BIBLlOGUAPHIi:. 373 

Extraits analytiques des registres des consaulx de la ville de Tour- 
nai, -^43^-^476, publiés par A. de la Grange. Tournai, 4893. 
In-8°, H. et L, Gaslerman, viii-396 pages. 

M. Van den Broeck avait publié des Extraits analytiques des anciens 
registres des consaulx de Tournai, de 1385 à lk22 S' M. Gaciiard, des 
Extraits de ces mêmes registres, de 1472 à 1490, de 1559 à 1572 et 
de 1580 à 1581, avec la Liste des prévôts et des mayeurs de cette ville 
depuis 1667 jusqu'à 179^^. Aujourd'hui, M. de la Grange se propose 
« de combler la lacune qui séparait les travaux de l'ancien archiviste 
de Tournai de ceux de Gachard. » Il suit, d'ailleurs, la même méthode 
que ses prédécesseurs, ne s'astreignant pas plus qu'eux à tout publier, 
mais « glanant au milieu d'une foule de délibérations sans intérêt les 
faits saillants sur lesquels se base une bonne histoire. » La période 
choisie par lui n'est pas d'ailleurs la moins intéressante des annales 
tournésiennes. Tournai a toujours été français 3, par la langue comme 
par les mœurs; pendant de longs siècles, il a fait partie intégrante 
de notre pays, d'autant plus attachée à sa nationalité qu'il était tou- 
jours menacé de la perdre ; il a protesté longtemps après l'avoir per- 
due. Au xv« siècle, on pouvait se demander si ce moment fatal n'était 
pas arrivé et si Tournai n'allait pas entrer dans ce royaume, que la 
politique bourguignonne visait à constituer entre la France et l'Alle- 
magne, et dont la création eût sans doute changé le cours de la poli- 
tique européenne. Jugés de ce point de vue, nombre de menus faits de 
la politique municipale de Tournai, relatés au jour le jour dans les 
registres des consaulx, acquièrent un vif intérêt ; ils se rattachent direc- 
tement à la grande lutte engagée alors entre les rois de France et les 
ducs de Bourgogne. Tournai est comme un champ clos entre les deux 
puissances aux prises. Le siège épiscopal vient-il à vaquer, le duc de 
Bourgogne prétend y exercer le droit de régale à l'exclusion du roi ; 
les bannis étrangers se réfugient sur ce territoire français enclavé de 
toutes parts dans les possessions bourguignonnes ; les relations com- 
merciales très actives entre la ville et les populations étrangères qui 
l'environnent sont sous la menace constante d'hostilités toujours prêtes 
à éclater ; la navigation de l'Escaut, la fabrication et le cours des mon- 
naies, la fréquentation des foires étrangères, encore autant de questions 
qui ne sont pas simplement municipales. Louis XI, tout jaloux qu'il 
soit de son autorité, est même obligé de laisser Tournai, à raison de 
cette situation exceptionnelle, conclure pour son propre compte un 

1. Tournai, 1861, 2 vol. in-S». 

2. Bruxelles, 1846, in-8'. 

3. On voit Tournai appelé avec Rouen, Lyon et Montpellier à nommer des 
délégués chargés d'étudier cette question du cours des monnaies le 22 avril 1466. 



376 BIBLIOGRAPHIE. 

traité avec le duc de Bourgogne (28 janvier 1472). Tournai voit passer 
dans ses murs les plus hauts personnages : Louis XI, d'abord, qui y 
reste une quinzaine de jours en février 1464; Philippe le Bon et son 
fils, le comte de GharoUais, le roi de Jérusalem, le duc d'Orléans et 
bien d'autres seigneurs de moindre importance, entre autres, deux Grecs 
illustres échappés au désastre de Gonstantinople, Georges Paléologue 
et Théodore Lascaris (2 janvier 1459). Quand les rois et les princes ne 
viennent pas, ils écrivent, et, dans les registres analysés par M. de la 
Grange, comme dans ceux qui l'avaient été par MM. Gachard et Van 
den Broeck, on trouve indiquées, parfois même insérées in extenso, 
bon nombre de lettres missives de Charles VII et de Louis XL Un fait 
à signaler, c'est que les lettres missives de ce dernier souverain sont, 
pendant la période étudiée par M. de la Grange, des lettres circulaires 
pour la plupart, c'est-à-dire des lettres que le roi adressait en même 
temps à toutes ses bonnes villes pour fixer l'opinion qu'il voulait 
qu'elles eussent des événements. Dans les dernières années de son 
règne, au contraire, celles qui suivent la mort de Charles le Téméraire, 
et que M. de la Grange n'a pas abordées, les lettres exclusivement 
adressées aux Tournésiens, nous l'avons constaté par nous-même, sont 
nombreuses. Leur ville, à ce moment, était un poste d'une importance 
extrême pour surveiller ces Pays-Bas que le roi aurait voulu et dû 
annexer, et pour y faire sentir son action. 

L'intérêt politique de ces délibérations est donc grand; ce n'est pas 
à dire qu'il soit le seul. Au point de vue de l'histoire locale et des ins- 
titutions municipales de Tournai, elles sont non moins curieuses à 
lire. On y voit défiler successivement tous les officiers et magistrats 
municipaux : consaulx, jurés, mayeurs, échevins, eswardeurs, etc., 
dont M. de la Grange, soit dit en passant, eût bien dû nous définir les 
fonctions. A côté d'eux, et sous leur surveillance, rangés par bannières 
et par corporations, tous les métiers d'une grande ville industrielle, 
comme Tournai paraît l'avoir été en ce temps-là : foulons, drapiers, 
merciers, tisserands, tanneurs, potiers, o kincailleurs, » orfèvres, cou- 
teliers, chaudronniers, « banneleurs, » « cordewaniers et chavetiers, » 
a teliers, » tainteniers de filets, parmentiers, « eswilleteurs, iiniers, 
vairiers, moulequiniers, roquetiers et tailleurs de pierre, cartons, » 
(charretiers), « navigeurs, » apothicaires, barbiers, exerçant aussi 
le métier de dentiste, et qui protestent contre la « requeste Willemmc 
Gasquignier, pour pooir en la ville user de tirer dens, » bouchers, tri- 
piers, brasseurs, taverniers, cervoisiers, poissonniers, fromagiers. 
Quelques-uns de ces métiers semldent être constitués en véritables 
corporations, avec leurs doyens, sous-doyens, etc.; d'autres semblent 
former des groupes beaucoup moins nombreux et bien moins impor- 
tants; là encore quelques explications n'eussent pas été superflues. 

A ces éléments locaux, en 1462, vient s'adjoindre un élément étranger, 



BIBLIOGRAPHIE. 377 

les Lombards, en réalité des Piémontais, Vincent et Martin de Ville, 
auxquels Louis XI accorde le privilège d'établir à Tournai une maison 
de prêt (13 septembre-9 novembre 1462). 

A côté des corporations ou groupes industriels, nous trouvons natu- 
rellement à Tournai, comme partout ailleurs, les confréries : celles de 
Saint-Maur (10 juin 1449); des Dames sœurs (17 juin 1443); de Saint- 
Antoine (15 janvier 1454); de Saint-Fiacre (9 août 1457); de Sainte- 
Barbe (4 février 1466); les ordres religieux : ceux des Augustins, des 
Frères mineurs, des Croisiers, des Glarisses, le Tiers ordre de Saint- 
François ; les sœurs des Hauts degrés, les religieuses des Gampeaux, à 
Saint-Brixe, les Antonins, qui, à Tournai comme dans d'autres villes, 
ont, en souvenir de leur patron, la permission de laisser vaguer dans 
les rues des troupeaux de pourceaux (17 décembre 1476) ; dans le voi- 
sinage de Tournai , et en rapports fréquents avec la ville pour lui 
demander, comme les ordres'précités, des aumônes, des subventions ou 
des exemptions de taxes, des matériaux de construction, on trouve les 
abbayes de Saint- Amand, celles de Loos, de Saint- Amand, des Prés- 
Porchains, du Saulchoir. 

La sécurité, la santé, l'alimentation, la moralité d'une population 
aussi nombreuse et aussi mêlée, réclamaient naturellement toute l'at- 
tention des consaulx; la plupart de leurs délibérations y sont consa- 
crées. Ils pourvoient à la propreté et à la salubrité publiques par le 
nettoyage des rues, le ramonage, l'interdiction de corrompre les eaux 
par des usages industriels, l'isolement des ladres, les mesures contre 
la « pestilence » qui sévit dans le voisinage ; ils payent « un médechin 
pour conseiller et aidier les cirurgiens en leurs cures... et secourir les 
babitans en leurs maladies; » ils réglementent la fabrication du pain, 
la pêche, les poids et mesures; ils organisent la défense contre l'incen- 
die ; dans l'intérêt de la religion et des bonnes mœurs, ils font observer 
les dimanches et les fêtes, répriment le blasphème, et aussi les « balades 
et canchons diffamatoires ; » ils surveillent certaines sociétés trop 
joyeuses, et dont la gaîté devient souvent de la licence, le « prince et 
les compagnons de la Cour d'Amour, » du Puy d'Amour, les « Coers 
joyeux, » le « Couvent des endormis; » ils interdisent de nommer un 
« evesque des fols, » de « conter ne lire la Passion Nostre Sauveur Jhe- 
sus Crispt, ou marchié ne ailleurs, au peuple de la ville, » avec invita- 
tion à l'aller «